Wikipédia:Sélection/XIVe et XVe siècles

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Pachacutec

L'Inca Pachacutec maniant la fronde (waraq'a en quechua) sur le manuscrit de Guaman Poma.

Pachacuti Yupanqui (Pachacutec), empereur inca (règne 1438-1471), nommé Cusi Yupanqui de sa naissance à sa prise de pouvoir. Il était fils de Viracocha Inca et de Mama Runtu Qoya.

Nommé Cusi Yupanqui à sa naissance, il était l'héritier légitime du trône inca. Selon certaines chroniques, il fut jusqu'à l'adolescence un jeune homme si turbulent qu'il provoqua l'inquiétude de son père Viracocha Inca qui considérait qu'un bon souverrain ne pouvait être que de caractère doux comme ses prédécesseurs. Les années passant, l'inquiétude se changea en colère, le prince Cusi Yupanqui fut condamné à l'exil : il lui incomberait désormais de garder des troupeaux dans les alentours du Cuzco, son père choisirait un autre successeur. La légende veut qu'un jour, dans son exil, lui apparut un homme à l'aspect étrange, barbu et vêtu de blanc, portant en ses mains un animal inconnu. Cet homme le prévint qu'un danger pesait sur le royaume, une armée se préparait au nord du Cuzco. Le jeune prince, inquiété par ce message, brava la décision de son père et accourut à Cuzco pour relater l'incident. Furibond, le souverain ne voulut rien entendre, renvoya son fils et décida de faire la sourde oreille à toute nouvelle suspecte en provenance du nord. Lire l'article

Révolte des Cabochiens

La révolte des Cabochiens est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Au printemps 1413, Jean sans peur, duc de Bourgogne, parvient à soulever le peuple de Paris et à imposer une réforme appelée ordonnance des cabochiens. Mais après quelques mois les Parisiens aspirent à un retour à l'ordre et les Armagnacs reprennent l'ascendant.

Après l'assassinat, le 23 novembre 1407, du duc Louis d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI de France, par une bande de malfrats masqués, au service de Jean sans peur, duc de Bourgogne, ce dernier domine Paris et s'est acquis une grande popularité auprès du peuple.

Il s'allie avec une faction populaire commandée par Simon Caboche de son vrai nom Simon le Coutelier, d'où le nom donné de cabochiens à ses partisans. Ils sont originaires pour l'essentiel des classes populaires de la cité parisienne mais aussi de la corporation des bouchers, gens riches mais mal intégrés parmi les notables. On les nomme donc également les écorcheurs, Simon ayant lui-même exercé la profession de boucher-écorcheur.

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Siège de Pouancé (1432)

Château de Pouancé (reproduction d’une gravure de 1694).

Le siège de Pouancé de 1432 (également appelé troisième siège de Pouancé) est lié au différend qui opposa Jean II d’Alençon à son oncle, Jean V de Bretagne. Il fait suite aux sièges qu’a subis la ville de Pouancé en 1066 et en 1379.

Bien qu’il voit s’affronter Anglais, Bretons et Français dans le contexte de la guerre de Cent Ans, ce conflit trouve son origine dans une dispute familiale de nature financière.

Bataille de Towton

La bataille de Towton représentée par Richard Caton Woodville.

La bataille de Towton a lieu au cours de la guerre des Deux-Roses le au sud-ouest d'York, entre les villages de Towton et Saxton. C'est la plus grande et la plus sanglante bataille à avoir jamais été livrée sur le sol anglais ainsi que la journée la plus meurtrière de toute l'histoire de l'Angleterre. Selon les chroniques médiévales, plus de 50 000 soldats des maisons d'York et de Lancastre se sont combattus ce dimanche des Rameaux pendant plusieurs heures et dans des conditions météorologiques déplorables, et une proclamation diffusée une semaine après la bataille rapporte que 28 000 hommes ont péri sur le champ de bataille. Cet engagement provoque un changement monarchique en Angleterre, Édouard IV remplaçant Henri VI sur le trône et forçant les principaux partisans des Lancastre à partir.

Henri VI a un caractère faible et ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. Son gouvernement inefficace encourage les nobles à comploter pour le manipuler et la situation dégénère en guerre civile entre les partisans de sa maison et ceux de Richard Plantagenêt, le duc d'York. Après la capture du roi par les Yorkistes en 1460, le Parlement d'Angleterre passe un acte d'accord selon lequel Richard et sa lignée succéderaient à Henri VI sur le trône. Marguerite d'Anjou, l'épouse du roi, refuse d'accepter que leur fils Édouard de Westminster soit ainsi dépossédé de ses droits et lève une armée avec l'aide de nobles mécontents. Richard d'York est tué à la bataille de Wakefield et ses titres et ses prétentions au trône sont transmis à Édouard, son fils aîné. Certains nobles qui hésitaient jusqu'alors à soutenir les prétentions de Richard considèrent que les Lancastre ont bafoué l'acte d'accord, et Édouard trouve suffisamment de soutien auprès d'eux pour se proclamer roi. La bataille de Towton doit ainsi accorder à son vainqueur le droit de régner sur l'Angleterre par la force des armes.

En arrivant sur le champ de bataille, l'armée yorkiste est surpassée en nombre car une partie de ses forces, commandée par le duc de Norfolk, n'est pas encore arrivée. Mais le chef yorkiste Lord Fauconberg donne l'ordre à ses archers de tirer profit du vent favorable en faisant pleuvoir des volées de flèches sur leurs adversaires. Les Lancastre abandonnent alors leurs positions défensives car leurs archers n'ont pas la portée suffisante pour atteindre les lignes ennemies. Le combat au corps à corps qui s'ensuit dure plusieurs heures, épuisant les combattants. L'arrivée des troupes de Norfolk revigore les Yorkistes qui, encouragés par Édouard, mettent en déroute l'armée adverse. Beaucoup de Lancastriens sont tués pendant leur fuite, certains sont piétinés par leurs propres camarades et d'autres encore se noient. Plusieurs de ceux qui sont faits prisonniers sont exécutés.

La puissance de la maison de Lancastre est gravement affaiblie par la bataille. Henri VI fuit le pays, nombre de ses plus fervents partisans sont morts ou en exil, et Édouard IV règne sur l'Angleterre de façon ininterrompue pendant neuf ans, avant que les hostilités ne reprennent et qu'Henri VI ne remonte brièvement sur le trône. Les générations suivantes se souviennent de la bataille telle qu'elle est décrite par William Shakespeare dans le dernier volet de sa trilogie dramatique Henri VI. En 1929, une croix est érigée sur le champ de bataille pour commémorer l'événement. Plusieurs charniers et d'autres restes archéologiques reliés à la bataille sont trouvés dans la région plusieurs siècles après le combat.

Les Très Riches Heures du duc de Berry

L'Homme anatomique, ou Homme zodiacal, enluminure réalisée par les Frères de Limbourg et portant les armes du duc Jean de Berry, f.14v.

Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d'heures commandé par le duc Jean Ier de Berry et actuellement conservé au musée Condé à Chantilly (France) sous la cote Ms. 65.

Il est commandé par le duc aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit est probablement complété, dans certaines miniatures du calendrier, par un peintre anonyme dans les années 1440. Certains historiens de l'art y voient la main de Barthélemy d'Eyck. En 1485-1486, il est achevé dans son état actuel par le peintre Jean Colombe pour le compte du duc de Savoie. Acquis par le duc d'Aumale en 1856, il est toujours conservé dans son château de Chantilly, dont il ne peut sortir, en raison des conditions du legs du duc.

Sur un total de 206 feuillets, le manuscrit contient 66 grandes miniatures et 65 petites. La conception du livre, longue et complexe, a fait l'objet de multiples modifications et revirements. Pour ses décors, miniatures mais aussi calligraphie, lettrines et décorations de marges, il a été fait appel à de nombreux artistes, mais la détermination de leur nombre précis et de leur identité reste à l'état d'hypothèse. Réalisées en grande partie par des artistes venus des Pays-Bas, à l'aide des pigments les plus rares, les peintures sont fortement influencées de l'art italien et antique. Après un oubli de trois siècles, les Très Riches Heures ont acquis rapidement une grande renommée au cours des XIXe et XXe siècles, malgré leur très rare exposition au public. Les miniatures ont contribué à façonner une image idéale du Moyen Âge dans l'imaginaire collectif. C'est particulièrement le cas des images du calendrier, les plus connues, représentant à la fois des scènes paysannes, aristocratiques et des éléments d'architectures médiévales remarquables. Il s'agit de l'un des plus célèbres manuscrits enluminés.

Catherine de Sienne

Détail du tableau des Stigmates de sainte Catherine de Sienne entre saint Benoît et saint Jérôme par Domenico Beccafumi, Pinacothèque nationale de Sienne.

Catarina Benincasa, plus connue sous le nom de Catherine de Sienne (née le à Sienne, en Toscane, et morte le à Rome), est une tertiaire dominicaine mystique, qui a exercé une grande influence sur l'Église catholique. Elle est déclarée sainte et docteur de l'Église.

Née à Sienne, elle y grandit et désire très tôt se consacrer à Dieu, contre la volonté de ses parents. Elle rejoint les sœurs de la Pénitence de saint Dominique et y prononce ses vœux. Très vite marquée par des phénomènes mystiques comme les stigmates et le mariage mystique, elle se fait connaître.

Elle accompagne l'aumônier des dominicains auprès du pape à Avignon, en tant qu'ambassadrice de Florence, ville alors en guerre contre le pape. Son influence auprès du pape Grégoire XI joue un rôle avéré dans sa décision de quitter Avignon pour Rome. Elle est ensuite envoyée par celui-ci pour négocier la paix avec Florence. Grégoire XI étant mort et la paix conclue, elle retourne à Sienne. Elle dicte à des secrétaires son ensemble de traités spirituels Le Dialogue.

Le grand Schisme d'Occident conduit Catherine de Sienne à aller à Rome auprès du pape. Elle envoie de nombreuses lettres aux princes et cardinaux, pour promouvoir l'obéissance au pape Urbain VI et défendre ce qu'elle nomme le « vaisseau de l'Église ». Elle meurt le , épuisée par ses pénitences. Urbain VI célèbre ses obsèques et son inhumation dans la basilique Santa Maria sopra Minerva à Rome.

La dévotion autour de Catherine de Sienne se développe rapidement après sa mort. Elle est canonisée en 1461, déclarée sainte patronne de Rome en 1866, et de l'Italie en 1939. Première femme déclarée « Docteur de l'Église » en 1970 par Paul VI avec Thérèse d'Avila, elle est proclamée sainte patronne de l'Église en 1999 par Jean-Paul II. Elle est aussi la sainte protectrice des journalistes, des médias, et de tous les métiers de la communication, en raison de son œuvre épistolaire en faveur de la papauté.

Catherine de Sienne est l'une des figures les plus marquantes du catholicisme, par la forte influence qu'elle a eue dans l'histoire de la papauté. Elle est à l'origine du retour du pape d'Avignon à Rome, et elle a effectué ensuite de nombreuses missions confiées par le pape, chose assez rare pour une simple religieuse au Moyen Âge.

Ses écrits — et principalement Le Dialogue, son œuvre majeure qui comprend un ensemble de traités qu'elle aurait dictés lors d'extases — marquent la pensée théologique. Elle est l'un des écrivains ayant l'une des plus grandes influences dans le catholicisme au point qu'elle est la première, et l'une des rares femmes, à être déclarée docteur de l'Église. Cette reconnaissance par l'Église consacre l'importance de ses écrits.

Diptyque de Melun

Diptyque de Melun, les deux panneaux étant replacés d'après la position originelle présumée des volets.

Le Diptyque de Melun est un tableau votif peint vers 1452-1458, par Jean Fouquet, pour le compte d'Étienne Chevalier, trésorier du roi de France Charles VII, autrefois conservé à la collégiale Notre-Dame de Melun et aujourd'hui dispersé.

Le tableau était composé de deux panneaux, formant un diptyque, se refermant sur eux-mêmes. Le volet de droite représente une Vierge à l'Enfant allaitante entourée d'anges, tandis que le volet de gauche représente le donateur présenté par saint Étienne, son saint patron. Les panneaux étaient entourés d'un cadre de bois recouvert de velours bleu ponctué de médaillons représentant sans doute des épisodes de la vie du saint patron, ainsi que d'un autoportrait du peintre, valant signature. Dans cette huile sur bois, devenue rapidement célèbre à son époque puis redécouverte au XIXe siècle, Jean Fouquet met en œuvre à la fois les techniques les plus avancées des peintres primitifs flamands et celles des premiers artistes de la Renaissance italienne, pays qu'il a visité quelque temps auparavant.

Le diptyque est conservé dans la même église jusqu'au XVIIIe siècle avant d'être vendu sans doute dans les années 1770 et dispersé. Les deux panneaux sont aujourd'hui conservés au musée des beaux-arts d'Anvers pour le volet droit, et à la Gemäldegalerie de Berlin pour le volet gauche ; l'autoportrait de Jean Fouquet est conservé au musée du Louvre.

Guy II de Pontailler

« De gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur ».

Guy II de Pontailler, né en Bourgogne en 1348 (ou 1335) et mort en 1392 (peut-être le 4 mai), fut seigneur de Talmay, de Fenay, de Chevigny, de Saulon-la-Rue, de Saulon-la-Chapelle, de Chailly, de Champagny, de Tart-le-Haut, de Pontailler-sur-Saône et d'Heuilley-sur-Saône.

Il fut nommé maréchal de Bourgogne de 1364 à 1392, date de sa mort, par le duc Philippe le Hardi. Ce dernier lui accorda sa confiance tout le long de sa carrière.

Aux côtés de son duc, Guy II administra l'armée bourguignonne, et participa à plusieurs faits de guerre : lors de la la guerre de Cent Ans, contre les Grandes Compagnies qui terrorisaient la région, sur des théâtres de conflits en France et enfin en Flandre.

Bien que le duc ne l'indemnisât pas toujours à la mesure de sa fonction, lui causant des problèmes financiers réguliers, Guy II de Pontailler agrandit considérablement sa seigneurie « outre-Saône ». Avec sa seconde épouse, Marguerite d'Anglure, il eut notamment Guy III de Pontailler, qui devint chevalier de la Toison d'or sous Charles le Téméraire.