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Expédition polaire de S. A. Andrée

S. A. Andrée (1854–97).

L’expédition polaire de 1897 de S. A. Andrée fut une tentative tragique de rejoindre le pôle Nord qui vit le décès de ses trois participants. S. A. Andrée, le tout premier aérostier suédois, proposa de réaliser un périple en ballon à hydrogène du Svalbard à la Russie ou au Canada, avec pour objectif de survoler en cours de route le pôle Nord. Cette initiative fut accueillie en Suède avec un grand enthousiasme, exacerbé par le patriotisme d’une nation nordique jusqu’alors à la traîne dans la course au pôle Nord.

Les dangers inhérents à cette expédition furent négligés par Andrée. Une conduite efficace du ballon était nécessaire à la bonne marche du voyage, mais le dispositif de conduite, développé par Andrée et utilisant un système de guideropes, montrait de nombreux signes de faiblesse. Ce sont ces guideropes qui scellèrent le sort de l’expédition.

Mars Exploration Rover

Rover1.jpg

Mars Exploration Rover (MER) est une mission double de la NASA lancée en 2003 et composée de deux robots mobiles ayant pour objectif d'étudier la géologie de la planète Mars et en particulier le rôle joué par l'eau dans l'histoire de la planète. Les deux robots ont été lancés au début de l'été 2003 et se sont posés en janvier 2004 sur deux sites martiens susceptibles d'avoir conservé des traces de l'action de l'eau dans leur sol. Chaque rover ou astromobile a alors entamé un périple en utilisant une batterie d'instruments embarqués pour analyser les roches les plus intéressantes. Spirit a atterri dans le cratère Gusev tandis que Opportunity s'est posé le 24 janvier 2004 sur Meridiani Planum.

Les rovers ont découvert plusieurs formations rocheuses qui résultent probablement de l'action de l'eau dans le passé : billes d'hématite grise et silicates. Les robots ont également permis d'étudier les phénomènes météorologiques, d'observer des nuages et de caractériser les propriétés des couches de l'atmosphère martienne. Les deux véhicules MER conçus et gérés par le Jet Propulsion Laboratory ont largement dépassé les objectifs qui leur étaient fixés : parcourir 600 mètres et rester opérationnel durant 90 jours martiens. Spirit, désormais bloqué par le sable, a pu parcourir 7,7 kilomètres et a transmis ses dernières données scientifiques le 22 mars 2010 tandis qu'Opportunity, toujours opérationnel après avoir progressé en juin 2010 de plus de 21 kilomètres, se dirige vers le cratère Endeavour.

Saturn V

Le dernier lancement de Saturn V emporte la station spatiale Skylab en orbite LEO en lieu et place du troisième étage.

Saturn V est le nom de la fusée spatiale qui a été utilisée par la NASA pour les programmes Apollo et Skylab entre 1967 et 1972, en pleine course à l’espace entre Américains et Soviétiques.

Il s’agissait d’un lanceur à plusieurs étages, à ergols liquides, dernière née de la famille de lanceurs Saturn conçue sous la direction de Wernher von Braun au Centre de vol spatial Marshall (MSFC) à Huntsville en Alabama, en collaboration avec les sociétés Boeing, North American Aviation, Douglas Aircraft Company ou IBM comme principaux entrepreneurs.

Saturn V reste encore aujourd’hui le plus puissant lanceur spatial qui ait été utilisé en opération, que ce soit du point de vue de la hauteur, de la masse au décollage ou de la masse de la charge utile injectée en orbite. Seule la fusée russe Energia, qui ne vola que pour deux missions de test, la dépassa légèrement au niveau de la poussée au décollage. Conçue pour lancer le vaisseau spatial habité Apollo permettant les premiers pas de l’homme sur la Lune, Saturn V a continué son service en envoyant en orbite la station spatiale Skylab.

Harry McNish

McNish est assis à gauche en train de travailler une planche

Harry McNish () était le charpentier de l’expédition de sir Ernest Shackleton en Antarctique (1914–1917). Il a été responsable de la plupart des travaux qui ont permis aux membres de l’expédition de survivre une fois le navire Endurance détruit par les glaces dans la mer de Weddell. Il a modifié le canot de sauvetage, le James Caird, ce qui a permis à Shackleton et cinq hommes (dont lui-même) de parcourir des centaines de milles pour aller chercher de l’aide afin de secourir le reste du groupe. Il est le seul homme du groupe à s’être opposé brièvement à suivre les ordres lors de la tentative de marche avec canots et traîneaux sur le pack et, malgré les efforts fournis et les souffrances endurées au cours de cette opération de survie, il fait partie des quatre membres de l’expédition à ne pas avoir reçu la Médaille polaire.

NERVA

Le moteur XE en cours de montage sur ETS-1.

NERVA (Nuclear Engine for Rocket Vehicle Application - moteur nucléaire pour application moteur-fusée) est un programme de recherche relatif à la propulsion nucléaire thermique, appliqué à la propulsion spatiale, mené aux États-Unis par la NASA entre 1960 et 1972. De nombreux prototypes de réacteur sont testés dans le cadre de ce programme dont l’objectif est de mettre au point la propulsion d’un vaisseau spatial habité à destination de la planète Mars.

La technologie de propulsion étudiée repose sur l’éjection à grande vitesse d’hydrogène réchauffé par un réacteur nucléaire. En 1968 et 1969, un modèle expérimental d’une poussée de 250 à 350 kN fut essayé au sol. Le programme sera interrompu en 1972 lorsque la NASA fut contrainte de réduire son budget et limiter ses objectifs à la fin du programme Apollo.

Jacques Delisse

La fleur du dartrier, une plante à laquelle Jacques Delisse a consacré un mémoire.

Jacques Delisse, né le à Dax et mort le à Bordeaux, est un botaniste et pharmacologue français qui participa à la première partie de l'expédition vers les Terres australes commandée par Nicolas Baudin au départ du Havre à compter du . Installé à bord du Naturaliste, il herborisa à Tenerife puis descendit à l'île de France, l'actuelle île Maurice, durant une escale qui vit plusieurs autres membres renoncer à la suite du voyage d'exploration scientifique dans lequel ils étaient engagés. Il demeura dans la colonie de l'océan Indien malgré la capture de cette dernière par les Britanniques, y ouvrit la première pharmacie connue et fut par la suite le cofondateur de la Société d'histoire naturelle de l'île Maurice et d'une banque appelée banque de Maurice. Il ne rentra en France avec ses enfants qu'à la mort de sa femme rencontrée sur place.

Cassini-Huygens

Vue d'artiste de l'insertion de la sonde Cassini-Huygens dans l'orbite de Saturne.

Cassini-Huygens est une mission d'exploration spatiale de la planète Saturne et ses lunes par une sonde spatiale développée par l'agence spatiale américaine de la NASA avec des participations importantes de l'Agence spatiale européenne (ESA) et de l'Agence spatiale italienne (ASI). Lancé en octobre 1997 l'engin s'est placé en orbite autour de Saturne en 2004. En 2005 l'atterrisseur européen Huygens après s'être détaché de la sonde mère s'est posé à la surface de la lune Titan et a pu retransmettre des informations collectées durant la descente et après son atterrissage. L'orbiteur Cassini orbite depuis autour de Saturne et poursuit l'étude scientifique de la planète géante en profitant de ses passages à faible distance de ses satellites pour collecter des données détaillées sur ceux-ci. La mission d'une durée initiale de 4 ans a été prolongée à deux reprises : de 2008 à 2010 (Equinox mission) et de 2010 à 2017 (Solstice Mission). Il est prévu que la sonde spatiale s'écrase sur la planète Saturne à l'issue de cette dernière phase.

Le principe d'une mission d'étude du système de Saturne émerge en 1982 à la fois dans les communautés scientifiques américaine et européenne. Après avoir travaillé sur des projets séparés, la NASA et l'Agence spatiale européenne lancent à la fin des années 1980 le développement d'une mission conjointe : la NASA développe l'orbiteur et l'ESA l'atterrisseur qui doit se poser sur Titan. Le projet frôle à plusieurs reprises l'annulation à la suite des difficultés budgétaires de la NASA. Des mouvements écologistes tentent d'interdire le lancement de la sonde spatiale à cause du plutonium embarqué pour alimenter en énergie la sonde spatiale. Finalement la sonde spatiale est lancée le 15 octobre 1997 par un lanceur lourd Titan IV-B.

Cassini-Huygens est une mission particulièrement ambitieuse et couteuse (3,26 milliards $) rattachée à ce titre au programme Flagship de la NASA. Avec une masse totale de 5,6 tonnes (dont 3,1 tonnes de carburant et 350 kg pour l'atterrisseur Huygens) il s'agit du plus gros engin spatial lancé vers les planètes externes. L'orbiteur Cassini embarque 12 instruments scientifiques dont un radar tandis que Huygens en emporte six. Cassini est stabilisé trois axes et son énergie est fournie par trois générateurs thermoélectriques à radioisotope utilisant du plutonium.

La mission Cassini-Huygens a rempli tous ses objectifs scientifiques en fournissant une moisson de données sur Saturne, sa magnétosphère, ses anneaux, Titan et les autres lunes de la planète géante. Les caméras de l'orbiteur ont également fourni certaines des plus belles images du système solaire. Cassini a notamment permis d'obtenir les premières images détaillées de Phœbé, d'analyser en détail la structure des anneaux de Saturne, d'étudier Titan de manière approfondie et de découvrir une dizaine de nouvelles lunes de Saturne de petite taille (moins de 10 km), portant le nombre total de satellites saturniens à 62 (nombre connu au 1er mai 2012). La sonde a permis également de découvrir de nouveaux anneaux de Saturne.

Alfred Russel Wallace

Alfred Russel Wallace ( - ) est méconnu ; il est pourtant le co-découvreur de la théorie de l’évolution par la sélection naturelle avec Charles Darwin.

Autodidacte, il commence sa carrière de zoologiste pour les collectionneurs de papillons sur le bassin fluvial de l’Amazone, puis dans l’archipel malais où il identifia la ligne Wallace séparant la faune australienne de celle de l’Asie. C’est au cours de ses expéditions qu’il va comprendre divers processus naturels qui vont l’amener à élaborer la théorie sur la sélection naturelle. Wallace fut également l’un des principaux penseurs évolutionnistes du XIXe siècle, contribuant au développement de la théorie de l’évolution grâce notamment au concept de couleurs d’avertissement chez les animaux ou à celui d’effet Wallace. Il fut aussi considéré comme un expert en matière de répartition géographique des espèces animales et est parfois appelé le « père de la biogéographie ».

Wallace fut fortement attiré par les idées radicales. Sa défense du spiritisme et sa croyance en une origine immatérielle pour les plus hautes facultés mentales de l’être humain mit à mal ses relations avec le monde scientifique, tout spécialement avec les précurseurs de l’évolution. Il fut en outre l’un des premiers grands scientifiques à s’inquiéter des conséquences de l’activité humaine sur l’environnement.

Jean Dugain

Une vallée reculée visitée par Dugain

Jean Dugain, né le et décédé après 1787, fut l’un des plus célèbres chasseurs d’esclaves actifs sur l’île de La Réunion dans le courant du XVIIIe siècle alors que celle-ci était encore une colonie française de l’océan Indien connue sous le nom d’île Bourbon. À ce titre, il parcourut de nombreux territoires des Hauts jusqu’alors inexplorés et devint une référence en la matière pour les autorités insulaires, qui n’hésitèrent pas à faire appel à lui pour des missions de reconnaissance.

C’est ainsi qu’il fut le premier homme blanc à assister à une éruption volcanique du Piton de la Fournaise en surplomb de l’Enclos Fouqué, la dernière caldeira formée par ce volcan actif. En outre, il fut peut-être également le premier colon à atteindre le sommet du Piton des Neiges, le plus haut sommet montagneux de l’île, ou au moins à le fréquenter régulièrement.

Il eut un fils qui reçut son prénom, vécut en ermite pendant treize ans dans des lieux reculés de la colonie et aida l’explorateur en voyage Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent durant son ascension de son point culminant au début du XVIIIe siècle. Leur nom a été donné à plusieurs entités naturelles de la géographie de La Réunion, notamment à un petit piton de la Plaine des Cafres et à un lieu-dit habité de Sainte-Suzanne, mais aussi à une grotte difficile d’accès et à un cours d’eau aujourd’hui disparus des cartes.

Hernando de Soto (militaire)

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Hernando de Soto (né en 1496 ou 1497 en Estrémadure, à Barcarrota ou à Jerez de los Caballeros, Espagne ; décédé le 21 mai 1542 dans l’actuel Arkansas) est un conquistador et explorateur espagnol. Encore adolescent, il participe à la conquête de l’Amérique centrale aux côtés du premier gouverneur de Panama, Pedrarias Dávila. Il se joint à Francisco Pizarro au début des années 1530, lors de sa conquête de l’Amérique du Sud.

En 1539, de Soto entreprend la plus importante des premières expéditions coloniales espagnoles. Une vaste entreprise qui lui fait traverser tout le sud-est des États-Unis actuels, à la recherche d’or et d’un passage vers la « Mer du Sud » qui ouvre la voie vers la Chine, poursuivant ainsi les mêmes objectifs que Juan Ponce de Leon, en 1513, de Lucas de Ayllón, en 1526 et de Pánfilo de Narváez en 1527.

De Soto meurt de fièvres, en 1542, sur la rive occidentale du Mississippi, dans un village indien nommé Guachoya (proche de l’actuel McArthur dans l’Arkansas).

Expédition Terra Nova

L'équipe de l'expédition au pôle Sud, le 18 janvier 1912. Debout : Lawrence Oates, Robert Falcon Scott, Edward Adrian Wilson ; assis : Henry Robertson Bowers, Edgar Evans.

L’expédition Terra Nova, officiellement la British Antarctic Expedition 1910, est la troisième expédition britannique en Antarctique au XXe siècle, et une des plus marquantes de l'âge héroïque de l'exploration en Antarctique (1895-1922). Menée entre 1910 et 1913 par Robert Falcon Scott aux fins de recherches scientifiques et d'explorations géographiques, et surtout d'offrir le pôle à la couronne d'Angleterre, elle se termine tragiquement.

Scott a mené auparavant l'expédition Discovery en Antarctique de 1901 à 1904. Cette fois, l'objectif principal, tel que l'exprime initialement Scott, est « d'atteindre le pôle Sud et de garantir à l'Empire britannique l'honneur de cette première ». Bien qu'il s'agisse d'une initiative privée, elle jouit de la bénédiction officieuse du gouvernement britannique — qui a participé pour moitié aux frais —, de l'Amirauté et de la Royal Geographical Society.

L'expédition tire son nom du navire Terra Nova chargé de la transporter. Elle réalise son programme scientifique, explore la Terre Victoria et la chaîne Transantarctique, mais échoue dans sa tentative d'exploration de la Terre du Roi-Édouard-VII.

Le Norvégien Roald Amundsen menant de son côté une autre expédition d'exploration, celle de Scott prend l'allure d'une course pour atteindre le pôle Sud. L'expédition de 65 hommes permet à une équipe réduite de cinq personnes d'atteindre le pôle le , mais ceux-ci constatent que l'équipe d'Amundsen les a précédés de plusieurs semaines. Tout le reste, y compris la performance d'Amundsen, est ensuite éclipsé par la mort de Scott et de ses compagnons lors de leur retour. Leurs notes et journaux, retrouvés huit mois plus tard par une équipe de recherche, permettront de comprendre les détails de leur histoire. Différentes hypothèses seront envisagées sur les causes de la tragédie, et des controverses se feront jour sur la personnalité de Scott.

Rover lunaire

Le Rover lunaire, utilisé durant la mission Apollo 17, 11 décembre 1972

Le Rover lunaire (en anglais, Lunar Roving Vehicle, LRV) est un véhicule fabriqué à quatre exemplaires pour l’agence spatiale américaine (NASA) qui fut utilisé par les astronautes au cours des missions Apollo pour explorer la surface de la Lune. Le Rover lunaire a roulé pour la première fois le dans le cadre la mission Apollo 15.

Ce petit engin tout-terrain biplace à l’allure rustique (masse à vide de 210 kg pour une longueur de 3 mètres) pouvait transporter plus de 490 kg de charge utile à la vitesse modeste de 14 km/h grâce à 4 moteurs électriques de 0,25 CV alimenté par des batteries non rechargeables. Sur le plan technique il était doté d’un système de navigation perfectionné et de roues d’une conception originale.

Le Rover fut conçu sans que les caractéristiques du sol lunaire soient connues avec précision. Il devait fonctionner dans un environnement particulièrement hostile (température élevée, absence d’atmosphère, faible gravité, terrain accidenté et meuble) difficilement reproductible sur terre. Malgré ces contraintes, le Rover lunaire a rempli sans problèmes majeurs les objectifs qui lui étaient assignés.

William Speirs Bruce

William Speirs Bruce en tenue académique en 1903

William Speirs Bruce (né à Londres le – mort à Édimbourg le ) est un océanographe et spécialiste des pôles écossais.

Il abandonne ses études de médecine pour se joindre à la Dundee Whaling Expedition comme assistant scientifique. Cette expédition se prolonge par des voyages en Arctique. En 1899, Bruce postule pour un poste scientifique dans l’expédition Discovery mais la confirmation tardive de cette nomination et les différences de vue avec le président de la Royal Geographical Society, Clements Markham, le conduisent à organiser sa propre expédition aux îles Orcades du Sud et en mer de Weddell sous le nom de Scottish National Antarctic Expedition (SNAE) : l’expédition Scotia (1902-1904). Bruce est le fondateur du Laboratoire océanographique écossais et est à l’origine de l’idée de la marche transcontinentale de l’Antarctique via le pôle Sud qui est, faute de moyens pour qu’il la réalise lui-même, mise en œuvre par Ernest Shackleton lors de l’expédition Endurance (1914-1917). Également spécialiste du Svalbard, il reçoit divers prix pour ses travaux polaires mais ne sera jamais considéré à sa juste valeur, notamment par la Royal Geographical Society.

Expédition Nimrod

L’équipe du pôle Sud lors de l’expédition Nimrod. De gauche à droite : Frank Wild, Ernest Shackleton, Eric Marshall et Jameson Adams.

L’expédition Nimrod, officiellement appelée British Imperial Antarctic Expedition 1907–09, est la deuxième expédition britannique en Antarctique du XXe siècle après l’expédition Discovery. Elle est menée entre 1907 et 1909 par Ernest Shackleton — future figure majeure de l’exploration antarctique. Son nom vient du navire utilisé, le Nimrod, trois-mâts goélette utilisé pour la chasse aux phoques.

L’expédition est un succès : même si le pôle Sud n’est pas atteint, un « Farthest South » de 88°23′S, à moins de 180 km du pôle, symboliquement en dessous de la barre des 100 miles est franchi. C’est également de loin le plus long voyage polaire effectué vers le sud à cette date. Au cours de l’expédition, un groupe dirigé par Edgeworth David a atteint l’endroit approximatif du pôle Sud magnétique et fait la première ascension du mont Erebus sur l’île de Ross. L’équipe scientifique a mené des études géologiques, zoologiques et météorologiques. Enfin, les méthodes de transport retenues par Shackleton, avec des poneys de Mandchourie, de la traction motorisée et des chiens de traîneau, étaient des innovations qui, malgré un bilan mitigé et l’aggravation (en raison de cette expédition) de son inimitié avec Robert Falcon Scott, ont été suivies par celui-ci dans sa tragique expédition Terra Nova

Module lunaire Apollo

Apollo 16 LM

Le module lunaire ou LEM (pour Lunar Excursion Module) ou LM (pour Lunar Module) est le véhicule spatial utilisé dans le cadre du programme spatial américain Apollo (1961-1972) pour débarquer des hommes sur la Lune. Son rôle est de faire atterrir sur la Lune 2 des 3 membres d’équipage du vaisseau Apollo avec des équipements scientifiques, de leur permettre d’y séjourner 2 à 4 jours avant de décoller pour rejoindre le module de commande et de service (CMS) resté en orbite lunaire et chargé de ramener l’équipage sur Terre.

Lorsque en 1961 le président Kennedy fixe comme objectif à l’agence spatiale américaine d’envoyer des hommes sur la Lune avant la fin de la décennie, le programme spatial américain est encore balbutiant. Après avoir étudié plusieurs configurations pour le vaisseau spatial, la NASA choisit en 1962 d’avoir recours au LEM, module dédié au débarquement sur la Lune, malgré les interrogations que suscitent à cette époque le recours au rendez-vous orbital lunaire (LOR) que sous-tendait ce choix. Seule cette solution permettait en effet de tenir l’échéance fixée, en réduisant la masse à satelliser et en limitant les coûts et les risques techniques.

Le LEM comporte deux étages : un étage de descente dont le rôle principal est de faire atterrir verticalement le module lunaire grâce à un moteur à poussée variable et un étage de remontée doté de son propre moteur et dans lequel se situe la cabine pressurisée où séjournent les astronautes. Malgré la complexité de sa mission et une contrainte de masse très sévère (15 tonnes), le LEM a réussi à cinq reprises à amener sans défaillances graves et faire séjourner 2 hommes dans un environnement lunaire particulièrement hostile et à l’époque mal connu.

La conception et la construction du module lunaire ont été réalisées sous la maîtrise d’œuvre de la société aérospatiale Grumman entre 1962 et 1969. Quinze modules lunaires ont été construits, dont 10 ont volé et 6 atterri sur le sol lunaire au cours de la période 1969-1972. Le module lunaire de la mission Apollo 13 a permis de sauver l’équipage en se substituant au module de commande et de service défaillant. Le programme Constellation qui doit permettre de débarquer des hommes sur la Lune à l’horizon 2020 a d’ailleurs repris une grande partie des solutions développées pour le LEM.

Pôle Nord

Projection cartographique illustrant l’océan Arctique et le pôle Nord.

Le pôle Nord géographique terrestre, ou simplement pôle Nord, est le point le plus septentrional de la planète Terre. Il est défini comme l’axe de rotation de la surface terrestre dans l’hémisphère Nord, où tous les méridiens et les fuseaux horaires se rencontrent. Il n’est pas un point fixe à la surface de la Terre, sa période d’oscillation est de quatorze mois et il varie de quelques mètres lors des plus fortes oscillations. Le pôle Nord géographique diffère du pôle Nord magnétique, le point central du champ magnétique terrestre vers où les boussoles pointent.

Le pôle Nord se situe au milieu de l’océan Arctique, profond de 4 261 mètres et couvert en permanence par la banquise, contrairement au pôle Sud, positionné sur la masse continentale Antarctique. Hormis certains bancs de gravier non permanents, la terre émergée la plus proche est l’île Kaffeklubben, située à 707 kilomètres du pôle…

Expédition Southern Cross

Localisation du cap Adare, lieu d’arrivée de l’expédition Southern Cross.

L’expédition Southern Cross, officiellement connue sous le nom de la British Antarctic Expedition 1898–1900, est la première entreprise britannique de l’Âge héroïque de l’exploration dans l’Antarctique (1895-1922) et la pionnière des expéditions plus connues de Robert Falcon Scott et Ernest Shackleton au cours de la décennie suivante. Elle est le fruit de l’explorateur et professeur Carsten Borchgrevink, britannique d’origine norvégienne. Ce dernier envisage la première mission d’hivernage au cap Adare, en Antarctique, avant de faire les premières explorations de l’intérieur du continent, alors totalement inexploré. L’ensemble de l’expédition est financé par l’éditeur britannique de magazines Sir George Newnes.

Expédition Discovery

Carte des voyages entre 1902 et 1904.

L’expédition Discovery, officiellement appelée British National Antarctic Expedition (BrNAE), est la première expédition britannique en Antarctique du XXe siècle. Menée entre 1901 et 1904 par Robert Falcon Scott, sa mission est l’exploration du littoral de la mer de Ross, découverte environ soixante ans plus tôt par James Clark Ross, et la recherche scientifique au long de la côte. Elle tire son nom du navire qui la débarque en Antarctique : le RRS Discovery.

Organisée dans le cadre d’un comité conjoint de la Royal Society et de la Royal Geographical Society, l’expédition, à vocation scientifique, vise à explorer et à étudier un continent qui reste alors en grande partie inconnu. Elle est conduite par des explorateurs qui deviendront les fers de lance de l’âge héroïque de l’exploration dans l’Antarctique : Robert Falcon Scott, Ernest Shackleton, Edward Adrian Wilson, Frank Wild, Thomas Crean, William Lashly

Expédition Scotia

Le navire de l’expédition, le Scotia près de l’île Laurie.

L’expédition Scotia ou expédition nationale antarctique écossaise d’après sa dénomination officielle Scottish National Antarctic Expedition (SNAE), est une expédition écossaise en Antarctique au début du XXe siècle qui tire son nom du navire Scotia chargé de la transporter.

Elle est menée entre 1902 et 1904 par William Speirs Bruce, un naturaliste et ancien étudiant en médecine de l’Université d’Édimbourg. Bruce passe la plus grande partie des années 1890 dans des expéditions polaires. Il est, en 1899, le scientifique polaire le plus expérimenté de Grande-Bretagne. En mars de cette même année, il demande à adhérer à l’expédition de Robert Falcon Scott, qui sera plus tard connue sous le nom d’expédition Discovery. Toutefois, sa proposition d’étendre l’expédition en mer de Weddell en utilisant un second navire est rejetée et vue comme une « rivalité sournoise » par le président de la Royal Geographical Society, Sir Clements Markham. En conséquence, la SNAE s’organise comme une expédition indépendante à financement privé…

Æneas Mackintosh

Æneas Mackintosh vers 1914-1915.

Æneas Lionel Acton Mackintosh (, Tirhut, détroit de McMurdo) est un officier de la marine marchande britannique et un explorateur de l’Antarctique, membre de deux expéditions de Sir Ernest Shackleton : l’expédition Nimrod (1907-1909) et l’expédition Endurance (1914-1917).

Second officier sur le Nimrod puis transféré à terre, sa participation à la première expédition est rapidement compromise lorsqu’il se blesse l’œil droit. Bien qu’il soit invalide à son retour en Nouvelle-Zélande, sa volonté et sa détermination impressionnent Shackleton, si bien qu’à la seconde expédition, en 1914, Shackleton l’a nommé au poste clé de commandant d’une équipe de ravitaillement destinée à créer des dépôts de ravitaillement depuis la mer de Ross pour aider la traversée transcontinentale d’une équipe venue de la mer de Weddell

Âge héroïque de l'exploration en Antarctique


L’âge héroïque de l’exploration en Antarctique (1895-1922) est une période qui s’étend de la fin du XIXe siècle au début des années 1920, au cours de laquelle des hommes explorent la terra incognita qu’est alors l’Antarctique. En accomplissant leurs voyages, ces explorateurs recherchent à la fois honneur et gloire, mais visent aussi à faire progresser la science par leurs découvertes. Effort international non dénué d’esprit de compétition, seize expéditions majeures sont lancées par huit pays différents. Cet âge commence réellement avec le sixième congrès international de géographie de 1895, qui lance alors un appel solennel à tous les cercles scientifiques du monde pour accélérer l’exploration de l’Antarctique avant la fin, proche, du XIXe siècle. À ce moment-là, ce continent est considéré comme « le plus grand espace géographique à pouvoir être encore exploré »

Nouveau-Groenland méridional‎

La ligne rouge montre les lieux rapportés par Benjamin Morrell de la côte du Nouveau-Groenland méridional (1823), et le 4e point montre « l’apparition » signalée par James Clark Ross en 1843. La ligne en point tiré désigne le trajet du capitaine Johnson en 1821.

Le Nouveau-Groenland méridional, ou Groenland méridional, appelé New South Greenland en anglais, est une terre fantôme consignée en par le capitaine américain Benjamin Morrell lors d'un voyage d'exploration et de chasse aux phoques en mer de Weddell, dans l'océan Austral, à bord de la goélette Wasp. Également connue sous le nom de terre de Morrell, ou Morrell’s Land en langue anglaise, elle est mentionnée dans son récit intitulé A Narrative of Four Voyages, écrit neuf ans plus tard : l'auteur y fournit les coordonnées précises mais aussi une description sommaire de cette terre qu'il aurait longé sur plus de 480 km.

Au moment du voyage de Morrell, la géographie de la mer de Weddell est approximative et ses côtes proches presque entièrement inconnues, rendant une découverte plausible. Toutefois, la réputation d'affabulateur dont souffre l'auteur et les erreurs manifestes dans le compte rendu de son voyage mettent à mal sa crédibilité et sèment le doute quant à ses diverses revendications. Comme la zone est peu visitée à l'époque et la navigation difficile en raison du pack, l'existence de cette prétendue terre ne fit jamais l'objet d'une enquête sérieuse avant d'être catégoriquement démentie au cours des expéditions antarctiques du début du XXe siècle. En , l'explorateur allemand Wilhelm Filchner cherche sans succès des signes de l'existence d'une terre, après que son navire Deutschland se bloque dans les glaces et dérive vers la région décrite par Morrell. Un sondage révèle que le fond de la mer y atteint une profondeur de plus de 1 500 m, donc sans terre qui puisse se trouver à proximité. Trois ans plus tard, pris au piège dans les mêmes eaux avec son navire Endurance, Ernest Shackleton réussit par des moyens similaires à confirmer l'inexistence du Nouveau-Groenland méridional.

Plusieurs explications possibles à l'erreur de Morrell ont été suggérées, y compris la tromperie intentionnelle. Cependant, Morrell décrit brièvement et prosaïquement cette terre, sans rechercher gloire ou crédit personnel pour sa découverte. Dans son récit, il attribue à Robert Johnson, son ancien capitaine, l'honneur d'avoir découvert et nommé la terre deux ans plus tôt. Morrell peut réellement s'être trompé, par un mauvais calcul de la position de son navire ou en oubliant certains détails en écrivant le compte-rendu, neuf ans plus tard. Sinon, il a pu avoir commis la faute — fréquente — de confondre des lointains icebergs avec une terre, ou être induit en erreur par les effets d'un mirage. En 1843, l'explorateur James Clark Ross signale l'existence possible de terres dans une zone proche des observations de Morrell, mais cette terre, elle non plus, ne sera jamais confirmée.

Farthest South


Le terme anglais Farthest South désigne le « point le plus au sud », donc le plus proche du pôle Sud, jamais atteint par l'homme à un moment donné de l'histoire. Absente des préoccupations des premiers navigateurs de l'hémisphère austral, l'expression a été largement utilisée lorsque, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la course en direction du sud s'est intensifiée.

Les premiers pas significatifs dans l'avancée vers le pôle Sud sont la découverte de terres au sud du cap Horn en 1619, le franchissement du cercle Antarctique par James Cook en 1773 et le premier signalement confirmé du continent Antarctique en 1820. Dans les années qui précédent celles où l'atteinte du pôle devient un objectif réaliste, différents motifs attirent les aventuriers vers le sud. Le moteur initial est la recherche de nouvelles routes commerciales entre l'Europe et l'Extrême-Orient. Après que ces routes ont été établies, et les principales caractéristiques géographiques de la terre cartographiées dans les grandes lignes, c'est le grand continent fertile de Terra Australis qui fait miroiter aux yeux des aventuriers la promesse de ses richesses, cachées, à en croire le mythe, au sud de la planète. La croyance en l'existence de cette terre d'abondance persiste jusqu'au cœur du XVIIIe siècle, et bien des gens n'acceptent pas sans réticence ce que l'historien du pôle Roland Huntford décrira plus tard comme étant « la funeste vérité — un environnement froid et rude au sud, confirmée par la découverte d'îles glacées et inhospitalières dans l'océan Austral »

Les Aventures d'Arthur Gordon Pym

Gravure de Voyage au pôle sud et dans l'Océanie (expédition de Dumont d'Urville).

Les Aventures d'Arthur Gordon Pym (titre original en anglais : The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket) est le titre de l'unique roman achevé par Edgar Allan Poe, publié en 1838 aux États-Unis et en Angleterre. Charles Baudelaire en donne une première traduction française en 1858.

Présenté par ses éditeurs comme le récit d'un authentique voyage de découverte aux confins inexplorés de l'océan Antarctique, l'ouvrage a été éreinté par la critique anglo-américaine lors de sa parution et quasiment renié plus tard par son auteur. Baudelaire lui-même exprima initialement des réserves face à ce roman d'aventures exubérant, non dénué d'invraisemblances et de défauts de construction, qui par la suite impressionna profondément des lecteurs tels que Jorge Luis Borges, Jules Verne, Howard Phillips Lovecraft ou encore Gaston Bachelard.

L'odyssée énigmatique d'Arthur G. Pym, le mystère qui plane autour de sa disparition au large du pôle sud, ainsi que la nature de la « silhouette voilée » qui clôt le récit ont par ailleurs donné lieu aux interprétations les plus diverses et les plus contradictoires.

Expédition Endurance

Le trois-mâts l'Endurance qui a donné son nom à l'expédition.

L’expédition Endurance, officiellement appelée Imperial Trans-Antarctic Expedition (1914-1917), est la quatrième expédition britannique en Antarctique au XXe siècle. Elle visait à traverser ce continent de part en part mais fut un échec. Elle est pourtant devenue célèbre par l'odyssée qu'ont vécue les membres de l'expédition et leur chef Ernest Shackleton. Ils ont réussi, après avoir pratiquement tout perdu, à survivre aux conditions difficiles de l'Antarctique et à aller chercher des secours par leurs propres moyens.

Les 28 hommes de l’Endurance, après le naufrage de leur navire à des milliers de milles des terres habitées les plus proches, ont enduré pendant 22 mois des températures descendant jusqu'à −45 °C avec des provisions limitées. La traversée pour rejoindre une station baleinière de l'île de la Géorgie du Sud, après 1 800 kilomètres dans un océan déchaîné à bord d'un bateau de sept mètres et en utilisant pour la navigation un sextant et un chronomètre, constitue un des points d'orgue de leur exploit. Outre les témoignages écrits, une grande partie de l'expédition a été photographiée.

Une partie de la deuxième équipe de l'expédition, embarquée à bord de l’Aurora et envoyée en mission de soutien de l'autre côté du continent, a vécu également une situation critique de survie dans des conditions précaires. Leur aventure s'est soldée par la mort de trois des hommes du groupe, à l'inverse de celui conduit par Shackleton.

Depuis leur sauvetage, de nombreux livres ont été publiés sur cette expédition, que ce soit par des hommes l'ayant vécue ou par des auteurs ayant retracé leurs aventures, des films documentaires ont été réalisés et on la considère comme la dernière expédition importante de l'âge héroïque de l'exploration dans l'Antarctique (1895-1922).

Georg Forster

Georg Forster

Johann Georg Adam Forster (né le 27 novembre 1754 à Nassenhuben près de Danzig, en Pologne ; mort le 10 janvier 1794 à Paris) est un naturaliste allemand, ainsi qu’un ethnographe, un écrivain voyageur, un journaliste et un révolutionnaire. Il participe à la deuxième expédition autour du monde de James Cook, consacre d’importantes sommes à la géographie et à l’ethnologie comparées des mers du sud et apparaît comme un des fondateurs de la littérature de voyage scientifiquement fondée.

Francisco Pizarro

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Francisco Pizarro est un grand conquistador espagnol, né vers 1475 ou 1478 et mort à Lima, capitale du Pérou, en 1541. Pour le compte de l'Espagne, il parvint à soumettre et conquérir le Pérou des Incas. Cupide et attiré par les richesses dont il avait eu vent, il organisa deux expéditions qui tournèrent toutes au désastre. En 1528, l'exploration de Pizarro découvrit le Pérou et retourna à Panama. On lui refusa alors une nouvelle conquête et Pizarro repartit vers l'Espagne pour obtenir le soutien de l'empereur Charles Quint. Le conquistador revint au Pérou et s'empara de la ville de Cuzco en 1534. Il enleva Atahualpa, le souverain Inca, et après avoir reçu la rançon qu'il exigeait, le mit à mort. Envié par d'autres conquistadors, il ne tarda pas à entrer en conflit avec le cruel Pedro de Alvarado. Affaibli par les révoltes des Indiens et les luttes fratricides entre Espagnols, le maître de Cuzco fut exécuté en 1541, victime d'une conspiration organisée par Alvarado.

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Antonio Pigafetta

Portrait traditionnellement présenté comme celui d'Antonio Pigafetta.

Antonio Pigafetta, (nait entre 1480 et 1491, probablement à Vicence et mort à une date inconnue), est un marin et chroniqueur italien du XVIe siècle qui a participé sous les ordres de Magellan puis Juan Sebastián Elcano au premier voyage autour du monde (circumnavigation).

Sa propre vie est très peu connue des historiens en raison du manque de sources mais ses écrits sont restés célèbres. Auteur du journal de bord des voyages de Magellan son œuvre a été publiée sous le titre Navigation & découvrement de l'Inde supérieure & îles de Malucque où naissent les clous de girofle, faite par Antonio Pigafetta, vicentin et chevalier de Rhodes, commençant en l'an 1519.

Ce livre contient des analyses linguistiques, c'est le premier lexique des Indiens de Patagonie mais aussi une étude ethnologique des peuples rencontrés ainsi que des observations astronomiques.

S'il s'agit de la chronique la plus complète et la plus célèbre, sur celle sur laquelle se basent tous les travaux relatifs au voyage de Magellan, son œuvre n'est pas dénuée de poésie et constitue « un incontestable chef-d'œuvre de la littérature de voyage ».

Robert Knox (marin)

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Robert Knox (1640 - 1720) est un voyageur et auteur anglais qui fit le premier compte rendu détaillé sur l’île de Ceylan. En 1657, il embarque sur un navire de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Gravement endommagé en Inde, le vaisseau se dirige vers Ceylan où une partie de l’équipage est fait prisonnier. Knox reste sur l’île durant 19 ans, il apprend la langue locale et étudie la vie du pays. Il s’évade en 1679 et retourne à Londres où il publie Relation ou Voyage de l’Isle de Ceylan, dans les Indes Orientales.

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Ernest Shackleton

Ernest Shackleton à l'époque de l'expédition Endurance (1914-1917)

Sir Ernest Henry Shackleton, CVO, OBE, né le à Kilkea et mort le en Géorgie du Sud, est un explorateur anglo-irlandais, considéré comme l'une des principales figures de l'Âge héroïque de l'exploration en Antarctique. Il prend contact pour la première fois avec les régions polaires en tant que troisième officier lors de l'expédition Discovery de Robert Falcon Scott, qu'il doit quitter avant son terme pour raisons de santé. Déterminé à faire oublier cet échec personnel, il retourne en Antarctique en 1907 comme chef de l'expédition Nimrod. En janvier 1909, il établit, avec trois compagnons, un record, avec une marque à 88°23'S, soit à près de 100 milles du pôle Sud. Cet exploit lui vaut d'être anobli par le roi Édouard VII à son retour.

Après la conquête du pôle Sud en 1912 par Roald Amundsen, Shackleton porte son attention sur ce qu'il estime être le dernier grand objectif de l'Antarctique : la traversée du continent de la mer de Weddell à la mer de Ross via le pôle. Il monte, à cette fin, ce qui est devenu l'expédition Endurance...

Ernest Joyce

Frank Wild (gauche) et Ernest Joyce (droite) avec un membre non identifié de l'équipage.

Ernest Edward Mills Joyce (né vers 1875 — mort le ) est un marin britannique de la Royal Navy et un explorateur qui a participé à trois expéditions en Antarctique au début du XXe siècle.

Il commence sa carrière comme mousse en 1891. Dix ans plus tard, il rejoint le capitaine Robert Falcon Scott lors de l'expédition Discovery (1901-1904). Il y fait bonne impression auprès d'Ernest Shackleton, alors jeune officier. En 1907, Shackleton recrute Joyce pour s'occuper des chiens et des traîneaux lors de sa propre expédition en Antarctique, l'expédition Nimrod (1907-1909). S'acquittant honorablement de ce rôle, Joyce est engagé dans le cadre de l'expédition Aurora (1911) menée par Douglas Mawson, mais quitte l'expédition pour une raison inconnue avant le départ de Tasmanie.

En 1914, Shackleton invite Joyce à se joindre à l'équipe de soutien de l'expédition Endurance (1914-1917) en mer de Ross. Après qu'une série de calamités se sont abattues sur l'équipe de la mer de Ross, en 1915-1916, Joyce devient le responsable de facto de cette équipe, et recevra même plus tard la médaille polaire et la médaille Albert pour le sauvetage de trois de ses camarades. Cependant, cette expédition est la dernière de Joyce malgré des tentatives répétées de se joindre à d'autres expéditions...

Fernand de Magellan

Portrait de Fernand de Magellan, lithographie réalisé par Charles Legrand en 1841.

Fernand de Magellan, (Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en espagnol), né dans le Nord du Portugal aux environs de 1480 et mort sur l'île de Mactan aux Philippines le , est un navigateur et explorateur portugais de l'époque des Grandes découvertes. Il est connu pour être à l'origine de la première circumnavigation de l'histoire – achevée en septembre 1522 sous les ordres de Juan Sebastián Elcano après trois ans de voyage – en ayant navigué vers l'ouest pour rejoindre les Moluques, découvrant sur son chemin le détroit qui porte son nom.

Au XVe siècle, contrairement aux idées reçues, la rotondité de la Terre était une idée acquise depuis l'Antiquité. Au IIIe siècle av. J.-C., Ératosthène en avait mesuré la circonférence avec un degré d'exactitude remarquable. Même si les écrits des Grecs, notamment ceux d’Aristote, perdirent leur autorité, cette idée perdura pendant tout le Moyen Âge. Le Traité de la Sphère de Joannes de Sacrobosco, écrit à Paris en 1224, fut largement divulgué dans tous les cercles savants sans que l'Église n'y trouvât à redire. Le premier globe connu, c'est-à-dire le plus ancien conservé, est celui réalisé à Nuremberg par Martin Behaim en 1492

Alexandre le Grand

Buste d’Alexandre - IIe – Ier siècles av. J.-C., British Museum.

Alexandre le Grand (en grec ancien : Ἀλέξανδρος ὁ Μέγας / Aléxandros ho Mégas ou Μέγας Ἀλέξανδρος / Mégas Aléxandros) ou Alexandre III de Macédoine (Ἀλέξανδρος Γ' ὁ Μακεδών / Aléxandros III ho Makedốn), né le à Pella et mort le à Babylone, est un roi de Macédoine et l'un des personnages les plus célèbres de l'Antiquité. Fils de Philippe II, élève d'Aristote et roi de Macédoine à partir de 336, il devient l'un des plus grands conquérants de l'histoire en prenant possession de l'immense Empire perse et en s'avançant jusqu'aux rives de l'Indus.

Après l'assassinat de Philippe, Alexandre hérite d'un royaume puissant et d'une armée macédonienne expérimentée. Reprenant le projet panhellénique de son père, il réunit la Macédoine et des cités grecques dans une coalition afin d'envahir l'Empire perse. En 334, il débarque en Asie, démarrant une campagne qui durera dix ans. Il remporte une première victoire contre les satrapes perses au Granique qui lui offre l'Anatolie. Puis en 333, il défait le roi Darius III à Issos. Il entreprend ensuite la conquête de la Phénicie et marche jusqu'en Égypte où il est proclamé pharaon. La victoire à Gaugamèles en 331 lui offre la totalité de l'Empire perse. Il mène ensuite une campagne contre les généraux perses insoumis et s'avance jusqu'au pays des Scythes. Il dirige enfin une dernière campagne au Pendjab et dans la vallée de l'Indus (Pakistan actuel) durant laquelle il remporte la bataille de l'Hydaspe ; mais en 326 ses soldats refusent d'avancer plus loin. Il meurt en 323 à Babylone probablement de maladie, à l'âge de trente-deux ans, avant d'avoir pu mener ses projets de conquête de la péninsule arabique.

Roi-bâtisseur, Alexandre a fondé près d'une vingtaine de cités, la plus importante étant Alexandrie d'Égypte, et implante des colonies jusqu'aux confins de l'Asie, étendant notablement l'influence de l'hellénisme. Il se place dans la continuité des souverains achéménides et cherche à assimiler les élites asiatiques avec pour objectif d'assurer la pérennité de l'empire qu'il a créé, comme en témoigne son mariage avec une princesse de Bactriane, Roxane. Son empire est partagé à sa mort entre ses principaux généraux, les Diadoques, qui forment à la fin du IVe siècle av. J.-C. les différents royaumes de la période hellénistique.

L'immense postérité d'Alexandre à travers l'histoire, les cultures et les religions s'explique par l'ampleur de ses victoires militaires, par sa volonté de conquête de l'ensemble du monde connu et par sa personnalité emprunte de philosophie mais aussi de démesure. Son épopée suscite dès l'Antiquité de nombreuses publications littéraires. Néanmoins les écrits des historiens contemporains des événements ont tous disparu ; seuls subsistent de nos jours leurs abréviateurs, dont certains sont à l'origine des légendes le concernant. Parmi ses récits légendaires, le Roman d'Alexandre occupe une place à part ; issu des écrits du Pseudo-Callisthène, il mêle l'histoire et le fantastique pour devenir l'un des ouvrages non religieux les plus lu au Moyen Âge, en Occident comme en Orient.

Dès le règne d'Alexandre se construit un mythe qui le présente comme un héros divinisé. Cette renommée, malgré des critiques eu égard à ses excès ou à sa cruauté, dépasse ensuite les frontières du monde grec pour prendre place parmi les écrits des religions monothéistes. Dans la Rome antique, il est considéré comme un modèle pour nombre de généraux et d'empereurs. Dans l'Empire byzantin, il bénéficie d'une grande popularité dans tous les milieux sociaux et représente l'idéal du souverain, tout en connaissant une forme de christianisation. Dans l'Europe médiévale, il est vu comme un exemple de vertus chevaleresques au travers du Roman d'Alexandre. À l'époque moderne, il est un temps un modèle pour Louis XIV. Au siècle des Lumières, il apparaît comme celui qui a étendu la civilisation européenne et ouvert le commerce entre l'Europe et l'Asie. À l'époque contemporaine, il inspire la volonté d'indépendance des Grecs et devient le modèle du « conquérant-civilisateur » pour les promoteurs de la colonisation européenne. En Orient, il bénéficie encore de nos jours d'une grande postérité sous le nom d'Iskandar (ou Iskander). Enfin, il est représenté dans de nombreuses œuvres d'art de l'Antiquité jusqu'à nos jours.

Programme Apollo

Premiers pas sur la Lune de Buzz Aldrin, le 20 juillet 1969, lors de la mission Apollo 11 avec sa combinaison spatiale A7L.

Le programme Apollo est le programme spatial de la NASA mené durant la période 19611975 qui a permis aux États-Unis d’envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune. Il est lancé par John F. Kennedy le , essentiellement pour reconquérir le prestige américain mis à mal par les succès de l’astronautique soviétique, à une époque où la Guerre froide entre les deux superpuissances battait son plein.

Le programme avait pour objectif de poser un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Le , cet objectif était atteint par deux des trois membres d’équipage de la mission Apollo 11, Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Cinq autres missions se sont posées par la suite sur d’autres sites lunaires et y ont séjourné jusqu’à trois jours. Ces expéditions ont permis de rapporter 382 kilogrammes de roche lunaire et de mettre en place plusieurs batteries d’instruments scientifiques. Les astronautes ont effectué des observations in situ au cours d’excursions sur le sol lunaire d’une durée pouvant atteindre 8 heures, assistés à partir d’Apollo 15 par un véhicule tous-terrains, le rover lunaire.

Aucun vol orbital n’avait encore été réalisé en mai 1961. Pour remplir l’objectif fixé par le président, la NASA lança plusieurs programmes destinés à préparer les futures expéditions lunaires : le programme Gemini pour mettre au point les techniques de vol spatial et des programmes de reconnaissance (Programme Surveyor, Rangeretc.) pour, entre autres, cartographier les zones d’atterrissage et déterminer la consistance du sol lunaire. Pour atteindre la Lune, les responsables finirent par se rallier à la méthode audacieuse du rendez-vous orbital lunaire, qui nécessitait de disposer de deux vaisseaux spatiaux dont le module lunaire dédié à l’atterrissage sur la Lune. La fusée géante de 3 000 tonnes Saturn V, capable de placer en orbite basse 118 tonnes, fut développée pour lancer les véhicules de l’expédition lunaire. Le programme drainera un budget considérable (135 milliards de dollars US valeur 2005) et mobilisera jusqu’à 400 000 personnes. Deux accidents graves sont survenus au cours du projet : l’incendie au sol du vaisseau spatial Apollo 1 dont l’équipage périt brûlé et qui entraîna un report de près de deux ans du calendrier et l’explosion d’un réservoir à oxygène du vaisseau spatial Apollo 13 dont l’équipage survécut en utilisant le module lunaire comme vaisseau de secours.

Les missions lunaires ont permis d’avoir une meilleure connaissance de notre satellite naturel. Le programme Apollo a favorisé la diffusion d’innovations dans le domaine des sciences des matériaux et a contribué à l’essor de l’informatique ainsi que des méthodes de gestion de projet et de test. Les photos de la Terre, monde multicolore isolé dans un espace hostile, ainsi que celles de la Lune, monde gris et mort, ont favorisé une prise de conscience mondiale sur le caractère exceptionnel et fragile de notre planète. Le programme est à l’origine d’une scission dans la communauté scientifique et parmi les décideurs entre partisans d’une exploration robotique jugée plus efficace et ceux pour qui l’exploration humaine à une forte valeur symbolique, qui justifie son surcoût.

Expédition Polaris

L’USS Congress (au premier plan) et le Polaris, dans la baie de Disko au Groenland.

L’expédition Polaris est une expédition polaire dirigée par l'explorateur américain Charles Francis Hall et financée par le gouvernement américain qui a tenté sans succès d'atteindre le pôle Nord en 1871. Il s'agit d'une des premières tentatives sérieuses, après celle de l'officier de marine britannique William Edward Parry, qui avait réussi à atteindre, en 1827, la latitude 82°45' Nord.

Après avoir effectué deux longues expéditions dans les contrées de l'Arctique, Hall a la réputation d'être un explorateur chevronné. Le Polaris, qu'il a affrété et qui comporte un équipage hétéroclite encadré par deux patrons de baleinier, quitte New York en juin 1871. Le 2 septembre 1871, le Polaris établit un nouveau record en atteignant la latitude 82°29' Nord et peu après débute l'hivernage dans une baie située sur la rive septentrionale du Groenland. Alors que les membres de la tentative vers le pôle Nord se préparent à s'élancer sur la banquise en utilisant des traîneaux, Hall tombe gravement malade et décède le 8 novembre 1871 après avoir accusé des membres d'équipage de l'avoir empoisonné. Sidney Budington prend le commandement de l'expédition. Une tentative infructueuse est effectuée en juin 1872 de poursuivre vers le pôle avec les baleinières puis l'objectif de l'expédition est abandonné. Le Polaris prend la route du sud mais, après avoir heurté des glaces, dix-neuf membres de l'expédition se retrouvent séparés du navire. Ils dérivent sur un morceau de banquise durant six mois en parcourant 2 900 km avant d'être secourus par un navire. Budington décide d'échouer le Polaris à court de charbon en octobre 1872 près d'Etah, au Groenland. Les rescapés réussissent à survivre à l'hiver et, après avoir repris la mer en juin à bord d'embarcations construites avec le bois du Polaris, sont recueillis en mer par un navire en juillet...

Carsten Borchgrevink

Carsten Borchgrevink.

Carsten Egeberg Borchgrevink (/karstεn bɔrkgrevink/), né le à Oslo en Norvège et mort dans la même ville le , était un professeur et explorateur polaire britannico-norvégien. Pionnier des expéditions modernes en Antarctique, il fut le précurseur de Robert Falcon Scott, Ernest Shackleton, Roald Amundsen et de bien d'autres personnalités de l'âge héroïque de l'exploration en Antarctique. Il commença sa carrière d'explorateur en 1894 en se joignant à une expédition norvégienne de chasse à la baleine. Il en ramena une collection des premiers spécimens de la vie végétale dans le cercle Antarctique.

Entre 1898 et 1900, Borchgrevink conduisit l'expédition Southern Cross sous le financement britannique, qui fut en 1899, la première à hiverner sur le continent Antarctique et à visiter la « Grande Barrière de glace », plus tard renommée barrière de Ross, depuis l'expédition Erebus et Terror de James Clark Ross près de soixante ans auparavant...

Fridtjof Nansen

Fridtjof Nansen.

Fridtjof Wedel-Jarlsberg Nansen, né le à Store Frøen près de Christania et mort le dans sa propriété de Polhøgda à Lysaker dans la commune de Bærum, est un explorateur polaire, scientifique, homme d'État et diplomate norvégien.

Champion de ski et de patinage sur glace dans sa jeunesse, il dirige la première traversée de l'intérieur du Groenland en 1888 et acquiert une renommée internationale après avoir atteint un record de latitude nord de 86°13′ lors de son expédition au pôle Nord de 1893 à 1896. Bien qu'il prenne sa retraite de l'exploration après son retour en Norvège, ses techniques et ses innovations dans la locomotion, l'équipement et les vêtements adaptés au milieu polaire ont influencé toute une série d'explorations ultérieures de l'Arctique et de l'Antarctique.

Nansen étudie la zoologie à l'université de Christiania et travaille ensuite en tant que conservateur au musée de Bergen où ses travaux sur le système nerveux des animaux marins lui valent un doctorat. Il aide à établir les théories modernes de la neurologie. Après 1896, son principal sujet d'étude devient l'océanographie et, dans le cadre de ses recherches, il fait de nombreuses expéditions scientifiques, principalement dans l'océan Atlantique Nord, et contribue au développement d'équipements océanographiques modernes. Connu comme l'un des plus éminents citoyens de son pays, Nansen s'est prononcé en 1905 pour la fin de l'union de la Norvège et de la Suède et contribue à persuader le prince Charles de Danemark — futur Haakon VII de Norvège — d'accepter le trône de l'État nouvellement indépendant. Entre 1906 et 1908, il sert comme représentant de la Norvège à Londres, où il aide à négocier le traité qui garantit l'intégrité du statut indépendant de la Norvège…

Expédition Fram

Un trois-mâts, propulsé à la vapeur, avance dans un bras de mer entouré de nombreuses barques à rame. À l'arrière-plan se profile une ligne de collines, avec quelques immeubles faiblement visibles au bord de l'eau.

L'expédition Fram est une expédition maritime menée dans l'océan Arctique par le Norvégien Fridtjof Nansen à bord du navire Fram entre 1893 et 1896. Nansen et son équipage ont tenté d'atteindre le pôle Nord en utilisant la dérive de la banquise créée par le courant marin de l'océan Arctique.

Fridtjof Nansen fonde son entreprise sur les conclusions qu'il tire de l'échec de l'expédition Jeannette (1879-1881), broyée par les glaces au large des îles de Nouvelle-Sibérie et dont des débris sont retrouvés quelques années plus tard sur la banquise au Groenland. Cette découverte amène certains scientifiques à formuler l'hypothèse de l'existence d'un courant marin transpolaire qui entraîne une dérive de la banquise. Nansen reprend cette théorie à son compte et se lance dans la construction d'un navire capable de résister à la pression des glaces pour lui permettre de se laisser porter par la banquise. Malgré le scepticisme de nombreux explorateurs polaires, Nansen utilise l'élan patriotique qui a cours en Norvège à la fin du XIXe siècle pour trouver des fonds et monter son expédition. À 29 ans, Fridtjof Nansen, qui vient d'achever la première traversée du Groenland à ski, n'est pas un novice des expéditions polaires. Avec l'architecte naval Colin Archer, il conçoit le Fram dont la spécificité réside dans une coque arrondie lui permettant d'être soulevé par la glace plutôt qu'écrasé.

Le navire part de Christiania (aujourd'hui Oslo) à l'été 1893 avec douze hommes à son bord. Fridtjof Nansen mène son navire vers l'archipel de Nouvelle-Sibérie où il le laisse prendre par les glaces, en espérant que la dérive le mène vers le pôle. Après deux hivernages et de longs mois d'une dérive erratique, le navire s'est rapproché du pôle, mais pas assez rapidement au goût de Nansen. Il décide alors de se lancer à la conquête du pôle Nord en traîneau à chien et à ski, en compagnie de Hjalmar Johansen. En mars 1895, ils quittent le navire qui est laissé sous le commandement d'Otto Sverdrup. Nansen et Johansen n'atteignent pas le pôle mais réussissent à se porter jusqu'à une latitude de 86° 13′ 6″ N, le point le plus au nord (ou farthest North en anglais) jamais atteint jusqu'alors. Bloqués par l'état de la glace, ils entament alors une longue retraite jusqu'à la terre François-Joseph où ils sont contraints d'hiverner. Ils repartent ensuite vers le sud et rencontrent par hasard l'explorateur Frederick George Jackson, plus de quinze mois après avoir quitté le Fram

Conquête de l'Ouest

Paul Kane, Camping on the Prairie, huile sur papier imprimée en 1846. La scène montre Paul Kane (1810-1871) accompagné de son guide dans les Grandes Plaines du Dakota.

La conquête de l’Ouest est le processus de colonisation, par des populations essentiellement d’origine européenne (typiquement WASP) et le gouvernement des États-Unis, au XIXe siècle, de l’immense territoire qui s’étend, en Amérique du Nord, entre le fleuve Mississippi et l’océan Pacifique, peuplé jusqu’alors par les peuples amérindiens. Cet événement fondateur de la culture américaine a été popularisé dans le monde par les westerns.

De l’achat de la Louisiane à la France en 1803 jusqu’aux derniers territoires cédés par le Mexique en 1853, les États-Unis acquièrent leurs frontières actuelles à l’Ouest (hormis l’Alaska), et s’assurent la possession d’une façade sur l’océan Pacifique. Ces nouveaux territoires sont quasiment inconnus des Européens, mis à part la vallée du Missouri, fréquentée par quelques aventuriers français, et une poignée d’implantations espagnoles dans le Sud-Ouest. La première étape de la conquête est l’exploration des terres à l’ouest du Mississippi, et elle est d’abord le fait des trappeurs et autres mountain men. En 1804, persuadé que l’expansion consoliderait la prospérité et les idéaux de la jeune démocratie américaine, le président Thomas Jefferson envoie les capitaines Lewis et Clark en reconnaissance vers l’océan Pacifique en passant par la vallée du Missouri. Leurs découvertes sont, par la suite, complétées par des expéditions militaires et scientifiques, comme celle de John Charles Frémont, qui prennent contact avec différentes tribus amérindiennes.

L’idée d’une « terre promise » à l’Ouest grandit parmi la population de l’Est. Dans les années 1840, la croyance en un droit quasi divin du peuple américain à s’approprier les terres de l’Ouest, malgré les Amérindiens ou les autres nations, prend le nom de « Destinée manifeste ». Déjà, des colons américains s’installent dans le Texas, où ils proclament leur indépendance vis-à-vis du Mexique en 1835. La guerre entre les États-Unis et le Mexique en 1847 règle définitivement le différend. À l’issue de ce conflit, les États-Unis acquièrent, entre autres, la Californie, qui devient, en 1849, le théâtre d’une ruée vers l’or à l’ampleur jamais égalée jusqu’à présent, attirant des populations du monde entier. D’autres découvertes de filons incitent, plus tard, à l’implantation de pionniers dans plusieurs régions de l’Ouest américain. Pour accéder aux nouveaux territoires, et, d’abord, rejoindre la Californie et l’Oregon, ou l’Utah dans le cas des Mormons, les colons empruntent des pistes traversant d’immenses étendues. Les communications et les transports d’un bout à l’autre du pays posent d’énormes problèmes logistiques, qui sont finalement surmontés par le télégraphe en 1861 et la première ligne de chemin de fer transcontinentale en 1869. Dans les années 1850, les États-Unis se divisent sur la question de l’esclavage, et la question se pose sur sa propagation ou son interdiction dans les territoires de l’Ouest, destinés à devenir des États. Cette situation aboutit à la guerre de Sécession...

Charles de Foucauld

Photo de Charles de Foucauld au Hoggar.

Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand ( - ) est un militaire français devenu explorateur et géographe, puis religieux catholique et linguiste.

Orphelin à l’âge de six ans, Charles de Foucauld fait carrière dans l’armée, intégrant Saint-Cyr et menant une vie dissolue. Il décide à 23 ans de démissionner de l’armée afin d’explorer le Maroc en se faisant passer pour un Juif. La qualité de ses travaux lui vaut la médaille d’or de la Société de Géographie, et une grande renommée suite à la publication de son livre Reconnaissance au Maroc (1888).

De retour en France et après diverses rencontres, il se « convertit » et devient religieux chez les Trappistes le , en France puis en Syrie. Sa quête d’un idéal encore plus radical de pauvreté, d’abnégation et de pénitence le pousse à quitter la trappe afin de devenir ermite en 1901. Il vit alors en Palestine, écrivant ses méditations qui seront le cœur de sa spiritualité, comprenant la Prière d’abandon. Ordonné prêtre, il décide de s’installer dans le Sahara, à Béni-Abbés (Algérie). Il ambitionne de fonder une nouvelle congrégation, mais personne ne le rejoint. Il vit avec les Berbères et développe un nouveau style d’apostolat, voulant prêcher non pas par les discours, mais par son exemple. Afin de mieux connaître les Touaregs, il étudie pendant plus de douze ans leur culture, publiant sous un pseudonyme le premier dictionnaire touareg-français. Les travaux de Charles de Foucauld sont une référence pour la connaissance de la culture touarègue.

Le , Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage. Il est très vite considéré comme un saint et une véritable dévotion s’instaure, appuyée par le succès de la biographie de René Bazin (1921) qui devient un best-seller. De nouvelles congrégations religieuses, familles spirituelles et un renouveau de l’érémitisme s’inspirent des écrits et de la vie de Charles de Foucauld. Son procès en béatification commence dès 1927. Interrompu durant la guerre d’Algérie, il reprend ultérieurement et Foucauld est déclaré Vénérable le par le pape Jean-Paul II, puis Bienheureux le par le pape Benoît XVI.

Nicolas Krick

Le P. Krick, dessin, 2e moitié du XIXe siècle.

Nicolas Michel Krick dit Nicolas Krick, né le à Lixheim en France et mort le , est un prêtre lorrain, devenu missionnaire des Missions étrangères de Paris en 1848. Il meurt assassiné avec Augustin Bourry alors qu'il tente de rejoindre le Tibet.

Né dans une famille lorraine, de tendance politique démocrate, il entre au séminaire en 1839 et est ordonné prêtre en 1843. Après quelques années de sacerdoce, il rejoint les Missions étrangères de Paris. Il est envoyé en mission au Tibet avec trois autres confrères. Comme il est impossible d'y accéder par la Chine qui interdit l'entrée de son territoire aux étrangers, ils partent en Inde du Nord afin de découvrir un passage au Tibet par le Sud. Après plusieurs mois de tentatives infructueuses, Nicolas Krick devient le premier Européen à accéder au Tibet par cette voie. Il fait le récit de sa traversée de l'Inde du Nord et de ses expériences dans sa Relation d'un voyage au Thibet par M. l'abbé Krick, puis l'envoie à Paris. Cette Relation permet de faire progresser considérablement les connaissances alors très limitées que l'on a des tribus Mishmi et du Tibet. Après avoir réussi à y pénétrer, il doit quitter le Tibet face aux menaces qu'il subit.

Il retourne dans la vallée de l'Assam (Inde du Nord) et tombe malade. Après plusieurs mois de convalescence, il repart au Tibet accompagné d'Augustin Bourry, un nouveau missionnaire qui l'accompagne. Ils parviennent à grand-peine à la frontière du Tibet, avant d'être assassinés dans des conditions demeurées mystérieuses. Sa mort est très vite considérée par les catholiques comme un martyre.

Alors que Nicolas Krick était principalement connu pour sa Relation d'un voyage au Thibet par M. l'abbé Krick, la conversion rapide à la fin du XXe siècle de tribus Mishmi au christianisme contribue à donner à Nicolas Krick et Augustin Bourry une nouvelle notoriété. Les deux missionnaires étant alors considérés par les nouveaux convertis comme les fondateurs de leur Église, l'évêque de celle-ci décide d'entamer la procédure en vue de leur béatification.

Les écrits de Nicolas Krick, et notamment son journal, sont une référence pour les ethnologues qui étudient les tribus de l'Inde du Nord, en particulier les Mishmis. Ses descriptions des lieux, mais aussi des coutumes locales représentent les principales sources écrites du XIXe siècle pour ces tribus qui n'ont que des traditions orales.