Sicile

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Sicile
Blason de Sicile
Héraldique
Drapeau de Sicile
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Chef-lieu Palerme
Provinces 9
Communes 390
Président Rosario Crocetta (PD)
2012-2017
NUTS 1 ITG (Italie insulaire)
ISO 3166-2 IT-82
Démographie
Population 5 046 654 hab. (31/07/2010)
Densité 196 hab./km2
Géographie
Superficie 2 570 900 ha = 25 709 km2 [1]
Localisation
Localisation de Sicile
Liens
Site web http://pti.regione.sicilia.it

La Sicile (Sicilia [siˈt͡ʃiːljä] en italien et en sicilien) est une région autonome d'Italie. L'île homonyme, qui compose cette région à 98 % est la plus grande île de la mer Méditerranée. Son chef-lieu est la ville de Palerme. C'est la région plus étendue de l'Italie et son territoire est constitué de neuf provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter deux des dix villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Le drapeau de la Sicile, la gorgone à trois jambes (Trinacria), représente les trois pointes de l'île, pointe ouest de Trapani-Marsala, pointe nord-est de Messine et pointe sud-est de Syracuse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Image satellite de la Sicile durant une éruption de l'Etna en 2002

La Sicile est une île située au sud de l'Italie, à un peu plus de 3 kilomètres de la péninsule, dont elle est séparée par le détroit de Messine, et à 140 kilomètres de la Tunisie, dont elle est séparée par le canal de Sicile.

Le relief de l'île est souvent montagneux, en particulier au nord avec les monts des Peloritani, Nebrodi et des Madonie, prolongements des Apennins. Le centre et le sud sont composés de collines. Il existe de rares plaines, notamment la plaine de Catane et la Conca d'Oro.

Rocca Novara, autrement dit Rocca Salvatesta, monts Peloritani
Detroit de Messine, vu de mont Dinnammare, Peloritani

Localisée à la rencontre de la plaque eurasienne et de la plaque africaine, la Sicile est célèbre pour ses volcans comme l'Etna ou le Stromboli et le Vulcano dans les îles Éoliennes au nord-est. La Sicile est également exposée aux tremblements de terre, comme à Messine en 1908 ou dans la vallée du Belice en 1968. Le réseau hydrographique est constitué de petits fleuves et de cours d'eaux pérennes.

Fleuves et Lacs[modifier | modifier le code]

Le papyrus du fleuve Ciane

Les fleuves siciliens sont tous de débit et d'étendue limités. Ces Apennins au nord sont appelés fiumare, et sont à caractère torrentiel étant donné qu'en été ils sont presque perpétuellement à sec. Les seules rivières qui atteignent de taille appréciable sont l'Imera méridionale, le plus longue de l'île, et le Simeto, celui avec le bassin hydrographique plus ample. Le fleuve Simeto est aussi connu pour la découverte de l'ambre minéral (simetina). Se jettent dans la mer Ionienne le Simeto, l'Alcantara, l'Agrò, le Ciane et l'Anapo, dans la mer Tyrrhénienne l'Imera septentrionale et le Torto et dans le canal de Sicile le Platani, l'Imera méridionale (ou Salso) et le Belice. À l'exception du lac de Pergusa et du Lac de Lentini (semi-artificiel), la Sicile ne comporte pas de lacs naturels. [1]

Volcans[modifier | modifier le code]

Éruption du Stromboli

À cause de sa position, la région et les îles présents sont concernés par une intense activité volcanique. Les volcans plus importants sont : Etna, Stromboli et Vulcano. Ils ont la singularité d'appartenir à trois typologies différentes : éruptions de laves basaltiques entrecoupées de périodes de calme la première; éruptions continues et fontaines de lave, la seconde, dont les caractéristiques ont été prises comme un modèle typologique par des scientifiques dans le domaine, qui ont forgé le terme type strombolienne pour désigner les activités similaires des volcans terrestres; enfin de type explosive ou plinienne le troisième, caractérisé par de longues périodes de calme apparent et des éruptions violentes.

Climat[modifier | modifier le code]

L'île bénéficie d'un climat méditerranéen, aux hivers doux et humides et aux étés chauds et très secs. Au printemps les paysages sont verts et fleuris tandis qu'en été ils sont jaunes et sans fleurs. L'aridité est marquée dans le sud, directement atteint par le sirocco. La Sicile souffre d'ailleurs d'un déficit chronique en eau, occasionnant régulièrement des pénuries et des coupures.

La Sicile possède de grandes diversités climatiques. Sur la côte en été, à Palerme par exemple, le mercure ne descend jamais en dessous des 20 °C la nuit et peut grimper à 35 °C en journée. En hiver, au sommet de l'Etna, il peut faire -3 °C, où les précipitations au sommet sont sous forme de neige, mais sur la côte (toujours à Palerme pour exemple), il peut y faire au même moment 15 °C.

La variété des paysages de la Sicile ne permet pas d’attribuer un climat homogène à l’ensemble de l’île. De manière générale, le climat sicilien est doux l'hiver, et chaud l'été. Cela permet à une végétation typiquement méditerranéenne et tropicale de se développer. C'est un climat méditerranéen avec des tonalités africaines. Ainsi, le Sirocco, de l'arabe « Sahroq » (« provenant du désert »), est un vent tropical terriblement chaud (plus de 40 °C) et sec, venant du Sud ou du Sud-Est, qui s'abat en été sur la Sicile. Ce vent, naissant dans le désert africain, brûle la Sicile et apporte même parfois du sable du désert du Sahara.

Catane est la ville la plus chaude de la Sicile - les étés torrides dépassent les 45 °C - mais avec des hivers plus frais que sur la partie occidentale de l'île. Enna, ville située au centre de la Sicile, possède des étés chaud comme sur la côte mais des hivers frais, à cause de l'altitude de la localité. Il a été mesuré une température de 48,5 °C à Catenanuova le 10 août 1999[2].

Relevé météorologique de Palerme-Boccadifalco (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,9 8,4 9,9 11,9 15,8 19,7 22,3 23,1 20,2 17,4 13,5 10,2 16
Température maximale moyenne (°C) 14,7 14,6 16,9 19,3 23,8 27,9 30,4 30,9 27,4 24,3 19,6 15,8 23
Précipitations (mm) 71 65 59 44 25 12 5 13 41 98 94 80 610
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Catane (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 6,9 8,4 9,9 12,2 15,8 20,7 22,3 23,1 21,2 19,4 12,5 8,2 15,5
Température maximale moyenne (°C) 14,7 15,6 16,9 18,3 23,8 25,9 33,4 30,7 27,4 24,3 18,6 15,8 22,1
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Messine (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7,7 8,3 9,4 11,2 14,8 18,7 20,3 20,1 21,2 19,4 12,5 10,2 14,4
Température maximale moyenne (°C) 13,7 14,6 15,9 18,3 22,8 25,9 29,8 29,7 27,4 24,3 20,6 18,8 21,8
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Trapani (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,1 8,3 9,4 10,2 12,9 17,7 19,3 21,1 18,2 15,4 12,5 10,2 13,6
Température maximale moyenne (°C) 15,3 15,5 17,7 19,9 23,4 27,7 30,3 30,7 28,4 24,3 19,6 16,6 22,4
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Syracuse (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7,7 8,4 9,3 10,8 12,4 17,7 19,9 21,1 18,2 15,4 12,2 11,1 13,6
Température maximale moyenne (°C) 15,7 15,8 17,7 20,9 23,3 28,7 31,3 31,7 28,4 24,3 19,6 16,6 22,8
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique d'Enna (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,5 7,4 8,6 10,1 12,4 15,7 18,9 20,1 18,8 15,5 11,2 7,7 12,7
Température maximale moyenne (°C) 13,7 16,8 18,5 20,7 23,3 28,7 30,3 31,6 28,4 24,3 16,9 14,6 22,4
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Raguse (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7,3 7,5 9,6 10,1 12,4 15,7 18,8 20,1 19,5 15,5 11,2 7,6 12,9
Température maximale moyenne (°C) 13,7 16,8 18,5 20,2 23,3 28,7 30,3 31,1 28,8 24,3 16,6 14,4 22,2
Source : Servizio Meteorologico[3]


Relevé météorologique de Caltanisseta (période : 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7,8 8,8 9,6 10,1 12,2 17,7 19,9 21,1 18,8 15,5 12,2 11,1 13,7
Température maximale moyenne (°C) 15,7 15,8 17,5 20,7 23,3 28,6 31,2 31,6 28,4 24,3 19,9 16,6 23,6
Source : Servizio Meteorologico[3]


Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Peuplée de plus de 5 millions d'habitants, la Sicile reste, malgré des vagues successives d'émigration, une région densément peuplée. Sa densité est de 197 habitants/km2, contre 68,7 pour la Sardaigne et 32 pour la Corse. La population se concentre dans les principales villes : Palerme (1 million d'habitants), Catane (500 000 habitants), Messine (300 000 habitants) ainsi que dans de multiples bourgs et petites villes à l'habitat groupé.

Terre d'émigration massive vers l'Europe du Nord et vers l'Amérique du XIXe siècle jusque dans les années 1980, la Sicile accueille désormais des populations immigrées, même si celles-ci ne constituent que 3% du total des habitants de l'île[4]. La Sicile est également devenue une zone de transit pour l'immigration clandestine de l'Afrique vers l'Europe du Nord à partir de Lampedusa.

Surnommée Trinacrie dans l'Antiquité grecque en raison de sa forme triangulaire, sa situation de verrou au centre de la mer Méditerranée lui a toujours conféré une position stratégique. Ceci explique la richesse culturelle de l'île.

La langue officielle est l'italien mais le sicilien est couramment utilisé dans les conversations en famille ou entre amis. À l'intérieur même de la langue sicilienne, on trouve des dialectes, différents suivant les endroits de la Sicile. Au cœur de la province de Palerme, dans la « Plaine des Albanais » est encore parlé l'albanais.

Provinces siciliennes[modifier | modifier le code]

Les neuf provinces siciliennes.

Les 9 provinces siciliennes sont abrogées par projet de loi adopté le 19 mars 2013 par l'Assemblée régionale sicilienne dirigée par Rosario Crocetta. Elles doivent être remplacées par des syndicats libres de communes[5],[6].

Les provinces étaient les suivantes :

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Sicile.

Chronologie succincte[modifier | modifier le code]

Premiers habitants[modifier | modifier le code]

Localisation des différentes tribus en Sicile avant la colonisation grecque.

À partir du IIe millénaire av. J.-C., l'île est occupée par trois peuples : les Sicanes, les Sicules et les Élymes.

Les Sicanes, sans doute d'origine ibérique, étaient implantés dans l'ouest de l'île. Les Sicules, originaire de la péninsule et arrivés postérieurement, s'établirent dans le centre et l'est. Ils donnèrent leur nom à la Sicile qui s'appelait auparavant Trinakie.

À côté des Sicules à l'est et des Sicanes à l'ouest, la tradition littéraire indique que la région nord-occidentale de l'île était habitée par les Élymes. L'image de ces derniers est plutôt floue, et il est difficile d'en déterminer l'origine (attribuée tantôt à l'Anatolie, tantôt à l'Italie péninsulaire). Elle est généralement basée sur la langue, et de récentes considérations indiqueraient une filiation italique.

Colonisation de la Sicile[modifier | modifier le code]

Phéniciens[modifier | modifier le code]

À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens fondent des comptoirs commerciaux en Sicile. Ceux-ci, souvent établis sur des promontoires ou des îles voisines de la côte, sont concentrés à la pointe nord-occidentale comme Palerme, Solonte ou Motyé[7] .

Grecs[modifier | modifier le code]

Les fondations (premières et secondaires) grecques des cités de Sicile & dates de fondations.

La colonisation est due à quatre causes principales.

– Sténochoria, un manque de terre qui a poussé les Grecs à chercher des terres plus fertiles : en particulier en Sicile.
– Phénomène épisodique, situation conjoncturelle : sécheresse entraînant la mort des arbres.
– Phénomène commercial : besoins de chercher des matières premières (métaux : cuivre, fer) insuffisants en Grèce. On se dirige vers des zones d’approvisionnement : Étrurie (Italie autour de Rome), Andalousie (Espagne).
– Conflits politiques qui déchirent les métropoles, témoignage de l’émergence de la communauté politique, de l’aristocratie.
Dates de fondations des cités, selon Thucidyde 
  • 734: Naxos, fondée par les Chalcidiens
  • 733: Syracuse, fondée par les Corinthiens
  • 728: Léontine, fondée par Naxos (colonisation secondaire)
  • 728: Catane, fondée par Naxos (colonisation secondaire)
  • 728-727: Megara Hyblaïa, fondée par les Mégariens
  • 688: Gela, fondée par les Rhodiens
  • 662: Akrai, fondée par Syracuse (colonisation secondaire)
  • 628-627: Selinus, fondée par Mégara Hyblaea (colonisation secondaire)
  • 597: Kamarina, fondée par Syracuse (colonisation secondaire)
  • 580: Agrigente, fondée par Géla (colonisation secondaire)

C’est en général la chronologie retenue pour la fondation des cités de Sicile. Elle est estimée par les historiens comme relativement fiable. Mais si on la recroise avec l’archéologie, on remarque une marge d’erreur d’environ 20 ans. Pour Naxos, la datation archéologique nous donne une date de fondation aux environs de 750. Et les plus vieilles traces grecques retrouvées vers 756. Aucune information n’est donnée pour Zancle[8].

Antiquité[modifier | modifier le code]

La Sicile fut ensuite gouvernée par des princes appelés « tyrans » dont les fameux Denys l'Ancien et Denys le Jeune (qui accueillit le philosophe Platon).

La Sicile fut un enjeu dans la Guerre du Péloponnèse opposant Athènes à Sparte : en -415, sous l'influence d'Alcibiade, Athènes se lança dans l'expédition de Sicile, profitant des dissensions qui opposaient les cités de l'île : Athènes répondait à l'appel de Ségeste, attaquée par Sélinonte en -416. Syracuse, colonie corinthienne, était alliée de Sélinonte. Ségeste fit appel à Athènes, offrant même de payer les frais d'expédition. À ce moment de la guerre, la perte de l'Eubée, et la défection de nombreux alliés d'Athènes avaient rendu ses approvisionnements en blé précaires. La perspective de couper ceux des alliés siciliens de Sparte, tout en conquérant de nouvelles sources de ravitaillement fut certainement un élément déterminant.

Temple de Ségeste

L'expédition prit la mer sous le commandement de Nicias, d'Alcibiade et de Lamachos en juin -415. En Sicile, Lamachos fut tué et Nicias resta seul à la tête de l'expédition. L'arrivée à Syracuse de Gylippos, général spartiate, fit perdre aux Athéniens la bataille des retranchements autour de la ville (octobre -414). La flotte athénienne fut emprisonnée dans la rade. Les Athéniens envoyèrent une force de secours commandée par Démosthène et Eurymédon. En août -413, la flotte fut défaite à la bataille des Épipoles, puis l'armée fut vaincue sur terre. Athènes perdit plus de deux cents navires dans cette expédition, et cinquante mille hommes (dont sept mille prisonniers des Latomies, carrière de Syracuse).

Article détaillé : Histoire de la Sicile grecque.

La Sicile fut un enjeu stratégique et économique important lors des deux premières guerres puniques. Elle tomba aux mains des Romains après la victoire du consul C. Lutatius Catulus en - 241 aux îles Egates : cette bataille marqua la fin de la première guerre punique qui opposa Rome à Carthage sur le théâtre sicilien. Après cette défaite, Carthage abandonna la Sicile qui devint une province romaine et assura désormais une partie importante du ravitaillement de Rome en céréales.

Le roi de Syracuse Hiéron II fut un fidèle allié des Romains pendant la deuxième guerre punique, mais son petit-fils Hiéronyme, choisit en - 215 le camp carthaginois. Après une série de victoires d'Hannibal, la prise de Syracuse en - 212 annonce le redressement romain et préfigure la défaite carthaginoise. À la veille de l'Empire, la Sicile fut la base de la résistance des derniers Pompéiens menés par Sextus Pompée, fils de Pompée.

Après la chute de l'Empire romain, la Sicile fut envahie par les peuples germains, puis releva de l'empire byzantin jusqu'à la conquête musulmane de 827 à 902.

Article détaillé : Sicile (province romaine).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Intérieur de la chapelle palatine de Palerme. Le décor de mosaïques et de stucs témoigne du mélange des influences normande, byzantine et musulmane dans la Sicile normande

Sicile musulmane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Émirat de Sicile.

Passée au cours du IXe siècle sous domination arabo-berbère[9], la Sicile est, au début du IXe siècle, sous contrôle des Fatimides conquérants de l'Afrique du Nord appuyés par les Berbères de la tribu Kutâma. Le gouvernement en est confié à la dynastie kalbide des Banû Abî l-Husayn qui en seront les émirs héréditaires pendant plus d'un siècle. Durant cette période l'islamisation, l'arabisation et la berbérisation seront d'autant plus radicales qu'une importante vague migratoire berbère suivra les famines qui ravagèrent l'Afrique du Nord de 1004 à 1040. Durant cette période de domination musulmane de près de 250 ans (Palerme fut une ville musulmane de 831 à 1071), les chrétiens occupés se virent imposé le statut de « Dhimmi » tel que défini par la jurisprudence islamique[10],[11].

Après l'échec de la tentative de reconquête byzantine en 965, un processus d'arabisation totale du territoire sicilien est mis en place, favorisé par une importante immigration arabe et berbère en provenance d'Afrique du Nord, et appuyé sur une politique de développement économique et d'amélioration de la gestion fiscale. La Sicile se conforme alors au modèle économique des principautés d'Orient : production agricole destinée au marché et au palais, en particulier le coton, la soie, et les produits de luxe. Mazara, à l'extrémité sud-ouest de l'île, est alors le port central des échanges en Méditerranée.

Quelques communautés chrétiennes grecques parviennent à subsister, à Palerme, à Catane et dans le Val Demone, au nord-est de l'île. Au début du XIe siècle, la Sicile entre dans une période de crise politique grave. Vers 1030, la légitimité de l'imamat fatimide est en effet remise en question et les gouverneurs kalbides sont chassés de l'île. Les querelles dynastiques entre émirats rivaux conduisent à une fragmentation du pouvoir et à un affaiblissement politique dont profitent les Byzantins. Et en 1037, avec l'aide d'une faction musulmane, les Grecs lancent une nouvelle tentative de reconquête. L'expédition, conduite par le général grec Georges Maniakès, qui comptait déjà trois cents mercenaires normands prêtés par le prince lombard Guaimar IV de Salerne échoue cependant en 1042 après j.-c..

Sicile normande[modifier | modifier le code]

Une famille de hobereaux normands (les fils de Tancrède de Hauteville) ayant conquis des terres en Italie méridionale, le pape chargea le plus jeune, Roger, d'envahir la Sicile pour la reconvertir au catholicisme, et lui accorda la souveraineté sur les terres à prendre. La conquête normande de l'île se fit en une trentaine d'années 1060-1090. Le petit-fils de Roger Ier parvint à faire ériger l'île en royaume féodal en 1130. Roger II, admirateur de la culture musulmane, poursuivit la politique de tolérance de ses prédécesseurs. L'administration des rois normands était cosmopolite : elle rassemblait des Grecs, des Lombards, des Anglais et des Arabes. Ce syncrétisme se retrouve dans l'art de cette époque qui combine les apports romans, islamiques et grecs. L'île connut une période de prospérité, notamment dans l'agriculture.

Le trône passa ensuite, par héritage, à la dynastie germanique des Hohenstaufen qui gouverna la région à partir de 1194 et adopta Palerme comme capitale en 1220. C'est par son mariage avec la fille de Roger II que l'empereur Henri VI établit sa souveraineté sur la Sicile. Son fils, l'empereur Frédéric II, passera l'essentiel de son existence dans l'île.

Des conflits entre les Hohenstaufen et la papauté provoquèrent en 1266 la conquête de l'île par Charles Ier, comte d'Anjou et frère du roi de France Louis IX. Celui-ci mécontente les Siciliens en s'installant à Naples et en distribuant des fiefs à des Français. Le , le jour de Pâques, des émeutes, les Vêpres siciliennes, provoquées par des taxes excessives et exploitées par Pierre III d'Aragon et Michel VIII Paléologue, provoquèrent le massacre des Français de Sicile puis la conquête de l'île par le roi catalan Pierre III d'Aragon.

La fin du Moyen Âge est une période de crise pour la Sicile : la peste noire dépeuple la région et les luttes de la noblesse créent un climat négatif. L'Inquisition est instaurée en 1487.

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume des Deux-Siciles.
Castiglione di Sicilia

La période espagnole est marquée par un relatif déclin de la Sicile. La société est dominée par une aristocratie et une Église qui disposent d'importants privilèges.

Pendant la période révolutionnaire, la Sicile reste aux mains du Bourbon Ferdinand III de Sicile (1759-1816), grâce à la protection britannique alors que les Français sont installés au sud de la péninsule italienne. Les tentatives de réformes aboutissent à la constitution de 1812 et à l'abolition des privilèges féodaux. Une petite bourgeoisie commence à se former. Mais ces efforts sont anéantis par le retour des Bourbons qui unifièrent les deux royaumes et s'installèrent à Naples. À partir de cette date, plusieurs mouvements de révolte contre la politique réactionnaire des Bourbons (refus d'instituer un gouvernement constitutionnel) échouent. En 1820, les révolutionnaires de Palerme demandent l'autonomie de l'île. La révolution de 1848 est agraire et particulariste.

La Sicile au sein de l'Italie[modifier | modifier le code]

Après le débarquement de Giuseppe Garibaldi, la Sicile approuve, le 12 octobre 1860, un très contesté plébiscite d'annexion à l'État piémontais - le vote se fait sous la menace de l'armée d'occupation et n'était pas secret. L'année suivante, le 17 mars 1861, l'État piémontais changea son nom en Royaume d'Italie et la Sicile devint une partie de l'Italie.

En Sicile et dans le Sud de l'Italie une vaste guérilla populaire (le Brigantaggio) de résistance contre les Piémontais et le nouvel État italien, qui dura plus de 10 ans, donna lieu à une violente répression militaire menée par l'armée italienne. Elle causa dans les premières années des centaines de milliers de morts civils, des milliers de déportés, la destruction de nombreux villages, l'effondrement économique de toutes les régions du Sud et une énorme vague d'émigration sans précédents dans l'histoire de l'île, qui porta des millions de Siciliens à l'étranger.

Avant l'union avec l'Italie, la Sicile a été une des régions les plus riches et développées d'Italie. Palerme et la Conca d'Oro s'enrichissent avec l'exportation d'agrumes, en particulier de citron, et un certain développement industriel et économique voit le jour, soutenu par les deux grandes familles de Palerme, les Florio (it), représentés à partir de 1891 par Ignazio Florio Jr., l'une des plus grosses fortunes d'Italie, et de l'autre côté par les Whitaker, propriétaires de la villa qui deviendra le Grand Hôtel des Palmes, où Wagner acheva à l'hiver 1881-1882 son dernier opéra, Parsifal. L'influence des Florio est telle que la presse désigne Palerme sous le nom de « Floriopolis », tandis que la haute société européenne de la Belle Époque afflue dans la ville admirer son opulence.

Mais après, la Sicile et tout le sud d'Italie furent ravagés, au profit du Nord, où se créèrent de grandes zones industrielles et urbaines. Les historiens situent la naissance des réseaux de crime organisé à partir de la fin du XIXe siècle, puis leur influence s'étendit partout dans le monde. La mafia fut réprimée au début de l'ère fasciste, mais cela cessa lors des années 1930. Après la Seconde Guerre mondiale, elle profita du débarquement allié en 1943, du marché noir puis de la reconstruction pour opérer une renaissance et se lier à la mafia italo-américaine dans le marché de l'héroïne.

Depuis 1946, la Sicile est une région autonome et a bénéficié de la réforme agraire partielle de 1950-1962, des subsides spéciaux provenant de la Cassa per il Mezzogiorno, du fonds du gouvernement italien pour les régions du Sud, ainsi que plus récemment des aides européennes (objectif I).

Un des plus gros enjeux pour la Sicile est celui de la lutte contre la Mafia (alias Cosa Nostra), organisation criminelle socialement enracinée et qui use de son pouvoir à travers tout un réseau clientéliste. Elle s'est distinguée dans les années 1950-1960 par le sac de Palerme. De la fin des années 1970 au début des années 1990, sous la direction du parrain Toto Riina, Cosa Nostra a mené une véritable guerre contre l'État italien, multipliant les assassinats de politiciens, de journalistes, de policiers et de magistrats (en particulier les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino en 1992). Si la Mafia se fait depuis plus discrète, elle continue de racketter les entreprises par le pizzo et noyaute l'économie à travers de multiples appels d'offres truqués, formant un véritable obstacle au développement de la région.

Par ailleurs, l'île de Lampedusa attire régulièrement l'attention des médias par les boat-people sans-papiers qui y débarquent ou y sont débarqués, puis enfermés dans des centres de détention avant d'être expulsés ou invités à rejoindre le continent et bénéficier d'un statut de réfugié.

Culture[modifier | modifier le code]

L'Etna

La Sicile dispose d'un très riche patrimoine culturel, héritage de son histoire aux multiples influences.

La Sicile mythologique[modifier | modifier le code]

Syracuse : fontaine d'Aréthuse

De nombreuses légendes ont pour cadre la Sicile :

  • Aréthuse : voir Syracuse
  • L'architecte du labyrinthe de Crète, trouva refuge en Sicile auprès du roi Cocalos. Après avoir échappé au labyrinthe du roi Minos, celui-ci le rechercha à travers de nombreux territoires, il eut alors l'idée de lancer un défi que seul un homme comme Dédale pouvait réussir. Il promit une forte récompense à celui qui réussirait à faire passer un fil à travers les orifices d'une coquille. Pour relever le défi, Dédale eut l'idée d'accrocher le fil à une fourmi, cette dernière traversa alors tous les orifices de la coquille. Sachant qu'une personne avait réussi le défi en Sicile, Minos sut alors que Dédale s'y trouvait. Le roi Cocalos refusa de livrer Dédale et livra une guerre à Minos. Le roi de Crète fut finalement tué par les filles de Cocalos.
  • Au cours de la gigantomachie, le géant Encelade déserte le champ de bataille ; la déesse Athéna l'écrase sous l'île de Sicile où il reste emprisonné. Son haleine de feu sort de l'Etna et il provoque des séismes lorsqu'il se retourne.
  • Le dieu grec Héphaïstos tenait une forge dans l'Etna, aidé par des cyclopes forgerons. Les Romains pensaient que Vulcain se trouvait dans l'île éponyme, au nord de la Sicile. Le poète grec Pindare explique que le monstre Typhon se trouve dans la bouche de l'Etna.
  • Dans l'Odyssée d'Homère, Ulysse et ses compagnons débarquent en Sicile et rencontrent le cyclope pasteur Polyphème. Pour lui échapper, Ulysse le rend aveugle en lui crevant son œil unique. Sans doute avant qu'il ne devienne aveugle, Polyphème a été amoureux. Cet amour est raconté dans deux poèmes en langue grecque du poète sicilien Théocrite aux alentours de 275 av. J.-C. Polyphème s'éprend de la belle Galatée, une Néréide (nymphe marine). Celle-ci lui préfère le berger sicilien Acis. Polyphème, les ayant surpris ensemble, tue son rival en l'écrasant sous un rocher. Galatée change alors le sang d'Acis en une rivière portant son nom en Sicile.
  • Charybde et Scylla : deux monstres du détroit de Messine, ils menacent l'expédition des Argonautes et l'équipage d'Ulysse.
  • L'Odyssée raconte également qu'Hélios, dieu du soleil, possédait des troupeaux de bœufs et de moutons dans l'île de Trinacrie (la Sicile). Ulysse y accoste lors de son retour vers Ithaque. Dûment chapitré à ce sujet au chant XI par le devin Tirésias, il interdit à ses hommes de toucher aux troupeaux sacrés. Alors qu'il dort, pourtant, ses hommes affamés abattent des vaches. Hélios réclame vengeance auprès de Zeus qui foudroie le navire d'Ulysse, l'épargnant seul au passage.
  • Messine aurait été fondée par le géant légendaire Orion, Ségeste par les rescapés de la guerre de Troie.
  • Selon Virgile, Énée fut accueilli en Sicile par Acestes et recueillit un des marins de l'Odyssée d'Ulysse, Achaemenide.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Patrimoines de l'Unesco[modifier | modifier le code]

Hauts lieux[modifier | modifier le code]

Drapeau et héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau de la Sicile.
Le drapeau sicilien, communément appelé Trinacria
Héraldique régional

Le drapeau et l'héraldique de la Région Sicile est un quadrilatère comportant les deux couleurs jaune et rouge, limités par une diagonale reliant le coin haut à gauche à celui du bas à droite, avec au centre un Triskèle et le Gorgoneion.

Le drapeau est présent, selon la loi régionale no  1 du 2000[12], dans tous les bâtiments publics régionaux.

Hymne officiel[modifier | modifier le code]

L'hymne Madreterra a été composé par Vincenzo Spampinato et a été joué pour la première fois par l'Orchestre Symphonique Sicilienne, l'hymne en 2003. Il s'agit du premier hymne officiel adopté par une région autonome italienne[13].

L'hymne a été source de polémiques vu la décision d'écrire le texte officiel en langue italienne au lieu de celle sicilienne. Néanmoins une version en langue sicilienne a été aussi écrite[14].

Économie[modifier | modifier le code]

Données générales[modifier | modifier le code]

En 2006, le produit intérieur brut (PIB) de la Sicile atteint 82 938,6 millions d'euros, et le PIB/habitant est de 16 531,50 euros. Le nombre d'entreprises s'élève à 234 623. L'économie est majoritairement tertiaire, avec un certain développement de l'agriculture et une faible industrialisation. La région souffre comme l'ensemble du Mezzogiorno d'un retard économique, d'un fort taux de chômage (environ 20% des actifs), ainsi que de l'infiltration mafieuse.

Données économiques[modifier | modifier le code]

Le tableau indique le PIL (PIB en italien) et le PIL par habitant[15] en Sicile de 2000 à 2009:

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2008 2009
Produit intérieur brut
(Million d'Euros)
67.203,8 70.530,1 72.855,0 75.084,5 77.327,3 80.358,1 82.938,6 88.327,73 86.015,0
PIL prix marché par habitant
(Euro)
13.479,6 14.185,7 14.662,2 15.053,9 15.440,1 16.023,2 16.531,5 17.533 17.045,2[16]

Le tableau indique le PIL[15], de la Sicile aux prix courants du marché en 2006, exprimé en millions d'Euros rapporté aux principales activités économiques:

Macro-activité économique PIL produit % secteur du PIL régional % secteur du PIL italien
Agriculture, sylviculture, pêche € 2.923,3 3,52% 1,84%
Industrie € 7.712,9 9,30% 18,30%
Construction € 4.582,1 5,52% 5,41%
Commerce, réparation, hôtels et restaurants, transports et communications € 15.159,7 18,28% 20,54%
Activité bancaire ; activité immobilière € 17.656,1 21,29% 24,17%
Autres activités et services € 24.011,5 28,95% 18,97%
Tva, impôts indirects nets sur les produits, taxes sur les importations € 10.893,1 13,13% 10,76%
PIL Sicile aux prix de marché € 82.938,6

Tourisme[modifier | modifier le code]

C'est un des secteurs majeurs de l'économie sicilienne. L'île est en effet dotée d'une offre touristique importante et variée, alliant entre autres tourisme balnéaire (Cefalù, Taormine), naturel (Etna) et culturel (Palerme, Agrigente, Noto...).

Scène de marché à Palerme

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'agriculture tient une place importante dans l'économie régionale (l'agriculture emploie 10 % des actifs, contre 4,1 % au niveau national[17]). L'île a des terres riches et fertiles (volcaniques et/ou argilo-calcaires). L'agriculture (vin, huile d'olive, légumes, blé, amandes, grenades, agrumes, en particulier les citrons, les mandarines telles celles de Croceverde Giardini, ou encore la bergamote et le papyrus), secteur représentant 10 % des actifs, garde un poids déterminant dans l'économie sicilienne. Près de 1 734 200 hectares de terre sont cultivés soit 67 % de la superficie de l'île. Les légumes et les primeurs sont les cultures à plus haute valeur ajoutée. Actuellement, Syracuse est le seul endroit en Europe où l'on peut trouver du papyrus à l'Égyptienne.

Pêche[modifier | modifier le code]

La pêche tient également une place importante dans les localités maritimes. La pêche au thon est une des activités majeures.

L'espadon est l'un des mets préférés des Siciliens. Quelques villages pratiquent encore la pêche traditionnelle (appelée chasse) dans le détroit de Messine[17].

Vins[modifier | modifier le code]

La Sicile a plus de vignobles que n'importe quelle autre région d'Italie. Les vins les plus connus sont ceux produits près de Noto et de Marsala. Dans le premier cas il s’agit du Nero d’Avola, dans le second cas il s’agit du Grillo (Marsala (DOC)).

Industrie[modifier | modifier le code]

La Sicile n'est pas une région fortement industrielle, bien que des mines de soufre aient été fortement exploitées à la fin du XIXe siècle. L'installation d'usines s'est faite sous l'impulsion de politiques étatiques, à travers la "Caisse pour le Mezzogiorno". Le résultat de ces politiques a été la création de véritables "cathédrales dans le désert", tel le pôle pétrochimique de Syracuse. L'industrie extractive est présente à travers les gisements de pétrole et de gaz naturel dans le sud-est de l'île. Au total, l'industrie participe au produit intérieur brut de la Sicile presque autant que l'agriculture.

Transports[modifier | modifier le code]

Données générales[modifier | modifier le code]

La Sicile a longtemps souffert d'un manque d'infrastructures.

Il existe deux grands aéroports (aéroport de Palerme pour l'ouest, aéroport de Catane pour l'est) qui assurent des liaisons vers le reste de l'Italie et vers l'international.

Les transports maritimes sont très développés, notamment en raison de l'insularité. Le port de Messine, à 3 km de la Calabre, permet de relier l'Italie continentale par des navettes, et permet des liaisons entre les réseaux routiers et ferrés des deux côtés du détroit de Messine. Le trafic passager et commercial vers le reste de l'Italie existe à travers les principaux ports de l'île.

Le réseau routier se compose des autoroutes A18 (Messine-Catane, bientôt prolongée jusque Syracuse et Gela), A19 (Palerme-Catane), A20 (Messine-Palerme), A29 (Palerme-Trapani/Mazara Del Vallo). De nombreux axes secondaires structurent le territoire.

Le réseau ferré assure des liaisons entre les principales villes. Toutefois le trafic des trains est assez lent.

Autoroutes[modifier | modifier le code]

Des autoroutes ont récemment été construites et agrandies au cours des quatre dernières décennies. Les plus importants sont les autoroutes (Autostrada) qui traversent la partie nord de l'île. Une grande partie du réseau autoroutier est élevée et desservie par des viaducs en raison du relief montagneux de l'île[18],[19],[20],[21]. D'autres routes principales sont les Strade Statali comme la SS.113 qui relie Trapani à Messine (via Palerme), la SS.114, Messine-Syracuse (via Catane) et la SS.115, Syracuse-Trapani (via Raguse, Gela et Agrigente).

Nom Autoroure Longueur Payage Services
Autostrada A18 Italia.svg A18 Messine-Catane 76 km Italian traffic signs - stazione.svg Libre Zeichen 361-51.svg Oui
Italian traffic signs - raccordo autostradale 15.svg RA15 - Catane péripherique ouest 24 km Libre Zeichen 361-51.svg Oui
Italian traffic signs - Autostrada CT-SR.svg Catane-Syracuse 25 km Libre Non
Autostrada A18 Italia.svg A18 Syracuse-Rosolini 40 km Libre Non
Autostrada A19 Italia.svg A19 Palerme-Catane 199 km Libre Zeichen 361-51.svg Yes
Autostrada A20 Italia.svg A20 Palerme-Messine 181 km Italian traffic signs - stazione.svg Oui Zeichen 361-51.svg Oui
Autostrada A29 Italia.svg A29 Palerme-Mazara del Vallo 119 km Libre Non
Autostrada A29dir Italia.svg A29 dir Alcamo-Trapani/Marsala 38 44km Libre Non

Projet de Pont de Messine[modifier | modifier le code]

Un pont suspendu de 5 300 mètres entre la Sicile et la péninsule italienne a été mis en projet par le gouvernement italien, le Pont de Messine. La décision de construire le pont, sous l'impulsion de la droite de Silvio Berlusconi, est très contestée par certains milieux politiques de gauche, et le gouvernement de Romano Prodi l'a suspendu en 2006. Le projet, sans cesse reporté, reste depuis soumis aux aléas politiques[22].

Société[modifier | modifier le code]

Ethnies et minorités étrangères[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2013, il y a 162 408 résidents étrangers dans la région. Les groupes de plus de 3 000 ressortissants sont[23] :

Langues et dialectes[modifier | modifier le code]

La langue officielle parlée en Sicile est l'Italien. Une grande partie de la population locale parle aussi le Sicilien, reconnue comme langue par l'Unesco et l'Union européenne mais qui ne bénéficie d'aucune forme de protection ni par la Région Sicilienne ni par l'État italien[24].

Le sicilien est considéré comme langue régionale en vertu de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. L'article no 1 affirme que les « langues régionales ou minoritaires comprennent les langues qui ne sont pas des dialectes de la langue officielle de l'État ». La Charte européenne des Langues Régionales ou minoritaires a été approuvée le 25 juin 1992, et ses preceptes sont entrés en vigueur le 1er mars 1998. L'Italie a signé la charte le 27 juin 2000, mais il ne la pas encore ratifiée.

Sur l'île il y a quelques minorités ethno-linguistiques : la minorité albanaise, appelée Arbëreshë, dans la province de Palerme; la minorité gallo-italique de la Lombardie sicilienne et celle grecque de Messine[25],[26].

Qualité de vie[modifier | modifier le code]

Le rapport établi par Legambiente et il Sole 24 Ore[27] sur l'écosystème urbain sur la qualité écologique des chefs-lieux italiens prend en compte la fiabilité du système du transport urbain, de la surface verte par habitant, l'efficacité du réseau de l'eau, la qualité de l'air, des pistes cyclables, de la quantité des eaux retraitées, de la diffusion des énergies renouvelables, de la gestion des déchets et du tri sélectif.

Les données pour la Sicile classent ses chefs-lieux dans le fond des classements nationaux:

Données du 2012[27]

Position
2013
Province Variation Position
2012
84 Raguse en diminution3 81
88 Enna en diminution1 87
89 Syracuse en diminution1 88
91 Messine en augmentation3 94
96 Agrigente en diminution1 95
95 Trapani en augmentation5 101
100 Caltanissetta en augmentation5 105
101 Catane en diminution11 90
106 Palerme en diminution7 99

Mafia[modifier | modifier le code]

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Le terme Mafia ou Cosa Nostra se référait d'ailleurs à l'origine uniquement de l'organisation criminelle sicilienne. Aujourd'hui, cependant, le terme mafia est également associée avec d'autres organisations mafieuses comme la Camorra napolitaine, la N'drangheta en Calabre, la Sacra Corona Unita des Pouilles ou hors d'Italie, la mafia russe, la mafia albanaise ou les triades chinoises. Ses origines, selon la recherche historique, date du début du XIXe siècle et sont placés par rapport à l'ancien phénomène de banditisme. Toutefois, il convient de souligner que cette affirmation est peu partagée; une bonne partie des chercheurs situent la naissance du phénomène au XVIe siècle, lorsque dans diverses parties de l'Italie se sont formées des organisations criminelles du type de celle évoquée par Alessandro Manzoni dans son chef-d'œuvre Les Fiancés (le «bon» Don Rodrigo). À Tort ou à raison, sa naissance remonte au début du XIXe siècle, lorsque les gardiens géraient quotidiennement les terrains de la noblesse sicilienne et les tâcherons qui y travaillaient. Il s'agissait des gens violents, intermédiaires entre les propriétaires féodaux et les tâcherons, souvent dans les conditions similaires à celles des serfs de la glèbe qui, pour mieux exercer leur travail, s'entouraient de gardiens à leur solde, d'où la logique hiérarchique qui existe encore aujourd'hui[28].

À partir des années 1950, la mafia se rapproche étroitement de la politique: depuis Vito Ciancimino, des représentants de la politique sicilienne ont été reconnus comme complices. Les guerres internes se sont produites : la première guerre de la mafia (en 1962) et la deuxième guerre (en 1978)

La période entre les années 1980 et 1990 voit de nombreux homicides, assassinats et attentats: Capaci[29], via d'Amelio, via Georgofili ... La lutte contre la Mafia s'organise avec comme résultat le «  maxiprocesso » (maxi-procès) de Palerme[30]. Giovanni Falcone et Paolo Borsellino qui mènent la lutte contre les noyaux d'adhérents à la mafia sont tués en 1992, après d'autres meurtres, comme ceux de Cesare Terranova, Carlo Alberto Dalla Chiesa, Antonino Saetta, Rosario Livatino et Ninni Cassarà. Après une accalmie, suivent les arrestations de parrains comme Totò Riina, en 2006, celle d'un chef historique de la mafia Bernardo Provenzano et en 2007 l'arrestation de Salvatore Lo Piccolo son successeur.

Les experts de l'antimafia estiment que Matteo Messina Denaro est le successeur de Lo Piccolo et Provenzano au sommet de Cosa Nostra[31].

Municipalités les plus peuplées[modifier | modifier le code]

Villes de plus de 50 000 habitants[32].
Position
2014
Ville habitants
1 Palerme 677 854
2 Catane 315 614
3 Messine 241 373
4 Syracuse 122 222
5 Marsala 82 885
6 Gela 76 807
7 Raguse 72 860
8 Trapani 69 162
9 Vittoria 62 953
10 Caltanissetta 62 935
11 Agrigente 59 669
12 Bagheria 55 859
13 Modica 54 796
14 Acireale 52 861
15 Mazara del Vallo 51 698

Administration et politique[modifier | modifier le code]

La Sicile a le statut de région autonome d'Italie. Elle dispose de ce fait de pouvoirs plus étendus que les autres régions[33],[34],[35] et aussi réglemente directement les municipalités de l'île[36].


Politiquement, la région est marquée par le vote catholique centriste. Bastion de la Démocratie Chrétienne jusqu'au début des années 1990, la Sicile vote désormais à droite, quelles que soient les alternances politiques au niveau national. Néanmoins, l'élection de 2012 a vu émerger une majorité de centre-gauche (avec une abstention record) à l'Assemblée régionale sicilienne. En effet, la participation a été de 47,42% des inscrits, soit pour la première fois inférieure aux 50%[37],[38]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Siciliens dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Personnalités originaires de Sicile[modifier | modifier le code]

Filmographie sur la Sicile[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tim Jepson, Sicile, National Geographic Society
  2. it:Catenanuova#Curiosit.C3.A0
  3. a, b, c, d, e, f, g et h http://www.meteoam.it/
  4. Eurostat 2011
  5. (it) « Istituzione dei liberi Consorzi comunali e delle Città metropolitane » (consulté le 28 mars 2014) [PDF]
  6. (it)Le funzioni delle province regionali siciliane » U.R.P.S
  7. Juliette de La Genière, « Réflexions sur Sélinonte et l'Ouest sicilien. », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 121e année, N. 2, 1977. p. 251.
  8. -Bérard J. La colonisation grecque de l’Italie Méridionale et de la Sicile dans l’Antiquité, PUF, Paris, 1957
  9. La Sicile musulmane par Henri Besc
  10. Lewis (1984) p. 7; Lewis (1995) p. 211.
  11. Al-Mawārdī (2000), p. 161.
  12. Adozione della bandiera della Regione L.R. 4-1-2000 n. 1
  13. INNO UFFICIALE DELLA REGIONE SICILIANA
  14. Hymne Nazionale Siciliano Matriterra sur youtube
  15. a et b Dati Istat - Tavole regionali
  16. Istat.it - Conti economici regionali
  17. a et b GEO no 397 de mars 2012 p. 104
  18. (en) « A 19 autostrada Palermo – Catania », SiciliaEMoto.it,‎ (lire en ligne)
  19. (en) « Autostrada A20: Messina – Palermo », Sicilia.Indettaglio.it,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « A 29 autostrada Palermo – Trapani – Mazara del Vallo », SiciliaEMoto.it,‎ (lire en ligne)
  21. (en) « Autostrada: A18 Messina – Catania », Sicilia.Indettaglio.it,‎ (lire en ligne)
  22. Structurae
  23. (it) « donnée Istat », sur Istat.it
  24. (it) « La lingua italiana, i dialetti e le lingue straniere. Indagine Istat 2006 » (consulté le 22 février 2013) [PDF]
  25. Aa.Vv., Enna e provincia: laghi, torri e castelli: Morgantina, Piazza Armerina, la villa romana del Casale, Touring Club Italiano, Milan, 2001, p.  38.
  26. Salvatore Claudio Sgroi, I galli della Lombardia siciliana, in «La Sicilia» 22 janvier 1990, p.  3.
  27. a et b (it) « Classifica qualità della vita », sur Il Sole 24 Ore
  28. (it)alleanzacattolica.org
  29. (it) Leoluca Orlando, Leoluca Orlando racconta la mafia, UTET libreria,‎ 2007, p. 84
  30. John Dickie, Cosa nostra : L'histoire de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, Buchet Chastel,‎ , 496 p. (ISBN 978-2-283-02187-3), p. 399
  31. L'Express.fr
  32. ISTAT, 30 avril 2014
  33. (it)Statuto della Regione Siciliana
  34. Approvazione dello Statuto della Regione siciliana R.D.L. 15 mai 1946, n. 455
  35. (it)Conversione in legge costituzionale dello Statuto della Regione siciliana L.Cost. 26 février 1948, n. 2
  36. (it) Enti locali: le incompatibilità di Sicilia. Comune o Regione, così scatta l’aut aut Diritto e giustizia, 28 gennaio 2006.
  37. Données du département Autonomie de la Région Sicile
  38. (it)Données officielles de la Région Sicile

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Catégorie Sicile de l’annuaire DMOZ