Wikipédia:Sélection/Arménie

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Erevan

Panorama d'Erevan

Erevan ou Yerevan (en arménien Երևան, Yerevan) est la plus grande des villes d’Arménie et sa capitale depuis 1918, la douzième depuis les origines de l’Arménie.

Elle est fondée en 782 av. J.-C. à l'ouest du pays, à l'extrémité orientale de la plaine de l'Ararat, au-dessus des gorges de la rivière Hrazdan. Elle connaît une histoire mouvementée faite de batailles, de pillages, d'incendies et de séismes pendant plus de 2 500 ans, devient la capitale de l'éphémère première République d'Arménie après la Première Guerre mondiale et recueille une partie des rescapés du génocide arménien. La ville s'étend rapidement au XXe siècle lorsque l'Arménie devient une des quinze républiques de l'URSS. D'une petite bourgade de quelques milliers d'habitants sous la première République, elle devient en moins de cinquante ans le principal centre culturel, artistique et industriel du pays, ainsi que le siège de ses institutions politiques.

Depuis le retour à la croissance du pays, Erevan est en pleine mutation. Les chantiers ont commencé à fleurir aux quatre coins de la ville au début des années 2000. Aujourd'hui, avec ses nouvelles infrastructures (immeubles, quartiers, routes, restaurants et autres boutiques) son visage s'occidentalise et efface rapidement les traces de 70 ans de gouvernance soviétique.

En 2007, la population d’Erevan est estimée à 1 107 800 habitants et son agglomération très peu étendue autour de la ville regroupe avec ses 1 245 700 habitants (estimation officielle actuelle), plus de 42 % de la population arménienne. Ses habitants sont appelés les Erevanais et les Erevanaises.

Tiridate Ier d'Arménie

Statue de Tiridate Ier par André, 1687 ; Location : Parc et jardins du château de Versailles

Tiridate Ier (en arménien Տրդատ Ա) est un roi d'Arménie ayant régné de manière discontinue entre 53 et 72 apr. J.-C. Fils du roi parthe Vononès II, il est le premier roi arménien de la dynastie arsacide. Son règne est interrompu une première fois en 54, puis de 58 à 63. La rareté des sources, presque exclusivement romaines, fait que de nombreux aspects de son règne sont inconnus.

En 66, en vertu d'un accord entre Romains et Parthes au sujet de l'Arménie, Tiridate, frère du roi parthe Vologèse Ier, est couronné roi d'Arménie à Rome par Néron. Ses successeurs seront des princes parthes, mais leur accession au trône devra recevoir l'assentiment de Rome, faisant d'eux des vassaux à la fois des Romains et des Parthes. Plusieurs sources romaines contemporaines n'en ont pas moins considéré que Néron a ainsi de facto cédé l'Arménie aux Parthes.

Tiridate est en outre mage zoroastrien, accompagné notamment d'autres mages lors de son séjour à Rome en 66. Au début du XXe siècle, certains ont considéré qu'il aurait joué un rôle dans le développement du culte de Mithra, vu comme la version romanisée du zoroastrisme. Cette théorie a depuis lors largement été réfutée.

La date de sa naissance ainsi que celle de sa mort sont inconnues.

Artaxiades

Artaxias Ier.

Les Artaxiades ou Artašesian (en arménien Արտաշեսյաններ) sont des rois d'Arménie qui ont régné sur ce royaume d'environ 189 av. J.-C. à environ 12 apr. J.-C. Sous cette dynastie, le pays subit deux influences majeures : une influence perse, qui poursuit son action, et une influence hellénistique croissante ; il s'ouvre en outre au commerce international. Sous l'un des rois artaxiades, Tigrane II, l'Arménie va connaître son expansion maximale, avant de devenir un enjeu, sous ses successeurs, entre Parthes et Romains.

À la fin de cette dynastie, au début de l'ère chrétienne, le royaume est proche de l'anarchie et sera pendant plusieurs décennies gouverné par des souverains étrangers, avant de connaître l'avènement d'une nouvelle dynastie, la dynastie arsacide.

À la différence de certains de ses membres, la dynastie artaxiade se caractérise par une historiographie peu développée. Elle est en même temps considérée par la République d'Arménie comme une des quatre dynasties historiques arméniennes et figure à ce titre sur ses armoiries.

Histoire de l'Arménie

Les armoiries de l'Arménie, reprenant les symboles de ses quatre dynasties royales autour du mont Ararat.

Histoire de l'Arménie

L'Arménie est une région dont le peuplement originel remonte aux temps préhistoriques. Son histoire se déploie donc sur plusieurs millénaires. Les Arméniens, après s'y être fixés, développèrent une civilisation originale bien que située au carrefour de grands empiresperse, séleucide, parthe, romain, sassanide, byzantin, arabe, turc seldjoukide, mongol, turc ottoman, séfévide, russe — qui vont se disputer son territoire. Face aux invasions, les Arméniens ont toujours fait preuve dans leur histoire d'une volonté farouche de conserver leur identité nationale. Même si leur culture a été influencée par leurs voisins dans de nombreux domaines (musique, cuisine, littérature, architecture, etc), les Arméniens ont puisé dans une version nationale du christianisme enracinée dans leur langue la force de surmonter les pires épreuves, surtout au début du XXe siècle avec le génocide arménien. La culture arménienne se perpétue en République d'Arménie mais aussi un peu partout dans le monde dans la diaspora arménienne.

Génocide arménien

Photo de cadavres d'arméniens

Le génocide arménien (Հայոց Ցեղասպանություն : Hayots Tseghaspanoutyoun en arménien, Ermeni Soykırımı en turc) est un génocide perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, voire 1923, au cours duquel les deux tiers des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », composé en particulier du triumvirat d'officiers Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha, qui dirige l'Empire ottoman alors engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Considéré comme l'un des tout premiers génocides du XXe siècle, il coûte la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et d'Arménie occidentale.

Les déportations et massacres sont préparés et organisés depuis Constantinople, alors capitale de l'Empire, et mis en œuvre à l'échelle locale par les responsables des divers districts et provinces. Chaque responsable local est chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans escortent les convois jusqu'au désert dans des « marches de la mort » et procèdent eux-mêmes aux assassinats ou laissent libre cours à la violence de groupes de bandits armés majoritairement Kurdes. De nombreux criminels, regroupés dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spéciale », ont été libérés par les autorités à cette fin.

Guerre du Haut-Karabagh

Monument commémoratif (un char T-72) à proximité de Stepanakert.

La guerre du Haut-Karabagh est un conflit armé qui a eu lieu entre février 1988 et mai 1994 dans l'enclave ethnique du Haut-Karabagh, en Azerbaïdjan du sud-ouest, entre les Arméniens de la région, alliés à la république d'Arménie, et la république d'Azerbaïdjan. La qualification de guerre pour ce conflit doit toutefois être relativisée, celle-ci n'ayant été officiellement déclarée par aucun des belligérants. Tout commence le 26 février 1988, lorsqu'un million de personnes défilent à Erevan pour revendiquer le rattachement du Haut-Karabagh à l'Arménie. Le parlement de l'enclave et un référendum accordé à la population déterminent le même souhait. La demande d'union avec l'Arménie, qui s'est développée vers la fin des années 1980, a débuté pacifiquement, mais ensuite, avec la désintégration de l'Union soviétique, le mouvement devient un conflit violent entre les deux groupes ethniques, aboutissant à des allégations de nettoyage ethnique par les deux camps.

Cette guerre est un des conflits ethniques les plus destructeurs surgis après la décomposition de l'Union soviétique, en termes de nombre de morts et pertes de propriété. Les affrontements interethniques commencent après que le parlement du Haut-Karabagh, province autonome en Azerbaïdjan, a voté l'union de la région avec l'Arménie le 20 février 1988. La déclaration de sécession de l'Azerbaïdjan est le résultat final d'un « ressentiment éprouvé par les membres de la communauté arménienne du Haut-Karabagh envers les limitations imposées par les autorités soviétiques et azerbaïdjanaises concernant la liberté culturelle et religieuse », mais, plus important, d'un conflit territorial.

Gyumri

Coat of Arms of Gyumri.gif

Gyumri ou Gumri (en arménien Գյումրի) est la capitale et la principale ville du marz de Shirak, au nord-ouest de l'Arménie. Avec plus de 140 000 habitants, elle est la deuxième ville de l'Arménie après la capitale Erevan.

D'abord connu sous le nom de Kumaïri, le hameau, devenu « Gyumri », ne se développe vraiment qu'au XIXe siècle. En 1837, la ville est rebaptisée Alexandropol sous l'Empire russe puis, en 1924, Léninakan pendant la période soviétique. Après l'indépendance de l'Arménie en 1991 elle retrouve son nom de Gyumri.

Le , la ville est détruite à 60 % par un séisme de 6,9 sur l'échelle de Richter.

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Arménie zakaride

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L'Arménie zakaride ou Arménie zakarian (en arménien Զաքարյան Հայաստան) est le nom utilisé pour désigner les territoires arméniens donnés en fief par la reine Tamar de Géorgie aux membres de la famille des Zakarian, en 1201. Après la prise d'Ani par les Mongols en 1236, la suzeraineté de ces derniers se substitue à la suzeraineté géorgienne. Les Zakarian se maintiennent alors tant bien que mal jusque dans les années 1330, quand l'Arménie tombe aux mains de tribus turcomanes, et disparaissent des sources historiques vers 1360. Stricto sensu, la « période zakaride » couvre cependant la première moitié du XIIIe siècle, pour prendre fin vers 1260.

Sous le règne des princes Zakarian, ces territoires connaissent une stabilité relative qui voit les villes arméniennes s'enrichir. Plusieurs monastères sont en outre fondés, et on assiste à une véritable renaissance. À leur chute, la Grande-Arménie connaît une nouvelle période sombre de son histoire.

Drapeau de l'Arménie

Drapeau de l'Arménie

Le drapeau de l'Arménie est composé de trois bandes horizontales : la bande supérieure est rouge, l'intermédiaire bleue, et l'inférieure orange. Il a été adopté le 24 août 1990 et confirmé le 15 juin 2006 par le parlement arménien (loi relative au drapeau national de la République d'Arménie).

Ce drapeau est relativement récent par rapport aux siècles que couvre l'histoire de l'Arménie et a été précédé de plusieurs autres.

Monastère d'Akhtala

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Le monastère d'Akhtala (en arménien Ախթալա վանք ; en géorgien ახტალის ტაძარი) est un monastère-forteresse arménien du Xe siècle situé à proximité de la ville d'Akhtala, dans le marz de Lorri, à 185 kilomètres au nord d'Erevan. Ce monastère de l'Église apostolique arménienne, qui a un temps relevé de l'Église orthodoxe géorgienne, lors de la suzeraineté de la reine Tamar de Géorgie sur l'Arménie zakaride, n'est actuellement pas en activité. La forteresse a joué un rôle majeur dans la protection des régions du nord-ouest de l'Arménie et est une des mieux préservées du pays. L'église principale du complexe est renommée pour ses fresques. Le monastère apparaît pour la première fois sous ce nom dans un décret royal de 1438 ; le nom serait d'origine turque et signifierait « clairière blanche ».

Toros Roslin

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Toros (ou Thoros) Roslin (en arménien Թորոս Ռոսլին ; ca. 1210-ca. 1270) est le plus éminent des enlumineurs arméniens du Moyen Âge classique. Également copiste, il œuvre au scriptorium de Hromgla, principalement au service du Catholicos Constantin Ier et de Héthoum Ier, roi d'Arménie, un royaume en contact avec l'Occident chrétien par l'intermédiaire des Croisés.

De son œuvre, sept manuscrits signés de sa main ont survécu ; trois autres lui sont généralement attribués. De par sa connaissance de l'art de l'Europe occidentale et de Byzance, Toros Roslin a marqué l'art de la miniature arménienne en introduisant un grand nombre de scènes nouvelles dans son iconographie, tout en perpétuant les conventions établies par ses prédécesseurs.

Miniature arménienne

Manuscrit illustré par Toros Roslin, Évangile de Malatia, 1268.

La miniature arménienne est l'expression particulière de la miniature en Grande-Arménie, en Petite-Arménie et dans la diaspora arménienne. Son apparition remonte à la création de l'alphabet arménien en Arménie, soit en l'an 405. Très peu de fragments de manuscrits enluminés des VIe et VIIe siècles ont survécu, le plus ancien conservé en entier datant du IXe siècle. L'âge d'or se situe aux XIIIe et XIVe siècles, période de la formation définitive des principales écoles et tendances (quinze cents centres d'écriture et d'enluminure). Les plus éclatantes sont celles de Siounie, du Vaspourakan et de Cilicie. De nombreux manuscrits arméniens enluminés hors du pays d'Arménie ont aussi traversé les siècles. Malgré l'apparition de l'imprimerie arménienne au XVIe siècle, la production de miniatures s'est prolongée jusqu'au XIXe siècle et survit à travers la peinture et le cinéma arméniens modernes...

Gagik Ier de Vaspourakan

Façade orientale de Sainte-Croix d'Aghtamar ; Gagik figure dans le médaillon central, au-dessus d'Adam.

Khatchik-Gagik ou plus simplement Gagik Ier Arçrouni (en arménien Գագիկ Ա Արծրունի ; né en 879/880 et mort entre 936/937 et 943/944) est un prince (de 904 à 908), puis un roi de Vaspourakan de 908 à 936/937 ou 943/944 de la famille arménienne des Arçrouni.

D'abord allié à l'émir sajide d'Azerbaïdjan, Yousouf, contre le roi bagratide Smbat Ier, il change de politique à la mort de ce dernier et rejoint les rangs de son successeur Achot II. Au cours de son règne, Gagik achève l'unification vasprakanienne lancée au IXe siècle.

Ce souverain se distingue en outre par son activité de bâtisseur et de mécène, dont le résultat le plus célèbre est l'église Sainte-Croix d'Aghtamar, située sur une île du lac de Van.

Matenadaran

Le Matenadaran.

Le Matenadaran (en arménien Մատենադարան, « bibliothèque ») ou Institut Machtots de recherches sur les manuscrits anciens est l’un des plus riches dépôts de manuscrits et de documents au monde. Situé à Erevan, la capitale arménienne, il compte plus de 17 000 manuscrits et environ 300 000 documents d’archives. Son histoire remonte au Ve siècle et à la création du matenadaran d’Etchmiadzin, que la tradition fait remonter à l’invention de l’alphabet arménien par Mesrop Machtots en 405. Propriété publique et inscrit au registre international Mémoire du monde de l’UNESCO, l’Institut, de par ses missions et ses collections, constitue aujourd’hui « un des lieux essentiels de l’élaboration et de la transmission de la mémoire nationale en Arménie ».

Gochavank

Gochavank. De gauche à droite : tour-clocher de la bibliothèque, gavit, Sourp Astvatsatsin, Sourp Grigor Lousavorich, Sourp Grigor.

Gochavank ou Goshavank (en arménien Գոշավանք, « monastère de Goch » ; anciennement Nor-Getik, Նոր Գետիկ, « Nouveau Getik ») est un monastère arménien situé dans la communauté rurale de Goch dans le marz de Tavush, non loin de la ville actuelle de Dilidjan, au nord-est de l’Arménie. Le complexe a été édifié du XIIe au XIIIe siècles durant la période zakaride ; il est actif jusqu’à la fin du XIVe, puis du XVIIe au XIXe siècles.

L’église principale du monastère, Sainte-Mère-de-Dieu (Sourp Astvatsatsin), est précédée d’un gavit ; deux autres églises (Sourp Grigor et Sourp Grigor Lousavorich), plusieurs chapelles et une bibliothèque complètent le site. Le monastère porte le nom de son fondateur, le fabuliste, juriste et théologien Mkhitar Goch.

Aujourd’hui désaffecté sur le plan religieux et restauré en deux phases aux XXe et XXIe siècles, il est une attraction touristique régionale.

Grégoire de Narek

Grégoire de Narek, Ms. 1568 réalisé au monastère de Skevra en 1173, Matenadaran, Erevan.

Grégoire de Narek, Krikor Narekatsi ou Grigor Naregatsi (en arménien, Գրիգոր Նարեկացի), né entre 945 et 951, et mort à Narek en 1003 ou aux environs de 1010, est un théologien (vardapet), poète et philosophe d'Arménie. Né dans le Vaspourakan des Artzrouni, il passe la plus grande partie de sa vie au monastère de Narek, non loin du lac de Van, près de l'église d'Aghtamar, où il est notamment enseignant.

Vers la fin de sa vie, ce mystique a écrit en langue arménienne classique un poème intitulé Livre des Lamentations, chef d'œuvre de la poésie arménienne médiévale. Ce maître de la discipline a aussi rédigé des odes célébrant la Vierge, des chants, et des panégyriques. Son influence a marqué la littérature arménienne et se retrouve chez d'autres poètes, comme Sayat-Nova, Yéghiché Tcharents et Parouir Sévak. Son œuvre est l'un des sommets de la littérature universelle.

Noravank

Complexe monastique de Noravank (de gauche à droite : Sourp Grigor, Sourp Karapet et son gavit, Sourp Astvatsatsin).

Noravank (en arménien Նորավանք, « nouveau monastère ») ou Noravank d'Amagh(o)u est un monastère arménien situé dans une gorge de la communauté rurale d'Areni, non loin de la ville d'Eghegnazor, dans le marz de Vayots Dzor, au sud de l'Arménie. Bâti sur l'emplacement d'une église des IXe – Xe siècles, le complexe est refondé au XIIe siècle mais date essentiellement des XIIIe et XIVe siècles ; il devient le mausolée des Orbélian. Actif jusqu'au XIXe siècle et célèbre notamment pour son scriptorium, cet important centre religieux et culturel arménien est jusqu'alors une des résidences des évêques de Siounie.

L'église principale du monastère, Saint-Jean-le-Précurseur (Sourp Karapet), est précédée d'un gavit et est complétée par l'église Saint-Grégoire (Sourp Grigor). S'ajoutent à ce groupe l'église Sainte-Mère-de-Dieu (Sourp Astvatsatsin), les ruines de divers bâtiments, plusieurs khatchkars et les remparts des XVIIe et XVIIIe siècles.

Rénové à deux reprises au XXe siècle, Noravank est aujourd'hui l'une des cinq attractions touristiques majeures de l'Arménie. Le monastère et la haute vallée de l'Amaghou sont placés depuis 1996 sur la liste indicative arménienne du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Makaravank

Complexe de Makaravank : Sourp Astvatsatsin à droite et le gavit à gauche.

Makaravank (en arménien Մակարավանք, « monastère de Macaire ») ou monastère de Saint-Macaire est un monastère arménien situé près de la communauté rurale d'Achajur dans le marz de Tavush, en Arménie du nord-est. Il a été fondé au IXe siècle sur un plateau boisé, et agrandi au XIIIe siècle. Restauré au XXe siècle, il a fait l'objet dans les années 2000 de mesures visant à consolider le sol sur lequel il est bâti.

Composé d'une ancienne église, d'une église principale Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu ») et de leur gavit commun, ainsi que d'une petite église Sourp Astvatsatsin et de divers bâtiments en ruine, ce monastère doté de remparts est particulièrement renommé pour ses décors sculptés. Son potentiel touristique est cependant encore peu exploité.

Sevanavank

Le monastère de Sevanavank, devant le lac Sevan : Sourp Astvatsatsin à gauche et Sourp Arakelots à droite.

Sevanavank (en arménien Սևանավանք, « monastère de Sevan » ; anciennement Sevank, « monastère noir »), ou monastère des Saints-Apôtres de Sevan, est un monastère arménien situé sur une péninsule du lac Sevan, dans le marz de Gegharkunik en Arménie. Le monastère est fondé en 874 par la princesse Mariam Bagratouni et à l'initiative du futur Catholicos Machtots, sur l'emplacement d'un monastère du IVe siècle détruit par les Arabes.

Traversant les siècles, Sevanavank est partiellement détruit dans les années 1930. Il n'en subsiste que deux églises, Sourp Arakelots (« Saints-Apôtres ») et Sourp Astvatsatsin (« Sainte-Mère-de-Dieu »), aujourd'hui parties intégrantes du séminaire adjacent, l'Académie théologique Vazkenian. Le monastère est en outre un des lieux les plus visités par les touristes en Arménie.

Achot Ier d'Arménie

Achot Ier d'Arménie

Achot Ier (en arménien Աշոտ Ա ; ° ca. 820890), Achot Medz ou Ašot Meç (Աշոտ Մեծ, « Achot le Grand ») est un roi d'Arménie, membre de la famille arménienne des Bagratouni.

Neveu du prince d’Arménie Bagrat II Bagratouni et fils du sparapet (« généralissime ») Smbat VIII Bagratouni, il succède à son père dans cette fonction sous le nom d’Achot V après la reprise en main de l’Arménie par le Calife al-Mutawakkil et l’exil des princes arméniens dans les années 850. Combinant sa propre intelligence à l’affaiblissement des dynastes arméniens et à la division des émirs arabes, et équilibrant le pouvoir déclinant des Abbassides par la puissance renaissante de l’Empire byzantin, il devient prince des princes d’Arménie en 862, puis roi d’Arménie vers 885. Ce faisant, il contribue au rétablissement de la royauté arménienne, quatre siècles après son abolition par les Sassanides.

Ce souverain, véritable chef de famille des Bagratides arméniens et ibères, conclut diverses alliances matrimoniales et s’allie ainsi le Vaspourakan et la Siounie. En parallèle, il réduit le pouvoir des émirs arabes d’Arménie. Sous son règne, le pays connaît la croissance économique, une renaissance artistique et l’affirmation de son orthodoxie religieuse.

Son fils Smbat Ier lui succède à sa mort en 890.

Ktuts Anapat

Le monastère vu depuis le sud (gavit à gauche, Sourp Karapet à droite).

Ktuts Anapat (en arménien Կտուց Անապատ, « ermitage de Ktuts ») est un monastère arménien situé en dehors des frontières arméniennes, en Turquie (province de Van, ancien Vaspourakan), sur une île proche de la rive orientale du lac de Van.

L’établissement a des origines incertaines mais est attesté au XVe siècle (en raison notamment de son scriptorium) et reconstruit au XVIIIe siècle. Il sert de refuge lors des massacres hamidiens de 1894-1896, avant d’être abandonné lors du génocide arménien de 1915-1916. Il n’en reste aujourd’hui que l’église Sourp Karapet (« Saint-Jean-le-Précurseur ») et le gavit.

Il peut être visité en louant une embarcation à partir de Van.

Khatchkar

Khatchkar siroun khatch (« belle croix »), XIIIe siècle, non loin de Dsegh.

Un khatchkar, khachkar ou xač‘k‘ar (en arménien խաչքար, « pierre à croix », prononcé [χɑtʃkɑɹ]) est une « stèle de forme arquée ou rectangulaire […] sculptée d'une ou de plusieurs croix accompagnée souvent d'un décor ornemental, parfois de figures humaines et d'inscriptions ». Spécificité de l'art arménien, il était autrefois présent sur tout le territoire de l'Arménie historique et est aujourd'hui particulièrement préservé en Arménie et au Haut-Karabagh.

Dressées, encastrées, rupestres ou en chapelle, ces œuvres, mesurant généralement d'1,5 à 2 m de hauteur, de 0,5 à 1,5 m de largeur et de 10 à 30 cm d'épaisseur, ont une fonction soit votive, soit commémorative, soit apotropaïque ; elles constituent parfois des « cimetières de khatchkars », comme à Noradouz ou, avant sa destruction, à Djoulfa. Elles incarnent la christologie de l'Église apostolique arménienne, en ce qu'elles ne représentent pas la mort du Christ mais sa nature divine, en un arbre de vie.

L'histoire de l'art des khatchkars est généralement divisée en quatre périodes : la période des origines, incertaines, du IVe au IXe siècle, celle de la création et de la formulation, du IXe au XIe siècle, celle de l'achèvement et de la perfection, du XIIe au XIIIe siècle, et enfin la période finale, du XIVe au XVIIe (voire XVIIIe) siècle. Malgré un renouveau depuis les années 1960, les khatchkars modernes ne rivalisent pas avec les khatchkars classiques.

Depuis le 17 novembre 2010, « l’art des croix de pierre arméniennes. Symbolisme et savoir-faire des Khachkars » figure sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO.

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Urartu

Représentation du roi urartéen Sarduri II sur un char.

L'Urartu ou Ourartou (en arménien Ուրարտու) est un royaume constitué vers le IXe siècle av. J.-C. sur le haut-plateau arménien, autour du lac de Van (actuelle Turquie orientale). À son apogée au milieu du VIIIe siècle, son territoire s'étend également sur les pays voisins : Arménie autour du lac Sevan, nord-ouest de l'Iran autour du lac d'Ourmia, nord de la Syrie et de l'Irak, voire le sud de la Géorgie. Le terme « Urartu » servait à désigner cet État dans les sources de l'Assyrie, son grand adversaire. Dans leurs inscriptions dans leur propre langue, ses rois parlaient de Biaineli. Ce royaume et sa culture disparaissent dans le courant de la première moitié du VIe siècle av. J.-C. dans des conditions inconnues, laissant la place aux Arméniens.

L'Urartu a d'abord été connu par les sources écrites provenant de l'Assyrie, royaume qui est son principal adversaire au sud de son territoire (du Xe au VIIIe siècle av. J.-C.). Cela a permis de situer les rois urartéens dans la chronologie de l'histoire du Proche-Orient ancien. L'exploration des territoires qu'ils ont dominés a permis la redécouverte de plusieurs de leurs inscriptions. Les fouilles régulières ou clandestines sur de nombreux sites urartéens ont permis de mieux connaître l'organisation de ce royaume et sa culture, même si les connaissances restent encore essentiellement limitées aux manifestations de son administration et de ses élites. Cela a révélé un État qui a certes été marqué par l'influence assyrienne, mais a aussi développé de forts caractères propres, qui se voient notamment dans la réalisation de vastes forteresses servant de centres administratifs, ou encore la mise au point d'une métallurgie du bronze d'une qualité remarquable.