Wikipédia:Sélection/Afrique

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Kilimandjaro

Vue du Kibo depuis le sud en juin 2009.

Le Kilimandjaro ou Kilimanjaro est une montagne située dans le Nord-Est de la Tanzanie et composée de trois volcans éteints : le Shira à l'ouest, culminant à 3 962 mètres d'altitude, le Mawenzi à l'est, s'élevant à 5 149 mètres d'altitude, et le Kibo, le plus récent géologiquement, situé entre les deux autres et dont le pic Uhuru à 5 891,8 mètres d'altitude constitue le point culminant de l'Afrique. Outre cette caractéristique, le Kilimandjaro est connu pour sa calotte glaciaire sommitale en phase de retrait accéléré depuis le début du XXe siècle et qui devrait disparaître totalement d'ici 2030 à 2050. La baisse des précipitations neigeuses qui en est responsable est souvent attribuée au réchauffement climatique mais la déforestation est également un facteur majeur. Ainsi, malgré la création du parc national en 1973 et alors même qu'elle joue un rôle essentiel dans la régulation bioclimatique du cycle de l'eau, la ceinture forestière continue à se resserrer. En effet, la montagne est notamment le berceau des pasteurs maasaï au nord et à l'ouest, qui ont besoin de prairies d'altitude pour faire paître leurs troupeaux, et des cultivateurs wachagga au sud et à l'est, qui cultivent des parcelles toujours plus étendues sur les piémonts, malgré une prise de conscience depuis le début du XXIe siècle.

Après la surprise engendrée dans le milieu scientifique avec sa découverte pour les Européens par Johannes Rebmann en 1848, le Kilimandjaro a éveillé l'intérêt des explorateurs comme Hans Meyer et Ludwig Purtscheller qui parviennent au sommet en 1889 accompagnés de leur guide Yohanas Kinyala Lauwo. Par la suite, il a constitué une terre d'évangélisation que se sont disputée catholiques et protestants. Enfin, après plusieurs années de colonisation allemande puis britannique, il a vu l'émergence d'une élite chagga qui a été un pilier dans la naissance d'une identité nationale avec comme point d'orgue l'indépendance du Tanganyika en 1961.

Depuis, le Kilimandjaro est devenu une montagne emblématique, évoquée ou représentée dans les arts et symbolisée sur de nombreux produits à vocation commerciale. Elle est très prisée par les milliers de randonneurs qui réalisent son ascension tout en profitant de la grande diversité de sa faune et de sa flore.

Bataille d'Adoua

Tapisserie éthiopienne commémorant la bataille d'Adoua.

La bataille d'Adoua est livrée près du village d'Adoua, au cœur de la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, le . Elle oppose les forces de l'Empire éthiopien du Negusse Negest Menelik II et celles du Royaume d'Italie dirigées par le colonel Baratieri. Elle achève, par la victoire des Éthiopiens, la première guerre italo-éthiopienne et clôt un XIXe siècle marqué par les diverses tentatives de pénétration en Éthiopie menées par les puissances coloniales.

En Italie, l'époque est celle de l'alliance du gouvernement de Francesco Crispi avec la droite ; l'Éthiopie sort, quant à elle, d'une période de conquêtes des régions du sud et de réorganisation intérieure. La place tenue dans la bataille par les peuples nouvellement intégrés à l'Empire participera à la constitution de l'unité nationale éthiopienne moderne.

Pour ce qui est des relations entre les deux pays, la bataille d'Adoua met fin à la première guerre italo-éthiopienne débutée en 1895, à la suite de la contestation du traité de Wuchale par Ménélik II. Le Royaume d'Italie abandonne ainsi ses ambitions impérialistes en Éthiopie et signe le traité d'Addis Abeba abrogeant le traité à l'origine du conflit, le

Civilisation carthaginoise

Statuette d’orant (IIIe siècle av. J.-C.) trouvée dans la nécropole de Puig des Molins (Ibiza) et exposée au Musée archéologique national de Madrid.

La civilisation carthaginoise ou civilisation punique est une ancienne civilisation située dans le bassin méditerranéen et à l’origine de l’une des plus grandes puissances commerciales et militaires de l’Antiquité.

Fondée par des Phéniciens sur les rives du golfe de Tunis, Carthage a pris peu à peu l’ascendant sur les cités phéniciennes de la Méditerranée occidentale, avant d’essaimer à son tour et de développer sa propre civilisation. Celle-ci est cependant moins connue que celle de sa rivale, en raison de la destruction de la cité par l’armée romaine à la fin de la troisième guerre punique, une fin relatée par des sources gréco-romaines qui furent largement et durablement relayées dans l’historiographie. Bien que décriée au travers de la célèbre punica fides, préjugé issu d’une longue tradition de méfiance envers les Phéniciens à partir d’Homère, cette civilisation suscita néanmoins des avis plus favorables :

« Par leur puissance, ils égalèrent les Grecs, par leur richesse, les Perses. »

— Appien, Libyca, 2

Cette civilisation résulte du mélange de la culture indigène, constituée par les Berbères en Afrique, et de la civilisation qu’apportèrent avec eux les colons phéniciens.

Il n’est ainsi pas aisé de distinguer ce qui relève des Puniques de ce qui relève des Phéniciens dans le produit des fouilles archéologiques, dont le dynamisme depuis les années 1970 a ouvert de vastes champs d’études où apparaît l’unité de cette civilisation en dépit de particularismes locaux. Malgré ces progrès, de nombreuses inconnues sur la civilisation non-matérielle perdurent, liées à la nature des sources : toujours secondaires, par la perte de toute la littérature punique, lacunaires et souvent subjectives.

Karabane

L'île sur une carte de 1890.

Carabane, également appelé Karabane, est à la fois une île et un village situés à l'extrême sud-ouest du Sénégal, dans l'embouchure du fleuve Casamance. Site paradisiaque, doté d'un climat agréable et d'une luxuriante végétation, c'est aussi du point de vue historique le premier comptoir colonial français en Casamance. Dans un environnement maritime et fluvial propice à l'exploitation halieutique, l'île vit pourtant au rythme du calendrier rizicole, car les Diolas, majoritaires à Karabane, sont avant tout des terriens : on a pu parler de véritable « civilisation du riz » en Basse-Casamance. En complément – tant alimentaire qu'économique –, ils pratiquent aussi la pêche artisanale et la collecte de crustacés, mais les pêcheurs professionnels viennent surtout d'autres régions.

Associant d'indéniables atouts naturels et culturels, l'île aurait pu devenir une sorte de « Gorée de la Casamance », mais de multiples difficultés ont jusqu'ici freiné cette ambition. Karabane n'a pas rallié le réseau prometteur des campements villageois – nouvelle forme de tourisme rural intégré – aménagés dans la région au cours des années 1970. Les troubles politiques qui ont meurtri la Casamance au cours des décennies suivantes ont porté un coup sévère à un tourisme en plein développement. Enfin, en 2002, le naufrage du Joola, qui assurait la liaison Dakar-Ziguinchor en faisant escale à Karabane, a scellé l'enclavement de l'île pour plusieurs années. Jusqu'en 2014, dans l'attente de nouvelles infrastructures, travailleurs, étudiants et touristes ne peuvent plus compter que sur les pirogues pour quitter ou rejoindre le village. Depuis 2014, la liaison est rétablie depuis Dakar et Zinguinchor ; trois bateaux y accèdent régulièrement.

Économie du Nigeria

L’essentiel des réserves nigérianes se trouve dans des gisements offshore

L’économie du Nigeria est dans sa structure comparable à celle de bien des pays africains, mais tout y est à une échelle supérieure : la main-d’œuvre (le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique), les ressources naturelles (il est le 1er producteur africain de pétrole), la corruption (en 2005, 152e sur 158 pays évalués).

Seul son produit intérieur brut (PIB) par habitant le situe dans la moyenne africaine. Il reste d’ailleurs largement en dessous du niveau d’avant l’indépendance. Environ deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue (1 $ US par jour), contre 43 % en 1985. Malgré cela, et grâce à son potentiel humain et sa richesse en ressources naturelles, le Nigeria se classe au rang de 2e puissance sub-saharienne, derrière l’Afrique du Sud. Avec environ 125 milliards de dollars par an, son PIB (en parité de pouvoir d'achat) équivaut à près de la moitié de celui de la Suisse. L’essentiel de l’activité économique se réalise dans la zone côtière, au sud du pays.

Histoire de l'Afrique du Sud

Drapeau de l’Afrique du Sud

L’histoire de l’Afrique du Sud est très riche et très complexe du fait de la juxtaposition de peuples, de cultures et d'origines éthniques différentes depuis la Préhistoire. La culture des Bochimans y est présente depuis au moins 25 000 ans et celle des Bantous, 2 500 ans. Les deux cultures auraient, selon des sources limitées à l’archéologie, généralement cohabité paisiblement. L’histoire écrite débute avec l’arrivée des Européens, en commençant par les Portugais qui décident de ne pas coloniser la région, laissant la place aux Néerlandais. Les Britanniques la contestent vers la fin du XVIIIe siècle, menant à deux guerres. Le XXe siècle est marqué par la montée et la chute du régime ségrégationniste de l’apartheid.


Histoire de la Namibie

Badge namibien

L'histoire de la Namibie, l'un des plus jeunes pays d'Afrique, se divise en plusieurs époques distinctes.

Colonisé tardivement (début du XVIIIe siècle), le territoire namibien passe sous le contrôle de l'Allemagne en 1884 et est baptisé Sud-Ouest africain. La colonisation allemande, marquée par le génocide des Héréros, prend fin en 1915 après la victoire des troupes sud-africaines sur l'armée allemande à Gibeon. Le nom de Namibie est attribué au pays en 1968 d'après le nom du désert du Namib et l'Afrique du Sud administre directement le pays jusqu'en 1971, puis indirectement jusqu'à l'accession du pays à l'indépendance le 20 mars 1990. Depuis l'indépendance la SWAPO, organisation traditionnellement marxiste et nationaliste, est le parti majoritaire du pays. Sam Nujoma est élu premier président de la Namibie indépendante en 1990 et le reste jusqu'en 2005Hifikepunye Pohamba lui succède.

La devise du pays est : « Unité, Liberté, Justice ».

Hiéroglyphe

Hiéroglyphes égyptiens

Un hiéroglyphe est la représentation graphique d’un caractère du système d’écriture de l’Égypte antique servant à noter la langue égyptienne. Le mot vient des racines grecques hieros (« sacré ») et gluphein (« graver »).

Ils sont figuratifs, c’est-à-dire qu’ils représentent quelque chose de tangible, assez souvent facilement reconnaissable, même pour quelqu’un qui en ignore le sens d’utilisation. Les Égyptiens de l’Antiquité ont puisé les dessins des hiéroglyphes dans leur environnement : objets du quotidien, animaux, plantes, parties du corps.

On fait remonter l’apparition des premiers hiéroglyphes vers 3500 av. J.-C. Cette écriture a été utilisée pendant 3 400 ans pour les textes monumentaux, essentiellement religieux et politiques.

Histoire du Sahara occidental

Sahara occidental, frontière des territoires contrôlés par le Polisario et le Maroc, près de Tifariti.

L’histoire du Sahara occidental est celle d'un territoire désertique peuplé par quelques tribus nomades, qui n'a jamais été organisé en État-nation. Elle est intimement liée à celle de ses voisins, le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie. Après quelques tentatives infructueuses au XVe siècle, les Espagnols en font une colonie entre 1884 et 1975. Suite au désengagement de l'Espagne, le territoire est annexé par le Maroc et la Mauritanie ; le Front Polisario, un mouvement indépendantiste, entreprend une lutte armée. Le Sahara occidental est aujourd'hui un territoire non autonome selon l'Organisation des Nations unies, revendiqué par le Royaume du Maroc et la République arabe sahraouie démocratique ; son statut définitif reste en suspens depuis le cessez-le-feu de 1991.

Tunisie

Carte de la Tunisie

La Tunisie (arabe : تونس) est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s’ouvre sur l’Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord-est du pays.

Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain.

Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français en 1881. Avec l’avènement de l’indépendance, le , le pays prend l’appellation officielle de Royaume de Tunisie à la fin du règne de Lamine Bey qui, cependant, ne porta jamais le titre de roi. Avec la proclamation de la république, le , c’est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, au terme de trente ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer mais poursuit dès lors les principaux objectifs du « bourguibisme » tout en libéralisant l’économie. Ben Ali, après vingt-trois ans d’une présidence souvent jugée autoritaire et policière, cède à la pression de la rue le , fuyant le pays et trouvant refuge en Arabie saoudite. Avec son épouse, il fait l’objet d’un mandat d'arrêt international.

Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.

Économie du Botswana

Ventilation sectorielle du PIB du Botswana (2005)

L'économie du Botswana pourrait facilement passer, sur le papier, pour un modèle de réussite économique sur le continent africain : bâtissant son avenir sur une administration démocratique, stable, compétente et peu corrompue (Transparency International classe régulièrement le Botswana comme le pays le moins corrompu d’Afrique), une gestion prudente et, bien sûr, un sous-sol riche en diamants et minéraux, ce pays enclavé, dont seules 5 % des terres conviennent à l’agriculture et qui lors de son indépendance en 1966 était l’un des 25 plus pauvres du monde, se classe désormais parmi les plus prospères du continent. De fait, il s’agit du seul pays au monde qui a pu lors de la période 1970-2000 afficher une croissance annuelle moyenne de près de 9 %.

Cette richesse théorique est cependant menacée par une surdépendance de l’économie vis-à-vis du secteur minier, ainsi que par l’épidémie de sida qui sévit à travers toutes les couches de la population (près d’un adulte sur trois serait infecté). Quoi qu’il en soit, avec ses heurs et malheurs, ce territoire peuplé de 3,12 habitants au km² reste dans une situation enviable pour nombre de ses voisins.

Habib Bourguiba

Photo officielle du président Bourguiba

Habib Bourguiba (الحبيب بو رقيبة), de son nom complet Habib Ben Ali Bourguiba, né probablement le à Monastir et mort le à Monastir, était un homme d’État tunisien.

Il devient à l’âge de 31 ans le leader du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. En 1956, son but étant atteint, il s’emploie à mettre sur pied un État moderne en tant que président, fonction qu’il exerce du à sa destitution le . Durant sa présidence, un culte de la personnalité se développe autour de sa personne et il porte alors le titre de « combattant suprême ». Toutefois, l’éducation et la défense de l’égalité entre hommes et femmes sont une priorité pour lui, ce qui en fait une exception parmi les dirigeants arabes. Néanmoins, la fin de sa présidence est marquée par la montée du clientélisme et de l’islamisme.

Félix Houphouët-Boigny

Félix Houphouët-Boigny

Félix Houphouët-Boigny (serait né Dia Houphouët le à N'Gokro (Yamoussoukro) selon la biographie officielle - mort le ), surnommé « le sage » ou même « Nanan Boigny » ou « Nanan Houphouet » ou encore « le Vieux » (au sens africain du terme), est le « père » de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Successivement chef traditionnel, médecin, planteur, leader syndical, député ivoirien en France, ministre de gouvernements français, président de l'Assemblée nationale ivoirienne, maire d'Abidjan, Premier ministre ivoirien et premier président de la Côte d'Ivoire de 1960 à 1993, Félix Houphouët-Boigny tient un rôle de premier ordre dans le processus de décolonisation de l'Afrique, et domine jusqu’à la fin de sa vie, la scène politique de son pays natal.

Partisan de la Françafrique, une étroite collaboration avec l’ancienne métropole, il parvient de cette façon à développer économiquement la Côte d’Ivoire, notamment dans le secteur agricole, faisant de son pays un îlot de prospérité dans un continent miné par la pauvreté ; on parle alors de « miracle ivoirien ».

Léon Mba

Léon Mba (1902-1967) fut le premier président du Gabon de 1961 à 1967.

Issu de l’ethnie Fang, Léon Mba est né au sein d’une famille relativement privilégiée. Son instruction lui permet en 1924 d’être désigné par l’administration coloniale comme chef de canton dans la province de l’Estuaire. Toutefois, il connaît quelques démêlés avec la justice. En 1946 commence son ascension politique qui le conduit à prendre, en 1957, la tête du Gabon grâce au poste de vice-président du Conseil du gouvernement. En 1958, c’est lui qui dirige l’intégration du Gabon dans la Communauté franco-africaine. L’année suivante, il est nommé premier Premier ministre de la République autonome du Gabon.

Bien que n’étant pas un farouche partisan de l’indépendance, il la proclame le 17 août 1960. Il est élu en 1961 premier président du pays. Au fur et à mesure du temps, sa manière de gouverner devient de plus en plus dictatoriale. En 1964, Léon Mba est renversé par un coup d'État qui amène au pouvoir son opposant démocrate Jean-Hilaire Aubame. La France le ramène militairement au pouvoir et n'a de cesse de l’entourer, le protéger et le conseiller. En 1967, Léon Mba est réélu, puis meurt le 27 novembre de la même année.

À l'occasion du 40e anniversaire de la disparition de son prédécesseur, le Président Omar Bongo Ondimba a inauguré à Libreville le tout nouveau mausolée dédié à la mémoire de celui qui fut son parrain politique.

Philibert Tsiranana

Philibert Tsiranana

Philibert Tsiranana (1910?-1978), fut le premier président de Madagascar de 1959 à 1972.

Pendant douze ans, la République de Tsiranana a connu une stabilité institutionnelle qui tranchait face aux troubles politiques qui secouaient l’Afrique francophone à la même époque. Cette particularité participa à la construction de sa popularité, attribuant à Philibert Tsiranana une réputation d'homme d’État remarquable.

En comparaison des autres pays en voie de développement, son bilan est honorable : Madagascar connaissait une démocratie restreinte, et l’économie progressait lentement en suivant la voie d'un socialisme pragmatique. Madagascar se vit ainsi attribuer le surnom d’« Ile heureuse ».

Usé sur le plan physique et politique, la fin de son mandat fut plus mitigée. L'image populaire d'un bienveillant maître d’école qu'il affichait publiquement, dissimulait aussi une grande fermeté, voire un penchant pour l’autoritarisme. Il demeure toutefois une figure politique malgache de premier plan et reste connu dans son pays comme le « Père de l’indépendance ».

Fulbert Youlou

Fulbert Youlou.jpg

Fulbert Youlou (1917-1972) fut le premier président de la République du Congo de 1959 à 1963.

L’abbé Fulbert Youlou est l’un des personnages les plus controversés du Congo-Brazzaville, à tel point que durant des décennies, il fit l’objet d’un anathème dans son pays. Pourtant, à ses débuts, celui qu’on appelait l’« Abbé » était apparu à ses concitoyens comme une sorte d’homme providentiel. C’est lui qui, en août 1960, avait conduit son pays à l’indépendance. Lui qui, en décembre 1960, avait organisé une grande conférence intercontinentale à Brazzaville, au cours de laquelle il vanta les bienfaits du libéralisme économique et condamna le communisme. Trois ans plus tard, la prospérité économique n’était toujours pas au rendez-vous, alors que le gouvernement déployait un faste insolent. Youlou le « modéré » décevait. Sa décision d’imposer en août 1963, le monopartisme en emprisonnant les leaders syndicaux fut l’élément déclencheur de la révolution des « Trois Glorieuses ». La France refusa, alors, d'aider ce chef d’État africain que le couple de Gaulle méprisait.

Ne disposant quasiment plus d'aucun soutien, cet ancien prêtre quitta le pouvoir et laissa derrière lui l’image d’un président de la République excentrique, autoritaire et corrompu.

Côte d'Ivoire

Cathédrale Saint-Paul à Abidjan (Côte d'Ivoire).

La Côte d'Ivoire, ou officiellement la République de Côte d’Ivoire, est un pays d’Afrique occidentale, membre de l’Union africaine. D’une superficie de 322 462 km2, elle est limitée au nord par le Mali et le Burkina Faso, à l’ouest par le Libéria et la Guinée, à l’est par le Ghana et au sud par l’océan Atlantique. La population, dénombrée à 15 366 672 habitants en 1998, est estimée à 18 373 060 habitants en 2008. La Côte d’Ivoire a pour capitale politique et administrative Yamoussoukro (Abidjan demeurant capitale économique), pour langue officielle le français et pour monnaie, le franc CFA.

Ce pays, d’abord protectorat français en 1843 puis colonie française en 1893, acquiert son indépendance le , sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, premier président.

Économie de la Côte d'Ivoire

L’agriculture est au centre de l’économie ivoirienne

L’économie de la Côte d’Ivoire, par ses caractéristiques, classe ce pays au rang des pays sous-développés. Le PIB par habitant s’élève seulement à 1 700 dollars en 2007. L’indice de pauvreté atteint 40,3 % en 2004, le plaçant au 92e rang sur 108 pays en développement.

Depuis l’instauration du commerce triangulaire lors des premiers contacts avec les explorateurs, l’économie est dominée par l’exportation de produits dits de rente, en particulier le café et le cacao, pour lesquels la Côte d’Ivoire occupe les premiers rangs sur le plan mondial. Si l’économie ivoirienne repose à titre principal sur le secteur agricole que favorise un climat chaud et humide, l’apport de l’industrie au PIB est évalué à 20 % et celui du secteur tertiaire à 50 %. La Côte d’Ivoire présente pourtant de grandes potentialités pour un essor économique réel. Elle possède en effet d’importantes réserves de pétrole et des ressources minières dont l’or, le diamant, le fer et le cuivre. Elle produit en outre de l’électricité, dont une part est revendue aux pays voisins.

Maurice Yaméogo

Portrait stylisé du premier président de la République de Haute-Volta Maurice Yaméogo.

Maurice Yaméogo (1921-1993) a été de 1959 à 1966 le premier président de la République de Haute-Volta, actuel Burkina Faso.

Personnage intrigant, « Monsieur Maurice » a incarné l’État voltaïque au moment de l’indépendance. Mais du petit séminaire de Pabré en 1939 à son accession à la présidence en 1959, son ascension politique ne s’est pas faite sans difficulté. Ses débuts prometteurs en tant que grand conseiller de l’Afrique-Occidentale française (AOF) de 1948 à 1952 ont été suivis par une traversée du désert. Et ce n’est que grâce à une succession de volte-faces que le conseiller général de Koudougou parvient à se hisser au cours de l’année 1958 no 2 du gouvernement de Ouezzin Coulibaly, puis président du Conseil après sa mort.

Alors même que son assise politique est mal assurée, Yaméogo parvient par des concours de circonstance à renforcer sa position et même à imposer ses choix. Ainsi, après la proclamation de la République le , il opère en 1959 un surprenant retournement de position sur la fédération du Mali. Puis, par le biais de manœuvres discutables, élimine toute opposition parlementaire. L’Union démocratique voltaïque-Rassemblement démocratique africain (UDV-RDA) épuré de ses adversaires, s’impose alors en parti unique. Avant même l’indépendance le , la Haute-Volta est sous le joug de sa dictature. Son régime corrompu, rythmé par ses sautes d’humeur, se caractérise par une instabilité ministérielle chronique et le développement d’une paranoïa. Il en est de même pour sa politique étrangère, tumultueuse, notamment avec la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny.

Finalement, le , suite à sa décision d’imposer de sévères mesures d’austérité financière, un soulèvement populaire l’amène à démissionner. Celui-ci est le résultat direct d’une coalition des syndicats avec la chefferie traditionnelle et le clergé. S’ensuit pour Maurice Yaméogo, un ostracisme lié à sa gestion douteuse des finances. Toutefois, par le biais de son fils Hermann, il continue d’influencer la scène politique de son pays. En 1993, il décède après avoir été réhabilité par le président de la République Blaise Compaoré.

Complexe funéraire de Djéser

Complexe funéraire de Djéser ; pyramide à degrés de Saqqarah

Le complexe funéraire de Djéser, édifié sous le règne du pharaon Djéser, se situe à Saqqarah, en Égypte. Il est, dans l'histoire de l'architecture égyptienne, le second ouvrage édifié en pierre de taille. Il marque une évolution importante de l'architecture monumentale. En effet, le tombeau du pharaon prend, pour la première fois et après de multiples modifications, la forme d'une pyramide. Cette innovation marque la naissance d'un nouveau type de sépulture. Les éléments cultuels ainsi que l'enceinte à redans représentent l'aboutissement d'une architecture évoluant depuis la IIe dynastie.

Le tremblement de terre du a sérieusement affecté les infrastructures de la pyramide. La voûte du grand puits funéraire et les plafonds de plusieurs galeries souterraines menaçant de s'effondrer, une mission de sauvegarde a été commandée par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes afin de mener à bien leurs restaurations. En parallèle, des études sont constamment effectuées afin de mieux connaître ce monument majeur.

Deux noms sont à rattacher à cet édifice : celui de l'architecte Imhotep, qui conçut cet ouvrage, et celui de l'égyptologue Jean-Philippe Lauer, qui consacra toute sa vie à étudier les vestiges de ce chef-d'œuvre de l'Ancien Empire égyptien.

Mouvement national tunisien

Tableau sur la prise de Sfax

Le mouvement national tunisien désigne, dans sa globalité, le mouvement socio-politique né au début du XXe siècle et qui mena la lutte contre le protectorat français de Tunisie pour obtenir finalement l’indépendance du pays le .

Inspiré de l’idéologie des Jeunes-Turcs et par des expériences réformistes menées en Tunisie dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le rassemblement de notables traditionalistes — avocats, médecins ou journalistes — cède peu à peu sa place à une organisation politique de mieux en mieux structurée par les nouvelles élites formées en France et capable de mobiliser ses partisans pour affronter, si le besoin s’en fait sentir, les autorités du protectorat afin de faire avancer ses revendications auprès du gouvernement français. La stratégie adoptée par le mouvement alternera entre négociations et affrontements armés, au gré des événements touchant le bassin méditerranéen dans la première moitié du XXe siècle. L’appui fourni au mouvement politique par les puissants syndicats ouvriers ou les mouvements féministes, dans le contexte d’un renouveau de la culture tunisienne, aux plans intellectuel ou musical, contribue à l’affirmation de l’identité nationale qui sera renforcée par les systèmes politiques et éducatifs après l’indépendance.

Ainsi, le mouvement national fut un ensemble composé de groupes très divers mais unis car il était le fait de forces sociales montantes à partir des années 1930 : petite bourgeoisie engagée dans l’économie capitaliste, nouvelles élites « occidentalisées » et classe ouvrière organisée et donc sensible aux revendications sociales.

Bulla Regia

Plan général des vestiges de Bulla Regia

Bulla Regia (arabe : بولا ريجيا) est un site antique situé dans le Nord-Ouest de la Tunisie, plus précisément au lieu-dit anciennement dénommé Hammam-Derradji — ce toponyme fixé par Charles Tissot n’étant plus usité depuis Gilbert Charles-Picard — à 5 kilomètres au nord de Jendouba.

Autrefois placé sur la route reliant Carthage à Hippone, le site a fait l’objet de recherches archéologiques partielles, qui ont cependant permis de mettre en évidence l’ancienneté de l’occupation et de mettre au jour un élément caractéristique de l’architecture domestique à l’époque romaine : la construction d’un étage souterrain reprenant le plan des maisons, particularité posant problème en raison de l’absence d’utilisation de plans similaires dans d’autres régions chaudes de l’Empire romain.

Dougga

Le Capitole de Dougga

Dougga ou Thugga est un site archéologique situé dans la délégation de Téboursouk au nord-ouest de la Tunisie.

L’Unesco a classé ce site sur la liste du patrimoine mondial en 1997, considérant qu’il s’agit de la « petite ville romaine la mieux conservée de l’Afrique du Nord ». La cité, qui se trouve en pleine campagne, est bien protégée de l’urbanisme moderne, contrairement, par exemple, à Carthage, pillée et reconstruite à de nombreuses reprises.

Le site de Dougga est remarquable par sa taille — 70 hectares —, la bonne conservation de ses monuments et la richesse historique de son passé punique, numide, romain et byzantin. Parmi les monuments qui font la renommée de Dougga, se trouvent le mausolée libyco-punique, le Capitole, le théâtre ainsi que les temples de Saturne et de Junon Caelestis.

Équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV

L’équipe d’Afrique du Sud pendant la Coupe du monde de rugby 2007

L’équipe d’Afrique du Sud de rugby à XV est l’équipe qui représente l’Afrique du Sud dans les principales compétitions internationales de rugby à XV.

En raison de son palmarès, elle est considérée comme l’une des meilleures sélections nationales au monde. Au , elle est troisième au classement des équipes nationales de rugby.

Elle porte le surnom de « Springboks » (ou « Springbokke » en afrikaans et « Amabokoboko » en zoulou), du nom des gazelles d’Afrique méridionale, et dispute chaque année le Tri-nations contre les équipes de Nouvelle-Zélande et d’Australie ; elle effectue aussi régulièrement des tournées pour se confronter aux équipes européennes qu’elle affronte tous les quatre ans lors de la coupe du monde de rugby.

Rivale séculaire des All Blacks, l’équipe néo-zélandaise, la sélection sud-africaine a souffert de son isolement. Longtemps mise à l’index en raison de la politique d’apartheid, l’équipe d’Afrique du Sud n’a pas attendu longtemps pour retrouver son rang dans la hiérarchie mondiale. Les Springboks enlèvent en effet le titre de champion du monde à domicile en 1995, titre renouvelé en 2007 en France.

Ahmôsis Ier

Tête d'Ahmôsis portant la couronne blanche de Haute-Égypte.

Ahmôsis Ier (ou Ahmès Ier, Iâhmes Ier ou encore Amosis), dont le nom signifie « Né de Iâh » est un pharaon de l'Égypte antique, fondateur de la XVIIIe dynastie. Il est membre de la maison royale de Thèbes, fils du pharaon Séqénenrê Taâ II et proche parent du dernier pharaon de la XVIIe dynastie, le roi Kamosé. Manéthon lui attribue vingt-cinq années de règne. Il est d'abord roi de Thèbes de -1550/-1549 à -1540, puis de toute l'Égypte jusqu'en -1525/-1524.

Pendant le règne de son père ou grand-père, Thèbes s'était déjà révoltée contre les Hyksôs, souverains étrangers qui régnaient sur la Basse-Égypte. Ahmôsis n'a que sept ans lorsque son père est tué au cours de ce conflit. Après avoir régné trois ans seulement, Kamosé, qui est monté sur le trône de Thèbes, meurt de causes inconnues. Ahmôsis a alors environ dix ans quand il monte à son tour sur le trône. Il prend le nom de Neb-Pehty-Rê lors de son couronnement.

Durant son règne, il poursuit la reconquête du delta du Nil qui s'achève par l'expulsion des Hyksôs. Il restaure la domination thébaine sur l'ensemble de l'Égypte et réaffirme avec succès la puissance égyptienne au-delà de ses frontières. Les anciens territoires de la Nubie et de Canaan sont alors à nouveau sous son contrôle. Il réorganise l'administration du pays, rouvre des carrières, des mines et des routes commerciales et commence de grands projets de construction d'une importance jamais atteinte depuis le Moyen Empire qui aboutissent à l'édification de la dernière pyramide d'Égypte. Le règne d'Ahmôsis Ier jette les bases du Nouvel Empire, durant lequel la puissance égyptienne atteint son apogée.

Grande mosquée de Kairouan

Galerie devant la salle de prière de la mosquée.

La Grande Mosquée de Kairouan (arabe : الجامع الكبير بالقيروان), également appelée mosquée Oqba Ibn Nafi (arabe : جامع عقبة بن نافع) en souvenir de son fondateur, est l’une des principales mosquées de Tunisie située à Kairouan, parfois considérée comme la quatrième ville sainte de l’islam. L’édifice reste le sanctuaire le plus ancien et le plus prestigieux de l’Occident musulman. Il a été classé, avec la ville de Kairouan, au patrimoine mondial de l’Unesco en 1988.

Élevée par Oqba Ibn Nafi al-Fihri à partir de 670 (correspondant à l’an 50 de l’hégire), alors que la ville de Kairouan est fondée, elle est considérée, dans le Maghreb, comme l’ancêtre de toutes les mosquées de la région aussi bien que l’un des plus importants monuments islamiques et un chef-d’œuvre universel d’architecture. D’un point de vue esthétique, la Grande mosquée de Kairouan apparaît comme le plus bel édifice de la civilisation musulmane au Maghreb. Son ancienneté et la qualité de son architecture font d’elle un joyau de l’art islamique. Nombreux sont les ouvrages et les manuels d’art musulman qui font référence à la mosquée…

Histoire de la Colonie du Cap

La Colonie du Cap (coloriée en orange) à son apogée territoriale au début du XXe siècle.

L'histoire de la Colonie du Cap en Afrique du Sud commence en 1488 quand le navigateur portugais Bartolomeu Dias, atteint le Cap de Bonne-Espérance (baptisé Cap des tempêtes) puis lorsqu'en 1497, Vasco de Gama le franchit pour trouver le chemin vers la route des Indes.

Il faut attendre cependant plus d'un siècle avant qu'une puissance européenne n'envisage d'y implanter un établissement permanent.

En mars 1647, les rescapés du naufrage du navire néerlandais le Nieuwe Haarlem sont les premiers Européens à s'installer durablement (et involontairement) en terre sud-africaine. Après avoir été secourus au bout d'une année, certains d'entre eux, à leur retour en Hollande, parviennent à convaincre la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) d'y installer un établissement permanent chargé d'approvisionner les navires de la compagnie.

Histoire de la Rhodésie du Sud

Localisation de la Rhodésie du Sud.

L’histoire de la Rhodésie du Sud correspond à la période durant laquelle le Zimbabwe actuel (alors appelé Rhodésie du Sud) était une colonie britannique de 1890 jusqu'à l’indépendance du pays en 1980.

Les premières incursions portugaises au XVIe siècle en Afrique australe n’ayant pas abouti à l’établissement de zones de peuplement européen, ce n’est qu’avec la « découverte » par l’explorateur britannique David Livingstone des chutes Victoria en 1855 puis avec les explorations de Frederick Courtney Selous dans les années 1870 que les Britanniques commencent à s’intéresser à cette partie enclavée de l’Afrique.

La Rhodésie doit son nom et son existence politique et géographique à l’ambitieux homme d’affaires britannique Cecil Rhodes.

Éducation au Mali

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Le système éducatif malien, hérité de la colonisation française mais dont les objectifs ont été redéfinis sous la présidence de Modibo Keïta connaît une profonde évolution ces quinze dernières années avec l’augmentation de la scolarisation des enfants. Le taux brut de scolarisation en 2001/2002 était de 64% (75 % pour les garçons, 54 % pour les filles).

Malgré une politique faisant appel au secteur privé et une implication importante des ONG, le système éducatif malien reste confronté à de nombreuses difficultés : retard dans la scolarisation des filles, manque de moyens (infrastructures, manuels scolaires, personnel) dû notamment aux restrictions budgétaires imposées par les institutions internationales, classes surchargées, abandons fréquents.

A côté du système classique se développent d’autres formes de scolarisation comme les clos d’enfants pour les plus jeunes ou les médersas.

Lac Victoria

Le lac Victoria vu depuis l'espace.

Le lac Victoria ou Nyanza (encore appelé lac Ukéréoué - Ukerewe -, ou Nalubaale) est le plus grand lac d'Afrique et (selon les sources) le quatrième ou le deuxième au monde en superficie avec 68 100 km2. Il doit son nom à l'explorateur britannique Speke qui fut en 1858 le premier Européen à l'atteindre, et qui le baptisa en l'honneur de la Reine Victoria.

Situé en Afrique de l'Est, au cœur d'une zone densément peuplée, il est bordé par le Kenya au nord-est, l'Ouganda au nord et au nord-ouest et la Tanzanie au sud, sud-ouest et sud-est. Occupant une dépression encadrée par les deux branches de la vallée du grand rift, il est la source du Nil Blanc, le plus long affluent du Nil.

Traversé par l'équateur, le lac Victoria est peuplé d'une faune et d'une flore tropicale variée mais menacée par la surexploitation des ressources naturelles et la destruction des milieux.

Société de limonaderies et brasseries d'Afrique

Brasserie Solibra à Abidjan, Côte d'Ivoire

La Société de limonaderies et brasseries d'Afrique (SOLIBRA) est une société anonyme de droit ivoirien créée en 1955 sous l’appellation « Société de limonaderies et glaces d’Abidjan » (SOCIGLACE) et alors spécialisée dans la fabrication de boissons gazeuses et de glace. Elle prend son nom actuel en 1958 lorsqu’elle s’assure le concours de la société anonyme « Brasserie Artois » (plus importante brasserie de Belgique) et ouvre ses activités au marché de la bière en Côte d’Ivoire.

Depuis 1994, la Société de limonaderies et brasseries d’Afrique a été rachetée par le groupe BGI (Brasseries et glacières internationales, filiale du Groupe Castel).

La Solibra, qui a un capital de 4 110 000 000 FCFA au , est cotée à la bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM) où elle a obtenu le 3e prix Palmes BRVM de l’édition 2006.

Abidjan

Le Plateau et la Lagune Ébrié, la nuit, vus de la Pyramide

Abidjan est la capitale économique de la Côte d’Ivoire, dont la capitale administrative et politique est Yamoussoukro, et la ville la plus peuplée de l’Afrique de l’Ouest francophone. Elle compte, selon les autorités du pays, en 2006, 5 068 858 habitants pour l’agglomération, et 3 796 677 habitants pour la ville, soit 20 % de la population totale du pays. Seule Lagos, l’ancienne capitale anglophone du Nigeria la dépasse en nombre d’habitants dans cette région.

Considérée comme le carrefour culturel Ouest africain voire africain, Abidjan connaît une perpétuelle croissance caractérisée par une forte industrialisation et une urbanisation galopante.

Boundiali

Des flamboyants dans la rue principale de Boundiali

Boundiali est une ville de Côte d’Ivoire, chef-lieu du département du même nom depuis 1974, dans la Région des Savanes au nord de la Côte d’Ivoire. La ville est située entre Korhogo et Odienné. Outre Boundiali, le département comprend les sous-préfectures de Ganaoni, Kouto, Gbon, Kolia, Kasséré, Sianhala et Siempurgo.

La ville a une population estimée à 41 000 habitants qui sont appelés les « Boundialikas ». Il s’agit essentiellement de Malinkés venus des pays voisins que sont le Mali, la Guinée et le Burkina Faso et de Sénoufos, respectueux d’une tradition matrilinéaire, qui sont installés dans la région depuis le XIXe siècle. Des populations Peuls, peuple nomade, sont également installées dans des campements autour de la ville.

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William Tubman

William Tubman, de son nom complet William Vacanarat Shadrach Tubman (né le à Harper au Libéria – mort le à Londres), est un homme politique d’origine américano-libérienne, président de la République du Liberia de 1944 jusqu'à sa mort en 1971.

Considéré comme le « père du Libéria moderne », sa présidence est marquée par l’afflux d’investissements étrangers dans son pays et par sa modernisation. Le Libéria connaît alors une certaine prospérité. Il mena également une politique d’unité nationale dans le but de réduire les écarts sociaux et politiques entre Américano-Libériens et les Libériens autochtones. Toutefois, au fur et à mesure de ses années au pouvoir, sa manière de gouverner devint de plus en plus dictatoriale.

Jean-Hilaire Aubame

Jean-Hilaire Aubame

Jean-Hilaire Aubame ( à Libreville à Libreville) fut un important homme politique gabonais.

Membre de la France libre et collaborateur du gouverneur-général de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), Félix Éboué, Aubame est élu en 1946 député du Gabon à l’Assemblée nationale française. Il se consacre alors tout entièrement à la recherche de solutions concernant les problèmes des populations africaines.

Lors de l’indépendance du Gabon, en démocrate convaincu, Aubame prône l'instauration d’un régime parlementaire face au chef de l’État Léon Mba, tenant d’un régime présidentiel fort. Ce dernier l’emporte finalement et se laisse entraîner dans une dérive dictatoriale. Malgré son rôle de chef de l’opposition, Aubame accepte de devenir ministre des Affaires étrangères en 1961. Mais en 1963, Léon Mba, qui n’a plus besoin de lui, décide de l’éliminer. Porté au pouvoir en 1964 par un putsch qu’il n’a pas souhaité, Jean-Hilaire Aubame devient l'éphémère chef d'un gouvernement provisoire que les Français s'empressent de renverser militairement afin de rétablir Léon Mba.

Yamoussoukro

La gare routière et la Basilique de Yamoussoukro.

Yamoussoukro, ville de 200 659 habitants, située à 240 kilomètres au nord d'Abidjan, est la capitale administrative de la Côte d'Ivoire, la capitale économique du pays étant Abidjan.

Elle comptait environ 155 803 habitants en 1998. Il s'agit de la 4e ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire après Abidjan, Bouaké et Gagnoa et devant Korhogo. Le village de N'Gokro a été rebaptisé Yamoussoukro en hommage à la reine Baoulé, Yamoussou, le suffixe Kro signifiant village en langue Baoulé.

Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire

Le territoire controlé par les rebelles en mai 2005.

La crise politico-militaire en Côte d'Ivoire commence le , un début de solution se profile le avec la signature de l’Accord de Linas-Marcoussis. Cependant, une brusque crispation en novembre 2004 remet en cause toutes les avancées obtenues. Une promesse de règlement final se dessine enfin avec la signature de l’Accord politique de Ouagadougou le .

Le 19 septembre 2002, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle des villes d'Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ils échouent dans leur tentative de prendre Abidjan mais sont victorieux dans les deux autres villes, respectivement dans le centre et le nord du pays.

La rébellion qui prendra plus tard le nom de "Forces Nouvelles" occupe progressivement la moitié nord du pays le coupant ainsi en deux zones géographiques distinctes : le sud tenu par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN).

Thermes d'Antonin de Carthage

Ruines des thermes d’Antonin

Les thermes d'Antonin, situés à Carthage (Tunisie), sont le plus vaste ensemble thermal romain construit sur le sol africain. C'est aussi le seul bâtiment thermal de Carthage dont il subsiste quelques vestiges, en dépit de la prédation féroce qui a sévi sur le site archéologique et dépouillé le monument de ses matériaux.

Même si le bâtiment constitue l'ensemble thermal le plus important construit à Carthage, et le « plus grand édifice balnéaire du monde provincial, à l'image de la mégapole carthaginoise », il n'était pas le seul. Cependant, aucune partie en élévation ne subsiste de la dizaine d'autres édifices du même type ayant pu exister et dont la localisation est incertaine ou inconnue, en particulier les thermes dits de Gargilius, attestés par les textes mais non reconnus avec certitude sur le terrain.

Des installations d'origine ne subsistent plus que quelques vestiges du rez-de-chaussée, constitué des espaces de service, situés à proximité du rivage de Carthage. En effet, le site a servi de carrière de pierres pendant des siècles afin d'édifier de nombreux monuments, tant à Tunis que dans de nombreuses villes du nord du bassin méditerranéen comme Pise, sa proximité du rivage ayant aggravé la prédation. Abdelmajid Ennabli et Hédi Slim ont pu dire de l'édifice qu'il n'était plus qu'« un colosse abattu et dépouillé de presque tous ses éléments tant architecturaux qu'ornementaux »...

Oued Merguellil

Bassins des Aghlabides à Kairouan, partiellement alimentés par un système de drainage des eaux du Merguellil.

L’oued Merguellil (وادي مرق الليل) est un oued qui coule dans le centre de la Tunisie, plus précisément à l’ouest de la ville de Kairouan.

Généralement à sec durant une bonne partie de l’année, il draine les précipitations touchant la dorsale tunisienne aux côtés des oueds Zeroud et Nebhana ; il figure ainsi parmi les principaux cours d'eau qui débouchent dans la plaine de Kairouan. Durant les mois humides, il irrigue cette importante région agricole où la nappe phréatique joue un grand rôle.

Longtemps source de crues dévastatrices, il a été maîtrisé au cours du XXe siècle par la construction de divers aménagements de protection, dont le barrage d’El Haouareb, ce qui n’est pas toutefois sans impact sur l’équilibre de l’environnement régional en termes de gestion de l'eau et d’érosion.

Abou el Kacem Chebbi

Portrait d'Abou el Kacem Chebbi portant une chéchia à l’âge de 17 ans.

Abou el Kacem Chebbi (arabe : أبو القاسم الشابي), également orthographié Aboul Kacem Chabbi ou Aboul-Qacem Echebbi, né probablement le à Tozeur et mort le à Tunis, est un poète tunisien d’expression arabe considéré par Abderrazak Cheraït comme le poète national de la Tunisie.

Très jeune, Chebbi voyage à travers la Tunisie. En 1920, il entre à la Zitouna où il connaît de difficiles conditions de vie. En parallèle à l’écriture de ses poèmes, il participe aux manifestations anti-zitouniennes qui agitent alors Tunis. Ayant terminé ses études, il commence à fréquenter des cercles littéraires et, le 1er février 1929, tient une conférence à la Khaldounia avec pour sujet l’imagination poétique chez les Arabes. Il y critique la production poétique arabe ancienne et cette conférence, bien qu’elle déclenche dans tout le Proche-Orient des réactions violentes à son encontre, participe au renouvellement de la poésie arabe. Mais son père meurt en septembre de la même année et, en janvier 1930, Chebbi veut donner à nouveau une conférence qui soit à la hauteur de celle de la Khaldounia. Toutefois, celle-ci est boycottée par ses adversaires, ce qu’il ressent comme un véritable échec. Sa santé, déjà fragile, se dégrade encore considérablement et il meurt subitement à l’âge de vingt-cinq ans.

Abderrazak Cheraït considère Abou el Kacem Chebbi comme « l’un des premiers poètes modernes de Tunisie ». Ses poèmes apparaissent dans les plus prestigieuses revues de Tunisie et du Moyen-Orient. Fortement influencé par le romantisme européen du XVIIIe et XIXe siècles, Chebbi, qu’on a pu surnommer « le Voltaire arabe », se penche sur des thèmes comme la liberté, l’amour et la résistance, notamment dans son fameux Ela Toghat Al Alaam qui s’adresse « aux tyrans du monde » et qu’il écrit en plein protectorat français de Tunisie.

Drapeau de la Tunisie

Drapeau de la Tunisie depuis 1999

Le drapeau de la Tunisie (علم تونس) est majoritairement rouge et comporte, en son milieu, un cercle blanc où figure un croissant rouge qui entoure une étoile à cinq branches. Le 20 octobre 1827, Hussein II Bey décide de sa création qui est effective en 1831. Il reste officiel durant le protectorat français et la Constitution du 1er juin 1959 lui confirme la fonction de drapeau national de la République tunisienne. Mais il faut attendre le 30 juin 1999 pour que ses proportions et ses motifs soient clairement précisés au niveau de la loi.

Traite musulmane

Le marché aux esclaves par Jean-Léon Gérôme

La traite musulmane désigne un épisode de traite des Noirs, d’êtres humains considérés comme des esclaves au Moyen Âge par, soit les routes terrestres à travers les déserts du Maghreb et du Machrek d’une part (itinéraire transsaharien), soit les routes maritimes à l’est de l’Afrique (mer Rouge et océan Indien) d’autre part (itinéraire oriental), vers un territoire qui déborde de l’aire arabe et qui, à son apogée, s’étend sur trois continents, de l’océan Atlantique (Maroc, Espagne) à l’Inde et l’est de la Chine.

Les négriers n'étaient pas exclusivement musulmans, ni Arabes : Persans, Berbères, Indiens, Chinois et Noirs eux-mêmes ont participé à ces entreprises, à divers degrés. L’historien Olivier Pétré-Grenouilleau a avancé le chiffre de dix-sept millions de Noirs réduits à l’esclavage. Zanzibar, au large de l’actuelle Tanzanie était une plaque tournante de la traite orientale. Ce pays n’abolira l’esclavage qu'en 1897. Bien qu’antérieure à l’irruption des Européens sur le continent africain, la traite vers l’océan Indien et la Méditerranée et le passé négrier des Arabes ne doivent pas conduire à minimiser la traite transatlantique.

Droits de l'enfant au Mali

Jeune fille dansant au son du balafon dans un village du Mali.

Les droits de l'enfant sont une priorité politique affichée au Mali, où la moitié de la population a moins de 18 ans. Ainsi, la constitution adoptée en 1992 proclame dans son préambule la détermination du peuple malien « à défendre les droits de la femme et l'enfant ». Le Mali a coprésidé le Sommet mondial sur les enfants en 1990 et a été l’un des premiers pays à avoir ratifié la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a également ratifié les principaux instruments internationaux comme ceux de l’Organisation internationale du travail. Cependant, les politiques publiques menées pour la protection et la promotion des droits de l’enfant se heurtent à de nombreux obstacles : pauvreté, analphabétisme, persistance de pratiques coutumières, manque de moyens de l’État et des collectivités territoriales. Malgré les différents programmes mis en œuvre et l’investissement de la société civile et des organisations non gouvernementales maliennes ou étrangères, la situation des enfants reste difficile dans plusieurs domaines : accès à la santé, éducation ou encore travail des enfants.

Équipe du Front de libération nationale algérien de football

Équipe du FLN de football en 1974.

L'équipe du FLN de football (arabe : فريق جبهة التحرير الوطني لكرة القدم ), surnommée aussi le onze de l’indépendance est une formation constituée principalement de joueurs professionnels qui évoluent en France métropolitaine avant de rejoindre le mouvement indépendantiste algérien du Front de libération nationale (FLN), et de l’aider en organisant entre autres des matchs de football.

L’équipe est fondée le . Le rôle de cette équipe est avant tout psychologique pour montrer aux Français de Métropole que même des footballeurs professionnels s’impliquent dans cette cause, quitte à renoncer à leur statut. Les autorités françaises obtiennent facilement la non-reconnaissance de cette équipe par la FIFA. Malgré cette interdiction de jouer, l’équipe du FLN signe une tournée mondiale d’environ quatre-vingts rencontres, notamment en Europe, en Asie et en Afrique. Ces matchs sont largement exploités par la propagande indépendantiste. L’équipe existe de 1958 à 1962, laissant place en 1963 à son successeur légitime l’Équipe d’Algérie de football.

Afrique romaine

Mosaïque dite de Virgile et les Muses.

Rome compte en Afrique jusqu'à huit provinces différentes (d'est en ouest) : la Tripolitaine, la Byzacène, l'Afrique Proconsulaire, la Numidie Cirtéenne, la Numidie militaire, la Maurétanie Césarienne, la Maurétanie Sitifienne et la Maurétanie Tingitane.

L'Afrique romaine fait souvent l'objet d'une étude d'ensemble par les historiens et les archéologues, malgré de très fortes disparités régionales et de grandes ruptures chronologiques dans les huit siècles de son histoire. Les deux grandes problématiques historiques concernant ces provinces sont actuellement la question de leur romanisation et celle de leur christianisation. L'« Afrique romaine » désigne ainsi soit les terres d'Afrique dominées par Rome, soit la part romanisée de l'Afrique.

L'Afrique romaine s'étend d'est en ouest, de la Petite Syrte aux côtes atlantiques de l'actuel Maroc. Les provinces de Cyrénaïque et d'Égypte ne sont pas incluses dans l'ensemble régional, car ces deux provinces reçoivent un traitement à part dans les sources antiques. Géographiquement, des déserts les séparent du reste de l'Afrique du nord, tandis que Tripolitaine et Leptis Magna sont dans la continuité territoriale de l’Afrique du Nord. Culturellement, elles sont dans l'aire hellénistique, clairement distinguée de la zone punique puis romaine. Enfin, administrativement, l'Égypte a toujours été un cas à part dans l'Empire romain, et la Cyrénaïque a été plusieurs fois rattachée à la Crète, terre habitée la plus proche.

Aldabra

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Aldabra, aussi appelé Aldabran, atoll d'Aldabra ou encore îles Aldabra, est un atoll des Seychelles dans l'Ouest de l'océan Indien. Il fait partie du groupe d'Aldabra dans les îles Extérieures. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco en 1982, l'atoll constitue une réserve naturelle stricte et un site Ramsar. Il cumule plusieurs faits notables : c'est le plus grand atoll surélevé au monde, il est le principal lieu de nidification de l'océan Indien pour la tortue verte, il abrite la plus grande population de tortues géantes des Seychelles, la plus grande colonie de phaétons à brins rouges et d'importantes colonies de frégates ariel et de frégates du Pacifique. Son isolement et l'absence d'occupation et d'activités humaines pérennes ont permis aux espèces animales et végétales de développer un certain endémisme tel le râle de Cuvier, la dernière espèce d'oiseaux ne pouvant voler des îles de l'océan Indien occidental.

Habité un temps par quelques travailleurs pour la pêche et la culture du sisal, du ricin commun et des noix de coco, Aldabra n'a jamais pu accueillir de population humaine de manière pérenne en raison de l'inhospitalité de ses îles, notamment leur aridité et le manque d'eau douce. Ses seuls visiteurs sont représentés par des pêcheurs croisant dans ses eaux, du personnel de la réserve naturelle, des scientifiques venus étudier les différents écosystèmes de l'atoll et des touristes dont le séjour est encadré par des gardes de la réserve naturelle.

Alexandre le Grand

Buste d’Alexandre - IIe – Ier siècles av. J.-C., British Museum.

Alexandre le Grand (en grec ancien : Ἀλέξανδρος ὁ Μέγας / Aléxandros ho Mégas ou Μέγας Ἀλέξανδρος / Mégas Aléxandros) ou Alexandre III de Macédoine (Ἀλέξανδρος Γ' ὁ Μακεδών / Aléxandros III ho Makedốn), né le à Pella et mort le à Babylone, est un roi de Macédoine et l'un des personnages les plus célèbres de l'Antiquité. Fils de Philippe II, élève d'Aristote et roi de Macédoine à partir de 336, il devient l'un des plus grands conquérants de l'histoire en prenant possession de l'immense Empire perse et en s'avançant jusqu'aux rives de l'Indus.

Après l'assassinat de Philippe, Alexandre hérite d'un royaume puissant et d'une armée macédonienne expérimentée. Reprenant le projet panhellénique de son père, il réunit la Macédoine et des cités grecques dans une coalition afin d'envahir l'Empire perse. En 334, il débarque en Asie, démarrant une campagne qui durera dix ans. Il remporte une première victoire contre les satrapes perses au Granique qui lui offre l'Anatolie. Puis en 333, il défait le roi Darius III à Issos. Il entreprend ensuite la conquête de la Phénicie et marche jusqu'en Égypte où il est proclamé pharaon. La victoire à Gaugamèles en 331 lui offre la totalité de l'Empire perse. Il mène ensuite une campagne contre les généraux perses insoumis et s'avance jusqu'au pays des Scythes. Il dirige enfin une dernière campagne au Pendjab et dans la vallée de l'Indus (Pakistan actuel) durant laquelle il remporte la bataille de l'Hydaspe ; mais en 326 ses soldats refusent d'avancer plus loin. Il meurt en 323 à Babylone probablement de maladie, à l'âge de trente-deux ans, avant d'avoir pu mener ses projets de conquête de la péninsule arabique.

Roi-bâtisseur, Alexandre a fondé près d'une vingtaine de cités, la plus importante étant Alexandrie d'Égypte, et implante des colonies jusqu'aux confins de l'Asie, étendant notablement l'influence de l'hellénisme. Il se place dans la continuité des souverains achéménides et cherche à assimiler les élites asiatiques avec pour objectif d'assurer la pérennité de l'empire qu'il a créé, comme en témoigne son mariage avec une princesse de Bactriane, Roxane. Son empire est partagé à sa mort entre ses principaux généraux, les Diadoques, qui forment à la fin du IVe siècle av. J.-C. les différents royaumes de la période hellénistique.

L'immense postérité d'Alexandre à travers l'histoire, les cultures et les religions s'explique par l'ampleur de ses victoires militaires, par sa volonté de conquête de l'ensemble du monde connu et par sa personnalité emprunte de philosophie mais aussi de démesure. Son épopée suscite dès l'Antiquité de nombreuses publications littéraires. Néanmoins les écrits des historiens contemporains des événements ont tous disparu ; seuls subsistent de nos jours leurs abréviateurs, dont certains sont à l'origine des légendes le concernant. Parmi ses récits légendaires, le Roman d'Alexandre occupe une place à part ; issu des écrits du Pseudo-Callisthène, il mêle l'histoire et le fantastique pour devenir l'un des ouvrages non religieux les plus lu au Moyen Âge, en Occident comme en Orient.

Dès le règne d'Alexandre se construit un mythe qui le présente comme un héros divinisé. Cette renommée, malgré des critiques eu égard à ses excès ou à sa cruauté, dépasse ensuite les frontières du monde grec pour prendre place parmi les écrits des religions monothéistes. Dans la Rome antique, il est considéré comme un modèle pour nombre de généraux et d'empereurs. Dans l'Empire byzantin, il bénéficie d'une grande popularité dans tous les milieux sociaux et représente l'idéal du souverain, tout en connaissant une forme de christianisation. Dans l'Europe médiévale, il est vu comme un exemple de vertus chevaleresques au travers du Roman d'Alexandre. À l'époque moderne, il est un temps un modèle pour Louis XIV. Au siècle des Lumières, il apparaît comme celui qui a étendu la civilisation européenne et ouvert le commerce entre l'Europe et l'Asie. À l'époque contemporaine, il inspire la volonté d'indépendance des Grecs et devient le modèle du « conquérant-civilisateur » pour les promoteurs de la colonisation européenne. En Orient, il bénéficie encore de nos jours d'une grande postérité sous le nom d'Iskandar (ou Iskander). Enfin, il est représenté dans de nombreuses œuvres d'art de l'Antiquité jusqu'à nos jours.

Amenhotep Ier

Tête d'Amenhotep Ier conservée au Museum of Fine Arts de Boston.

Amenhotep Ier, « Amon est satisfait » (ou Aménophis selon le nom grec) est le deuxième souverain de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). Il est le fils d’Ahmôsis Ier et d’Ahmès-Néfertary, mais ayant au moins un frère aîné, Ahmosé-Ânkh, on ne s'attendait pas à son accession au trône. Cependant, durant les huit dernières années du règne d’Ahmôsis Ier, son frère meurt et Amenhotep devient le prince héritier. Il accède ensuite au trône et règne pendant environ 21 ans.

Manéthon, dans la version de Flavius Josèphe, l’appelle Amenophis et lui compte vingt ans et sept mois de règne, ce qui semble effectivement en avoir été la durée. On situe son règne aux alentours de -1525 / -1524 à -1504 / -1503.

Bien que son règne soit mal documenté, il est possible de reconstituer son histoire sur la base des preuves disponibles. Il hérite du royaume formé par les conquêtes militaires de son père et maintient sa position dominante sur la Nubie et le delta du Nil, mais n'a probablement pas tenté de garder le pouvoir au Levant. Il continue à reconstruire les temples de la Haute-Égypte et révolutionne la conception du complexe funéraire en séparant sa tombe de son temple funéraire, qui fixe une tendance qui se maintiendra tout au long du Nouvel Empire. Après sa mort, il est divinisé comme un dieu protecteur de Deir el-Médineh.

Fantasia (Maghreb)

Fantasia à Mostaganem.

La fantasia désigne différents spectacles équestres traditionnels simulant des assauts militaires, pratiqués essentiellement au Maghreb, où elle est appelée « jeu de la poudre » ou « jeu des chevaux ».

Elle prend le plus souvent la forme d’évolutions équestres au cours desquelles des cavaliers, munis de fusils à poudre noire et chevauchant des montures richement harnachées, simulent une charge de cavalerie dont l’apothéose est le tir coordonné d’une salve de leurs armes à feu. Elle peut en outre, selon les régions, être exécutée à dos de dromadaire ou à pied.

Héritière de l’art équestre arabo-turco-berbère, sa pratique est attestée depuis le xvie siècle. Signalée à la fin du xviiie siècle par les témoignages de voyageurs au Maghreb, elle sera formellement connue, et prendra ce nom de fantasia, dès 1832, grâce à Eugène Delacroix et les tableaux qu’il en fait. Elle deviendra ensuite l’un des sujets de prédilection des peintres orientalistes les plus illustres, tels qu’Eugène Fromentin ou Marià Fortuny.

La fantasia accompagne le plus souvent les fêtes importantes (mariages, naissances, fêtes religieuses, etc.), même si l’aspect touristique l’emporte largement de nos jours.

Formica Leo

Le Formica Leo vu depuis le rempart de Bellecombe.

Le Formica Leo est un petit cône volcanique adventif du Piton de la Fournaise, le volcan actif de l’île de La Réunion, un département d’outre-mer français dans l’océan Indien. Il est situé au cœur du massif du Piton de la Fournaise sur le fond de la caldeira appelée Enclos Fouqué et en contrebas du passage de montagne nommé Pas de Bellecombe, le site naturel le plus touristique de l’île. D’une vingtaine de mètres de hauteur relative, il y culminerait, d’après les cartes de l’Institut national de l'information géographique et forestière, à 2 218 mètres d’altitude.

Si l’on en croit Honoré de Crémont, qui fut ordonnateur de Bourbon, le Formica Leo s’est formé sous les yeux du chasseur d’esclaves Jean Dugain lors d’une éruption volcanique exceptionnelle en 1753 mais n’a été approché pour la première fois que le lorsque Joseph Hubert a effectué la première traversée documentée de l’Enclos après être descendu le long du rempart de Bellecombe. Selon Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, botaniste voyageur à l’origine de sa première description scientifique connue, c’est ce même savant qui a ensuite baptisé le petit cône en se référant au fourmi-lion, un insecte dont le nom scientifique aurait pu être Formica-leo.

Surmonté par deux petits cratères volcaniques presque circulaires, le Formica Leo rappelle toujours, de par sa forme actuelle, le piège du névroptère. Cependant, il est soumis à une importante érosion due au nombre élevé de randonneurs qui gravissent tous les jours ses pentes composées de scories rougeâtres depuis les sentiers voisins, lesquels sont très fréquentés. Attractif et accessible, le petit cône aux teintes changeantes constitue en effet une icône du tourisme à La Réunion.

Histoire de Carthage

Masque carthaginois du VIIe-VIe siècle av. J.-C., Musée du Louvre

L'histoire de Carthage n'est guère facile à étudier du moins dans sa composante phénico-punique en raison de son assujettissement par les Romains à la fin de la troisième guerre punique en 146 av. J.-C. Il ne reste en effet que peu de sources primaires carthaginoises et celles disponibles posent davantage de questions qu'elles n'aident à la compréhension de l'histoire de la ville qui se posa en rivale de Rome.

Certains textes puniques ont été traduits en grec ou en latin, comme des inscriptions sur des monuments d'Afrique du Nord. Cependant, la majorité des sources reste disponible par le biais d'auteurs grecs et romains : Tite-Live, Polybe, Appien, Cornélius Népos, Silius Italicus, Plutarque, Dion Cassius et Hérodote. Ces auteurs proviennent de cultures souvent en rivalité avec Carthage : les Grecs lui disputèrent la suprématie en Sicile et les Romains entrèrent en guerre contre la cité. Ces sources rédigées par des étrangers ne sont donc pas toujours dénuées de préjugés. Toutefois, des excavations récentes ont mis au jour des sources primaires plus fiables, même si elles restent insuffisantes ; le produit de certaines fouilles confirme des aspects de la vie à Carthage telle que la décrivaient les auteurs anciens, mais d'autres non, beaucoup de découvertes restant encore peu probantes...

L'Âme de la France

L'Âme de la France en bronze dans son cadre actuel à Hell-Bourg, sur fond de montagnes et entourée de fanjans.

L’Âme de la France est le nom donné par le sculpteur français Carlo Sarrabezolles à trois statues monumentales identiques qu’il a réalisées dans trois matériaux différents durant l’entre-deux-guerres, la première en plâtre en 1921, la deuxième en pierre en 1922 et la dernière en bronze en 1930. D’une hauteur de 3,20 mètres, elles représentent une guerrière aux seins nus levant les bras vers le ciel.

Réalisée à partir du premier des trois modèles, la sculpture la plus récente est actuellement installée sur un piédestal à l’entrée d’Hell-Bourg, dans les Hauts de l’île de La Réunion, département d’outre-mer de l’océan Indien. Elle a été offerte par le député Lucien Gasparin à la commune de Salazie en 1931 et a depuis lors traversé l’histoire réunionnaise d’une façon irrégulière.

Oran

Vue d'Oran depuis l'Aïdour.

Oran ( en arabe :وهران, en berbère : Wahran), surnommée « la radieuse » (الباهية en arabe El Bahia), est la deuxième ville d'Algérie et une des plus importantes du Maghreb. Oran a su préserver son identité tout en s'imprégnant de l’influence de ses occupants successifs. C’est une ville portuaire de la Méditerranée, au nord-ouest de l'Algérie, et le chef-lieu de la wilaya du même nom, en bordure du golfe d’Oran.

La ville est située au fond d’une baie ouverte au nord et dominée directement à l'ouest par la montagne de l'Aïdour, d'une hauteur de 420 m, ainsi que par le plateau de Moulay Abdelkader al-Jilani. L'agglomération s’étend de part et d’autre du ravin de l’oued Rhi, maintenant couvert.

Située à 432 km de la capitale Alger, la commune comptait 685 000 habitants en 2007, tandis que l’agglomération en comptait environ 1 235 000. La ville est un pôle économique et universitaire important.

République du Bouregreg

Localisation de la République du Bouregreg sur la côte marocaine.

L'éphémère République du Bouregreg, connue aussi sous le nom de République de Salé, fut une république maritime qui a existé à l'embouchure du fleuve Bouregreg, de 1627 à 1668. Elle était formée des trois cités : Salé, Rabat et la Kasbah (aujourd'hui quartier de Rabat), où siégeait le diwan. Le développement de ces deux dernières cités, situées sur la rive gauche de l'embouchure du Bouregreg, est à l'origine de l'actuelle ville de Rabat, appelée alors « Salé-le-Neuf ».

On appelle également parfois ce petit État République des pirates du Bou Regreg, car il s'agissait effectivement d'une association de pirates. Née de l'arrivée des musulmans (habitants d'Hornachos tout d'abord, puis Morisques andalous) expulsés par décision du roi d'Espagne, cette communauté de pirates, à l'abri des attaques derrière les hauts-fonds protégeant l'entrée de l'embouchure du Bouregreg, prospéra en attaquant des navires et en effectuant des raids jusqu'en Cornouailles, et même en Islande. Elle laisse au Royaume-Uni le souvenir des Sallee Rovers (« les écumeurs des mers de Salé »), comme en témoignent les aventures de Robinson Crusoé, captif des corsaires de Salé.

Tournée de l'équipe de France de rugby à XV en 1958

Le président de la fédération sud-africaine, Danie Craven.

L’équipe de France de rugby à XV en tournée en 1958 est la première équipe de rugby à XV représentant la France à se déplacer dans l’hémisphère Sud dans une nation du Commonwealth. Elle effectue une tournée en Afrique du Sud en 1958 et termine invaincue en test match avec une victoire et un match nul.

Les Springboks — surnom de l’équipe d’Afrique du Sud — affrontent les Français dans une série historique pour les Bleus — surnom de l’équipe française — pourtant handicapés par plusieurs absences. Lors du premier test match, la sélection française obtient un match nul 3-3. La tournée est un succès complet car le , l’équipe de France remporte sa première victoire par 9-5 face aux Springboks lors du second test match à l’Ellis Park de Johannesburg, sous la conduite de Lucien Mias, le Docteur Pack. L’équipe de France démontre alors qu’elle peut rivaliser avec les meilleures équipes au monde. Ces bons résultats préfigurent les succès à venir dans le Tournoi des cinq nations.

Économie de la République démocratique du Congo

Taux de croissance du PIB et volume de PIB par habitant

La structure économique de la République démocratique du Congo est comparable à celle des autres pays de l'Afrique centrale, mais son économie est handicapée par les guerres civiles qui ont ravagé le pays. Avec une croissance de 8,2 % en 2008 et de 2,7 % en 2009, la RDC a ensuite été l'un des pays d'Afrique les plus touchés par la crise de 2008-2009.

Île Europa

Vue satellite de l'île Europa.

L'île Europa est une petite île tropicale de l'océan Indien d'un peu moins de 30 km2 située dans le sud du canal du Mozambique.

Ce territoire, français depuis 1896, fait partie avec l'île Juan de Nova, l'atoll Bassas da India, l'île Tromelin et les îles Glorieuses de l'ensemble appelé îles Éparses, incorporé depuis la loi ordinaire du aux Terres australes et antarctiques françaises. Europa est cependant revendiquée par la République de Madagascar.

Île à la végétation naturelle variée et bien préservée, c'est un véritable refuge pour une faune sauvage abondante. Europa est notamment l'un des principaux sites mondiaux de reproduction des tortues vertes. Mais c'est une île inhospitalière pour les hommes, dépourvue d'eau douce, habitée par des nuées de moustiques et cernée par des bancs de requins. Des tentatives de colonisation ont pourtant eu lieu à plusieurs reprises entre 1860 et les années 1920.

La France entretient une présence permanente sur l'île depuis 1950 avec des personnels civils ou militaires relevés régulièrement.

Bataille de Navarin

La bataille de Navarin peinte par Ambroise Louis Garneray.

La bataille de Navarin est une bataille navale qui s’est déroulée le , dans la baie de Navarin (ouest du Péloponnèse) entre la flotte ottomane et une flotte franco-russo-britannique dans le cadre de l’intervention de ces trois puissances lors de la guerre d’indépendance grecque. À l’issue des combats, la défaite ottomane est totale.

La bataille de Navarin est considérée comme la dernière grande bataille navale de la marine à voile, avant l’avènement des navires à vapeur, des cuirassés et des obus, mais aussi comme une étape décisive vers l’indépendance de la Grèce et comme l’une des premières « interventions humanitaires » de l’histoire.

Par le traité de Londres du , la France, le Royaume-Uni et la Russie étaient convenus d’intervenir entre les belligérants de la guerre d’indépendance grecque pour faire cesser les « effusions de sang ». Une flotte tripartite, commandée par Edward Codrington, Henri de Rigny et Login Van Geiden fut envoyée dans ce but. Après avoir réussi à empêcher divers affrontements, les amiraux décidèrent de faire une démonstration de force dans la baie de Navarin où se trouvait la flotte ottomane, composée de navires égyptiens, turcs et tunisiens. Celle-ci était ancrée dans une disposition destinée à impressionner la flotte des puissances qu’elle attendait. Des coups de feu tirés d’un navire ottoman, avant que tout ordre ait été donné en ce sens, entraînèrent une bataille qui n’était prévue par aucun des deux adversaires.

Malgré leur infériorité numérique, les navires des puissances étaient largement supérieurs à leurs adversaires. Dans un combat qui se déroula pratiquement à l’ancre et à bout portant, leurs artilleurs firent des ravages dans la flotte ottomane. Les plus petits navires de la flotte des puissances, qui ne s’ancrèrent pas, remplirent avec succès leur mission de neutraliser les brûlots, l’arme ottomane la plus redoutable, ce qui aida à la victoire finale.

Sans perdre un seul navire, mais après avoir subi d’importants dégâts, la flotte franco-russo-britannique détruisit une soixantaine de navires ottomano-égyptiens, provoquant un véritable carnage.

Code du statut personnel (Tunisie)

Portrait de Tahar Haddad : figure inspiratrice du CSP

Le Code du statut personnel (CSP) (مجلة الأحوال الشخصية) consiste en une série de lois progressistes tunisiennes, promulguées le 13 août 1956 par décret beylical puis entrées en vigueur le 1er janvier 1957, visant à l’instauration de l’égalité entre l’homme et la femme dans nombre de domaines. Le CSP est l’un des actes les plus connus du Premier ministre et futur président Habib Bourguiba près de cinq mois après l’indépendance de son pays.

Il donne à la femme une place inédite dans la société tunisienne et dans le monde arabe en général, abolissant notamment la polygamie, créant une procédure judiciaire pour le divorce et n’autorisant le mariage que sous consentement mutuel des deux époux.

Le successeur de Bourguiba, Zine el-Abidine Ben Ali, ne remet pas en cause le CSP et lui apporte même des modifications qui le renforcent, en particulier avec l’amendement du 12 juillet 1993. Mais cette politique féministe, s’inscrivant incontestablement dans une politique de modernisation du pays, reste confrontée aux mentalités conservatrices d’une partie de la société tunisienne influencée par la montée de l’islamisme politique durant les années 1980.

Culture de la Tunisie

Reconstitution d’un hammam traditionnel

La culture de la Tunisie forme une synthèse des différentes cultures punique, romaine, juive, chrétienne, arabe, musulmane, turque et française, qu’elle a intégrées à des degrés divers, ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays. La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture, héritage de quelque 3 000 ans d’histoire, témoigne d’un pays qui, par sa position géographique en plein bassin méditerranéen, a été au cœur du mouvement d’expansion des grandes civilisations du Mare nostrum et des principales religions monothéistes.

L’histoire de la Tunisie révèle ce passé où les cultures méditerranéennes se sont succédé. Après l’époque de la Carthage punique, l’Empire romain laisse son empreinte à travers le territoire par des monuments tels que l’amphithéâtre d’El Jem ou le site archéologique de Carthage, classé comme sept autres sites au patrimoine mondial de l’Unesco. Après plusieurs siècles de développement du christianisme avec l’Église d’Afrique, la conquête arabe transforme le pays et fait de Kairouan un centre intellectuel renommé. La conquête turque au XVIe siècle, qui éloigne le centre de gravité du pouvoir à Istanbul, permet progressivement aux représentants locaux du sultan d’acquérir leur indépendance, qui sera conservée jusqu’à l’instauration du protectorat français, qui participe par ailleurs à la modernisation du territoire.

Les moteurs de la culture tunisienne actuelle sont très divers et marqués par cet héritage métissé : les musées comme celui du Bardo, l’architecture de villes comme Sidi Bou Saïd ou des médinas de Tunis et Sousse, la cuisine intégrant aussi bien la baguette, le fromage et le croissant français que les pâtes italiennes, la musique mêlant influences andalouse et ottomane et l’éducation marquée par une arabisation générale qui se répercute sur la production de la littérature tunisienne.

Djerba

Carte topographique de l'île.

Djerba, parfois orthographiée Jerba (arabe : جربة), est une île de 514 km2 (25 kilomètres sur 20 et 150 kilomètres de côtes) située dans le golfe de Gabès, au sud-est de la Tunisie. C'est la plus grande île des côtes d'Afrique du Nord. Sa principale ville, Houmt Souk, compte à elle seule 44 555 habitants.

Ulysse l'aurait traversée, les Carthaginois y ont fondé plusieurs comptoirs et, aux alentours de 587 av. J.-C., l'île aurait accueilli, selon la légende, des réfugiés juifs après la destruction du Temple de Jérusalem, même si leur existence n'est attestée qu'au XIe siècle. Les Romains y construisent plusieurs villes et y développent l'agriculture et des ports commerciaux. Par la suite vandale, byzantine puis arabe, Djerba est devenue, depuis les années 1960, une destination touristique populaire. Il s'agit de l'une des dernières régions de Tunisie où une langue berbère est encore parlée.

L'île est reliée au continent, d'une part par un bac assurant la traversée en une quinzaine de minutes entre Ajim, au sud-ouest de l'île, et Jorf et, d'autre part, par une voie de sept kilomètres reliant l'extrémité sud-est de l'île (localité d'El Kantara) à la péninsule de Zarzis. Cette dernière voie daterait de la fin du IIIe siècle av. J.-C., et fut restaurée à l'époque romaine.

Falashas

Un jeune Falash Mura

Les Falashas (en hébreu פלאשים), ou Beta Israel (en hébreu ביתא ישראל), ou Bétä Esraél sont les Juifs d’Éthiopie.

Falasha signifie en amharique, « exilé » ou « immigrés ». Rarement utilisé par les Juifs d’Éthiopie, qui emploient plutôt Beta Israel (la « maison d’Israël », au sens de la « famille d’Israël »), il est généralement considéré comme dépréciateur. Depuis l’immigration en Israël, le terme Beta Israel tend à être remplacé, en Israël et au sein de la communauté elle-même, par « Juifs d’Éthiopie ». On trouve aussi, selon les régions d’Éthiopie, les termes Kayla (d’étymologie toujours discutée) et esra’elawi (israélite).

Les Beta Israel ont une origine mal définie. Ils ont vécu pendant des siècles dans le Nord de l’Éthiopie, en particulier les provinces du Gondar et du Tigré. Après avoir bénéficié de petits États indépendants jusqu’au XVIIe siècle, ils ont été conquis par l’empire d’Éthiopie, et sont devenus une minorité marginalisée, à laquelle il était interdit de posséder des terres, et accusée d’avoir le « mauvais œil ».

Histoire de la Tunisie

Bataille de Zama à l’époque carthaginoise

L’histoire de la Tunisie est celle d’une nation d’Afrique du Nord indépendante depuis 1956. Mais elle s’inscrit au-delà pour couvrir l’histoire du territoire tunisien depuis la période préhistorique du Capsien et la civilisation antique des Puniques, avant que le territoire ne passe sous la domination des Romains, des Vandales puis des Byzantins. Le VIIe siècle marque un tournant décisif dans l’itinéraire d’une population qui s’islamise et s’arabise peu à peu sous le règne de diverses dynasties qui font face à la résistance des populations berbères.

De par son emplacement stratégique au cœur du bassin méditerranéen, la Tunisie devient l’enjeu de la rivalité des puissances successives, l’Espagne de Charles Quint, le jeune Empire ottoman puis la France, qui prend le contrôle de la province ottomane pour devancer sa rivale italienne. Marquée par de profondes transformations structurelles et culturelles, la Tunisie voit s’affirmer rapidement un mouvement nationaliste qui conclut avec la puissance tutélaire les accords aboutissant à l’indépendance en 1956. Depuis, le pays est conduit à marche forcée vers la modernisation et l’intégration économique sous l’impulsion d’un parti politique resté dominant.

Mekonnen Welde Mikaél

Ras Mekonnen vers 1904.

Ras Mekonnen Welde Mikaél (ge'ez : ራስ መኮንን ወልደሚካኤል, Écouter) (9 mai 1852 - 21 mars 1906), également connu sous son nom de cavalier Abba Qagnew (ge'ez : አባ ቃኘው) est un homme politique et militaire éthiopien. Il est cousin du Negusse Negest Menelik II, et père de Teferi Mekonnen.

Durant toute sa carrière Mekonnen travaille en collaboration avec son cousin Menelik II, négus du Shewa puis Negusse Negest d’Éthiopie ; ces deux hommes constituant ainsi, selon les termes de Pétridès, « les constructeurs de l’Éthiopie du XXe ».

Né dans le royaume du Shewa et descendant de la noblesse éthiopienne, il prend part à l’âge de 29 ans aux campagnes de Menelik II. Il participe notamment à la conquête du Harer dont il devient gouverneur, un poste qu’il occupe jusqu’à son décès. Son contrôle sur toute la région de l’Ogaden constituant ainsi un vaste glacis de protection sur la façade orientale de l’empire éthiopien. Il dote la région de véritables infrastructures administratives et réussit à assurer une cohabitation entre les nouveaux habitants de Harer, de confession chrétienne et la population locale musulmane.

Représentant diplomatique de l’Éthiopie lors du traité de Wuchale conclu avec les italiens, il conduit dans les années suivantes une série de réformes économiques et financières afin de préparer le pays à la première guerre italo-éthiopienne. Au cours de celle-ci, déclenchée à partir de 1895, il mène les troupes éthiopiennes aux premières victoires d’importance à Amba Alagi et Meqelé, puis participe à la bataille décisive d’Adoua aux côtés de Menelik II, qui clôture le conflit.

De retour au Harer, il participe à partir de 1897 aux campagnes de l’ouest de l’Éthiopie. En 1901, Mohammed Abdullah Hassan lance une campagne contre les populations de l’Ogaden qui refusent de suivre son insurrection contre la présence britannique. En dépit du soutien anglais, la contre-offensive menée par Mekonnen ne parvient pas à soumettre le mouvement.

En 1902, il est reçu à Londres pour assister au couronnement d’Edward VII puis en France en juillet où il est reçu par le président Émile Loubet. Les années suivantes, il organise, en coordination avec la Grande-Bretagne, une nouvelle expédition militaire pour mettre fin, avec succès, au danger que représente Mohammed Abdullah Hassan sur l’Ogaden.

Le 21 mars 1906, alors qu’il part en direction d’Addis Abeba, Mekonnen meurt à Kulubi. Organisée à Addis-Abeba, la cérémonie du teskar, à laquelle assistent 10 000 personnes, est présidée par Menelik II.

Menelik II d'Éthiopie

Menelik II.

Menelik II (ge’ez : ዳግማዊ ምኒልክ, dägmawi Menilek Écouter) (1844 - 1913), est Negus du Shewa, puis Negusse Negest d’Éthiopie.

Son règne est marqué par une politique de modernisation intérieure et d’extension de l’empire, jusqu’à sa forme contemporaine. Dans un contexte de menaces coloniales, celles-ci visent à constituer un glacis de protection autour des hauts plateaux éthiopiens.

Attaché aux traditions éthiopiennes et intéressé par les technologies occidentales, il adopte une série de réformes économiques, politiques et sociales afin de préparer l’Éthiopie au nouveau siècle. Il fonde la nouvelle capitale de l’empire, Addis-Abeba, en 1886.

Héritier du Negus du Shewa, Menelik est fait prisonnier à l’âge de douze ans et grandit à la cour de Tewodros II. Il s’enfuit à 21 ans et est couronné Negus du Shewa. Suite au décès de Tewodros II, il s’attelle à renverser son successeur Yohannes IV, agrandit son royaume et crée une force armée capable de soutenir ses projets impériaux.

Suite au décès de Yohannes IV, il se fait couronner Negusse Negest en 1889. La poursuite des campagnes d’expansion territoriale est interrompue durant la première guerre italo-éthiopienne. Celle-ci est close le 1er mars 1896 par la bataille d’Adoua qui consacre sa stature internationale et fait de son empire le symbole du maintien d’une indépendance africaine face au colonialisme européen.

En 1909, Menelik II est frappé par une grave maladie. Il désigne son petit-fils, Ledj Iyassou, comme successeur. Menelik II décède dans la nuit du 12 au 13 décembre 1913.

Charles de Foucauld

Photo de Charles de Foucauld au Hoggar.

Charles Eugène de Foucauld de Pontbriand ( - ) est un militaire français devenu explorateur et géographe, puis religieux catholique et linguiste.

Orphelin à l’âge de six ans, Charles de Foucauld fait carrière dans l’armée, intégrant Saint-Cyr et menant une vie dissolue. Il décide à 23 ans de démissionner de l’armée afin d’explorer le Maroc en se faisant passer pour un Juif. La qualité de ses travaux lui vaut la médaille d’or de la Société de Géographie, et une grande renommée suite à la publication de son livre Reconnaissance au Maroc (1888).

De retour en France et après diverses rencontres, il se « convertit » et devient religieux chez les Trappistes le , en France puis en Syrie. Sa quête d’un idéal encore plus radical de pauvreté, d’abnégation et de pénitence le pousse à quitter la trappe afin de devenir ermite en 1901. Il vit alors en Palestine, écrivant ses méditations qui seront le cœur de sa spiritualité, comprenant la Prière d’abandon. Ordonné prêtre, il décide de s’installer dans le Sahara, à Béni-Abbés (Algérie). Il ambitionne de fonder une nouvelle congrégation, mais personne ne le rejoint. Il vit avec les Berbères et développe un nouveau style d’apostolat, voulant prêcher non pas par les discours, mais par son exemple. Afin de mieux connaître les Touaregs, il étudie pendant plus de douze ans leur culture, publiant sous un pseudonyme le premier dictionnaire touareg-français. Les travaux de Charles de Foucauld sont une référence pour la connaissance de la culture touarègue.

Le , Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage. Il est très vite considéré comme un saint et une véritable dévotion s’instaure, appuyée par le succès de la biographie de René Bazin (1921) qui devient un best-seller. De nouvelles congrégations religieuses, familles spirituelles et un renouveau de l’érémitisme s’inspirent des écrits et de la vie de Charles de Foucauld. Son procès en béatification commence dès 1927. Interrompu durant la guerre d’Algérie, il reprend ultérieurement et Foucauld est déclaré Vénérable le par le pape Jean-Paul II, puis Bienheureux le par le pape Benoît XVI.

Tunis

Avenue Habib Bourguiba

Tunis (arabe : تونس) est la principale ville de la Tunisie. Capitale du pays sans interruption depuis le 20 septembre 1159 (5 ramadan 554 du calendrier musulman) sous l’impulsion des Almohades, confirmée dans son statut sous la dynastie des Hafsides en 1228, elle est également le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956.

Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s’étend sur la plaine côtière et les collines avoisinantes. Peuplée de 728 453 habitants — appelés les Tunisois —, elle est englobée dans une agglomération très étendue (jusqu’à 30 kilomètres pour atteindre la banlieue nord de La Marsa) et peuplée (2 000 242 pour l’ensemble de l’agglomération).

Le saint patron de Tunis est Sidi Mahrez qui a donné son nom à une mosquée de la ville.

Téwodros II d'Éthiopie

Téwodros II d'Éthiopie.

Téwodros II (ge'ez : ዳግማዊ ቴዎድሮስ, Degmawi Téwodros ; également appelé ዓፄ ቴዎድሮስ, Atsé Téwodros Écouter), (1818 - 13 avril 1868) né Kassa Hailou (ge'ez : ካሳ ሃይሉ), est un militaire et un homme politique éthiopien, Negusse Negest du 11 février 1855 jusqu'à sa mort. Il est également connu sous son nom de cavalier Abba Tateq (ge'ez : አባ ታጠቅ).

Téwodros naît en 1818, à Charghe, dans la province du Qwara, vers l'ouest de Gonder, alors capitale d'un Empire éthiopien divisé par les guerres des seigneurs du Zemene Mesafent. Son père, Hailou Welde Giyorgis, est gouverneur de sa province natale et un militaire tout comme son oncle Kenfou Hailou. Après une brève éducation dans un monastère, Téwodros intègre l'armée de Kenfou puis celle de Goshou Zewde du Godjam. Vers 1845, face à la fulgurante ascension de Téwodros, Menen lui offre le poste de gouverneur du Qwara et la main de sa petite-fille, Tewabetch Ali.

En 1852, Téwodros se lance dans une campagne pendant laquelle il bat les seigneurs du Nord les uns après les autres. Le 11 février 1855, Kassa Hailou est couronné sous le nom de Téwodros II. Son couronnement marque la fin du Zemene Mesafent, le début de l'histoire moderne du pays et l'initialisation du processus de centralisation achevé sous Haile Selassie Ier. Ainsi, il ne se contente pas d'unifier le Nord du pays ; il lance deux campagnes, la première vers le Wello et la seconde vers le Shewa. En 1856, Téwodros règne sur l'ensemble de l'Empire éthiopien véritablement unifié.

Durant son règne, il introduit diverses réformes de modernisation. Il publie des édits contre l'esclavage, bâtit les premières routes et organise un système politique et fiscal centralisé. Il constitue une véritable armée nationale remplaçant les diverses forces régionales. Cette vague de réformes inquiète les seigneurs locaux habitués à un pouvoir impérial faible et, dès 1860, plusieurs chefs entrent en rébellion. La même année, il perd le soutien de l'Église éthiopienne orthodoxe en ordonnant la redistribution de ses terres aux paysans. Au fur et à mesure, le Negusse Negest voit son pouvoir déstabilisé. Il réprime les mouvements de révolte et enferme des Européens suite à un différend diplomatique avec la Grande-Bretagne.

En avril 1868, Londres organise une expédition menée par Robert Napier afin de libérer les captifs enfermés à la forteresse de Meqdela. Le 13 avril 1868, l'ultime assaut est lancé sur le quartier général du Negusse Negest qui a refusé de se soumettre formellement à la Grande-Bretagne. Téwodros saisit alors son revolver et se donne la mort. S'il n'a su appliquer la majorité des réformes engagées, Téwodros reste pour les Éthiopiens, un dirigeant remarquable et un grand militaire, défenseur d'une Éthiopie unifiée et moderne.

Économie de la Tunisie

Siège social de la BIAT : émergence des services dans l’économie

L’économie de la Tunisie est inscrite dans un processus de réformes économiques et de libéralisation depuis 1986 après trois décennies de dirigisme et de participations de l’État à l’économie. Avec, à partir du 1er janvier 2008, l’ouverture à la concurrence mondiale par l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange conclu avec l’Union européenne en 1995, l’économie tunisienne fait face à des défis de mise à niveau de pans entiers de son économie tout en bénéficiant d’une croissance économique annuelle soutenue de l’ordre de 5 % par an depuis une dizaine d’années.

L’économie de la Tunisie est historiquement liée à l’agriculture (blé, olives, dattes, agrumes et produits de la mer), aux mines et à l’énergie (grand producteur de phosphates et dans une moindre mesure d’hydrocarbures), au tourisme (6,5 millions de touristes en 2006) et aux industries manufacturières (textiles, agroalimentaire et électro-mécaniques) dans une perspective extravertie (grand nombre d’entreprises industrielles totalement ou partiellement exportatrices). Ainsi, son économie diversifiée la distingue de celle de la plupart des États des régions africaine, nord-africaine et moyen-orientale. Par rapport aux autres pays du Maghreb (Algérie et Maroc), elle se hisse à la 1re place pour le revenu par habitant comme pour le niveau de développement. De plus, la Tunisie est, au même titre que le Maroc, l’un des seuls pays de la région à être entré dans la catégorie des « pays à revenus moyens ».

L’économie tunisienne est distinguée au Forum économique mondial sur l’Afrique, tenu du 13 au 15 juin 2007, comme la 1re économie la plus compétitive d’Afrique, devançant l’Afrique du Sud, et la 29e sur 128 au niveau mondial.

Agathocle de Syracuse

Monnaie de Syracuse frappée sous le règne d'Agathocle ; sous Pégase est figuré le triskélès que l'on retrouve sur des monnaies d'Italie du Sud

Agathocle (grec ancien Ἀγαθοκλῆς [Agathoclễs] ), né en 361 av. J.-C. à Thermæ (ancienne Himère) et décédé en 289 av. J.-C., est tyran puis roi de Syracuse de 304 av. J.-C. à sa mort.

Présenté par la plupart des sources antiques comme un tyran particulièrement cruel, n'hésitant pas à faire massacrer par ses troupes les habitants des cités désireuses d'échapper à son emprise, Agathocle est le seul tyran de Syracuse qui soit devenu roi de Sicile. Son ambition ne se limita d'ailleurs pas à cette île, mais avait une dimension méditerranéenne. Agathocle se positionna nettement comme un imitateur d'Alexandre le Grand en Occident, désireux de lutter contre les barbares — les Carthaginois dans son cas — au point d'entreprendre la première expédition militaire en Afrique du Nord, sur le territoire-même de Carthage.

Amphithéâtre d'El Jem

Colisée d'El Djem vue panoramique.jpg

L'amphithéâtre d'El Jem (قصر الجم), aussi appelé Colisée de Thysdrus, est un amphithéâtre romain situé dans l'actuelle ville tunisienne d'El Jem, l'antique Thysdrus de la province romaine d'Afrique.

Construit vraisemblablement vers le premier tiers du IIIe siècle, même si sa datation a fait l'objet de débats, il prend la succession de deux édifices du même genre, dont l'étude a permis d'analyser la genèse de ces constructions monumentales destinées aux loisirs. Il a probablement abrité des combats de gladiateurs ainsi que des courses de chars et autres jeux du cirque, mais surtout des exhibitions de bêtes sauvages et des reconstitutions de chasses aux fauves particulièrement prisées.

Selon Jean-Claude Golvin, l'édifice marque avec quelques autres l'apogée de ce genre de monument, au « terme d'une évolution architecturale étalée sur près de quatre siècles ». Cependant, la situation de Thysdrus, avec ses trois amphithéâtres étudiés scientifiquement, « paraît unique au monde » selon Hédi Slim.

Ce « Grand amphithéâtre », le monument romain le plus célèbre de la Tunisie, est l'amphithéâtre le mieux conservé d'Afrique du Nord. Il a fait l'objet d'un classement au patrimoine mondial par l'Unesco en 1979. L'amphithéâtre accueille chaque année environ 530 000 visiteurs.

Ahmôsis Ier

Tête d'Ahmôsis portant la couronne blanche de Haute-Égypte.

Ahmôsis Ier (ou Ahmès Ier, Iâhmes Ier ou encore Amosis), dont le nom signifie « Né de Iâh » est un pharaon de l'Égypte antique, fondateur de la XVIIIe dynastie. Il est membre de la maison royale de Thèbes, fils du pharaon Séqénenrê Taâ II et proche parent du dernier pharaon de la XVIIe dynastie, le roi Kamosé. Manéthon lui attribue vingt-cinq années de règne. Il est d'abord roi de Thèbes de -1550/-1549 à -1540, puis de toute l'Égypte jusqu'en -1525/-1524.

Pendant le règne de son père ou grand-père, Thèbes s'était déjà révoltée contre les Hyksôs, souverains étrangers qui régnaient sur la Basse-Égypte. Ahmôsis n'a que sept ans lorsque son père est tué au cours de ce conflit. Après avoir régné trois ans seulement, Kamosé, qui est monté sur le trône de Thèbes, meurt de causes inconnues. Ahmôsis a alors environ dix ans quand il monte à son tour sur le trône. Il prend le nom de Neb-Pehty-Rê lors de son couronnement.

Durant son règne, il poursuit la reconquête du delta du Nil qui s'achève par l'expulsion des Hyksôs. Il restaure la domination thébaine sur l'ensemble de l'Égypte et réaffirme avec succès la puissance égyptienne au-delà de ses frontières. Les anciens territoires de la Nubie et de Canaan sont alors à nouveau sous son contrôle. Il réorganise l'administration du pays, rouvre des carrières, des mines et des routes commerciales et commence de grands projets de construction d'une importance jamais atteinte depuis le Moyen Empire qui aboutissent à l'édification de la dernière pyramide d'Égypte. Le règne d'Ahmôsis Ier jette les bases du Nouvel Empire, durant lequel la puissance égyptienne atteint son apogée.

Hannibal Barca


Hannibal Barca (en phénicien Hanni-Baal signifie « qui a la faveur de Baal » et Barca, « foudre »), généralement appelé Annibal ou Hannibal, né en 247 av. J.-C. à Carthage (au nord-est de l'actuelle Tunis) et mort par suicide en 183 av. J.-C. en Bithynie (près de l’actuelle Bursa en Turquie), est un général et homme politique carthaginois généralement considéré comme l’un des plus grands tacticiens militaires de l’histoire.

Il grandit durant une période de tension dans le bassin méditerranéen alors que Rome tente d’établir sa suprématie sur d’autres puissances tels que Carthage, la Macédoine, Syracuse et l’empire séleucide. Le principal exploit qu’on lui reconnaît a lieu durant la deuxième guerre punique : il quitte alors l’Hispanie avec son armée et traverse les Pyrénées puis les Alpes pour gagner le nord de l’Italie. Pourtant, il ne parvient pas à prendre Rome. Selon certains historiens, Hannibal ne possède alors pas le matériel nécessaire à l’attaque et au siège de la ville. Pour J. F. Lazenby, ce ne serait pas le manque d’équipements mais celui de ravitaillement et son propre agenda politique qui empêchent Hannibal d’attaquer la cité. Néanmoins, il réussit à maintenir une armée en Italie durant plus d’une décennie sans toutefois parvenir à imposer ses conditions aux Romains. Une contre-attaque de ces derniers le force à retourner à Carthage où il est finalement défait à la bataille de Zama (ayant lieu entre Constantine et Tunis en Numidie).

L’historien militaire Theodore Ayrault Dodge lui donne le surnom de « père de la stratégie » du fait que son plus grand ennemi, Rome, adopte par la suite des éléments de sa tactique militaire dans son propre arsenal stratégique. Cet héritage lui confère une réputation forte dans le monde contemporain et il est considéré comme un grand stratège par des militaires tels que Napoléon Ier et le duc de Wellington. Sa vie sert plus tard de trame à de nombreux films et documentaires. Bernard Werber lui rend ainsi hommage au travers du personnage du « Libérateur » et d’un article de L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu mentionné dans son ouvrage Le Souffle des dieux.

Histoire des Juifs en Tunisie

Un couple de Juifs tunisiens au début du XXe siècle.

L’histoire des Juifs en Tunisie s’étend sur près de deux mille ans.

Attestée au IIe siècle mais sans doute plus ancienne, la communauté juive en Tunisie croît à la suite de vagues d’immigration successives et d’un prosélytisme important avant que son développement ne soit freiné par les mesures anti-juives à l’époque byzantine.

Après la conquête musulmane de la Tunisie, le judaïsme tunisien passe de périodes de relative liberté voire d’apogée culturelle à des temps de discrimination plus marquée. L’arrivée sur son sol de Juifs expulsés de la péninsule Ibérique modifie considérablement son visage. Sa situation économique, sociale et culturelle s’améliore fortement à l’avènement du protectorat français avant d’être compromise durant la Seconde Guerre mondiale, avec l’occupation du pays par l’Axe. L’indépendance d’Israël en 1948 suscite une réaction antisioniste généralisée du monde arabe sur laquelle se greffent l’agitation nationaliste, la nationalisation d’entreprises, l’arabisation de l’enseignement et d’une partie de l’administration. Les Juifs quittent la Tunisie en masse à partir des années 1950, suite aux problèmes évoqués et au climat hostile engendré par la crise de Bizerte en 1961 et la guerre des Six Jours en 1967. La population juive de Tunisie, estimée à environ 100 000 individus en 1948, n’est plus que de 1 500 individus en 2003, soit moins de 0,1 % de la population totale. Ces Juifs vivent principalement à Tunis, avec des communautés présentes à Djerba, Sfax, Sousse et Nabeul.

La diaspora juive de Tunisie est répartie entre Israël et la France où elle a préservé son identité communautaire, au travers de ses traditions, majoritairement tributaires du judaïsme séfarade mais conservant ses spécificités propres. Le judaïsme djerbien en particulier, considéré comme plus fidèle à la tradition car resté hors de la sphère d’influence des courants modernistes, joue un rôle dominant.

Président de la République tunisienne

Armoiries de la Tunisie

Le président de la République tunisienne est le chef d’État de la République tunisienne depuis l’instauration de la fonction le . À ce titre, il est le chef de l’exécutif national qu’il dirige avec l’aide d’un Premier ministre qui est formellement le chef du gouvernement. Selon l’article 44 de la Constitution, il est également le chef suprême des forces armées.

Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible sans limitation du nombre de mandats contrairement à la période antérieure à la réforme constitutionnelle du où ce nombre était limité à quatre puis trois, exception faite de la présidence à vie instaurée de 1975 à 1988. L’élection du président de la République tunisienne n’est pas libre à l’heure actuelle en raison du contrôle des médias par le pouvoir, la violation des droits de l'homme et la répression des opposants politiques selon des médias internationaux, des associations de défense des droits de l’homme, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) française et des dirigeants internationaux tels que la secrétaire d’État américaine.

Depuis l’instauration de la fonction et la promulgation de la Constitution républicaine du , cette fonction a été occupée par les personnalités suivantes : Habib Bourguiba jusqu’à sa mise à l’écart le après trente ans de pouvoir (déclaré médicalement inapte à assumer ses fonctions par un collège de médecins) ; Zine el-Abidine Ben Ali qui assure cette charge à titre intérimaire jusqu’aux élections anticipées de 1989 puis est réélu largement aux élections organisées par la suite ; Fouad Mebazaa proclamé président par intérim par le Conseil constitutionnel le suite à la révolution tunisienne. Bourguiba puis Ben Ali ont également présidé le parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1956 (appelé successivement Néo-Destour, Parti socialiste destourien puis Rassemblement constitutionnel démocratique).

Philétas

Le philosophe (IIIe siècle av. J.-C.) de l'épave d'Antikythera illustre le modèle employé par Hecataeus en son bronze de Philétas.

Philétas ou Philitas de Cos (vers -340 - vers -285) est un érudit et un poète du début de l'époque hellénistique de la Grèce antique. Habitant Alexandrie, il vécut dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et fut nommé précepteur de l'héritier du trône de l’Égypte ptolémaïque. Il était mince et fragile ; Athénée le caricatura comme un érudit tellement plongé dans ses études qu'il en dépérit et en mourut.

Philétas fut le premier grand écrivain à la fois savant et poète. Sa réputation perdura pendant des siècles, sur la base de son étude pionnière des mots et de la métrique élégiaque. Sa liste de vocabulaire, Mélanges, décrit la signification des mots littéraires rares, y compris ceux qui avaient été utilisés par Homère. Sa poésie, notamment son poème élégiaque Déméter, était très respectée des poètes antiques. Toutefois, la plupart de ses œuvres ont été perdues.

Cléopâtre VII

La Mort de Cléopâtre, de Reginald Arthur (1892).

Cléopâtre VII Philopator (en grec ancien : Κλεοπάτρα Θεὰ Φιλοπάτωρ / « Déesse qui aime son père »), puis Théa Néôteria Philopatris (en grec ancien : Θεὰ νεωτέρα Φιλοπάτριϛ / « Déesse nouvelle qui aime sa patrie »), est une reine d'Égypte antique de la dynastie des Ptolémées. D'origine macédonienne, elle est née vers 69 av. J.-C. et morte le

Elle règne sur l’Égypte entre -51 et -30 avec ses frères-époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis au côté du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour ses relations avec Jules César et Marc Antoine avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Prenant part à la guerre civile entre ce dernier et Octave, elle est vaincue à la bataille d'Actium en -31. La conquête de l’Égypte par les Romains marque la fin de l'époque hellénistique. Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même. Sa mort tragique n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage, et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, l'une des femmes les plus célèbres de l'Antiquité.

Site archéologique de Carthage

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Le site archéologique de Carthage est un site dispersé dans la ville actuelle de Carthage (Tunisie) et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.

Il est dominé par la colline de Byrsa qui était le centre de la cité punique. Aujourd’hui, il se distingue par la silhouette massive de la cathédrale Saint-Louis édifiée, à la fin du XIXe siècle, à l’emplacement présumé de la sépulture du roi Louis IX (saint Louis) qui y mourut au cours de la huitième croisade. À proximité de la cathédrale, en face de cette tombe vide dont les restes ont été rapatriés en France, se trouvent les vestiges du plus important quartier de la ville. Il n’en subsiste que quelques fondations et quelques fragments de colonnes mais on peut y mesurer la puissance qui émanait alors de la cité : dimensions immenses, grands espaces, vues panoramiques et organisation des rues.

Le développement rapide de la ville moderne risquant de détruire à jamais les vestiges, de grands archéologues tunisiens ont alerté l’opinion et l’UNESCO a lancé une vaste campagne internationale entre 1972 et 1992 afin de sauver Carthage. Ce tournant est parachevé avec le classement au patrimoine mondial.

Il ne sera question ici que de l’état actuel du site archéologique, un grand nombre d’éléments ayant été perdus anciennement ou plus récemment. La difficulté pour le visiteur réside désormais dans l’extrême dispersion des vestiges même si certains pôles peuvent être distingués. Pour la ville et le pays, la problématique est plus complexe : protéger les témoignages du passé tout en gênant le moins possible la vie quotidienne de la population.

Complexe funéraire de Djéser

Complexe funéraire de Djéser ; pyramide à degrés de Saqqarah

Le complexe funéraire de Djéser, édifié sous le règne du pharaon Djéser, se situe à Saqqarah, en Égypte. Il est, dans l'histoire de l'architecture égyptienne, le second ouvrage édifié en pierre de taille. Il marque une évolution importante de l'architecture monumentale. En effet, le tombeau du pharaon prend, pour la première fois et après de multiples modifications, la forme d'une pyramide. Cette innovation marque la naissance d'un nouveau type de sépulture. Les éléments cultuels ainsi que l'enceinte à redans représentent l'aboutissement d'une architecture évoluant depuis la IIe dynastie.

Le tremblement de terre du a sérieusement affecté les infrastructures de la pyramide. La voûte du grand puits funéraire et les plafonds de plusieurs galeries souterraines menaçant de s'effondrer, une mission de sauvegarde a été commandée par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes afin de mener à bien leurs restaurations. En parallèle, des études sont constamment effectuées afin de mieux connaître ce monument majeur.

Deux noms sont à rattacher à cet édifice : celui de l'architecte Imhotep, qui conçut cet ouvrage, et celui de l'égyptologue Jean-Philippe Lauer, qui consacra toute sa vie à étudier les vestiges de ce chef-d'œuvre de l'Ancien Empire égyptien.

Épave de Mahdia

Reconstitution du navire qui a sombré.

L’épave de Mahdia est un site archéologique sous-marin découvert à environ cinq kilomètres au large de la ville tunisienne de Mahdia, à mi-distance des sites archéologiques de Thapsus et Sullecthum.

Le site abrite un navire grec échoué à la suite d’une tempête survenue au Ier siècle av. J.-C. Ce dernier renfermait un riche chargement d’œuvres d’art et d’éléments architecturaux dont l’ensemble a posé de nombreuses questions aux chercheurs depuis sa découverte : outre de nombreuses colonnes et d’autres éléments de construction, le chargement était très hétéroclite, avec en particulier de nombreuses sculptures de marbre et de bronze.

Si la découverte au début du XXe siècle est plus ou moins due au hasard, des campagnes de fouilles successives ont lieu au milieu puis dans la dernière décennie du siècle. De ce fait, le site a pu être considéré comme un témoin de l’évolution des techniques d’archéologie sous-marine : si les premières fouilles ont utilisé un matériel qui n’avait guère évolué depuis le milieu du XIXe siècle, le tournant peut être daté des années 1940, avec l’invention du scaphandre autonome qui rend les plongeurs beaucoup plus libres de leurs mouvements.

Les fouilles du navire de Mahdia, avec celles de celui d’Anticythère, découvert en 1900, ont ainsi donné naissance à la discipline. En outre, le navire d’Anticythère, qui a sombré dans le second quart du Ier siècle av. J.-C. est assez similaire au navire de Mahdia, avec une cargaison constituée d’œuvres d’art anciennes mais aussi d’autres œuvres contemporaines du naufrage, l’ensemble attestant d’un changement dans les goûts du public.

Outre le fait qu’elles soient un « maillon de choix dans la longue chaîne des découvertes subaquatiques » selon Nayla Ouertani, les fouilles ont mis au jour une collection exceptionnelle d’œuvres d’art et posent aux spécialistes des questions tant techniques que liées à l’histoire de l’art avec le problème de la transition entre périodes artistiques ; le contenu du chargement évoque également la circulation de l’art.

L’essentiel des découvertes est exposé au musée national du Bardo dans la proche banlieue de Tunis ; le musée de la ville la plus proche du site n’accueille quant à lui que peu d’éléments.

Complexe funéraire de Khéops

Pyramide Kheops.JPG

Le complexe funéraire de Khéops, situé sur le plateau de Gizeh à proximité du Caire, en Égypte, fut érigé sous la IVe dynastie (v. -2550 / -2600).

Il est composé d'un temple funéraire, de pyramides subsidiaires, d'annexes et d'une vaste nécropole de fonctionnaires contemporains du pharaon. Le complexe est dominé par la grande pyramide, la plus grande pyramide d'Égypte qui fut, jusqu'au début du XXe siècle, le monument le plus volumineux et le plus massif jamais construit. Elle a détenu le record de la hauteur durant 4 000 ans. Elle est considérée, depuis au moins 2 000 ans, comme l'une des sept merveilles du monde. Les savants du XIXe siècle se jugeaient incapables de reproduire les prouesses techniques réalisées pour sa construction. Des théories pseudo-scientifiques, mystiques, voire farfelues sont alors apparues afin de tenter d'en percer les mystères. Mais la pyramide est avant tout un tombeau faisant partie d'un vaste complexe pyramidal classique de l'Ancien Empire, représentant l'une des œuvres d'art les plus pures et les plus abstraites jamais conçues.

Hiéroglyphe égyptien

Hiéroglyphes sur une paroi du temple de Kôm Ombo.

L’écriture hiéroglyphique égyptienne est figurative : les caractères qui la composent représentent en effet des objets divers, — naturels ou produits par l'homme —, tels que des plantes, des figures de dieux, d'humains et d'animaux... (cf. classification des hiéroglyphes). Les égyptologues y distinguent traditionnellement trois catégories de signes : les signes-mots (ou idéogrammes), qui désignent un objet ou, par métonymie, une action ; les signes phonétiques (ou phonogrammes), qui correspondent à une consonne isolée ou à une série de consonnes ; les déterminatifs, signes « muets » qui indiquent le champ lexical auquel appartient le mot.

Apparue à la fin du IVe millénaire av. J.‑C. en Haute-Égypte‎ (sud du pays), l'écriture hiéroglyphique est utilisée jusqu’à l'époque romaine, soit pendant plus de trois mille ans. La connaissance des hiéroglyphes se perd avec la fermeture des lieux de culte païens par l’empereur Théodose Ier vers 380, et il faudra, après la découverte de la pierre de Rosette, le génie de Jean-François Champollion pour briser, après quatorze siècles, ce qui paraissait être « un sceau mis sur les lèvres du désert ».

Memphis (Égypte)

Restitution du parvis occidental du grand temple de Ptah à Memphis — XIXe dynastie

Memphis (en arabe منف‎) était la capitale du premier nome de Basse-Égypte. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d'Helwan, au sud du Caire.

La légende, rapportée par Manéthon, raconte que Memphis fut fondée par le roi Ménès vers -3000. Capitale de l’Égypte durant tout l’Ancien Empire, elle est restée une cité importante tout au long de l'histoire égyptienne, placée sous la protection du dieu Ptah, le patron des artisans dont le temple était l’Hout-ka-Ptah (le « château du ka de Ptah »). C'est de ce terme, qualifiant la maison du dieu, que serait dérivé en grec le mot aegyptus (Αἴγυπτος) prototype du nom du pays en latin.

La ville occupe une place stratégique à l’entrée du delta du Nil et de ce fait regorge d’ateliers et de manufactures, notamment d’armes qui étaient conservées dans de grands arsenaux non loin du port principal de la ville, le Perou Nefer, dont les textes du Nouvel Empire vantent l’activité fébrile...

Pyramide de Khéphren

La pyramide de Khephren à Gizeh

La pyramide de Khéphren est la deuxième plus grande pyramide d'Égypte. Dominant un complexe composé de deux temples reliés par une chaussée et d'une pyramide satellite, elle est de type à faces lisses et fut élevée sous la IVe dynastie durant l'Ancien Empire pour le pharaon Khéphren, fils de Khéops. Elle se dresse sur le plateau de Gizeh au sud-ouest de celle de son père. Elle est sans doute la plus facile à reconnaître car son sommet est encore couvert de calcaire. Légèrement plus petite que celle de Khéops, elle paraît pourtant plus haute car érigée sur une proéminence rocheuse avec un angle d'inclinaison supérieur à celui de la grande pyramide. Le temps a également préservé un temple d'accueil dont la sobriété et la composition subtile des matériaux en font un véritable joyau de l'Ancien Empire.

Pyramide rhomboïdale

Pyramide rhomboïdale

La pyramide rhomboïdale fut construite pour le pharaon Snéfrou à Dahchour en Égypte. Sa forme particulière en fait une tentative avortée de pyramide à faces lisses, dernier stade de l'évolution des pyramides.

Elle possède de nombreuses particularités et ressemble par bien des points à la pyramide érigée par le fils de Snéfrou, Khéops. Elle est munie de deux entrées dont l'une n'est pas située sur la face nord, fait unique dans l’Ancien Empire, et conserve encore la majeure partie de son revêtement, faisant de cette pyramide la mieux conservée de toute l’Égypte.

Le complexe pyramidal a révélé les vestiges d'un imposant temple funéraire dont la riche ornementation le distingue des autres monuments de la IVe dynastie.

Du battant des lames au sommet des montagnes

Trois-Bassins est l’exemple-type d’une commune s’étalant « du battant des lames au sommet des montagnes ».

« Du battant des lames au sommet des montagnes » est une expression française qui servit autrefois à définir l’extension géographique des concessions territoriales accordées par la Compagnie des Indes orientales aux colons de l’île de la Réunion alors que celle-ci s’appelait encore l'île Bourbon.

Depuis, cette expression y est devenue une locution courante, voire une « formule figée ». Dans son sens le plus strict, elle agit grammaticalement comme un complément de manière répondant à la question « comment ? » et qualifie la façon dont sont découpées les terres en étroites bandes qui s’étirent du littoral aux plus hauts reliefs sans jamais s’étaler horizontalement. En revanche, lorsqu’on la considère dans son sens le plus large, l’expression fait office d’adverbe de lieu, synonyme de « partout ».

Joëlle Écormier

Portrait de Joëlle Écormier en 2009

Joëlle Écormier est une femme de lettres française née en 1967 au Tampon, sur l'île de La Réunion, un département d'outre-mer où elle habite, dans le sud-ouest de l'océan Indien.

Auteur de textes qu'elle écrit pour elle-même durant sa jeunesse, elle est mère au foyer lorsqu'elle participe à une expérience littéraire lancée par France Loisirs en 1998, la rédaction d'un roman dont les premières pages sont signées par Yann Queffélec, les suivantes étant choisies parmi les envois d'internautes. La sélection de sa proposition pour le deuxième chapitre de cette fiction collaborative qui paraît en 1999 sous le titre 30 jours à tuer conduit la jeune femme à se lancer dans le métier d'écrivain.

Publié par l'éditeur réunionnais Azalées Éditions en 2000, le premier roman qu'elle écrit seule, Le Grand Tamarinier, met en scène un enfant et amorce un glissement vers la littérature enfantine qu'elle poursuit avec son deuxième titre, un conte illustré par les dessins de sa fille. De fait, après 2003 et la parution de son second roman, Plus léger que l'air, Joëlle Écormier, passée chez Océan Éditions, se consacre aux ouvrages pour les plus petits, qu'elle tente de moderniser en évitant les motifs folklorisants de la culture réunionnaise. Ce n'est qu'en 2009 qu'elle revient à des titres sans images en publiant un recueil de nouvelles pour adolescents, Je t'écris du pont, et surtout son troisième roman, Le Petit Désordre de la mer, primé la même année au Festival du livre et de la bande dessinée, à Saint-Denis.

Moineau d'Emin

Passer eminibey mâle en plumage nuptial au Kenya.

Le Moineau d'Emin (Passer eminibey) est une espèce d'oiseaux de la famille des Passeridae. Il est le plus petit du genre Passer, mesurant environ onze centimètres de longueur. Le mâle a un plumage nuptial marron foncé alors que la femelle et les juvéniles sont plus ternes.

Comme ses proches parents, le Moineau d'Arabie et le Moineau doré, il est grégaire et vit dans l'Est de l'Afrique, du Darfour à la Tanzanie, dans la savane sèche, les marais couverts de papyrus et à proximité des habitations humaines. Les adultes et les juvéniles se nourrissent principalement de graines et volent en troupes souvent avec d'autres espèces d'oiseaux, pour trouver de la nourriture. Il niche dans les arbres, construisant son propre nid en forme de dôme ou s'accaparant des nids plus élaborés de tisserins.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l'espèce n'est pas menacée.

Moineau mélanure

Passer melanurus, mâle.

Le Moineau mélanure (Passer melanurus) est une espèce d'oiseaux de la famille des Passeridae qui vit en Afrique australe. C'est un moineau de taille moyenne ; ses couleurs vives et distinctives comprennent du gris, du marron et du châtain, le dimorphisme sexuel étant notamment visible par quelques taches noires et blanches chez le mâle.

Il habite les savanes, les zones cultivées et les villes où il trouve de quoi satisfaire son régime alimentaire principalement granivore. Les oiseaux se rassemblent en grands groupes lors de la saison de reproduction. Le nid peut être construit dans toutes sortes d'emplacements, aussi bien dans un arbre ou un buisson que dans un trou ou dans un nid inoccupé appartenant à une autre espèce. Un couple donne souvent naissance à trois ou quatre oisillons dont les deux parents s'occupent.

Trois sous-espèces sont distinguées, la sous-espèce melanurus vivant dans l'est de l'Afrique du Sud, la sous-espèce vicinus vivant dans l'État-Libre au Cap-Oriental et au Lesotho, et la sous-espèce damarensis occupant le nord de l'Afrique du Sud et le sud des pays frontaliers septentrionaux. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, l'espèce n'est pas menacée.

Livre des morts des Anciens Égyptiens

Papyrus d'Ani, vers 1200 av. J.-C. (Nouvel Empire égyptien).

Le Livre des morts des Anciens Égyptiens a pour véritable titre, à l'époque de l'Égypte antique, Livre pour Sortir au Jour. Le « jour » en question est celui des vivants, mais aussi de tout principe lumineux s'opposant aux ténèbres, à l'oubli, à l'anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le défunt Égyptien cherche à voyager dans la barque du dieu soleil et à traverser le royaume d'Osiris (version nocturne du soleil diurne en cours de régénération).

Il s'agit de rouleaux de papyrus, recouverts de formules funéraires, placés à proximité de la momie ou contre celle-ci, dans les bandelettes. Ces différents exemplaires du Livre des Morts ne sont pas tous identiques, car le bénéficiaire choisit les formules qui lui conviennent, probablement en fonction de ce qu'il peut s'offrir car ces manuscrits représentent un investissement non négligeable. Certains peuvent donc être courts, alors que d'autres reproduisent l'ensemble, ou presque, du corpus.

En 1842, l'égyptologue allemand Karl Richard Lepsius appela Todtenbuch (Livre des Morts) un papyrus conservé au musée égyptologique de Turin et dont il a effectué une première traduction. Ce nom est ensuite resté bien que dans la littérature égyptologique moderne on rencontre souvent la juxtaposition des deux titres, à savoir « Livre des Morts-Sortir au Jour ».

Osiris

Osiris portant la couronne Atef et les attributs de la royauté.

Osiris (du grec ancien : Ὄσιρις) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l'Égypte antique. Inventeur de l'agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur. Il meurt noyé dans le Nil, assassiné dans un complot organisé par Seth, son frère cadet. Malgré le démembrement de son corps, il retrouve la vie par la puissance magique de ses sœurs Isis et Nephtys. Le martyr d'Osiris lui vaut de gagner le monde de l'Au-delà dont il devient le souverain et le juge suprême des lois de Maât.

Le culte osirien, actif depuis le XXVe siècle avant notre ère, dure jusqu'au VIe siècle de notre ère ; le dernier temple païen d'Égypte à fermer étant le temple d'Isis de l'île de Philæ. Au Moyen Empire égyptien, la ville d'Abydos devient la cité du dieu Osiris. Elle attire ainsi de nombreux fidèles en quête d'éternité. La renommée de cette cité repose sur ses festivités cultuelles du Nouvel An et sur une sainte relique, la tête du dieu.

Durant le Ier millénaire avant notre ère, Osiris conserve son statut de dieu funéraire et de juge des âmes. Cependant, ses aspects de dieu des flots du Nil, et par là même de dieu de la fertilité se mettent en avant, augmentant ainsi sa popularité auprès de la population nilotique. Des colons grecs installés à Memphis adoptent son culte dès le IVe siècle av. J.-C. sous sa forme locale de Osiris-Apis, le taureau sacré mort et momifié. Les souverains lagides importent ce culte dans leur capitale Alexandrie sous la forme de Sérapis, le dieu syncrétique gréco-égyptien. Après la conquête de l'Égypte par les forces romaines, Osiris et Isis s'exportent vers Rome et son empire. Ils s'y maintiennent, avec des hauts et des bas, et ce jusqu'au IVe siècle de notre ère, pour finalement être évincés par le christianisme.