Le Patient anglais

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film d'Anthony Minghella. Pour le roman de Michael Ondaatje, voir The English Patient.

Le Patient anglais

Titre original The English Patient
Réalisation Anthony Minghella
Scénario Anthony Minghella
d'après l'œuvre de Michael Ondaatje
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1996
Durée 162 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Patient anglais (The English Patient) est un film d'Anthony Minghella inspiré du roman L'Homme flambé de Michael Ondaatje et sorti en 1996. Il a été récompensé de neuf Oscars, dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Binoche.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1944, en pleine Seconde Guerre mondiale, un avion vole au-dessus du désert du Sahara, piloté par un homme et transportant une femme évanouie. Des artilleurs allemands abattent l'avion, qui s'écrase, laissant rescapé mais complêtement brûlé l'étrange pilote. Des bédouins le recueillent, commencent à le soigner, et le confient aux troupes Alliées en partance pour l'Italie.

Octobre 1944, les troupes Alliées se trouvent en Toscane. On progresse vers le Nord en déminant les routes et en recueillant les blessés. L'infirmière canadienne Hana (Juliette Binoche) s'occupe de ces blessés, notamment de l'étrange « homme flambé », déclaré apatride mais fortement supposé anglais (le Patient anglais). Hana, épuisée et désespérée par une guerre qui lui a pris « tous ceux qu'elle aime », décide de s'installer seule, avec le Patient anglais, dans un petit monastère toscan. Désormais seuls, blessés de la Guerre, ils commencent à vivre ensemble, à essayer de soigner leurs douleurs physiques et morales.

Hana fait alors la lecture du livre que transportait le patient, un livre d'Hérodote. Ce livre, contenant bien d'autres documents personnels, déclenche de soudaines et nombreuses réminiscences dans l'esprit du patient. Le film ouvre alors un flash-back sur la vie du patient anglais, juste avant le début de la guerre, aux alentours du Caire...

L'entière intrigue du film est révélée par les développements qui suivent.

Le patient anglais est en réalité un explorateur hongrois, du nom de László Almásy (Ralph Fiennes). Il fait la rencontre, lors d'une expédition quelconque de cartographie, du couple Clifton ainsi que de Madox. Almásy apparaît comme un homme mystérieux mais très cultivé et cherchant "on ne sait quoi" dans le désert. Jeffrey Clifton (Colin Firth) est un cartographe-photographe en mission pour le gouvernement britannique, léger mais aimant passionnément sa femme, Katherine (Kristin Scott-Thomas), jeune, enjouée et très cultivée. Almasy commence à s'intéresser à elle.

Retour à la Toscane de 1944, Hana continue à s'occuper de son patient. Un étrange individu lui rend alors visite; il dit s'appeler "Carravagio" (Willem Dafoe) et être à la recherche du patient pour des raisons obscures. Hana s'en méfie mais le laisse approcher et parler avec le patient. Reconnaissant celui qu'il cherchait, Carravagio l'oblige alors à se remémorer son passé...

Sahara. Jeffrey Clifton part en mission au Caire, laissant seuls Katherine et Almasy. Ces derniers, dans les méandres des découvertes et des obstacles du désert, discutent, s'observent, se cherchent, et finissent par s'engager dans une romance adultérine en arrivant au Caire. Les amants connaissent alors un début de passion heureuse mais gâchée par la crainte de Katherine pour son mari et la volonté d'indépendance d'Almasy.

Toscane. Le démineur Singh a rejoint le monastère. Hana comprend l'existence de Katherine dans le passé du Patient, qui continue à affiner sa réminiscence...

Le Caire. Au cours d'une réception de Noël, Almasy et Katherine "consomment" leur romance. Jeffrey Clifton, de nouveau présent, commence à avoir des doutes.

Toscane. Carravagio continue son investigation auprès du Patient, en insistant cette fois sur sa propre personne.

Le Caire. Carravagio, plus jeune et dénommé Moos, apparaît dans le même bureau que Jeffrey Clifton. Ce dernier, voulant faire une surprise à sa femme pour son anniversaire de mariage, la surprend se rendre chez son amant. Almasy et Katherine continuent à s'aimer passionnément dans une chambre du Caire. Après avoir fait l'amour sur une musique hongroise (thème du film), ils parlent d'eux et des autres qui soupçonnent. Jeffrey a clairement et dramatiquement compris l'adultère de sa femme.

Toscane. Une réelle convivialité s'est installée entre Hana, le Patient, Carravagio et Singh, et notamment un début de romance entre Hana et Singh. Carravagio s'apprête à raconter ce qui s'est passé pour lui au milieu de la guerre, et spécialement pourquoi il a perdu ses deux pouces.

Le Caire. Carravagio, Moos à l'époque, est un espion britannique. Il se fait arrêter par les Allemands sur dénonciation de sa maîtresse. On lui coupera les deux pouces pour une raison plus politique : au sujet notamment des cartographies britanniques du désert. Dans cette séquence, on apprend qu'Almasy aurait trahi en donnant aux Allemands les cartes qu'il détenait .

Le Caire (retour à l'époque d'avant-guerre). Almasy et Katherine doutent de la possibilité de continuer à vivre clandestinement leur amour. Ils essaient de se séparer, en vain. Almasy arrive ivre à un dîner et jalouse Katherine quand elle danse avec un autre.

Toscane. La passion entre Hana et Singh se concrétise après une très belle scène, où Singh fait découvrir à Hana des fresques d'une petite église italienne. Ils passent la nuit ensemble. Au matin, Singh doit repartir déminer les routes. Au même moment, des troupes canadiennes entrant dans le village annoncent la fin de la guerre. La liesse est complête dans le village et dans le monastère, où les membres dansent ensemble sous la pluie.

Après la mort accidentelle d'un sous-officier Allié affectant beaucoup Singh, Carravagio revient terminer son travail de réminiscence auprès du Patient. Carravagio l'accuse enfin d'avoir trahi les espions et cartographes britanniques en livrant des cartes aux Allemands, provoquant la torture de Carravagio. Mais le Patient anglais présente une tout autre version...

Désert du Sahara. Lazlo Almasy s'apprête à quitter le groupe, il fait ses adieux à Madox. Préparant seul ses bagages, il est soudain surpris par l'avion, piloté par Jeffrey Clifton et transportant Katherine, s'écrasant sur lui pour se suicider. Almasy y échappe, Jeffrey est tué sur le coup, Katherine est vivante mais gravement touchée. Almasy l'installe dans une grotte et retourne chercher des secours. Dans un oppidum, les autorités refusent de le prendre au sérieux, voyant en lui un étranger insignifiant et en situation illégale. Almasy est arrêté mais parvient finalement à s'évader. Grâce aux Allemands et en échange échange des fameuses cartes, il rejoint Katherine dans la grotte, mais elle morte depuis longtemps.

Toscane. Le récit du Patient anglais terminé, Carravagio, qui avait l'intention de le tuer, renonce à sa vengeance, jugeant qu'il est "déjà mort". Hana et Singh promettent de se revoir. Le Patient Anglais, dans sa dernière réminiscence, revoyant la dernière image de Katherine, demande à Hana de l'euthanasier en lui lisant la dernière lettre de Katherine.

Désert du Sahara. Alors que les voix de Hana et Katherine lisent la dernière lettre, que le Patient Anglais se meurt, défilent les images d'Almasy portant sa maîtresse hors de la grotte et l'installant dans l'avion qui les emmènera vers l'infinité du désert.

L'avion attaqué au début du film était cet avion.

Après la mort du Patient Anglais, Hana quitte le monastère pour Florence. Renaissante sous le soleil de Toscane !

Le village de Pienza, dans la campagne de Toscane
L'oasis de Chebika
Grotte de Gilf Kebir, abritant, entre autres la "grotte des nageurs", "tombeau de Katherine Clifton"

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné en Italie et en Tunisie[1].

Montage[modifier | modifier le code]

Lorsque Walter Murch a été engagé pour monter Le Patient anglais, la question s'est posée de savoir si le film serait monté sur pellicule ou en numérique. Murch n'avait encore jamais monté de long métrage sur ordinateur, uniquement quelques clips, mais il estimait que les systèmes de montage non-linéaires étaient arrivés à un point de développement suffisant pour travailler avec[1]. En outre, il lui semblait que la souplesse qu'offre ce type de système était adaptée à la structure temporelle du film, elle-même non linéaire[1]. Néanmoins la production du film, souhaitant réduire le budget du film, préférait qu'il soit monté sur pellicule car la gain de temps offert par ce type de montage ne compensait pas le coût d'une telle station de montage. Enfin Anthony Minghella ayant monté ses autres films sur pellicule et ayant eu vent des déboires d'autres réalisateurs en montage sur ordinateur, préférait travailler comme il l'avait fait jusqu'alors. Pour toutes ces raisons, le film commença par être monté en pellicule à Cinecittà, Walter Murch ayant pour cela deux assistants-monteurs[1].

Au bout de six semaines de montage, Walter Murch apprit que son fils avait de graves problèmes de santé et qu'il lui était impératif de rentrer à son chevet aux États-Unis. Devant s'absenter au moins huit semaines (le montage devait en durer vingt), il proposa au réalisateur et à la production de se faire remplacer, ce qui fût refusé[1]. Murch proposa alors de continuer le montage chez lui en passant au montage non-linéaire avec une station Avid à son domicile louée par la production, ce système étant censé lui permettre de travailler plus rapidement. Les rushes seraient acheminés par bateau aux États-Unis après avoir été visionnés par l'équipe. Il s'agissait d'un coût supplémentaire non négligeable pour le budget du film, mais cette proposition, seule solution pour pouvoir garder le même monteur, fût acceptée par le réalisateur et la production[1].

Autour du film[modifier | modifier le code]

Buste de László Almásy, personnalité réelle ayant inspiré le personnage romanesque

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Walter Murch, En un clin d'œil : Passé, présent et futur du montage, Capricci,‎ 2011, 170 p., p. 119-123

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]