Disque microsillon

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Un disque microsillon, appelé aussi microsillon, disque vinyle, vinyle , LP (de l'Anglais long Playing (en), longue durée, quand il s'agit d'un disque de 30 cm) ou encore disque noir, est un support de diffusion d'enregistrement sonore souvent stéréophonique. C'est un disque phonographique en vinyle dont chaque face est parcourue par un sillon microscopique en spirale dont le début est en règle générale à l'extérieur et la fin vers le centre du disque (certains disques peuvent être gravés de l'intérieur vers l'extérieur, en anglais inside-out).

Le disque vinyle est généralement de couleur noire, mais peut être de n'importe quelle(s) couleur(s), opaque ou transparent. Certains disques possèdent même une image incorporée sur l'une et/ou l'autre des deux faces : il s'agit de picture-discs.

Un disque microsillon comporte seulement deux sillons (un par face) gravés en spirale et dont la longueur définit la durée du temps d'écoute. Il est destiné à être lu sur une platine tourne-disque ou un électrophone.

Disques microsillons

Histoire[modifier | modifier le code]

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Le support d'enregistrement sur disque plat, mis au point par l'allemand Emile Berliner en 1887 (sur disque en zinc), a remplacé la technique d'enregistrement sur rouleau mise au point par l'Américain Thomas Alva Edison. Les premiers disques largement diffusés, dits 78 tours à cause de leur vitesse de rotation, sont imprimés sur un support recouvert de gomme-laque (shellac). Une face du disque contient un peu plus de 5 minutes de musique pour le disque de 30 cm.

En 1946, la Columbia Records dépose un brevet aux États-Unis pour un disque plat en polychlorure de vinyle. Ce nouveau procédé, commercialisé à partir de 1948, est utilisé pour la première fois pour une édition des œuvres de Mendelssohn et de Tchaïkovski. RCA lance le single l'année suivante.

L'utilisation du vinyle, une matière plastique thermoformable accélère la production et diminue le coût de reproduction, la généralisation des tourne-disques à amplification électronique et les caractéristiques mécaniques du support permettent une réduction de la taille du sillon et une réduction de la vitesse de rotation à 33 tours par minute. Ces innovations portent la durée enregistrée sur une face à plus de 20 min.

Le vinyle (avec ses additifs) laisse aussi l'aiguille du tourne-disques glisser sur le sillon avec moins de frottement que sur la gomme-laque, ce qui réduit considérablement le bruit de fond. L'amplification électronique permet d'élargir la gamme des fréquences transmises.

Les disques en vinyle ont progressivement remplacé le disque 78 tours à partir du milieu des années 1950. En France, c'est Pathé-Marconi qui, en 1951, presse le premier disque microsillon aux usines de Chatou, à la suite des études menées avec le laboratoire de Pechiney.

À partir de 1958 les disques stéréophoniques viennent compléter l'amélioration du procédé. À la modulation latérale du disque monophonique s'ajoute une modulation verticale, représentant la différence entre canaux. Les disques stéréo peuvent ainsi inscrire sur l'étiquette « mono-compatible ».

À partir du milieu des années 1980, la production des vinyles va décroissant avec l'apparition sur le marché du disque compact (ou CD). Le microsillon demeure un médium utilisé pour l'enregistrement de genres musicaux particuliers (jazz, musique actuelle, d'avant-garde, punk ou électronique). Les disques vinyles ont également été remis à l'honneur dans les années 1990 par leur utilisation en discothèque (seules les platines vinyles disposaient d'une vitesse réglable, condition sine qua non pour enchainer des morceaux dans un mix) et par d'autres disc-jockeys pour un usage en turntablism. Néanmoins, depuis plusieurs années, les platines numériques spécialisées ont aussi ces fonctionnalités, et parfois davantage, sauf évidemment pour le « scratching » où le vinyle ne sera jamais remplacé. Certains courants musicaux comme le reggae, le rap, les musiques électroniques le punk rock, le noise et même le metal sont encore attachés au vinyle[réf. nécessaire].

Les adeptes de la musique Funk des années fin 1970 aux années 1980 ne jurent que par le vinyle, pour les LP mais surtout les 12", c'est-à-dire les versions longues des hits. Ce style contient des centaines d'artistes très estimés par les collectionneurs, mais n'ayant jamais pu rééditer leurs albums en CD[réf. nécessaire].

Par ailleurs, dans les musiques électroniques, certains artistes vont ne sortir que des EP voire des LP uniquement en vinyle (exemple : la collection des Analords de AFX).

Comme pour toutes les technologies obsolètes ou vintage, le vinyle conserve des partisans. Certains audiophiles[1] préfèrent le son du vinyle qu’ils trouvent plus naturel, dynamique, plus « chaud » ou plus précis dans les aigus que le CD[réf. souhaitée]. Le bruit de fond caractéristique et même les craquements de la poussière, avec la bande passante plus réduite et les distorsions spécifiques, ainsi que les pleurages et scintillements constituent en effet un son particulier. Ces opinions favorables au vinyle, plus ou moins contradictoires entre elles, peuvent se baser sur la comparaison entre les meilleurs enregistrement vinyle et les techniques d'encodage CD utilisées avant l'utilisation du dithering.

Les pochettes des albums 30 cm, plus grandes que celles d'un CD et renfermant parfois des livrets plus complets, sont également très appréciées[réf. nécessaire].

Aujourd'hui, cherchant à profiter de cette vague de popularité renaissante, les majors rééditent une partie de leur catalogue en format vinyle, aussi bien les albums anciens ayant déjà paru en disque vinyle que les albums récents datant d'après l'arrivée du CD dans le commerce[réf. nécessaire].

La production en France est limitée à un seul fabricant : MPO (Moulages plastiques de l'ouest)[2]. Depuis les années 2000, le vinyle connaît un renouveau, les ventes de vinyles augmentent alors que celles de CD diminuent. Des artistes sortent tels que Zaz, Daft Punk, Pharell Williams sortent des 33 et 45 tours[2]. Jack White, le chanteur des défunts White Stripes ou bien encore des Raconteurs, a fondé le label Third Man Records qui a pour particularité de ne presser que des vinyles.

La fabrication d'un disque vinyle nécessite la gravure préalable d'une matrice ou galvano. Plusieurs studios en France (surtout à Paris) sont équipés de machines permettant leur création à partir de laques, fabriquées à ce jour uniquement aux États-Unis ou au Japon.

Il existe actuellement des graveurs vinyle comme le Vestax pouvant servir aux particuliers, mais le prix très élevé et la difficulté pour un particulier de trouver des disques vinyles vierges font que ces appareils sont fort rares et servent surtout à des firmes indépendantes[réf. nécessaire].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le disque vinyle est un enregistrement analogique mécanique, c’est-à-dire que la forme du sillon est semblable (analogue) au signal électrique qu'elle représente. Au contraire le CD représente numériquement le signal audio en procédant à un échantillonnage, puis à une quantification. Cet encodage numérique permet d'ajouter des données au support permettant de corriger ou de dissimuler les erreurs de lecture ; ou à défaut, de remplacer par du silence.

L'enregistrement analogique ne permet pas de corriger les erreurs de lecture. Un disque vinyle rayé revient sans cesse sur le même passage, un disque poussiéreux craque. On peut tout au plus atténuer les défauts par filtrage, à moins qu'on ne procède à une numérisation pour extraire le son original par des procédés mathématiques élaborés.

Lecture du disque[modifier | modifier le code]

Alors qu'un disque compact est lu par un bloc optique grâce à un laser, le disque vinyle se lit en général à l'aide d'un bras équipé d'une tête de lecture, ou cellule, sur laquelle est monté un stylet muni d'une pointe en diamant[3] ou saphir qui parcourt le microsillon par contact direct. Ce frottement de l'aiguille de la tête de lecture sur le disque vinyle provoque une légère usure de la tête et surtout du disque. Cette perte est très sensible dans les aigus après quelques écoutes. Les fréquences au-delà de 10 kHz sont très rapidement dégradées car elles induisent de fortes pressions sur la pointe de lecture. La pointe de lecture s'use également à la longue et doit être changée régulièrement pour garder la meilleure qualité du son. Pour essayer de reproduire le mouvement du burin qui a gravé le disque, on utilise des aiguilles à diamants elliptiques. Les disc-jockeys utilisent des aiguilles à pointe sphérique qui sont censées moins user les disques.

La lecture d'un disque est entachée de plusieurs sources d'erreurs :

Erreur de piste 
le frottement du diamant sur le disque n'étant pas dans l'axe du bras, il exerce sur celui-ci un couple vers le centre. Le diamant, légèrement poussé , ne suit exactement le fond du sillon. Ce décalage entraîne une réduction de la séparation entre la vibration latérale et la vibration verticale. Augmenter pression sur la pointe de lecture entraîne une usure plus rapide du disque et du diamant. La plupart des bras de platines haute fidélité sont équipés d'un mécanisme compensateur. Un diamant usé, qui ne touche plus au sillon au milieu du flanc, crée une erreur de piste.
Erreur de trajectoire 
Le bras de lecture décrit un arc de cercle qui n'est orthogonal aux sillons, au mieux, qu'une seule fois dans sa trajectoire. Le reste du temps, la tête n’étant pas dans l'axe du sillon il se produit une distorsion harmonique[réf. souhaitée]. Les bras tangentiels n'ont pas ce défaut, mais induisent une plus grande complexité.
Erreur angulaire 
Le diamant touche les bords du sillon en deux points qui ne correspondent pas aux arêtes du burin qui a fait la gravure. Le diamant elliptique s'en approche mieux qu'une pointe ronde. L'erreur est plus importante dans les fréquences élevées.
Bruit de surface 
C'est un bruit de frottement qui est dû à un vinyle insuffisamment lisse.
Poussières 
Le dépoussiérage est difficile car le vinyle est électrostatique et attire la poussière et les gravure profondes sont plus difficile a dépoussiérer.
Longueur d'un tour 
Les sillons du centre du disque sont beaucoup moins longs que ceux de la périphérie. Y graver ou y lire une fréquence de plus de 10 kHz est illusoire. La vitesse linéaire de la pointe sur le sillon est, pour un 33 tours, d'environ 0,5 m⋅s-1 à l'extérieur, la moitié à l'intérieur.
Vitesse de rotation du disque 
En principe inaudible avec un matériel correct.
Vibrations 
Une mauvaise conception des pieds de la platine retransmet les pollutions externes, les vibrations du moteur issues de l'entrainement : galet en caoutchouc de liaison plateau et axe moteur, le système a courroie (le plus courant) et les vibrations diverses de fonctionnement mécanique de la platine, peuvent perturber la lecture. Les platines professionnelles et celles haut de gamme grand public sont pourvues de moteurs à entrainement direct du plateau. Ces derniers sont des moteurs pas à pas dont le bruit de fonctionnement est quasi nul et très stables en vitesse en raison de la stabilisation de la gestion électronique par un quartz.
Bruits dans le signal
Ils peuvent provenir d'un problème de masse électrique. Pour éviter cela, bon nombre de platines ont un fil supplémentaire à brancher sur le châssis de l'amplificateur ou de la table de mixage.

Il existe, depuis le début des années 1990, un système à lecture laser pour disque vinyle ELP Laser Turntable. Il est très rare, et encore très cher. Le nom de la machine, est « The laser Turntable », elle est fabriquée au Japon. Plusieurs faisceaux laser sont utilisés durant la lecture. Certains d'entre eux ont pour seule tâche de diriger le faisceau laser de lecture. Des disques griffés, gondolés, cassés peuvent être lus et le système a aussi l'avantage de limiter l'usure du disque car aucune tête de lecture n'est en contact. Il est recommandé de posséder une machine de nettoyage de disque vinyle par vide d'air car la platine laser ne fonctionne correctement qu'avec des disques parfaitement propres. Le système de lecture des disques vinyles par laser génère cependant un peu de bruit de fond, et cela étant il ne rencontre donc pas les besoins des audiophiles exigeants qui jugent que l'utilisation d'un diamant produit un son plus propre. Par ailleurs différentes « colorations » du son peuvent être obtenues suivant la cellule utilisée, et la musique écoutée, c'est un autre « avantage » de la lecture par diamant[réf. nécessaire].

Courbe de réponse[modifier | modifier le code]

Lors de la fabrication de la matrice, les fréquences aiguës sont renforcées et les graves sont atténuées selon la courbe RIAA. Cela permet d'avoir une dimension de gravure plus régulière et évite aux aigus de se perdre dans le bruit de fond et aux graves d'envoyer le burin dans le sillon d'à côté. La déviation du sillon réduite dans les graves permet de rapprocher les sillons, et donc d'allonger la durée des faces ; en contrepartie, l'amplification des basses a l'inconvénient d'augmenter le rumble en lecture[4].

La courbe inverse sera utilisée lors de la lecture.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Le disque vinyle est un support de diffusion de masse. Contrairement à d'autres media contemporains comme la cassette audio, la fabrication du premier disque demande beaucoup de travail, sa reproduction répartit les coûts entre des milliers d'exemplaires.

Gravure du disque[modifier | modifier le code]

La première étape consiste à graver une matrice. Elle se présente sous la forme d'une galette lisse constituée d'un disque d'aluminium entièrement recouvert d'acétate de vinyle. Un burin en diamant, monté sur un stylet chauffant grave un sillon hélicoïdal. Le stylet est couplé à un système électromagnétique, la tête de gravure, qui le fait vibrer. Au microscope, on peut voir les ondulations des sillons qui ne doivent jamais se toucher.

Lors de la gravure, le burin fait un copeau qui, idéalement ne doit pas se briser. Il est rejeté vers l'extérieur du disque car son plan de coupe est légèrement incliné par rapport au rayon du disque. La tête de gravure qui porte le burin est entraînée par une vis sans fin. Sa trajectoire est une droite passant sensiblement à un centimètre de l'axe de rotation du disque.

Le disque ainsi obtenu peut être lu ou être utilisé pour faire une matrice de pressage. Les disques destinés à être lus sont faits sur des galettes plus résistantes à l'usure. On parle de disques à enregistrement direct.

Pressage du support[modifier | modifier le code]

Le disque gravé est recouvert de métal par galvanoplastie. On retire le vinyle. Il reste une matrice qui permettra dans une presse de produire des disques. On considérait qu'on pouvait en produire environ 10000 mais que seuls les 1 000 premiers étaient de la meilleure qualité.

Matière première[modifier | modifier le code]

Les disques microsillons sont en général constitués d'un mélange de polychlorure de vinyle (PVC) et de polyacétate de vinyle (PVAC) auquel est ajouté un système de stabilisation thermique (souvent à l'étain) ainsi que des additifs destinés à réduire le bruit de frottement de la tête de lecture et différents pigments selon la couleur souhaitée.

Parmi les leaders de la fabrication de matière première pour le disques microsillons, on compte notamment le français Resinoplast[5]

Désignations[modifier | modifier le code]

Diamètre Taille en " Tr/min Commentaire
30 cm
(30x30 cm)[6]
12" 33 1⁄3 40 à 60 minutes Long Play (LP)
45 Maxi 45 tours, Maxi Single, et Extended play (EP)
25 cm
(25x25 cm)
10" 16 (LP)10 morceaux par face
33 Long play (LP)
45 Extended play (EP)
18 cm
(18x18 cm)
7" 45 Single
45 Extended play (EP)
33 1⁄3 format utilisé dans les années 60 et 70 pour les albums pour enfants.
Autres vocables :
  • Sleeve ou cover = pochette
  • Gatefold cover = pochette dépliante ou à volets
  • Inserts = documents insérés.
  • Picture disc = vinyles colorés, dessinés ou peints.
  • Etches = gravures.

Par formats[modifier | modifier le code]

Trois exemples de diamètre de single :
- Maxi 45 tours 30 cm,
- simple 78 tours 25 cm
- simple 45 tours 18 cm

La désignation par format se base sur la taille physique du diamètre du disque microsillon. Elle est la plus utilisée dans les pays anglophones dont l'unité de mesure de longueur est le pouce. Il arrive que l'on utilise aussi ces dénominations en France pour les disques vinyles venant des régions anglophones, mais en France il arrive que l'on utilise les diamètres approximatifs en centimètre.

Sept pouces (17 cm
abrégé en 7", est un disque vinyle mesurant 7 pouces de diamètre soit 17,78 centimètres. Ce format est utilisé habituellement pour les singles et plus généralement pour les 45 tours. Plus rarement il est utilisé pour les maxi 45 tours et dans les années 60 et 70, certains albums pour enfants sont sortis en 33 tours.
Dix pouces (25 cm
abrégé en 10", est un disque vinyle mesurant 10 pouces de diamètre soit 25,4 centimètres. Ce format, courant jusqu'au début des années 1970 a été de moins en moins utilisé par la suite, au profit du 12" (30 cm).
Douze pouces (30 cm
abrégé en 12", est un disque vinyle mesurant 12 pouces de diamètre soit 30,48 centimètres. Ce format est utilisé habituellement pour les albums et plus généralement pour les long play 33 tours, il est aussi habituellement utilisé pour les maxi 45 et 33 tours voire certains singles.

Par types[modifier | modifier le code]

Le terme « microsillon », traduction du terme microgroove inventé en 1947, a été créé pour lancer le nouveau procédé pressé sur vinyle face à l'ancien disque 78 tours avec « sillon standard ». La différence de taille du sillon implique la lecture avec une pointe, saphir ou diamant, de taille différente.

La lecture de disques sillon standard sur une platine équipée d’un diamant conçu pour les microsillons, donne un bruit de fond dû au fait que cette pointe de lecture est trop fine par rapport au sillon du disque. Dans les années 1960 à 1980, il était possible de se procurer des « saphirs » réversibles, un côté destiné aux microsillons et l’autre aux 78 tours.

Article détaillé : Disque 78 tours.

Disque 45 tours[modifier | modifier le code]

Les disques tournant à 45 tours par minute ont été inventés en 1949 (toujours aux États-Unis), pour relancer et développer le marché des juke-boxes, ce qui explique le gros trou au centre. Ils ont généralement un diamètre de 17,5 cm (7 pouces) et contiennent une chanson par face. Ce sont les ancêtres des CD deux titres (aussi appelés CD Singles) et, outre les machines juke-box, leur principale clientèle était les adolescents — sur une période s'étalant des années 1960 aux années 1990. Seuls les 45 tours étaient compatibles avec des mange-disques.

Le single comporte la chanson principale sur la face A, et une chanson secondaire ou inédite, ayant pour rôle de remplir la 2e face. Par extension, la chanson secondaire est qualifiée de « face B », et beaucoup d'entre elles ne parurent pas dans les albums correspondants. Les Beatles ont, à quelques reprises, publié des 45 tours avec deux faces A. Certains groupes des années 1960 et 70 ont ressorti certaines faces B près de 30 ans plus tard, en tant que Bonus dans une réédition d'album en CD ou une compilation. Quelquefois, la face B était la version instrumentale ou karaoke de la chanson principale.

Il existe par ailleurs des 7 pouces de 4 titres (super 45 tours), dits EP pour « Extended play » ; ceux-ci sont trop longs pour être appelés single mais trop courts pour être appelés album. Ces 7 pouces tournent généralement à 45 tours par minute et plus rarement à 33 tours par minute. Ils ont d'ailleurs dominé le marché des années 50 à la fin des années 60 où les 45 tours singles n'étaient disponibles que pour les juke-boxes. Ensuite, à la fin des années 60, ils se sont raréfiés au profit du 45 tours single, sans disparaître pour autant, mais servant essentiellement de support pour la production de musique enfantine, avec généralement une pochette en forme de livret comportant le texte des chansons.

Quelques Maxi 45 tours de 30 cm de diamètre ont été édités, principalement pour contenir de la musique classique. À la fin des années 1970, le Maxi 45 tours (ou maxi-single, super-45T) se généralise principalement pour contenir des morceaux plus longs (de 5 à 20 minutes, parfois plus) liés aux musiques disco et funk qui bénéficient d'une exploitation en discothèque. Les maxi-45T ont été plébiscités également par les disc-jockeys qui trouvaient leur manipulation plus aisée, alliée à une qualité de son supérieure. On trouve aussi sur ces disques des versions avec pistes supplémentaires remixées ou des morceaux inédits ne figurant pas sur l'album (les B-sides).

Certains vinyles ont même une face en 45 tours et une face en 33 tours. On a vu aussi des disques dont la lecture se fait du centre vers l'extérieur, comme c'est le cas aujourd'hui pour les CD. La reproduction sonore étant optimale sur les sillons les plus éloignés du centre du disque cette particularité permet une meilleure reproduction des musiques classiques qui vont généralement crescendo, c'est-à-dire se complexifient au fur et à mesure de l'avancée dans le morceau.

Disque 33 tours[modifier | modifier le code]

Les disques tournant à 33 tours 1/3 (soit : un tiers de tour) par minute ont généralement un diamètre de 30 cm (12 pouces), ou plus rarement de 25 cm (10 pouces), au début de l'histoire du disque vinyle et plus récemment pour certaines rééditions et certains disques de musique punk. Ils ont été mis au point par les ingénieurs du label Columbia Records en 1948. Les 33 tours de 17 cm (7 pouces) sont appelés EP (pour « Extended play ») et contiennent généralement quatre titres. Ils servent de support à des albums de chanson ou à de la musique classique, ainsi que pour les bandes originales de films. Dans le domaine de la chanson, le format du disque 33 tours, d'une durée de 40 à 60 minutes, est à l'origine de la notion d'album, grâce au procédé microsillon (LP pour « Long Play »).

Les 33 tours servaient aussi de support pour les maxi singles dans la Funk, Disco etc. Comme la qualité sonore était meilleure que les 45 tours, beaucoup préféraient au lieu de sortir un 45 tours en 12", un 33 tours en 12" avec sillons plus écartés, ou alors dans le cas où la version longue atteignait plus de 8 ou 10 minutes.

Dans le cadre des remasterings, ou des rééditions CD dans les années 1980 et 1990, certaines bandes originales d'album ont été perdues. Des ingénieurs et des assistants procédaient alors à des recherches de masters afin de s'en servir pour les rééditer en CD. Quand aucun master n'avait pu être retrouvé, ils utilisaient alors une version vinyle originale à l'état neuf, pour faire un repiquage afin de le remettre sur CD.

Disque 16 tours[modifier | modifier le code]

Les disques tournant à 16 tours par minute n'ont pas connu un grand succès commercial. Ils étaient surtout destinés à servir de support à des textes parlés ou à des disques de musique de danse.

Ces disques microsillons tournent exactement à 16 tours 2/3, soit la moitié de 33 tours 1/3. Ils sont apparus en 1957 et existent dans différents diamètres : 17 cm pour l'apprentissage des langues (utilisation scolaire), 25 cm pour quelques éditions commerciales (en France, les marques Vogue et Ducretet-Thomson en ont édité), 30 cm pour de longues œuvres littéraires ou des pièces de théâtre à destination des aveugles et des malvoyants.

Dans ce domaine, en France, l'Union des Aveugles de Guerre a sorti de nombreux coffrets (de 6 à 10 disques) comprenant jusqu'à 1 heure d'enregistrement par face. Les disques inclus dans ces coffrets ont pour particularité de présenter une étiquette centrale imprimée sur une face et, sur l'autre face, une étiquette noire avec le titre de l'œuvre écrite en braille. Aux États-Unis, la firme RCA a pressé de tels disques. Aux États-Unis toujours, de 1956 à 1958 la firme Columbia a pressé des disques 16 tours (diamètre 17 cm) pour son tourne-disques automobile « Highway Hi-Fi phonograph ». Ces disques avaient une durée de 40 à 45 minutes par face mais devaient être lus exclusivement sur le tourne-disque de voiture, le sillon, étant deux fois plus étroit, nécessitait une tête de lecture spécifique[7].

La plupart des constructeurs d'électrophones avaient prévu cette vitesse 16 tours sur leurs appareils, mais devant la très faible production commerciale de ces disques, cette option a disparu en quelques années. En matière de reproduction sonore analogique, plus le support tourne (ou défile) vite, meilleure est la qualité notamment dans les fréquences élevées (aigus). De ce point de vue, les 16 tours ont eu quelque mal à convaincre les audiophiles avertis[réf. souhaitée].

Dans l’émission « Géo » diffusée sur Arte en décembre 2010 et consacrée à « Gene Winfield, le mécano des folles autos » (http://www.arte.tv/fr/3544738.html) nous apprenons que la société Chrysler équipait certaines de ses voitures d’un tourne-disque. Un collectionneur affirme même que « Chrysler fabriquait ses propres disques » 16 tours 2/3.

Disques vinyle non standard[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, une firme spécialisée (M.D.R - Magnetic Disc Recordings) avait mis sur le marché des disques vinyles 33 tours dits « Trimicron » qui proposaient près de 60 minutes par face, là ou la durée moyenne est de 20 à 30 min, selon la qualité. Ce procédé utilisait l'espace non gravé entre chaque tour de disque (1 sillon - 2 espaces vides - 1 sillon) pour y graver 2 sillons supplémentaires sur la même surface, ce qui triplait la durée de ceux-ci. Ces disques rares sont très fragiles, mais permettent de faire tenir une œuvre classique intégrale sur un seul et même disque 33 tr/min. Mais la dynamique du signal étant plus faible par rapport à un 33 tr/min standard, le procédé fut vite délaissé, car il nécessitait du matériel de lecture de haute qualité, ce qui coûtait relativement cher à l'époque.

La NSC Records de Détroit propose la NSC-X2 Groove Technology, qui combine deux sillons par face, de durée réduite[réf. nécessaire].

Il existe des machines de gravure, gravant des disques à l'unité (Vestax VRX-2000 par exemple) souvent utilisées par les DJ. Ces machines sont équipées d'un régulateur de la vitesse du plateau pitch et gravent le disque de l'extérieur vers l'intérieur du disque. Si l'on souhaite obtenir un disque reverse (se lisant de l'intérieur vers l'extérieur) avec ces machines, il faut inverser le sens de la piste sonore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Loyer 1989 écrit dans la revue L'audiophile une revue très favorable au CD. Le vinyle ne trouve pas de soutien dans la deuxième série du magazine, 1988-1995. La première série avait publié quatre articles techniques et critiques à l'introduction de la technologie digitale. Seul Marec 1983 compare une édition vinyl et une édition CD des mêmes enregistrements. Les critiques peuvent aussi bien s'adresser à la mastérisation des disques (de musique classique)
  2. a et b Piquet, « Le vinyle « made in France » victime de son succès », sur Le Figaro,‎ 19 avril 2014 (consulté le 26 avril 2014).
  3. À l'origine, le phonographe utilisé pour lire les 78 tours utilisait une aiguille en épine de cactus, vite usée, mais qui épargnait le disque, ou en acier, que l'on pouvait réaffûter et qui devait régulièrement être changée. Ces appareils n'utilisaient pas d'amplificateur électronique et l'aiguille transmettait la vibration à une membrane déposée en bas d'un cornet servant d'amplificateur acoustique. Ensuite, les électrophones, disposant d'amplificateurs à lampes, puis à transistors, ont utilisé des saphirs, dont l'usure était relativement rapide. Ces saphirs ont été remplacés dans les années 1960 par des diamants dont l'usure était environ dix fois moins rapide.
  4. Orsini 1993, p. 79.
  5. Le roi du vinyle est Rémois, sur le site lunion.presse.fr, consulté le 24 avril 2013
  6. Taille de la pochette le contenant
  7. WHERE THE VINYL MEETS THE ROAD Sur le site ookworld.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mario d'Angelo, La renaissance du disque: les mutations mondiales d'une industrie culturelle, Paris, la Documentation française, coll. « Notes et études documentaires »,‎ 1989, 103 p.
  • Revue L'audiophile, 1.série 1977-1988, 2.e série, 1988-1995
    • La première série comporte 3 articles sur les cellules de lecture et 11 articles sur le préamplificateur RIAA, y compris des montages à réaliser soi-même.
    • Jean Hiraga, « L'entretien des disques », L'Audiophile, no 18,‎ décembre 1980 (lire en ligne).
    • Guy Marec, « Digital : le temps des paradoxes », L'audiophile, no 28,‎ mai 1983 (lire en ligne)
    • Pierre Loyer, « Le compact face au disque noir », L'audiophile, no 4,‎ avril 1989, p. 157-162 (lire en ligne)
  • Daniel Lesueur, L'histoire du disque et de l'enregistrement sonore, Paris, Alternatives,‎ 5 octobre 2006, 176 p. (ISBN 2-86227-497-6, résumé)
  • Christian Orsini, « Le disque », dans Denis Mercier, Le livre des techniques du son, tome 3 : l'exploitation, Paris, Eyrolles,‎ 1993
  • La conservation des documents sonores, CNRS éditions 1996
  • L'Encyclopædia Universalis V12

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

en 1946