Mafia

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Représentation symbolique de la Mafia par la pieuvre : même décapitée, la piovra conserve un bon nombre de ses tentacules en activité, en particulier à l'étranger[1].

Une mafia (ou maffia) est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux. Les membres sont appelés « mafieux » (sans distinction de nombre), ou parfois « mafiosi », d’après le nom italien (au singulier : « mafioso »).

Sommaire

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme mafia a diverses étymologies possibles plus ou moins vérifiables et crédibles. Dans les années 1860, le terme apparaît dans les documents officiels et les communications des fonctionnaires de l'époque pour désigner, tout à la fois, une association de malfaiteurs et un comportement de la société sicilienne couramment admis à l'époque[2].

Selon le compte rendu historique de Giuseppe Pitré sur les traditions populaires de cette époque (1841-1916) et dont les travaux furent fortement remis en question par certains historiens de la mafia même (John Dickie soulignera que Pitré était alors un proche collaborateur du député et mafieux notoire Raffaele Palizzolo[3]), le terme était également employé en tant que synonyme de beauté, bravache et audace dans la langue populaire d’un quartier de Palerme. Ce même sens étymologique sera repris par Diego Gambetta, en 1993, dans son ouvrage The Sicilian Mafia : the Business of Private Protection[4], tandis que John Dickie insiste sur l'ambivalence du terme, désignant, à la fois et tour à tour, un comportement machiste dit « d'honneur » et une association criminelle proprement dite… Toujours selon Dickie, certains auteurs d'alors auraient ouvertement insisté sur le premier sens afin de faire croire à leurs contemporains l'absence de toute forme d'association criminelle.

L’expression prise dans son sens criminel proprement dit serait apparue [2] à partir de 1863, avec la pièce I mafiusi di la Vicaria de Giuseppe Rizzotto et Gaetano Mosc, laquelle connut un grand succès et fut traduite en italien, napolitain et meneghino, diffusant alors le sens véritable de ce terme sur tout le territoire national de l'Italie [2]. Dans cette pièce, le personnage du mafioso est le « camorista » ou l’homme d’honneur, c’est-à-dire celui qui adhère à une société s’opposant ouvertement aux institutions gouvernementales et exhibant, ainsi, courage et supériorité. Selon J. Dickie, l'abondante diffusion de cette pièce de théâtre serait à l'origine du mythe de la Mafia protectrice des faibles et symbole de comportement honorable de la part de ses membres [2]. Dans son rapport de 1864 sur la sécurité publique en Sicile, le baron Niccolò Turrisi Colonna ne parle pas de mafia, mais plutôt de « secte» [2] et Dickie affirme que c'est le gouvernement italien qui popularisa le terme dans son sens criminel actuel [2].

Un document confidentiel signé en avril 1865 par le marquis et préfet de Palerme Filippo Antonio Gualterio, mentionne la présence et l'existence de la Mafia sous la formulation « Mafia, o associazione malandrinesca » (en français : la Mafia, ou association de malandrins). Selon Gualterio, la Mafia offrait alors son aide et sa protection aux opposants du gouvernement[2]. Dès lors, tenant compte de ces recommandations, le gouvernement italien enverra en Sicile, pendant 6 mois, une troupe forte de 15 000 soldats afin d'y contrer toute forme d'opposition politique populaire [2]. Selon Dickie, Gualterio aurait sciemment décrit les agissements de la Mafia en tant que manœuvres adverses visant à renverser ledit gouvernement, alors que certains de ses chefs parmi les plus importants tel Antonino Giammona, s'étaient plutôt rangés du côté du gouvernement[2]. Ce rapport suscitera en outre une longue controverse sur le sens du mot 'mafia', certains affirmant qu'il signifiait « comportement honorable et brave », d'autres déclarant, au contraire, qu'il décrivait bel et bien une organisation criminelle [2]. De sorte qu'en 1877, le rapport de Leopoldo Franchetti et Sidney Sonnino décrira la mafia comme étant une « industrie de la violence » et la notion d'association criminelle sera donc à nouveau confirmée par le rapport Sangiorgi paru au tournant du XXe siècle.

D'autres sens et définitions étymologiques ultérieurement évoqués susciteront l'ironie dans la nouvelle Philologie de Leonardo Sciascia (1973, in La Mer couleur de vin) qui y mettra en scène deux mafieux proposant des significations opposées visant essentiellement à confondre et égarer le lecteur alors médusé [2].

Naissance et origine de la mafia[modifier | modifier le code]

Le terme mafia est polysémique : au sens large il désigne toute forme de crime organisé n'importe où sur la planète (c'est ainsi qu'on parle de mafia russe, italienne, chinoise, japonaise, etc.) ; mais le sens premier désigne l'organisation du crime sicilien ; la Sicile est le berceau de la Mafia.

Une origine sicilienne[modifier | modifier le code]

La mafia sicilienne : onorata societa, omertà, etc.[modifier | modifier le code]

La mafia à l'origine est donc sicilienne. Elle apparaît dans la seconde moitié du XIXe siècle. Dans la première moitié du XIXe siècle, l'aristocratie a laissé de plus en plus de place à la bourgeoisie dans la gestion des terres. D'une manière générale, les taxes ont augmenté ; les terres réservées autrefois aux pauvres ont été confisquées et privatisées. Avec le rattachement à l'Italie (1861), de nouvelles taxes imposées par le Nord s'ajoutent, rendant la situation intenable. C'est dans ce contexte que la mafia surgit.

Le mafieux est d'abord un misérable, chassé de ses terres, contraint à l'errance, mendiant, brigand, louant ses services, rackettant… mais il y a un autre type de mafieux : le riche, le possédant qui expulse et qui rémunère les gros bras qui expulsent, récoltent les taxes, extorquent les fonds sous la menace de l'arme, sans passer par les tribunaux (trop laxistes de toute façon). À une époque où le pauvre et le riche vont s'appauvrir, les liens vont se resserrer ; au fur et à mesure que les difficultés s'accroissent, la valeur de la parole donnée augmente, ainsi naît l'onorata societa, la société des hommes d'honneur, ceux qui tiennent leur parole et leur langue. Avec la mafia la notion d'omerta est scellée. Tout « homme d'honneur » doit tenir sa langue, il doit préférer le silence à la dénonciation, l'action à la parlote. L'omerta, c'est l'homme (omu) et l'humilité (umiltà), l'homme humble, respectable, digne de ce nom, qui se tait et qui agit. C'est indéniablement dans un contexte d'extrême pauvreté que se développe la mafia : sans conditions extrêmes, les hommes de main sont difficiles à recruter, et sans homme de main prêt à exécuter les ordres, il n'y a pas d'organisation.

La mafia est également liée à la notion de « parrain ». Le parrain est le chef de l'organisation, celui qui accumule le plus de richesses et celui qui prend toutes les décisions. Chaque homme lui doit le « respect » ; celui qui enfreint cette règle doit mourir. À l'origine, la mafia est organisée, elle a un chef et des exécutants ; mais plus la pauvreté va croître dans la Sicile de la fin du XIXe siècle, plus les « mafias » vont prospérer et s'organiser, plus elles vont être nombreuses et s'affronter pour le contrôle des territoires et des revenus.

Le premier Parrain : "Don Vito" (1862-1943)[modifier | modifier le code]

Le premier véritable « parrain » de la mafia s'appelle Vito Cascio Ferro. Il modernise l'organisation, impose le pizzu, impôt (racket) à tous les commerçants. Il raconte qu'il va « picorer » chez les commerçants comme le moineau pique son bec dans une flaque d'eau pour boire ; d'où le terme « pizzu ». Il est le parrain qui chapeaute tous les capos qui eux-mêmes dirigent tous les hommes de mains. Chaque capo a un consigliere (bras droit). « Don Vito », comme on l'appelle, ne faillira jamais, parsemant sa vie de nombreux morts. Il est la légende qui a inspiré le personnage du film Le Parrain prêtant son surnom et son prénom à Don Vito Corleone (le nom de Corleone étant emprunté au village de mafieux le plus dur qu'ait connu la Sicile : Corleone, au sud-ouest de Palerme). C'est lui qui exporte la mafia aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

La mafia sicilienne aux États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

Les Siciliens pauvres fuyaient la misère et malheureusement ne trouvaient que misère également aux États-Unis ; l'organisation de la Mafia trouva donc un terrain prospère pour ses affaires. C'est ainsi que dès l'arrivée des premiers Siciliens se mit en place l'organisation de la Mano Nera. Les mafieux envoient des lettres anonymes aux autres Siciliens avec une demande de rançon signée par un dessin représentant une main gantée de noir. Celui qui reçoit la lettre n'a qu'à se rendre au rendez-vous fixé avec la somme demandée, sinon c'est l'assassinat. Ce phénomène n'étant réservé qu'aux Siciliens, et ces Siciliens étaient généralement très pauvres, la police américaine se moque éperdument de tout ça. Il n'y a guère qu'une fois le cadavre retrouvé que l'on s'inquiète un peu, puis on passe. C'est ainsi que l'organisation criminelle de Don Vito va s'étendre de la Sicile aux États-Unis et y prospérer également. On trouve très tôt des marques d'implantation de la mafia partout où il y a des Siciliens : New York bien sûr, mais aussi Chicago, et même Kansas City.

Les mafias italiennes[modifier | modifier le code]

Les principales mafias dans le sud de l'Italie.

Si la mafia se développe d'abord en Sicile, elle se développe aussi rapidement dans le Sud de l'Italie, cette autre partie soumise au nord et négligée par le nord dès après 1861. Ces mafias portent différents noms selon le lieu où elles règnent :

Les autres mafias dans le monde[modifier | modifier le code]

Les organisations criminelles considérées comme des mafias stricto sensu par les criminologues[Qui ?] sont, outre les mafias italiennes,

D’autres groupes criminels tels que les cartels mexicains ou colombiens avec Pablo Escobar, les clans nigérians, les posses jamaïcains, la pègre du sud de la France, ne sont pas stricto sensu des mafias mais des organisations criminelles.

Caractéristiques d'une mafia[modifier | modifier le code]

Six caractéristiques définissent une mafia :

  • Structuration de l'organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes.
  • La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l'organisation par l'intimidation.
  • La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale.
  • Un ancrage territorial. Ainsi tout en ayant des activités internationales, les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d'origine.
  • La coexistence entre les activités légales et illégales entre l'ensemble des ressources de l'organisation. Seule l'Italie, confrontée de longue date aux phénomènes mafieux, a défini le crime d'association mafieuse.
  • Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l'échelle régionale, soit à l'échelle nationale. Grâce à cette interpénétration, elle arrive à accéder à certaines ressources, dont des marchés publics. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu'elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l'influence qu'elle exerce sur la société.

Histoire de la Cosa Nostra sicilienne[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Il a été longtemps débattu des possibles origines médiévales de la Mafia, que le "pentito" Tommaso Buscetta, aujourd'hui décédé, avait estimées possibles, alors que les études modernes infirmeraient plutôt cette hypothèse.

À l'appui de cette hypothèse, il a ainsi été avancé que le mot "Mafia" proviendrait de l'épisode des vêpres siciliennes en 1282 quand la population de Palerme massacra les troupes françaises de Charles d'Anjou. "Mafia" serait l'acronyme de « Morte ai francesi Italia anela » (« Mort aux Français désire l'Italie »). Cette étymologie semble cependant complètement inventée, sans doute au XIXe siècle, tant l'idée d'Italie en tant que Nation est anachronique, se rapportant à des évènements survenus au XIIIe siècle[6].

Il est cependant possible que la mafia « originelle » ait été constituée comme une société secrète dont l’objectif avoué était de protéger la population sicilienne de la menace des maraudeurs espagnols au XVe siècle. Cependant, il y a très peu de preuves historiques qui abondent dans ce sens. Il est également concevable que le mythe de « Robin des Bois » ait été perpétué par les premiers mafiosi notoires dans le but de gagner la bienveillance et la confiance des Siciliens.

Après les révolutions de 1848 et 1860, la Sicile avait sombré dans l’anomie la plus totale. Les premiers mafiosi, alors bandes de hors-la-loi, petites et éparses, contribuèrent par les armes à la confusion. Pour l’auteur John Dickie (en), leur objectif était de détruire les rapports de police et les preuves, ainsi que d’éliminer la police et les pentiti (repentis) en profitant du chaos ambiant. Cependant, une fois qu’un nouveau gouvernement fut établi à Rome et qu’il devint clair que la mafia ne serait plus à même de mener à bien ces actions, ils changèrent progressivement leurs méthodes et leurs techniques au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Protéger les grandes plantations de citronniers et les propriétés de la noblesse locale (parfois en son absence jusqu’à la remplacer) devinrent des affaires lucratives bien que dangereuses. Ces activités se déroulaient au début principalement à Palerme, mais la domination de la mafia sicilienne s’étendit bientôt dans tout l’ouest de la Sicile. Afin de renforcer les liens entre les bandes disparates et d’assurer ainsi de meilleurs profits et un environnement plus sûr, il est possible que la mafia telle que nous la connaissons ait été formée à ce moment, au milieu du XIXe siècle.

Après l'unification de l'Italie[modifier | modifier le code]

À partir de 1861, date à laquelle le nouvel État italien unifié prit le contrôle de la Sicile et des états papaux, les papes furent hostiles à l’État. Dès 1870, le pape déclara être assailli par l’État italien et les catholiques furent fortement encouragés à refuser de coopérer avec lui. En règle générale, en Italie, cela prit un caractère paisible. La Sicile était fortement catholique, dans un sens toutefois plus communautaire qu'intellectuel ou théologique, et se méfiait traditionnellement des étrangers. La friction entre l’Église et l’État donna un grand avantage aux bandes criminelles violentes de Sicile qui pouvaient déclarer aux paysans et aux citadins que coopérer avec la police, qui représentait le nouvel État italien, était un acte anti-catholique. C’est pendant les deux décennies suivant l’unification de 1860 que le terme mafia est venu à l’attention du grand public, bien qu’il désignât alors davantage un système d’attitudes et de valeurs qu’une organisation. Elle était encore à l’image des contremaîtres qui dirigeaient les grandes propriétés agricoles en l’absence des propriétaires terriens (les nobles) qui résidaient le plus souvent à Palerme, Naples ou, après l'unification, Rome et qui acquirent de fait un pouvoir local, notamment en termes d’impôts.

La première mention dans les annales judiciaires officielles du terme « mafia » apparaît à la fin du XIXe siècle, quand un certain Dr. Galati fut victime de menaces violentes par un mafioso local, Antonino Giammona, qui tentait de racketter son exploitation de citronniers. Les rackets de « protection », le vol de bétail et la corruption de fonctionnaires de l’État étaient les sources de revenus et les protections principales des premières mafias. La Cosa Nostra a aussi fortement emprunté aux serments et rites maçonniques, comme la désormais célèbre cérémonie d’initiation.

Le régime fasciste de Mussolini[modifier | modifier le code]

En 1925, Benito Mussolini lança une campagne visant à détruire la mafia et à exercer un contrôle fasciste sur la vie sicilienne. La mafia menaçait, sapait sa puissance en Sicile, et une campagne réussie aurait pour conséquence de renforcer la légitimation et la mise en place de son pouvoir. C'était une opération dont les retombées pouvaient être très positives pour l'image du fascisme, et qui pouvait également fournir une excuse pour réprimer ses opposants politiques sur l'île, puisque de nombreux politiciens siciliens avaient des liens mafieux.

En tant que premier ministre, Mussolini avait visité la Sicile en mai 1924 et traversé Piana dei Greci, où il avait été reçu par le maire, patron de la mafia Francesco Cuccia. À un moment, Cuccia s'étonna de l'escorte policière de Mussolini, et lui chuchota à l'oreille: « Vous êtes avec moi, vous êtes sous ma protection. De quoi avez vous besoin de tous ces flics ? » Quand Mussolini eut rejeté l'offre de protection de Cuccia, celui-ci donna le mot d'ordre aux villageois de ne pas assister au discours de Mussolini. Mussolini se sentit humilié et outragé.

La remarque imprudente de Cuccia est passée dans l'histoire comme le catalyseur de la guerre de Mussolini contre la mafia. Lorsque Mussolini eut établi fermement son pouvoir, il nomma Cesare Mori, le préfet (« de fer ») de Palerme en octobre 1925 et lui accorda des pouvoirs spéciaux pour lutter contre la mafia. Mori forma une petite armée de policiers, de carabiniers et de miliciens, qui passait de ville en ville, pour entourer les suspects. Pour contraindre les suspects à se rendre, ils prenaient leurs familles en otage, vendaient leurs biens ou faisaient publiquement abattre leur bétail. En 1928, plus de 11 000 suspects avaient été arrêtés. Les confessions étaient parfois extorquées sous la torture et les coups. Certains mafieux qui avaient été du côté des perdants de querelles mafieuses coopérèrent volontairement avec les procureurs, afin, peut-être, d'obtenir protection et vengeance. Les charges d'association mafieuse furent généralement adressées à des paysans pauvres, aux gabellotti (locataires de ferme), mais furent évitées lorsqu'il s'agissait de grands propriétaires terriens. Beaucoup furent jugés en groupe. Plus de 1 200 furent condamnés et emprisonnés et d'autres exilés (en exil intérieur) sans procès. Beaucoup de mafiosi fuirent à l’étranger pour échapper à l'emprisonnement.

Des résultats tangibles[modifier | modifier le code]

En 1927 Mussolini crie victoire ; Mori, lui-même, se vante d'avoir ramené le nombre de meurtres en Sicile occidentale de 278 en 1924 à 25 en 1928 (en fait il y en aurait eu une bonne centaine pour cette année[7]).

La campagne de Mori prit fin en juin 1929, quand Mussolini le rappela à Rome. Bien qu'il n'eut pas totalement écrasé la Mafia comme la presse fasciste le proclama, sa campagne fut néanmoins couronnée de succès. Comme l'ancien mafieux Antonino Calderone le rappelle dans ses Mémoires : « La musique avait changé. Les mafieux eurent une vie difficile [...] Après la guerre, la mafia n'existait presque plus. Les familles siciliennes avaient toutes été brisées.... »

Grâce à ses actions, le taux d'assassinats en Sicile diminua fortement. Les propriétaires fonciers purent augmenter le loyer légal sur leurs terres. Les mafiosi fuirent vers les États-Unis. Parmi ceux-ci Carlo Gambino, Joseph Bonanno, qui allaient devenir les patrons de la puissante mafia new-yorkaise. Joseph Bonanno, surnommé Joe Bananas, passera par le port du Havre et deviendra le futur parrain de la branche américaine de la Mafia. On peut encore citer Frank Coppola, qui fuit la Sicile en 1926 et devient chef d'une famille à Kansas City[7]. Expulsé en 1948, il revient en Sicile et organise le trafic de drogue.

Limites de la politique fasciste[modifier | modifier le code]

Mais cette politique avait deux défauts : elle emprisonnait plus des opposants politiques au régime (déportés aux îles Lipari) que des mafieux notoires. On éliminait les mafieux qui ne désiraient pas s'allier avec Rome, par conséquent on affaiblit une partie de la mafia, mais uniquement pour renforcer l'autre partie. Quand Mori eut fini d'emprisonner les mafieux non affiliés au régime, il continua sa furie antimafia, sans se rendre compte qu'il touchait aux amis du régime. Mussolini avait accueilli de nombreux mafieux dans son régime, si bien que ceux qui s'étaient alliés avec lui continuèrent à faire des affaires, et ces derniers profitèrent bien entendu de la violence du régime non seulement pour se débarrasser des mafieux d'autres clans mais également pour se débarrasser de civils qui désiraient lutter contre la mafia. Vito Genovese est le plus connu de ces gangsters qui firent le bonheur du parti fasciste. Mori finit par être victime de son propre zèle : il emprisonne Don Cucco, un oculiste connu et député, puis il emprisonne les avocats et les chirurgiens... on s'inquiète à Rome, bientôt la société sicilienne n'aura plus aucun cadre à ce rythme... Mori est appelé à d'autres fonctions en juin 1929. Officiellement, il est destitué car sa mission est accomplie : il n'y a plus de mafia en Sicile. En fait, elle est toujours là : en 1931, plus de 280 mafiosi sont condamnés dont 180 au cours d'un seul procès, en 1932 dans la seule ville d'Agrigente on rafle 242 hommes et femmes de la mafia. Le grand parrain de la Sicile, Don Vito Cascio est en prison et y meurt c'est vrai, mais il y vivait en vrai pacha[8],[9], et il est remplacé par son bras droit Don Calogero Vizzini qui a, lui, l'appui du régime[8]. Don Calo avait en effet, avant la prise du pouvoir par Mussolini, caché un squadriste qui avait tué un opposant politique[8], de même il avait avancé des fonds à Mussolini pour sa marche sur Rome. Le fugitif qu'il avait caché était ensuite devenu secrétaire d'État de Mussolini[8]. En 1924, Don Calo fut officiellement inculpé de fraude, mais ne fut condamné qu'à 5 ans d'assignation à résidence (confino), le parrain était libre[8]. En 1925, il est de nouveau inculpé pour association de malfaiteurs, mais cette fois il est carrément acquitté[8].

La libération américaine et l’essor de l'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la chute du régime fasciste, la mafia est redevenue puissante en Italie avec la reddition du pays et l’occupation américaine. Les États-Unis ont utilisé les relations italiennes de mafiosi américains pendant le débarquement en Sicile et en Italie, en 1943. Lucky Luciano et d’autres mafiosi, qui avaient été emprisonnés pendant ce temps aux États-Unis, fournirent des informations au renseignement militaire américain et usèrent de l’influence de Luciano pour faciliter l’avancée des troupes. Par exemple, le contrôle de Luciano sur les ports a empêché leur sabotage par les agents fascistes. En échange, les autorités américaines firent des cadeaux aux mafieux collaboratifs : Don Calo Vizzini fut, par exemple, reconnu officiellement maire de Villalba.

Ainsi, Luciano a été autorisé à commander son réseau criminel de sa cellule de prison en échange de son assistance et, après la guerre, Luciano fut libéré et extradé vers l’Italie, où, non seulement il développa son entreprise criminelle mais il développa des liens entre l'Italie et la mafia restée aux États-Unis. Officiellement, il lui était interdit d'aller en Sicile, c'est pourquoi il s'établit à Naples comme Vito Genovese et que là ils développèrent une nouvelle mafia autour notamment du trafic de cigarettes américaines[10]. C'est lui qui permit une alliance avec la mafia corse qui mena au développement d’un vaste réseau international de trafic d’héroïne. Le lieu de production de l'héroïne était la Turquie, mais quand la Turquie a commencé à éliminer la production d’opium, il usa de ses relations avec les Corses pour ouvrir un dialogue avec les mafiosi corses expatriés au Sud-Vietnam. En collaboration avec les principaux patrons américains comme Santo Trafficante Jr, Luciano et ses successeurs profitèrent des conditions chaotiques en Asie du Sud-Est, résultant de la guerre du Viêt Nam, pour établir une base d’approvisionnement et de distribution hors d’atteinte dans le « Triangle d’or », laquelle redirigea bientôt des quantités énormes d’héroïne asiatique aux États-Unis, en Australie et dans les autres pays via l’armée américaine[11]. Ce réseau incluait la fameuse "french connection" de Marseille qui fournissait les savants capables de transformer et affiner la qualité de la drogue.

Certains [Qui ?] affirment que le bureau américain des services stratégiques (OSS), le précurseur de la CIA, a délibérément permis à la mafia de retrouver sa position sociale et économique en tant qu’« État dans l’État » en Sicile et que cela fut, avec l’alliance États-Unis-Mafia forgée en 1943, année de la chute de Mussolini, le tournant décisif dans l’histoire de la mafia et les bases nouvelles pour son activité pendant les soixante années suivantes.

D’autres, tel que l’historien palermitain Francesco Renda [réf. nécessaire], ont nié l’existence de toute alliance de ce type. La mafia aurait plutôt exploité le chaos de la Sicile post-fasciste pour reconquérir sa base sociale. L’OSS, en effet, en 1944, dans son « Rapport sur les problèmes de la mafia » par l’agent W.E. Scotten, a noté les signes de résurgence de la mafia et a averti des périls qu’elle représentait pour l’ordre social et les progrès économiques [réf. nécessaire].

Un bénéfice supplémentaire (dans la perspective américaine de la guerre froide) aurait été que beaucoup de mafiosi siciliens étaient des anti-communistes purs et durs. Ils ont donc été vus comme de précieux alliés. Ceux-ci auraient utilisé leurs services aussi bien dans l’industrie navale américaine pour éradiquer les éléments socialistes et communistes, que dans les mouvements de résistance durant la guerre ou dans les gouvernements d’après-guerre, locaux et régionaux, là où la Mafia avait la mainmise. La mafia se mit au service des grands propriétaires terriens. Ces derniers craignaient la réforme agraire proposée par le Parti Communiste et Socialiste siciliens ; ils réclamèrent alors le rattachement aux États-Unis d'Amérique[10]. Devant l'imminence d'une victoire de la gauche aux élections de 1948, les grands propriétaires terriens recrutèrent Salvatore Giuliano pour orchestrer le massacre du 1er mai 1947 à Portella della Ginestra tuant 11 personnes (dont des femmes et 4 enfants), massacre occulté officiellement en Italie jusqu'à aujourd'hui[12]. Par la suite des dizaines de militants communistes et socialistes sont assassinés et disparaissent[10]. Don Calo Vizzini s'associe avec les cardinaux siciliens pour faire triompher la Démocratie chrétienne en Sicile[10]. L'Église affirme même que la mafia est une invention des communistes ; seul le cardinal de Palerme dénonce les liens entre la mafia et l'Église[10]. La mafia s'étend en Italie du sud, comme en Sicile, pour lutter contre la montée du communisme, le tout avec le soutien de la CIA et de l'État italien membre de l'OTAN[10]. En Calabre, la N'Drangheta nait grâce à l'argent récolté avec les rançons de centaines d'enlèvements durant 10 ans (années 1970-80) ; argent réinjecté dans le trafic international de drogue et blanchi dans l'immobilier[10].

Ses relations politiques lors de la guerre froide[modifier | modifier le code]

Durant toute la guerre froide, la mafia entretient des liens avec les partis politiques italiens, notamment la Démocratie chrétienne qui gouverne quasiment sans interruption le pays jusqu'aux années 1980. Une commission Anti-Mafia est mise en place en 1963, après plusieurs propositions restées lettre morte (en particulier après le massacre de Portella della Ginestra du 1er mai 1947 organisé par Salvatore Giuliano, dix jours après la victoire de la gauche aux élections locales, et en particulier du paysan sicilien Girolamo Li Causi, membre du Parti communiste italien (PCI). D'autres propositions furent émises, en 1948 par le député communiste Giuseppe Berti, et en 1958 par l'ex-Premier ministre Ferruccio Parri, cette dernière étant rejetée par les politiciens siciliens membres de la Démocratie chrétienne, en particulier Bernardo Mattarella et Giovanni Gioia. Mais après une guerre des gangs à Palerme, en 1962, la création de la Commission devint enfin effective. La première Commission parlementaire sur les activités de la mafia, présidée par Paolo Rossi, du Parti socialiste démocratique italien, fut mise sur pieds en 1963. En mai 1965, le Parlement vota la loi 575, « Dispositions contre la mafia. » La Commission enquêta sur l'échec du procès contre Luciano Leggio

Danilo Dolci, surnommé le « Gandhi de Sicile », témoigna en 1967 contre les liens entre la mafia et la classe politique italienne, s'attirant les foudres de trois hauts responsables de la Démocratie chrétienne, dont le ministre Bernardo Mattarella.

En 1972, neuf ans après le massacre de Ciaculli qui marqua le début de luttes fratricides au sein de la mafia et un an après la démission du maire démocrate-chrétien de Palerme, Vito Ciancimino, l'arrivée à la Commission anti-mafia du démocrate-chrétien Giovanni Matta, ex-membre du conseil municipal de Palerme, suscita un scandale, l'opposition de gauche accusant la Démocratie chrétienne au pouvoir de tout faire pour limiter les enquêtes de la Commission. Finalement toute la Commission dut démissionner, avant d'être reformée sans intégrer Matta[13].

Pour lutter contre la mafia, Peppino Impastato se porta candidat en 1978 sur la liste Democrazia Proletaria (extrême gauche) aux élections municipales de Cinisi. Il fut assassiné dans la nuit du 8 au 9 mai 1978, pendant la campagne électorale.

La Seconde Commission Antimafia fut mise sur pied en 1982, après l'assassinat en avril 1982 du membre de la Commission Pio La Torre, député communiste qui avait fait voté la loi anti-mafia Rognoni-La Torre, et, en septembre 1982, du général Carlo Alberto Dalla Chiesa, célèbre pour avoir capturé en septembre 1974 les fondateurs des premières Brigades rouges, Renato Curcio et Alberto Franceschini. Leader de la lutte antiterroriste, Chiesa avait été nommé préfet à Palerme le 1er mai 1982 pour mettre un terme aux violences commises lors de la Seconde guerre de la mafia (plus d'un millier d'homicides entre 1981 et 1983). Il fut assassiné cent jours après sa nomination, avec son épouse et son garde du corps.

En 1984, l'arrestation de Tommaso Buscetta au Brésil porte le premier coup d'envergure à Cosa Nostra. Devenant le premier pentito (« repenti »), son arrestation permit le maxi-procès de 1986-87 à Palerme, au cours duquel étaient inculpés 475 mafieux (dont les repentis Antonino Calderone; le « soldat » de la mafia Salvatore Contorno ayant été tué en 1986, ainsi que l'ex-maire de Palerme Vito Ciancimino). Buscetta collabora aussi avec les Américains lors de l'opération Pizza connection. En 1992, il fit des déclarations fracassantes contre l'ex-président du Conseil Giulio Andreotti, qui avait dominé pendant 50 ans la scène politique italienne, et dont le dernier gouvernement était tombé la même année en raison de l'opération Mains propres.

Depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

L’Italie a réussi à donner quelques coups importants aux organisations mafieuses qui œuvraient sur son territoire et à partir de celui-ci. La magistrature lance alors l'Opération Mains propres, qui sonne la fin de la Seconde République italienne, les deux partis principaux, la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste étant contraints de se dissoudre, en raison du très grand nombre de politiciens impliqués dans des affaires de corruption (dont les ex-présidents du Conseil Bettino Craxi pour les socialistes, et Giulio Andreotti pour les démocrates chrétiens, celui-ci étant cité en plus comme ayant des liens avec la Mafia sicilienne mais il a été acquitté en dernière instance ; Salvo Lima, le « pro-consul d'Andreotti » en Sicile, fut assassiné le 12 mars 1992 pour éviter qu'il ne parle et peut-être comme « punition » à la suite du fait qu'en appel les peines prononcées lors des maxi-procès furent confirmées. Ces procès à grande échelle permettant ainsi la condamnation de nombreuses figures emblématiques de la mafia locale, tout en mettant hors d’état de nuire de nombreux politiciens véreux ou relais entre ces politiciens et les « familles » (dont les fameux fermiers généraux qui collectaient les impôts, dont une partie leur revenait). Le premier politique à tomber fut Vito Ciancimino, l'ex-maire de Palerme, en 1992.

Mais la mafia réplique à ces procès par une guerre ouverte contre l'État italien. L’assassinat particulièrement démonstratif du Général Carlo Alberto Dalla Chiesa (3 septembre 1982), du magistrat Rosario Angelo Livatino, puis des juges Giovanni Falcone (23 mai 1992) et Paolo Borsellino (19 juillet 1992) (au moyen d’une tonne de TNT dans chaque cas), même s’ils eurent l’effet d’un électrochoc avec les nouvelles lois antimafia votées qui reprenaient l’essentiel des théories de ce haut fonctionnaire de l’armée ou des deux magistrats, donna malheureusement un coup d’arrêt grave à cette action.

Le 30 novembre 2004, plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés dans les rues de Naples, pour protester contre la mafia locale Camorra. En 2004, les règlements de compte entre bandes mafieuses rivales ont fait 139 morts, surtout dans les quartiers défavorisés de Scampia et de Secondigliano de cette même ville. Cette guerre mafieuse n’a pas encore atteint l’ampleur de celle qui avait fait 273 morts pour la seule année 1981[14].

Fin 2009, Massimo Ciancimino, le fils de l'ex-maire de Palerme devenu pentito (« repenti » ou « collaborateur de justice »), fit une série de déclarations fracassantes à la justice et à la presse, affirmant entre autres que Silvio Berlusconi avait bénéficié de fonds de la mafia dans les années 1970[15] et que Forza Italia était né de l'accord entre l'État et la mafia (le capo di tutti capi Toto Riina et Bernardo Provenzano) entre mai et juin 1992, accord en douze points prouvé par le Papello, qui devait permettre l'arrêt de la guerre contre l'État en échange de la réforme de la législation anti-mafia et des conditions de détention des mafieux[16],[17],[18],[19]. Dans le même temps, le sénateur Marcello Dell'Utri, fondateur de Forza Italia, était condamné pour association mafieuse.

Structure et fonctionnement de Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cosa Nostra.

Rituels des Siciliens de la Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des familles, le rite d’orientation est organisé quand un homme devient un « associé » et, plus tard, un « soldat ». Comme le décrit Tommaso Buscetta au juge Giovanni Falcone, la cérémonie réunit, en plus du néophyte, au moins trois « hommes d’honneurs » de la famille ; le plus vieux lui précise que cette « Maison » protège le faible contre l’abus du pouvoir ; il pique alors le doigt de l’initié dont il verse le sang sur une image sacrée, souvent un saint. L’image est alors placée dans la main de l’initié et l'officiant y met le feu. Le néophyte doit résister à la douleur et passer l’image d’une main à l’autre, jusqu’à ce que celle-ci soit consumée, tout en jurant solennellement de garder la foi dans les principes de la « Cosa Nostra » ; il utilise pour cela la formule « que ma chair brûle comme ce saint si je ne garde pas mon serment. » Joseph Valachi fut la première personne à mentionner cela au tribunal.

Mafieux siciliens importants[modifier | modifier le code]

  • Antonino Giammona (1820-?)
  • Calogero Vizzini (1877-1954), patron de Villalba, il a été considéré comme un des patrons de la Mafia les plus influents de Sicile de la fin de la Seconde Guerre mondiale à sa mort en 1954.
  • Stefano Magaddino (1891-1974), « le grandiose vieil homme de Cosa Nostra ». Membre d'origine de la National Commission aux USA, en a été un membre très éminent dans les villes de Buffalo et de Détroit.
  • Giuseppe Genco Russo (1893-1976), le patron de Mussomeli, considéré comme l’héritier de Calogero Vizzini.
  • Michele Navarra (1905-1958), le patron de la famille de Corleone de 1930 à 1958.
  • Salvatore « Ciaschiteddu » Greco (1923-1978), patron de la famille de Ciaculli, il était le premier secrétaire de la première Commission de la mafia sicilienne quand elle a été formée en 1958.
  • Gaetano Badalamenti (1923-2004), patron de la Famille de Cisini.
  • Angelo La Barbera (1924-1975), patron de la famille de Palerme Centre.
  • Michele Greco (né en 1924 mort le 13 février 2008 en prison), patron de la Mafia à Croceverde.
  • Luciano Leggio (1925-1993 mort en prison), patron de la famille de Corleone.
  • Tommaso Buscetta (1928-2000), le premier mafioso sicilien à devenir un pentito (repenti-informateur) en 1984 (un prédécesseur, Leonardo Vitale, qui s’est donné à la police en 1973, a été jugé mais reconnu comme souffrant de maladie mentale). La déposition de Buscetta a été utilisée durant le « Maxi Procès » entre autres.
  • Salvatore Riina (né en 1930), connu sous le nom de Toto Riina, il est un des plus fameux membre de la Mafia sicilienne. Il a été surnommé « La Bête » ou parfois « Totò u Curtu » et il a gouverné la Mafia avec une main de fer dans les années 1980 jusqu’à son arrestation en 1993.
  • Bernardo Provenzano (né en 1933), le successeur de Riina à la tête de Corleonesi, a été considéré comme un des plus puissants patrons de la Mafia sicilienne. Provenzano fuyait la justice depuis 1963. Il a été capturé le 11 avril 2006 en Sicile.
  • Stefano Bontade (1939-1981), patron de la famille de Santa Maria di Gesù.
  • Leoluca Bagarella (né en 1941), membre de la famille de Corleone arrêté en 1995.
  • Salvatore Lo Piccolo (né en 1942), considéré comme un des successeurs de Provenzano.
  • Salvatore Inzerillo (1944-1981), patron de la famille de Passo di Rigano.
  • Giovanni « lo scannacristiani » Brusca (né en 1957), a été impliqué dans le meurtre de Giovanni Falcone.
  • Matteo Messina Denaro (né en 1962), considéré comme un des successeurs de Provenzano.
  • Michele Cavataio est mort sous le coup de la Mafia en 1969.
  • Francesco di Boille « Capo di Tutti i Capi » de la famille "di Boille" de Bagheria, mafieux le plus recherché de Sicile.
  • Vicenzo di Boille « Capo di Capi Re » de la famille "di Boille", père de Francesco di Boille.
  • Vito Carretero (1932-1960) Don de la mafia sicilienne disparu depuis

Structure de la Cosa Nostra sicilienne[modifier | modifier le code]

Connue comme la Société honoraire parmi les mafiosi, la chaîne d’ordre est organisée en une pyramide similaire à une structure d’entreprise moderne.

Terminologie traditionnelle[modifier | modifier le code]

Capo di Tutti i Capi 
le « chef de tous les chefs », à savoir Matteo Messina Denaro pour la Mafia sicilienne et Renato Gagliana pour la Sacra Corona Unita. Ce titre est surtout attribué par les médias et ne semble pas devoir exister réellement selon les témoignages de mafieux repentis.
Capo di capi re 
un titre de respect donné à un ainé ou un membre retraité, un équivalent devient un membre émérite, littéralement, « Le chef roi des chefs ») à savoir Vicenzo di Boille envers la Cosa Nostra
Capo del capi 
chef des soldati
Consigliere 
un conseiller, le plus souvent un avocat
Caporegime 
« chef de régime », un capitaine qui ordonne une équipe d’une dizaine de sgarriste ou soldats.
Sgarrista ou soldato 
« soldat », membres de la mafia qui sert principalement comme soldats.
Piccioto 
« jeune homme », un niveau bas qui sert de gros bras.
Don 
le parrain d'une famille mafieuse. Il est d'origine sicilienne et dirige la famille. Il y en un par famille et sont souvent plusieurs à diriger sur la ville.

Structure de la Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

Mafia family structure tree.en.svg

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La mafia fonctionne sur un modèle d’économie parallèle ou souterraine. Elle cherche à contrôler les marchés et les activités où l’argent est abondant, circule en numéraire (argent liquide) et est facile à dissimuler au fisc. La plupart des activités commerciales usuelles sont utilisées, que ce soit comme paravent à des activités illégales ou comme moyen de blanchiment de l’argent récolté. Ces activités recouvrent aujourd’hui les domaines les plus variés :

En général, la mafia préfère recourir à l’intimidation, la corruption ou le chantage plutôt qu’à la force pour contraindre ceux qui lui résistent. De cette manière elle attire moins l’attention du grand public sur elle. Mais il arrive régulièrement que pour se débarrasser de concurrents, de témoins gênants ou de traîtres, les mafias usent de méthodes sanguinaires : guerres de gangs pour la prise de contrôle d’un territoire ou d’un marché, assassinat de témoins, de complices ou de juges avant un procès en sont quelques exemples. Mais ce fonctionnement est souvent régi par une Commission dirigée par les chefs et parrains d'un vaste territoire. Chaque protagoniste dirige alors un secteur (voir ci-dessus). Elle peut être fondée sur un système démocratique avec une constitution et des lois ou sur un système despotiste. La plus célèbre fut celle d'Atlantic City dont les dirigeants furent les plus grands mafieux du XXe siècle (Al Capone, Lucky Luciano...).

L'infiltration mafieuse dans l'économie[modifier | modifier le code]

L'infiltration mafieuse dans l'économie des provinces italiennes par le prélèvement du pizzo: rouge (pizzo courant), orange (pizzo occasionnel), jaune (pizzo peu pratiqué)

Fonctionnement de l'économie mafieuse[modifier | modifier le code]

La base de l’économie mafieuse se situe dans le système de collecte du « pizzo » : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en échange d’une « protection » mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisés et leurs marchandises disparues ou brûlées. Bien qu’elle soit l’une des techniques les plus importantes en matière d’économie mafieuse, les revenus ont des centaines d’origines différentes. Il faut d’abord préciser que l’économie mafieuse se divise en trois parties : l’économie illégale, légale et légale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liés. Ainsi, par exemple, les revenus de l’économie illégale (economia sommersa) permettent de créer de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement légales. De même la production peut être légale mais la vente illégale et inversement. Ce sont ces liens étroits qui posent les difficultés énormes qu’affronte le gouvernement italien pour débusquer les entreprises mafieuses, notamment en vérifiant les mouvements et les dépôts bancaires ou les appels d’offre. Le recyclage d’argent sale est une activité à part entière. On connaît les grandes filières classiques des trafics illégaux : drogues, armes, œuvres d’art volées. Mais nous avons aussi à faire à des affaires moins connues tels que le trafic de déchets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d’infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitée cela va du proxénétisme aux contrôles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d’êtres humains mais aussi plus récemment de la cybercriminalité (piratage et détournement de fonds sur Internet). Tous ces réseaux se sont bien évidemment étendus aujourd’hui au niveau international.

Selon le rapport annuel de la Confesercenti en 2007, une association qui regroupe 270 000 commerçants et patrons de PME.

Le chiffre d'affaires des organisations mafieuses italiennes s'élèverait à 90 milliards d'euros, hors trafic de drogue[20]. Principales sources de revenus : le prêt usuraire (30 milliards d'euros de recettes, 150 000 entreprises victimes), le pizzo (10 milliards), les contrefaçons (7,4 milliards), le vol (7 milliards), l'escroquerie (4,6 milliards) et le jeu et paris clandestins (2 milliards) Source : Confesercenti, association regroupant 270 000 commerçants et petites entreprises italiennes)[21].

Conséquences[modifier | modifier le code]

D’après un rapport récent, le produit économique des mafias italiennes représenterait un chiffre équivalent à environ 7-8 % du PIB de l’Italie[réf. nécessaire], soit près de 220 milliards d’Euros. Bien entendu le chiffre d'affaires des mafias n'est pas calculé dans les statistiques officielles du PIB car il est le fruit d'activités économiques illégales ou bien au noir. La mafia n’est plus une entreprise familiale mais est devenue au fil du temps un empire financier de type multinational.

L’infiltration mafieuse dans la politique[modifier | modifier le code]

La mafia en Sicile représente un électorat relativement important, quoique toujours très minoritaire par rapport à la grande masse d'électeurs siciliens. Par une technique rodée, elle pousse ses affiliés à voter pour certains partis, certaines personnes. Les politiciens, en échange de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C’est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux même, accèdent à des rangs tels que celui de maire (Vito Ciancimino), préfet[réf. nécessaire] ou conseiller municipal. C’est surtout lorsqu’elle a affaire aux tribunaux que la mafia réclame son soutien aux hommes politiques. Aucune préférence en général n’est remarquée chez les mafieux en matière de partis excepté un anticommunisme fervent. La démocratie chrétienne fut largement sollicitée par la mafia car elle occupa le pouvoir de 1947 à 1990 sans discontinuer. À ce titre, le nom de Giulio Andreotti fut cité plusieurs fois lors de procès. Il a toujours été acquitté en dernière instance, même si des représentants de la DC sur place ont été arrêtés.

Présence de la mafia en France[modifier | modifier le code]

Il existe un crime organisé français (dominé par le grand banditisme corse ou issus des cités) mais non une mafia française grâce à la présence d'un État centralisé fort depuis l'époque révolutionnaire. Ceci a pour conséquence d'empêcher la constitution d'un État dans l'État.

Article détaillé : Mafia corse.

Par contre d'autres mafias transnationales sont présentes en France ; en 2011, on en dénombre cinq :

  • Les mafias italiennes (Cosa Nostra et Stidda en Sicile, Camorra en Campagnie, 'Ndrangheta en Calabre et Sacra Corona Unita dans les Pouilles) sont présentes en région Rhône-Alpes et en région PACA à Nice et Marseille, mais aussi à Strasbourg, Lille, Paris et Toulouse [22].
  • Vory v zakone (Russes, Georgiens, Ukrainiens, Biélorusses, Tchétchènes, Arméniens, Ouzbeks) sont présents en Bretagne, Normandie et en région PACA [22],[23].
  • Les mafias baltes (estoniennes, lituaniennes et lettones) sont présentes sur toutes la façade atlantique, en Bretagne et Normandie [22].
  • Les mafias balkaniques (Serbes, Montenegrains et Kossovars) sont présentes en régions PACA, Rhône-Alpes, Île-de-France et les villes de Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille et Strasbourg [22].
  • La mafia nigériane est présente en région Rhône-Alpes, en Midi-Pyrénées et en Île-de-France[22].

Lutte contre la mafia[modifier | modifier le code]

Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent à l’adaptabilité de ces structures souples et décentralisées, capables de délocaliser leurs activités et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquêtes transnationales et remonter les multiples filières devient alors un casse-tête pour les juges, d’autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tâche. C’est principalement dans cette optique [réf. nécessaire] qu'Interpol a été créé.

Autorités[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Interpol est la deuxième plus grande organisation au monde derrière les Nations Unies. La gestion des forces de police nationales européennes vont être modifiées en 1996 avec la création de l'agence de police européenne Europol.

Nationale[modifier | modifier le code]

Autres mafias[modifier | modifier le code]

Le terme mafia désigne avant tout l’organisation criminelle italienne, mais il est souvent utilisé pour désigner n’importe quelle organisation criminelle structurée, parmi lesquelles :

Mafia albanaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia albanaise.

Mafia algérienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia algérienne.

Mafia bulgare[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia bulgare.

Mafia chinoise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Triades chinoises.

Mafia corse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia corse.

Mafia israélienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia israélienne.

Mafia italo-américaine[modifier | modifier le code]

Mafia japonaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Yakuza.

Mafia polonaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia polonaise.

Mafia roumaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia roumaine.

Mafia russe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia russe.

Mafia serbe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia serbe.

Mafia turque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mafia turque.

Personnages célèbres ayant combattu la mafia et le crime organisé[modifier | modifier le code]

Mafieux célèbres[modifier | modifier le code]

Liste des trente fugitifs les plus dangereux d'Italie[modifier | modifier le code]

Au mois de juillet 1992, le ministère de l'intérieur a publié une liste où figuraient les 30 fugitifs les plus dangereux d'Italie.

Au mois d'avril 2013, 7 de ces fugitifs sont encore recherchés[24].

  • Camorra
    • Mario Caterino, recherché depuis 2005, arrêté le 2 mai 2011 à Casal di Principe (1)
    • Marco Di Lauro, recherché depuis 2005
    • Francesco Matrone, recherché depuis 2007, arrêté le 12 août 2012 à Batticaglia (2)
    • Pasquale Scotti, recherché depuis 1985
    • Giuseppe Dell'Aquila, ajouté à la liste en mars 2011, arrêté en mai 2011[25].
  • Cosa nostra
    • Giovanni Arena, recherché depuis 1993, arrêté le 26 octobre 2011 à Catania (3)
    • Vito Badalamenti, recherché depuis 1995, déclaré libre par prescription en 2012[26].
    • Matteo Messina Denaro, recherché depuis 1993
    • Giovanni Motisi, recherché depuis 1998
  • 'Ndrangheta
    • Domenico Condello, recherché depuis 1993, arrêté le 10 octobre 2012 à Catona[27].
    • Giuseppe Giorgi, recherché depuis 1995, il résiderait en Allemagne (4)
    • Sebastiano Pelle, recherché depuis 1995, arrêté le 9 novembre 2011 à Reggion Calabre (5)
    • Michele Antonio Varano, recherché depuis 2000
  • Anonima sequestri
    • Attilio Cubeddu, recherché depuis 1997
  • Sacra corona unita
    • Giuseppe Pacilli, recherché depuis 2009, arrêté le 13 mai 2011 à Monte Sant'Angelo (7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Le cinéma est très riche en films sur la mafia ; parmi les plus marquants on peut citer :

Année Titre français Titre original Réalisateur
1931 Le Petit César Little Caesar Mervyn LeRoy
L'Ennemi public The public Enemy William Wellman
1933 Scarface Scarface Howard Hawks
1937 Pépé le Moko Pépé le Moko Julien Duvivier
1949 L’enfer est à lui
1954 Touchez pas au grisbi Touchez pas au grisbi Jacques Becker
1959 Al Capone
1961 Le Cave se rebiffe Le Cave se rebiffe Gilles Grangier
1969 Le Clan des Siciliens Le Clan des Siciliens Henri Verneuil
1971 Guerre des gangs à Okinawa Bakuto gaijin butai Kinji Fukasaku
1972 Okita le pourfendeur: yakuza moderne
Le Parrain Mario Puzo's Godfather Francis Ford Coppola
Cosa Nostra The Valachi papers Terence Young
1973 Mean Streets Mean Streets Martin Scorsese
Combat sans code d'honneur
1975 Le Cimetière de la morale
Capone Capone Steve Carver
1984 Scarface Scarface Brian De Palma
Cent Jours à Palerme
Il était une fois en Amérique Sergio Leone
1985 L’Honneur des Prizzi
L'Année du dragon Year of the Dragon Michael Cimino
1987 Le Sicilien The Sicilian Michael Cimino
Les Incorruptibles The Untouchables Brian De Palma
1989 Violent Cop Takeshi Kitano
1990 The King of New York King of New York Abel Ferrara
1990 Les Affranchis Martin Scorsese
Premiers pas dans la mafia The Freshman
1991 Bugsy
1993 Il était une fois le Bronx Robert De Niro
L’Impasse
L’Escorte
Le Syndicat du crime Ying hung boon sik John Woo
1994 Little Odessa James Gray
1995 Casino Martin Scorsese
1996 Kids Return Takeshi Kitano
1997 Donnie Brasco Mike Newell
1999 Mafia Blues Harold Ramis
2000 Les Cent pas
Aniki, mon frère Takeshi Kitano
2002 Les Sentiers De La Perdition Road to Perdition Sam Mendes
Infernal Affairs Wu jian dao Andrew Law et Alan Mak
Un nouveau Russe
2003 Kill Bill Quentin Tarantino
2005 A History of Violence
2006 Les Infiltrés The Departed Martin Scorsese
Un'altra storia
Romanzo criminale
2007 Les Promesses de l'ombre Eastern Promises David Cronenberg
La Sicilienne La Siciliana ribelle Marco Amenta
American Gangster American Gangster Ridley Scott
La nuit nous appartient We Own the Night James Gray
2008 Gomorra
2009 Public Enemies
Un prophète Jacques Audiard
2010 L'Immortel Richard Berry
Outrage Takeshi Kitano
Mon père, Francis le Belge Frédéric Balekdjian
Une vie tranquille Una vita tranquilla Claudio Cupellini
2013 Malavita The Family Luc Besson
2014 La French Cédric Jimenez

À la télévision, on peut citer notamment :

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

On retrouve également la mafia dans plusieurs jeux vidéo :

  • Mafia, sorti en 2002 pour Windows, PlayStation 2, Xbox et sur GameCube a été développé par une équipe tchèque. Le joueur est placé dans la peau d’un homme qui adhère à la mafia italo-américaine des années 1930, dans une ville semblable à Chicago.
  • Grand Theft Auto et ses suites, les héros des différents épisodes travaillent pour de nombreuses associations du crime organisé (Mafia italo-américaine, triades chinoises, yakuzas, mafia russe, etc.).
  • Le parrain, sorti en 2006, est un jeu vidéo qui retrace l’histoire du film Le Parrain.
  • Yakuza, jeu se déroulant dans un Tokyo réaliste, le héros y travaille pour les Yakuza.
  • Mafia II, sorti en 2010 a été développé par la même équipe que Mafia, c'est un nouveau volet du jeu sans lien avec le premier, qui plonge le joueur dans la peau d'un mafieux, l'histoire se déroule après la Seconde Guerre mondiale.

Manga et Anime[modifier | modifier le code]

  • Reborn!, manga de type shonen, en cours depuis 2004 (2006 à octobre 2010 pour l'anime, présentement suspendu)
  • "La storia della Arcana Famiglia"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Teissier, Géopolitique de l'Italie, Éditions Complexe,‎ 1996, p. 62
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k John Dickie (trad. Anne-Marie Carrière), Cosa Nostra : la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éditions Perrin, coll. « Tempus »,‎ 2007 (ISBN 978-2-262-02727-8), en particulier chapitre I.
  3. John Dickie (2004), Cosa Nostra : la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, éd. Perrin, 2007, p. 119
  4. Harvard University Press, 1993
  5. « La Mafia des Généraux », sur http://www.anp.org
  6. http://www.masicile.com/61-etymologie-du-mot-mafia.htm
  7. a et b François de Vivies, « Mussolini contre la Mafia », Historia hors-série, no 28,‎ 1972, p. 48
  8. a, b, c, d, e et f de Vivies p.49
  9. voir Kermoal
  10. a, b, c, d, e, f et g Bernhard Pfletschinger, UNE HISTOIRE DE LA MAFIA, docu TV, Arte 2010.
  11. cf Alfred W. McCoy The Politics of Heroïn in South East Asia
  12. Bernhard Pfletschinger, Une histoire de la mafia, docu TV, Arte 2010.
  13. I pregiudicati nell'Antimafia, by Umberto Santino, Centro Siciliano di Documentazione "Giuseppe Impastato"
  14. Le Monde, 1er décembre 2004
  15. Nick Squires, Mafia investment 'gave Silvio Berlusconi his big break', The Telegraph, 3 février 2010
  16. Palermo, Ciancimino: «Forza Italia frutto trattative Stato-mafia». Alfano: piano per delegittimarci, L'Unita, 8 février 2010
  17. Philippe Ridet, Massimo Ciancimino: au nom du père et du fils..., Le Monde, 26 novembre 2009
  18. Vito Vespucci, "Papello": la négociation entre Cosa nostra et l'État italien n'est plus une légende. Le document est au Parquet de Palerme, Italopolis, 15 octobre 2009 (traduction de l'italien sur Antimafia)
  19. The relationship between the mafia and the State - Ciancimino jr. hands over to magistrates a copy of the “papello”, Italian News
  20. (es) "La Mafia représente 7 % du PIB italien", El Pais, le 22 octobre 2007
  21. 7 % : part occupée par la mafia dans le produit intérieur brut italien, Le Monde, 24 octobre 2007
  22. a, b, c, d et e Le Point du 21 juillet 2011 : La mafia en France p.48
  23. http://www.lepoint.fr/societe/on-les-appelle-voleurs-dans-la-loi-21-07-2011-1357328_23.php
  24. Noms et photos des fugitifs Site internet du ministère de l'Intérieur
  25. Arrestation d'un chef de la mafia napolitaine
  26. La beffa di Badalamenti Jr: da latitante a libero
  27. « È finita la latitanza di Domenico Condello » (consulté le 15/02/2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire de la Mafia[modifier | modifier le code]

  • John Dickie, Cosa Nostra : histoire de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, Buchet-Chastel, 2007
  • Eric Frattini, Cosa Nostra : un siècle d’histoire, Flammarion, 2003
  • Salvatore Lupo, Histoire de la mafia des origines à nos jours, Flammarion, 2001
  • Marie-Anne Matard-Bonucci, Histoire de la Mafia, Complexe, 1994
  • Jacques de Saint-Victor, Mafias : l'industrie de la peur, Rocher (collection Un Nouveau Regard),‎ 2008, 419 p. (ISBN 978-2-268-06410-9)
  • Jacques de Saint-Victor, Un pouvoir invisible : les mafias et la société démocratique (XIXème-XXIème siècle), Gallimard (collection L'esprit de la cité),‎ 2012, 424 p. (ISBN 978-2-07-012322-3)
  • (it)Saverio Lodato, Quarant'anni di mafia, Rizzoli, 2012
  • Philippe Di Folco, Les Secrets de la mafia, Librairie Vuibert,‎ 2013, 288 p. (ISBN 978-2-31100749-7)

Autres[modifier | modifier le code]

  • (it) Pino Arlacchi, La Mafia Imprenditrice (langue : italien), L’éthique mafieuse et l’esprit de capitalisme, il Mulino/Contemporanea 2,1983
  • Clotilde Champeyrache, Sociétés du crime : un tour du monde des mafias, CNRS éditions, 2007, 427 pages.
  • Thierry Colombié, French Connection, les entreprises criminelles en France, Paris, Non Lieu/OGC Éditions (2012). Essai socio-économique sur les stratégies des groupes criminels français ayant investi le trafic d'héroïne (White Horse) de 1935 à 1985.
  • Jean-François Gayraud, Le monde des mafias : géopolitique du crime organisé, Odile Jacob, septembre 2005
  • Clare Longrigg, Bernardo Provenzano, le Parrain des parrains, Buchet-Chastel, 2006, 2010
  • Fabrizio Maccaglia et M.A. Matard-Bonucci, Atlas des mafias : acteurs, trafic et marchés de la criminalité organisée, Cartographie Alexandre Nicolas, Autrement, 2009
  • Marcelle Padovani, Les dernières années de la Mafia, Gallimard, 1987
  • Antonio Nicaso et Lee Lamothe, Les liens du sang, Montréal, QC, Éditions de l'Homme, 2003. Concerne la famille Caruana-Cuntrera et la mafia au Canada.
  • William Reymond, Mafia S.A. : les secrets du crime organisé, Flammarion, 2001
  • Saverio Lodato et Roberto Scarpinato, Le Retour du prince, La Contre-allée, 2012, traduit par Deborah Puccio-Den

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]