Lost in Translation

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Lost in Translation

Titre québécois Traduction infidèle
Titre original Lost in Translation
Réalisation Sofia Coppola
Scénario Sofia Coppola
Acteurs principaux
Sociétés de production American Zoetrope
Tohokushinsha Film
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Japon Japon
Genre Comédie dramatique
Sortie 2003
Durée 102 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Lost in Translation est un film américano-japonais de Sofia Coppola, sorti le 29 août 2003. Cette comédie dramatique, avec Bill Murray et Scarlett Johansson dans les rôles principaux, a reçu un très bon accueil à la fois commercial et critique et a remporté de nombreux prix, dont l'Oscar du meilleur scénario original, le Golden Globe du meilleur film musical ou comédie et le César du meilleur film étranger.

Résumé[modifier | modifier le code]

Bob Harris, acteur américain prenant de l'âge et à la carrière instable, arrive à Tokyo, au Japon, afin d’y tourner une publicité pour un whisky de la marque Suntory, contrat qu'il a accepté en partie pour l'argent et en partie pour fuir son épouse. Incapable de s’adapter au décalage horaire et à la situation présente, il passe le plus clair de son temps dans l'hôtel de luxe où il réside, gratte-ciel dominant la ville. Pendant ce temps, Charlotte, une jeune femme récemment diplômée de l'université venue à Tokyo afin d’y accompagner John, son mari, un photographe de célébrités, s’ennuie et se sent seule, incertaine à propos de son avenir et de ses sentiments envers l'homme qu'elle a épousé. John se consacre en effet entièrement à son travail, délaissant Charlotte au profit des célébrités qu'il côtoie, comme Kelly, une actrice.

Peu après leur arrivée, Bob et Charlotte, qui souffrent tous deux d'insomnie, se rencontrent dans l'hôtel et commencent à sympathiser. Après plusieurs brèves rencontres, Charlotte invite Bob à une soirée avec des amis japonais et les liens entre eux deux se resserrent, liens amplifiés par le choc des cultures qu'ils ressentent tous deux et l'isolement dont ils souffrent. Ils passent dès lors beaucoup de temps ensemble mais, l'avant-dernière nuit avant son départ, Bob couche avec la chanteuse de l'hôtel. Le lendemain, quand Charlotte le découvre, cela crée de la tension entre eux et ils se brouillent. Ils se réconcilient néanmoins pendant la nuit à la faveur d'une alerte incendie.

Le matin suivant, Bob est prêt à repartir pour les États-Unis, et Charlotte et lui, tous deux gênés, se font de brefs adieux à l'hôtel. Alors qu'il est en route pour l'aéroport, Bob aperçoit Charlotte dans la foule. Il la retrouve et la serre dans ses bras en lui murmurant quelque chose à l'oreille. Ils s'embrassent et se font à nouveau leurs adieux.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Le film s'ouvre sur plusieurs vues de Tokyo, dont cette vue panoramique de Roppongi depuis la tour de Tokyo, semblable à celle que contemple le personnage de Charlotte depuis sa chambre d'hôtel au Park Hyatt (qui se trouve au fond de l'image).

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement du projet[modifier | modifier le code]

Une rue commerçante à Tokyo.

Sofia Coppola s'est fondée sur son expérience personnelle dans les années 1990 pour écrire le scénario du film. Elle a fait, durant cette période, plusieurs voyages à Tokyo, notamment pour y prendre des photographies et pour la promotion de son premier film, et a toujours été attirée par les illuminations au néon des rues de la ville. Elle décrit également l'hôtel Hyatt de Tokyo, où la plupart des intérieurs du film ont été tournés, comme l'un de ses endroits favoris dans le monde en raison de son calme, de son design et de sa combinaison de différentes cultures. Après avoir entendu l'interprétation de la chanson God Save the Queen des Sex Pistols par son ami Fumihiro Hayashi (Charlie dans le film) lors d'un karaoké, elle décide qu'elle veut mettre cela dans un film, ainsi que les lumières de la ville et l'hôtel Hyatt[3]. Coppola passe six mois à écrire le scénario du film, couchant sur le papier des impressions et de courtes histoires qu'elle relie ensuite entre elles[4],[5]. Pour créer la relation romantique mais non sexuelle entre ses deux personnages principaux, elle s'inspire de la dynamique entre Humphrey Bogart et Lauren Bacall dans Le Grand Sommeil (1946)[4].

De son propre aveu, Sofia Coppola a voulu faire un film romantique sur deux personnages vivant une brève rencontre, la chronologie de l'histoire étant abrégée intentionnellement pour insister sur ce point[6]. Le titre du film est une référence à une définition de la poésie par le poète américain Robert Frost : « Poetry is what gets lost in translation » dont une traduction possible est : « La poésie est ce qui se perd dans une traduction ». Une scène du film illustre le titre quand un interprète traduit de façon très incomplète une conversation entre Bob Harris et le réalisateur de la publicité qu'il doit tourner. Mais, au-delà de ce sens premier, les deux personnages principaux du film sont également perdus dans leur mariage et dans leur vie en général, sentiment amplifié par le choc des cultures[7],[8].

Désirant avoir un contrôle créatif total, Coppola cherche à financer son film en vendant ses droits de distribution à différentes compagnies suivant les pays. Virgin Suicides ayant été un succès au Japon et Lost in Translation devant être tourné à Tokyo, Tohokushinsa Film acquiert rapidement les droits pour ce pays. Ross Katz, producteur du film, persuade ensuite d'autres sociétés, telles que Pathé en France, d'acheter les droits de distribution nationaux, et Focus Features accepte d'investir dans le projet, ce qui permet de boucler le budget de 4 000 000 $[4].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Sofia Coppola pense dès le début à Bill Murray pour tenir le premier rôle masculin. L'acteur étant très difficile à joindre, elle lui envoie des lettres et lui laisse des messages téléphoniques pendant cinq mois. Pour le convaincre, elle demande de l'aide à Wes Anderson, qui a dirigé Murray dans deux films, et au scénariste Mitch Glazer, un ami qu'ils ont en commun[9]. Coppola et Murray finissent par se rencontrer dans un restaurant de New York et il donne son accord de principe, sans toutefois signer de contrat. Alors que le tournage est proche de débuter, Coppola est donc dans un état de tension extrême mais Murray finit par arriver à Tokyo une semaine avant le début du tournage[4].

Pour le premier rôle féminin, Coppola engage Scarlett Johansson, qu'elle a remarqué dans Manny & Lo (1996), bien qu'elle soit plus jeune que son personnage. Elle apprécie en effet sa voix rauque, la maturité qu'elle dégage et sa façon de faire passer des sentiments sans en faire trop[10]. Coppola affirma aussi qu'il y a une partie autobiographique dans ce rôle et que l'actrice lui fait penser à elle au même âge[4]. Johansson accepte immédiatement le rôle de Charlotte[9].

Giovanni Ribisi, qui a tenu le rôle du narrateur dans Virgin Suicides, est choisi pour jouer le mari de Charlotte et fait quelques répétitions avec Johansson avant de s'envoler pour le Japon, répétitions qui seront les seules de la production[3]. Anna Faris est engagée très peu de temps avant le tournage et craint de ne pas trouver le ton du film[11] mais Coppola affirme que sa prestation, notamment lors de son interprétation en karaoké de Nobody Does It Better, l'a fait « mourir de rire »[12].

Tournage[modifier | modifier le code]

Les repérages sont effectués par Sofia Coppola, Ross Katz et Lance Acord, le directeur de la photographie, un ami de Coppola qui connait également très bien Tokyo. Coppola fait 40 pages de photographies à l'intention de l'équipe du film afin que tous puissent se faire une idée du visuel souhaité pour le film[13]. Le tournage se déroule du 29 septembre au 8 novembre 2002, principalement à Tokyo, à l'hôtel Park Hyatt, dans la Shinjuku Park Tower, et dans le quartier de Daikanyama, et également à Kyoto, au sanctuaire Heian et au Ryōan-ji. Il commence par les scènes se déroulant à l’hôpital[14]. L'équipe du film est en grande partie japonaise et Coppola doit passer par son assistant réalisateur pour donner ses consignes à l'équipe et aux figurants, ce qui fait que chaque chose prend plus de temps[3]. La différence avec un tournage habituel se fait également ressentir lorsque, lors d'une scène dans un restaurant de sushis, le tournage prend dix minutes de retard et se finit dans le noir, le propriétaire du restaurant ayant éteint toutes les lumières car l'horaire n'a pas été respecté. Ce genre de petit dépassement horaire est considéré comme banal dans un tournage anglo-saxon mais comme un manque total de respect au Japon et l'incident entraîne la démission du régisseur général japonais[4].

Lance Acord cherche à privilégier la lumière naturelle autant que possible et évite les grands mouvements de caméra, favorisant les plans rapprochés. Il tourne la plupart des scènes avec une caméra Aaton 35mm[4]. Cette caméra portative est utilisée avec des pellicules ayant une haute sensibilité ISO, ce qui permet de tourner dans des lieux publics faiblement éclairés de façon discrète et dans un style intimiste et presque documentaire[3]. Certains plans sont tournés sans le son, la caméra filmant juste pour saisir une ambiance[15]. Coppola tourne sans permission dans certains lieux, comme le métro ou Shibuya Crossing, évitant d'attirer l'attention de la police en employant une équipe très réduite[12]. Roman Coppola, le frère de Sofia, dirige une seconde équipe chargée de réaliser des plans de Tokyo indistincts et illuminés par les néons[4].

Les scènes à l'hôtel impliquant les deux acteurs principaux ensemble, lesquels se rencontrent pour la première fois sur le tournage, sont tournées pour la plupart dans l'ordre chronologique du film[13]. La plupart des scènes à l'hôtel Hyatt sont tournées de nuit, à partir de la deuxième semaine, car la direction de l'hôtel n'autorise l'équipe à tourner qu'à partir de 1h du matin[12]. Coppola laisse à ses acteurs une bonne marge de manœuvre pour modifier les dialogues et certaines scènes, comme celle du karaoké, sont presque entièrement improvisées[4]. Concernant la scène finale du film, qui n'est que vaguement décrite dans le scénario, Coppola dit à Murray d'embrasser Johansson mais sans en informer l'actrice afin d'avoir plus de spontanéité. Ce qu'il lui murmure à l'oreille, trop bas pour être enregistré, n'est également pas spécifié dans le script et Coppola a envisagé l'idée de le rendre audible en postsynchronisation avant de décider qu'il valait mieux laisser cela entre eux deux[13]. Le tournage se termine avec les scènes de Johansson à Kyoto[12]. Sarah Flack commence le montage du film à New York pendant le tournage, des bandes vidéo lui étant envoyées régulièrement par e-mail, et elle passe ensuite dix semaines avec Coppola pour réaliser le montage[16].

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande originale, supervisée par Brian Reitzell, est sortie chez le label Emperor Norton Records le 9 septembre 2003. Elle inclut cinq titre de Kevin Shields, chanteur et guitariste du groupe My Bloody Valentine. Elle est définie par Heather Phares, de Allmusic, comme une « bande originale impressionniste et romantique qui joue un rôle presque aussi important que ceux de Bill Murray et Scarlett Johansson »[17]. Lors de la scène du karaoké, Scarlett Johansson chante Brass in Pocket des Pretenders et Bill Murray interprète (What's So Funny 'Bout) Peace, Love, and Understanding, popularisée par Elvis Costello. Murray et Sofia Coppola ont ensuite choisi ensemble More Than This de Roxy Music, en raison de leur amour commun pour ce groupe et parce que les paroles correspondaient à l'histoire[13]. La chanson finale de l'édition internationale de l’album contient une chanson cachée (après une longue période de silence). C’est tout simplement la prestation de Bill Murray au karaoké sur More Than This. L'édition japonaise contient le morceau 50 Floors Up, de Brian Reitzell et Roger J. Manning Jr, en titre bonus.

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film est projeté pour la première fois en public lors du festival du film de Telluride le 29 août 2003. Après une sortie limitée dans 23 salles le 12 septembre, il sort aux États-Unis le 3 octobre dans 864 salles. Il a rapporté 119 723 856 $ au box-office mondial, ce qui en fait un très grand succès commercial vu son budget très modeste[1]. Il a attiré dans les salles de cinéma 1 328 922 spectateurs en France, 270 546 en Suisse, 177 184 en Belgique et 87 111 au Québec[18].

Box-office mondial par pays du film Lost in Translation (par ordre décroissant)
Pays Box-office Pays Box-office Pays Box-office
Drapeau des États-Unis + Drapeau du Canada 44 585 453 $ Drapeau du Brésil Brésil 1 351 146 $ Drapeau de la Grèce Grèce 588 150 $
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 17 986 199 $ Drapeau du Mexique Mexique 1 182 175 $ Drapeau de l’Argentine Argentine 535 213 $
Drapeau de la France France 8 730 794 $ Drapeau de l'Autriche Autriche 1 034 853 $ Drapeau de la Russie Russie 349 128 $
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 7 410 337 $ Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 992 222 $ Drapeau de Hong Kong Hong Kong 333 628 $
Drapeau de l'Espagne Espagne 6 904 520 $ Drapeau de la Norvège Norvège 934 999 $ Drapeau du Chili Chili 300 330 $
Drapeau de l'Australie Australie 4 682 460 $ Drapeau de la Finlande Finlande 920 338 $ Drapeau de la Turquie Turquie 218 436 $
Drapeau de l'Italie Italie 3 447 429 $ Drapeau de la Pologne Pologne 917 530 $ Drapeau de la République tchèque République tchèque 182 701 $
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 571 127 $ Drapeau du Portugal Portugal 639 563 $ Drapeau de la Colombie Colombie 177 512 $

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le film a été quasi-unanimement plébiscité par la critique, recueillant 95 % de critiques positives, avec une note moyenne de 8,4/10 et sur la base de 219 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes[19]. Il obtient un score de 89/100, sur la base de 44 critiques, sur Metacritic[20]. En 2008, le magazine Empire l'a classé à la 128e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[21].

Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, lui donne 4 étoiles sur 4, évoquant un film « aussi doux et triste que sardonique et amusant » avec « deux magnifiques interprétations » de Bill Murray et Scarlett Johansson[22]. Lisa Schwartzbaum, d'Entertainment Weekly, lui donne la note A, affirmant que « le plus étonnant dans ce film enchanteur est la précision, la maturité et l'originalité avec lesquelles Sofia Coppola communique aussi clairement dans son langage cinématographique » et que c'est le meilleur rôle de Bill Murray jusqu'à présent[23]. Pour Mike Clark, de USA Today, le film « offre un humour sobre en lieu et place des assauts directs que la plupart des comédies contemporaines nous infligent » et Murray et Johansson « semblent si naturels ensemble que vous devez vous pincer pour penser à leur différence d'âge »[24]. Richard Corliss, de Time Magazine, met en avant la « touche spirituelle des dialogues qui semblent improvisés mais révèlent, de façon détournée, le sentiment de dislocation des personnages »[25]. Et Peter Travers, de Rolling Stone, évoque un film « remarquable » au scénario « astucieusement évanescent » où Bill Murray met à jour avec talent « les fêlures émotionnelles » de son personnage tout en étant « hilarant » par moments et où Scarlett Johansson est « saisissante » de « grâce subtile »[26]. Parmi les rares critiques mitigées, Jonathan Rosenbaum, du Chicago Reader, estime que Sofia Coppola a fait « un excellent travail en tirant le meilleur de ses deux acteurs principaux » et « un assez bon travail en saisissant l'ambiance nocturne de Tokyo et en montrant la sensation d'être un étranger dans ce monde » mais qu'elle « n'a rien accompli d'autre »[27].

Le film a également reçu des critiques négatives. Dans un article du Guardian, Kiku Day écrit qu'« il n'y a aucune scène où les Japonais se voient accorder une once de dignité. Le spectateur est contraint de rire de ces gens petits et jaunes et de leurs étranges manières »[28]. Dans un autre article du Guardian, le journaliste David Stubbs décrit les personnages de Lost in Translation comme des « Américains gâtés, pleins d'ennui, riches et absolument antipathiques »[29].

En France, le film obtient un score de 4,45/5 sur la revue de presse d'AlloCiné[30]. Florence Colombani, du Monde souligne « la drôlerie et l'élégance de la mise en scène » et le don qu'a Sofia Coppola de « suggérer un maximum de choses en un minimum de mots » ; Emmanuel Burdeau, des Cahiers du cinéma, évoque « le meilleur cinéma, immobile et attentif, occupé à la tâche sans fin de son autotraduction » ; Serge Kaganski, des Inrockuptibles, « une comédie romantique aussi subtile que mélancolique » ; Jean-Pierre Coursodon, de Positif, « un film très libre, et parfois désopilant, en même temps que secrètement nostalgique »[30] ; pour Martine Landrot, de Télérama, c'est un film « radieux, retenu et remuant [qui] marque une date dans l'histoire personnelle de celui qui l'a vu » et bénéficiant de l'interprétation de « deux acteurs au jeu translucide et pénétrant »[31] ; et Didier Peron, de Libération, met en avant la « légèreté de la forme » et la « profondeur de fond », une « étude en mode mineur d'un certain état de l'individu moderne déchiré entre les souffrances de l'ubiquité et les ravissements de la solitude ultime »[32].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cette section récapitule les principales récompenses et nominations obtenues par le film. Pour une liste plus complète, se référer à l'Internet Movie Database[33].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Lauréat(es)
2004
Oscars du cinéma Meilleur scénario original[34] Sofia Coppola
Golden Globes Meilleur film musical ou comédie[35]
Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie[35] Bill Murray
Meilleur scénario[35] Sofia Coppola
BAFTA Awards Meilleur acteur[36] Bill Murray
Meilleure actrice[36] Scarlett Johansson
Meilleur montage[36] Sarah Flack
Prix du Film allemand Meilleur film étranger[37]
Satellite Awards Meilleur film musical ou comédie[33]
Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie[33] Bill Murray
Meilleur scénario original[33] Sofia Coppola
Writers Guild of America Meilleur scénario original[38] Sofia Coppola
Independent Spirit Awards Meilleur film[39]
Meilleur acteur[39] Bill Murray
Meilleur réalisateur[39] Sofia Coppola
Meilleur scénario[39] Sofia Coppola
NSFC Awards Meilleur acteur[40] Bill Murray
Ruban d'argent Meilleur film étranger[33]
2005
César du cinéma Meilleur film étranger[41]
Prix Sant Jordi du cinéma Meilleur acteur étranger[33] Bill Murray
Meilleure actrice étrangère[33] Scarlett Johansson
Fotogramas de Plata Meilleur film étranger[33]

Nominations[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Nommé(es)
2004
Oscars du cinéma Meilleur film[34]
Meilleur acteur[34] Bill Murray
Meilleur réalisateur[34] Sofia Coppola
Golden Globes Meilleur actrice dans un film musical ou comédie[35] Scarlett Johansson
Meilleur réalisateur[35] Sofia Coppola
BAFTA Awards Meilleur film[36]
Meilleur réalisateur[36] Sofia Coppola
Meilleur scénario original[36] Sofia Coppola
Meilleure musique[36] Kevin Shields et Brian Reitzell
Meilleure photographie[36] Lance Acord
Prix David di Donatello Meilleur film étranger[33]
Screen Actors Guild Award Meilleur acteur[42] Bill Murray
Directors Guild of America Award Meilleur réalisateur[43] Sofia Coppola
Satellite Awards Meilleur réalisateur[33] Sofia Coppola
Meilleure actrice dans un second rôle[33] Scarlett Johansson
MTV Movie Awards Meilleur acteur[44] Bill Murray
Meilleure révélation féminine[44] Scarlett Johansson
Australian Film Institute Awards Meilleur film étranger[33]
2005
Union de la critique de cinéma Grand Prix[45]
Lion tchèque Meilleur film étranger[33]
Guldbagge Award Meilleur film étranger[33]

Analyse[modifier | modifier le code]

Le titre du film se réfère à une scène pendant laquelle un réalisateur japonais donne de longues directives au personnage interprété par Bill Murray, l'essentiel de celles-ci étant « perdues » dans la traduction très incomplète qui en est faite à l'acteur. Mais, au-delà de cet aspect, les deux personnages principaux du film, Bob et Charlotte, sont perdus dans une culture japonaise qui leur est totalement étrangère et surtout dans leur vie et leurs relations avec leurs conjoints respectifs, une sensation amplifiée par leur désorientation due au décalage des cultures et qui les conduit à nouer rapidement des liens[8]. L'universitaire Marco Abel classe Lost in Translation dans la catégorie des films qui appartiennent au mouvement « postromantique », dont la caractéristique est d'offrir une perspective négative sur l'amour et le sexe, les personnages rejetant la notion idéalisée de la monogamie durant toute leur vie[46].

L'écrivain et réalisatrice Anita Schillhorn van Veen interprète le film comme une critique de la modernité dans laquelle Tokyo est un monde flottant moderne proposant des plaisirs fugaces trop aliénants et immoraux pour favoriser des relations profondes[47]. Maria San Filippo, écrivain et maître de conférences, estime que Tokyo est une métaphore des visions du monde de Bob et Charlotte. L'ambiance paisible de l'hôtel représente le désir de sécurité et de tranquillité de Bob, alors que l'atmosphère dynamique des rues de la ville symbolise la volonté de Charlotte de s'impliquer dans le monde[48].

Toujours selon Maria San Filippo, la façon dont les Japonais sont perçus uniquement du point de vue de touristes américains « pourrait être décevante si elle n'était pas aussi fidèle à la réalité ». Sofia Coppola, ayant vécu au Japon, sait de sa propre expérience « que les Américains connaissent rarement suffisamment bien les Japonais pour découvrir leur profondeur en tant qu'êtres humains »[48]. Pour le professeur Robin Antepara, bien que le film véhicule certains stéréotypes, Charlotte personnifie d'un autre côté le sens de l'observation des Japonais, une qualité souvent négligée[49].

L’essayiste Robert Hahn suggère que Sofia Coppola utilise le clair-obscur pour renforcer son histoire. Les tons lumineux qui dominent le film symbolisent selon lui l'humour et la romance et contrastent avec les tons plus sombres qui représentent le sentiment sous-jacent de découragement. Il compare ces jeux de lumière à la technique du peintre John Singer Sargent[50]. Le premier plan du film, un plan rapproché de Charlotte allongée en sous-vêtements roses, a été comparé à celui de Brigitte Bardot dans la première scène du Mépris (1963). Mais pour Maria San Filippo, ce plan est utilisé dans Le Mépris dans le but d'une réflexion sur l'objectification sexuelle alors que Sofia Coppola semble rechercher un but uniquement esthétique[48]. Le professeur de cinéma Geoff King note que ce plan est marqué d'un attrait évident par son érotisme potentiel et d'un charme plus subtil par sa qualité artistique. C'est selon lui un exemple du charme évident du film, caractéristique des films produits par les grands studios, et de ses attraits plus subtils typiques du cinéma indépendant[51].

Références[modifier | modifier le code]

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  3. a, b, c et d (en) Wendy Mitchell, « Sofia Coppola Talks About Lost In Translation », sur indiewire.com (consulté en 2 août 2012)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Anne Thompson, « Tokyo Story », sur filmmakermagazine.com (consulté en 2 août 2012)
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  6. (en) « The Co-Conspirators », Interview, no 33,‎ octobre 2003
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  11. (en) « Interview Anna Faris », sur A.V. Club (consulté en 2 août 2012)
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  13. a, b, c et d (en) Peter Chumo, « Sofia Coppola », Creative Screenwriting, no 11,‎ janvier-février 2004
  14. « Lost in Translation - Making-of », Pathé, 2004, DVD
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  31. Martine Landrot, « Lost in Translation », sur Télérama (consulté en 3 août 2012)
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Geoff King, Lost in Translation, Edinburgh University Press,‎ 2010, 158 p. (ISBN 074863746X)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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