La Grande Bouffe
La Grande Bouffe
| Titre original | La grande abbuffata |
|---|---|
| Réalisation | Marco Ferreri |
| Scénario | Marco Ferreri Rafael Azcona Francis Blanche |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Mara Films (Paris) Capitolina Produzioni Cinematografiche (Rome) Films 66 |
| Pays d’origine | |
| Genre | Chronique dramatique |
| Sortie | 1973 |
| Durée | 130 min |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
La Grande Bouffe (La grande abbuffata) est un film franco-italien réalisé par Marco Ferreri en 1973. Le film est présenté au 26ème Festival de Cannes en 1973 en compétition. Il y remporte le Prix Fipresci, ex-æquo avec La Maman et la Putain[1]. En France, il est considéré comme un film culte.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Le film raconte l'histoire de quatre hommes, vers la fin de l'automne, qui fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis, décident de s'enfermer dans une villa au cœur de Paris pour se livrer à un suicide collectif en mangeant jusqu'à ce que mort s'ensuive. Les quatre acteurs principaux ont gardé leur véritable prénom pour interpréter leur personnage dans ce film.
Le premier protagoniste, propriétaire du restaurant « Le Biscuit Soupe » et grand chef, s'appelle Ugo. Il passe son temps à imiter Don Vito Corleone. Il décide de se suicider, probablement à cause de nombreux malentendus avec sa femme. Le deuxième est Philippe, un magistrat de premier plan, qui vit toujours avec sa nourrice Nicole. Cette dernière le surprotège et l'empêche d'avoir des rapports sexuels avec d'autres femmes, se substituant à celles-ci pour remplir les besoins sexuels du juge. Le troisième personnage est Marcello, pilote d'avion pour la compagnie « Alitalia », un véritable prédateur sexuel, il est détruit psychologiquement par le fait qu'il soit devenu impuissant. Le quatrième personnage est Michel, un producteur de télévision à la personnalité efféminée, divorcé et fatigué de sa vie monotone.
Après avoir fait leurs adieux, les quatre compères se rendent en voiture dans la villa, propriété de Philippe, dans laquelle le vieux domestique, Hector, a déjà tout préparé pour le grand festin sans savoir, lui-même, qu'ils souhaitent mourir. Dans la villa, un ambassadeur de Chine attend Philippe pour lui donner une œuvre d'art ancienne chinoise ; celui-ci la refuse poliment. La villa est parsemée d'œuvres d'art suggestives, tant dans le parc qu'à l'intérieur.
Une fois laissés seuls, les quatre commencent leur frénétique festin (dans une scène on voit Marcello et Ugo se faire concurrence pour voir qui mangera le plus vite les huîtres, alors que défilent d'anciennes diapositives érotiques). Ils sont interrompus par l'arrivée d'une institutrice, Andrea, qui veut faire visiter le jardin de la villa à sa classe pour voir le fameux "la tilleul Boileau" , « arbre sous lequel le poète français avait coutume de s'asseoir pour trouver l'inspiration ». Les quatre acceptent spontanément et lui offrent de la nourriture. Andrea étant une jeune institutrice plantureuse, ils l'invitent à dîner le soir même. En fait, sous l'impulsion de Marcello, les quatre hommes pensent à inviter des femmes, Philippe étant toutefois le plus réticent.
Ugo se charge de la confection des plats tandis que Marcello fait venir trois prostituées. Michel, qui semble avoir été éduqué de manière très stricte dans son enfance s'interdit de péter bien qu'il souffre d'aérophagie. Ses amis l'aident à se décongestionner et à péter. Marcello en colère, lorsqu'il se rend compte que manger trop le rend impuissant, s'en va aux toilettes au moment où les canalisations des sanitaires bouchées explosent. La maison se retrouve inondée d'excréments.
Effrayées par la tournure que prennent les événements, les prostituées s'enfuient l'une après l'autre et seule reste Andréa, qui fascinée, a deviné l'entreprise suicidaire des protagonistes. Désignée par les quatre homme comme "femme" contrairement aux "filles", elle accompagnera de manière maternelle les protagonistes jusqu'à la mort.
Le premier à mourir est Marcello. Exaspéré par son impuissance, il décide de quitter la maison pendant la nuit, au milieu d'une tempête de neige à bord d'une Bugatti Type 37 A des années 1920 gardée dans le garage de la villa. Ses amis le retrouvent le lendemain matin, mort, victime d'hypothermie. Sur les conseils de Philippe (sa fonction de juge lui interdit, plus encore que les autres, la dissimulation d'un cadavre), son corps est ramené dans la chambre froide de la maison.
Après Marcello, c'est le tour de Michel, victime d'une indigestion. À tel point, qu'il ne peut même plus lever les jambes et danser, son passe-temps favori. Il finit par s’effondrer sur la terrasse raide mort. Ses amis le mettent avec Marcello dans la chambre froide.
Peu de temps après c'est Ugo qui s'étouffe à mort, avec un plat composé de trois types de foies différents en forme de dôme de Saint-Pierre, qu'il a lui-même préparé. Sur les conseils d'Andréa, Ugo reste exposé sur la table dans la cuisine , "Son Royaume" en tant que restaurateur.
Le dernier "à partir" est le diabétique Philippe. Sur le banc sous le tilleul de Boileau, après avoir mangé un gâteau en forme de sein préparé par Andréa, Philippe meurt dans ses bras. Le film se termine sur les chiens qui ont envahi le jardin, attirés par la viande laissée par des livreurs.
Fiche technique [modifier]
- Titre : La Grande Bouffe
- Titre italien : La grande abbuffata
- Réalisation : Marco Ferreri
- Scénario : Marco Ferreri, Rafael Azcona, Francis Blanche
- Dialogues : Francis Blanche
- Musique : Philippe Sarde
- Photographie : Mario Vulpiani
- Son : Jean-Pierre Ruh
- Montage : Claudine Merlin, Gina Pignieret Amedeo Salfa
- Décors : Michel de Broin
- Costumes : Gitt Magrini
- Production : Vincent Malle, Alain Coiffier et Jean-Pierre Rassam Edmondo Amati pour Mara Films (Paris), Capitolina Produzioni Cinematografiche (Rome) pour Films 66 ;
- Directeur de production : Alain Coiffier
- Format : Couleurs (Eastmancolor) - 1,66:1 - 35 mm
- Durée : 135 minutes
- Genre : Comédie dramatique - Grotesque
- Film interdit aux moins de 18 ans en France à sa sortie.
- Dates de sortie :
Distribution [modifier]
- Marcello Mastroianni : Marcello
- Philippe Noiret : Philippe
- Michel Piccoli : Michel
- Ugo Tognazzi : Ugo
- Andréa Ferréol : Andréa
- Monique Chaumette : Madeleine
- Florence Giorgetti : Anne
- Solange Blondeau : Danielle
- Michèle Alexandre : Nicole
- Cordelia Piccoli : Barbara
- Henri Piccoli : Hector
- Bernard Menez : Pierre
- Louis Navarre : Braguti
- Rita Scherrer : Anulka
- Jean Odoutan : Acteur
- Maurice Dorléac : Acteur
- Jérôme Richard : Acteur
- Eva Simonet : Actrice
- James Campbell : Acteur
- Gérard Boucaron : Acteur
- Florence Giorgetti : Acteur
- Simon Tchao : Acteur
- Patricia Milochevitch : Acteur
- Giuseppe Maffioli : Acteur
- Mario Vulpani : Acteur
Production [modifier]
Rapport avec Bunuel [modifier]
Marco Ferreri a souvent été comparé au cinéaste mexicain Luis Bunuel pour son goût à explorer les vices et le peu de vertu de la bourgeoisie de l'époque en y insufflant une grande part d'ironie également.
Duo Ferreri / Mastroianni [modifier]
Après la Grande Bouffe, le duo se reformera en 1977 pour Rêve de singe et en 1983 pour l'Histoire de Piera.
Tournage [modifier]
Le film est tourné dans une villa de Paris, 68 rue Boileau dans le XVIème arrondissement (emplacement de l'actuelle Ambassade du Vietnam) en février 1973[2].
Réceptions critiques [modifier]
Le film fut très controversé lors de sa sortie. Se posant comme une critique de la société de consommation, il fit scandale au Festival de Cannes en 1973[3]. Hué à Cannes lors de la présentation du film, Philippe Noiret répondit aux critiques : « Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie ».
Pour les Cahiers du Cinéma, la subversion et le choc des thèmes évoqués dans le film sont à intégrer dans une "trilogie de la dégradation" avec Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci en 1972 et La maman et la putain en 1973[4].
Récompense [modifier]
- Le film reçoit le prix du Festival de Cannes en 1973.
Notes et références [modifier]
- http://www.festival-cannes.com/en/archives/ficheFilm/id/2289/year/1973.html
- http://www.dvdclassik.com/critique/la-grande-bouffe-ferreri
- Mereghetti, 2002, op. cit., p. 942
- Scandola, 2004, op. cit. , p. 101.
Annexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) La Grande Bouffe sur l’Internet Movie Database