Passacaille et fugue en do mineur

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Première page d'une copie de la passacaille

La Passacaille et Fugue en ut mineur (BWV 582) est l'une des œuvres pour orgue les plus somptueuses de Johann Sebastian Bach. Elle est jugée par l'organiste américain E. Power Biggs comme un travail de logique musical persuasif et raisonné. Cette œuvre a été écrite entre 1716 et 1717 quand Bach a été invité à Dresde.[réf. nécessaire]

Analyse[modifier | modifier le code]

La passacaille[modifier | modifier le code]

L'ouverture de la passacaille (une sorte d'ostinato) est un thème de huit mesures dont la première moitié pourrait provenir d'une messe pour orgue d'André Raison (le Trio en Passacaille de son Premier livre d'orgue.).

Ce thème est répété vingt et une fois et est utilisé comme structure pour une série de variations décrites par Robert Schumann comme si ingénieusement entremêlées qu'on ne cesse jamais d'en être étonné.

Ces 21 variations se composent de 7 groupes de 3 variations qui symbolisent chacune un temps liturgique : l'attente, la naissance, l'enseignement, la passion, la mort, la résurrection et la vie éternelle. Le chiffre 3, c'est la trinité que l'on va retrouver dans la fugue. D'ailleurs, la mesure est à 3 temps, il y a 3 bémols à la clé, il y a besoin des 3 claviers de l'orgue...

L'ostinato de la passacaille se situe au centre ; le thème original d'André Raison est au-dessus (Trio en passacaille) et en dessous (Trio en chaconne). Bien que le Trio en chaconne ne soit pas identique au thème de Bach, ceux-ci partagent une construction similaire et la même quinte finale.

La fugue[modifier | modifier le code]

La fugue est basée sur la première moitié du thème précédent, combiné à deux contre-sujets. Pour G. Hoffman, la fugue ramène la passacaille des passacailles à la fonction d'ouverture. Cette réutilisation du même thème dans le prélude et dans la fugue est rare dans l'œuvre de Bach (bien que l'une des deux Toccata et Fugue en ré mineur, qui lui est attribuée, utilise également cette connexion entre le prélude et la fugue).

Les 3 sujets (sujet principal et 2 contre-sujets)représentent le Père, en valeurs longues, le fils en sujet descendant, et l'Esprit Saint, très mobile. Les trois sujets sont exploités de façon de plus en plus serrée, et le thème du Père embrasse à la fin l'ensemble par une exposition dans l’aiguë et dans le grave. Le dernier accord n'utilise que les fondamentales de l'Ut 0. Magique !

Réutilisation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Un arrangement de certaines parties de cette Passacaille est présent deux fois dans la séquence du baptême du film Le Parrain, avec d'autres pièces pour orgue, dont la fin du Prélude BWV532 qui conclut la séquence.
  • Une petite partie d'une transcription pour piano est jouée par Angela Hewitt dans La vie aquatique avec Steve Zissou.
  • Une surprenante interprétation de cette œuvre complexe a été enregistrée par le flûtiste Hubert Laws en 1973 dans son album live Carnegie Hall (chez CTI Records) avec la pianiste Bob James et le bassiste solo Ron Carter.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]