Das Boot (film)

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Le Bateau

Titre original Das Boot
Réalisation Wolfgang Petersen
Scénario Wolfgang Petersen
Acteurs principaux
Sociétés de production Bavaria Film
Radiant Productions
WDR
SDR
Pays d’origine Allemagne de l'Ouest
Genre film de guerre
Sortie 1981
Durée 150 à 312 minutes selon les versions

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Das Boot, également intitulé Le Bateau, est un film allemand réalisé par Wolfgang Petersen, en 1981. Il est adapté d'un livre du même nom (intitulé Le Styx en français) de Lothar-Günther Buchheim. L'histoire, romancée, relate les aventures du sous-marin allemand U-96 (Kriegsmarine) et de son équipage durant la Seconde Guerre mondiale.
Le film s'inspire des missions vécues pendant la guerre par L.G. Buchheim, alors journaliste. Hans-Joachim Krug, qui fut premier officier du sous-marin U-219, participa au tournage en tant que consultant. Le soin apporté à l'œuvre en fait un des plus grands films de guerre en milieu sous-marin[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans le port de La Rochelle, à l'automne 1941, la flotte sous-marine allemande se prépare à appareiller dans la liesse générale. Officiers et matelots fêtent leur départ, mais le commandant de l'U-96 reste calme, en retrait, dans l'appréhension du combat. Le capitaine Philip Thomsen, ivre, et qui fête sa dernière décoration, vient parler dans un micro. Il commence par tenir des propos acides sur le chancelier Hitler, puis, sentant qu'il est allé trop loin dans sa critique, se met à "salir" Churchill par le biais d'une pirouette. Après quelques jours en mer, l'U-96 essuie le tir d'un destroyer qui contraint le commandant à donner l'ordre de prendre la fuite. Enfreignant le règlement, le commandant (capitaine) a délibérément choisi d'attaquer ce destroyer isolé sans ordre de mission. L’œil collé au périscope et prêt à envoyer des torpilles, il ne sait pas encore qu'il va au devant de gros ennuis...Il perd le navire de vue, et s'aperçoit trop tard que celui-ci fonce droit sur son sous-marin. À bord, l'angoisse et la peur gagnent lentement l'équipage. Soudain, une formidable explosion retentit. Le sous-marin est touché. Une fois les brèches colmatées, il fait à nouveau route vers La Rochelle. Bien plus tard, l'U-96 aura l'occasion d'attaquer un convoi et de couler plusieurs navires avant de subir le grenadage d'un destroyer. Après ce moment qui a failli mal se terminer, le sous-marin refera surface et devra couler un pétrolier en feu. Ce moment va révéler une forte impression d'abattement de la plupart des membres de l'équipage, et des sentiments profondément humains chez la plupart de ces derniers. Ils pensaient -à tort- que le navire n'avait plus d'hommes à son bord... Le capitaine est désemparé. Les ordres sont stricts. Il est impossible à un sous-marin de secourir un équipage en détresse. Quelque temps après, les officiers vont recevoir l'ordre de rejoindre le port méditerranéen de La Spezia afin d'y connaître leur nouvelle mission : l'U-96 devra traverser le détroit de Gibraltar en affrontant la flotte britannique, un barrage quasi infranchissable.
À noter que ce film a fait l'objet d'une révision qui a abouti à une version longue de plus de cinq heures utilisant une plus grande partie des scènes de la série Das Boot (6 épisodes). Cette nouvelle présentation, dans la version française, a apporté des modifications dans les voix assurant le doublage. Plusieurs acteurs du film sont de très bons comédiens aperçus dans des séries policières allemandes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

légende : 1er doublage / 2e doublage

Commentaires[modifier | modifier le code]

À partir de son port d'attache (La Rochelle), la mission consiste en des patrouilles dans l’Atlantique nord et en une tentative de passer dans la Méditerranée, puis de revenir. Le film présente à la fois l’excitation à l’approche de la bataille, la monotonie des journées ordinaires et l’angoisse des situations périlleuses. Il montre l’équipage comme des soldats d’élite avec une excellente discipline, ayant la volonté de faire de leur mieux pour leurs camarades et leur drapeau malgré un environnement difficile, notamment par son exigüité, voire hostile.

Le film a pour ambition de présenter ce qu’est un « voyage dans l’enfer » de la guerre avec la perspective de ceux qui la vivent. Pour cela, il n’y a que le minimum de plans de l’extérieur sauf lorsque le sous-marin navigue en surface.

L’attention méticuleuse apportée aux détails et la fabrication de plusieurs maquettes avec l’appareillage pour simuler l’effet des charges de profondeur en fit le tournage le plus coûteux d'Allemagne à l’époque, 35 000 000 marks, et un des films de guerre les plus précis historiquement de tous les temps.

Ce fut l’une des premières expériences de l’utilisation de caméra avec un stabilisateur Steadicam (également utilisée dans le film Outland... loin de la terre avec Sean Connery, pour réaliser les travellings dans la station spatiale). Les acteurs eurent l’interdiction d’aller à l’extérieur durant toute l’année précédant le tournage, pour leur garder la pâleur des sous-mariniers.

Le thème principal de la bande originale du film, par Klaus Doldinger, développe une mélodie lancinante qui fut un tube peu après la sortie du film en Allemagne. En 1991, ce thème mélodique fut repris par le groupe de techno-dance U96 et connut ainsi un succès mondial, notamment en discothèque.

Autour du film[modifier | modifier le code]

La base sous-marine de la Rochelle
  • Les scènes de début et de fin ont pour décor naturel la base sous-marine de La Rochelle, construite par l’Organisation Todt entre 1941 et 1943. Les intérieurs de la base sous-marine, comme les extérieurs (y compris le passage étroit face au Sas-Écluse, situé à une centaine de mètres face à la base) y ont été filmés. Aucune visite n'est autorisée depuis la cession du bunker par la Marine nationale, le bâtiment propriété de la CCI de La Rochelle, dangereux et à l'abandon, a été inscrit dans le secteur interdit du Port autonome de La Rochelle.
  • Le U-96 est lancé de la base de La Rochelle, ce qui est une erreur puisque non seulement ledit sous-marin n'y est jamais venu mais qu'en outre il n'a pas été affecté à la 3-U Flottille qui était celle du U-Boot bunker de La Rochelle.
  • Les trois attaques en mer subies par l'U-96 dans le film sont véridiques mais dramatisées :
  1. - Le 28 avril 1941, au sud-est de l'Islande (où l'U-96 patrouille au début du film), par longitude Ouest 15.45 et latitude Nord de 60.04, la corvette britannique HMS Gladiolus attaqua à la grenade sous-marine l'U-96. Pendant un temps, les Anglais pensèrent suite à cette attaque avoir coulé l'U-65. L'U-96 n'a souffert d'aucun dégât de cette attaque.
  2. - Le 31 octobre 1941, Lehmann-Willenbrock attaque le convoi OS-10 au clair de lune, en surface et à longue portée, coulant un navire. L'aviso d'escorte HMS Lulworth l'engage au canon puis une fois le sous-marin en plongée, lui livre 27 grenades sous-marines, dont aucune n'explose à proximité de l'U-96. Le sous-marin échappe à l'attaque et poursuit sa patrouille.
  3. - Le 30 novembre 1941, alors qu'il tente de traverser le détroit de Gibraltar, l'U-96 est attaqué à 22h35 par un avion Swordfish britannique (qui contrairement à l'avion que l'on voit dans le film est un biplan). Touché, l'U-96 plonge, puis refait surface le lendemain matin à 04h55 et rentre à Saint-Nazaire. Le séjour plus long et dramatique dans les profondeurs décrit par Lothar-Günther Buchheim dans son roman est l'une des nombreuses occasions dans le livre où il fictionnalise les évènements qu'il a passé sur l'U-96 en tant que correspondant de guerre.
  • La rencontre avec un autre sous-marin allemand en pleine tempête est véridique. Il ne s'agit toutefois pas de celui du capitaine "Philip Thomsen", qui n'a jamais existé, ni de Rolf Thomsen, qui ne reçut son premier commandement de sous-marin avec l'U-1202 qu'en 1944, mais de l'U-572 commandé alors par le capitaine Heinz Hirsacker (ce dernier fut condamné à mort par un tribunal militaire en 1943 pour lâcheté face à l'ennemi. Il fut le seul commandant de sous-marin allemand à rencontrer pareil jugement et fut exécuté le 24 avril 1943, quelques mois avant que l'U-572 ne fut coulé).
  • 61e minute du film, la propagande allemande annonce à la radio : "La flotte allemande vient de remporter une nouvelle grande victoire. Nos sous-marins ont attaqué un convoi de bâtiments de guerre britannique en Méditerranée occidentale. Pendant la bataille, deux de nos sous-marins sous le commandement du capitaine Reschke et du capitaineFriedrich Guggenberger ont coulé le porte avion Ark Royal. Le cuirassé anglais Malaya a été sévèrement touché, il a dû être remorqué jusqu'au port de Gibraltar. D'autres bâtiments britanniques ont été touchés par nos torpilles." Dans les faits, l'U-81 du capitaine Guggenberger a effectivement tiré de loin une unique torpille contre la force H le 13 novembre 1941, qui toucha le HMS Ark Royal sur bâbord et le fit couler 14 heures plus tard. En revanche, ni le HMS Malaya, qui faisait bien partie du convoi, ni aucun autre navire n'a été inquiété. L'U-205 du capitaine Reschke patrouillait bien à cette époque (du 8 au 16 novembre 1941) dans la "meute" baptisée « Arnauld », en compagnie de l'U-81, l'U-433 et l'U-565.
  • 73e minute du film. "Alerte, on aurait dit une ombre sur la gauche". Le capitaine interroge alors le sonar : "Vous avez quelque chose sur la gauche" ? Et le sonar répond : "Un léger bruit d'hélice au 110". Le gisement[3] 110, comme en atteste l'aiguille de l'hydrophone que l'on voit à l'écran, c'est sur la droite. C'est le doublage français qui fait cette erreur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "le meilleur film de sous-marins jamais réalisé", in "Les meilleurs films des années 80", p. 15, Jürgen Müller, Éd. Taschen, (ISBN 2-7434-5168-8)
  2. DVD Das Boot, version commentée.
  3. http://www.uboataces.com/hydrophones.shtml

Liens externes[modifier | modifier le code]