Vouivre

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Vouivre représentée dans le Liber Floridus, 1448.
Vouivre, emblème de Klagenfurt
Armes de Midland Railways
Armes du Duché de Milan
Vouivre représentée dans Saint Georges et le dragon de Paolo Ucello, 1450
Dragon héraldique (ou Wyvern)

La vouivre (ou wyverne) est une créature fantastique mythologique. Elle prend la forme d'un dragon ou d'un serpent, selon les traditions régionales. En héraldique, elle est aussi appelée guivre.

Description[modifier | modifier le code]

Elle porte une escarboucle sur le front. Cet œil, une gigantesque pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d'une rivière ou d'un lac tandis que la vouivre y pêche, et peut être subtilisé par un voleur audacieux. Le reste du temps, la vouivre veille sur les trésors souterrains.

La « vouivre » ou la wyvern aurait été primitivement un « serpent de feu » et non pas un serpent d'eau. Cette légende expliquerait pourquoi les vouivres ont des ailes et portent au front une escarboucle étincelante, c'est-à-dire un charbon ardent, en latin carbonculus ; quand elles plongent dans les fontaines ou dans les puits, elles laissent leur escarboucle sur la margelle. Il y a là une association de la « vouivre » avec une idée de lumière et de chaleur sortie des entrailles de la terre ; aussi, traditionnellement la vouivre garde-t-elle les trésors souterrains. Souvent d'ailleurs la Vouivre crache le feu.

La vouivre est un dragon, il n'y a pas de règle distinguant vouivre et dragon par le nombre de pattes ou d'ailes. Un dragon est une créature mythique, dont l'apparence ne dépend que de son créateur.[réf. nécessaire]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Attesté vers 1150 wivre « serpent »[1] ; puis dans la seconde moitié du XIIIe siècle vuivre[2] ; en 1636 guivre : « Vuivre, serpant volant, eclatant an feu »[3] ; 1834 vouivre « dragon, monstre fantastique », très répandu en Suisse et dans le Jura ; vivre dans les dialectes du Centre et de l'Est[4] ; voivre[5] ; 1904 vouivre[6]. Il est utilisé au XIXe siècle avec le sens que l'on connaît aujourd'hui de dragon, monstre fantastique.

Il s'agit d'une variante dialectale de « guivre »[7], attesté vers 1100 « vipère, serpent » (la chanson de Roland, édition J. Bédier, 2543 : serpenz e guivres, dragun e averser), puis au XIIIe siècle (Le rôle d'armes Bigot, 205 dans Braust, p. 287 : a une vuivre… de travers el Kief); en 1581, héraldique : guivre[8], employée au XIXe siècle avec le sens que l'on connaît aujourd'hui de dragon, monstre fantastique.

Quoique le contenu sémantique de vouivre apparaisse vers le XVIIe siècle, la signification actuelle date du XIXe siècle, période durant laquelle le romantisme remet au goût du jour l'époque médiévale. Ce mot est un régionalisme linguistique propre à la Lorraine, la Bourgogne, la Franche-Comté, le Jura et la Suisse.

Ce terme est issu du latin classique vipera « vipère » altéré en *wipera sous l'influence des nombreux mots germaniques en [w]. cf. le vieux haut allemand wipera, lui-même emprunté au latin vipera[9].

Adjectifs dérivés (Héraldique)[modifier | modifier le code]

Il existe un flou certain quant au sens des adjectifs se rapportant à cette notion.

Les ouvrages de référence modernes répertorient trois sens différents pour les adjectifs « guivré » et « vivré », en héraldique, soit les sens 1 et 2 pour l’adjectif « guivré » et le sens 3 pour l’adjectif « vivré ». Or l’édition de 1762 du Dictionnaire de l’Académie française renvoie à « vivré » sous guivré.

On trouve aussi la forme « givré » dans le Littré comme synonyme de « guivré ». On peut donc dire, contrairement à ce qui est écrit dans le dictionnaire « Antidote », que « givré » est un ancien synonyme de « guivré », et non son paronyme.

  1. Orné d’une tête de guivre.
  2. Orné d’une ou de plusieurs guivres.
  3. Pièce dont les bords en dents de scie ou ondulés rappellent la queue de la guivre.

Vouivre et wyverne[modifier | modifier le code]

La « vouivre » et la « wyverne » ne paraissent pas être exactement la même créature, car les définitions n'insistent jamais sur les mêmes choses, selon la langue. Les définitions suivantes ont été créées en comparant de nombreux dictionnaires français et anglais. On constatera qu'elles sont différentes l'une de l'autre :

Français[modifier | modifier le code]

Dans les contes populaires et en héraldique, la vouivre est un serpent fantastique préposé à la garde d’un trésor possédant un corps de serpent, des ailes de chauve-souris et des pattes de pourceau.

En littérature  : Marcel Aymé décrit dans La Vouivre une jeune femme nue vivant au milieu des marais et protégeant un énorme rubis. Cédric Vincent, quant à lui mélange les deux versions ; il imagine la vouivre comme un esprit lié à l'eau, qui se présente aux humains sous l'aspect d'une femme lorsqu'elle est heureuse, d'un dragon à deux pattes lorsqu'elle est en colère. Henri Vincenot quant à lui voit la vouivre comme un immense serpent souterrain qui correspond au courant tellurique terrestre dans son ouvrage Les étoiles de Compostelle.

Bernard Clavel a écrit un conte sur la vouivre, présent dans le recueil : Légendes des lacs et des rivières.

Vouivre, en franc-comtois, est l'équivalent du vieux mot français « guivre », qui signifie serpent et qui est resté dans le langage du blason.

Anglais[modifier | modifier le code]

Dans les contes populaires et en héraldique, serpent fantastique possédant deux pattes, deux ailes et une queue hérissée de pointes.

En héraldique anglaise, la « wyvern » est un dragon ailé à deux pattes.

Italien[modifier | modifier le code]

Une guivre (blason des Visconti)
Le « Biscione », symbole de la ville de Milan

En héraldique, la « guivre » est un serpent en pal ondoyant, engloutissant un enfant (l'« issant »). Elle est assez répandue en héraldique italienne, notamment à Milan où elle représente le symbole de la famille Visconti, dont une des légendes veut qu'un des membres de cette famille (Ottone Visconti), alors commandant dans la croisade de 1187, prit ce symbole sur l'étendard d'un Sarrasin vaincu par lui. Il rapporta ce trophée à Milan qui devint un des symboles de la ville, connu sous le nom de « Biscione » ou « bissa » en patois milanais qui est la traduction de « vipère ».

Une autre légende veut que vers 1200, ce fut un autre Visconti qui tua un serpent ou dragon qui terrorisait les habitants.

Ce symbole a été repris sur l'écusson de la marque d'automobiles Alfa Romeo fondée à Milan, sur les maillots de l'équipe de l'Inter de Milan et repris par la société Fininvest de Silvio Berlusconi avec une légère modification (l'enfant est remplacé par une fleur).

En héraldique, « guivre » n'est pas synonyme de « vouivre », ce dernier étant un serpent fabuleux.

Aspects folkloriques[modifier | modifier le code]

Vivacité des légendes[modifier | modifier le code]

Monstre folklorique, la vouivre fait pourtant partie intégrante, depuis des siècles, du patrimoine de plusieurs pays européens (Angleterre, France, Suisse notamment).

Souvent les traditions se perdent, même en Franche-Comté, le réel noyau de la légende. Il n'y a plus depuis la seconde moitié du XXe siècle d'histoires rapportées oralement à propos d'une Vouivre ou d'une personne qui a tenté de s'emparer de sa pierre précieuse (escarboucle). Mais ce qui demeure surtout sont les noms des lieux-dits, dérivés de Vouivre.

Tous les vingt ans se célèbre à Couches (Saône-et-Loire) la fête de la « Vivre », en l’honneur d’un monstre qui semait la terreur. La légende remonte à 1328 et la prochaine fête sera en 2028.

Une vouivre figure sur le drapeau de l'Ajoie, un district du canton du Jura en Suisse. Dans cette région, la tradition de la vouivre est vivace[10].

L'escarboucle ou l'œil unique[modifier | modifier le code]

De nombreuses vouivres sont représentées comme une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front. Cet œil, une gigantesque pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d'une rivière ou d'un lac tandis que la vouivre y pêche, et peut être subtilisé par un voleur audacieux.

Cette pierre a fasciné les hommes. Leur convoitise se retrouve dans de nombreuses légendes de nos provinces et les amène à la tuer pour s'emparer du diamant comme dans les contes similaires du Cantal, du Puy-de-Dôme, de Vienne, de Basse-Normandie, de Bresse, du Revermont… Paul Sébillot, dans Le Folklore de France, a recensé beaucoup de légendes ainsi qu’Henri Dontenville dans son Histoire et géographie mythiques de la France.

À Brétigny en Côte-d'Or, « Lai Sarpan du Bois du Roz » avait une couronne sur la tête, un œil de diamant, des écailles brillantes et sonores et un anneau à la queue.

Dans le conte, Le Serpent au diamant, le bûcheron qui dérobe l’escarboucle apprend de la bouche du roi qu’elle a le pouvoir de transformer le fer en or.

Les montagnes des Alpes et du Jura, un serpent volant aux proportions énormes, appelé vouivre, portait sur sa tête une aigrette ou couronne étincelante, et sur le front un œil unique, diamant lumineux qui projetait une vive lumière que l'on voyait de très loin. Lorsqu'elle voltigeait avec bruit de mont en mont, une haleine de flammes et d'étincelles sortait de sa bouche.

Selon la légende, on voyait jadis dans les forêts de Luchon de grands serpents qui avaient une pierre brillante sur le front.

La « Male Beste » des bords de la Garonne est aussi dotée au front d'un seul œil.

Une apparence variable selon les régions[modifier | modifier le code]

Les serpents volants ne sont pas rares. Tels ceux du château de la Fraudière à Jouhet (Côte-d'Or) et de Presly (Cher), la serpente volante du château de Rosemont à Luthenay-Uxeloup (Nièvre), la couleuvre volante du château de la Motte-Chevagnes (Allier) entre autres.

Toutefois, la vouivre peut avoir d'autres formes : on conte que les habitants du Valais se débarrassèrent d'un monstrueux serpent nommé la Ouïvra qui enlevait les bestiaux de la montagne de Louvye… La Ouïvra avait une tête de chat sur un corps de serpent…

Dans le Berry, grand serpent de quarante pieds de longueur se réveillait de temps à autre ; sa tête était celle d'un homme.

En Vendée, la fée Mélusine, trahie par son amant, s'envole sous la forme d'un gigantesque serpent ailé en ordonnant que le huitième de ses dix fils soit tué pour mettre fin aux guerres ravageant le pays.

Dans le Mâconnais, on parle de la bête Faramine, monstre « faramineux » qui volait d'un coup d'aile de la Roche de Solutré jusqu'à Vergisson, ou bien encore de Thouleurs jusqu'à la pierre de la Wivre du mont Beuvray. Toutefois, la Bête Faramine de Vergisson, qu'on appelle aussi « le Peteu » a perdu tout caractère reptilien : elle est présentée comme un oiseau gigantesque, du moins en apparence, puisque, une fois tuée et plumée, la bête ne s'avère pas plus grosse qu'un poulet[11]. La bête Faramine est aussi connue dans le Poitou où on l'orthographie « bête Pharamine ».

Le « Dard » du sud de la Gâtine avait le corps d'un serpent à queue très courte et quatre pattes, une tête de chat et une crinière tout le long du dos. Son sifflement faisait peur. Lorsqu’il était attaqué, il mordait cruellement, mais il n'était pas venimeux. Cependant, il avait coutume de téter les vaches.

L'eau[modifier | modifier le code]

La forme du serpent pourrait peut-être rappeler celle des méandres d'une rivière sauvage ; l'élément aquatique est en tout cas très fréquent dans les légendes de vouivre :

George Sand décrit dans Légendes rustiques le Grand Serpent des étangs de la Brenne, près de Saint-Michel-en-Brenne. À Gargilesse, lieu de prédilection de George Sand, la Vouivre prend le nom de Gargelle.

En Vendée, la Vouivre hantant le Grand Etier et la Vie est décrite comme « une forme longue et gracieuse, qui semble hésiter entre un corps de femme et de serpent, se baigne en sirène et se meut dans l'eau mieux qu'une anguille ».

Les légendes locales gardent le souvenir de la vouivre de Blamont (Doubs) qui lavait ses ailes brillantes à la source de la Fuge, de celle qui hantait les forêts du mont Bleuchin (Doubs), de celle de Gémeaux (Côte-d'Or) qui se baignait dans la fontaine Demelet, de celles encore de Couches-les-Mines (Saône-et-Loire), de Vitteaux (Côte-d'Or), de Beaulon (Allier), de Fleury-sur-Loire (Nièvre)…

Apparitions annuelles et trésors[modifier | modifier le code]

Très souvent, la vouivre veille sur les trésors souterrains comme le montrent de nombreuses légendes du Nivernais. À Moraches, on conte qu’un serpent gardien d’un trésor, ne sortait qu’une fois l’an pour aller boire.

Sous la pierre de Vaivre du mont Beuvray, la vouivre sortait de terre une fois l’an, à Pâques, et étalait ses trésors au soleil.

Pour son roman La Vouivre, Marcel Aymé s’est vraisemblablement inspiré de la légende de la vouivre d'Avoudrey. Outre l'escarboucle, la créature porte une couronne de perles sur la tête, descend à minuit, le soir de Noël, au moment où, dans l'église, on chante matines, et vient boire à la fontaine voûtée du village. Elle pose alors un instant son escarboucle et sa couronne au bord de la source.

La Vouivre est un dragon particulier.

Créatures considérées comme des vouivres[modifier | modifier le code]

Si l'on admet que « vouivre » puisse être un terme générique comme « dragon », alors d'autres créatures peuvent aussi être qualifiées de « vouivres » :

Un dragon ravageait le pays d'Ajoie (district actuel du canton du Jura en Suisse romande)[réf. nécessaire], celui des Combes (Doubs) gardait un trésor, on offrait des jeunes filles en pâture à celui de Domfront (Orne).

Le dragon de Lissagues (Basses-Pyrénées) tua le seigneur Gaston de Belzunce près de la fontaine ; celui des creux du Laquet à Saint-André-de-Valborgue (Gard) était considéré particulièrement horrible.

Et on en trouve à Douai, Vannes, Moret-sur-Loing, Troyes, Nevers, Avignon, Cavaillon, Sisteron

La « Bête Rô » tapie dans la caverne de la Pointe de Roux, près d'Aytre, dans le canton de La Rochelle en Aunis, la Kraulla de Reims, l'énorme serpent ailé de Niort, la « Male Beste » des bords de la Garonne, le lézard monstrueux du Médoc, le Lumeçon de Mons (Hainaut, Belgique) que combat saint Georges, les Vermines et les Vers, les griffons à queue de serpent et les basilics (coqs à queue de serpent), comme celui du puits de Coulaine à Claunay-le-Bouchet (Vienne), sont d'autres avatars du Dragon-Vouivre.

Le latin médiéval donne une variante de « crocodile », monstre des bords du Nil qui a impressionné les voyageurs des temps passés : « cocodrilles », devenant « cocadrilles » en Sologne et « coquatrix », ou « cocatrics » dans de nombreux endroits. L'auberge du Coquatrix, dans le Hurepoix, maintient encore le souvenir d'une ancienne légende. Il y aurait eu, à l'Hôtel-Dieu de Lyon, un crocodile qui fut tué sur le Rhône, au Moyen Âge.

Les dragons et les serpents ou les lézards vivent parfois en couple, et selon la Gest Maugis (XIIIe siècle), le cheval fabuleux Bayart serait né de l'accouplement d'un dragon et d'un serpent : « un dragon l'engendra ileuc en un serpent ».

À Provins (Seine-et-Marne) vivaient un dragon et une lézarde qui sont encore fêtés de nos jours.

Mais il y a aussi la Tarasque (du grec tarasso : épouvanter) dévoreuse, celle de Novès, terrifiante, qui ressemble à une ancienne Tarasque étrusque, celle d'Arles et celle de Tarascon, dont la fête est remise actuellement à l'honneur. Peut-être ces Tarasques ont-elles pour ancêtre le serpent carnassier de trois mètres de long gravé dans une caverne des Beaumes-Latrone, située dans une falaise abrupte de la vallée du Gard.

Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine, évêque de Gênes, décrit ainsi la Tarasque : « En ce temps, avoit en ung boys sur le Rosne, entre Arles et Avignon, ung dragon, demy beste et demy poisson, plus gros que ung beuf, et plus long que ung cheval. Et avoit les dents aguës comme une espée, et estoit cornu de chascune part, et se tapissoit en l'eaue, et tuoyt les passans, et noyoit les nefs… « Et quand on le suyvoit par une espace de temps, il mettoit hors l'ordure du ventre, ainsi comme ung dart et brusloit tout ce à quy il touchoit. Et Marthe, à la prière du peuple, alla là, et le trouva mengeant ung homme en sa bouche. Et lors getta dessus »uy l'eaue benoiste, et luy monstra une croix : et fut tantost vaincu, et se tint comme une brebis, et lors Marthe le lya de sa sainture. Et fut tantost tué du peuple à lances et à pierres, et ce dragon estoit appellé, de ceulx du pays, Tarascon, Tarasconus. »

Louis Dumont, dans son livre La Tarasque, essai de description d'un fait local d'un point de vue ethnographique, a étudié minutieusement la tradition millénaire qui commémore la soumission de ce dragon dévorant à sainte Marthe. Le chanoine Bovis la décrit ainsi : « Elle était de la grosseur d'un taureau, ayant la teste d'un lion, le crin d'une jument, les dents comme des épées, le dos tranchant comme une faux, la queue couleur de vipère. Elle était couverte d'écailles comme une tortue ». Mais la Tarasque que l'on sort actuellement pour la fête annuelle est d'un aspect beaucoup plus débonnaire.

Le Drac par exemple, qui se jette dans l'Isère à Grenoble, était souvent cause d'inondation, et un ancien dicton dauphinois dit : « Lo serpen e lo dragon Mettron Grenoble en savon. Il en lessive les rives ! »[12].

Coulobre[modifier | modifier le code]

Le Coulobre (du latin coluber) est une couleuvre ailée provençale qui vit dans les eaux de la Sorgue près de Fontaine-de-Vaucluse[13]. Cette créature est réputée s'unir avec des dragons qui l'abandonnent ensuite, la forçant à élever seule les petites salamandres noires dont elle accouche. Elle cherche désespérément un nouvel époux et un père pour ses enfants mais sa laideur repousse tous les prétendants[13]. Pétrarque aurait été attaqué par l'une de ces créatures jalouses alors qu'il se trouvait au bord de l'eau avec sa bien-aimée : il tua lé monstre d'un coup d'épée mais sa femme mourut ensuite de la peste[13]. Le Coulobre est mentionné comme étant le dragon sorti de la grotte de la fontaine de Vaucluse d'où sourd la Sorgue. Celle de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard a sept têtes et sept queues.

Vouivre et symbolisme contemporain[modifier | modifier le code]

Dans Le Pape des escargots d’Henri Vincenot, le héros se déplace en suivant les chemins de la vouivre, les chemins qui serpentent dans les campagnes, ce que font traditionnellement tous les pèlerins.

Dans les temps reculés, il y eut sans aucun doute en France, en de nombreux endroits, de culte à la Terre-Mère dont le serpent est l'attribut. Certains, comme à Longpont-sur-Orge ou à Montmorillon, furent des lieux de culte à Isis.

Le serpent a été associé au féminin, et tout particulièrement aux Déesses-Mères. Son mouvement ondulatoire et sa forme l’associent à l'énergie sexuelle ; ses résurrections périodiques et ses mues l'associent aux phases de la lune qui incarnent le pouvoir régénérateur des eaux, mais aussi énergies latentes renfermées dans le sein de la terre. Il représente la force vitale, étant à la fois créateur et destructeur. Salus, déesse de la Santé et de la Guérison chez les Romains, a comme attribut le serpent. Asclépios, dieu de la médecine, est celui qui trouva comment faire revivre les gens en voyant un serpent amener une feuille dans la bouche d'un autre, le relevant en même temps.

Les déesses-mères étaient souvent souterraines. La déesse au serpent du Fâ de Barzan est peut-être la transposition d'une déesse chthonienne gauloise.

En Provence, Alphonse Daudet, très au fait des traditions de sa région, nous dit que la Tarasque est « connue dans tout le pays sous le nom de “la mère-grand” ». Elle est soumise par sainte Marthe.

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Récurrence de la Vouivre dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

La Vouivre est très représentée dans l'univers du jeu vidéo. Elle est entre autres exemples utilisée dans les jeux suivants :

Dans les univers imaginaires des jeux de rôles Warhammer et Donjons et Dragons, la Wyvern ou Vouivre en traduction française, est un gigantesque serpent ailé sans membre antérieur mais avec deux pattes postérieures, cornu, avec au bout de sa queue reptilienne un énorme aiguillon de scorpion. Elle est donc directement inspirée de la vouivre héraldique anglaise. Dans l'univers Warcraft, elle apparaît sous la forme d'une créature volante originaire du continent de Kalimdor. Elle a été représentée comme une manticore. L'animal est apprivoisé par les orcs de la horde. Ils l'utilisent comme une monture d'éclaireur chevauchée par un guerrier armé de fourches empoisonnées. C'est une unité dans Warcraft 3 et la monture volante de base de la Horde, dans World of Warcraft.

On retrouve le Wyvern dans le jeu "Magic Carpet", où cet adversaire est le plus puissant du jeu, et plus puissant que les dragons. Il combat avec des boules de feu rapides.

Dans le jeu Final Fantasy XI, la wyvern est représentée comme un petit dragon qui accompagne le chevalier dragon. Dans le jeu Final Fantasy XII, la Vouivre est la cible d'un contrat et se trouve dans la Mer de sable de Nam-Yensa. Elle est aussi une créature récurrente dans le jeu, étant présente dans une partie des zones du monde.

Dans le jeu vidéo Heroes of Might and Magic III, la wyvern est un animal vivant dans les troncs des arbres des forêts pluvieuses et des mangroves. C'est sous ses traits les plus courants qu'elle apparaît, un dragon fin (presque un serpent ailé, surement a-t-elle été représentée sous le forme du serpent à plumes de la mythologie aztèque) utilisant un puissant poison pour combattre pour la version améliorée en monarque wyvern. Elles réapparaissent dans le jeu Heroes of Might and Magic V sous le nom de Vouivre en tant qu'espèce créée par magie à partir de lézard. Elles se conforment au mythe à l'exception de leurs pattes arrières, griffues, et de leurs yeux, qui sont deux. Certaines d'entre elles peuvent être venimeuses.

Dans le jeu vidéo Monster Hunter, les wyvern sont une catégorie de monstres à part entière dont les pattes avant (ou bras) ont évolué en ailes. Leurs formes et comportements sont très variés. L'univers de Monster Hunter distingue deux catégories de wyvern : les wyvern dits « classiques », aux ailes souvent larges, et les pseudo-wyverns, des wyverns dont les ailes sont sous-développées comparées à leurs congénères car, au cours de leur évolution, ils ont préféré utiliser leurs bras (donc ce qui s'est transformé en grandes ailes chez les autres) en combat au corps-à-corps. Cependant, certains d'entre-eux peuvent quand même voler.

Dans le jeu The Elder Scrolls V: Skyrim, les dragons sembleraient contenir tous les signes de ressemblance avec les wyverns: ils n'ont que deux pattes à l'arrière et prennent appuie sur la rotule de leurs ailes à l'avant. Malgré cela, le débat est toujours d'actualité chez les fans, les uns considérant l'éventualité que les bêtes sont des wyverns, les autres considérant que le nom "dragon" utilisé dans le jeu n'est pas anodin et que les créatures sont effectivement des dragons.

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conte de Floire et Blancheflor, éditions J.-L. Leclanche, 1869
  2. Médicinaire liégeois, éditions J. Haust, p. 104, ligne 263
  3. Monet
  4. Walther von Wartburg, FEW, t. 14, p. 487b
  5. Joinville, Vie de Saint Louis, éditions N. L. Corbett, § 217
  6. Nouveau Larousse illustré
  7. Site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : étymologie de vouivre
  8. Bara, Le Blason des Armoiries, Lyon, p. 220
  9. Site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales : étymologie de guivre
  10. http://www.juratroislacs.ch/fr/excursions-terre-de-legende.6577/au-pays-de-la-vouivre.6602.html#tab2
  11. Voir à ce propos Le Peteu de Vergisson ou la bête faramine (légende mâconnaise du XVIIIe siècle), Mâcon, Protat 1966. In-4 oblong, 42 pp.
  12. Inspire le symbole du serpent et du dragon dans la ville.
  13. a, b et c Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Paris, Éditions le pré aux clercs,‎ 14 septembre 2007, 435 p. (ISBN 978-2-84228-321-6), p. 172

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Médias connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]