Le Secret de la planète des singes

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Le Secret de la planète des singes

Titre original Beneath the Planet of the Apes
Réalisation Ted Post
Scénario Paul Dehn
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
APJAC Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 1970
Durée 95 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Secret de la planète des singes (Beneath the Planet of the Apes) est un film américain inspiré du roman La Planète des singes de Pierre Boulle, réalisé par Ted Post, sorti sur les écrans en 1970.

C’est la suite directe de La Planète des singes sortie deux ans plus tôt et le deuxième volet de la saga.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ayant perdu le contact avec l'équipage du vaisseau Icare du Capitaine Taylor, la NASA lance une mission de secours, composée de deux astronautes : le capitaine Donovan Maddox et le lieutenant John Brent. Suivant le même itinéraire que George Taylor et son équipage, les deux hommes s'écrasent à leur tour sur la planète des singes. Unique survivant du crash, Brent découvre avec l'aide de Nova que ce monde, en plus d'être gouverné par les singes, abrite également une communauté de mutants humains télépathes. Ces derniers, qui vouent un culte à la bombe atomique, ont élu domicile dans ce que les singes nomment la "zone interdite", qui n'est autre que New York en ruines. Or, le belliqueux général gorille Ursus, désireux d'étancher sa soif de conquêtes, projette de l'envahir...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : Le Secret de la planète des singes
  • Titre original : Beneath the Planet of the Apes
  • Réalisation : Ted Post
Réalisateur de la seconde équipe : Chuck Roberson
avec la participation non créditée d'Arch Oboler[1]
Producteur associé : Mort Abrahams
Drapeau des États-Unis États-Unis : [2]
Drapeau de la France France :

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

En février 1968, La Planète des singes sort aux États-Unis et connait un succès critique et public assez surprenant, étant donné que les films de science-fiction avaient été quelque peu délaissés par les studios depuis le début des années 1960[3]. Richard D. Zanuck, de 20th Century Fox, passait chaque jour en voiture devant les files d'attente des cinémas. L'idée d'une suite vint alors aux producteurs, bien que cela ne fût pas encore une habitude à cette époque[3]. De plus, la Fox connaissait à cette époque de nombreux problèmes financiers en raison de l'échec des films Star!, Tora ! Tora ! Tora ! et Hello, Dolly! au box-office. Ainsi, le studio comptait rentabiliser au maximum ce second film, en économisant beaucoup d'argent grâce à la réutilisation des décors du premier film[3].

Les producteurs Arthur P. Jacobs et Mort Abrahams se tournèrent alors vers l'équipe du premier film. Cependant, les idées du scénariste Rod Serling ne firent pas l’unanimité chez les producteurs et le studio[3]. Arthur P. Jacobs contacta donc Pierre Boulle. Ce dernier élabora alors un scénario intitulé Planet of the Men (« la planète des hommes »), dans lequel Taylor et Nova rencontrent des humains vivant dans la jungle et fondent une colonie pour les faire évoluer. De son côté, le général-gorille Ursus prépare une guerre pour exterminer les humains. Sirius, le fils de Taylor et Nova, soulève ensuite une armée pour tuer les singes. À la fin du scénario, après la victoire des Hommes, un singe est exposé dans un cirque et doit amuser les humains. À des spectateurs qui lui demandent son nom, il répond péniblement  : « Zaïus... »[3]. Mais le studio et les producteurs n'avaient pas l'impression de retrouver le « choc visuel » du premier film. Mort Abrahams, producteur associé, imagine alors quelques idées scénaristiques.

L'écrivain-scénariste-essayiste-poète anglais Paul Dehn est ensuite engagé, peu de temps après le succès de Goldfinger, coécrit avec Richard Maibaum. Très marqué par les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, Paul Dehn insère alors l'idée d'une guerre nucléaire dans l'histoire[3]. Il travaille alors avec Mort Abrahams à un scénario intitulé Planet of the Apes Revisited. Ils ont notamment l'idée d'un enfant mi-homme mi-singe et des tests filmés sont même réalisés. L'idée est cependant rapidement abandonnée[3]. En parallèle, Richard D. Zanuck sait que le personnage de Charlton Heston doit à tout prix être présent. Par amitié pour Zanuck et Arthur P. Jacobs, l'acteur accepte de revenir mais insiste pour que son rôle soit très limité et que son personnage meure[3].

Le réalisateur du premier film Franklin Schaffner était pris par le film Patton. Le studio contacte alors Ted Post, qui avait réalisé de nombreuses séries télévisées. Ce dernier a d'abord refusé l'offre, trouvant le scénario trop éloigné du premier film[3]. Il accepte finalement de revoir quelques éléments du script avant de s'engager sur le projet[3]. Il demande ensuite à ce que le coscénariste du premier film Michael Wilson intègre l'équipe, mais le budget du film passe de 5 à 2,5 millions de dollars en raison des problèmes financiers de la Fox[3].

Durant la production, Richard D. Zanuck est renvoyé de la Fox par son père Darryl F. Zanuck[3]. Très frustré par cela, Ted Post raconte que Richard D. Zanuck aurait alors dit à l'équipe que la Terre devait exploser à la fin du film[3]. La fin du film est alors tournée, bien qu'elle déplaise à beaucoup de personnes, dont le réalisateur Ted Post[3].

Casting[modifier | modifier le code]

Charlton Heston avait à l'origine refusé de participer au projet, qu'il trouvait ridicule. Il accepte cependant d'y apparaître à condition que son personnage meure, lui évitant ainsi d'apparaître dans d'éventuelles suites. L'acteur reverse ensuite son salaire à l'école de son fils[4].

Dans ce deuxième épisode, le rôle de Cornelius est repris par David Watson, Roddy McDowall étant pris par un autre projet. Mais ce dernier reprendra le rôle dans le 3e volet, Les Évadés de la planète des singes.

Le rôle du général Ursus a été proposé à Orson Welles, mais il décline l'offre en raison de la contrainte du maquillage[1]. Quant à Burt Reynolds, il a été envisagé pour incarner John Brent[1]. James Franciscus, qui s'était fait connaitre grâce à la série télévisée Mr. Novak, est engagé notamment pour sa ressemblance avec Charlton Heston[3]. James Franciscus insiste pour étoffer son personnage et le rendre plus héroïque en procédant à plusieurs réécritures avec le réalisateur Ted Post[3].

Le producteur Arthur P. Jacobs était un ancien publicitaire. Il avait eu l'idée d'inviter l'influent journaliste-chroniqueur James Bacon pour lui offrir des petits caméos dans plusieurs films de la saga. Non crédité aux génériques, ce dernier incarne brièvement un singe dans le premier film, celui-ci ainsi que dans La Conquête de la planète des singes et La Bataille de la planète des singes. Il joue également le Général Faulkner dans Les Évadés de la planète des singes[3],[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage début en février 1969, soit quasiment un an jour pour jour après la sortie américaine de La Planète des singes, et se termine en juin 1969[3].

En raison du budget restreint, les acteurs principaux sont maquillés de la même façon que dans le premier film tandis que les figurants se contentent de cagoules en latex, détail visible notamment lors de la réunion présidée par le général Ursus.

Box-office[modifier | modifier le code]

Avec son petit budget, le film rapporte près de 20 millions de dollars sur le sol américain[6] et environ 40 millions dans le monde, ce qui était une grande première à l'époque pour la suite d'un film[3]. En France, le film totalise 1 163 547 entrées[7].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Erreur[modifier | modifier le code]

Les secours sont censés arriver après ce qui s'est déroulé dans le 1er film, or ils arrivent sur la planète des singes en 3955, soit 23 ans avant l'année d'arrivée dite dans le 1er film (3978).

Analyse[modifier | modifier le code]

Vu l'époque à laquelle ce film a été réalisé – il est sorti en 1970, donc en pleine guerre froide –, on peut penser que l'auteur y critique le monde dans lequel il vit. À cette époque, l'arme qui permettait d'éviter une nouvelle guerre mondiale entre l'URSS et les États-Unis (par crainte mutuelle de représailles) était la bombe nucléaire. Dans le film, on entend clairement les deux protagonistes, Taylor devant la Statue de la Liberté et Brent dans les ruines du métro de New York, dire : « Ils l'ont fait sauter. » Autrement dit : les humains ont fait sauter la Terre avec l'arme nucléaire. Il faut rappeler que les événements survenus huit ans avant la sortie du film (en 1962, crise des missiles de Cuba) n'avaient pas facilité les choses car le monde était alors passé tout près d'une nouvelle guerre.

Dans le film, on voit qu'une « secte » vénère l'une de ces bombes nucléaires qui étaient censées protéger les hommes. Cette bombe est considérée comme un Dieu, par des hommes qui à la fin périssent brûlés.

Ce deuxième volet est très contesté, sa qualité étant jugée très inférieure à celle du premier[réf. nécessaire].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  2. Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Concevoir une suite (From alpha to omega: building a sequel) - Bonus Blu-ray Le Secret de la planète des singes - 20th Century Fox Home Entertainment
  4. Secrets de tournage - AlloCiné
  5. Filmographie en tant qu'acteur de James Bacon - Internet Movie Database
  6. (en) Box-office US - Box Office Mojo
  7. Box-office français - JP's box-office