Quand la ville dort (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Quand la ville dort (roman)

Quand la ville dort

Description de cette image, également commentée ci-après

Marilyn Monroe dans The Asphalt Jungle

Titre original The Asphalt Jungle
Réalisation John Huston
Scénario Ben Maddow
John Huston
Acteurs principaux
Sociétés de production Metro-Goldwyn-Mayer
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film de casse
Durée 112 minutes
Sortie 1950

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Quand la ville dort (The Asphalt Jungle) est un film américain réalisé par John Huston, sorti en 1950, adaptation du roman éponyme de William R. Burnett publié en 1949.

En 2008, le film est rentré dans le National Film Registry pour conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis.

Synopsis[modifier | modifier le code]

« Doc » Riedenschneider, un cerveau du crime fraîchement sorti de prison, projette un cambriolage de bijouterie qui devrait rapporter un demi-million de dollars. Il recrute le perceur Louis, le chauffeur Gus, le bailleur de fonds Emmerich et le solide Dix Handley. Au début tout se passe comme prévu mais de petits incidents perturbent la mécanique du vol et chacun se révèle faillible.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Et, parmi les acteurs non crédités :

Autour du film[modifier | modifier le code]

John Huston[modifier | modifier le code]

John Huston, qui avait déjà réalisé, entre autres, Le Faucon maltais (1941), Le Trésor de la Sierra Madre et Key Largo (tous deux de 1948), devait réaliser Quo Vadis avec Gregory Peck, projet annulé en raison d'une maladie de ce dernier. Le producteur Arthur Hornblow Jr. lui propose le roman de W. R. Burnett.

Avec ce film se crée un genre, le « film de casse » ou « de cambriolage ».

Marilyn Monroe[modifier | modifier le code]

Marilyn Monroe

Quand la ville dort est le sixième film de Marilyn Monroe ; son nom est en onzième position au générique de fin (elle n'est pas mentionnée en début de film). Il s'agit, avec La Pêche au trésor des Marx Brothers un an plus tôt, d'un film de premier plan et non plus d'une série B, car réalisé par un metteur en scène renommé, John Huston. C'est son imprésario, Johnny Hyde, qui fit tant pour sa carrière, qui lui décrocha le rôle.

Marilyn y joue le personnage d'Angela Phinlay, jeune maîtresse d'Alonzo Emmerich (Alain dans la version française), un avocat – marié – qui s'avérera véreux et aux abois. Elle ne semble pas avoir d'activités autres que vivre dans une résidence secondaire dudit avocat et l'y attendre. Elle n'a que trois scènes dans ce film, sans jamais rencontrer Sterling Hayden :

  • L'avocat lui rend visite, ce qui permet au spectateur de saisir la duplicité de celui-ci : Marilyn l'appelle « Uncle Al » (« Oncle Alain ») mais l'on comprend alors qu'ils sont amants (en 1950, le terme « nièce » était compris par tous les spectateurs comme synonyme de « maîtresse », que la censure ne tolérait que rarement). Elle porte une sorte de pyjama de luxe (avec broche) et doit rapidement aller se coucher. « Some sweet kid » (« Elle est vraiment gentille ») commente Al d'un œil à la fois concupiscent et tendre.
  • Une autre rencontre dans la résidence secondaire, avant la chute, où Angela, en robe noire sexy, et Al discutent d'un projet de vacances à Cuba. Marilyn pousse par deux fois un petit cri étrange « Yawp ».
  • Puis, elle enchaîne une confrontation avec le commissaire où elle craque et dit la vérité, encouragée par l'oncle Al. Alors qu'elle lui demande si son voyage à Cuba tient toujours, il répond (une sorte de présage s'agissant de Marilyn) « Don't worry, baby, you'll have plenty of trips » (« Ne t'inquiète pas, mon petit, tu auras ton content de voyages »).

Une quatrième scène implique le personnage Marilyn sans qu'on l'aperçoive : prétextant des raisons politiques, l'avocat lui demande au téléphone de dire à la police qu'ils étaient ensemble la nuit précédente, sans qu'elle sache de quoi il retourne.

Selon les biographes de la comédienne, ce film attira l'attention du public sur Marilyn, et donc de Hollywood qui commença à faire appel à ses services.

Marilyn tournera à nouveau avec John Huston dans Les Désaxés (1961), son dernier film achevé.

Colorisation[modifier | modifier le code]

En 1986, Turner Entertainment acquiert les droits de Quand la ville dort, à la suite du rachat du studio Metro-Goldwyn-Mayer et de son catalogue. En 1989, Turner Entertainment décide de coloriser le film et conclut un accord avec la chaîne française La Cinq afin de diffuser cette version colorisée. Les héritiers de John Huston s'y opposent, intentant un procès contre l'exploitation de cette version, ils sont déboutés aux États-Unis. Le 23 novembre 1988, Quand la ville dort est interdit de diffusion en France. Mais le 6 juillet 1989, La Cinq gagne en appel, et diffuse le film le 6 août 1989[1] (le lendemain de l'anniversaire de la mort de Marilyn Monroe). Finalement, le 28 mai 1991, la cour de cassation casse et annule l'arrêt rendu le 6 juillet 1989, et donne raison aux héritiers du cinéaste[2] arguant que cette transformation de l'œuvre ne peut se faire, au nom du droit moral, sans l'accord de l'artiste ou de ses ayants droit[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Programme télé du 5 au 11 août 1989 », Télé 7 Jours, no 152,‎ 22 septembre 1990, p. 32 (ISSN 0153-0747)
  2. rendu de la cour de cassation, chambre civile, 28 mai 1991
  3. Marguerite-Marie Ippolito, Image, droit d'auteur et respect de la vie privée, L'Harmattan, 2007 - p. 144

Liens externes[modifier | modifier le code]