Philippe Léotard

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Philippe Léotard

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Philippe Léotard en 1985.

Nom de naissance Philippe Paul André Léotard
Naissance 28 août 1940
Nice, France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 25 août 2001 (60 ans)
Paris 11e[1], France
Profession Comédien
Chanteur
Écrivain
Films notables Avoir vingt ans dans les Aurès
La Gueule ouverte
Le Juge Fayard dit Le Sheriff
La Balance
Tchao Pantin
French Connection 2
Les Misérables

Philippe Paul André Léotard, né le 28 août 1940 à Nice[2] et mort le 25 août 2001 à Paris 11e[3], est un acteur, poète et chanteur français. Il a tourné dans plus de 70 films[4].

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

La fratrie compte sept enfants, quatre filles, puis trois garçons dont Philippe est l'aîné. Il est le frère de l'homme politique François Léotard, le fils du maire de Fréjus, André Léotard, et le petit-fils du pionnier de la photographie, Ange Tomasi. Il est l'arrière-arrière-petit-neveu du clown Léotard qui fonda le cirque Bouglione et inventa l'art du trapèze volant et le justaucorps des danseuses[4].

Enfant, il est atteint de la maladie de Bouillaud, qui le cloue au lit, chez sa grand-mère à Ajaccio. Cette épreuve est pour lui l'occasion de lire beaucoup en puisant dans la bibliothèque familiale[5]. Il lit les poètes et il aime particulièrement Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Cendrars... Il lit Victor Hugo, Flaubert...

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

À 18 ans, en 1958, il s'engage dans la légion étrangère à Bonifacio, il n'y reste pas[4]. Élève d'hypokhâgne au lycée Henri-IV, en 1958-1959, Philippe Léotard n'intègre pas l'École normale supérieure mais il poursuit ses études à la Sorbonne où il obtient une licence de lettres[6]. C'est là, dans le cadre de l'ATEP (association théâtrale des étudiants de Paris), qu'il rencontre Ariane Mnouchkine avec qui il fonde le théâtre du Soleil en 1964. Parallèlement il est professeur de lettres et de philosophie au collège Sainte-Barbe jusqu'en 1968. Il quitte le théâtre du Soleil et joue avec le Théâtre national populaire Les Anges meurtriers en 1970.

Puis, tout en continuant le théâtre, il s'oriente vers le cinéma grâce à Claude Sautet et François Truffaut. Figurant dans Domicile conjugal en 1970, il poursuit son apprentissage avec François Truffaut qui lui offre un petit rôle dans Les deux anglaises et le continent en 1971[7]. Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier marque son premier premier rôle. Son premier grand succès est Le Chat et la Souris de Claude Lelouch en 1975. Cette même année, il apparaît dans la distribution américaine de French Connection 2 de John Frankenheimer. En 1977, il obtient une nomination au César du Meilleur second rôle pour Le Juge Fayard dit Le Shériff d'Yves Boisset. Il reçoit le César du meilleur acteur en 1983 pour son rôle dans La Balance de Bob Swaim[8]. La même année, il interprète le commissaire qui enquête sur plusieurs assassinats sur fond de trafic de drogue et, dans Tchao Pantin de Claude Berri, donne la réplique à Coluche, qui interprète un autre blessé de la vie. Cette période correspond à l'apogée de sa carrière.

Par la suite, il se dirige vers un cinéma plus intimiste avec des films comme Adieu Blaireau, Rouge-gorge , Le Paltoquet, Jane B. par Agnès V. et Le Sud .

Tardivement, dans les années 1990, il se lance dans une carrière de chanteur. Ses deux premiers albums à l'amour comme à la guerre et Philippe Léotard chante Léo Ferré, un an après la mort de Ferré, sont récompensés par le prix Charles-Cros. Il reçoit le Grand prix des poètes de la SACEM en 1997. Cette même année, il interprète son dernier rôle dans un court-métrage La Momie à mi-mots de Laury Granier.

Il meurt le 25 août 2001 d'une insuffisance respiratoire dans une clinique parisienne où il était hospitalisé depuis deux mois[4]. Philippe Léotard est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (9e division).

Vie privée[modifier | modifier le code]

La drogue et l'alcoolisme ont beaucoup affecté cet artiste. Sa voix de plus en plus abîmée en portait les traces. En 1993, au Printemps de Bourges, alors que son frère est Ministre de la Défense, il se proclame ministre de la défonce[9]. En 1995, il est condamné à 18 mois de prison avec sursis pour un trafic de cocaïne. En 1999, du fait de son mode de vie, il est brièvement hospitalisé à la suite d'un malaise sur un tournage[8]. Durant sa vie, il fera deux comas éthyliques et plusieurs overdoses. Au moment de sa mort, Philippe Léotard est partiellement paralysé et a un cancer de la langue.

Il fut marié, puis divorça de l'actrice Liliane Caulier avec qui il a deux enfants (Frédéric, décorateur de cinéma, et Laetitia). Il rencontre en 1972 l'actrice Nathalie Baye avec qui il a une liaison jusqu'en 1981. En pleine dépression, en 1986, il rencontre Emmanuelle qui lui redonne goût à la vie et avec qui il a une fille, Faustine.

La tombe de Philippe Léotard

Hommage[modifier | modifier le code]

Dans un livre intitulé À mon frère qui n'est pas mort, François Léotard rend hommage à Philippe. Il évoque leur enfance, et dit son amour pour les femmes, l'alcool, la nuit. S'adressant à son frère qui était doué d'une grande imagination, aimait à raconter des histoires et se sentait capable d'incarner tous les rôles, François Léotard écrit : « ... faussaire au grand jour et tu l'étais un peu plus que d'autres, racontant la Légion où tu n'avais jamais mis les pieds, les aigles de notre grand-père qui volaient dans ta tête seule. »

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Philippe Léotard a joué dans environ soixante-dix films, parmi lesquels :

Télévision[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • avant 1970 : Les citations du président Mao Tse-Toung, texte dit par Philippe Léotard, Marie Danièle et Jean-Marie Verselle; produit par Didier Appert; Collection Connaissance de la Pensée Universelle no 1

Citation[modifier | modifier le code]

« J'aime les grands brûlés. Eux seuls répandent cette poignante odeur des fraîcheurs primordiales. J'aime les grands acteurs, avec un seul rôle, celui de leur vie à tenir, à claquer, à brandir. J'aime les saints, leurs couronnes d'épines brillantes des rosées de l'âme. J'aime certains hommes, ceux qui savent que la seule liberté que nous possédons, c'est de choisir ses barreaux. J'aime les poètes, qui claudiquent sur les marelles du mystère d'être, et qui chantent des mots de moelle et de sang à travers tous les bâillons du monde. Je t'aime Philippe Léotard. »

— Claude Nougaro[10].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur la famille Léotard :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Biographie », sur www.biosstars.com (consulté le 4 janvier 2011)
  2. Extrait de naissance n° 2066/1940
  3. Extrait de décès n° 11/448/423/2001
  4. a, b, c et d http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20010826.OBS7784/philippe-leotardinhume-ce-mardi.html
  5. À mon frère qui n'est pas mort, François Léotard, p. 185
  6. http://www.ina.fr/video/I07218870/philippe-leotard-etudiant-en-lettres.fr.html
  7. http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=40100
  8. a et b http://www.biosstars.com/p/Philippe_Leotard/philippeleotard.htm
  9. « Moi, je pourrais être ministre de la défonce. Chacun son truc, il vendra des missiles et moi des pétards. Pour nous distinguer, ce n'est pas difficile. Lui, c'est Léotard. Moi, c'est Monsieur Léotard. » Le Monde, 24 avril 1993.
  10. Texte reproduit dans le livret de l'album Je rêve que je dors