Emmanuel Lemieux

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Emmanuel Lemieux (né le 5 avril 1963) est un essayiste et journaliste d'enquête français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors étudiant à l’Ensaama à Paris, en 1979, il fait la rencontre des journalistes militants de La Gueule Ouverte, hebdomadaire d’écologie politique, et intègre rapidement la rédaction alors dirigée par Isabelle Cabut et le billettiste Arthur. Maquettiste, dessinateur sous le pseudonyme de Lem, aux côtés d’Emmanuel Cabut, il côtoie des journalistes venus de l’écologie et de l’antinucléaire, mais aussi des mouvements antimilitaristes, insoumis, non-violents, tels Marc Thivolle, Jean-Louis Soulié ou Jean-Luc Bennahmias, des courants féministes, gays et lesbiens, régionalistes, des immigrés, de l’antipsychiatrie, des radios libres. Il commence à écrire à partir de l’édition du 2 avril 1980, comme chroniqueur de la revue de presse alternative : son premier article consacré à la presse antimilitariste le conduira au tribunal pour enfants pour « provocation à l’insoumission, l’objection de conscience, la désertion et injures envers un haut fonctionnaire » (en l'occurrence Yvon Bourges, le ministre des Armées de l’époque). Ce qui lui vaudra un procès à huis clos en juin 1981 car mineur à l’époque des faits, le soutien de Cabu dans Charlie Hebdo et l’amnistie des délits de presse dans la foulée de l’élection présidentielle de François Mitterrand. Le graphiste Aris Papathéodorou publie son album de bandes dessinées, Mélos cotons (Éditions Magazine, 1980).

Les années 1980 voient sa signature dans des journaux comme Combat socialiste, puis Actuel, Libération, L’Evénement du jeudi, la lettre Autrement, Baraka, L’Écho des Savanes, Psychologie ou Globe. Il publie son premier livre d’enquêtes en 1983, « Qu’est ce qu’elle à ma gueule ? », dédié à la jeunesse issue de l’immigration, juste avant la montée du Front national aux élections municipales. De 1989 à 1992, il anime avec le sociologue Christian Bachmann la revue Interfaces, spécialisé dans les politiques publiques de prévention (chômage de masse, émeutes urbaines, intégration, grande pauvreté, Sida).

En 1993, il fait partie des fondateurs du quotidien Le Jour avec Jean-Christophe Nothias et Christian Perrot. De ce journal qui ne durera que 9 mois, sortiront des journalistes comme David Dufresne, Jean-Michel Décugis, ou Jean-Pierre Gratien. De 1997 à 2000, il collabore régulièrement aux Inrockuptibles en tant que journaliste d’enquête et chroniqueur BD. Il est rédacteur en chef société de France soir (2000-2001), puis rédacteur en chef adjoint du Vrai papier Journal de Karl Zéro. Il est ensuite  enquêteur pour Lire dirigé par Pierre Assouline et Livres-Hebdo alors dirigé par Pierre-Louis Rozynès. L’éditeur et blogueur Guy Birenbaum lui commande et publie aux éditions Denoël, une enquête-fleuve sur la vie intellectuelle française, Pouvoir intellectuel, les nouveaux réseaux (2003). De 2003 à 2008, il est journaliste au Nouvel Économiste, chargé des enquêtes, idées et médias. Il est le biographe officiel d’Edgar Morin depuis 2009.

Après avoir créé le site de veille des idées Les influences, Emmanuel Lemieux dirige depuis janvier 2015 sa propre maison d’édition, Lemieux Éditeur , dédiées aux sciences humaines et sociales, aux essais et documents (35 titres par an), et codirige avec Jean-Marie Durand,  la revue bimestrielle Panorama des idées.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses enquêtes ont porté notamment sur les immigrés, le Sénat, les élites, mais aussi sur les intellectuels. Il s'est intéressé en particulier aux réseaux intellectuels français (dans Pouvoir intellectuel. Les nouveaux réseaux, 2003), aux mécanismes d'exclusion, aux controverses et aux hostilités, luttes intestines ou aux suivismes qui prévalent dans une large part de la vie universitaire française. Il est rédacteur en chef du site Les influences, qui se veut un média de veille intellectuelle.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Qu'est-ce qu'elle a, ma gueule ? Enquête chez les immigrés, Paris, Le Hameau, 1983 (ISBN 2-7203-0076-4)
  • avec Thierry Kubler, Cognacq Jay 1940. La télévision française sous l'occupation, Paris, Calmann-Levy, 1990 (ISBN 2-7021-1926-3)
  • avec Florence Pinaud, Comment s'en sortir en période de crise, Paris, De Vecchi, 1995 (ISBN 2-7328-0114-3)
  • avec Jean-Pierre Gratien, Pour en finir avec le Sénat ! Enquête sur une anomalie, Paris, Édition 1, 1999 (ISBN 2-86391-890-7)
  • Pouvoir intellectuel. Les nouveaux réseaux, Paris, Éditions Denoël, 2003, p. 523-540 (ISBN 2-207-25050-4)
  • Le krach des élites. Enquête sur ces pouvoirs français discrédités, Paris, Bourin éditeur, 2006 (ISBN 2-84941-037-3)
  • L'Annuel des idées, avec Laurent Lemire, Paris, Bourin éditeur, 2009 (ISBN 978-2849411148).
  • Edgar Morin l'indiscipliné, Paris, Seuil, 2009 (ISBN 978-2020860123)
  • L'Annuel des idées 2010, Paris, Bourin éditeur, 2010 (ISBN 978-2849411575)
  • Génération tonton, Paris, Don Quichotte, 2011, 476 p. (ISBN 9782359490084)
  • Tony, 1942 : Un procès oublié sous l’Occupation, François Bourin Éditeur, mars 2012 (ISBN 978-2-89941-305-0[à vérifier : ISBN invalide])
  • On l’appelait Télé-Paris : l’histoire secrète des débuts de la télévision française (1936-1946), L’Archipel, juin 2013 (ISBN 978-2-8098-1129-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]