Les Shadoks

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Les Shadoks

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Logo de la série.

Genre Série d'animation, comédie
Création Jacques Rouxel
Production aaa
Acteurs principaux Claude Piéplu (voix)
Musique Robert Cohen-Solal
Générique : Ted Scotto
Pays d'origine Drapeau de la France France
Chaîne d'origine ORTF
Nb. de saisons 4
Nb. d'épisodes 208
Durée 2 à 3 minutes
Diff. originale 29 avril 19682000

Les Shadoks est une série télévisée d'animation française en 208 épisodes de deux à trois minutes, créée par Jacques Rouxel, produite par la société aaa (animation art-graphique audiovisuel). La série a été diffusée entre le 29 avril 1968 et 1973 (trois premières saisons) et à partir de janvier 2000 (quatrième saison) sur Canal+ et rediffusée la même année sur Cartoon Network, et aussi rediffusée dans Cellulo sur La Cinquième. La série a été rediffusée en 2010 sur Gulli, sur Boomerang et sur Gong.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La série relate les différentes histoires et mésaventures des Shadoks, des êtres anthropomorphes aux apparences d'oiseaux (à ce jour, toujours non identifiés) rondouillards possédant de longues pattes et de petites ailes ridicules.

Les Shadoks ont pour opposés les Gibis qui leur sont intellectuellement supérieurs. Cependant, et par pitié, ceux-ci aident les Shadoks car ils ne représentent pas une réelle menace. Les Gibis sont coiffés d'un chapeau melon qui leur permet de réfléchir aux problèmes en horde, de communiquer et de se moquer des inventions des Shadoks. Également exposés dans la série, quelques autres ennemis notables des Shadoks, leur plus grand ennemi dans la saison ZO, l'insecte Gégène, seul habitant de la terre à l'époque. Également montré dans la série, le Big Blank, dans la saison BU-GA.

Les Shadoks possèdent pour tout vocabulaire quatre mots monosyllabiques : « Ga, Bu, Zo, Meu ». Ces mots leur servent aussi de chiffres pour compter (en base 4). Les Shadoks sont excessivement méchants et idiots. Ils construisent des machines improbables qui ne fonctionnent pas ; l'inventeur étant, presque systématiquement, le Professeur Shadoko. La liste de ses inventions est longue : la cosmopompe (d'où la fameuse phrase : «… et les Shadoks pompaient… »), destinée à pomper le cosmogol 999[1] aux Gibis (série BU) ; la machine à pilules, qui faillit coûter la vie aux derniers rescapés Shadoks (série ZO), etc.

Genèse[modifier | modifier le code]

Avant les Shadoks[modifier | modifier le code]

Jacques Rouxel propose[Quand ?] un premier film d'animation « Drôles d'oiseaux », dans laquelle évoluent un inventeur et un oiseau. Le projet n'est pas retenu par les studios d'animation.

Prémices[modifier | modifier le code]

En 1966, inspiré par les comic strips américains, Jacques Rouxel transforme son projet en spots d'interludes[2] qu'il présente à l'ORTF, au service de la Recherche[note 1]. Inspiré du travail de l'illustrateur américain Saul Steinberg[3],[4], les Shadoks sont des oiseaux avec de longues pattes — du genre échassier[5] — au graphisme simple, uniquement au trait[6].

Le projet est bien accueilli par André Voisin (directeur des programmes), Michel Treguer et Pierre Mandrin (directeur de production)[7]. Débute alors la production de quelques spots sur l'animographe — une machine expérimentale qui permet de faire du dessin animé — avec l'équipe composé de René Borg (chef animateur et réalisateur), Elisabeth Savel et Jean-Paul Couturier (dessinateur d’animation)[7]. Le format ne convenant pas[Pourquoi ?], André Voisin et Jacques Rouxel décident de faire du projet un feuilleton[7].

Etymologies[modifier | modifier le code]

L'auteur, Jacques Rouxel, qui a une culture anglaise et est passionné de la marine, a donné le nom de Shadok en rapport avec le capitaine anglais Philip Shaddock qui introduisit le pamplemoussier à la Barbade[8] [9]. Les Gibis, eux, doivent leur nom à la prononciation anglaise des initiales de la Grande-Bretagne (G.B.)[3].

Réception[modifier | modifier le code]

La série constitue l'un des premiers grands sujets polémiques de la télévision française ; tout comme La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède de Pierre Desproges divise dans les années 1980, la France entre « les imbéciles qui aiment » et « les imbéciles qui n'aiment pas », selon l'expression de Desproges lui-même.

La France est alors divisée en deux parties : shadokophiles et shadokophobes. On aurait compté parmi les téléspectateurs une moitié pour, et une moitié contre ; c'est cette proportion que l'on retrouve dans les courriers reçus. En revanche, les rapports d'audience des deux premières séries sont hostiles à l'émission à près de 80 % . La quantité phénoménale de courriers de téléspectateurs (1525 courriers conservés, et peut-être 5000 de reçus ) a fait l'objet d'une émission présentée par Jean Yanne (et de temps à autre Les Charlots et Daniel Prévost) dans laquelle celui-ci lit les lettres : « Les Français écrivent aux Shadoks »[10].

Séries[modifier | modifier le code]

Les trois premières séries n'ont jamais eu de titre officiel[11] et la quatrième série est nommée « Les Shadoks et le big blank ». Toutes les autres références à des titres de saison pour les Shadoks n'est donc pas un choix du créateur de la série[11] mais découlent de l'édition en VHS.

D'après Thierry Dejean, le nommage des séries est incohérent avec la logique Shadok qui aurait voulu un nommage « GA », « BU », « ZO », « MEU »[11] et le titre de la première série « La préhistoire » est inadapté puisque « c'est cette série qui a fait l'histoire des Shadoks »[11].

Première série[modifier | modifier le code]

La première série (numérotée « BU » et nommée La préhistoire lors de l'édition VHS) comprend cinquante-deux épisodes de deux minutes chacun, en 35 mm couleur. Réalisée en 1968, c'est la seule qui a utilisé l'animographe. Elle est diffusée le 29 avril de la même année, mais interrompue par les événements de Mai 68 en France, elle reprend au mois de septembre.

C'est ici que l'on trouve une grande partie des bases de la logique Shadok, et que sont présentés les personnages principaux. Pendant toute la série (ou presque), les shadoks tenteront de se rendre sur la Terre, sans succès avant la toute fin, dans des tentatives relativement répétitives.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Deuxième série[modifier | modifier le code]

La deuxième série (numérotée « ZO » et nommée Le grand déménagement de la Terre lors de l'édition VHS) comprend 52 épisodes réalisés en 1969.

Cette série a été faite à la suite de nombreuses plaintes de téléspectateurs et est plus variée que la première série du fait du passage de l'animographe aux dessins réalisés à la main sur un plus grand format[12].

Cette série est souvent considérée[Par qui ?] comme étant la meilleure des quatre séries[réf. insuffisante][13].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Production : service de la Recherche de l'ORTF
  • Réalisation : Robert Richez
  • Textes : Jacques Rouxel
  • Commentaires (voix) : Claude Piéplu
  • Musique : Robert Cohen-Solal

Troisième série[modifier | modifier le code]

La troisième série (numérotée « MEU » et nommée Les Shadoks pompent toujours lors de l'édition VHS) comprend 52 épisodes réalisés entre 1972 et 1973.

Du point de vue du scénario, l'histoire se situe dans la continuité de la deuxième série. Par la suite, cette série a une histoire qui lui est propre et qui s'éloigne de celle des précédentes séries, avec nombre de nouveautés : les valises à ancêtres…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Production : ORTF
  • Réalisation : Jacques Rouxel assisté de Jean-Paul Couturier
  • Textes : Jacques Rouxel
  • Commentaires (voix) : Claude Piéplu
  • Musique : Robert Cohen-Solal

Quatrième série[modifier | modifier le code]

La quatrième série, nommée Les Shadoks et le big blank (numéroté « BU-GA » lors de l'édition VHS), comprend 52 épisodes réalisés en 2000.

Il s'agit de la dernière série des dessins animés des Shadoks, qui reprend en partie quelques thèmes des séries créées auparavant. Le sujet principal, la peur de la fin du monde puis de la « Bougrinette » (la mort ou la fin inéluctable incarnée), qui est la cause de la fin de l'univers où évoluent les Shadoks (et partant, de la série).

Vu l'avancée des techniques[Lesquelles ?], elle comprend des graphismes plus colorés — et un peu moins simples — que les séries précédentes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Production : aaa, Canal+ et INA
  • Réalisation : Jacques Rouxel et Laurent Bounoure
  • Textes : Jacques Rouxel
  • Commentaires (voix) : Claude Piéplu
  • Musique : Robert Cohen-Solal

Univers[modifier | modifier le code]

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

Monde des Shadoks[modifier | modifier le code]

Une des caractéristiques du monde des Shadoks est sa représentation en deux dimensions. Si l'on introduit du relief, si l'on introduit une troisième dimension, ce n'est plus l'univers des Shadoks. « Je me souviens que quand on a fait des petites poupées Shadok, ça m'a fendu le cœur », a avoué Jacques Rouxel lors d'une émission télévisée[3]. À la fin de la première série, le prototype de l'Animographe rend l'âme. Les Shadoks arboreront par la suite une autre forme de dessin mais qui reste toujours simple, avec les mêmes méthodes d'expression graphique.

Planète Shadok[modifier | modifier le code]

« À gauche du ciel, il y avait la planète Shadok… Elle n'avait pas de forme spéciale, ou plutôt elle changeait de forme. »

Dans le monde des Shadoks, l'espace est représenté comme un plan, et comme tel il est plat. Il n'a donc pas de profondeur (comme tout l'univers Shadokéen), seulement le haut et le bas, la gauche et la droite. La planète Shadok change de forme. C'est un grand danger pour les Shadoks puisque cela les fait trébucher, et ils risquent de tomber dans le grand vide interstellaire. C'est cet aspect peu pratique qui les poussera au cours de la série à émigrer vers d'autres lieux, avec difficulté toutefois.

Planète Gibi[modifier | modifier le code]

« À droite du ciel, il y avait la planète Gibi qui était plate et qui penchait, soit d'un côté, soit de l'autre. »

Les Gibis habitent donc à droite du ciel. Leur planète est plate et déséquilibrée. En conséquence, si les Gibis ne sont pas bien répartis, la planète se met à pencher d'un côté ou de l'autre et ils risquent de tomber. C'est cela qui les poussera également à émigrer vers d'autres lieux. Les Gibis, contrairement aux Shadoks, sont très gentils et intelligents. Ils sont les inventeurs de nombre de machines utilisant les dernières technologies, quand les Shadoks se contentent de « rassembler des trucs et des machins ». Le secret de leur intelligence réside dans leur chapeau, qui leur permet de réfléchir tous ensemble à un problème. Lorsqu'un Gibi perd son chapeau, il perd son intelligence et devient fou. Ce qui permet aux auteurs de dire qu'ils « travaillent du chapeau », au sens propre.

Les Gibis évoquent les anglais (G.B., Great Britain) avec leurs chapeaux melons. Les Shadoks représenteraient alors le peuple français et son fameux « système D » dont on parle beaucoup dans les médias de l'époque. Cependant, dans la première série, la course à l'espace entre les occupants des deux planètes fait évidemment penser à la course à la Lune qui faisait alors rage entre les États-Unis et l'Union soviétique, et qui devait se conclure peu après par une victoire américaine. Dans cette optique, les Gibis symboliseraient tous les pays anglophones, en particulier les États-Unis et leurs hippies amateurs de fleurs et de musique, tandis que les Shadoks seraient l'Union soviétique, avec un Goulp omniprésent qui s'inspirerait du Goulag. On peut même supposer que les Shadoks d'en bas seraient les Chinois, dont les relations avec les Soviétiques étaient à l'époque franchement hostiles. Cette interprétation s'estompe rapidement au cours de la deuxième série. Par la suite, on voit plusieurs fois la Tour Eiffel au milieu des Shadoks, ce qui les assimile sans ambiguïté possible aux Français.

Terre[modifier | modifier le code]

« Au centre du ciel, il y avait la Terre. À cette époque, elle ne comptait qu'un seul et unique habitant, un redoutable insecte nommé Gégène (il y avait bien également quelques dinosaures à la retraite, mais comme ils le disaient eux-mêmes, ils étaient voués à disparaître) qui ne s'appelait pas vraiment Gégène puisqu'il n'y avait personne pour l'appeler. Cependant, on l'appela de cette façon pour plus de simplicité. Passons. » Les Shadoks et les Gibis, qui en eurent assez de vivre sur des « planètes qui ne marchaient pas bien », décidèrent les uns et les autres d'aller vers la Terre qui avait l'air de mieux marcher, bouleversant ainsi la vie de Gégène, qui n'allait pas s'en laisser conter.

Culture Shadok[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

La langue shadok, que certains shadokophiles appelèrent par la suite la langue Gabuzomeuse, comprend quatre éléments de base : GA, BU, ZO, MEU. En effet, leur cerveau, constitué de 4 cases, ne peut en contenir plus. Ce qui pose problème puisqu'ils ne peuvent connaître plus de 4 choses : par exemple, un Shadok ayant appris à marcher la veille ne peut apprendre à faire du vélo sans oublier comment marcher. De plus, leur faire apprendre des mots était très long et très pénible. En fait, la langue Shadok varie un peu entre les premiers épisodes et les livres. La série affirme dans un premier temps que les Shadoks ne connaissent que ces quatre mots, alors que dans les livres, ils utilisent des mots composés de Ga, Bu, Zo, Meu comme syllabes. On apprend alors que la langue Shadok est incompréhensible tant les mots sont polysémiques. En fait, les mots peuvent tous signifier à peu près n'importe quoi, ce qui permet à chaque Shadok d'utiliser n'importe quels mots avec l'assurance que son interlocuteur comprend quelque chose qui lui convient. Malgré cela, le texte narratif indique que les Shadoks sont capables de communiquer des idées compliquées.

Quelques exemples de mots en Shadok
ZoGa signifie pomper, ZoBuGa signifie pomper avec une petite pompe et ZoBuBuGa signifie pomper avec une grosse pompe[14]. GaMeu signifie la nuit, BuBu la mer et BuGa la terre.

Devises[modifier | modifier le code]

Les Shadoks, au quotidien, se référent constamment à des principes et proverbes qui leur sont propres, et qui leur sont inculqués par leurs dirigeants (le devin plombier, le professeur Shadoko, ou encore le chef Shadok). Ceci est peut-être dû au fait que leur évidente stupidité les empêche intellectuellement de faire autre chose que d'obéir aveuglément à des principes. La plupart de ceux-ci repose sur des sophismes, ou parodie des principes humains.

Citations[modifier | modifier le code]
  • « Au début, il n'y avait rien. Enfin, ni plus ni moins de rien qu'ailleurs. »
Principes et devises[modifier | modifier le code]
  • « Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir. Autrement dit : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. » : cette citation caricature une mauvaise compréhension du principe mathématique des probabilités, en affirmant qu'en éliminant les cas statistiquement défavorables d'un événement, on augmente peu à peu ses chances d'obtenir un cas favorable, même peu probable. Ceci est illustré lors d'un épisode où les Shadoks décident de construire une fusée pour aller dans l'espace. Le professeur Shadoko et le devin plombier calculent que le lancement d'une fusée a une chance sur un million de décoller. Ils s'activent alors à faire rater le plus vite possible 999999 lancements afin de pouvoir en lancer un 1000000e, qui, « statistiquement », devrait réussir. On peut ici penser à la célèbre citation de Rita Mae Brown souvent attribuée à tort à Albert Einstein : « Insanity is doing the same thing over and over again and expecting different results. » (« La folie consiste à faire la même chose encore et encore et à attendre des résultats différents. »)[15]
  • « Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. » Peut-être inspiré de la loi de Murphy.
  • « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », peut-être inspirée du rasoir d'Occam.
  • « S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème. », parodie contraposée du proverbe « Pas de problème sans solution ».
  • « Je pompe donc je suis. » Ceci est une parodie de la célèbre citation du philosophe René Descartes, « Je pense donc je suis ».
  • « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »
  • « Si ça fait mal, c'est que ça fait du bien. », parodie de la célèbre citation du philosophe Friedrich Nietzsche « tout ce qui ne me tue pas, me rend plus fort »
  • « C'est en forgeant que l'on devient musicien. », parodie du proverbe « C'est en forgeant que l'on devient forgeron ».
  • « Ce n'est qu'en pompant que vous arriverez à quelque chose et même si vous n'y arrivez pas… hé bien ça vous aura pas fait de mal ! »
  • « Il faut pomper pour vivre et donc vivre pour pomper. » Là encore, cette citation est une parodie d'une citation tirée de L'Avare de Molière : « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger ».
  • « On n'est jamais aussi bien battu que par soi-même. », équivalent Shadok de « On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ».
  • « Tout avantage a ses inconvénients et réciproquement. »
  • « Pour aller quelque part, en général, le plus simple est de partir de là où on veut aller. »
  • « Avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu'on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente. »
  • « Le plus long chemin d'un point à un autre est la ligne droite. » Parodie de la géométrie euclidienne : « La ligne droite est le plus court chemin pour aller d'un point à un autre » (Eugène Rouché, Charles de Comberousse, Traité de géométrie élémentaire, Paris, Gauthier-Villars, 1866).
  • Le chef Shadok (dans la série Meu) : « Tout ce qui n'est pas explicitement autorisé est strictement interdit. »
  • Le grand intelligencieur et docteur shadok (dans la série Meu) : « Pour guérir quelque chose qui ne marche pas ou fait trop de bruit, il faut et il suffit de taper dessus avec quelque chose qui marche mieux ou qui fait plus de bruit. »
Devises sur la marine[modifier | modifier le code]

À l'occasion de plusieurs épisodes, le Marin Shadok, dans sa Shadok Caravelle, écume l'espace grâce à ses matelots, qui rament sur une fine couche d'eau, au beau milieu du vide intersidéral. Le Marin Shadok, à l'occasion, et souvent sous l'influence de l'alcool, exprime ses principes sur la marine :

  • « Dans la Marine, c'est un principe : pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes. »
  • « Dans la marine on ne fait pas grand-chose, mais on le fait de bonne heure ! »
  • « C'est encore dans la marine qu'il y a le plus de marins. » Parodie de la réplique de César dans Marius de Marcel Pagnol : « C'est dans la marine qu'il y a le plus de cocus ! »
  • « Dans la marine, il faut saluer tout ce qui bouge et peindre le reste. »
  • « Mieux vaut regarder là où on ne va pas, parce que, là où on va, on saura ce qu'il y a quand on y sera ; et, de toute façon, ce sera jamais que de l'eau. »
  • « Quand on ne sait pas où l'on va, il faut y aller !!...et le plus vite possible.»

Jacques Rouxel a repris ou s'est inspiré d'authentiques devises utilisées dans la marine, domaine qu'il affectionne[3].

Arithmétique - compter en Shadok[modifier | modifier le code]

Malgré ses moyens intellectuels limités, le professeur Shadoko finira quand même par inventer une façon de compter en base 4 avec comme chiffres GA, BU, ZO et MEU. Le devin plombier décréta que les écoliers shadoks avaient un jour pour apprendre à compter et que si, au bout de ce délai ils s'en trouvaient incapables, on brûlerait le professeur Shadoko. Les écoliers shadoks, bien sûr, apprendre à compter, ça les intéressait beaucoup mais brûler le professeur, ça les intéressait aussi ! Finalement, le lendemain, tous les écoliers shadoks savaient compter, au-delà de 4.

Voici donc cette fameuse méthode : « Quand on a MEU shadoks, et qu'on en ajoute BU, il n'y a plus de place. On les met alors dans une poubelle. Il y a donc BU poubelle et GA shadok à côté » Ce qui donne BU GA, soit 4 en décimal.

0 Ga 6 Bu-Zo
1 Bu 7 Bu-Meu
2 Zo 8 Zo-Ga
3 Meu 9 Zo-Bu
4 Bu-Ga 10 Zo-Zo
5 Bu-Bu 11 Zo-Meu

L'analogie avec les quatre nucléotides de l'ADN, A, T, C et G, seuls utilisateurs du système quaternaire, est remarquable.

Un logiciel[16] et une page web[17] existent pour convertir un nombre de l'écriture décimale (base 10), en Shadok ou l'inverse, du Shadok en Décimal.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Chez les Shadoks, la reproduction a toujours été un grand problème. Ils pondent des œufs dès qu'ils savent compter jusqu'à 4[18] mais au début, ils pondaient des œufs ordinaires et ceux-ci se cassaient à chaque fois en raison des grandes pattes des Shadoks. Alors, ils ont commencé à pondre des œufs en fer. Mais dans la série ZO on découvre un nouvel inconvénient : les Shadoks oubliant la clef chez eux, le bébé shadok ne peut évidemment pas sortir de l’œuf. Il est donc décidé d'attendre que celui-ci rouille, ce qui implique que quand il sort de l’œuf, le « bébé » Shadok est déjà très vieux… Selon un cours magistral du professeur Shadoko — sur la Lune, série ZO — l'œuf est composé de trois sous-ensembles : l'intérieur, l'extérieur, et l'entre-deux (la coquille), mais l'intérieur étant composé de la même chose que l'extérieur, on en déduit donc que l'œuf est composé essentiellement de l'extérieur.

Logique[modifier | modifier le code]

Sa plus notable manifestation est le cours magistral du professeur Shadoko sur les passoires, dans le cadre du grand programme d'éducation des Shadoks. La logique des Shadoks revêt, en les caricaturant[19], les caractéristiques propres à la logique de réalisation des programmes informatiques et des mathématiques. Cette forme d'humour provient en partie des concepteurs de l'Animographe et d'une amorce d'anti-bourbakisme. Par exemple :

  • tout type d'instrument est appelé passoire, sur lequel on peut définir trois sous-ensembles : l'intérieur, l'extérieur et les trous ;
  • les trous ne sont pas importants. En effet, on ne change pas notablement les qualités de l'instrument en réduisant de moitié le nombre des trous, puis en réduisant cette moitié de moitié etc. jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de trou du tout ;
  • d'où, théorème : la notion de passoire est indépendante de la notion de trou et réciproquement ;
  • il y a pourtant trois sortes de passoires : celles qui ne laissent passer ni les nouilles ni l'eau, celles qui laissent passer les nouilles et l'eau, et celles qui laissent passer quelquefois l'un ou l'autre et quelquefois pas. D'où les conclusions suivantes :
    • une passoire qui ne laisse passer ni l'eau ni les nouilles est une casserole,
    • une casserole sans queue est un autobus,
    • un autobus qui ne roule ni vers la droite ni vers la gauche est une casserole.

Punition - Le Goulp[modifier | modifier le code]

Le Goulp est une sorte de trou dans la planète Shadok. Avant l'abandon de cette planète, tous les Shadoks ne donnant pas entière satisfaction y étaient entassés. Il est également appelé Enfer, puisque ceux qui sont jetés dedans sont enfermés. Seul le Chef Shadok a le pouvoir d'envoyer quiconque au Goulp. Le professeur Shadoko, parce que sa Cosmopompe produit des résultats médiocres, en fait d'ailleurs l'expérience.

Dans la saison 4 (BU-GA), les Shadoks changent de planète et le Goulp fait place au Grand Dépotoir. Il s'agit de la boîte de conserve où s'enroule le passé de la planète des Shadoks après le Big Blank. Si, à l'instar du Goulp, le Grand Dépotoir permet de se débarrasser des Shadoks n'ayant pas donné entière satisfaction, il leur permet aussi de se débarrasser de toutes leurs vieilleries. Néanmoins, cet enroulement étant inhérent au passage du temps, de nombreux accidents arrivaient : pour y remédier, un service de train fut instauré afin de ramener les Shadoks au bout du rouleau, de l'autre côté de la planète.

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Claude Piéplu : Narrateur
  • Robert Cohen-Solal : Musique originale des Shadoks
  • Ted Scotto : Compositeur et interprète des génériques de début et fin

Médias[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • En 1971, une version allemande de la première série est diffusée en Bavière et en Allemagne du nord.
  • En 1971, une version italienne de la première série est diffusée sur la R.A.I, avec Oreste Lionello à la narration.
  • À partir de 1973, une version anglaise de la série est diffusée sur Thames Television, avec Kenneth Robinson à la narration.

Livres[modifier | modifier le code]

À partir de 1994, Jacques Rouxel publie des livres illustrés des Shadoks[20],[21], aux éditions Circonflexe :

  • GA BU ZO MEU (1994)
  • La Vengeance du marin (1996)
  • La Course à la lune (2000)
  • Les Shadoks et le désordinateur (2000)
  • Les Shadoks et Le Big Blank (2006)
  • Les Shadoks en grande pompe : textes choisis (2008).

Chez d'autres éditeurs :

  • Les Shadoks ; pompe à rebours, éditions Grasset (1975)
  • Les Shadoks et les Gibis Infos, BD pour l’introduction sur le second marché de la société Info Réalités (1995)
  • Les idées de Valeoman, BD didactique à usage interne pour la société Valéo (1996)
  • Abécédaire raisonné des Shadoks par Jean-Paul Dupuy, éditions Nicolas Philippe (2003).

Dans la Presse[modifier | modifier le code]

  • Bande dessinée Shadoks quotidienne, en collaboration avec Jean-Paul Couturier, pour France-Soir (1970)
  • bande dessinée hebdomadaire Les Shadoks en vacances pour le magazine Globe (1993).

Vidéos[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

  • Les Shadoks : Édition intégrale 5 DVD comprenant les quatre séries (BU, ZO, MEU, BU GA) et un DVD bonus (sortie le 9 novembre 2006), Archives Ina - TF1 Vidéo[22]
  • Les Shadoks - N° BU-GA (volume 4) « Les Shadoks et le Big Blank » (18 avril 2000), Ina - Universal
  • Les Shadoks - N° BU (volume 1) « La Préhistoire » (1er juillet 2000), Ina - Universal
  • Jacques Rouxel, les Shadoks… autrement : triple DVD consacré à l’œuvre de Jacques Rouxel, proposant l’ensemble de ses films éducatifs, environ 10 heures de programme accompagné de nombreux bonus[23].

VHS[modifier | modifier le code]

  • Les Shadoks, N° ZO « Le grand déménagement de la terre », Polygram Vidéo - Ina
  • Les Shadoks, N° MEU « Les Shadoks Pompent Toujours ! », Polygram Vidéo - Ina
  • Les Shadoks, N° BU « La Préhistoire », Polygram Vidéo - Ina

Ces trois vidéocassettes ne sont plus éditées; mais on peut encore les trouver de la même façon que les deux DVD ci-dessus, et leur contenu intégral se trouve dans la nouvelle édition 5 DVD Ina.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Un jeu vidéo sur CD-ROM, Les Shadoks, Le Jeu, La Promenade, fut réalisé[24] en 1997 - date de sa sortie. Le but était d'emmener les Shadoks de planète en planète, en résolvant divers problèmes.

Configurations possibles pour ce jeu :

  • Mac OS (Classic) - système 7 ou ultérieur. Cette configuration n'est plus possible que sur les Mac Intosh avec PowerPC ayant encore l'environnement Classic, ou sur des Mac récents disposant d'un émulateur de cet environnement.
  • Windows 95 puis Windows 98, un système d'exploitation qui n'est aujourd'hui plus supporté par Microsoft mais peut être émulé par le logiciel Wine.

Le jeu ne fonctionne donc pas directement sur des ordinateurs récents.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jocelyne Tournet-Lammer, « Le Service de la Recherche de l'ORTF : expérience historique, école pionnière »,‎ novembre 2010 (consulté le 15 mai 2013) : « [...] la définition du nouveau Service de la Recherche de la RTF est à la fois celle d’un bureau d’études, d’un centre expérimental et d’un studio d’essai. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cosmogol 999 : allusion à la propulsion à propergol solide.
  2. Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 22
  3. a, b, c et d Propos de Jacques Rouxel dans l'émission Les Shadoks, mythe ou légende, incluse dans le DVD bonus de l'édition intégrale.
  4. Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 24
  5. Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 26
  6. Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 25
  7. a, b et c Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 27
  8. Mystery of the Forbidden Fruit: Historical Epilogue on the Origin of the Grapefruit, Citrus paradisi (Rutaceae) J. Kumamoto, R. W. Scora, H. W. Lawton and W. A. Clerx Economic Botany Vol. 41, No. 1 (Jan. - Mar., 1987), p. 97-107 Published by: New York Botanical Garden Press
  9. History and Development of the Citrus Industry HERBERT JOHN WEBBER Revised by Walter Reuther and Harry W. Lawton
  10. Claire Doutriaux, « L'émission : les Shadoks », sur Arte,‎ 9 janvier 2011 (consulté le 15 mai 2013) : « En 1968, en France, une toute petite émission de télévision fait son apparition sur le petit écran. Elle va marquer très fortement et très durablement les esprits. »
  11. a, b, c et d Dejean et Ponti-Rouxel 2012, p. 8
  12. Voir l'émission télévisée Les Shadoks, mythe ou légende.
  13. Sondage 2004-2005
  14. L'encyclopédie SHADOK, Les Shadoks et le Désordinateur (J.Rouxel), Circonflexe
  15. Sudden Death, Rita Mae Brown, New York, Bantam, 1983, p. 68 ; on peut en trouver confirmation dans The Ultimate Quotable Einstein, Alice Calaprice, Princeton Univeristy Press, Princeton, 2011, 474
  16. Programme téléchargable, créé par Philippe Gremillet
  17. Convertisseur Shadok GA BU ZO MEU en ligne
  18. Voir à la fin de la première série
  19. Dichotomie poussée jusqu'à l'absurde en cherchant à réaliser des classements d'objets hétéroclites et peu nombreux, usage inconsidéré de la théorie des ensembles qui à cette époque faisait l'objet de controverses sur le bien-fondé de son enseignement à de jeunes lycéens ou écoliers, utilisation ridiculisée des relations de cause à effet etc.
  20. Le père des Shadoks pompe pour l'éternité, article de rétrospective, 28 avril 2004, sur le site ladepeche.fr.
  21. Curriculum vitæ de J. Rouxel par aaa Production
  22. voir site de l'INA ou sur le site de aaaproduction.
  23. Voir page consacrée sur le site de aaaproductions.
  24. Site consacré au jeu :GA BU ZO MEU

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]