Omar Torrijos

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Omar Torrijos
Image illustrative de l'article Omar Torrijos
Fonctions
Chef suprême de la Révolution panaméenne
Mars 1969
Prédécesseur José Pinilla
Successeur Florencio Flores Aguilar
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Santiago de Veraguas,
Panama Panama
Date de décès (à 52 ans)
Lieu de décès Amador, près de Panama
Nationalité Panaméenne
Parti politique Parti révolutionnaire démocratique
Conjoint Raquel Pauzner de Torrijos
Enfant(s) Martín Torrijos
Profession Militaire

Omar Torrijos
Chefs d'États de la République de Panama
Omar Torrijos avec des fermiers panaméens

Le Général Omar Efraín Torrijos Herrera ( - ) est un officier de l'armée panaméenne. Bien qu'il n'ait jamais officiellement porté le titre de Président de la République, il fut, officieusement, le seul dirigeant du pays de 1968 à sa mort en 1981.

Torrijos est à l'origine de la négociation du traité de 1977 qui a finalement donné la pleine souveraineté du Panama sur le Zone entourant le Canal de Panama.

Sa mort est sujette à discussion, une théorie proposant que l'accident d'avion qui le tua ne soit en fait qu'un assassinat orchestré par les États-Unis, tout comme le crash qui tua, deux mois plus tôt, le président de l'Équateur, Jaime Roldós Aguilera. Ceci fut dénoncé dans le livre Les Confessions d'un assassin financier, de John Perkins, publié en 2004.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Né à Santiago, province de Veraguas, sixième dans une famille de douze enfants, ses parents étaient enseignants (le colombien José María Torrijos Rada et la panaméenne Joaquina Herrera). Il étudia à l'école Juan Demóstenes Arosemena et obtint une bourse pour l'académie militaire de San Salvador. Il fut diplômé et nommé lieutenant second, entra dans la Garde Nationale du Panama en 1952 et fut promu capitaine en 1956. Il se maria avec Raquel Pauzner, avec qui il a eu trois enfants, Dumas Torrijos, Raquel de Maria Torrijos et Omar José Torrijos. Selon certaines allégations, il eut aussi trois enfants en dehors du mariage, Carmen Alicia, Martín Torrijos Espino et Tuira Torrijos.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1959, capitaine de la Garde Nationale, il reçut pour ordre de réprimer un soulèvement armé de jeunes insurgés au Cerra Tute dans la province de Veraguas.

Il fut ensuite promu lieutenant-colonel en 1966 et en 1968 participa avec d'autres militaires (entre autres Boris Martínez) à un coup d'État contre le président élu Arnulfo Arias Madrid (en). José María Pinilla Fábrega (en) se proclama président, mais postérieurement, il y eut des changements internes au sein du commandement militaire qui amenèrent Torrijos à être à la tête de l'armée (Martínez fut exilé en 1969) et devint général de brigade, assumant la conduite de la vie politique en mars 1969.

Torrijos consolida son pouvoir prenant la direction de l'autorité gouvernementale et dissout les partis politiques existants. En 1970, après trente ans d'occupation, il reçoit des mains des américains la base militaire de Río Hato, située dans la province de Coclé, et y installa le Centre d'Instruction Militaire, la 6ta. Compagnie expéditionnaire d'infanterie et de blindées, la Brigade Spéciale Macho de Monte, la Compagnie de matériel lourd et en 1974, l'Institut Militaire Gral. Tomás Herrera, organe dépendant de la Garde Nationale, qui se consacrait à la formation de bacheliers militaires de niveau secondaire (future carrière, "cantera", d'officiers de la Garde Nationale).

Dans ce cadre, le régime de Torrijos appela à des élections pour créer une Assemblée Constituante qui rédigerait une nouvelle Constitution, qui dans son article 277 spécifiait que Torrijos était reconnu leader suprême (líder máximo) de la révolution panaméenne et lui accordait les pouvoirs absolus en 1972.

L'article 277 était rédigé ainsi : "Article 277 - Est reconnu comme Líder Máximo de la Révolution panaméenne le Général de Brigade Omar Torrijos Herrera, Commandant en Chef de la Garde Nationale. En conséquence, et pour assurer le respect des objectifs du processus révolutionnaire, lui est accordé, pour un terme de six ans, les attributions suivantes : coordonner tout le travail de l'administration Publique; nommer et séparer librement les Ministres d'État et les Membres de la Commission de Législation; nommer le Contrôleur Général et le Sous-contrôleur Général de la République, les Directeurs Généraux des entités autonomes et semi-autonomes et la Magistrature du Tribunal Électoral, il lui revient de nommer l'Exécutif, selon les dispositions de cette Constitution et la Loi; nommer les Chefs Officiels de la Forces Publiques en conformité selon cette Constitution, la Loi et le Grade Militaire; nommer avec l'approbation du Conseil de Cabinet les Magistrats de la Cour Suprême de Justice, le Procureur Général de la Nation, le Procureur de l'Administration et ses suppléants respectifs; convenir la conclusion de contrats, de négociation d'emprunts et de diriger les relations extérieures. Le général Omar Torrijos Herrera aura, de plus, facultés pour assister avec sa voix et vote aux réunions du Conseil de Cabinet et du Conseil National Législatif et participer avec droit de vote aux débats de l'Assemblée Nationale des Représentants des Municipalités et des Conseils Provinciaux de Coordination et des Conseils Communaux."

Torrijos instaura officiellement une politique populiste, avec l'inauguration d'écoles et la création d'emplois, la redistribution des terres agricoles (qui fut la mesure la plus populaire de son gouvernement). Les réformes furent accompagnées d'un important programme de travaux publics. Durant son administration, une politique économique libérale fut instaurée, faisant du Panama un centre bancaire international.

Torrijos mena une politique de répression vis-à-vis de l'opposition, fit emprisonner, exiler ou assassiner les dirigeants hostiles à son gouvernement. Les cas les plus connus eurent lieu en 1971, avec l'enlèvement et la disparition de Héctor Gallego (en), prêtre catholique. Les estimations concernant les disparus et assassinés durant la dictature militaire d'Omar Torrijos vont jusqu'à 200 personnes.

Torrijos encouragea les traités pour le Canal de Panama avec les États-Unis, connus sous le nom de Traités de Torrijos-Carter, selon lesquels les bases militaires sont légalisées et la neutralité du Canal de Panama est établie à perpétuité, est prévue aussi une date pour la fin de la présence militaire nord-américaine ainsi que pour la dévolution du canal de Panama. Ainsi, le , les États-Unis restituèrent le Canal de Panama aux mains des panaméens.

Mort[modifier | modifier le code]

Omar Torrijos meurt dans un accident d'avion le .

Selon l'économiste John Perkins, qui était employé en qualité de Economic Hit Man (EHM) ou "assassin financier" pour endetter les pays du tiers monde afin de les rendre dépendants des intérêts financiers américains, et qui avait rencontré Omar Torrijos dans cette fonction, il a été assassiné pour avoir refusé de s'y soumettre, en particulier, pour avoir tenté de construire un nouveau canal avec le Japon[1]. Cette théorie est développée dans son livre Les Confessions d'un assassin financier.

Il est enterré dans un mausolée près de Panama.

Parenté[modifier | modifier le code]

Son fils Martín Torrijos est devenu président du Panama le .

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]