Pearl Harbor
Pearl Harbor est une baie peu profonde située sur l'île d'Oahu, dans l'État américain d'Hawaï, à l'ouest d'Honolulu. Pearl Harbor était alors considérée comme la résidence de la déesse requin Ka'ahupahau, et de son frère Kahi'uka.
Depuis la fin du XIXe siècle, elle abrite une base navale des États-Unis et le quartier général de la flotte du Pacifique des États-Unis. Le port et la base sont implantés autour d'une rade au centre de laquelle se trouve l’île de Ford. L'entrée de cette rade se fait par un chenal très étroit. Pearl Harbor a été rendue célèbre suite à l'attaque aérienne surprise de cette base, lancée par le Japon le 7 décembre 1941.
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Toponymie [modifier]
En anglais, Pearl Harbor signifie « Port de la perle ». Les Hawaïens l'appellent :
- soit « Wai Momi » ce qui signifie « eau à perle », en raison de l'activité perlière des autochtones ;
- soit « Pu'uloa » c'est-à-dire « longue colline ».
Histoire [modifier]
Le port était principalement utilisé pour la production d'huîtres perlières jusqu'à la fin du XIXe siècle.
Dans les années qui suivirent l’arrivée du capitaine James Cook (1778), les Européens considéraient que la rade ne pouvait accueillir un port à cause de la faible profondeur des eaux.
Les États-Unis et le royaume d'Hawaï signèrent un traité de réciprocité en 1875, complété par la convention du 6 décembre 1884 et ratifié en 1887. Le 20 janvier de même année, le Sénat des États-Unis autorisa la marine à louer Pearl Harbor comme base navale. En échange, les Hawaïens obtinrent le droit exclusif de pouvoir exporter aux États-Unis du sucre sans droit de douane. La guerre hispano-américaine de 1898 et le besoin des États-Unis de posséder une présence permanente dans le Pacifique conduisirent à l'annexion de l'archipel.
Les chantiers navals de Pearl Harbor furent inaugurés en 1908 et l’île de Ford fut achetée par l’armée pour développer l’aviation militaire dans le Pacifique. Dans le contexte de l’expansionnisme japonais, le général Harry Yarnell anticipait une invasion d’Hawaii. Au cours d’un exercice militaire le 7 février 1932, ce dernier avait mis en évidence la vulnérabilité d’Oahu en cas d’attaque aérienne par le nord-ouest. La simulation avait montré que des avions ennemis pourraient infliger de sérieux dommages et que la flotte ennemie, restée à l'écart des côtes, serait indétectable pendant 24 heures.
Attaque de Pearl Harbor [modifier]
Contexte historique [modifier]
En 1939, débute la Seconde Guerre mondiale. Alors s’affronteront la triple Alliance, comprenant la France, l’Angleterre et la Russie, et l’Axe, formé par l’Italie, l’Allemagne et le Japon. Entraîné par ses alliances avec l’Allemagne, le Japon provoqua l’entrée en guerre des États-Unis parmi les Alliés, avec l’invasion de la base navale Pearl Harbor[1].
Causes menant à Pearl Harbor [modifier]
En 1941, l’expansion du Japon sur le territoire chinois devenant alarmante, Franklin Delano Roosevelt, le président des États-Unis à ce moment, décida de s’allier à la Chine. C’est pourquoi il gela le 25 juillet les avoirs financiers nippons en plus de provoquer un embargo des matières premières au Japon dont le pétrole, nécessaire à la production de son armement[2].
Le 20 novembre 1941, le Japon envoie aux États-Unis une note en 5 points, pour dernière négociation, demandant l’arrêt de l’embargo, du gel des crédits, de l’aide matérielle et morale à la Chine en échange de son retrait en Indochine. Le 26 novembre, les États-Unis ripostèrent par une réponse en 10 points, la note de « Hull ». Refusant de se soumettre aux restrictions menaçant son expansion, le Japon donna l’ordre de départ en date du 26 novembre à l’aviation japonaise. Le 5 décembre, les Japonais avaient atteint la baie d’Hito-Kappu, l’endroit idéal pour passer inaperçus aux yeux des Américains[3].
Un élément ayant permis l’attaque japonaise de ce grand port pétrolier fut l’espionnage. Effectivement, Otto Kuehn, un agent allemand affilié aux Japonais, fut arrêté à Hawaï après l’invasion et déclara au cours de son procès qu’ils y avaient jusqu’à 200 agents secrets japonais infiltrés et répartis sur chacune des îles. Ceux-ci communiquaient par signaux lumineux avec leur sous-marin et possédaient plusieurs postes à des endroits stratégiques, camouflés grâce au relief montagneux. Ces espions infiltrés ont ainsi fourni des documents présentant en détails l’île, donnant les éléments essentiels au projet d’attaque[4].
Description de l'évènement [modifier]
À la veille de l'attaque japonaise du 7 décembre 1941 à 8 h 15, la flotte de guerre américaine du Pacifique, stationnée à Pearl Harbor, comprenait 86 unités : 28 destroyers, 9 croiseurs, 8 cuirassés, 5 sous-marins, un cuirassé-cible (l'USS Utah) et une trentaine de bâtiments auxiliaires. On comptait enfin 25 000 hommes sur la base et 231 avions dans l’île. Le général Walter Short était le commandant des forces terrestres, tandis que la flotte du Pacifique était sous les ordres de l'amiral Husband Kimmel. La défense des installations et des ateliers de réparation était assurée par 35 B-17, la DCA et les défenses littorales.
Les Japonais avaient une cache dans la baie d’Hito-Kappu sur l’île Etorofu, dans les îles Kouriles[5].L'escadre japonaise comportait 353 avions, elle était située à environ 300 km au nord d'Oahu, à bord de six porte-avions. À 6h00, une première vague de 183 avions partait des porte-avions japonais, à environ 200 miles de Pearl Harbor, en direction de la base navale[6].
L'attaque se fit en deux vagues. La première attaque eut lieu à 7 h 49 précise et était composée de 43 chasseurs, 49 bombardiers à haute altitude, 51 bombardiers en piqué et 40 avions lance-torpilles. Les forces aériennes américaines disponibles à Hawaï ce jour-là étaient de 231 avions mais beaucoup furent endommagés au sol et ne purent servir. La disposition linéaire et entassée des avions sur terre fut une erreur des Américains, puisque les attaquants n’ont eu qu’à faire feu pour détruire et endommager la majorité des avions, attaquant également les dortoirs et réfectoires militaires au passage[6].
La première vague a pu bénéficier de l'effet de surprise malgré le fait que les renseignements américains possédaient les codes japonais, car ils n'ont déchiffré le message annonçant l'attaque de Pearl Harbor qu'environ une demi-heure après l'attaque.Le personnel militaire était, pour la plupart, toujours endormi ou en train de prendre le petit déjeuner. La réaction des Américains se fit rapidement puisqu’environ cinq minutes après les premiers bombardements aériens, des soldats étaient déjà à leur poste de canonniers anti-aériens[6].
La deuxième vague eut pour mission d'achever les navires très endommagés, mais la fumée les empêchait de voir correctement leurs objectifs et ils lancèrent leurs bombes sur des navires moins endommagés.À 8h00, une alerte de détresse était lancée sur toute la flotte du Pacifique par l’amiral Husband Edward Kimmel : « AIR RAID ON PEARL HARBOR X THIS IS NOT DRILL. »[6].
À 9h45, l’attaque était déjà complétée et les Japonais en route vers leurs porte-avions, lequel ils ont atteints à 12h14. Ils repartaient vers leur pays une heure plus tard, avec seulement 29 avions et cinq sous-marins de poche en moins[6].En définitive, l'amiral Nagumo ramène une flotte aérienne presque intacte, mais il refusera une troisième attaque, sollicitée par son entourage.
Conséquences suite à Pearl Harbor [modifier]
Cette attaque nippone incita le lendemain les États-Unis à officiellement entrer dans la Seconde Guerre mondiale, sous les ordres du président Roosevelt.
Le bilan de l’assaut contre Pearl Harbor permit de conclure que 18 des 96 bâtiments militaires présents sur l’île d’Oahu furent démolis ou endommagés et que les dommages matériels s’élevèrent à 500 000 $. Les porte-avions n’étant pas à la base navale le jour de l’attaque, 8 des 12 cuirassés furent coulés et endommagés, dont deux, l’Arizona et l’Oklahoma, des pertes totales. 188 avions ont été détruits et 159 endommagés, trois croiseurs endommagés, quatre destroyers détruits, quatre auxiliaires, un mouilleur de mines et un navire endommagés. Les pertes humaines étaient estimées à 2335 marines et militaires décédés, 1143 militaires et marines blessés, 68 civils décédés et 35 civils blessés[7].
Une conséquence à long terme de Pearl Harbor fut les toutes premières explosions de bombes atomiques de l’histoire, la première à Hiroshima, le 6 août 1945, et la seconde à Nagasaki, le 9 août 1945 (Céré, 1970, p. 109). Le Japon ne renonçait pas et continuait la guerre alors même que l’Allemagne avait délaissé les armes. Le président Harry S. Truman, successeur de Roosevelt, eu recours à l’arme atomique pour moyen final, ce qui occasionna la capitulation du Japon le 10 août 1945[8].
Document historique et image associé à Pearl Harbor [modifier]
L’« Honolulu Star-Bulletin - 1st extra » publie une édition spéciale de 8 pages le 7 décembre 1941. L’édition anglaise de War! fut la première édition de trois extras et 250 000 exemplaires étaient imprimés le jour même de l’attaque de Pearl Harbor[9]. Fichier:http://archives.starbulletin.com/2001/12/07/news/story2.html
Image associé à Pearl Harbor [modifier]
L’explosion de l’entrepôt à munitions de Shaw, un contre-torpilleur américain, a été causée par l’attaque aérienne japonaise du 7 décembre 1941 lors de Pearl Harbor[10]. Fichier:http://www.personal.psu.edu/t3b/courses/cas475spring2005/cas475s05syllabus.htm
Filmographie [modifier]
- Tant qu'il y aura des hommes, de Fred Zinnemann, 1953
- Tora ! Tora ! Tora !, de Richard Fleischer, 1970
- 1941, de Steven Spielberg, 1979
- Nimitz, retour vers l'enfer, de Don Taylor, 1980
- Pearl Harbor, de Michael Bay, 2001
Film associé à Pearl Harbor [modifier]
Le film « Hawaii-Midway Battle of the Sea and Sky : Storm in the Pacific Ocean », ayant pour titre américain « I bombed Pearl Harbor », fut réalisé au Japon en 1960. Ce film aborde la Seconde Guerre mondiale, l’attaque sur Pearl Harbor et la défaite lors de la bataille de Midway du point de vu des Japonais[11]. Fichier:http://www.usni.org/movies-about-pearl-harbor
Notes et références [modifier]
- Laurent, François [2010]. La Seconde Guerre mondiale,
- S.a. [s.d.]. « Pearl Harbor attack », Encyclopedia Britannica,
- Lord, Walter (1973). Pearl Harbour, Éditions Rencontre, France, p. 18 à 32.
- De Belot, Raymond (1946). Le désastre de Pearl Harbor, Paris, J. de Gigord, p. 18-19.
- Lord, Walter (1973). Pearl Harbour, Éditions Rencontre, France, p. 31 à 33.
- Rosenberg, Jennifer [s.d.]. Attack on Pearl Harbor,
- Barker, A. J. (1969). Pearl Harbor:Un stupéfiant désastre, Paris, Gérard &co, p.188-189.
- S.a. [s.d.]. « Harry Truman, le 6 août 1945 : la bombe atomique d'Hiroshima »,
- Borreca, Richard [2001]. Pearl Harbor remembered,
- Benson, W. Thomas [2005]. American Rhetoric in the New Deal Era: 1932-1945,
- U.S. Naval Institute [2012]. Movies About Pearl Harbor,
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pearl Harbor » (voir la liste des auteurs)
Bibliographie [modifier]
- Patrick Facon, Pearl Harbor, 7 décembre 1941, Editeal, 2011, 104 p. (ISBN 978-2-36450-003-7) [présentation en ligne]
- Dan van der Vat, Pearl Harbor, Éditions Pierre de Taillac, 2011, 176 p. (ISBN 978-2-364-45005-9) [présentation en ligne]
Annexes [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Isoroku Yamamoto, commandant en chef des forces navales japonaises
- Hawaï