Système éducatif des États-Unis

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Les systèmes éducatifs des États-Unis sont décentralisés, la plupart des décisions sur les programmes et sur le financement étant prises par des instances locales : les school boards. Les programmes éducatifs (Curriculla) sont en général établis par chaque État des États-Unis. Le gouvernement fédéral, via le département de l'Éducation des États-Unis (équivalent du ministère de l’Éducation nationale en France), intervient surtout dans le financement de l’éducation. Les écoles privées élaborent leur programme librement et dans le système public, seulement 22 États établissent une liste de manuels recommandés. Dans la majorité des États, la liberté de choix est totale. Les assemblées législatives de chaque État fédéré établissent un socle minimum commun de connaissances dans les programmes.

Les cours sont dispensés en anglais dans les 50 États, en espagnol dans le territoire de Porto Rico. Il n'y a pas de langue constitutionnellement officielle aux États-Unis, mais 29 des 50 États fédérés ont adopté l'anglais comme langue officielle unique (l'espagnol est une seconde langue officielle dans le territoire de Porto Rico, le hawaïen dans l'État de Hawaï et le chamorro dans le territoire de Guam) ; le français est une langue « à facilités » dans plusieurs paroisses de la Louisiane. Chaque school district ou circonscription scolaire a le choix de sa langue d'enseignement, mais l'anglais est le choix dans les 50 États, y compris en Hawaï et en Louisiane. Les Porto-Ricains ont choisi l'espagnol.

Quelque 90 % des élèves américains sont scolarisés dans le public.

Les États-Unis, où vivent seulement 4 % de la population mondiale âgée de 5 à 25 ans, représentent 28 % du budget mondial total de l’éducation. Ce pays dépense presque autant que l’ensemble des gouvernements des six régions du monde suivantes : les États arabes, l’Europe centrale et orientale, l’Asie centrale, l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Asie du Sud et de l’Ouest et l’Afrique subsaharienne[1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'université de Virginie, fondée par Thomas Jefferson.

Bien que le roi Frédéric II de Prusse ait décrété en 1763 l'école obligatoire pour tous les enfants jusqu'à l'âge de treize ans, une mesure encore rejetée par de nombreux pays européens près d'un siècle plus tard, certains estiment que « Les États-Unis ont été le premier pays à créer un système d’éducation publique et gratuit ouvert à tous[2] ». Les premières réformes ont été menées dès la fin du XVIIIe siècle sous l’impulsion de Thomas Jefferson : afin d'établir un régime républicain, Jefferson croyait aux vertus de la raison et de l’éducation. Il voulait généraliser l’enseignement primaire en Virginie : à la fin des années 1770, il souhaitait ouvrir les écoles primaires à tous les enfants libres, garçons et filles. Il imagina un enseignement secondaire gratuit pour les pauvres. Mais ces propositions ne furent pas retenues à cause de leur coût jugé trop élevé pour l'État. En 1819, Jefferson organisa et dessina les plans de l'université de Virginie et en devint le recteur : fait nouveau pour l’époque, il voulut que l’université n’enseignât pas la théologie. Dès 1832, l'État du New York instaure l'école élémentaire gratuite et obligatoire[3].

Au milieu du XIXe siècle, des réformes sont entreprises dans le Massachusetts par Horace Mann : ce personnage, qui faisait partie du conseil d’éducation du Massachusetts rêvait d’imposer le système éducatif prussien. Il milita en particulier en faveur d’un allongement de la scolarité obligatoire et d'une meilleure rémunération des professeurs.

Entre 1890 et 1920 sont menées plusieurs réformes qualifiées de « progressistes ». La présidence de Theodore Roosevelt (1901-1909) fut déterminante ; c’est encore à cette époque que la pédagogie est renouvelée grâce aux travaux du philosophe John Dewey, dont l'influence est encore notable aujourd'hui[4]. Ce dernier insiste sur la place essentielle de l’école dans la formation d’une société démocratique.

À partir des années 1950, le système éducatif américain subit d’importantes transformations : grâce aux efforts de l'avocat noir Thurgood Marshall et du NAACP, la ségrégation scolaire est déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis en 1954 (arrêt Brown v. Board of Education). Le busing (transport des élèves dans les fameux bus scolaires jaunes) devait permettre la mixité sociale et raciale en amenant les enfants des quartiers noirs dans les écoles des quartiers blancs. Cependant, dans les États du Sud, la déségrégation se fit dans la violence. En 1957, plusieurs étudiants noirs doivent être escortés pour aller en cours au lycée de Little Rock.

Dans les années 1960, les campus universitaires, dont le plus contestataire est celui de Berkeley, manifestent contre l’engagement des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam. Les étudiants réclament en outre des changements sociaux profonds. La politique de l'Affirmative Action (discrimination positive en français), lancée par Lyndon Johnson doit permettre aux Noirs d'intégrer plus facilement les universités américaines. La diversité ethnique devient donc un critère de sélection à l'entrée des facultés[5].

Les années 1970 représentent une époque de réformes du système éducatif américain : en premier lieu, le Congrès impose la mixité dans tous les établissements publics en 1972. Deux ans plus tard, le Bilingual Education Act oblige les écoles à fournir un enseignement bilingue pour les enfants ne maîtrisant pas l’anglais[6].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Liste des fondations
1636 : Harvard College
1693 : College of William and Mary (Virginie)
1701-1707 : Yale
1746 : collège du New Jersey, ancêtre de l’université de Princeton (1896)
1754 : collège du Roi, New York, ancêtre de l'université Columbia
1755 : école de Philadelphie
1764 : Brown, fondée collège de Rhode Island
1766 : collège de la Reine, New Jersey

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Classes[modifier | modifier le code]

  • Pre-School, Nursery School ou Head Start (école maternelle) : de 3 à 5 ans
  • Elementary School ou Grade School (école élémentaire, école primaire)
    • Kindergarten (jardin d'enfant) : 5-6
    • 1st Grade : 6-7
    • 2nd Grade : 7-8
    • 3rd Grade : 8-9
    • 4th Grade : 9-10
    • 5th Grade : 10-11
  • Middle School ou Junior High School (premier cycle du secondaire)
    • 6th Grade : 11-12 (parfois cette classe est assurée par les écoles élémentaires ou elementary school en anglais.)
    • 7th Grade : 12-13
    • 8th Grade : 13-14
  • High school (Lycée)
    • 9th Grade (dite Freshman year (première année)) : 14-15 (parfois cette classe est assurée par les middle schools)
    • 10th Grade (dite Sophomore year (deuxième année)) : 15-16
    • 11th Grade (dite Junior year (secondaire)) : 16-17
    • 12th Grade (dite Senior year (cycle supérieur)) : 17-18

Un système décentralisé[modifier | modifier le code]

Le système éducatif américain est fortement décentralisé ce qui signifie qu'il relève essentiellement des États fédérés et non du gouvernement fédéral. Les décisions concernant les programmes, les manuels, la répartition et le montant des dépenses de l’enseignement sont principalement du ressort de chaque État, ce qui a pour conséquence de fortes disparités, mais aussi une grande souplesse[9]. Les États fédérés sont jaloux de leurs prérogatives en matière d’éducation, ce qui peut provoquer des conflits avec le gouvernement fédéral et un frein aux réformes.

Il existe un département de l’éducation (en anglais : U.S. Department of Education[10]) chargé d'organiser le cadre général du système scolaire. Chaque État fédéré dispose aussi d’un département de l’éducation, secondé par un conseil d’éducation d’État (Board of Education). Les États prennent en charge 45 % des dépenses des établissements publics[11]. Ils composent la carte scolaire (School districts). Au niveau local, les conseils d’éducation (School boards) s’occupent des programmes scolaires, du budget, du personnel éducatif et administratif. Il existe environ 2 000 écoles à charte (charter schools) aux États-Unis[12], qui échappent au contrôle des autorités locales.

La décentralisation du système éducatif américain provoque des inégalités de financement : chaque année, les États-Unis consacrent 7 % du PNB total dans l’éducation. Les recettes proviennent des impôts locaux et d’une enveloppe fédérale globale (aide aux élèves les plus défavorisés, éducation et soins de santé)[13]. Les aides fédérales sont proportionnelles à la pauvreté des États. Par exemple, le Mississippi reçoit beaucoup plus d’argent que le New Hampshire. Les écarts sont grands entre les États dynamiques et ceux qui ont plus de difficultés. En outre, les inégalités sont aussi importantes entre les municipalités d’un même État, voire entre les quartiers.

Discrimination positive[modifier | modifier le code]

Université de Californie, entrée du campus de Berkeley

Depuis les années 1970, des mesures de discrimination positive ont été mises en place pour favoriser l'entrée des minorités ethniques dans les universités et favoriser la mixité sociale.

Néanmoins, la discrimination positive a été remise en cause dès la fin des années 1970. En 1978, la Cour suprême condamne les quotas de la faculté de médecine de l'université de Californie par l'arrêt Blake[14]. En 1996, un référendum d'initiative populaire met fin à l'affirmative action dans les universités publiques en Californie (Proposition 209)[15], puis en Floride (2000), dans l'État de Washington, au Michigan et au Nebraska[14]. Entre le milieu des années 1990 et 2003, la discrimination positive a été supprimée dans les universités du Texas, du Mississippi et de la Louisiane[14]. Le 28 juin 2007, la Cour suprême interdit la discrimination positive à l'entrée des écoles publiques américaines, à cinq voix contre quatre[16]. La décision de la Cour stipule que « La recherche par les écoles d'un objectif estimable ne veut pas dire qu'elles sont libres d'effectuer une discrimination sur la base de la race pour l'atteindre. » Désormais, le critère ethnique n'est qu'un élément positif parmi d'autres lors de l'examen des dossiers d'entrée dans les universités américaines[14].

Daniel Sabbagh, spécialiste de l'affirmative action et directeur de recherche au CERI, considère que les politiques de discrimination positives américaines sont efficaces à court terme et permettent aux étudiants issus des minorités ethniques d'être plus nombreux dans les universités[14]. Avec la croissance démographique des groupes minoritaires, les différences raciales ou ethniques s'effacent [réf. nécessaire]. Par conséquent, de nombreux experts [réf. nécessaire] estiment que les inégalités se réduiront et que les programmes de discrimination positive deviendront superflus[17].

Enseignement primaire et secondaire[modifier | modifier le code]

Programmes scolaires[modifier | modifier le code]

Les programmes ne sont pas les mêmes d'un État à l'autre. On peut consulter (en anglais) les programmes de l'école primaire en Californie qui insistent sur l'éducation à l'environnement et l'éducation physique (200 minutes au moins tous les 10 jours d'école ; 400 minutes dans le secondaire). Le Curriculum commence par les objectifs d'apprentissage exprimés en termes de comportements attendus sur lesquels se réfèrent les évaluations des performances scolaires exhibées. Le contenu, les outils, les activités et les voies d'apprentissage sont organisés, de façon variable, pour atteindre ces objectifs d'apprentissage. Cette variation va jusqu'à l'extrême de l'apprentissage individualisé « à la carte » pour chaque élève avec l'aide du Centre multimédia de la technologie éducative (en) (educational technology), qui conçoit et produit des ensembles d'apprentissage complets dans différents types et secteurs de formation.

Les programmes scolaires visent en outre l’insertion des minorités ethniques (notamment depuis l’American Ethnic Heritage Act de 1972) et l’initiation à la citoyenneté. En Californie, le Native American Day (le 4e lundi de septembre) est l'occasion de rendre hommage aux Amérindiens de l'État ; les enseignants sont ainsi invités à parler de la culture indienne dans les écoles. Depuis 2004, les cours d'histoire indienne sont obligatoires dans les écoles élémentaires du Maine.

L’enseignement met l’accent sur l’apprentissage des nouvelles technologies, parfois sur la protection de la nature : le code d'éducation de la Californie insiste pour que les élèves soient sensibilisés aux problèmes de l'environnement à tous les niveaux de leur scolarité[18].

Enseignants[modifier | modifier le code]

Les enseignants ne sont pas assez nombreux et sont plutôt mal considérés[réf. nécessaire]. La loi Affirmative Action de Ronald Reagan impose un quota de professeurs issus des minorités ethniques.

Religion à l'école[modifier | modifier le code]

« L’institution scolaire publique est laïque »[19], dans le sens où les enseignants ne doivent pas faire de prosélytisme. Depuis 1962 (arrêt Engel versus Vitale), la prière est interdite à l'école[20]. La Constitution des États-Unis d'Amérique, et plus particulièrement l’Establishment Clause du premier amendement, stipule qu’il n’existe pas de religion officielle aux États-Unis.

  • Sur les débats autour de l'enseignement de la théorie scientifique de l'évolution des espèces, voir l'article créationnisme.

Les différentes écoles[modifier | modifier le code]

La majorité des élèves américains sont scolarisés dans des établissements publics[21]. Ces écoles ne demandent aucune participation financière aux familles. Les enfants handicapés sont intégrés dans des classes normales. Les écoles privées sont dans la plupart des cas gérées par des organisations religieuses. Une minorité d’enfants est éduquée en dehors du cadre scolaire (Home Schooling) par leurs parents ou grâce aux écoles virtuelles, sur internet. Il existe enfin de plus en plus de same sex schools (écoles pour filles - écoles pour garçons) depuis que l’administration Bush est revenue sur la loi sur la mixité[réf. nécessaire].

Performances et politiques éducatives[modifier | modifier le code]

Bus scolaire en Louisiane.

Les réformes[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves défauts : le niveau des élèves était plutôt mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inégalités liées au statut social et à l’origine ethnique étaient très marquées. On accusait fréquemment le corps professoral pour ces mauvais résultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des échecs du système éducatif américain. Des réformes ont été entreprises pour pallier ces difficultés, au niveau local, comme au niveau fédéral :

  • fondation de Centres de l’Enfance
  • institution d’un niveau de connaissances et de savoir-faire minimal avec examens annuels
  • réduction de la taille des établissements[22]
  • privatisation des écoles publiques
  • organisation de sommets de l’éducation dans les années 1990, réunissant les gouverneurs des États
  • programme E-Rate pour le développement de l’informatique et les NTIC.
George W. Bush signant la loi « no child left behind », 8 janvier 2002, Hamilton, Ohio.

Le Gun-Free Schools Act de 1994 fait de la « tolérance zéro » une politique fédérale et obligatoire[23]. À la suite de cette loi, de nombreuses écoles suivent la tendance, en prononçant des exclusions automatiques pour possession de stupéfiants ou pour divers comportements jugés non acceptables[23]. Après le massacre de Columbine de 1999 (13 morts et 24 blessés), l'enjeu sécuritaire revient sur le devant de la scène[23]. Cette politique commence progressivement à être remise en cause, en 2011, en raison des très nombreuses exclusions scolaires prononcées pour des motifs parfois futiles ou peu importants (un joueur de hockey exclu pour avoir porté un couteau-suisse visant à réparer sa crosse ; un élève de six ans exclu pour avoir craché des billes de plastic sur ses camarades, etc.) [23].

En 2002, l’administration Bush fait passer la loi « aucun enfant laissé-pour-compte » (No Child Left Behind) qui met l’accent sur l’acquisition de compétence en mathématiques et en lecture[24]. Il s'agit d'augmenter la marge d’intervention du gouvernement fédéral. La loi propose de tester le niveau des établissements et de laisser plus de liberté aux parents pour choisir l’école de leurs enfants. Une école qui obtient de faibles résultats peut disposer d’aides financières pour appliquer des « services d’éducation supplémentaires », autrement dit des cours de soutien[25]. Les résultats de cette politique sont discutés : certains affirment que les discriminations ont régressé et le niveau de lecture s’est amélioré[26]. D'autres ne notent aucun changement positif.

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • En 1960, 46 millions d'Américains étaient scolarisés ; en 2000, ils étaient 68 millions. En 1967, la moitié des adultes avaient fait des études secondaires ; le chiffre est passé à 61 % en 2000.
  • Effectifs selon le Département américain de l'éducation, à l'automne 2008[27] :
    • 49,8 millions d'élèves dans les écoles publiques primaires et secondaires ;
    • 6,2 millions d'élèves dans les écoles privées primaires et secondaires ;
    • 3,3 millions d'enseignants dans les écoles publiques, 500 000 environ dans les écoles privées ;
    • 14 200 districts scolaires publics pour un total de 97 000 écoles publiques ;
    • 35 000 écoles privées ;
    • Environ 18,3 millions d'étudiants en college ou université ;
    • Dans les colleges, 12,7 % d'étudiants noirs, 10,8 % d'étudiants hispaniques.
  • D'après le rapport annuel de l'OCDE[28], le pays occupe :
    • le 9e rang des pays de l'OCDE pour l'accès à l'enseignement supérieur.
    • le 9e rang des pays de l'OCDE pour le taux de population entre 25 et 34 ans étant parvenue à une formation secondaire.
    • le 13e rang des pays de l'OCDE pour le taux d'obtention d'un diplôme d'enseignement supérieur en trois à six ans.
    • le 16e rang des pays de l'OCDE pour le taux d'obtention d'un diplôme de l'enseignement secondaire dans la population en âge typique de l'obtenir : 73 % d'une génération obtient l'équivalent du bac.
  • Selon un rapport de l'Educational Policy Institute (EPI), le pays consacre 17,2 % du PIB à l'enseignement supérieur.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Sterling Memorial Library, Yale
Autobus scolaire sur le campus de l’université de Californie à Berkeley, Californie
Fraternité étudiante sur le campus de Berkeley, Californie

Si l'enseignement secondaire souffre de carences nombreuses, l'enseignement supérieur est l'un des meilleurs du monde (à nuancer cependant la plupart des avancées significatives venants d'étudiants étrangers déjà formés dans le supérieur dans leurs pays d'origine). Il forme des cadres efficaces et a tissé de nombreux liens avec le monde des entreprises. Les universités américaines bénéficient de moyens financiers considérables : par exemple, le capital d'Harvard est de 34,9 milliards de dollars[réf. nécessaire]. Dans un pays fédéral comme les États-Unis, le système universitaire est décentralisé et les établissements d'enseignement supérieur jouissent d'une large autonomie qui leur permet une grande souplesse.

Les frais d'inscription dans une toute petite université publique américaine s'élevaient en 2008-2009 en moyenne à 6 585 dollars par année ; dans une université privée la moyenne se chiffrait à 25 143 dollars[29]. Le coût total d'une année universitaire aux États-Unis s'élève donc, selon l'université choisie et les coûts de la vie dans sa localité, à un minimum de 20 000 dollars environ au total, jusqu'à 45 000 dollars ou plus. Peu de familles peuvent financer totalement les études de leurs enfants : on a donc recours aux bourses, aux emprunts et au travail étudiant. Environ 500 000 étudiants étrangers fréquentent les universités américaines et un certain nombre reste aux États-Unis après l'obtention de leur diplôme. L'économie du pays profite du brain drain, surtout des ressortissants de pays en voie de développement. Par contre, les bourses au mérite pour de grandes performances sont nombreuses et confortables aux différents cycles universitaires.

Le campus de la James Madison University, Harrisonburg, Virginie

En 1998, 35 % des Américains avaient un diplôme d'études supérieures contre 11 % en 1970. L'État fédéral et les universités dépensent 260 milliards de dollars pour l'enseignement supérieur en 2000, ce qui représente 2,6 % du PIB. Enfin, les universités américaines accueillent 565 000 étudiants étrangers en 2006[30], dont 60 % d'Asiatiques. De plus, certaines personnes retournent à l’université après l’âge de 30 ans. Les minorités ethniques progressent : elles représentaient 16 % des étudiants américains en 1976 et 35 % en 1995[31].

  • Les universités : chaque État de l'Union a en principe plusieurs universités privées ainsi que plusieurs systèmes universitaires publics: un système plus prestigieux dit "université de" (par exemple University of Arizona) dont le siège est souvent très sélectif, un système parallèle et moins prestigieux, "université d'État de" (par exemple Arizona State University) et un système de Community Colleges qui dispensent des cours universitaires de première/deuxième année ainsi que des cours professionnels, techniques et la formation continue. Les exceptions concernent de rares États comme New York et la Pennsylvanie (dont les "universités de" sont privées et les universités dites "État de" font un seul système public) et l'Ohio (où le système "État de" est le plus sélectif). Les territoires américains d'outre-mer comme Guam, les Îles Vierges américaines et Porto Rico ont, eux aussi, leurs universités publiques. Les établissements de Porto Rico fonctionnent pour la plupart en espagnol (avec certains programmes disponibles aussi en anglais). Dans les cinquante États, à Guam et aux Îles Vierges, la langue d'enseignement est l'anglais.
    • Organisation : le conseil d’administration dispose d’un droit de regard sur les programmes, les disciplines enseignées et le budget. Le gouvernement fédéral alloue des fonds pour la recherche et le développement.
    • Effectifs : les plus grandes universités ont plus de 50 000 étudiants.
    • Les collèges : ce sont les établissements qui dispensent un enseignement de premier cycle.
    • Université d’État, universités privées : ces dernières sont financées par les États, les entreprises, les dons et les fondations. Certaines dépendent d’institutions religieuses, d’autres sont liées à des associations.
  • Il existe des frais d’inscription à l’entrée dans l’université. Ceux-ci varient en fonction de l'État (pour les universités publiques) ou le prestige de l’établissement (pour les universités privées).
  • Enseignants : les salaires ne sont pas les mêmes d’une université à l’autre. Ils sont recrutés et remerciés par le Conseil d’éducation de l’État.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)[PDF] Recueil de données mondiales sur l'éducation 2007 par l'UNESCO
  2. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p. 389
  3. Jean-François Revel, L’obsession anti-américaine, Paris, Plon, 2002, ISBN 2-259-19449-4, page 253
  4. [PDF] http://www.ibe.unesco.org/publications/ThinkersPdf/deweyf.PDF
  5. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, ISBN 2-02-079950-2, p.138
  6. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p.399
  7. Traduction en français : « collège universitaire » ; voir Philippe Jacqué et Catherine Rollot, « Enseignement supérieur : y a-t-il trop d'universités ? » dans Le Monde du 14/12/2006, [lire en ligne]
  8. pour l'usage de cette expression voir Philippe Jacqué et Catherine Rollot, « Enseignement supérieur : y a-t-il trop d'universités ? » dans Le Monde du 14/12/2006, [lire en ligne]
  9. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p. 390
  10. U.S. Department of Education Home Page
  11. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p. 391
  12. Cité dans A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p.403
  13. M.-P. Massiani-Fayolle, Vie politique et société américaines, 1999, p. 78
  14. a, b, c, d et e Mathilde Gérard, « L'expérience de la discrimination positive aux États-Unis », sur Le Monde,‎ 18 janvier 2010 (consulté le 20 janvier 2010)
  15. Pascal Gauchon, Dominique Hamon, Annie Mauras, La Triade dans la nouvelle économie mondiale, 2002, PUF, p.129
  16. « La Cour suprême américaine interdit la discrimination positive à l'école », dans Le Monde du 28-06-2007, [lire en ligne]
  17. Sylvie Kauffmann, « Le prochain visage de l'Amérique », dans Le Monde du 19/11/2006, [lire en ligne]
  18. Extrait du code de l'éducation de Californie (chapitre IV, sections 8700 à 8784) : lire en anglais
  19. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La Civilisation américaine, 2004, p. 397
  20. Hélène Harter, L'Amérique, Paris, Le Cavalier Bleu, collection idées reçues, 2001, ISBN 2-84670-025-7, p.30
  21. M.-P. Massiani-Fayolle, Vie politique et société américaines, 1999, p.79
  22. Lire le compte-rendu du Café Pédagogique
  23. a, b, c et d Donna StGeorge, More schools rethinking zero-tolerance discipline stand, Washington Post, 2 juin 2011
  24. Présentation du programme sur le site de l'INRP
  25. source : Le Monde, 05/10/2004
  26. Selon le compte-rendu du Café Pédagogique  ; voir aussi (en) [PDF] easuredProgress.doc.pdf le rapport
  27. (en) « Fast Facts », National Center for Special Education Research (consulté le 15-04-2009)
  28. Regards sur l'éducation, 2003, cité dans le journal Le Monde
  29. http://www.collegeboard.com/student/pay/add-it-up/4494.html
  30. La fin de la baisse des étudiants étrangers aux États-Unis, décembre 2006, voir aussi Opendoors : International Students in the US(en)
  31. M.-P. Massiani-Fayolle, Vie politique et société américaines, 1999, p.81

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Paule Massiani-Fayolle, Vie politique et société américaines, Paris, Presses universitaires de France, collection Que sais-je ?, 1999, (ISBN 2130504477)
  • André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter, Adrien Lherm, La Civilisation américaine, Paris, Presses universitaires de France, collection quadrige, 2004, (ISBN 2130543502)
  • (en) (Collectif), « Enseignement primaire et secondaire aux États-Unis », dans Revue française des études américaines, n°74, octobre 1997
  • (fr) Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]