Bataille de Caen

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Bataille de Caen
Bataille de Caen.png
Informations générales
Date Du 6 juin au 13 août 1944
Lieu Caen (Normandie, France)
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Canada Canada
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Bernard Montgomery
Drapeau du Royaume-Uni Miles Dempsey
Drapeau du Royaume-Uni Richard O'Connor
Drapeau du Canada Guy Simonds
Drapeau de l'Allemagne Edgar Feuchtinger
Drapeau de l'Allemagne Von Rundstedt
Drapeau de l'Allemagne Erwin Rommel
Drapeau de l'Allemagne Von Kluge
Forces en présence
* 2e armée
* 51e division d'infanterie
* 11e division blindée
* 7e division blindée
* VIIIe corps
* Royal Air Force
* US Air Force
* Régiment du Royal Tank
* 7e armée
* 5e Panzerarmee
* 16e Luftwaffen-Feld-Division
* 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend
* 21e Panzerdivision
* Panzer Lehr Division
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Bataille de Normandie

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Coordonnées 49° 11′ 10″ N 0° 21′ 45″ O / 49.186111111111, -0.3625 ()49° 11′ 10″ Nord 0° 21′ 45″ Ouest / 49.186111111111, -0.3625 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Caen.

Géolocalisation sur la carte : Basse-Normandie

(Voir situation sur carte : Basse-Normandie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Caen.

Géolocalisation sur la carte : Calvados

(Voir situation sur carte : Calvados)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Caen.

La bataille de Caen désigne les différents combats qui ont suivi le débarquement en Normandie à l'été 1944 (de juin à août) afin de permettre aux Alliés de prendre la « capitale normande ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Après le débarquement sur les plages du Calvados et de la Manche, l'un des objectifs majeurs des Alliés est la prise de la ville de Caen, puis celle du port de Cherbourg. Caen est un nœud de communication, la clé des opérations vers la Seine et donc vers Paris. Les plaines aux abords de Caen doivent également permettre la construction d'aérodromes et sont très favorables aux mouvements de blindés.

Le plan initial prévoyait la prise de Caen dès le 6 juin au soir. Il faudra finalement six semaines et quatre offensives pour que les Alliés enlèvent à l'ennemi ce qui reste de la ville.

Encerclement[modifier | modifier le code]

Le soir du 6 juin, les Alliés sont totalement bloqués. L'essentiel des unités blindées allemandes ont été rassemblées pour tenir les points de fixation : les chars de la 21e Panzerdivision, renforcés dans la nuit par ceux de la 12e SS Hitlerjugend ont formé un barrage infranchissable pour les troupes canadiennes et britanniques de Montgomery, chargées de s'emparer de Caen.

Constatant que les premiers assauts frontaux se sont soldés par des échecs, Montgomery se lance alors dans la planification d'une série d'offensives ayant pour but de contourner Caen par l'ouest et de prendre l'armée allemande à revers.

Face au général Montgomery qui engage la 8e armée britannique (qui compte 150 000 hommes et trois divisions blindées), se trouve son ancien adversaire d'Afrique le Generalfeldmarschall Rommel, qui commande le groupe d'armées B. Les troupes sous uniforme allemand sont hétéroclites car composées notamment de Russes ainsi que de personnes d'une cinquantaine d'années et d'adolescents de parfois seulement quinze ans.

Rommel défend Caen avec la 7e armée et le Panzergruppe West (100 000 hommes, dont sept divisions blindées).

Sur une période de six semaines, cinq offensives alliées vont se succéder.

Opération Perch (7-15 juin)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Opération Perch et Bataille de Villers-Bocage.
Un Panzer IV et un Tiger I détruits à Villers-Bocage.

Les Britanniques lancent le premier assaut le 7 juin. L'opération Perch doit permettre d'encercler la ville par l'ouest mais les troupes menant l'assaut sont bloquées le 9 juin, devant Tilly-sur-Seulles, par la Panzer Lehr du général Fritz Bayerlein.

Montgomery engage alors la 7e division blindée : elle est à son tour stoppée le 13 juin dans Villers-Bocage par le détachement de Michael Wittmann comprenant des chars Tigre, mastodontes d'acier de plus de 56 tonnes, accompagnés par quelques Panzer IV.

Le 15 juin, Bernard Montgomery doit se rendre à l'évidence : l'opération Perch est un échec.

Parallèlement, une tempête détruit l'un des ports mulberries et endommage l'autre, provoquant des difficultés d'approvisionnement et l'annulation de l'offensive programmée pour le 18.

Opération Epsom (25 juin-1er juillet)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Opération Epsom et Opération Martlet.
Soldats Britanniques évacuant des blessés au cours de l'opération Epsom.

Montgomery lance sa deuxième offensive le 25 juin : une attaque de « grand style » en direction de l'Odon, entre Tilly-sur-Seulles et Caen qui mobilise 90 000 hommes.

La rivière est franchie le 27 juin, mais l'avance est une nouvelle fois stoppée par l'arrivée de deux divisions blindées SS dans le secteur de la cote 112.

Modeste colline, la côte 112, va faire revenir les combattants au temps de la grande guerre : des soldats, enterrés dans des tranchées, attaquent et contre-attaquent, subissant de lourdes pertes. Les Britanniques vont faire perdre la quasi-totalité de leurs chars aux Allemands au cours de cet affrontement.

Opération Windsor (4-5 juillet)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Windsor.
Ruines des hangars de l'aérodrome de Carpiquet après les bombardements.

L'objectif est de s'emparer de la ville normande de Carpiquet et du terrain d'aviation adjacent. Après d'importants combats, souvent au corps à corps, et malgré de lourdes pertes, les Britanniques conquièrent la ville mais l'aérodrome reste aux mains des Allemands.

Attaque frontale[modifier | modifier le code]

Opération Charnwood (7-9 juillet)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Charnwood.
Bombardement de Caen le 7 juillet

Le but de cette nouvelle opération n'est plus de contourner Caen mais d'y pénétrer. N'ayant pas rassemblé assez d'artillerie lourde, les Alliés choisissent d'employer l'aviation afin de préparer les opérations au sol. Les bombardiers lourds doivent saturer les faubourgs nord de la ville afin de détruire l'infanterie, les positions d'artillerie et de couper les Allemands de leurs arrières.

Le 7 juillet, de 21 h 50 à 22 h 30, 460 bombardiers de la Royal Air Force larguent plus de 2 500 tonnes de bombes explosives, puis un pilonnage intensif des positions allemandes est effectué : entre 300 et 400 civils français y trouveront la mort.

De ce chaos, de nombreux soldats allemands sortent hébétés. Certains régiments sont anéantis, d'autres unités sont isolées. La 16e division de campagne de la Luftwaffe, frappée de plein fouet par le bombardement aérien, perd 75 % de son effectif. La 12e Panzerdivision SS ne compte plus qu'un seul bataillon. Malgré ces pertes, les Allemands ne se découragent pas et les combats restent acharnés. La masse des décombres qui s'ajoutent aux énormes cratères empêche une progression rapide sur le terrain des blindés britanniques.

Le 8 juillet, à 4 h 20, trois divisions britanniques et canadiennes attaquent la ville, soutenues par trois brigades blindées : Rommel donne alors l'ordre de déplacer toutes les armes lourdes sur la rive sud de l'Orne.

Les Canadiens délogent les SS de Buron et d'Authie, tandis que les Britanniques brisent les dernières résistances devant Lébisey. Au soir, les Allemands commencent à décrocher. Le 9 juillet au matin, les Canadiens enlèvent Carpiquet, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, Venoix, la Maladrerie et pénètrent enfin dans Caen mais la destruction des ponts sur l'Orne les oblige à stopper leur progression.

Plus à l'est, les Britanniques avancent lentement dans les rues rendues méconnaissables par les ruines causées par les bombardements à répétition.

Le 9 juillet, la rive gauche de Caen est libérée.

Opérations Goodwood et Atlantic (18-20 juillet)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Opération Goodwood et Opération Atlantic.
Un char Sherman et un Crusader AA Mk III au cours de l'opération Goodwood.

Le 19 juillet, les Anglais et les Canadiens, guidés par les FFI, investissent les quartiers de la rive droite. Caen est entièrement libérée le 20, mais l'ennemi est encore à ses portes : par une puissante attaque blindée à l'est, Montgomery lance l'opération Goodwood qui se soldera par un échec.

Conséquences sur la population civile[modifier | modifier le code]

Conséquence de la stratégie de bombardements aériens intensifs entre le 6 juin et le 19 juillet 1944, entre 2 000 à 3 000 personnes parmi les habitants de la ville perdent la vie. 600 000 obus se sont abattus sur la ville en soixante dix-huit jours créant un chaos urbain. La violence des bombardements laissera un profond traumatisme parmi la population civile[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Nantillé, « 1944. La Normandie sous les bombes alliées », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 72, mai-juin 2014, p. 27-30

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexander McKee, La Bataille de Caen, Presses de la Cité, 1965
  • Jean-Pierre Benamou, Georges Bernage, Bataille de Caen, 6 juin au 15 août 1944: album mémorial, Heimdal, 1988
  • Joseph Poirier, La bataille de Caen: vue au jour le jour, Caron, 1944

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]