Ouézy

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Ouézy
Le lavoir.
Le lavoir.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Bourguébus
Intercommunalité Communauté de communes
Val ès dunes
Maire
Mandat
Nicolle Mauvais
2014-2020
Code postal 14270
Code commune 14482
Démographie
Population
municipale
230 hab. (2011)
Densité 51 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 05′ 06″ N 0° 06′ 14″ O / 49.085, -0.10388949° 05′ 06″ Nord 0° 06′ 14″ Ouest / 49.085, -0.103889  
Altitude Min. 14 m – Max. 76 m
Superficie 4,55 km2
Localisation

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Ouézy est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 230 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ouézy se situe au pied de coteaux argileux, à la lisière du pays d'Auge et de la plaine de Caen. S'élevant au nord de la commune, ces coteaux sont constitués de bosquets et de prairies. Au sud s'étendent des terres planes et labourables propices à la culture céréalière. La commune est baignée par le Laizon, ruisseau du bassin côtier de la Dives.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque médiévale, Ouézy portait le nom d'Ociciacus et se situait dans le Pagus Oximensis (comté d'Hiémois)[1].

Une partie de la paroisse d'Ouézy passa sous la dépendance de l'abbaye de Jumièges dès le début du XIe siècle. Une charte de Richard II, duc de Normandie, signée à Falaise en 1027, nous renseigne sur les donateurs de ces prés, bois, eaux, moulins et pêcheries offerts aux moines : il s'agit de trois frères nommés Evrad, Aubin et Théormar. D'autres bienfaiteurs vinrent immédiatement renforcer le domaine concédé en offrant des terres situées dans des paroisses voisines. Ainsi l'abbaye de Jumièges établit-elle bientôt un prieuré à Ouézy[2].

Au cours de l'été 1047, le roi Henri Ier vint prêter main forte au jeune duc de Normandie, Guillaume le bâtard. Il aurait établi son campement au lieu-dit les Forges, sur les rives du Laizon.

En 1066, Guimont d'Ouézy, seigneur dudit lieu, combattit aux côtés de Guillaume à Hastings. Cette famille blasonnera de gueules au chevron d'or accompagné de trois besans d'argent. Elle incorporera à son nom le fief d'Olendon, près Falaise.

En 1088 est attesté Hervé d'Ouézy, fils de Richard.

Au cours du XIIe siècle, le prieuré d'Ouézy s'étendit encore avec des dons consentis par un seigneur voisin, Herbert de Méry. Ce dernier regretta manifestement ses libéralités et une contestation l'opposa aux moines de Jumièges. Un accord intervient entre 1127 et 1141. Cette conciliation revêtit un certain éclat car elle eut lieu au prieuré en présence de Jean, évêque de Lisieux, et de Guillaume, abbé de Jumièges ainsi que de foule de notabilités locales parmi lesquelles Hervé d'Ouézy.

Vers cette époque, Roger, seigneur de Cesny-aux-Vignes, fit lui aussi quelques dons, pour le salut de son âme et celui de ses aïeux, de trois acres de terre sises entre le marais et la route d'Ouézy à Cesny. A son tour, le fils de Roger, Guillaume de Cesny, contestera aux moines les libéralités de son père et un accord sera signé en 1198 et 1213 à Ouézy « en face de toute la paroisse ». Cette charte nous renseigne sur le personnel du prieuré nommé ici par l'abbé de Jumièges. Renouf, prieur, était entouré de deux moines, Odon de Fourneville et Pierre de Caen ainsi que du prêtre Henry qui assurait vraisemblablement le ministère paroissial.

À une date qui reste inconnue, Rose d'Ouézy, veuve de Guillaume Clarel, officier de l'abbaye de Jumièges, consentit en compagnie de son fils à un don en faveur du prieuré. Il consistait notamment en un tiers de leur fief sis à Ouézy et en un tiers de leur vignobles situés en Angleterre. Ils abandonnaient en outre leur droit de passage dans le bois des moines à Ouézy.

Avant 1250 cessa la vie monastique au prieuré d'Ouézy. À cette époque, les terres possédées ici par Jumièges étaient affermées à un certain Osmond. En 1251, l'abbé de Jumièges trouva meilleur preneur. Les possessions de l'abbaye de Jumièges seront érigées en baronnie.

En 1275, Aélicie d'Ouézy cède à l'abbaye de Jumièges ses droits sur les moulins d'Ouézy.

La présence de vignobles est attestée sur les coteaux d'Ouézy au Moyen Âge ainsi que dans la commune voisine de Cesny-aux-Vignes[3]. Au XIIIe siècle, la baronnie d'Ouézy fournissait aux moines de Jumièges 100 muids de vin par an[4]. Une charte de 1241 fait état de vignobles appartenant à Maître Thomas, d'Allemagne, près Caen et situés entre les vignes de Raoul d'Anisy et de Richard Malapert[5]. En 1427, Jehan de Saint-Clair achète à l'abbaye de Jumièges une acre de vigne au lieu-dit le Clos-l'Abbé[6]. En 1650, subsistaient à Canon, en direction d'Ouézy, des vignobles mal entretenus s'étendant sur une dizaine d'acres[7]. En 1669, on cite encore la vigne Jeandun, jouxtant, près du chemin de Mézidon, les vignes vis-à-vis le petit bois, les Plates-Vignes, dites aussi vignes d'Ouésy[6]. Des vignobles ont été réimplantés récemment à Ouézy.

En 1764, de petites écoles sont attestées à Ouésy sous la baguette de Maître Pierre Pierre[8].

1790 : la baronnie d'Ouézy va bientôt échapper à l'abbaye de Jumièges. Elle est affermée à Jean Morière pour 3130 livres.

En 1863, M. Adigard, propriétaire à Ouésy-sur-Laizon, fit don au département du Calvados d'un important fonds de parchemins illustrant l'histoire de la localité[9].

Le 5 décembre 1866, le ministre de la Justice et des Cultes accorda un secours de 1 800 francs à la commune pour la reconstruction du presbytère.

Première Guerre mondiale : dix-sept enfants d'Ouézy perdirent la vie durant la Grande Guerre.

En mai 1927 eut lieu un tragique fait divers à Ouézy. Par dépit amoureux, un employé des chemins de fer tira trois coups de révolver sur son ancienne fiancée. Atteinte à la tête et au bras, la victime en réchappa.

Mai 1929 : M. Delavallée est élu maire. L'adjoint est M. Desrivières.

En janvier 1936, une affaire sordide secoua la commune. Une jeune fille de 15 ans accoucha d'un enfant qui mourut peu après. La mère de la parturiente fit disparaître le cadavre du nouveau-né dans le foyer de sa buanderie. Elle fut condamnée à un an de prison avec sursis.

Seconde Guerre mondiale : Ouézy compte quatre morts pour la France.

Du 1er janvier 1972 au 31 décembre 2005, Ouézy a formé avec la commune de Cesny-aux-Vignes, la commune de Cesny-aux-Vignes-Ouézy. En 1999, la population de Cesny-aux-Vignes-Ouézy était de 496 habitants. Selon le recensement provisoire de 2008 établi par l'INSEE, la commune d'Ouézy compte 238 habitants et Cesny-aux-Vignes 295 habitants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2006 en cours Nicolle Mauvais[10] SE Professeur retraitée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 230 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
346 306 355 345 324 350 287 307 294
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
307 240 229 224 219 186 221 204 215
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
199 215 203 236 216 228 251 242 302
1962 1968 2006 2007 2011 - - - -
215 191 233 238 230 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004.)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Tympan de l'église Saint-Pierre.
  • Église Saint-Pierre. Le chœur du XIIe siècle fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 31 décembre 1914[12]. On remarque, du côté nord, une porte à plein cintre dans le tympan de laquelle est la représentation d'un moine couché et dormant. Sous l'Ancien Régime, l'abbaye de Jumièges avait le patronage de cette église. La tradition rapporte que l'église primitive d'Ouézy se trouvait à une certaine distance dans la campagne, au lieu-dit Clos Saint-Pierre. Les moines déplacèrent ensuite la paroisse dans leur propre chapelle dédiée à saint Aubin.
  • Vestiges de l'ancien prieuré, au sud de l'église. Il ne subsiste qu'un bâtiment servant de corps de ferme et présentant des cheminées géminées octogones. Face à la maison d'habitation des moines existait une grange, ornée de colonnes et d'ogives, où s'entreposaient les récoltes et les dîmes relevant du prieuré[13].
  • Buste du peintre Jules Louis Rame (1855-1927) visible dans le cimetière d'Ouézy.
  • Château d'Ouésy (XVIIIe siècle). Sa grille monumentale est due au maître serrurier caennais, Jules Lechevrel, nommé chevalier de la Légion d'honneur à 90 ans. Reconverti en colonie de vacances puis en centre de cure, le château était, à la fin du XIXe siècle, propriété de William, comte de Bonchamps.
  • Quatre sépultures franques ont été mises au jour en 1982 à proximité du CD 47. Elles contenaient quatre squelettes en assez bon état de conservation ainsi qu'une fibule en arbalète en bronze pouvant dater de la seconde partie du Ve siècle[14].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jules Louis Rame.
  • Raoul de la Rivière fait don de ses terres d'Ouézy à l'abbaye de Jumièges en juin 1270[15].
  • Nicolas du Bourget, sieur de Chaulieu (né à Caen en 1642, mort à Ouézy en 1721). Il s'installa dans la paroisse en 1705 par l'acquisition de terres appartenant à Georges Le Sueur. Poète latin, ses œuvres ont été imprimées à Caen chez Jean Cavelier et Richard Poisson (in-8)[16]
  • Jean-Baptiste-François de Picquot d'Ouézy, descendant d'un frère de Jeanne d'Arc, Pierre d'Arc, chevalier du Lys.
  • Georges-Fernand Dunot, baron de Saint-Maclou (né le 1er juillet 1825 à Ouézy, décédé le 10 septembre 1891 à Lourdes). Sa famille s'était illustrée dans les guerres de la Ligue et comptait 22 militaires tués sur les champs de bataille. Il fut élève de Saint-Cyr d'où il sortit avec le n° 9 mais une santé précaire lui fit abandonner le métier des armes. Il se tourna alors vers la médecine et fut d'abord reçu officier de santé à 31 ans. Puis il obtint son doctorat à la faculté de Louvain. Membre de la Société des antiquaires de Normandie, il donne notamment une étude sur les combats de la Dive en 945[17]. En 1873, il fonde La semaine religieuse de Nice avant de créer à Lourdes le Bureau de constatations des guérisons[18].
  • Jules Louis Rame (1855 à Ouézy - 1927 à Ouézy), peintre
  • Gabriel Desrivières, artiste-peintre né à Ouézy en 1857, membre de la Société des beaux-arts de Caen en 1901.
  • Léandre Anicet Fallou (né à Colombes, Hauts-de-Seine en 1912, décédé à Ouézy en 2000). Capitaine de réserve de l'Armée de l'air, officier de la Légion d'honneur, médaillé de l'Aéronautique. Il effectua, en 1949, le premier ravitaillement de l'expédition Paul-Émile Victor.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Polyptyque de l'abbé Irminon, M. B. Guérard, t. 1, P. 53, Impr. royale (Paris)-1844
  2. Chanoine Georges Simon, Une possession de Jumièges en Pays d'Auge, Congrès scientifique du XIIIe centenaire de l'abbaye de Jumièges, t.1, p. 169
  3. Bulletin de la société historique et archéologique de l'Orne, Alençon, 1910, T. 29, p. 193.
  4. Histoire de l'abbaye de Jumièges, Société de l'Histoire de Normandie, t. 2, p. 10
  5. Léchaudé d'Anisy, T. 2, P. 5
  6. a et b Archives du château de Canon.
  7. Mémoires de l'Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Caen - Chalopin fils (Caen)- 1910, p. 42.
  8. Inventaire historique des actes transcrits aux insinuations ecclésiastiques de l'ancien Diocèse de Lisieux, abbé Piel, t. 3 impr. E. Lerebour (Lisieux )-1891-1895, p. 734.
  9. Rapports et délibérations du conseil général du Calvados, Caen, Veuve Pagny, 1863, p. 291.
  10. Réélection 2014 : « Ouézy (14270) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 18 mai 2014)
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. « Église d'Ouezy », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. Bulletin monumental, Société française d'archéologie, 1844, P. 182.
  14. Archéologie historique. Fouilles exécutées par la Direction régionale des Antiquités historiques de Basse-Normandie en 1982, Annales de Normandie, 1983, p. 314.
  15. Généalogie de la famille de la Rivière. R. de la Rivière. 1970. Archives Nationales
  16. Manuel du bibliographe normand, par Édouard Frère, Éditions Le Brument, Rouen, 1857
  17. Bulletin des Antiquaires de Normandie, 1892, t. 16, p. 74.
  18. Nouvelle biographie normande, N.-N. Oursel, A. Picard (Paris, 1886-1912, P. 404.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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