Cannes-Écluse

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Cannes-Écluse
L'écluse sur l'Yonne, à Cannes-Ecluse
L'écluse sur l'Yonne, à Cannes-Ecluse
Blason de Cannes-Écluse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Arrondissement de Provins
Canton Montereau-Fault-Yonne
Intercommunalité Communauté de communes des Deux Fleuves
Maire
Mandat
Denis Miguet
2014-2020
Code postal 77130
Code commune 77061
Démographie
Gentilé Cannois
Population
municipale
2 540 hab. (2011)
Densité 291 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 49″ N 2° 59′ 08″ E / 48.3636, 2.985648° 21′ 49″ Nord 2° 59′ 08″ Est / 48.3636, 2.9856  
Altitude Min. 47 m – Max. 108 m
Superficie 8,73 km2
Localisation

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Cannes-Écluse

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Cannes-Écluse
Liens
Site web cannes-ecluse.fr

Cannes-Écluse est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France. Ses habitants sont appelés les Cannois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Map commune FR insee code 77061.png

Cannes-Écluse est située aux confins de la Bassée au nord et du Gâtinais au sud, de part et d'autre de l'Yonne, à 4 km en amont de son confluent avec la Seine à Montereau-Fault-Yonne. L'Yonne traverse la commune d'Est en Ouest. Mais elle n'a pas toujours été canalisée comme elle l'est actuellement. En effet, dans les temps anciens, elle se jetait dans la Seine par plusieurs bras. Un de ces bras, au nord du cours actuel, transparaît dans le découpage cadastral[1] et sa trace est visible sur le plan d'intendance de 1783[2]. Petit affluent de la rive gauche, le ru d'Esmans vient se jeter dans l'Yonne, à l'entrée Ouest de la commune.

Inondations de 1955 à Cannes-Ecluse.

Alors que la partie sud est en pente montante douce, la partie nord de la commune présente un relief plat qui la rend particulièrement sensible au risque d'inondation lors des crues de l'Yonne et de la Seine[3] ,[4]. Malgré plusieurs retenues sur l'Yonne et ses affluents dans le Morvan (lac des Settons mis en service en 1861, lac du Crescent mis en service en 1932, lac de Chaumeçon mis en service en 1935, lac de Pannecière mis en service en 1949), des inondations surviennent régulièrement, en particulier quand l'Yonne et la Seine sont simultanément en crue. La dernière grande inondation a lieu en janvier 1955. Avec la mise en service en 1966 du réservoir Seine (le lac d'Orient), les crues diminuent en fréquence et en intensité. Elles deviennent très rares avec la mise en service du réservoir Aube en 1989 et la mise en place de mesures de suivi et de prévision performantes[5].

Pour faciliter l’écoulement des eaux lors des crues, plusieurs points bas sont laissés sur les routes. Une légende locale raconte qu'à l'un de ces points, le trou « Colinet » (sur la route de Montereau à Marolles-sur-Seine, peu après le débouché de la route de Cannes), un certain Colinet qui passait par là, y fut englouti avec âne et carriole sans qu'on n'en retrouve jamais rien. Le territoire de la commune est essentiellement consacré à la culture des céréales. Jusqu'à la fin du XXe siècle, quelques vignes produisent un vin de qualité médiocre. La dernière vendange est faite en 1990. Depuis, tous les ceps ont été arrachés.

Agglomération et hameaux[modifier | modifier le code]

L'agglomération principale est sur la rive Sud. Elle s'est développée autour d'un gué d'une profondeur d'une cinquantaine de centimètres situé approximativement à l'emplacement du pont actuel.

Sur la rive Nord se trouve le hameau des Bordes dont une partie des terres agricoles est mise en eau par l'exploitation de sablières des années 1960 aux années 1980. Près de 260 ha sont exploités. Des bassins communiquant avec l'Yonne sont ainsi créés. Maintenant une partie de ces zones est à vocation de loisirs (pêche et nautisme), avec quelques aménagements paysagers (berges boisées). Autre partie de ces sablières et très attractif pour les oiseaux[6], particulièrement en hiver, le Domaine régional des Seiglats fait l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope le 16 juillet 1999. Le 24 juillet 2009, le site est classé en Réserve Naturelle Régionale.

Au sud de la commune, sur la D606 (ex RN6 qui reprend le tracé de l'ancienne voie romaine de Lugdunum à Lutèce), le hameau du Grand-Fossard est partagé entre Cannes-Écluse et Esmans.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Montereau-Fault-Yonne Marolles-sur-Seine Marolles-sur-Seine Rose des vents
Varennes-sur-Seine N La Brosse-Montceaux
O    Cannes-Écluse    E
S
Esmans Esmans La Brosse-Montceaux

Climat[modifier | modifier le code]

Cannes-Ecluse connaît un régime climatique tempéré de type océanique. Les hivers sont en général assez doux et pluvieux, et les étés peuvent être relativement humides, sans être très chauds. Le climat observé à Cannes-Ecluse est très proche de celui de Melun (les deux villes ne sont distantes que de 34 km de centre à centre), la station météorologique la plus proche. Mais des variations locales sont observées, en particulier en raison de la proximité avec le confluent SeineYonne, qui, au dire des Cannois les plus âgés, éloigne les nuages, spécialement les nuages d'orage.

Le tableau ci-dessous indique les valeurs normales de l'ensoleillement, des températures et des précipitations, observées par Météo-France à Melun.

Mois J F M A M J J A S O N D année
Ensoleillement (heures/mois) 66 79 132 160 219 212 230 236 166 112 71 49 1731
Températures maximales (°C) 6,2 7,7 11,6 14,6 18,9 21,8 24,6 24,9 21,0 15,8 10,0 7,1 15,4
Températures minimales (°C) 0,8 0,9 2,8 4,5 8,3 11,0 12,9 12,7 10,0 7,1 3,3 1,9 6,4
Précipitations (hauteur en mm) 55 49 55 52 65 56 59 47 58 63 58 61 667,6
Source: Météo France[7] / Station de Melun

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Cannes-Écluse est desservie par la ligne B du réseau de bus SiYonne, qui assure des liaisons vers Montereau et Varennes-sur-Seine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Cannes vient du latin canna, la canne, le roseau, qui foisonne sur les berges de l'Yonne, et qui figure au centre des armoiries[8]. Par un décret du Président de la République Jules Grévy en date du 3 août 1886, le mot « Écluse » est ajouté au nom usuel « Cannes » pour éviter les confusions avec Cannes (Alpes-Maritimes).

Le nom de la commune et ceux de ses hameaux ont pris de nombreuses formes au cours des siècles[9] :

  • Les Bordes : Les Bordes de Cannes (1275), Domus de Bordis (1315), Malhoste (1670, en référence à François Malhoste seigneur des Bordes).

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Des outils en pierre polie trouvés dans la commune indiquent une occupation du site de Cannes-Ecluse dès le Néolithique. Une épée, un poignard et trois épingles découverts dans une sablière en 1972 attestent d'une occupation à l'âge du bronze. Les restes d'une villa romaine sont mis au jour en 1963 sur le site des Bagneaux, un peu au nord-ouest du barrage sur l'Yonne. Plusieurs fois abandonnée en raison des crues, elle a été occupée du Ier siècle au Ve siècle. Les vestiges de nécropoles gallo-romaines et franques sont découverts à l'occasion de la construction de l'École Nationale Supérieure des Officiers de Police (ENSOP).

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Une maladrerie (de l'ordre de Saint-Lazare) accueille les lépreux au Grand Fossard jusqu'en 1695, date à laquelle elle est rattachée à l'Hôtel-Dieu de Montereau. Le hameau de la Brosse est séparé de Cannes en 1678 et réuni à Montceaux pour former une paroisse qui porte le nom de la Brosse-Montceaux. L'histoire a retenu les noms de quelques-uns des seigneurs de Cannes-Ecluse sous l'Ancien Régime[10] :

Écroulement du clocher[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier 1739, le clocher d'une des églises de Cannes s'écroule[11].

L'évolution de la structure de l'église de Cannes-Ecluse

À cette époque, il y a deux églises : « Les Églises Prieuralles et Paroissiales De Cannes ne composoient qu'un seul vesseau et n'étoient séparées que par une Cloison de Bois. La Tour ou etoient les Cloches était placée au bout de la Chapelle Collateralle de la Paroisse et touchoit à l’église Prieuralle ». Ce jour-là, « les vents ... ont renversés la Tour et tellement endomagés l'église Prieuralle qu'il a été ordonné par un Arrest du Grand Conseil » (du monastère de Saint Germain des Champs, dont dépendait le Prieuré de Cannes), « qu'elle seroit démolie et qu’on batiroit unne Chapelle Parallele a celle de la Ste Vierge pour y célebrer doresnavant la Messe et y exercer les Charges dont etoit tenue cy devant l’ancienne Eglise, qu’il seroit Elevé un Pignon de Pierres pour fermer la Paroisse a la place de la cloison de Bois qui la separoit du Prieuré, et que la Tour seroit rebattie dans la mesme place ou elle etoit ».

Mais en 1746, les habitants de Cannes, par l'intermédiaire du seigneur, Messire Desreaux, font valoir que l'accès du clocher ne sera pas facile, que le nouveau clocher risque de provoquer les mêmes dégâts que l'ancien en cas de nouvelle tempête, et que l’ancien emplacement n’est pas judicieux car on n’entend pas le son des cloches depuis le bas de Cannes. En conséquence, « il seroit facil de remedier a ces Inconveniens en plaçant la ditte tour a la porte d'entrée de la ditte Eglise ou elle seroit Infiniment myeux tant pour la solidité que pour la Commodité. Les habitants offrent le terrain pour la placer a la condition que le changement ne derangera pas l’ancien usage des reparations qui doivent estre faittes en Commun par le prieur et les habitants. » En 1749, la nouvelle chapelle prieurale (Saint-Pierre) est construite à côté de l'église paroissiale (Saint-Georges), et en 1754, le clocher est construit à son emplacement actuel pour la somme de 3 647,10 livres dont 2 840 à la charge du prieur et des habitants. La différence est la valeur des pierres de l’ancienne tour (ou plutôt ce qu’il en reste, car en 15 ans, le tas avait bien diminué, ne serait-ce que pour construire la nouvelle chapelle prieurale).

On décide alors que « afin qu'il soit notoire que la transposition de cette tour s'est faite du consentement de toutes les partyes interessées, il sera choisy une grande pierre tendre, laquelle sera posée à 6 pieds au-dessus du rez-de-chausée dans le milieu du pilier (où elle se trouve encore) et face au couchant, sur laquelle seront gravés ces mots : « Ce clocher était anciennement posé entre le chœur et la nef et conséquemment pour moitié à la charge du sieur prieur et des habitants qui n'ont consenty à sa transposition qu'aux conditions que sa construction et entretien seront à l'avenir comme auparavant à la charge des uns et des autres[12] ». C'est ce qui se passe jusqu'à la fermeture du prieuré de Cannes, quelques années avant la Révolution.

Les biens du prieuré sont vendus en 1791 comme biens nationaux.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1801, la commune, créée en 1790 dans le district de Nemours, est rattachée à l'arrondissement de Fontainebleau[13].

Le 18 février 1814 au soir[14], à l'issue de la Bataille de Montereau, Cannes-Ecluse voit passer les restes des troupes wurtembourgeoises délogées de Montereau par l'armée impériale. Un duel d'artillerie oppose les canons de Napoléon sur la rive nord de l'Yonne aux canons ennemis sur la rive sud, à l'entrée du village, qui se replient sur Bray-sur-Seine. Quelques semaines plus tard, le 3 avril, la cavalerie du général de Saint-Germain, campe à Cannes[15], avant un ultime mouvement sur Paris (Napoléon capitule le 6 avril 1814). Jusqu'en 1835, il n'existe pas de « maison école ». Il est cependant fait état d'un Sieur Hémon, qui en 1745 fait fonction de maître d'école, chanteur ou lutrin et tabellion.

La voie ferrée (le PLM) est mise en service le 12 août 1849. La décision de construire l'écluse de Cannes est prise par une loi votée le 31 mai 1846, mais les travaux ne commencent qu'en 1860. La navigation en continu sur l'Yonne ne se fait qu'à partir de 1871, avec un tirant d'eau de 1,60 m porté à 2 m en 1880. Un nouveau cimetière ayant été ouvert en 1857, le cimetière ancien, attenant à l'église, est transformé en 1869 en place publique (aujourd'hui place Charles-de-Gaulle).

Le pont suspendu sur l'Yonne (d'une portée de 116 mètres, parmi les plus grands de France à l'époque) est inauguré en septembre 1894.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

7 février 1963 : le barrage sur l'Yonne est figé par le gel

La commune paie un lourd tribut à la Première Guerre mondiale car les noms de 22 de ses habitants sont gravés sur le monument aux morts. En 1918, un hôpital militaire provisoire est installé sur l'« avenue », (la zone occupée par les installations sportives et la résidence des stagiaires de l’école de police). On y soigne des militaires blessés au front. Cinq soldats polonais qui, entre mars et août 1919, n'ont pas survécu à leurs blessures, sont enterrés au cimetière, à proximité du drapeau tricolore.

La voie ferrée passe à deux voies en 1922 et à quatre voies en 1937. Elle est électrifiée en 1950[16]. En 1926, l'arrondissement de Fontainebleau est supprimé. La commune est rattachée à l'arrondissement de Provins. Le pont suspendu sur l'Yonne est détruit en 1940 pour freiner l'avance des troupes allemandes. Il est remplacé par une barque, puis une passerelle pour piétons, puis, après la guerre, par un pont provisoire en bois n'acceptant qu'un véhicule léger à la fois. Le 27 novembre 1971, un pont en béton précontraint est inauguré par Alain Peyrefitte.

Le barrage sur l'Yonne n'est pas rectiligne. Il a la forme surprenante d'une baïonnette. Cette disposition peu courante est le résultat d'une méconnaissance du sol sur lequel il est établi qui conduit, le 10 avril 1958, à l’écroulement brutal de la partie sud du barrage. La pile centrale a été emportée par un « renard », affouillement sous ses fondations[17]. Pour éviter une mésaventure semblable, la partie écroulée du barrage est reconstruite avec un décrochement vers l'amont d'une quinzaine de mètres.

Le pont provisoire construit après la seconde guerre mondiale

En février 1963, l'Yonne est complètement gelée. L’épaisseur de la glace dépasse les quinze centimètres et on peut traverser la rivière à pied sec. Plusieurs péniches peuvent arriver à l’écluse par l'aval en cassant la glace devant elles, mais ne peuvent pas en sortir faute d'élan. Quand le temps se radoucit, la rivière se met à charrier des blocs de glace de plusieurs mètres carrés avec un débit tel que les piles de bois du pont provisoire en sont ébranlées. À la pile Nord, le tablier est déplacé d'une cinquantaine de centimètres vers l'aval. La circulation sur le pont est interrompue plusieurs jours.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1800 1816 Edmé Gervais    
1816 1830 Charles de Fautras    
1830 1835 Etienne Lombard    
1835 1838 Pierre Longuet    
1838 1843 Etienne Lombard    
1843 1857 Louis Alexandre Jozon    
1858 1871 Nicolas Aubineau    
1871 1907 Alexandre Jozon    
1907 1908 Henri Antoine Lavergne de Tressan    
1908 1912 Léon Aubineau    
1912 1914 Edouard Joseph Marie de Fitz-James    
1914 1919 Alphonse Blanchard    
1919 1934 Désiré Thoison    
1936 1950 Marcel Brusseau    
1950 1962 André Conet    
1962 1971 Eugène Lecomte    
1971 1983 Pierre Paccou    
1983 1995 Gilbert Chiarelli    
1995 2001 Pierre-Jean Carriou    
2001 2014 Paul Andréini    
mars 2014 en cours Denis Miguet    

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Cannes-Ecluse fait partie de la Communauté de communes des Deux Fleuves et des syndicats de communes suivants :

  • Syndicat Intercommunal de la Région de Montereau pour le Traitement des Ordures Ménagères (SIRMOTOM)
  • Syndicat Intercommunal des Transports Collectifs de Montereau et de ses environs (SITCOM)
  • Syndicat des Eaux de Varennes-sur-Seine (SMEV)
  • Syndicat du collège de Varennes
  • Syndicat Mixte d'Étude et de Programmation (SMEP)

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Cannes-Écluse ne s'est engagée dans aucun jumelage, mais l'ENSOP est jumelée avec cinq écoles européennes d’officiers de police en Allemagne (Hochschule für Polizei Villingen-Schwenningen), Espagne, Hongrie, Pologne et Slovénie.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution[modifier | modifier le code]

La population de Cannes-Écluse a crû lentement du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle, avec une chute pendant la Première Guerre mondiale.

Puis elle a connu une croissance très rapide depuis les années 1960 au fur et à mesure de la migration des citadins dans le cadre de la périurbanisation. Ainsi, près de 30 % de la population de la commune de 2006 y sont arrivés dans les cinq années précédentes.


En 2011, la commune comptait 2 540 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
523 542 462 490 566 568 618 621 598
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
578 598 601 644 668 652 615 618 620
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
631 617 596 562 629 750 674 732 824
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
866 1 140 1 533 1 784 1 963 2 200 2 550 2 540 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2004[19].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Village de la grande agglomération parisienne, Cannes-Ecluse est en limite de la dernière zone de la carte Orange. Cette situation attire des actifs travaillant à Paris et cherchant une qualité de vie plus rurale. Ce qui lui permet d'éviter le fort vieillissement rencontré habituellement dans les petites communes.

Pyramide des âges à Cannes-Ecuse en 2006 en pourcentage[20].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
1,6 
5,7 
75 à 89 ans
8,3 
13,2 
60 à 74 ans
13,7 
20,9 
45 à 59 ans
21,0 
23,1 
30 à 44 ans
18,4 
17,4 
15 à 29 ans
20,1 
19,2 
0 à 14 ans
16,9 
Pyramide des âges en Seine-et-Marne en 2006 en pourcentage[21].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
3,6 
75 à 89 ans
5,8 
9,6 
60 à 74 ans
10,0 
20,9 
45 à 59 ans
20,3 
22,6 
30 à 44 ans
22,6 
20,9 
15 à 29 ans
19,9 
22,2 
0 à 14 ans
20,5 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les plus jeunes des enfants de Cannes-Ecluse sont scolarisés à l'école maternelle « Les Jonquilles » (4 classes), puis à l'école primaire « Les Tournesols » (7 classes du CP au CM2).

Pour les études secondaires, les enfants sont ensuite orientés ;

Santé[modifier | modifier le code]

Cannes-Écluse ne possède pas d'établissement de soin. L'hôpital le plus proche se situe à Montereau. Par contre, deux médecins généralistes, un cabinet de soins infirmiers et un pharmacien sont au service des Cannois.

Une maison de retraite médicalisée (la résidence les Tournesols) de 62 lits accueille des personnes âgées.

Sports[modifier | modifier le code]

Plusieurs clubs encadrent les activités sportives dans les domaines suivants : football, gymnastique, boules, yoga, tir à l'arc, basket-ball, tennis, badminton, plongée nautisme, ski nautique, judo, aérofit, karaté.

Économie[modifier | modifier le code]

Les Cannois et leurs lieux de travail (2006)[22]

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Cannes-Écluse est une commune agricole, produisant des céréales et des betteraves sucrières sur la rive gauche de l'Yonne et tournée vers l'élevage des bovins sur la rive droite. Pas moins de sept fermes sont actives. Des commerces de proximité (trois épiceries, trois restaurants, trois cafés, une boutique d'articles de pèche, deux coiffeurs, une boulangerie, une boucherie, un atelier de mécanique, …) sont au service des habitants et des bateliers qui naviguent sur l'Yonne.

Après la guerre, la population croît. Elle se tourne de plus en plus vers Montereau. Les petits commerces ferment les uns après les autres. Les petites fermes arrêtent leurs activités. La culture des betteraves sucrières est abandonnée. Au plus bas, on ne compte plus que deux fermes, un restaurant, un bar, une épicerie, une boulangerie. Une partie importante des terres agricoles de la rive droite est transformée en sablières et le remblaiement annoncé au début de l'exploitation n'est pas réalisé. Les zones restent en eau. L'élevage a disparu.

La population continue à croître, mais doit aller chercher des emplois de plus en plus loin. De nombreux Cannois vont maintenant travailler à Paris chaque jour. En parallèle, des commerces nouveaux, avec une zone de chalandise dépassant largement Cannes-Écluse, ouvrent (Hôtel Enzo, Lidl, ouvert en 2005, Brico Dépôt, ouvert fin 2006).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château[modifier | modifier le code]

Il est construit vers 1140 au milieu du petit bois de la Garenne, en partie avec les matériaux provenant de la démolition vers 1100 d'un château plus ancien, situé dans la partie méridionale du bois désigné sous le nom de « Forêt de Cannes ». Louis XIV y séjourne en avril 1652 pendant la Fronde. Au XIXe siècle, le château féodal appartient à la famille Dulong de Rosnay qui le restaure dans le style renaissance, puis, par mariages, à la famille de Fitz-James, branche naturelle de la maison royale des Stuart, et à la famille de Miramon-Peistels.

Dans les années 1930, il est occupé par une maison de repos, puis par un préventorium. Il est acheté en 1963 par le ministère de l'Intérieur qui, en 1964, y installe le Centre National d'Éducation Physique de la Police[23] et le Centre National de Formation des Unités Cynophiles. En 1971, la Direction de la Police Nationale décide d'y créer l'École supérieure des inspecteurs de la Police Nationale (ESIPN). La première promotion d'élèves inspecteurs est accueillie le 16 septembre 1974. L'école reçoit par deux fois la visite du Président de la République : Valéry Giscard d’Estaing, le 25 janvier 1979, et François Mitterrand, le 14 juillet 1985.

Par décret en date du 11 juillet 1995[24] de Jean-Louis Debré, ministre de l'intérieur, l'ESIPN devient l'École nationale supérieure des officiers de police (ENSOP).

Ancienne mairie[modifier | modifier le code]

En 1869, le conseil municipal décide la construction sur la partie nord de la place publique (l'actuelle place Charles-de-Gaulle, à l'emplacement de l'ancien cimetière) d'un bâtiment comprenant la mairie, deux classes (filles et garçons) et deux logements de fonction pour les instituteurs. En 1971, les classes ayant été transférées dans un groupe scolaire neuf, la libération des locaux permet d'agrandir la mairie. En 1986, après le transfert de la mairie dans son nouveau site, les locaux sont affectés à la restauration scolaire.

Nouvelle mairie[modifier | modifier le code]

La nouvelle mairie est installée dans une gentilhommière du XVIIe siècle. La suite de Louis XIV y séjourne en avril 1652 pendant la Fronde (le roi séjourne au château). Ayant appartenu au comte Charles de Fautras et à ses descendants depuis 1810, elle est achetée par la commune en 1984 à l'arrière-petite-nièce du comte. La mairie y est installée en 1986. Un portrait du comte orne la salle des délibérations. Elle abrite un musée de l'histoire locale, avec un sarcophage d'enfant découvert en 1918. Ce sarcophage a été creusé à l'époque mérovingienne dans une borne milliaire gallo-romaine. Il porte une inscription latine faisant référence aux deux frères coempereurs, Valentinien Ier, et Flavius Valens (de 364 à 375).

Le musée présente également une épée franque trouvée à l'emplacement de la voie romaine, un squelette d'enfant datant du Néolithique, des céramiques et des monnaies gallo-romaines, mais aussi des bijoux, des vases, des épingles et des fibules. Une poterie noire et blanche a pu être reconstituée à partir de morceaux trouvés par les enfants des écoles en 1972 lors de l'aménagement de l'école primaire et de l'École de Police, bâtie sur une nécropole gallo-romaine.

Église Saint-Georges[modifier | modifier le code]

Initialement, l'église paroissiale Saint-Georges est bâtie dans le prolongement de l'église prieurale du prieuré Saint-Pierre relevant de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs. Elles sont séparées par une cloison de bois. Le clocher est alors au-dessus de la sacristie actuelle, entre les deux églises. En 1739, une tempête renverse le clocher sur l'église prieurale attenante qui est détruite. En 1749, la chapelle prieurale Saint-Pierre, désormais nommée chapelle du Sacré-Cœur, est construite en remplacement sur la droite de l'église. Le clocher est édifié en 1754 à son emplacement actuel. De l'église prieurale, ne subsiste que l'actuel chœur. Ce dernier est désaxé par rapport à la nef. L'église est entièrement restaurée au XIXe siècle. Une tribune est ajoutée à la nef, à l'entrée de l'église.

Un tableau figurant une descente de croix d'après Rubens est accroché entre les deux colonnes du retable du maître autel. Dans la boiserie du chœur au-dessus de la porte de la sacristie, un médaillon de bois du XIXe siècle représente Saint Georges. L'église comporte deux voûtes superposées, toutes deux en lattis de bois recouvert de plâtre. Après la destruction de la voûte supérieure, située directement sous la charpente, lors de la restauration du XIXe siècle, elle est abandonnée en l'état et une seconde voûte est construite trois à quatre mètres plus bas.

Glacière[modifier | modifier le code]

C’est une sorte de puits dans lequel on déposait autrefois de la glace en hiver pour la conserver jusqu'à l’été. D'un volume de 5 m³ environ, elle peut contenir 2,5 tonnes de glace. On y pénètre par un couloir unique tourné vers le nord et fermé par deux portes matelassées formant un sas. Le couloir sert de chambre de conservation des aliments. L’ensemble est bien isolé afin de maintenir la glace à basse température. Le fond en forme de cuvette est équipé d’un puisard. La couverture est en bois. La glacière actuelle a été reconstruite avec ses propres matériaux à son emplacement d’origine.

Écluse[modifier | modifier le code]

L'écluse, la dernière sur l'Yonne, est essentiellement empruntée pour le transport des sables et graviers vers Paris et par les plaisanciers qui se dirigent vers le canal de Bourgogne et le canal du Nivernais. Le trafic est plus intense en été après les moissons pour le transport des céréales jusqu'à Rouen. De taille moyenne, elle peut contenir quatre péniches.

Jusqu'à la fin du XXe siècle, la manœuvre manuelle des vannes et des portes est assurée par l'éclusier de permanence avec l'aide des bateliers. Maintenant, l'éclusier pilote les manœuvres depuis un pupitre de commande centralisé[25]. L'écluse est ouverte au trafic tous les jours.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cannes-Écluse et le cinéma, la télévision[modifier | modifier le code]

En 1977, dans son émission La Lorgnette, le célèbre humoriste Jacques Martin utilise l'homonymie avec la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) pour présenter le « Festival international du film de Cannes-Écluse »[27].

Le film Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois a été tourné en partie à Cannes-Ecluse en 2005.

Héraldique, devise et logotype[modifier | modifier le code]

Arme de Cannes-Ecluse

Les armes de Cannes-Ecluse se blasonnent ainsi : D'or, à la fasce ondée d'azur brisée d'un bâton peri d'argent en bande, au comble bastillé également d'azur enté en pointe du deuxième chargé d'un roseau accosté de deux feuilles du même.

Les armes de la commune ont été adoptées par délibération du conseil municipal en date du 11 février 1985 et approuvées par la Commission nationale héraldique le 5 juin 1985.

Ces éléments symbolisent de haut en bas : le château, les champs de culture, l'Yonne, le pont et les roseaux (les cannes) d'où vient le nom de la commune.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cadastre de Cannes-Ecluse
  2. Le plan d'intendance de 1783, Archives départementales
  3. [PDF]Carte des zones inondables annexée à l'arrêté préfectoral 0/DAIDD/ENV n°015 du 3 février 2006
  4. Document d'information communal sur les risques majeurs
  5. Règlement de surveillance, de prévision et de transmission de l'information sur les crues
  6. Liste des espèces recensées
  7. Relevés de Météo France
  8. Les armoiries de la commune
  9. Dictionnaire topographique de Seine et Marne, de 1954, par Henri Stein et Jean Hubert et Paroisses et Communes de France, Seine et Marne, de 1988, Éditions du CNRS
  10. Paul Quesvers, Almanach de Seine-et-Marne, 1875
  11. Cannes Contacts, n°19, janvier 1977
  12. La pierre est toujours en place, mais l'inscription s'est effacée
  13. Notice Cassini
  14. Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais, 1924
  15. Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814, Jean Baptiste Frédéric Koch
  16. Paris-Lyon en 4h 15, Vaubourdolle et Garreau (SNCF)
  17. Explication géologique
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  20. Pyramide des âges à Cannes-Ecluse sur le site de l'Insee. Consulté le 25/09/2009.
  21. Pyramide des âges de Seine-et-Marne en 2006 sur le site de l'Insee. Consulté le 21/07/2009.
  22. INSEE, recensement 2006
  23. Décret 24-267 du 21 mars 1964
  24. Arrêté du 11 juillet 1995
  25. Règles de sécurité et de franchissement des écluses
  26. Comité français pour Yad Vashem
  27. La Lorgnette crée le festival international du film de Cannes-Écluse, sur le site de l'INA, 1977