Recloses

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Recloses
L'église Saint-Martin.
L'église Saint-Martin.
Blason de Recloses
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Fontainebleau
Canton La Chapelle-la-Reine
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Fontainebleau
Maire
Mandat
Catherine Triolet
2014-2020
Code postal 77760
Code commune 77386
Démographie
Population
municipale
699 hab. (2011)
Densité 75 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 55″ N 2° 38′ 33″ E / 48.3486, 2.6425 ()48° 20′ 55″ Nord 2° 38′ 33″ Est / 48.3486, 2.6425 ()  
Altitude Min. 72 m – Max. 133 m
Superficie 9,35 km2
Localisation

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Recloses

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Recloses

Recloses est une commune française du canton de la Chapelle-la-Reine, située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France. Recloses est membre de la Communauté de communes du Pays de Fontainebleau depuis 2012.

Les habitants sont appelés les Reclosiots et Reclosiotes.
La plupart des informations qui vont suivre sont extraites d'un livre rédigé par Ernest Filatre, ancien curé de la Paroisse et édité en 2004 [1]

Géographie[modifier | modifier le code]

Roche extraite des carrières de sable

Recloses fait partie du Gâtinais Français et à ce titre partage les mêmes caractéristiques géographiques et géologiques que les communes environnantes. À savoir, un plateau de sable et de grès recouvert de limons fertiles et des zones qui n'ont pas été recouvertes où le sable et les grès affleurent, c'est sur cette partie que s'est installée la forêt.
La commune de Recloses peut être divisée en trois parties, une zone de champs de grandes et moyennes dimensions, avec très peu de bosquets. Le village lui-même entouré sur trois côtés par la forêt qui touche la forêt domaniale de Fontainebleau. Cette partie de forêt est la troisième zone de la commune. Les champs rejoignent ceux de La Chapelle-la-Reine et de Ury, à une altitude moyenne de 125 mètres.

Géologie[modifier | modifier le code]

Les couches successives constituant le sol et le sous-sol sont d'abord une épaisse couche de calcaire, puis des marnes très argileuses vertes et blanches déposées pendant l'Oligocène à la fin du Tertiaire. Sur ces marnes imperméables se déposera encore une couche de calcaire. L'épisode sédimentaire du Stampien (vers -35 millions d'années avant notre ère) laissera une épaisse couche de sable dont une partie, sous l'action des montées et descentes de l'eau des nappes phréatiques, se transformera en grès par recristallisation. Le vent en déplaçant le sable, crée des dunes et des vallées et met à jour une partie des dalles de grès, qui, en porte-à-faux, se brisent en donnant des chaos de grès que l'on peut rencontrer en se promenant à Recloses et dans les communes avoisinantes ainsi, bien sûr, que dans la forêt de Fontainebleau. Ces chaos ont créé des grottes ou abris qui ont occasionnellement servi d'habitat depuis le Néolithique jusqu'au XVIIe siècle.
À l'endroit des champs actuels se sont déposés une couche de calcaire puis des limons qui sont actuellement cultivés.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

La Vignette et Recloses en 1604
Blason de la commune de Recloses : les jonquilles et la forêt

Recloses n'a plus de hameau, mais cela n'a pas toujours été le cas. L'un, Cumiers, a disparu à la fin du XIVe siècle, l'autre plus récent, La Vignette, a disparu au XVIIIe siècle.

Cumiers[modifier | modifier le code]

Cumiers a complètement disparu aujourd'hui. Il se situait dans la forêt, à l'est du village sur le territoire de la paroisse de Recloses, mais près de Bourron Marlotte. Il n'y a plus de traces aujourd'hui mais l'existence de Cumiers est de nombreuses fois attestée dans des écrits et en particulier dans des actes de vente, ce qui permet de connaître le nom de quelques habitants : Gilles de Cumiers, Agnès de Cumiers etc...

La Vignette[modifier | modifier le code]

Après la guerre de Cent Ans la campagne commence à se repeupler, un peu au hasard. Alors que certains se fixent à Recloses, d'autres construisent un hameau sur la route entre Recloses et Grez. En 1531, ce hameau comprenait 11 maisons et 40 habitants, il n'y en aura jamais plus. Puis le hameau se dépeupla, la dernière carte faisant mention de la Vignette date de 1771, le dernier acte enregistré est un décès en 1779.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Recloses
La Forêt domaniale de Fontainebleau
Ury Recloses Bourron-Marlotte,
La Chapelle-la-Reine Villiers-sous-Grez

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Place du Pilori au début du XXe siècle

Au XIIe siècle le nom de "Reclosas" est utilisé, qui signifiait clairière au bord de la forêt. Le nom s'est un peu transformé en "Requeloze" puis "Arcloze" et "Ercloze" sous Louis XV.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Recloses en 1716
Cadastre napoléonien de 1828

Les abris ornés de la forêt et les rainures des polissoirs montrent bien que cette région et Recloses en particulier, ont été habités au Néolithique. Il est probable que Recloses, sa forêt et ses champs furent habités et cultivés épisodiquement, une villa gallo-romaine existait non loin de là entre Ury et la Chapelle-la-Reine. Néanmoins c'est en 1154 que l'on voit apparaître pour la première fois, le nom de Recloses écrit dans le cartulaire de l'abbaye de Barbeau à Hericy.
Philippe Auguste en 1184 donna au chapelain du château de Fontainebleau, la dime du vin qui se faisait à Recloses. Les habitants de Recloses comme ceux des communes jouxtant la forêt jouissaient de privilèges en compensation des ravages faits par les bêtes "noires et rousses" de la forêt, dans leur cultures, ils pouvaient ainsi cueillir les bruyères et les fougères.
Puis vint la guerre de Cent Ans, Recloses comme les communes environnantes subit son lot de pillages par les hordes anglaises et armagnac. Les habitants survivants partirent tous en direction des villes, seulement quelques-uns revinrent à partir de 1440. Pendant une quarantaine d'années tout ne fut que ruines et désolation. Une conséquence, les noms des lieux et de famille furent oubliés et perdus car les nouveaux habitants n'étaient pas originaires de Recloses.
En 1588 le roi Henri III convoque les états généraux de Blois. Comme elle le fera de nouveau en 1614 et en 1789, la paroisse de Recloses rédige son cahier de doléances, se plaignant de nombreuses injustices et dégradations dues aux nobles et aux armées, mais aussi des conséquences de l'immense incendie de 1585 qui avait détruit la moitié du village. Par la suite, de nombreuses plaintes furent envoyées aux rois résidant au château de Fontainebleau, concernant les dégâts faits aux cultures et à la vigne par les animaux de la forêt, que ces rois venaient chasser. Les Reclosois obtinrent certains privilèges mais jamais la limitation du nombre d'animaux, ni le droit de les chasser. Ils finirent par construire un treillage qui leur coûta près de 10 000 livres.

En 1789, Recloses comptant près de 200 foyers, eut le droit d'envoyer trois députés à l'assemblée du bailliage de Nemours. Puis vint le temps du cahier de doléances qui ne fut pas bien différent de ceux des communes de la région avec cependant un accent toujours marqué sur les problèmes liés à la forêt. La vente des Biens Nationaux commença par ceux des biens du clergé en 1790, suivi par ceux des Émigrés en 1793. L'ensemble fut estimé à 1400 livres environ et trouva rapidement acquéreur. Le curé de l'époque Pierre-Joseph Colmet, qui avait prêté serment, reçut comme fonctionnaire 1200 livres par an. La "patrie en danger" proclamée le 11 juillet 1792, entraîna la mobilisation de 13 jeunes hommes de Recloses.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'école de Recloses, située dans l'ancienne mairie
Liste des derniers maires
Date d'élection Identité Qualité
mars 1977 Maurice Cerceau Maire
septembre 1991 André Triolet Maire
mars 1995 Françoise Leroy Maire
mars 2001 Catherine Triolet Maire

Le premier maire de Recloses fut Jean-Baptiste Dumé, déjugé à propos des "champarts" ; il fut remplacé par Louis Pelletier. Alors cinq maires se succédèrent en l'espace de 10 ans. En juin 1801 Ambroise Dumé fut élu et resta en fonction jusqu'en mai 1811. Il fut ensuite remplacé par Augustin Pelletier jusqu'en mai 1821 puis par Jean-Baptiste Pelletier jusqu'en mai 1830.

La commune a adhéré en juin 2010 à la Communauté de communes du pays de Fontainebleau[2], et quatre de ses représentants siègent au Conseil communautaire, jusqu'à la suspension de l'adhésion par ordonnance du Tribunal administratif de Melun[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 699 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
902 727 766 764 801 794 779 794 743
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
648 626 620 612 598 619 617 585 556
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
495 534 514 403 392 420 453 421 482
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
504 474 410 507 519 600 676 687 699
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

Comme quatre autres églises du canton, elle porte le nom de saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle et évangélisateur d'une partie de la Gaule. Il avait organisé de nombreuses paroisses rurales et avait multiplié les monastères. Les premières pierres de l'église ont dû être posées aux VIIe et VIIIe siècles. Cette église a commencé à prendre de l'ampleur au XIIIe siècle du temps de Saint Louis. Une partie de cette ancienne église subsiste et est remarquable par la construction de ses murs dite en "arête de poisson". Si la première voûte en pierre a été construite au XIVe, c'est au XVIe siècle qu'ont eu lieu les agrandissements et améliorations importants. La surface sera doublée. Au sol, de nombreuses sépultures de bourgeois de Recloses et de très belles pierres gravées. L'église contient aussi un très bel autel ancien orné d'un retable peint en faux marbre et quelques sculptures mais le chef-d’œuvre est bien sûr le Pressoir Mystique.

Le Pressoir Mystique[modifier | modifier le code]

Une partie du Pressoir Mystique

Il s'agit d'un retable de grande taille, constitué de nombreuses sculptures. On ne connaît pas précisément la date de création de ce retable, peut être vers 1550 à 1570. En revanche on sait qu'il a été acquis vers 1753 par Jacques Segogne notaire à Fontainebleau, né à Recloses. Dans sa demeure de Recloses se trouvait une chapelle "garnie de Saints et de tableaux". En 1826, la chapelle devint la mairie et les sculptures furent déposées dans l'église paroissiale de Recloses. Ces sculptures ayant souffert du temps, une restauration eut lieu en 1988 et l'ensemble fut installé dans des vitrines placées dans le chœur de l'église Saint-Martin.
Ce retable représente un thème religieux classique, celui du Pressoir Mystique. Il consiste en une série de petites sculptures en bois comprenant des scènes du travail de la vigne et de la fabrication du vin, et de la crucifixion où le Christ pressant son corps fait couler son sang dans la cuve à vin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Quelques rues[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

Bouquets de jonquilles
Char décoré de jonquilles

Chaque année au mois de mars a lieu la fête des "jonquilles". Cette fête est bien évidemment liée à la forêt proche où poussent au mois de mars de grandes étendues de petites clochettes jaunes. En général les jonquilles sont au rendez-vous, si elles viennent trop tôt on les garde au frais, si elles viennent trop tard on complète avec des fleurs en papier.
La fête est toujours très animée, le temps fort est bien sûr le défilé de chars décorés de jonquilles, accompagné en musique par un ou deux orchestres ou bands. Il y a aussi quelques stands où se restaurer.

En 2012 la fête a lieu le dimanche 18 mars, à partir de 12h30 (restauration disponible sur place). Le défilé de chars aura lieu à partir de 15h. Nombreuses autres activités: concert jazz, djembe, danse country, catapulte, mur d'escalade, fête foraine, etc.

  • D'autres événements sont organisés par le Syndicat d'Initiatives de Recloses, présidé par Martine Luzinier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Filatre Recloses,son histoire, 2004, ISBN 2-904033-58-0, Paroi-services Editeur
  2. [PDF] « Arrêté préfectoral n°2010/SPF/CL N°21 du 10 juin 2010, portant adhésion de Recloses à la communauté de communes Fontainebleau-Avon », Recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne, no 24,‎ 15 juin 2010, p. 11-12 (lire en ligne)
  3. [PDF] « Arrêté préfectoral n°2010/SPF/CL N°20 du 10 juin 2010, portant modification des statuts de la communauté de communes Fontainebleau-Avon », Recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne, no 24,‎ 15 juin 2010, p. 10-11 (lire en ligne)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. Ancienne Carte Postale
  7. Biographie en 15 pages