Jouarre
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| Jouarre | ||
Mairie de Jouarre. |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Île-de-France | |
| Département | Seine-et-Marne | |
| Arrondissement | Meaux | |
| Canton | La Ferté-sous-Jouarre | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays Fertois | |
| Maire Mandat |
Pierre Goullieux 2001-2014 |
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| Code postal | 77640 | |
| Code commune | 77238 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Jotranciens, Jotranciennes | |
| Population municipale |
4 188 hab. (2010) | |
| Densité | 99 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 51 m – Max. 183 m | |
| Superficie | 42,19 km2 | |
| Localisation | ||
| Liens | ||
| Site web | Jouarre.fr | |
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Jouarre est une commune française, située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France. Les habitants sont appelés les Jotranciens et Jotranciennes ou Jotraciens et Jotraciennes[1]. Selon l'INSEE, la commune rencensait 4 085 habitants en 2007.
Sommaire |
Géographie[modifier]
Au nord-est de la Seine-et-Marne, à 20 km à l’est de Meaux, 14 km au nord de Coulommiers, située en Brie, Jouarre est à une heure de Paris, 55 minutes de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et à 30 minutes de la gare TGV de Chessy. Les communes proches de Jouarre incluent : Sept-Sorts, La Ferté-sous-Jouarre, Sammeron, Saint-Cyr-sur-Morin, Reuil-en-Brie et Signy-Signets[2].
Histoire[modifier]
La racine toponymique de Jouarre renvoie sans doute à une ancienne occupation celte. À cela, une occupation romaine dès la fin du IIe siècle, avec peut être l’aménagement d’un castrum (camp retranché) et l’ancienneté du peuplement de ce territoire peut être aisément imaginée. Cependant, l’essor jotrancien est à rechercher dans la première moitié du VIIe siècle, lorsque saint Adon fonde à cet endroit une abbaye, encore en activité à l’heure actuelle. Les invasions barbares du IXe siècle, les dégradations de la guerre de Cent Ans au XVe siècle, la Révolution française, autant d’événements majeurs qui ont touché cette commune. Mais le patrimoine local est resté intact, et si chaque époque a laissé sa trace, c’est pour mieux révéler ce qui avait été fait antérieurement… Ainsi Jouarre reste l’une des rares communes de la région à conserver intact autant de vestiges des temps révolus. Joyau du patrimoine et de l’art mérovingien, les cryptes de Jouarre demeurent un ensemble unique en Europe, car elles sont les plus anciennes[3].
Au temps du roi Dagobert Ier, une grande école du palais réunissait à la cour les fils des plus hauts dignitaires du royaume où il leur était donné une grande culture et une initiation à l’administration royale. C’est ainsi que le roi Dagobert choisissait ses ministres et ses évêques. Authaire, un haut fonctionnaire du palais, y fit instruire ses trois fils, Adon, Dadon et Radon. Originaires de la région, et plus particulièrement d’Ussy-sur-Marne, Authaire reçut chez lui, dans les années 610, la visite du célèbre moine Colomban. Après avoir acquis un haut niveau de culture, Adon, Dadon et Radon assurèrent de grandes fonctions au service du roi Clotaire II, puis de Dagobert Ier. Dadon fut chancelier du royaume puis nommé évêque de Rouen, Radon, fut trésorier de Dagobert Ier et Adon référendaire[3]. Adon quitta assez rapidement la cour du roi pour se faire moine. Il construisit alors un monastère de moine sur le site de Jouarre et le dota de son patrimoine exceptionnel. Des membres de la famille d’Authaire, tels qu'Agilbert et Ebrégisile rejoignirent Adon à Jouarre, puis ce fut au tour de Mode, sa sœur Balde et leurs nièces Telchilde et Aguilberte pour former une communauté de femmes. C’est ainsi que l’abbaye de Jouarre devint un monastère double, où hommes et femmes mènent une vie monastique, en même lieu, en des bâtiments séparés. Techilde en fut la première abbesse. Ainsi, les cryptes de Jouarre sont le tombeau des fondateurs[3].
De 1914 à 1918, Charles, Christophe, Joseph de Mauraige, militaire dans la cavalerie, puis l'infanterie (citoyen français et sujet britannique - canadien, médaillé de la Grande Guerre, Vétéran de Verdun) a la charge administrative du secteur de Jouarre (ravitaillement pour le front). C'est lui qui sonne les cloches de l'église de Jouarre le jour du 11 novembre 1918 pour annoncer la fin de la Guerre[4].
Administration[modifier]
Démographie[modifier]
La population de Jouarre était de 3 423 au recensement de 1999, 3 997 en 2006 et de 4 085 en 2007 ; la densité de population était de 96,82 habitants par km² en 2007. Le nombre de logements a été estimé à 1 557 en 2007 ; ces logements se composent de 1 358 résidences principales, 74 résidences secondaires ou occasionnels ainsi que 125 logements vacants[2].
En 2010, la commune comptait 4 188 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Personnalités liées à la commune[modifier]
- Antoine-Laurent de Jussieu, botaniste (1748-1836). En 1817, il achète le domaine de Venteuil, qui devient un véritable centre intellectuel où Antoine–Laurent reçoit ses amis, dont André-Marie Ampère, célèbre mathématicien et physicien. Le domaine est également un lieu de fêtes familiales, puisque chaque année la famille de Jussieu y fêtait la Saint-Antoine le 15 octobre. Très attaché à ce lieu, Antoine–Laurent choisit de terminer ses jours au château de Venteuil et y mourut en 1836.
- Hippolyte Fizeau, physicien (1819-1896), élève de François Arago. Après de grands travaux, calcul de la vitesse de la lumière, il reçut de nombreux prix tels que le prix triennal de l’Institut de France en 1856, il entra dans la section physique de l’Académie des sciences pour en devenir le vice-président en 1877 puis président l’année suivante.
- Brice Parain, philosophe et essayiste français (1897-1971)
Monuments et lieux touristiques[modifier]
- Cryptes mérovingiennes : Les cryptes de Jouarre n’ont subi pratiquement aucune restauration, cependant, elles ont subi quelques modifications. Jusqu’au XIe siècle, il y avait un plafond de bois qui reposait sur tous les chapiteaux, dans les deux cryptes. Au XVIIe siècle, les tombeaux sont vidés, pour mettre les restes des corps dans des châsses et on perce des ouvertures pour que les cryptes ne soient plus dans l’obscurité la plus totale. Ces chapiteaux du VIIe siècle sont faits de marbre des Pyrénées. Les fûts sont des réemplois de villas gallo-romaines du IVe siècle. Le mur occidental de la crypte est un mur dit « réticulé » car les pierres forment un dessin de filet, à la fois par leur disposition, mais aussi par leur taille. Les cryptes renferment les tombeaux de la famille fondatrice de l’Abbaye - Le sarcophage de saint Agilbert qui fut évêque de Dorchester puis évêque de Paris. Il fonda également la première communauté d’hommes de l’abbaye. Le côté du sarcophage présente un magnifique bas-relief. À la tête de ce tombeau, un bas relief, splendeur de l’art mérovingien, représente le Christ, dans une mandorle, entouré par le Tétramorphe, symbolisant les quatre évangélistes.- Le tombeau de saint Adon - Le tombeau de sainte Osanne, sainte Balde, sainte Mode, sainte Telchilde - Le tombeau de sainte Aguilberte, avec des parements coptes sur le dessus et des svastikas, retrouvés dans les temples hindous. La crypte Saint-Ebrégésile date du VIIIe siècle, elle est donc plus récente mais parait plus ancienne puisque les colonnes sont en calcaire. À l’extérieur de la crypte, les vestiges de la basilique funéraire qui fut entièrement détruite lors de la guerre de Cent Ans peuvent être aperçues. L’accumulation des sols au fil des siècles, explique qu’il faut descendre une douzaine de marches avant d’accéder aux cryptes[3].
- Abbaye bénédictine : l'abbaye bénédictine fondée au VIIe siècle par saint Colomban de Luxeuil, encore habitée par une communauté bénédictine : voir Abbaye Notre-Dame de Jouarre. Elle fut démolie en 1792 et rebâtie en 1837. Sa reconstruction intégra des éléments datant du XIIe siècle, notamment le clocher-porche de la tour[3].
- La Tour Romane : qui abrite le magasin des sœurs, fut édifiée au XIe siècle. On y découvre une exposition sur l’histoire de l'abbaye et il est possible d'assister à une projection audiovisuelle sur la vie monastique. La tour romane de l’abbaye est sans doute le monument qui résume le mieux l’histoire de Jouarre. Édifiée à la fin du XIe siècle sur des ruines carolingiennes, elle était le clocher de l’église abbatiale. Incendiée par les partisans anglais pendant la guerre de Cent ans, la tour n’offrait au regard que des pans de murs calcinés, les planchers en bois ayant été détruits. Des pierres rougies permettent encore aujourd’hui de constater la violence de l’incendie. À la fin du XVe siècle, une flèche est construite. Son sommet est surmonté d’une boule de métal dans laquelle sont enchâssées des reliques, dans la pensée de protéger l’édifice des calamités. Au XVIe siècle, sous l’impulsion des abbesses Madeleine d’Orléans et Jeanne de Lorraine, la tour est restaurée. Les armoiries de Madeleine d’Orléans sont sculptées aux clefs de voûte dans la salle du deuxième étage. Sur le blason, supporté par deux lions, trois fleurs de lys qui rappellent que l’abbesse était demi-sœur du roi François Ier sont distinguées. À la Révolution, la tour est transformée en habitation, annexée d’une forge. Au XIXe siècle, la tour, en mauvais état a perdu sa flèche. Pour la sauver, il est alors décidé de la réduire d’un étage, ceci explique sa silhouette massive aujourd’hui. La tour offrant un panorama impressionnant sur la vallée servit enfin de poste d’observation et de réglage d’artillerie pendant la bataille de la Marne, en septembre 1914. Bombardée en 1914 et 1940, foudroyée en 1951, ses vestiges furent sauvés par l’association « Les amis de l’Abbaye »[3].
- Musée de la Civilisation paysanne : deux salles de collections données par l’abbaye, et par des familles de Jouarre y sont présentées; des outils agricoles en tous genres, des châles, des coiffes traditionnelles ainsi que du mobilier rural.
- Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul : édifiée au XVIe siècle qui abrite comme joyaux, les châsses des abbesses de Jouarre. L’église paroissiale de Jouarre abrite de grandes richesses : un Christ en croix du XVe siècle, une piéta du XVe siècle, une représentation du Christ au tombeau du XVIe siècle, des vitraux du XVIIe siècle, de nombreuses statuettes et sculptures en pierre dont la finesse révèle une maîtrise de l’art et de l’expression et dans la nef de très belles châsses contenant les reliques qui sont sorties chaque année lors de la procession de la Pentecôte[3].
- Le Manoir de Nolongue : la construction du manoir-ferme de Nolongue remonte probablement à la première moitié du XIVe siècle. Cette ferme est la seule de la région à avoir supporté le poids de la guerre de Cent Ans, conservant encore aujourd’hui son ancien logis, visible sur la façade méridionale des bâtiments. À l’origine, c’était une construction fortifiée, entourée de douves, à l’intérieur de laquelle on pénétrait par un pont-levis. Un manuscrit de 1544 nous livre une excellente description de l’état du domaine d’alors. Aborder Nolongue, c’est aussi évoquer la mémoire de Jean de Brie, qui y fut « gardeur de pourceaux » à partir de 1357. Par la suite, auteur d’un traité de bergerie, intitulé le Bon Berger, il entra dans les faveurs du roi Charles V de France qui en fit son secrétaire particulier[3].
- Le domaine de Perreuse : à proximité du château de Perreuse (devenu une clinique) dans un cadre boisé et reposant, l’étang de Perreuse forme un site naturel charmant. Cet étang a été creusé par les premiers moines bénédictins il y a plus de 1000 ans. Divers sentiers aménagés permettent de faire un tour agréable dans ce paysage[3].
Notes et références[modifier]
Notes[modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références[modifier]
- Gentilé. Consulté le 20 novembre 2009
- Ville de Jouarre, sur Cartesfrance. Consulté le 24 mai 2012
- L'Histoire de Jouarre, sur Jouarre.fr. Consulté le 24 mai 2012
- Information : Guilhem de Mauraige (Ingénieur du Patrimoine)
- Georges Blond, « La liste de gauche lance un questionnaire », Le Parisien, 4 janvier 2001
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
