Jouarre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jouarre
La mairie.
La mairie.
Blason de Jouarre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Meaux
Canton La Ferté-sous-Jouarre
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Fertois
Maire
Mandat
Fabien Vallée
2014-2020
Code postal 77640
Code commune 77238
Démographie
Gentilé Jotranciens
Population
municipale
4 184 hab. (2011)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 55′ 38″ N 3° 07′ 51″ E / 48.9271237, 3.130760248° 55′ 38″ Nord 3° 07′ 51″ Est / 48.9271237, 3.1307602  
Altitude Min. 51 m – Max. 183 m
Superficie 42,19 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

Voir sur la carte administrative d'Île-de-France
City locator 14.svg
Jouarre

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

Voir sur la carte topographique d'Île-de-France
City locator 14.svg
Jouarre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Jouarre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Jouarre
Liens
Site web Jouarre.fr

Jouarre est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Ses habitants sont appelés les Jotrancien(ne)s.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville est située à 3 km au sud de La Ferté-sous-Jouarre sur un plateau à 150 m d'altitude.

Avec 4 219 hectares, c'est en termes de superficie la seconde commune de Seine-et-Marne après celle de Fontainebleau.

Communes limitrophes de Jouarre
Sept-Sorts La Ferté-sous-Jouarre, Reuil-en-Brie Saâcy-sur-Marne
Sammeron, Signy-Signets Jouarre Saint-Cyr-sur-Morin
Giremoutiers, Pierre-Levée Saint-Germain-sous-Doue, Aulnoy Doue

Lieux-dits, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

  • Cinq lieux-dits peuvent être qualifiés de bourgs : Courcelles-sous-Jouarre (limitrophe de La Ferté-sous-Jouarre), Vanry, Romény, Glairet et les Corbiers.
  • Dans le nord-est de la commune : Les Pommières, Le Gouffre.
  • Dans l'ouest de la commune : Petit Ballot, Grand Ballot, Perreuse (château)
  • Dans le sud de la commune : L'Hôtel-du-Bois, La Fringale, Grand-Bilbartaut, Les Loges, Nolongue (manoir-ferme), Choqueuse (Forêt domaniale).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

  • Le Petit Morin (et ses affluents le ru de Choisel (rive gauche) et le ru de Vorpillière (rive droite) au nord-est de la commune.
  • l’étang de Perreuse.
  • Le ru de Bourgogne et le ru du Rognon au sud-ouest de la commune.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Toponimie[modifier | modifier le code]

Au cours de la Révolution française, la commune porte le nom de Jouarre-la-Montagne[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La racine toponymique de Jouarre renvoie sans doute à une ancienne occupation celte. À cela, une occupation romaine dès la fin du IIe siècle, avec peut être l’aménagement d’un castrum (camp retranché) et l’ancienneté du peuplement de ce territoire peut être aisément imaginée.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Cependant, l’essor jotrancien est à rechercher dans la première moitié du VIIe siècle, lorsque saint Adon fonde à cet endroit une abbaye, encore en activité à l’heure actuelle. Les invasions barbares du IXe siècle, les dégradations de la guerre de Cent Ans au XVe siècle, la Révolution française, autant d’événements majeurs qui ont touché cette commune. Mais le patrimoine local est resté intact, et si chaque époque a laissé sa trace, c’est pour mieux révéler ce qui avait été fait antérieurement… Ainsi Jouarre reste l’une des rares communes de la région à conserver intact autant de vestiges des temps révolus. Joyau du patrimoine et de l’art mérovingien, les cryptes de Jouarre demeurent un ensemble unique en Europe, car elles sont les plus anciennes[2].

Au temps du roi Dagobert Ier, une grande école du palais réunissait à la cour les fils des plus hauts dignitaires du royaume où il leur était donné une grande culture et une initiation à l’administration royale. C’est ainsi que le roi Dagobert choisissait ses ministres et ses évêques. Authaire, un haut fonctionnaire du palais, y fit instruire ses trois fils, Adon, Dadon et Radon. Originaires de la région, et plus particulièrement d’Ussy-sur-Marne, Authaire reçut chez lui, dans les années 610, la visite du célèbre moine Colomban. Après avoir acquis un haut niveau de culture, Adon, Dadon et Radon assurèrent de grandes fonctions au service du roi Clotaire II, puis de Dagobert Ier. Dadon fut chancelier du royaume puis nommé évêque de Rouen, Radon, fut trésorier de Dagobert Ier et Adon référendaire[2].

Adon quitta assez rapidement la cour du roi pour se faire moine. Il construisit alors un monastère de moine sur le site de Jouarre et le dota de son patrimoine exceptionnel. Des membres de la famille d’Authaire, tels qu'Agilbert et Ebrégisile rejoignirent Adon à Jouarre, puis ce fut au tour de Mode, sa sœur Balde et leurs nièces Telchilde et Aguilberte pour former une communauté de femmes. C’est ainsi que l’abbaye de Jouarre devint un monastère double, où hommes et femmes mènent une vie monastique, en même lieu, en des bâtiments séparés. Techilde en fut la première abbesse. Ainsi, les cryptes de Jouarre sont le tombeau des fondateurs[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1915, les bâtiments de l'abbaye de Jouarre sont réquisitionnés pour servir d'hôpital militaire à l'arrière du front.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 mars 1995 Elie Baddour[3] DVD  
mars 1995 mars 2001 Bertrand Petit DVD  
mars 2001 mars 2014 Pierre Goullieux UMP chef d'entreprise
mars 2014 en cours Fabien Vallée [4] DVD ingénieur
Les données manquantes sont à compléter.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 184 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 120 2 505 2 665 2 594 2 564 2 604 2 722 2 682 2 704
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 644 2 668 2 621 2 448 2 519 2 488 2 369 2 307 2 313
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 319 2 214 2 084 1 965 2 072 2 086 1 978 2 000 2 175
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 270 2 536 2 765 2 700 3 274 3 415 3 997 4 085 4 184
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

École maternelle et primaire.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

  • Zone Industrielle la Croix de Mission de 3 hectares.
  • exploitations agricoles.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Les cryptes de Jouarre.
Tétramorphe symbolisant les quatre évangélistes.
Église abbatiale de l'abbaye.
Tour-clocher de l'abbaye.
L'église Saints-Pierre-et-Paul
Château de Pérreuse.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Les cryptes de Jouarre n’ont subi pratiquement aucune restauration, cependant, elles ont subi quelques modifications. Jusqu’au XIe siècle, il y avait un plafond de bois qui reposait sur tous les chapiteaux, dans les deux cryptes. Au XVIIe siècle, les tombeaux sont vidés, pour mettre les restes des corps dans des châsses et on perce des ouvertures pour que les cryptes ne soient plus dans l’obscurité la plus totale.
Les cryptes renferment les tombeaux de la famille fondatrice de l’Abbaye.
La crypte Saint-Paul : ses chapiteaux du VIIe siècle sont faits de marbre des Pyrénées. Les fûts sont des réemplois de villas gallo-romaines du IVe siècle.
- Le mur occidental de la crypte est un mur dit « réticulé » car les pierres forment un dessin de filet, à la fois par leur disposition, mais aussi par leur taille.
- Le sarcophage de saint Agilbert qui fut évêque de Dorchester puis évêque de Paris. Il fonda également la première communauté d’hommes de l’abbaye. Le côté du sarcophage présente un magnifique bas-relief. À la tête de ce tombeau, un bas relief, représente le Christ, dans une mandorle, entouré par le Tétramorphe, symbolisant les quatre évangélistes.
- Le tombeau de saint Adon.
- Les tombeaux de sainte Osanne, sainte Balde, sainte Mode, sainte Telchilde.
- Le tombeau de sainte Aguilberte, avec des parements coptes sur le dessus et des svastikas, retrouvés dans les temples hindous[6].
La crypte Saint-Ebrégésile, VIIIe siècle utilisée comme chapelle jusqu'au milieu du XXe siècle renferme le sarcophage de Saint Ebrégésile, évêque de Meaux au VIIe siècle, frère de Sainte Aguilberte.
À l’extérieur des cryptes, les vestiges de la basilique funéraire qui fut entièrement détruite lors de la guerre de Cent Ans peuvent être aperçues. L’accumulation des sols au fil des siècles, explique qu’il faut descendre une douzaine de marches avant d’accéder aux cryptes[7].
Elle fut démolie en 1792 et rebâtie en 1837. Sa reconstruction intégra des éléments datant du XIIe siècle, notamment le clocher-porche de la tour[7].
  • La Tour Romane : qui abrite le magasin des sœurs, fut édifiée au XIe siècle. On y découvre une exposition sur l’histoire de l'abbaye et il est possible d'assister à une projection audiovisuelle sur la vie monastique.
C'est sans doute le monument qui résume le mieux l’histoire de Jouarre. Édifiée à la fin du XIe siècle sur des ruines carolingiennes, elle était le clocher de l’église abbatiale. Incendiée par les partisans anglais pendant la guerre de Cent ans, la tour n’offrait au regard que des pans de murs calcinés, les planchers en bois ayant été détruits. Des pierres rougies permettent encore aujourd’hui de constater la violence de l’incendie.
À la fin du XVe siècle, une flèche est construite. Son sommet est surmonté d’une boule de métal dans laquelle sont enchâssées des reliques, dans la pensée de protéger l’édifice des calamités.
Au XVIe siècle, sous l’impulsion des abbesses Madeleine d’Orléans et Jeanne de Lorraine, la tour est restaurée. Les armoiries de Madeleine d’Orléans sont sculptées aux clefs de voûte dans la salle du deuxième étage. Sur le blason, supporté par deux lions, trois fleurs de lys qui rappellent que l’abbesse était demi-sœur du roi François Ier sont distinguées.
À la Révolution, la tour est transformée en habitation, annexée d’une forge.
Au XIXe siècle, la tour, en mauvais état a perdu sa flèche. Pour la sauver, il est alors décidé de la réduire d’un étage, ceci explique sa silhouette massive aujourd’hui.
La tour offrant un panorama impressionnant sur la vallée servit enfin de poste d’observation et de réglage d’artillerie pendant la bataille de la Marne, en septembre 1914.
Bombardée en 1914 et 1940, foudroyée en 1951, ses vestiges furent sauvés par l’association « Les amis de l’Abbaye »[7].
  • Le musée de la Civilisation paysanne : deux salles de collections données par l’abbaye, et par des familles de Jouarre y sont présentées; des outils agricoles en tous genres, des châles, des coiffes traditionnelles ainsi que du mobilier rural.
L’église paroissiale de Jouarre abrite de grandes richesses : un Christ en croix du XVe siècle, une piéta du XVe siècle, une représentation du Christ au tombeau du XVIe siècle, des vitraux du XVIIe siècle, de nombreuses statuettes et sculptures en pierre dont la finesse révèle une maîtrise de l’art et de l’expression et dans la nef de très belles châsses contenant les reliques qui sont sorties chaque année lors de la procession de la Pentecôte[7],[8].
  • Le Manoir de Nolongue : la construction du manoir-ferme de Nolongue remonte probablement à la première moitié du XIVe siècle. Cette ferme est la seule de la région à avoir supporté le poids de la guerre de Cent Ans, conservant encore aujourd’hui son ancien logis, visible sur la façade méridionale des bâtiments. À l’origine, c’était une construction fortifiée, entourée de douves, à l’intérieur de laquelle on pénétrait par un pont-levis. Un manuscrit de 1544 nous livre une excellente description de l’état du domaine d’alors. Aborder Nolongue, c’est aussi évoquer la mémoire de Jean de Brie, qui y fut « gardeur de pourceaux » à partir de 1357. Par la suite, auteur d’un traité de bergerie, intitulé le Bon Berger, il entra dans les faveurs du roi Charles V de France qui en fit son secrétaire particulier[7].
  • Le domaine de Perreuse et son château du XVIe siècle.
Durant la première bataille de la Marne, le château fut mis à disposition de l'état-major allié et devint l'un des plus grands hôpitaux militaires de la région. Par la suite, Perreuse devient un centre de repos puis une maison d'accueil et de traitement.
L’étang de Perreuse a été creusé par les premiers moines bénédictins il y a plus d'un millénaire.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine-Laurent de Jussieu, botaniste (1748-1836). En 1817, il achète le domaine de Venteuil, qui devient un véritable centre intellectuel où Antoine–Laurent reçoit ses amis, dont André-Marie Ampère, célèbre mathématicien et physicien. Le domaine est également un lieu de fêtes familiales, puisque chaque année la famille de Jussieu y fêtait la Saint-Antoine le 15 octobre. Très attaché à ce lieu, Antoine–Laurent choisit de terminer ses jours au château de Venteuil et y mourut en 1836.
  • Hippolyte Fizeau, physicien (1819-1896), élève de François Arago. Après de grands travaux, calcul de la vitesse de la lumière, il reçut de nombreux prix tels que le prix triennal de l’Institut de France en 1856, il entra dans la section physique de l’Académie des sciences pour en devenir le vice-président en 1877 puis président l’année suivante.
  • Brice Parain, philosophe et essayiste français (1897-1971)

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Jouarre (Seine-et-Marne)

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D’azur à la montagne de sinople, portant la tour carrée du lieu d’or, essorée de gueules, sommé en chef de 3 étoiles d’or.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]