Boissy-aux-Cailles

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Boissy-aux-Cailles
L'église Saint-Martin vue coté du village
L'église Saint-Martin vue coté du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Fontainebleau
Canton La Chapelle-la-Reine
Intercommunalité Communauté de communes des Terres du Gâtinais
Maire
Mandat
Patrick Pochon
2014-2020
Code postal 77760
Code commune 77041
Démographie
Gentilé Boisséens
Population
municipale
311 hab. (2011)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 13″ N 2° 30′ 15″ E / 48.3202777778, 2.50416666667 ()48° 19′ 13″ Nord 2° 30′ 15″ Est / 48.3202777778, 2.50416666667 ()  
Altitude Min. 71 m – Max. 123 m
Superficie 16,10 km2
Localisation

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Boissy-aux-Cailles

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Boissy-aux-Cailles

Boissy-aux-Cailles est une commune française du canton de la Chapelle-la-Reine, située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France. Ses habitants sont appelés les Boisséens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Plan terrier de Mainbervilliers en 1750

Boissy aux Cailles situé dans la vallée, a deux hameaux situés plus haut sur le plateau.

Rose des vents Tousson Le Vaudoué Le Vaudoué Rose des vents
Tousson N Le Vaudoué
O    Boissy-aux-Cailles    E
S
Rumont Amponville Amponville

Mainbervilliers[modifier | modifier le code]

Ce hameau est traversé par la route départementale (ex RN 152), qui va de Fontainebleau à Orléans. Une grande ferme autrefois cultivait toutes les terres aux alentours. Aujourd'hui plusieurs fermes sont implantées sur le même secteur. Mainbervilliers est éloigné du village de Boissy d'environ trois kilomètres.

Marlanval[modifier | modifier le code]

Plan terrier de Marlanval 1750

Ce hameau est proche de la route nationale mais n'est pas traversé par elle. La distance entre Boissy et Marlanval est courte, d'un peu plus d'un kilomètre mais compte tenu de la dénivellation, la distance par la route est de 2,5 kilomètres.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Après l'épisode sédimentaire du Stampien pendant lequel s'est déposée une importante couche de sable[1], se sont déposés des limons qui constituent la couche fertile et cultivée. Au quaternaire la mise en place du réseau hydrographique, creuse une profonde vallée et fait apparaître, sur les flancs, des grès provenant de la recristallisation du sable[2].

La structure de cette commune est très particulière. En effet elle est composée pour une part de terres du plateau, en openfield, et pour l'autre part d'une vallée profonde de 50 mètres. La rivière « École » prend maintenant sa source sur la commune du Vaudoué mais elle prenait sa source autrefois à Jacqueville (commune d'Amponville) ou peut être même à la Chapelle-la-Reine et traversait l'emplacement du village actuel de Boissy. La vallée se creuse près du hameau de Marlanval et descend jusqu'au village. Elle continue ensuite jusqu'au Vaudoué. La vallée sèche est déserte ce qui permet à de nombreux animaux sauvages d'y vivre. Cette vallée est boisée, sur ses flancs, de son origine jusqu'au Vaudoué, le plateau en revanche ne l'est pas à l'exception de quelques bosquets.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Agglomérat de Cailles

Avant 1793, le village s'appelait Boissy-le-Repos. Comme souvent l'origine du nom n'est pas attestée, on trouverait cependant en 1113 l'appellation "Bussiacum" du nom latin Bussius ou Buccius qui veut dire "Le buis". Le mot de "Cailles" qui lui a été accolé a la même origine que cailloux. Il s'agit de petites boules de pierre naturellement polies que l'on trouve très fréquemment dans les champs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ferme de Vezu
Boissy vers 1900

En 1932, un très bel objet surnommé « tintinabulum » qui est probablement une pièce de harnachement a été trouvé à Boissy. Il date de l'âge du bronze et atteste donc d'une présence humaine à cette époque en ce lieu. Bien que difficile d'accès ce village devait avoir des relations avec la Chapelle-la-Reine et son proche hameau Butteaux.

La population devait être suffisante au XIIe siècle pour voir construire l'église Saint-Martin. La guerre de Cent Ans anéantit le village qui est brûlé durant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons à la fin du XIVe siècle . Une enquête de 1480 indique qu'il n'y a plus eu de vie jusqu'en 1462, à l'exception peut être d'un laboureur du Vaudoué. Cette enquête avait été faite par le prévôt de Melun à la demande de Pierre Barton, vicomte de Monbas, seigneur de Faÿ, qui tenait de sa femme des terres à La Chapelle-la-Reine et à Boissy-le-Repos. Ces terres furent appelées plus tard « le fief de Monbas » et maintenant « la ferme du Fief ». C'est à l'occasion de cette enquête que fut interrogé Pierre Boulé, natif de la Chapelle, qui avait fui ce village à l'âge de 16 ans, avait été fait prisonnier par les Armagnac, puis était parti s'établir à Vaux-le-Penil. De retour plus tard, il trouva La Chapelle et Boissy « en ruyne et désolation »[3].

Les bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre étaient au XVIIIe siècle propriétaires de divers biens sur le territoire de cette paroisse. L'abbesse était dame du lieu et exerçait la justice. Elle possédait la ferme de Vezu, une autre à Mainbervilliers et une à Herbauvilliers. Les religieuses venaient faire à Boissy « bonne chère et bon repos » honorant ainsi le nom de Boissy-le-Repos. À la Révolution, les biens des religieuses devinrent biens nationaux et furent vendus.

Le 8 juillet 1787, Louis XVI avait prescrit, dans chaque paroisse, la nomination d'une assemblée composée d'un syndic, de trois membres, du curé et du seigneur. Furent ainsi élus François Gastellier, François Pointcloux, Claude Pelard et Philippe Brege[4]. Ce fut pour une courte durée puisque l'assemblée nationale, en décembre 1789, décida d'une autre forme de municipalité, presque la forme actuelle : un maire, des adjoints, un procureur et des conseillers. C'est Jean Nolleau, fermier à Marlanval, qui fut élu maire, il eut rapidement à faire face à une scission, quelques habitants voulant obtenir des terres pour les défricher, les autres étant contre.

L'économie s'appuyait sur trois grandes fermes ou « fiefs ». La ferme de Vezu, située dans le village lui-même, appartenait aux religieuses de l'abbaye de Montmartre et fut vendue en 1791, pour 26 200 francs à Jean-Baptiste Gory, qui n'était pas de la région et la mit en fermage par Georges Rohes. En 1904 elle fut achetée par la famille Gastellier originaire de Boissy.
La ferme de Mainbervilliers, dite « Fief de Saint-Marc », également propriété des religieuses, est vendue en 1791 à un dénommé « Jannot » pour 25 700 francs. En 1829, elle appartenait à André et Jean Gastellier.
La ferme de Monbas, appelée aujourd'hui « le Fief » et située sur les hauteurs au-dessus du village, n'a jamais appartenu aux religieuses, mais successivement à différentes familles.

Transports[modifier | modifier le code]

La commune de Boissy est limitée au sud par la départementale 152 qui traverse ensuite le hameau de Mainbervilliers. Cette route a été la Route royale no 51, qui allait de Mézières à Orleans. Des bornes en pierres situées toutes les demi-lieues en attestent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le chef-lieu de canton est la commune de La Chapelle-la-Reine, la sous préfecture et la circonscription sont celles de Fontainebleau et la Préfecture est Melun.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Trois maires se sont succédé à Boissy-aux-Cailles depuis 1965 :

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1965 mai 1992 Raymond Pochon   Conseiller général
mai 1992 mars 2001 Michelle Fauconnier    
mars 2001 en cours Érick Bouteille    

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Boissy est une des communes du Parc Naturel du Gâtinais Français

Jumelages[modifier | modifier le code]

Boissy-aux-Cailles n'est jumelée avec aucune commune[5].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 311 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
368 371 335 393 410 469 405 408 437
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
420 426 402 361 357 361 362 356 379
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
325 349 358 331 305 314 270 251 241
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
211 187 160 180 280 271 318 311 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Boissy-aux-Cailles est située dans l'académie de Créteil.

La ville est rattachée au groupement scolaire de La Chapelle-la-Reine

Sports[modifier | modifier le code]

  • Club cyclo-tourisme de Boissy-aux-cailles
  • Association sportive cantonale: l'Entente Sportive de la Forêt (ESF)

Cultes[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de messes régulières, le secteur paroissial est celui de La Chapelle-la-Reine. Le curé est celui de Nemours.

Économie[modifier | modifier le code]

La principale activité de la commune reste l'agriculture, les céréales dont de l'orge de brasserie, les betteraves, les pois et nourritures pour le bétail. Une PME s'est installée au centre du village ainsi que quelques artisans ; « la ferme des quatre temps », située à Mainbervilliers produit des volailles et du foie gras.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

L'église au début du XXe siècle
Baptistère
L'église aujourd'hui
Vitrail avec l'étoile inversée

L'église dédiée à Saint-Martin est située sur une hauteur en bordure de village, ce qui lui donne l'impression de dominer le village.

La légende raconte que saint Martin de Tours se rendant de Boissy à Marlanval fut obligé de passer par un chemin escarpé et en particulier sur une grosse pierre en travers du chemin contre laquelle son cheval butta et frappa la pierre si violemment que la trace de son sabot resta imprimée malgré le dureté du grès. Voyant en cet incident la volonté divine, saint Martin fit demi tour et décida de faire élever une église dans le village plus bas. L'église fut en réalité construite XIe ou XIIe siècle et non pas au Ve siècle.

De cette église romane restent l'abside et le chœur, le portail nord est du début du XIIe siècle. Une chapelle a été ajoutée au XVIe siècle, la tour carrée et le clocher au XVIIe siècle. La voute a été détruite et reconstruite plusieurs fois, le plafond actuel date de 1955. Dans le clocher une cloche datant de 1733 est appelée « Louise Émilie ». Ce nom est celui de la princesse Louise Émilie de la Tour d'Auvergne, abbesse de l'abbaye royale de dame de Montmartre et dame de Boissy. L'église a été inscrite à l'inventaire des monuments historiques le 18 mars 1926[8].

Une chapelle dite « Chapelle de Saint Marc », devait se situer à Mainbervilliers à l'embranchement des routes d'Auxy et de Malesherbes. Aujourd'hui disparue, le seul souvenir est une croix, dite Croix de Saint Marc, sur le cadastre de 1829.

Le passage et la halte à Boissy-aux-Cailles furent jadis une alternative pour les pèlerins se rendant en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Paris et Tours, via Orléans (Via Turonensis).

Tintinabulum[modifier | modifier le code]

Tintinabulum, âge du bronze

En 1932, une cachette fut mise au jour par Julien Moireau qui extrayait des pierres d'un lieu-dit « la cave aux moines ». La cachette renfermait 82 objets ou fragment de bronze. Il s'agissait de haches, de gouges, de pointes de lances, de bracelets et d'anneaux datant de la fin de l'âge de bronze (800 ou 900 avant J.-C.). Il y avait en plus deux objets curieux : un tube en bronze orné d'anneaux et un « spéroide creux » à tube latéral qui pourrait être une sorte de briquet primitif[9]. Dans un premier temps, tout ce trésor fut dispersé. C'est l'abbé André Nouel, sillonnant les routes en vélo-moteur, qui réussit à retrouver une grande partie des objets contenus dans la cachette. Au début des années 1990, le conservateur du musée de Préhistoire d'Île-de-France à Nemours, a engagé une procédure d'acquisition du « Tintinabulum », ce qui fut fait quelques mois plus tard. Il est aujourd'hui exposé au musée de la Préhistoire.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le peintre Claude Verlinde, d'origine flamande, a vécu à Boissy-aux-Cailles de 1982 à 2004.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. cf. les carrières de sable toutes proches de Boissy
  2. Géologie du Gâtinais sur le site de Futura Sciences
  3. Ch.H.Waddington, Sur la dépopulation des campagnes gâtinaises pendant la Guerre de Cent Ans et leur reconstitution économique, annales du Gâtinais, 1930, tome 39, Pages 164-178
  4. Eugène Thoison, Le premier maire de Boissy, petites notes d'histoires gâtinaises, Abeille de Fontainebleau, 6 octobre 1893,no 40
  5. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur Ministère des affaires étrangères (consulté le 2 avril 2010)
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  8. « Notice no PA00086823 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. A. Nouel, La cachette de bronze de Boissy-aux-Cailles, Revue archéologique de l'Est, 1957