Gâtinais

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Gâtinais
Subdivision administrative Centre, Île-de-France et Bourgogne
Subdivision administrative Loiret, Seine-et-Marne, Essonne et Yonne
Ville(s) principale(s) Montargis, Fontainebleau, Nemours
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
forêt d'Orléans, Brie, Beauce, Puisaye

Le Gâtinais est un ancien comté et une région naturelle française s'étendant sur le territoire des départements du Loiret (région Centre), de la Seine-et-Marne et de l'Essonne (Île-de-France) et de l'Yonne (Bourgogne).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « Gâtinais » apparaît au XIIIe siècle[1]. Le « pagus vastinensis », nom donné dans les anciens titres latins[2], vient du bas latin vastinens.

Mais on limiterait à tort cette expression comme signifiant un pays vaste au sens de « vide », « inculte » et « désert » ; ou encore, autre préconception courante, un pays au sol « gâté », plus ou moins stérile. Ces deux aspects sont la définition classique de la gâtine[3].

Cependant, il est tout autant voire plus valide de concevoir ce pagus vastinensis comme l'expression d'un pays vaste, qui s'applique à cette région ou les géographes d'antan comptaient 22 villes et dont l'administration est partagée entre quatre départements (Essonne, Seine-et-Marne, Loiret et Yonne) et trois régions (Bourgogne, Centre et Région parisienne) ; ou, autre compréhension toute aussi juste, celle de « pays ravagé » ou « dévasté », puisqu'il se trouve sur le chemin de nombreuses invasions et donc l'objet d'affronts récurrents[4].

L'abbé Crespin, curé de Cepoy, considérait qu'il faudrait peut-être retenir comme origine de cette désignation l'acception de « pays dévasté » après les grandes invasions des Ve et VIe siècles ; comme preuve le fait que parmi les cinq pagi se rattachant à la cité de Sens (Sens, Melun, Provins, Étampes et Gâtinais), seul ce dernier ne serait pas nommé d'après un nom de ville, ce qui pourrait signifier l'inexistence de la moindre ville sur le territoire correspondant au bassin du Loing et de ses affluents[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque gauloise et gallo-romaine, le Gâtinais, pagus Vastinensis, est une des subdivisions du territoire sénon créées par les romains, entre les Carnutes (Chartres) à l'ouest et les Lingons (Langres) à l'est. Reprise par les Francs, le Gâtinais correspond alors à l'un des cinq archidiaconés relevant du diocèse de Sens. À cette époque, sa ville principale est Château-Landon et il s'étend au-delà des deux rives du Loing.

À l'époque carolingienne, avec toujours Château-Landon comme centre, et un territoire délimité par Châtillon-Coligny à l'est, Boiscommun au sud, Milly à l'ouest et Montereau au nord.

En 1068, le roi Philippe Ier fait entrer le Gâtinais dans le domaine royal français.

Le roi Philippe Auguste repousse les frontières au-delà de la forêt d'Orléans, avec l'idée d'en faire un apanage pour son fils[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Étendue géographique[modifier | modifier le code]

La capitale historique du Gâtinais, jusqu'à la création des gouvernements, était Château-Landon. Par la suite, les deux « capitales » ont été Montargis (pour le Gâtinais orléanais) et Nemours (pour le Gâtinais français).

Les divers auteurs s'accordent en général sur le fait que la partie dite par commodité Gâtinais orléanais correspondrait approximativement à l'ancien arrondissement de Montargis et une fraction notable de l'arrondissement de Pithiviers, dans le département du Loiret, tandis que la partie dite Gâtinais français correspondrait à l'arrondissement de Fontainebleau dans le département de Seine-et-Marne.

Une partie du sud du département de l'Essonne, autour de Milly-la-Forêt, se revendique également comme faisant partie du Gâtinais, tandis que certains auteurs considèrent nombre de communes du nord-ouest du département de l'Yonne (Puisaye et tout ce qui relevait de l'archevêché de Sens à l'ouest de la rivière Yonne) comme faisant aussi partie du Gâtinais. Ses limites naturelles seraient ainsi la Seine au nord, l'Yonne à l'est, la forêt d'Orléans au sud et l'Essonne à l'ouest.

Depuis le , la nouvelle division administrative du Pays du Gâtinais regroupe 75 communes essentiellement rurales dont la carte correspond approximativement au Gâtinais montargois. La région de Bellegarde en est exclue, ainsi qu'une partie de l'agglomération de Montargis qui est soumise à un contrat d'agglomération[7].

La majorité des communes du canton de la Chapelle-la-Reine, à l'exception de deux : Larchant et Recloses, se sont réunies en communauté de communes : la communauté de communes des Terres du Gâtinais.

Quatorze communes portent aujourd'hui le nom du Gâtinais, treize dans le Loiret et une en Seine-et-Marne. Feins-en-Gâtinais est la plus méridionale, Maisoncelles-en-Gâtinais la plus septentrionale. Cependant, autour de Milly-la-Forêt, le parc naturel régional du Gâtinais français est plus au nord encore.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le réseau hydrographique du pays du Gâtinais est dense. Il comporte sept rivières principales : le Betz, la Cléry, l'Ouanne, le Loing, le Vernisson, le Puiseaux et le Fusain ; ainsi que sept autres rivières plus petites : l'Aveyron, le Solin, le Limetin, la Poterie[8], le Huillard, la Bezonde, le Petit Fusain, le Maurepas. Les rivières sont, généralement, gérées par des syndicats intercommunaux[7].

Ces cours d'eau sont sujets à des problèmes dont les principaux sont l'assèchement, l'irréversibilité de certains aménagements, les dégâts provoqués par les ragondins et la qualité médiocre des eaux[7].

Par ailleurs, le territoire comprend huit étangs et marais principaux et quelques plans d'eau moins importants aménagés par les communes. Il est traversé par les canaux de Briare, du Loing et d'Orléans. Le patrimoine bâti qui se rattache à ces canaux inclut entre autres les bains romains de Montbouy rattachés à un complexe sanctuaire-théâtre-thermes, les quatre écluses en échelle de Dammarie-sur-Loing[7].

Environnement[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Les forêts domaniales de Montargis et d'Orléans se situent sur le territoire du Gâtinais, ainsi que de nombreux bois, vergers principalement de pommiers, haies du paysage bocager au nord-est, arbres le long des cours d'eau, et quelques « arbres remarquables » tel celui du Gros chêne au Pilon à Louzouer.

On y trouve aussi l'arboretum national des Barres, labellisé « jardin remarquable » et comptant près de 300 hectares dont 35 de collections rassemblant environ 2 700 espèces d’arbres[7].

Faune[modifier | modifier le code]

Le massif de Lorris abrite notamment le balbuzard pêcheur et l'aigle botté[7].

Classement[modifier | modifier le code]

Le Gâtinais montargois comprend les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) des vallées du Loing entre Dordives et la Cléry, du Loing de Conflans-sur-Loing à Montbouy, de la Cléry, du Betz[9], de l'Ouanne, et de la végétation immergée et bois rivulaires de Montbouy[10]. On compte aussi de nombreuses zones plus petites : prairie tourbeuse de la Fontaine de Saint-Liphard à Mormant-sur-Vernisson, etc[11].

Certains plans d'eau sont aussi rattachés à des ZNIEFF : étang de Courcambon[12] (Montereau), marais de Beaudenin[13] (Nogent-sur-Vernisson), étang de Parc Thierry[14] (Foucherolles), marais de Cercanceaux et marais du Château de Mez[15] (Dordives), étang de Marsin[16] (Montcresson), marais de Mignerette[17], étang de la Boine, du Piquereau du May et étang Neuf[18] (série d'étangs principalement sur la commune de Chailly-en-Gâtinais mais touchant aussi les communes de Coudroy, Beauchamps-sur-Huillard et Noyers).

De plus, on trouve trois zones du réseau Natura 2000 : le massif de Lorris en forêt d'Orléans, les pelouses calcaires du domaine des Barres[19], les marais de Sceaux et de Mignerette[7].

Au-delà des limites du Gâtinais montargois, le parc naturel régional du Gâtinais français est un site important lié à la protection de l'environnement de la région.

Par ailleurs 32 177 hectares de la forêt d'Orléans au nord de la Loire sont classés en zone de protection spéciale Natura 2000[20] et 36 086 hectares en ZNIEFF, avec 37 communes concernées et incluant l'étang de Courcambon, l'étang de Molandon (Dampierre-en-Burly) et l'étang et vallon de Ravoir[21].

Les zones ZNIEFF du Gâtinais hors Gatinais montargois sont petites mais nombreuses[11] (les grands marais et le petit marais à Adon[22], chênaie-charmaie de bois blanc à Saint-Maurice-sur-Aveyron, chênaie-charmaie du bois des Fontaines à Châtillon-Coligny, étang des Plains et étang du Bonjon à Feins-en-Gâtinais, marais des Hervésies à Sainte-Geneviève-des-Bois, étang de Langesse et étang de la Tuilerie à Langesse, marais Chapeau à Solterre, étang de la Noue-Mazonne à Coudroy et Châtenoy, étang des Hautes Sœurs à Bellegarde, Pelouses à nard et lisières près de l’arboretum des Grandes Bruyères (voir réserve naturelle régionale des Grandes Bruyères), etc ...

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

Le patrimoine bâti du Gâtinais est composé essentiellement d'ouvrages de petite ou moyenne taille répartis sur de nombreuses communes, principalement d'édifices religieux ou de leurs parties. Une soixantaine d'édifices sont recensés sur l'inventaire des monuments historiques, dont cinq châteaux ; une vingtaine d'entre eux sont classés. Les ensembles les plus remarquables sont la cité médiévale de Ferrières-en-Gâtinais, le château de la Motte à Château-Renard et le site gallo-romain de Sceaux-du-Gâtinais. D'autres éléments de ce patrimoine sont des menhirs, des maisons, un moulin, des ruines romaines, des polissoirs, etc.[7]

Les ensembles thermes-sanctuaires-théâtres gallo-romains, instruments de politique sociale de Rome en particulier sous les Antonins(96192) et les Sévères (193235), sont souvent disséminés dans la campagne - contrairement à la région méditerranéenne où les théâtres sont principalement urbains. En Gâtinais, on les rencontre surtout le long du Loing (point de rencontre des pays Carnutes et Sénons) et ses affluents, et notamment à Sceaux-du-Gâtinais, Bouzy-la-Forêt, Bonnée, Triguères, Montbouy[23], et peut-être Ferrières-en-Gâtinais[24].

Spécialités[modifier | modifier le code]

Le Gâtinais est réputé pour son miel et son pâté. Le safran, grande spécialité du Gâtinais, connaît de nos jours un timide renouveau sous l'impulsion du Parc naturel régional du Gâtinais français après sa disparition progressive de la région au cours des trois derniers siècles[25].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Les canaux permettent le tourisme fluvial. Le sentier de grande randonnée 13 (GR13) traverse le territoire du département du Loiret.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henriette Solle, Un pays rural dans l'orbite de Paris : le Gâtinais. 1976.
  2. Abbé Louis Dufour de Longuerue, Description historique et géographique de la France ancienne et moderne, 1722.
  3. « gâtine : terre imperméable, inculte et marécageuse, du latin classique vastus au sens de « vide, désert, désolé, ravagé » TLFi
  4. P. Le Roy, Notes sur la topographie du Gastinois, 1883.
  5. Abbé Crespin, article « Évolution religieuse du Gâtinais au premier millénaire », resté inédit après le décès de l'auteur en 1961, jusqu'à sa publication en novembre 1995, dans le no 98 du Bulletin de la Société d'Émulation de Montargis.
  6. Bruno Martinet, Maisons et paysages du Loiret, 1988.
  7. a, b, c, d, e, f, g et h ""Le patrimoine du Gâtinais - Extraits de la Charte de développement du "Pays du Gâtinais". Sur le site gatinais.histoire.
  8. La Poterie sur le site services.sandre.eaufrance.
  9. Fiche ZNIEFF du coteau du Betz au bois de Verdeau.
  10. Fiche ZNIEFF de la chênaie-charmaie des Pertuiseaux.
  11. a et b Cartes interactive des zones protégées.
  12. Carte de l'étang de Courcambon.
  13. Fiche ZNIEFF du marais de Beaudenin.
  14. Fiche ZNIEFF de l'étang de Parc Thierry.
  15. Fiche ZNIEFF des marais du château de Mez.
  16. Fiche ZNIEFF de l'étang de Marsin.
  17. Fiche ZNIEFF du marais de Mignerette et mare de Jariaux.
  18. Fiche ZNIEFF de la chaîne des étangs du May et de Piquereau.
  19. Fiche ZNIEFF des pelouses et ancien marais du domaine des Barres.
  20. Fiche Natura 2000 de la forêt d'Orléans, avec lien vers carte .
  21. Fiche ZNIEFF du massif forestier d'Orléans.
  22. Fiche ZNIEFF des grands marais et le petit marais à Adon.
  23. Carte des sites gallo-romains de Montbouy sur le site de Jean-François Bradu, professeur à Orléans.
  24. Montbouy et son sanctuaire de source. Association Guillaume Budé.
  25. Gastronomie, dans le-republicain.fr. Article sur le relancement d'une plantation de safran à Villeneuve-sur-Auvers dans le Gâtinais.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]