Première dame

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Les Premières dames de 36 pays réunies au Metropolitan Museum of Art de New York, le 22 septembre 2008.
« Photographie de famille » de six Premières dames lors du 34e sommet du G8 au Japon, en juillet 2008. De gauche à droite : Margarida Sousa l’épouse du président de la Commission européenne, Laureen Harper l'épouse du Premier ministre canadien, Kiyoko Fukuda l'épouse du Premier ministre japonais, Laura Bush la Première dame américaine, Sarah Brown l'épouse du Premier ministre britannique et Svetlana Medvedeva la Première dame russe.
La Première dame de Russie Svetlana Medvedeva et la Première dame de France Carla Bruni-Sarkozy (respectivement à gauche) avec leurs époux, respectivement de gauche à droite Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev lors du 37e sommet du G8 en France, en mai 2011.

La Première dame est un terme désignant, de manière générale l'épouse d'un monarque, d'un président de la République ou d'un chef du gouvernement.

À l'origine, il concernait uniquement la Première dame des États-Unis (en anglais la « First lady »), laquelle, en tant que conjointe du président américain assuma très tôt un rang protocolaire précis. Au cours du XXe siècle, avec le nombre grandissant de démocraties parlementaires, les épouses des présidents n'ont d'abord pas eu de titre défini, bien que le protocole leur garantissait une place lors des réceptions officielles, calquant en cela le modèle qui prévalait dans les monarchies avec les reines consorts. Au fur et à mesure, s'inspirant du modèle américain, la presse à scandale a adopté le terme de « Première dame », sans pour autant que celui-ci ait une réalité officielle et que donc les États soient effectivement responsables. La plupart du temps, l'épouse d'un chef d'État n’est donc invitée qu'en tant que conjointe, bien que certains pays emploient officiellement le terme de « Première dame ». Pourtant le président français Sarkozy réserva, sans motif public clair, un bureau et des conseillers à sa première épouse, qui jouait un rôle officieux d'attachée de communication et fut même accompagnatrice de certaines missions diplomatiques demi-secrètes. Le rôle accru des médias et la peoplisation de la vie politique a depuis néanmoins beaucoup accru ce qui s'apparente davantage à un rôle public. À la fin du XXe siècle, où un plus grand nombre de femmes accèdent au pouvoir, s'est posée la question de savoir comment désigner l'époux de la chef de l'État : le terme de « Premier monsieur » (First Gentleman) est ainsi parfois employé pour celui-ci.

Il n'existe pas de définition arrêtée du rôle de la Première dame, cette institution n'étant officielle que dans un nombre réduit de pays. Néanmoins, celle-ci bénéficie généralement d'une équipe au sein de l'administration présidentielle, et mène des actions relativement encadrées, ayant trait notamment à l'humanitaire, la santé ou l'éducation. Elles sont également présentes lors des dîners et réceptions officielles et dans la plupart des voyages d'État, étant même associées aux sommets internationaux où des programmes spéciaux sont prévues pour elles. Si officiellement leur statut n'est pas une fonction publique officielle, certaines Premières dames ont néanmoins participé à prendre des décisions, à faire campagne pour leur mari, à jouer de leur image pour servir celui-ci, voire pour certaines à mener une vie politique indépendante en parallèle ou après le départ du pouvoir de leur conjoint.Evita Péron était un élément clé du dispositif politique du péronisme.

Historique[modifier | modifier le code]

Des monarchies aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le terme « Première dame » désignerait historiquement le premier personnage féminin dans l'ordre protocolaire monarchique, par exemple : l'impératrice, la régente ou bien la mère du souverain, par exemple en France celle du régent dans le cas de Philippe d'Orléans[1],[2],[3]. Elle peut avoir des attributions protocolaires, même si elle ne dispose généralement d'aucun titre officiel. En monarchie, le prince ou la princesse consort — qui est conjoint mais qui ne règne pas — est l'équivalent de la Première Dame.

Lors de la création des États-Unis, les rédacteurs du protocole de la Maison-Blanche empruntèrent à la monarchie britannique le terme pour désigner par « First Lady » l'épouse du président des États-Unis d'Amérique et lui octroyer un titre officiel. « Première dame » n'est généralement pas un titre officiel pour les autres Républiques que les États-Unis, les conjoints n'ayant ni titre ni mandat électif, bien que ceux-ci soient toujours conviés aux rencontres diplomatiques. Au fil du temps et par abus de langage, le terme « Première dame » fut utilisé pour désigner la conjointe de tout chef d'État (ou chef de gouvernement en régime parlementaire) qu'elle dispose ou non d'attributions protocolaires.

En France, l'appellation de « Première dame » n'est pas officielle et le protocole du palais de l'Élysée ne reconnaît pas officiellement le conjoint, bien qu'il soit convié aux réceptions et déplacements officiels. Néanmoins depuis Danielle Mitterrand, il semblerait que le conjoint du président soit dûment salarié (indemnité mensuelle) et dispose d'avantages en nature (bureau, cabinet, secrétariat et services généraux), mais le détail du budget de la présidence n'est pas rendu public pour favoriser son indépendance. Les services de presse de la présidence et les médias en général favorisent la mise en lumière de la conjointe du président.

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Jóhanna Sigurðardóttir, Première ministre d’Islande (troisième en partant de la gauche), ouvertement lesbienne, accompagnée de son épouse Jónína Leósdóttir (à gauche) lors d’une visite officielle en Slovénie, rencontrant le président slovénien Danilo Türk et sa femme Barbara, en mai 2011.

La Première dame n’est pas toujours l'épouse du chef de l’État en titre. Dans certaines monarchie, l'épouse du Premier ministre est parfois désignée par ce terme. Dans le cas où le président n’a pas d'épouse, que celle-ci ne souhaite pas porter cette charge ou qu’elle soit décédée, c’est un autre membre de sa famille qui est responsable, par exemple Madame Ngo Dinh Nhu au Vietnam dans les années 1950 et 1960 alors que son beau-frère Ngô Đình Diệm était président, ou Keiko Fujimori au Pérou sous le mandat de son père Alberto Fujimori dans les années 1990. En France, Valérie Trierweiler fut jusqu'au mois de janvier 2014 considérée comme la Première dame de France, bien qu’elle n'était pas mariée au président François Hollande ; les médias américains l’appelaient alors la « First girlfriend » (« Première petite-amie »). Les cas où le chef de l’État ou du gouvernement est une femme sont rares : Joachim Sauer, époux de la chancelière allemande Angela Merkel apparaît ainsi rarement dans les médias et n’exerce pas vraiment de rôle public. Jóhanna Sigurðardóttir, Premier ministre d’Islande depuis 2009 est la première chef de gouvernement ouvertement lesbienne ; elle vit en couple avec la femme de lettres Jónína Leósdóttir.

Rôle et obligations[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas de définition claire du rôle des Premières dames, celui étant ou non officiel, ou non encadré par la législation en vigueur dans tel ou tel pays et dépendant du souhait de l’intéressée de remplir ce rôle. Néanmoins, certaines similitudes permettent de dresser une liste de ses activités :

  • engagements caritatifs, défense d’associations et de bonnes œuvres, ayant souvent trait à l'humanitaire, la santé ou l'éducation;
  • création d’associations ;
  • inauguration d’écoles, d’hôpitaux ou de centres d’aides ;
  • présence lors de dîners officiels et de sommets internationaux, où un programme pour les Premières dames est parfois prévu.

Il convient de noter que les Premières dames bénéficient généralement d’un service détaché de l’administration présidentielle, leur fournissant un cabinet comprenant secrétaire, chauffeur et assistants. Elles ont également parfois un bureau dans le palais présidentiel, aux États-Unis dans la Maison-Blanche, et en France dans le salon bleu du palais de l'Élysée. Ils arrivent qu’une rubrique sur le site Internet de la présidence leur soit dédié, ou un site propre, comme aux États-Unis[4], en France[5], en Côte d’Ivoire[6] ou en Haïti[7].

En termes d'obligations, la Première dame, bien que son rôle ne soit pas toujours défini est tenue à un certain devoir de réserve, qui l’empêche de prendre publiquement position pour des causes contraires à la politique du président ou de son image, quitte à en altérer la popularité. Par exemple, l’« affaire du Tweetgate » impliquant la Première dame Valérie Trierweiler en 2012 a suscité nombre de reproches, jusque dans le camp du président François Hollande, et amenée sa compagne à se faire plus discrète, avant de regretter son geste et d’accepter pleinement de remplir la fonction de Première dame.

Influence politique[modifier | modifier le code]

L'épouse de l’émir du Qatar Mozah bint Nasser al-Missned s’exprimant à la tribune du forum annuel de l’Alliance des civilisations, à Rio de Janeiro, au Brésil, en mai 2010.

Dans de nombreux pays, les Premières dames ont eu une influence certaine, que celles-ci soient des confidentes ou des collaboratrices de leurs époux, où qu'elles aient elles-mêmes mené auparavant une carrière politique ou aient bénéficié d'une formation universitaire poussée. Par exemple, dans les années 1990, aux États-Unis, Hillary Clinton[8] est nommée par son époux Bill dans le groupe de conseillers de la Maison-Blanche chargés de réfléchir aux réformes du système de santé. La décennie suivante, en France, Cécilia Sarkozy travaille longtemps dans les cabinets ministériels auprès de son époux Nicolas, avant de devenir Première dame et d'influer sur le choix de certains conseillers et ministres. En Côte d'Ivoire, alors que son mari Laurent est président, Simone Gbagbo est députée et vice-présidente de l'Assemblée nationale.

On prête même à cette dernière des ambitions présidentielles, alors qu'Hillary Clinton est elle officiellement candidate à l'élection présidentielle américaine de 2008, jusqu'aux primaires où elle est défaite par Barack Obama. Dans les années 1960, sous la Chine maoïste, la Première dame Jiang Qing avait pour sa part une influence politique telle qu'elle apparaît comme une des dignitaires les plus puissantes du régime. En Argentine, Isabel Martínez de Perón devient présidente en 1974 après le décès de son époux Juan Perón, dont elle était à la fois Première dame et vice-présidente ; le cas se reproduit en 2007, où Cristina Fernández de Kirchner, alors sénatrice et Première dame, succède à son époux Néstor en tant que présidente, lequel devient alors le conjoint de la nouvelle chef de l'État. On parle alors de « couples politiques » dont les carrières ne sont pas dissociables, chacun nourrissant l'autre de son expérience et de son influence durant le mandat de l'autre ou de ses ambitions, Bill Clinton ayant par exemple beaucoup aidé sa femme à emporter l'investiture démocrate en 2008.

Certaines Premières dames ont une influence sur des domaines précis, par exemple Mozah bint Nasser al-Missned, épouse de l’émir de Qatar, dans le monde de la culture. Elles interviennent parfois dans des grands sommets ou des meetings politiques.

« Premières dames » célèbres[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Sous le IIIe Reich (1933-1945)
Sous la République fédérale d'Allemagne (depuis 1949)

Argentine[modifier | modifier le code]

Azerbaïdjan[modifier | modifier le code]

Cameroun[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame du Cameroun.

Canada[modifier | modifier le code]

Chili[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Première dame du Chili.

Chine[modifier | modifier le code]

Le souvenir de Jiang Qing, ancienne danseuse devenue l'épouse de Mao et responsable de nombreux crimes durant la Révolution culturelle a par la suite amené à rendre les Premières dames chinoises discrètes et effacées. L'avènement de Peng Liyuan en 2013, ancienne chanteuse de renommée internationale modifie néanmoins ce statu quo[9].

Corée du Nord[modifier | modifier le code]

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame de Côte d'Ivoire.
depuis 2000

Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame d'Égypte.

Espagne[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame des États-Unis.
XXe siècle
XXIe siècle
  • Laura Bush, épouse de George W. Bush, président des États-Unis de 2001 à 2009
  • Michelle Obama, épouse de Barack Obama, président des États-Unis depuis 2009

France[modifier | modifier le code]

Sous la IVe République
Sous la Ve République

Gabon[modifier | modifier le code]

Guatemala[modifier | modifier le code]

Honduras[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

Jordanie[modifier | modifier le code]

Libye[modifier | modifier le code]

Madagascar[modifier | modifier le code]

Malaisie[modifier | modifier le code]

Maroc[modifier | modifier le code]

Mexique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame du Mexique.

Pérou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame du Pérou.

Philippines[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame de Pologne.

Qatar[modifier | modifier le code]

République tchèque[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame de Russie.

Union soviétique[modifier | modifier le code]

Rwanda[modifier | modifier le code]

Syrie[modifier | modifier le code]

Tunisie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première dame de Tunisie.

Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Première dame de fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Pinot-Duclos, François Barrière (préf.), Mémoires secrets sur le règne de Louis XIV, la Régence et le règne de Louis, 1846, 425 pages, p. 303, rééd. 1865 [Lire en ligne sur books.google.fr]
  2. Camille Rousset, Histoire de Louvois et de son administration politique et militaire, 1863, p. 385 [lire en ligne sur books.google.fr]
  3. Émile Bégin, Histoire de Napoléon, de sa famille et de son époque, 1853, p. 228 [lire en ligne sur books.google.fr]
  4. « The First Ladies », sur http://www.whitehouse.gov/ (consulté en 8 décembre 2012)
  5. « Pourquoi Valérie Trierweiler a disparu du site Internet de l’Élysée », sur http://lelab.europe1.fr/, Le Lab (Europe 1) (consulté en 8 décembre 2012)
  6. « Site de Simone Gbagbo, Première dame de Côte d’Ivoire » (consulté en 8 décembre 2012)
  7. « Site de la Première dame d’Haïti » (consulté en 8 décembre 2012)
  8. Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubyszyn, La Frondeuse, éditions du Moment, 2012, page 206.
  9. Michel Peyrard, « Peng Liyuan - Chanteuse et Première dame », pages 80 à 85, Paris Match du 15 au 21 novembre 2012, n°3313.
  10. François et elle : un couple en équilibre, Élise Karlin, L'Express, 25 mai 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armelle Le Bras-Chopard, Première dame - Second rôle, Seuil, 2009.
  • Constance Vergara, Valérie, Carla, Cécilia, Bernadette et les autres, en campagne, Tallandier, 2012.
  • Vincent Hugeux, Reines d'Afrique - Le roman vrai des Premières dames, Perrin, 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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