Spire (ville)

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Spire
Speyer
Image illustrative de l'article Spire (ville)
Blason de Spire
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Flag of Rhineland-Palatinate.svg Rhénanie-Palatinat
District
(Regierungsbezirk)
Ville indépendante
Arrondissement
(Landkreis)
Spire (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
4
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Hansjörg Eger
Partis au pouvoir CDU
Code postal 67346
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
07 3 18 000
Indicatif téléphonique 06232
Immatriculation SP
Démographie
Population 50 513 hab. (30 juin 2006)
Densité 1 186 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 19′ 00″ N 8° 26′ 00″ E / 49.3167, 8.433349° 19′ 00″ Nord 8° 26′ 00″ Est / 49.3167, 8.4333  
Altitude Min. 92 m – Max. 113 m
Superficie 4 258 ha = 42,58 km2
Localisation

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Spire

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Spire
Liens
Site web www.speyer.de

Spire (Speyer en allemand) est une ville portuaire et un arrondissement au sud du Land de Rhénanie-Palatinat. Elle comptait 50 513 habitants au 30 juin 2006.

Le Conseil de l'Europe lui décerne le Prix de l'Europe de 1999[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Spire est une ancienne ville impériale, dont l'imposante cathédrale romane est l'un des monuments majeurs de l'art du Saint-Empire romain.

Cette cathédrale a été, pendant près de 300 ans, le lieu de sépulture de huit rois et empereurs allemands.

Celtes, Romains et Germains[modifier | modifier le code]

Époque pré-romaine[modifier | modifier le code]

Des traces d’occupation préhistorique ont été trouvées dans la région de Spire. Si ces traces sont très rares (restes de céramiques à Schöneck) pour la période néolithique (6000 avant J.-C.), des restes de sépultures de l’âge de bronze (2000 jusqu’à 800 avant J.-C.) ont été découverts dans la zone du centre ville. Deux centres d’occupation de l’âge de bronze tardif ont été retrouvés dans la zone de l’Armbrustraße/Johannesstraße (centre ville) et dans les environs de Vogelgesang/Germansberg (Sud de Spire). Il devait s’agir de deux hameaux ou d’un regroupement de quelques fermes.

L’existence d’habitat et d’occupation humaine ont pu être aussi prouvés pour la période du bronze (à partir de 800 avant J.-C.). Pour l’âge de fer, ou l’âge de La Tène (environ 450 avant J.-C.) des restes d’habitat ont été aussi découverts dans les environs des anciens établissements horticoles municipaux (St. Klara Kloster Weg) et à l’endroit de l’actuelle Johannesstrasse. Toutefois, on ne peut parler aussi pour la période de l’âge de fer que de petits hameaux ou regroupements de quelques fermes, il n’existait pas à cette époque à Spire de cité ou village à proprement parler.

Période romaine[modifier | modifier le code]

L’histoire de Spire en tant que cité commence avec la conquête romaine. Un premier poste militaire est mis en place vers l’an 12 et 8 avant J.-C. Il s’agit d’un camp militaire romain d’une superficie de 2 hectares environ, qui abrite une garnison de 200 à 300 hommes, vite accompagné, aux alentours, d'une petite agglomération civile.

Afin d’assurer la protection et le ravitaillement en produits agricoles, les Romains favorisent l’implantation des Triboques dans la région de l’Alsace actuelle (Brocomagus : Brumath), des Vangions dans les environs de Worms (Borbetomagus), et d’autres tribus celtiques d'outre Rhin comme les Némètes, précisément autour de Spire dans le Palatinat. Toutes trois lassées des attaques incessantes de leurs voisins germains. À cette époque, la population celte reste cependant relativement peu nombreuse dans la région.

Le petit camp romain d’origine est remplacé entre l’an 10 et 17 après J.-C. par une installation plus conséquente. Le nouveau camp romain est suffisamment grand pour accueillir une unité auxiliaire, soit 500 hommes. À ce camp s’ajoute une agglomération civile importante (Vicus) qui dispose d’un bâtiment de marché central, construit vers l’an 30 après J.-C., ce qui prouve qu’à l’époque de l’empereur Tibère ce vicus possède déjà un droit de marché.

Entre l’an 30 et 35 après J.-C., ce deuxième campement romain est à son tour remplacé par un nouveau camp, situé entre la Schustergasse et la Heydenreichstrasse. Très peu de preuves concrètes concernent ce camp, supposé avoir existé jusqu’en 72, époque où les troupes militaires romaines quittent la ville. Le camp est alors abandonné, puis rasé.

En l’an 83 après J.-C. la province de Germanie supérieure (Germania superior) est constituée, et le Vicus de Spire du nom celtique Noviomagus devient siège de l’administration du district de Nemeter. La population de cette colonie peut avoir atteint 10 000 habitants, lors sa plus grande expansion. La cité de Noviomagus est plusieurs fois mentionnée, en particulier dans la table de Peutinger (Tabula Peutingeriana), une carte datant du IIIe siècle. Noviomagus atteint aux IIe et IIIe siècles une surface d’environ 25 hectares, ce qui en fait une ville moyenne d’une certaine importance, disposant d'un amphithéâtre.

Les invasions barbares[modifier | modifier le code]

À la fin du IIIe siècle, la ville est complètement détruite par les invasions des Alamans, et reconstruite au début du IVe siècle sur un tiers de sa surface primitive. Le Rhin redevient frontière de l’Empire romain, Noviomagus est mentionnée alors comme Nemetæ. En l’an 352 après J.C., les attaques des Germains reprennent. Sous Valérien Ier (365-375), la Spire romaine vit ses heures de gloire, et un mur d’enceinte est construit autour de la ville, dont des vestiges sont encore visibles dans les jardins des archives situées près de la cathédrale.

Vers le milieu du Ve siècle, des colonies franques s’installent autour de Spire, Winternheim sur la zone de l’actuel quartier Vogelgesang, Altspeyer sur l’emplacement des anciens établissements horticoles municipaux (St. Klara Kloster Weg). Vers l’an 800, le nom de Spire commence à faire son apparition, indice d’un métissage entre la population romanisée et les Francs, au pouvoir à partir de l’an 506. Dans les documents officiels, la dénomination Nemetæ vel Spira est utilisée jusqu’au Xe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Empereurs et évêques[modifier | modifier le code]

À partir de l’an 614, la présence d’évêque Hilderich est prouvée. Des traces de nomination en l’an 343 d’un évêque Jesse ont été retrouvées. Des résultats de fouilles prouvent la présence ancienne d’une communauté chrétienne, mais aucune église épiscopale n’a pas pu être trouvée dans des fouilles archéologiques. Cette église est supposée se trouver dans la zone de l’actuelle cathédrale, à l'emplacement du centre de la cité romaine et du bas Moyen Âge.

C’est à l’abbaye de Spire qu’Agnès d'Aquitaine prend le voile en 1062, après le conflit avec la papauté.

Pendant les VIIe et VIIIe siècles, Spire joue un rôle secondaire, et sa fonction économique reste régionale. C’est seulement à partir du Xe siècle, que la présence d’un château impérial, dans les environs du complexe de l’ancienne mairie du haut Moyen Âge est prouvée.

L’extension de la ville, en tant que telle, commence avec l’élection du roi salien Conrad II en l’an 1024. La période du Xe siècle au XIVe siècle est l’une des plus marquantes et la plus brillante de son histoire. C’est aussi la période de son indépendance, bien que Spire n’ait jamais eu les mêmes droits que d’autres cités impériales libres, période qui commence par le soutien de l’empereur salien aux XIIe et XIIe siècles, et se termine avec le règne de l’empereur Sigismond (1410-1437).

Pendant la période de l’expansion salienne, la cathédrale se construit (commencement des travaux en 1027/1030) et l’attribution des privilèges sous le règne de Henri V en 1111. En 1168, Philippe de Souabe autorise les bourgeois à élire douze des leurs : c’est l’acte de naissance du conseil municipal spirois (un des plus anciens au nord des Alpes).

Le 27 décembre 1146, Bernard de Clairvaux vient à Spire prêcher la deuxième croisade devant l'empereur Conrad III, qui, séduit par l'homme, se croise aussitôt.

Droit de cité[modifier | modifier le code]

Au début du XIIIe siècle, la ville reçoit son premier droit de cité. Au début du XIVe, la ville se délivre du pouvoir épiscopal et à partir de la moitié du XIVe siècle des corporations. Au XVe siècle, Speyer est un centre important de fabrication du drap. La garance, plante utilisée en teinturerie, est plantée en grandes quantités autour de Spire, et la garance spiroise, “Speyerer Röte“ est alors une référence. Environ 15 % de la population, soit 1 500 personnes, travaillent pour la fabrication du drap. À partir de la fin du XVe siècle, Spire dispose de nombreuses imprimeries, des familles Drach, Hist, Biber et Schmidt. Peter Drach, le Vieux, et le Jeune sont trois générations d’imprimeurs des plus connus, qui vendent leurs livres dans tout l’empire.

Spire vers 1570 (gravure de Franz Hogenberg)

Communauté juive[modifier | modifier le code]

Les populations juives, depuis 1084, et les Frisons, représentent au Moyen Âge (des XIe et XIIe siècles) les principaux marchands (negotiatores manentes), où les deux diaspora bénéficient de l'immunité de la cathédrale. Le bain des Juifs, qui servait aux ablutions rituelles, fut aménagé au XIIe siècle dans la cour des Juifs (Judenhof), le centre du quartier juif au Moyen Âge, par des ouvriers engagés pour la construction de la cathédrale.

Naissance du protestantisme à Spire[modifier | modifier le code]

Les bourgeois de Spire adoptent rapidement les idées de la Réforme, même si la ville ne reconnaît pas officiellement la nouvelle croyance. La présence de la cour de justice impériale de 1526 jusqu’à 1689 dans la ville de Spire joue certainement un rôle dans ce domaine. En 1526, la première diète de Spire (voir aussi: Diète de Spire) laisse à chaque prince allemand une certaine liberté religieuse. Pendant le XVIe siècle, une série de diètes impériales (Reichstagen) se tiennent aussi à Spire en particulier la diète du protestantisme (Protestationsreichstag) en 1529, qui a donné son nom à l’église protestante. Cette seconde diète rend des conclusions moins permissives, qui déplaisent aux disciples de Martin Luther. Ceux-ci protestent et deviennent donc protestants. Entre 838 et 1570, cinquante diètes impériales se tiennent à Spire.

Guerre de succession[modifier | modifier le code]

L’ancienne mairie

En 1689, lors des guerres de succession du Palatinat, la cathédrale et la ville sont presque totalement incendiées par Ezéchiel de Mélac et les troupes françaises de Louis XIV. Dix ans après, les habitants sont autorisés à se réinstaller dans la ville détruite. Tous les bâtiments historiques sont construits lors de cette période, à partir de 1700, comme la mairie, l’église de la Trinité, la maison des marchands sur la place de l’ancien marché et de nombreuses maisons bourgeoises. Au vu de l’attitude récalcitrante de la population, le prince-évêque et cardinal, Mgr Damien de Schönborn-Buchheim, décide de transférer sa résidence à Bruchsal, et ne fait construire à Spire que sa résidence d’été. L'ancienne mairie de Spire fut erigée par Johann Adam Breunig pendant 1712 et 1726.

Spire sous-préfecture de département français[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 1792, Spire est prise une première fois par les troupes révolutionnaires françaises (général Custine)[2]. Après 1796, la ville reste française jusqu’en 1814, en tant que sous-préfecture du département du Mont-Tonnerre, la préfecture étant à Mayence (Mainz). Après la chute de l’empire napoléonien en 1814, Spire se trouve sous la tutelle du royaume bavarois, et reste jusqu’en 1938 siège du gouvernement du Palatinat.

Au début du XIXe, et même dès le XVIIIe, les restes des fortifications entourant la ville sont enlevés et de nombreuses ruines d’églises définitivement rasées. Lors de la période bavaroise sont construits de nombreux monuments, dont l’église du Souvenir (Gedächtniskirche) et le musée historique du Palatinat.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Spire est jumelée avec

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://assembly.coe.int/Committee/ENA/EuropaPrize/50thAnniversary/EuropePrizeMap.asp
  2. Jean Delmas (historien) (directeur), De 1715 à 1870, Presses universitaires de France, Paris, 1992, in André Corvisier (directeur), Histoire militaire de la France, ISBN 2-13-043872-5, p. 265