Accident aérien
Un accident aérien est un événement lié à l'utilisation d'un aéronef et qui entraîne la mort d'une ou plusieurs personnes ou une grave voire une totale destruction de l'appareil.
Les accidents qui intéressent les avions de ligne entrent dans la catégorie des catastrophes aériennes, en raison de leur soudaineté et du nombre de victimes. Les accidents aériens peuvent être classés suivant plusieurs critères :
- destruction de la cellule en vol : collision entre deux avions, défaut structurel majeur, incendie, attentat terroriste, interception par la Défense aérienne du pays survolé, etc.
- destruction de la cellule par impact au sol (en anglais « crash ») : erreur de navigation et percussion d'un obstacle, incident mécanique grave obligeant le pilote à tenter un atterrissage de fortune, etc.
- accidents au sol : collision entre un avion en phase de décollage ou d'atterrissage avec un autre avion ayant pénétré sur la piste, etc.
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Contexte et définitions [modifier]
La notion d'accident aérien[1] inclut tous les types d'appareils (avions, hélicoptères, ballons, etc.) et toutes les activités aériennes militaires (hors conflits), commerciales ou de loisirs. La distinction entre accident et incident n'est pas partout identique ; les accidents incluent les cas entraînant un décès et, parfois, la destruction de l'appareil.
L'exercice d'une activité aérienne et l'aéronef utilisé sont le plus souvent soumis à règlementations et les accidents aériens font l'objet d'une enquête pour influer sur les normes de construction, les procédures d'emploi et l'entraînement des opérateurs. Les accidents aériens concernant les activités de loisirs font rarement l'objet de rapports publics, ceux concernant les activités militaires peuvent être classifiés. A contrario, les accidents concernant les activités commerciales et, en particulier, le transport de passagers sont l'objet de l'attention des médias qui leur attribuent le terme de catastrophe aérienne en raison de leur soudaineté et du grand nombre de décès. Les services officiels sont sollicités afin de participer à l'attribution des responsabilités.
En France, selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA)[2], un accident aérien est un « événement, lié à l'utilisation d'un aéronef, qui se produit entre le moment où une personne monte à bord avec l'intention d'effectuer un vol et le moment où toutes les personnes, qui sont montées dans cette intention, sont descendues, et au cours duquel :
- une personne est mortellement ou grièvement blessée du fait qu'elle se trouve : - dans l'aéronef, ou - en contact direct avec une partie quelconque de l'aéronef, y compris les parties qui s'en sont détachées, ou - directement exposée au souffle des réacteurs, sauf s'il s'agit des lésions dues à des causes naturelles, de blessures infligées à la personne par elle-même ou par d'autres ou de blessures subies par un passager clandestin caché hors des zones auxquelles les passagers et l'équipage ont normalement accès ;
- ou l'aéronef subit des dommages ou une rupture structurelle : - qui altèrent ses caractéristiques de résistance structurelle, de performances ou de vol, et - qui devraient normalement nécessiter une réparation importante ou le remplacement de l'élément endommagé, sauf s'il s'agit d'une panne de moteur ou d'avarie de moteur lorsque des dommages sont limités au moteur, à ses capotages ou à ses accessoires, ou encore de dommages limités aux hélices, aux extrémités d'ailes, aux antennes, aux pneumatiques, aux freins, aux carénages ou à de petites entailles ou perforations du revêtement, ou ;
- l'aéronef a disparu ou est totalement inaccessible. »
De même[2], un incident aérien est un « événement autre qu'un accident, lié à l'utilisation d'un aéronef qui compromet ou pourrait compromettre la sécurité de l'exploitation. »
Historique [modifier]
À partir du moment où l'homme a tenté de voler, il était inévitable que se produisent des accidents[1]. Ainsi l'un des premiers aérostiers Jean-François Pilâtre de Rozier s'écrase près de Boulogne-sur-Mer avec son ballon mixte en tentant la traversée de la Manche le 15 juin 1785. Otto Lilienthal, inventeur et expérimentateur des premiers planeurs meurt lors de son 2 500e vol le 10 août 1896. Le lieutenant Thomas Selfridge est le premier passager[1] victime d'un accident d'avion le 17 septembre 1908, quand, à Fort Myer (en Virginie), le Wright Flyer III des frères Wright s'écrase.
La première catastrophe aérienne, accident impliquant des avions assurant le transport de passagers à titre commercial, se produit le 7 avril 1922 avec la collision en vol de deux appareils, un Farman F.60 Goliath des Grands Express Aériens et un de Havilland DH 18 de Daimler Airway (en), assurant des liaisons entre Londres et Paris. L'augmentation du trafic aérien et, corollairement, celle de la taille des avions engendrent des accidents où le nombre de victimes est de plus en plus important. La collision entre un Lockheed 1049 et un Douglas DC 7 en Arizona le 30 juin 1956 serait la première catastrophe où le nombre de victimes serait supérieur à 100[1].
Typologie des accidents [modifier]
Le classement des accidents[1] en fonction de leurs causes sert essentiellement à agir au niveau de la certification des aéronefs ou de leurs sous-ensembles, au niveau des procédures d'exploitation, de la maintenance ou de la formation des pilotes ou techniciens. L'industrie du transport aérien est soumise à de nombreuses règlementations internationales et nationales. La médiatisation des catastrophes aériennes et les risques économiques liés à la confiance du public génèrent une pression pour que chaque accident soit expliqué, que les responsabilités soient établies et que des mesures correctives soient prises.
- Rupture d'un élément : l'origine potentielle est un défaut de conception ou de construction aboutissant à un sous-dimensionnement d'un élément par rapport aux efforts réels qu'il subit ; les conséquences sont immédiates et irréversibles ;
- Perte ou déformation importante d'un élément de la structure ;
- Perte d'une porte ou d'un hublot, ouverture d'une porte ou d'une trappe : sur un aéronef pressurisé la chute quasi instantanée de la pression peut entraîner la rupture du fuselage ou celle des circuits de servitude ;
- Perte d'un moteur, d'une hélice, éclatement du compresseur ou de la turbine d'un réacteur ;
- Éclatement d'un pneu après rétraction du train : la température des disques de frein ou du pneu peut entraîner une élévation de la pression ;
- Rupture d'arrimage de la cargaison.
- Défaut de fonctionnement d'un élément : l'origine potentielle est un défaut de maintenance ; les conséquences sont souvent indirectes et l'accident est dû à une accumulation de causes ;
- Panne moteur ;
- Défaut de fonctionnement des commandes : blocage ;
- Défaillance des servitudes électriques, hydrauliques ou de la pressurisation : l'absence d'énergie électrique ou hydraulique se répercute sur le fonctionnement des autres servitudes ; un défaut de pressurisation peut entraîner une défaillance de l'équipage ;
- Incendie ou fumée ;
- Défaut de réglage, de lecture ou dysfonctionnement des instruments de bord : entraîne une erreur de pilotage ou de navigation ;
- Panne de carburant ;
- Pollution du carburant : utilisation de carburants non certifiés ou dont les caractéristiques ont été détériorées pendant le stockage ;
- Défaillance de l'équipage : malaise ou incapacité.
- Météorologie : l'origine potentielle est extérieure à l'aéronef et résulte d'une information ou d'une préparation insuffisante ;
- Accumulation de neige ou de glace : la présence de neige ou de glace sur la structure alourdit l'aéronef et modifie le profil des éléments sustentateurs entraînant une augmentation de la traînée et une diminution de la portance. L'obturation des entrées d'air sur les moteurs peut entraîner leur arrêt. L'obturation du tube Pitot prive le pilote d'une information essentielle au pilotage.
- Impact avec la grêle ;
- Foudroiement : entraîne des dysfonctionnement des instruments de bord ;
- Aquaplanage au décollage ou à l'atterrissage ;
- Cisaillement.
- Impact : l'aéronef est en état de voler jusqu'au moment de l'impact ;
- Collision avec un oiseau ou ingestion d'oiseau par un moteur ;
- Impact avec le relief : la cause potentielle est une erreur de navigation ;
- Impact sur l'eau : cas particulier des hydravions à l'atterrissage ; de nombreux aérodromes ont une entrée de piste proche d'un plan d'eau et un atterrissage « court » peut se terminer dans l'eau ;
- Collision avec un autre aéronef au sol ou en vol ;
- Sortie de piste.
- Composante externe : l'aéronef est en état de voler et tous les systèmes sont opérationnels jusqu'au moment de l'impact ;
- Conséquence de l'accident d'un tiers : collision avec un élément d'un autre aéronef accidenté ;
- Attentat terroriste, sabotage ;
- Interception aérienne.
Un accident n'a que rarement une cause unique, il résulte d'une série d'incidents, qui pris séparément, pourraient être sans conséquence grave. Ainsi, lorsque les forces aériennes de l'Union soviétique détruisent en vol le Boeing 747 du vol 007 de la Korean Airlines qui pénètre dans leur espace aérien, l'origine de la catastrophe est facilement identifiable : destruction de la cellule par un missile ; mais, dans un deuxième temps, l'analyse montre que la présence de l'avion dans une zone interdite était probablement due à une erreur de navigation qui pouvait avoir, elle-même, plusieurs origines : erreur humaine ou dysfonctionnement de l'instrument. Par ailleurs, les procédures de communication entre l'avion et le contrôle aérien local n'ont pas fonctionné correctement, etc.
D'après des statistiques américaines, les erreurs de pilotage représentent un peu plus de la moitié des causes primaires des accidents aériens dans le domaine des vols commerciaux (hors domaine militaire et petits avions)[3], et cette proportion tend à augmenter suite en particulier à l'amélioration de la fiabilité du matériel.
Les statistiques démontrent qu'il y a de bonnes chances de survie dans les accidents au sol. La destruction de l'avion peut avoir lieu après la mort de l'équipage et des passagers. En cas de panne généralisée du circuit de pressurisation on a pu voir des avions continuer à voler en mode automatique pendant plusieurs heures et percuter le sol après épuisement du carburant.
Statistiques [modifier]
En moyenne, on déplore moins d'un accident mortel par million de vols ou, dit autrement, un accident mortel pour 2 millions d'heures de vol (la durée moyenne d'un vol étant de 2 heures). Cette valeur est stable depuis plusieurs années. Devant l'augmentation constante du trafic aérien, on peut prévoir qu'en valeur absolue le nombre d'accidents doit également augmenter.
Cependant, comme le montre le tableau ci-dessous[4], le nombre de morts en valeur absolue a connu une forte diminution ces dernières années, due principalement à l'amélioration des consignes et systèmes de sécurité.
| Année | Nombre de tués |
|---|---|
| 1996 | 2 758 |
| 1997 | 1 779 |
| 1998 | 1 714 |
| 1999 | 1 130 |
| 2000 | 1 567 |
| 2001 | 1 535 |
| 2002 | 1 399 |
| 2003 | 1 224 |
| 2004 | 766 |
| 2005 | 1 455 |
| 2006 | 1 293 |
| 2007 | 968 |
| 2008 | 876 |
| 2009 | 569 |
En France, en 2009, 253 accidents aérien ont fait 90 morts et en 2010, 235 accidents aériens ont fait 74 victimes[5].
Notes et références [modifier]
- (en) Kenneth Allen, « Air Disasters », dans David Mondey, The International Encyclopedia of Aviation, New York, Crown Publishers, Inc, 1977
- Glossaire du BEA - Bureau d'enquêtes et d'analyses
- (en) http://www.planecrashinfo.com/cause.htm
- Bureau d'archives des accidents aéronautiques, 2 juin 2009
- Les accidents aériens ont reculé en France en 2010 - 20 minutes / AFP, 23 février 2011