Moonraker (film)

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Moonraker

Description de l'image  Moonraker-logo.svg.
Titre original Ian Fleming's Moonraker
Réalisation Lewis Gilbert
Scénario Christopher Wood
Acteurs principaux
Sociétés de production Les productions Artistes associés
EON Productions
Danjaq
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la France France
Genre Espionnage
Sortie 1979
Durée 121 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Moonraker[1] est un film franco-britannique réalisé par Lewis Gilbert et sorti en 1979. C'est le 11e opus de la série des films de James Bond produite EON Productions. Roger Moore y incarne James Bond pour la quatrième fois.

Moonraker est l'adaptation cinématographique du roman Moonraker de Ian Fleming paru en 1955. En France, le roman avait d'abord été édité sous le titre Entourloupe dans l'azimut. Le film ne reprend cependant qu'une seule scène du livre.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'agent secret britannique James Bond enquête sur la disparition d'une navette spatiale américaine, « Moonraker », confiée au gouvernement britannique. 007 se rend aux États-Unis pour interroger le responsable de la construction de la navette, Sir Hugo Drax. Il y fait la rencontre de la charmante Holly Goodhead et découvre que Drax est en fait le responsable de la disparition de la navette.

Requin, son vieil ennemi de 2,18 mètres à la mâchoire d'acier, a été engagé par Drax pour tuer Bond. Ce dernier découvre rapidement le plan de Drax : détruire toute vie humaine sur Terre et y recréer un nouveau monde à l'image d'une « super-race » parfaite, dont les géniteurs ont été choisis par Drax et mis en sûreté dans sa station spatiale invisible, une sorte d'arche de Noé spatiale. Requin, trahi par Drax, rejoint 007 avec sa nouvelle petite amie blonde d'1,5 m. Ensemble, 007, Holly et Requin sauvent la vie humaine terrestre de la destruction.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légendes : Version française (VF) sur AlloDoublage[4]

Lieux de l'action[modifier | modifier le code]

  • Espace (station spatiale de Drax en orbite autour de la Terre)

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et écriture[modifier | modifier le code]

Le générique de fin du précédent film L'Espion qui m'aimait disait que James Bond reviendrait dans Rien que pour vos yeux. Suite au succès de Star Wars en 1977, les producteurs décident cependant d'adapter le roman Moonraker, assez proche de la science-fiction[6]. Ce roman, publié par Ian Fleming en 1955, avait déjà été acheté par l'acteur John Payne, avant d'être revendu quelques années après à Harry Saltzman, producteur historique de la saga avec Albert R. Broccoli.

Pour coller davantage à la science-fiction, l'intrigue du roman est fortement modifiée, ne conservant que quelques éléments, comme le personnage de Hugo Drax. Le scénariste de Vivre et laisser mourir et L'Homme au pistolet d'or Tom Mankiewicz écrit alors un traitement, finalement rejeté[7]. C'est finalement l'écrivain Christopher Wood, déjà scénariste de L'Espion qui m'aimait, qui est engagé.

Casting[modifier | modifier le code]

Le film étant une coproduction française, on y retrouve plusieurs acteurs français dont Michael Lonsdale, Corinne Cléry, Blanche Ravalec ou encore Jean-Pierre Castaldi.

L'actrice Lois Chiles, qui joue le rôle de l'agent de la CIA Holly Goodhead, a failli interpréter le rôle d'Anya Amasova dans L'Espion qui m'aimait[6].

Richard Kiel reprend le rôle de Requin, cette fois-ci aux services de Drax en remplacement de Chang, à la demande du fils du producteur Michael G. Wilson. Admiratif envers le personnage, il a même souhaité que l'on fasse de celui-ci quelqu'un de gentil.

L'une des « élues » de Drax est jouée par Melinda Maxwell, âgée de 22 ans à l'époque, la fille de Lois Maxwell (qui joue le rôle de miss Moneypenny).

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute le 14 août 1978[2]. Le tournage habituellement situé le plateau 007 des Pinewood Studios est finalement délocalisé en France, en raison de taxes trop contraignantes au Royaume-Uni à cette époque. Seuls quelques intérieurs sont tournés à Pinewood en Angleterre.

Un plateau gigantesque est construit par Ken Adam en France. Le tournage alterne entre les studios d'Épinay-sur-Seine et Boulogne-Billancourt[8]. Des tonnes de métal sont utilisées pour créer la station spatiale.

Les extérieurs et le Grand Salon du manoir de Drax, situé en Californie dans l'histoire, ont en réalité été tournées en France au Château de Vaux-le-Vicomte près de Melun en Seine-et-Marne. Les scènes d'intérieurs ont quant à elle été tournées au Château de Guermantes dans le même département[9]. La rencontre entre James Bond et Holly Goodhead a été tournée en France au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris.

Alors que les intérieurs du QG de la Pyramide de Drax ont été tourné en studio en France, les extérieurs l'ont été sur le site maya des Pyramides de Tikal au Guatemala.

La scène en extérieur où Bond, poursuivi par Requin, s'échappe à bord d'un deltaplane a pour cadre les Chutes d'Iguazú tournée à la frontière entre l'Argentine et le Brésil.

Le reste du tournage :

Lieux d'actions selon la chronologie du film

Bande originale[modifier | modifier le code]

Moonraker

Bande originale par John Barry
Sortie 1979
1998 (réédition CD)
2003 (réédition CD)
2009 (réédition CD)
Enregistré Avril 1979
Londres
Paris
Durée 30:54
Genre Musique de film, Disco
Format Vinyle
CD (réédition)
Producteur Gregg Ogorzelec
Frank Collura (réédition)
Label EMI
Capitol (réédition)
Critique

Bandes originales James Bond

Après avoir été remplacé par Marvin Hamlisch pour L'Espion qui m'aimait, John Barry revient pour sa 8e bande originale d'un film de James Bond.

Frank Sinatra devait interpréter la chanson-titre du film, avant que Johnny Mathis ne soit engagé. Non satisfait par le titre, il quitte finalement le projet. Kate Bush refuse quant à elle d'y partiper[12]. C'est finalement Shirley Bassey, déjà interprète de "Goldfinger" et "Diamonds are Forever", qui est choisie quelques semaines à peine avant la sortie du film. "Moonraker" est écrite Hal David, notamment auteur de "We Have All the Time in the World" sur la B.O. de Au service secret de Sa Majesté. Le film contient deux versions de la chanson, la ballade entendue dans le générique d'entrée et une version plus disco dans le générique de fin. Dans la confusion, United Artists commercialise en single la version disco sous le titre "Moonraker (Main Title)" et vice-versa. Contrairement à d'autres chansons de la saga, "Moonraker" n'est pas un succès dans les charts, en raison notamment du manque de promotion dû à la rapidité de l'enregistrement.

Cette bande originale marque un tournant dans le style musical que John Barry a voulu donner à la saga, abandonnant les cuivres au profit des cordes.

Outre les compositions de Barry, on peut entendre des musiques empruntés à d'autres films. La mélodie composée sur le digicode du laboratoire à Venise est celle du film Rencontres du troisième type (1977). Albert R. Broccoli demanda directement l'autorisation à Steven Spielberg. Quelques années plus tard les rôles seront inversés avec le James Bond Theme dans Les Goonies[6]. Lors de la chasse à courre dans le château de Drax, les notes qui sortent du cor de chasse sont celles du début du film 2001, l'Odyssée de l'espace (1968). La mélodie jouée lors de la chevauchée de James Bond pour rejoindre le couvent où l'attendent Moneypenny, « Q » et « M » est celle du film Les Sept Mercenaires (1960).

Liste des titres
  1. "Moonraker (Main Title)" – Shirley Bassey
  2. "Space Lazer Battle"
  3. "Miss Goodhead Meets Bond"
  4. "Cable Car and Snake Fight"
  5. "Bond Lured to Pyramid"
  6. "Flight into Space"
  7. "Bond Arrives in Rio and Boat Chase" (contient des éléments du thème 007)
  8. "Centrifuge and Corrine Put Down"
  9. "Bond Smells a Rat"
  10. "Moonraker (End Title)" – Shirley Bassey

Novélisation[modifier | modifier le code]

Moonraker a fait l'objet d'une novélisation par Christopher Wood, dont l'histoire reprend le scénario du film écrit par lui-même. Le roman a été publié en 1979 au Royaume-Uni sous le titre de James Bond and Moonraker et en 1977 en France, avec une traduction de André Gard chez Fleuve noir la même année, sous le titre de James Bond 007 et le Moonraker.

Contrairement à la précédente novélisation de Christopher Wood sur L'Espion qui m'aimait qui montrait des différences significatives entre le livre et le film, celle de Moonraker est presque identique au film. On peut toutefois relever quelques différences : le personnage de Corinne Dufour est renommée Trudi Parker et, contrairement à la plupart des romans de James Bond, Q est bien appelé Q et non « major Boothroyd ». La raison pour laquelle le Moonraker est envoyé en Angleterre est expliquée : celui-ci doit y recevoir une technologie anti-missile d'interception. La description physique de Drax est proche de celle que Fleming fait dans Moonraker (cheveux roux, visage défiguré, ...), on trouve aussi une trace germanique dans sa voix. La scène de la chasse n'est pas présente dans la novélisation, mais Corinne / Trudi trouve la mort de la même façon. Chez Drax, 007 trouve un micro dans sa chambre. La course poursuite en gondole est plus courte et son dénouement est différent : il n'y a pas de coussin gonflable. Le personnage de Requin (nommée « Dents d'acier » dans la version de française du roman) n'apparait pas dans la scène en parachute, ni dans la course poursuite en bateaux en Amérique du Sud ; sa petite amie Dolly n'apparait pas dans la novélisation. Sur le téléphérique, Holly utilise l'un de ses gadgets pour contrer Requin. Un satellite Russe est envoyé à la station spatiale de Drax avant l'arrivée des américains. Les hommes de Drax possèdent des véhicules lors du combat spatial, c'est d’ailleurs grâce à l'un d'eux que Requin désarrime le Moonraker 5 ; durant ce même combat, la priorité de Bond est de neutraliser une tourelle défensive. Les motivations de Drax sont approfondîtes : il justifie son investissement dans le programme spatial américain pour ne pas laisser aux Russes le contrôle de l'espace ; entre autres le but de son plan est de régler les futurs problèmes de surpopulation qui entraineraient selon lui plus de famine, plus de pollution et plus de guerres (qui feraient disparaitre les héritages des civilisation, les arts...).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Alt=Image de la Terre Mondial 
210 308 099 $[14]
Drapeau de la France France 
3 171 274 entrées[14]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Pour des raisons fiscales, la production délaissa Pinewood au bénéfice de la France, le plateau 007 de Pinewood n’étant utilisé que pour quelques effets spéciaux particulièrement délicats à réaliser.
  • Parmi les sites envisagés pour le tournage figurait l'Inde, mais il s'avéra que ce pays ne cadrait pas avec l'intrigue. De même, une première version du « micro-jet » fut abandonnée avant la finalisation du scénario. Ces deux idées seront reprises dans Octopussy (1983).
  • L'acteur bilingue Michael Lonsdale fait un ennemi particulièrement sinistre, mais à l'origine il ne fut envisagé pour le rôle de Drax qu'en raison de sa nationalité : la production avait besoin d'une vedette française parlant anglais afin de respecter la réglementation fiscale française concernant les coproductions.
  • Moonraker fut le dernier film de Bernard Lee en tant que « M ». Il avait créé le rôle pour James Bond 007 contre Dr No (1962) et l'avait conservé pendant les 11 opus suivants. Lee mourut en 1981 et, par respect pour sa mémoire, le film qui suivit son décès, Rien que pour vos yeux (1981), ne comporta pas le personnage de « M ».
  • Lois Chiles, qui interprète dans le film le Dr. Holly Goodhead, s'était vu proposer le rôle d'Anya Amasova dans L'Espion qui m'aimait (1977), mais l'avait décliné, ayant alors mis un terme temporaire à sa carrière. Elle décrocha ensuite le rôle de Holly à la suite d'une rencontre inopinée avec le réalisateur Lewis Gilbert : ils se trouvaient par hasard à bord du même avion.
  • Roger Moore se présenta avec quelques jours de retard pour le tournage à Rio de Janeiro, en raison de troubles rénaux. Dès l'atterrissage, il alla se faire maquiller et habiller avant de retourner à l'avion afin d'y être filmé en train d'arriver à Rio en tant que James Bond.
  • Dans la version originale du film, le personnage de « Requin » s'appelle Jaws (Mâchoires en anglais) en clin d'œil au titre original du film Les Dents de la mer (1975). À la fin du film, il sauve James Bond, même s'il se sait lui-même condamné. L'acteur qui joue ce rôle est Richard Kiel, qui apparaît d'abord dans le film précédent, L'Espion qui m'aimait (1977).
  • À la différence des requins qui menaçaient Sean Connery dans Opération Tonnerre (1965), les pythons du repaire amazonien de Hugo Drax ne s’intéressèrent pas du tout aux cascadeurs. L'eau étant trop froide pour leur confort, les reptiles s’arrangeaient pour en sortir le plus rapidement possible.
  • La seule voiture que Bond conduise dans ce film est une Mini Moke modifiée, lors d'une scène au repaire amazonien de Drax. On ne vit que deux fois (1967) est le seul film de Bond dans lequel on ne voit jamais 007 au volant d'une auto.
  • La place où commence l’affrontement entre James Bond et Chang a également servi à une scène de Casino Royale (2006). Le combat qui les oppose dans le musée de verre vénitien fut l'occasion d'établir un record : jamais dans un film on n'avait utilisé une telle quantité de verre à briser.
  • Le son émis par le panneau de contrôle de la centrifugeuse est le son émis lors de l'allumage de l'ordinateur au début du film Alien (1979) de Ridley Scott à environ 2,55 m.
  • La musique de la serrure à codage électronique de la porte d'entrée du labo vénitien de Drax, dans l'usine de cristal à Venise, joue le thème musical culte du film Rencontres du troisième type (1977) de Steven Spielberg.
  • Plusieurs membres de l'équipe technique font quelques apparitions (caméo) dans le film : Albert R. Broccoli joue un passant en chemise bleu qui se promène devant des gondoles à quai au moment où James Bond arrive à Venise, Lewis Gilbert joue le touriste qui se fait verser malencontreusement de la bière sur la tête au moment où 007 traverse la place Saint-Marc à bord de la gondole et Michael G. Wilson joue un autre touriste à lunettes passant devant l'enseigne de la verrerie Venini ainsi qu'un technicien de la NASA.
  • 2 tonnes de clous, 100 tonnes de métal, 220 techniciens et 3 000 mètres de bois de charpente et de menuiserie furent nécessaires pour construire les décors intérieurs de la station spatiale de Drax aux studios d’Épinay-sur-Seine, en France.
  • Le budget de Moonraker était supérieur à ceux, cumulés, des six premiers films de Bond chez EON Productions. L'investissement se révéla pourtant rentable, puisque Moonraker fut le film de Bond qui fit le plus de recettes à l'époque de sa sortie jusqu'à ce qu'il soit battu par GoldenEye (1995).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais, le Moonraker désigne le cacatois, soit la plus haute voile d'un mât royal.
  2. a et b Business - Internet Movie Database
  3. Dates de sortie - Internet Movie Database
  4. « Fiche de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 octobre 2012
  5. Crédits - Internet Movie Database
  6. a, b et c (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  7. (en) Interview de Tom Mankiewicz
  8. Livret du DVD Moonraker Special Edition 2000.
  9. Inside Moonraker - Bonus DVD Moonraker - MGM.
  10. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  11. (en) Review - Allmusic
  12. Secret de tournage - AlloCiné
  13. (en) Awards - Internet Movie Database
  14. a, b, c et d Box-office - JP's box-office

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]