Bogny-sur-Meuse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Bogny-sur-Meuse
Vue depuis le site de l'Ermitage
Vue depuis le site de l'Ermitage
Blason de Bogny-sur-Meuse
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Monthermé
Intercommunalité Communauté de communes Meuse et Semoy
Maire
Mandat
Erik Pilardeau
2008-2014
Code postal 08120
Code commune 08081
Démographie
Population
municipale
5 478 hab. (2010)
Densité 237 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 03″ N 4° 46′ 04″ E / 49.8508333333, 4.7677777777849° 51′ 03″ Nord
       4° 46′ 04″ Est
/ 49.8508333333, 4.76777777778
  
Superficie 23,16 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Ardennes

Voir sur la carte administrative des Ardennes
City locator 14.svg
Bogny-sur-Meuse

Géolocalisation sur la carte : Ardennes

Voir sur la carte topographique des Ardennes
City locator 14.svg
Bogny-sur-Meuse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bogny-sur-Meuse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bogny-sur-Meuse

Bogny-sur-Meuse est une commune française, située dans le département des Ardennes et la région Champagne-Ardenne. Issue de la fusion des communes de Château-Regnault, Braux et Levrezy en 1967, Bogny-sur-Meuse est connue pour ses sites liés à la légende médiévale des quatre fils Aymon, comme l'Ermitage, la statue du cheval Bayard et les quatre pics symbolisant les quatre frères. Dans le massif ardennais, la commune s'étend en longueur le long des rives de la Meuse.

Sommaire

Géographie [modifier]

Bogny-sur-Meuse se situe au sein du Massif ardennais, dans une zone forestière vallonnée, traversée par la Meuse.

Toponymie [modifier]

Le nom de Braux vient du terme de langue d'oïl bro, qui désigne un marc (de raisin, de bière), mais aussi les boues, et qui est d’origine gauloise[1].

Géologie [modifier]

Le territoire de la commune de Bogny-sur-Meuse est situé à la limite de substrats du Cambrien et du Dévonien. La ligne de partage orientée nord-ouest-sud-est passe par l'Ermitage, les carrières des Pleines Roches au-dessus du château Marcadet, le ruisseau de la Retorse à Tournavaux et le Corpia.

Au nord de cette limite, c'est le Cambrien représenté par les étages du Devillien supérieur et du Revinien inférieur (entre 540 et 500 millions d'années). Les roches qui composent ces étages sont des quartzites clairs, parfois blanc, des schistes verts et des phyllades ou schistes gris et verts.

Au sud, le Dévonien est représenté par des schistes, phyllades et quartzites gris. Les schistes ou phyllades de Levrézy sont souvent calcareux.

La limite est constituée par du poudingue : conglomérat de galets plus ou moins roulés qui ont été entraînés par des coulées boueuses dans la mer dévonienne. Cette formation dite de Fépin correspond à la transgression marine du Dévonien inférieur (Siluro-Dévonien). Elle est âgée d'environ 435 millions d'années.

Toutes ces roches ont été transformées par métamorphisme et plissées au cours de deux orogenèses (calédonienne, puis hercynienne).

Au Quaternaire, le cours de la Meuse s'est imposé dans le relief. Des terrasses alluviales aux Grands Ducs, aux Perrières, sur le plateau des Janves ou aux Beaux Sarts témoignent de la présence du fleuve au Mindel, il y a plus de 600 000 ans.

Une structure géologique appelée les Quatre fils Aymon a inspiré un monument. Depuis les hauteurs des Quatre Fils Aymon, on remarque un méandre abandonné dessiné par les ruisseaux des Eparus et de la Soque, avec au centre le sommet des Beaux Sarts.

Héraldique [modifier]

Armes de Bogny-sur-Meuse

Les armes de Bogny-sur-Meuse se blasonnent ainsi : d’azur aux trois fleurs de lys d’or, au bâton péri de gueules en bande au chef cousu du même chargé de trois annelets, entrelacés d’argent rangés[2].

Histoire [modifier]

Bogny-sur-Meuse résulte de la fusion de trois villages : Château-Regnault, Braux et Levrezy. Cette fusion s'est opérée en 1967.

Jusqu'en 1629, Château-Regnault était le siège d'une principauté indépendante.

Sur l'emplacement actuel du monument de la statue du cheval Bayard se dressait la forteresse de Château-Regnault. Lors de l'érection du monument en 1933, quelques trouvailles ont été faites : monnaies, épées, pointes de flèches, vaisselle, et quelques os d'animaux. D'autres trouvailles ont été faites à diverses périodes de l'histoire (XIXe siècle, XXe siècle) sur ce même site, montrant une occupation antérieure à l'époque médiévale de ce nid d'aigle, d'une surface pourtant assez réduite.

En tant que souveraineté indépendante, les souverains se sont donnés droit de battre monnaie. On peut encore trouver aujourd'hui des monnaies de Château-Regnault, notamment des doubles tournois imités des monnaies royales françaises de l'époque (Henri IV, Louis XIII). Comme pour les principautés de Sedan et d'Arches à la même époque, la principauté de Château-Regnault s'était hasardée dans la production de fausses monnaies. Cette production servile avait pour but de gagner de l'argent en produisant à moindre coût des monnaies imitées et de les échanger à leur coût réel. Le poids des monnaies était par exemple inférieur au poids de la monnaie d'origine. Les métaux utilisés pouvaient être aussi des alliages moins coûteux, de l'étain par exemple pour des monnaies en argent.

Les monnaies de Château-Regnault sont toutes très rares, à l'exception des doubles tournois non datés et des liards. En effet, les États lassés par cette production frauduleuse ont réagi en décriant à plusieurs reprises les monnaies de la principauté et les monnaies saisies ont alors été refondues. Les doubles tournois et les liards ont connu des émissions si importantes qu'une grande partie a subsisté.

Les derniers souverains de cette principauté furent François de Bourbon, prince de Conti et Louise Marguerite de Lorraine.
Le prince de Conti était un prince du sang royal, son cousin germain n'était autre que le roi Henri IV. De son côté, la princesse était la fille du précédent souverain de Château-Regnault, Henri le Balafré.
Le règne du prince dura jusqu'en 1614.
Par la suite la princesse conserva la principauté jusqu'à la date de 1629, où elle la céda au roi Louis XIII.

Au XIXe siècle, une activité métallurgique se développe sur les rives de la Meuse, avec notamment la fabrication de boulons et des ateliers appelés familièrement des boutiques. Elle se substitue à une fabrication quasi-artisanale, dans des échoppes de cloutiers. La grosse boutique, des entrepreneurs Maré et Joseph, anciens cloutiers eux-mêmes, devient assez rapidement la boulonnerie la plus importante du département. Son activité cesse presque entièrement durant la Deuxième Guerre mondiale. L'usine ferme ses portes en 1953. Concernant les autres entreprises mitoyennes, une bonne partie a aujourd'hui fermé ses portes, mais quelques-unes subsistent et maintiennent cette tradition ouvrière et ce savoir-faire métallurgique.

Administration [modifier]

Liste des maires successifs depuis la fusion de Château-Regnault, Braux et Levrézy
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Erik Pilardeau[3] PS Conseiller général
mars 1989 mars 2001 André Patureaux PS  
juin 1980 mars 1989 Gérard Baudoin PCF  
mars 1977 mai 1980 Abel Decopons PCF  
janvier 1967 mars 1977 René Hugot PS  

Bogny-sur-Meuse a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[4].

Économie et population [modifier]

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 5 478 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 015 1 059 1 057 1 271 1 299 1 498 1 522 1 657 1 703
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 154 2 407 2 540 2 854 2 841 2 836 2 778 3 065 3 093
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
3 384 2 907 3 023 3 031 2 761 2 306 2 680 3 098 6 715
1975 1982 1990 1999 2006 2008 2010 - -
6 855 6 261 5 981 5 838 5 601 5 531 5 478 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[5] puis Insee à partir de 1968[6].)

Histogramme de l'évolution démographique


Économie [modifier]

Lieux et monuments [modifier]

Les Quatre fils Aymon et le cheval Bayard

Les points de vue sur la Meuse et sur les rochers des quatre fils Aymon permettent d'apprécier le charme si particulier de la vallée de la Meuse.
Un centre d'exposition des minéraux et fossiles des Ardennes complète l'information du visiteur sur l'histoire géologique de cette région.

  • À l’emplacement de la statue Bayard, sur une pointe, les ruines d'une forteresse médiévale, la forteresse de Château-Regnault, dominent la vallée de la Meuse. Il ne reste aujourd'hui pratiquement plus de trace de l'édifice. On peut cependant encore observer quelques escaliers taillés à même le schiste, une citerne près du monument et un reste de tour concave taillée elle aussi dans le schiste.


Au delà de l'histoire médiévale, l'histoire industrielle de la cité a également laissé des traces.

En particulier, l'ancien site de la Grosse Boutique évoque l'apogée de la boulonnerie avec notamment :

  • l'ancienne coopérative rue Jourdes, aujourd'hui transformée en boucherie,
  • la cense à roma, une ferme qui approvisionnait en produits du terroir les patrons de la grosse boutique, située entre les ruisseaux des Eparus et de la Soque
  • l'ensemble de maisons appartenant aux patrons constituant le bas de la rue Bernisseaux ,
  • l'ancienne crèche, rue Bernisseau,
  • les habitations ouvrières, rue de l'échelle.

Un centre culturel et musée de la métallurgie ardennaise a pris place, réhabilitant des locaux industriels.

Évènements [modifier]

Le Aymon Folk Festival fête sa quinzième édition en 2012. C'est un festival de musique folk se déroulant sur le site de la platelle des 4 Fils Aymon. Avec un programmation centrée au début sur la mouvance celtique des début, qui s'est depuis ouverte à d’autres musiques du monde.

Personnalités liées à la commune [modifier]

Galerie photos [modifier]

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes. Notice 3863, p 252
  2. Banque du Blason
  3. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin (fichier au format PDF)
  4. Création du PNR des Ardennes
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  7. Notice no PA00078349, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Notice no PA08000005, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :