Rocroi

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Rocroi
Vue de Rocroi
Vue de Rocroi
Blason de Rocroi
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Rocroi (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Portes de France
Maire
Mandat
Denis Binet
2014-2020
Code postal 08230
Code commune 08367
Démographie
Gentilé Rocroyens
Population
municipale
2 422 hab. (2011)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 34″ N 4° 31′ 20″ E / 49.9261, 4.5222 ()49° 55′ 34″ Nord 4° 31′ 20″ Est / 49.9261, 4.5222 ()  
Altitude Max. 391 m
Superficie 50,41 km2
Localisation

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Rocroi, ou Rocroy, est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne. Chef-lieu de canton, elle fut sous-préfecture du département jusqu'en 1926. Elle porta le nom de Roc-Libre (ou Roclibre) durant la Révolution. La ville comptait 2400 habitants en 2010.

Les habitants sont les Rocroyens et les Rocroyennes.

Rocroi est aujourd'hui un centre touristique connu pour sa fortification en forme d'étoile et est un lieu chargé d'histoire de par la bataille de Rocroi le 19 mai 1643, opposant Français et Espagnols.

Rocroi sous la neige

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est limitrophe de la Belgique dont la frontière est à 2,5 kilomètres au nord de la ville. Rocroi est à 28 kilomètres au nord-ouest du chef-lieu du département, Charleville-Mézières, et à 60 kilomètres au sud de la ville belge de Charleroi.

Le territoire communal s'étend sur une superficie de 5 041 hectares et le point culminant de la commune s'élève à 391 mètres.

Les communes limitrophes sont  :

Géologie[modifier | modifier le code]

Rocroi est située sur un plateau, appelé, de façon éponyme, plateau ou "Massif" de Rocroi. Il s'agit en fait d'une structure paléozoïque, à dominante cambrienne, composée de roches dures. Cette structure, large d'une vingtaine de kilomètres en direction nord-sud et longue d'une cinquantaine de kilomètres en direction est-ouest, est recoupée par la frontière belge.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Rocroi signifie la croisée (le carrefour) de Raoul, un ancien seigneur du lieu au XIIIe siècle. Au XVIIe siècle, quand Louis XIII acheta la quasi-totalité de la seigneurie de Rocroi en 1614, on inventa une étymologie plus conforme au nouveau statut de la ville, pour en faire la Roche du Roy, Roc-Roy, si bien que sous la Révolution française, elle fut renommée Roc-Libre[réf. nécessaire][style à revoir].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1545, François Ier demande à Girolamo Marini, commissaire-général des fortifications de Champagne, de fortifier la frontière de Champagne. Il construit un petit fort près du village de Roulcroix.

Charles Quint décide de construire la fort de Charlemont, à Givet en 1552, Henri II répond en faisant édifier l'enceinte de Rocroi la même année. Elle est terminée en 1556. La ville a été construite en étoile avec cinq bastions avec orillons. Rabutin décrit la place comme « un pentagone à cinq fronts, couverte et défendue de quatre gros boulevards garni de leurs flancs, cassemattes et platte-formes, et vieil fort qui fait le cinquième ». Le vieux fort est probablement le fortin construit par Marini, transformé en bastion appelé bastion du Petit-Fort ou bastion du Roy. La construction a été confiée à un maître maçon de Senlis, Loys Lenthe, par le maréchal de Bourdillon. À l'origine, l'enceinte n'était pas maçonnée. La ville est assiégée par les Espagnols en 1556 et 1559, sans succès. Le gouverneur de Champagne, François de Clèves avait fait renforcer les défenses en urgence. La place est prise par les protestants de Sedan le 20 novembre 1588. Ils la vendent au duc de Guise. Le roi Louis XIII la rachète en 1614. Le plan initial a été conservé mais les bastions ont été modifiés quand des demi-lunes ont été ajoutées. Le bastion du Roi est retranché de la ville par un fossé pour devenir une citadelle. Les escarpes sont alors revêtues de maçonnerie[1].

La bataille de Rocroi

C'est au cours du siège de Rocroi par les Espagnols, commandés par Francisco de Melo, qu'eut lieu la fameuse bataille de Rocroi, le 19 mai 1643, qui vit la victoire des Français sur les Espagnols. Le chef de l'armée royale française, le duc d'Enghien, plus tard appelé le Grand Condé, révéla ici tout son génie militaire, alors qu'il était seulement âgé de 22 ans. Cette victoire fut décisive dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) : elle marqua le retour de la France sur la scène internationale après un siècle de défaites et de guerres civiles.

Article détaillé : Bataille de Rocroi.

Dix ans plus tard, le même Condé, qui commandait alors les Espagnols, prit cette ville pour eux, en 1653, mais elle fut rendue à la France en 1659, par la paix des Pyrénées.

Vauban remanie la place à partir d'avril 1675. Les remparts sont maçonnés extérieurement. Un arsenal est bâti en 1692. Rocroi fait alors partie de la deuxième ligne du Pré carré[2].

Du XVIIIe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Des travaux sont encore faits sur l'enceinte de Rocroi entre 1879 et 1886. La place est déclassée définitivement en 1888 lors de la « crise de l'obus-torpille ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1848 1852 Gabriel Marie Auguste Gentil    
    Théophile Armand Neveux    
1953 1976 Andrée Viénot PSU  
         
mars 1983 2014[3] Michel Sobanska DVD puis RPR puis UMP  
2014[3] en cours
(au 17 avril 2014)
Denis Binet UMP  

Rocroi a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[4].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 422 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 260 2 846 3 008 3 501 3 173 3 232 3 780 3 590 3 765
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 998 2 281 2 381 2 977 3 172 2 265 2 193 2 176 2 116
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 256 2 127 2 442 2 436 2 250 1 969 2 348 2 870 2 997
1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 -
2 911 2 789 2 555 2 420 2 379 2 365 2 397 2 422 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Sports[modifier | modifier le code]

Rocroi dispose :

  • d'une piscine intercommunale, le Centre aquatique du Nord-Ouest Ardennais
  • d'un Tennis Club
  • d'un club de football, l'Association sportive Bourg Rocroi (ASBR)
  • d'une section Tennis de table au sein de l'US Rocroi
  • d'un centre de tir 10 m, 25 m, 50 m. Une formation pour les jeunes est assurée.
  • d'une salle de musculation et fitness

Économie[modifier | modifier le code]

Grâce à son riche patrimoine historique, la commune accueille chaque année près de 40 000 visiteurs[7].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Histoire agricole[modifier | modifier le code]

Pays de terres pauvres, le type d'agriculture pratiquée jusqu'à la première moitié du XXe siècle était le sart. Archétype étudié en géographie rurale, il s'agit d'une rotation agro-sylvo-pastorale d'environ 20 ans, on pratiquait ainsi :

  • Écorçage du bois arrivé à maturité et vente de l'écorce aux tanneries ;
  • Coupe rase et vente du bois de taillis ;
  • On brûle les reliquats de végétation à "l'étouffé", vers la fin du printemps. Cette pratique est à l'origine des fameux « brouillards puants » ou « brouillards de Rocroi ».
  • Semis de seigle dans les jours qui suivent, avec respect des souches qui doivent rejeter et former des cépées.
  • Récolte du seigle l'année suivante.
  • On laisse les genêts proliférer 4-5 ans (plantes légumineuses, apportant de l'azote). Les taillis sont mis en défens, pour éviter que les animaux ne détruisent les rejets de souche.
  • Les genêts sont coupés et donne du fourrage, de la litière.
  • Après un certain temps, la pâture est autorisée dans les taillis.
  • Au bout de 20 ans, le taillis est prêt pour une nouvelle coupe[8].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le musée de la bataille de Rocroi, situé dans un ancien corps de garde
  • Les fortifications
  • L’église Saint-Nicolas, construite en 1844, où se trouve une peinture Le Christ au tombeau de Victor Mottez (1809-1897), offerte par Napoléon III[9]

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Les trois frères Moreaux, artistes peintres nés tous trois à Rocroi : René (1807-1860) qui fut élève d'Antoine-Jean Gros, Charles Florent Léon (1815-1891) et Auguste (1817-1877). René et Auguste ont émigré au Brésil et sont morts à Rio de Janeiro; le musée de Versailles conserve deux tableaux de Charles dont: "Portrait de Jean René Moreaux, général en chef de l'armée de Moselle".

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Rocroi

Les armes de Rocroi se blasonnent ainsi : D'azur, à trois croissants entrelacés d'argent, accompagnés de trois fleurs de lys d'or, deux en chef et une en pointe.

Le blason de la commune est celui des anciens seigneurs de Rocroi. L'écu est timbré d'une couronne murale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Franck Lechenet, Plein Ciel sur Vauban, Éditions Cadré Plein ciel, ISBN 978-2-9528570-1-7, pages 190 à 191.
  • Alain Sartelet, Xavier de Massary - La place forte de Rocroi - Éditions Dominique Guéniot ("Parcours du patrimoine" no 327) - Langres - 2008 - ISBN 978-2-87825-407-5

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Champagne Ardenne, p. 314-315, Hachette. Paris, 1995 (ISBN 978-2-010209871)
  2. Les fortifications de Vauban : Rocroi
  3. a et b « Michel Sobanska a été nommé maire honoraire », La Semaine des Ardennes, no 240,‎ 17 avril 2014, p. 18
  4. Création du PNR des Ardennes
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  7. L'Ardennais no 21133, Cahier central.
  8. GALOCHET Marc (dir), La forêt, ressource et patrimoine, Paris, Ellipses, Coll. Carrefour, 2006, 272 p.
  9. "Rocroi / Dans l'église Saint-Nicolas Un tableau offert par l'Empereur", L'Union-L'Ardennais, 11 août 2013