Carignan (Ardennes)

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Carignan
L’église
L’église
Blason de Carignan
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Sedan
Canton Carignan (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes des Trois Cantons
Maire
Mandat
Denis Lourdelet
2014-2020
Code postal 08110
Code commune 08090
Démographie
Gentilé Yvoisien
Population
municipale
3 047 hab. (2011)
Densité 217 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 38′ 00″ N 5° 10′ 07″ E / 49.6333, 5.168649° 38′ 00″ Nord 5° 10′ 07″ Est / 49.6333, 5.1686  
Altitude Min. 161 m – Max. 293 m
Superficie 14,01 km2
Localisation

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Carignan

Carignan est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne.

Les habitants de Carignan sont appelés les Yvoisiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est une commune frontalière avec la Belgique, étant située à quelques kilomètres de la frontière belge au nord.

Le sud de la commune est traversé par la Chiers, un affluent de la Meuse.

Le point culminant de la commune se situe au Mont-Tilleul (293 m).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les habitants de Carignan sont appelés les Yvoisiens car jusqu'en 1662, cette ville était connue sous le nom d’Yvois, aussi orthographiée Yvoy, Yvoi, Ivois, Ivoix. Pendant la Révolution, la municipalité avait repris le toponyme Ivoy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site de Carignan est occupé au moins depuis l'époque romaine. Carignan était connue des Romains sous le nom d'Epoisso Vicus et elle fut le chef-lieu du Pagus Eponensis/Evodiensis. C'était aussi une étape sur la voie romaine de Reims à Trèves et figure comme telle dans L'Itinéraire d'Antonin. Le nom Eposio ou Epoisso, d'origine celtique (Epo=cheval), permet d'envisager une occupation humaine antérieure à la période romaine; toutefois, aucun vestige de cette époque n'a été découvert sur le territoire de la commune alors que, pendant la reconstruction d'après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux vestiges architecturaux gallo-romains ont été mis au jour parmi lesquels une sculpture de Mercure tenant Bacchus et deux grands chapiteaux corinthiens. S'y ajoute la vaste villa de Maugré fouillée de 1976 à 1986.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle, dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours raconte sa rencontre avec saint Walfroy à Yvois (Eposium Castrum). La ville a possédé un atelier monétaire mérovingien qui a produit des triens. Un comté d'Yvois, certainement héritier direct du pagus gallo-romain, est mentionné au Xe siècle.

En août 1023, Yvois accueillit solennellement le roi Robert II le Pieux et l'empereur Henri II du Saint-Empire.

Au XIe siècle, Yvois fait partie du comté de Chiny, qui est probablement la continuation du comté d'Yvois. Elle en est la ville la plus importante. Les comtes y ont séjourné souvent et elle fut, jusqu'au XIIIe siècle, la véritable capitale du comté. Les comtes ont fait frapper la majeure partie de leurs monnaies à Yvois et une manufacture de draps y fut fondée en 1304. En 1340, la ville et sa prévôté furent vendues à Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg. Devenu duché, le Luxembourg s'est agrandi de ce qui restait du comté de Chiny (1364) avant d'appartenir aux ducs de Bourgogne.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Yvois fit ensuite partie intégrante des Pays-Bas espagnols et fut l'une des plus importantes places fortes du sud-Luxembourg. La France s'en empara en 1542 et en 1552 (le 23 juin, après un siège de six jours). Mais elle fit retour à l'Espagne en 1559 (traité du Cateau-Cambrésis). Ses fortifications furent alors démantelées puis reconstruites, sans doute au début du XVIIe siècle. Au cours de la guerre de Trente Ans, après avoir été assiégée deux fois en 1637 et 1639, par les troupes françaises du maréchal de Châtillon, la ville fut rasée sur ordre de Richelieu et le site resta longtemps quasi-abandonné.

Yvois fut annexée par la France en 1659 (article XXXVIII du traité des Pyrénées). En 1662, le territoire d'Yvois, correspondant approximativement à l'actuel canton de Carignan, fut érigé en duché de Carignan par Louis XIV au profit d'Eugène-Maurice de Savoie, comte de Soissons, prince de Carignan en Piémont et la ville perdit son nom pour devenir Carignan. A la veille de la Révolution de 1789, le duché comptait environ 9000 habitants.
La famille de Savoie a conservé le duché jusqu'en 1751, date à laquelle il fut vendu à Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre. Sa fille reçut le duché en dot lorsqu'elle épousa Philippe d'Orléans dit Philippe-Égalité (1747-1793) qui en fut le dernier possesseur.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Grâce à ses industries, la ville s'est développée au cours du XIXe siècle. On y trouvait un moulin, un laminoir, d'autres usines métallurgiques, une briqueterie et une filature. La ligne de chemin de fer de Sedan à Montmédy fut ouverte en 1861. Napoléon III a fait un bref séjour à Carignan le 30 août 1870 avant de gagner Sedan.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, Carignan subit l'occupation allemande pendant quatre années. Le Dr Gairal, qui fut maire de la commune, décéda en déportation.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, la population quitta la ville devant l'avancée des forces allemandes et se retrouva dans l'ouest du pays. Les évacués purent regagner la ville après l'armistice.

Pendant ce temps, le 12 mai 1940, les Français font sauter les ponts sur la Chiers avant l'arrivée des Allemands. Ceux ci, du VII. Armee-Korps d'Eugen Ritter von Schobert arrivent le 13 mai 1940 au soir et tentent le lendemain matin de franchir la rivière entre Carignan et Tétaigne, depuis Carignan c'est la 71. Infanterie-Division (de Karl Weisenberger) qui attaque, ce qui provoque la réaction de l'artillerie française, notamment celle du III/20e régiment d'artillerie nord africaine[1]. Ces tirs touchent en particulier Carignan où les Allemands essayent de réparer le pont Alix[1]. Le lieutenant Watelet du II/136e régiment d'infanterie de forteresse, unité qui défend le secteur face à Carignan, témoigne « nos 75 arrosent copieusement Carignan. Les toitures s'effondrent, des incendies se déclarent ici et là. Le spectacle est hallucinant »[1]. L'attaque allemande a échouée[1]. Dans la nuit, sur ordre de Charles Huntziger, chef de la 2e armée dont elles dépendent, les unités françaises évacuent leurs positions sur la Chiers en aval de l'ouvrage de la Ferté[1] où se poursuivront les combats. La ville était alors détruite à près de 90 %.

Article connexe : Percée de Sedan.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Carignan

Les armes de Carignan se blasonnent ainsi :

d’azur à la fasce d’or chargé d’un cœur du champ[2].

Ce blason ne date que de 1824 et a été attribué par Louis XVIII. De 1341 à 1659, la ville s'est servie du blason accordé en 1341 par Jean l'Aveugle : écu à quatre parties (écartelé) : Aux I et IV, d'argent au lion armé et lampassé de gueules à queue fourchue; aux II et III, burelé d'argent et d'azur à dix pièces, au lion armé et lampassé de gueules à queue simple.

Démographie[modifier | modifier le code]

Une commune urbaine[modifier | modifier le code]

Carignan forme avec les communes voisines de Blagny et d'Osnes une petite agglomération urbaine, l'unité urbaine de Carignan, qui avec 4 596 habitants en 2008 la classe au dixième rang départemental après celle de Fumay et avant celle de Nouvion-sur-Meuse.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 047 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 373 1 313 1 394 1 468 1 382 1 673 1 792 1 812 1 839
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 051 2 089 2 113 2 098 2 149 2 123 2 224 2 164 2 134
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 216 1 987 2 257 2 338 2 472 1 712 2 720 3 403 3 674
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 - -
3 724 3 646 3 359 3 259 3 188 3 178 3 047 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Maires de Carignan
Période Identité Étiquette Qualité
1830 1870 Hablot   Notaire
1884 1898 Jean Visseaux    
 ? (était maire en 1914) 1916 Gairal   Docteur. Déporté en Allemagne, décédé au camp de Celle (Hanovre) le 15 mars 1917
1916 1920 Jules Ernest Charles Visseaux   Chevalier de la Légion d'honneur
1928 1931 Raimon   Grainetier
1928 1931 Nivoix    
1931 1937 Melcion   Pharmacien. † 21 décembre 1937 à Nice
1937 jusqu'à l'Armistice de 1940 Georges Rennesson[5], relevé de ses fonctions par le Régime de Vichy SFIO Menuisier
 ?  ? Bouquet[5], désigné par l'occupant allemand    
 ? 1944 Jean Colle[5], nommé par le préfet († assassiné le 21 août 1944)    
1944 1971 Georges Rennesson[5] SFIO puis PS Menuisier
1971 1977 Edmond Pierron PS Directeur d'école honoraire
1977 1995 Michel Rambourg PS Professeur de CES
1995 2001 Manuel Tejedo-Cruz PS  
2001 2006 Jean Henry   Premier adjoint, maire par intérim
mars 2008 en cours Denis Lourdelet[6] (DVD, sans étiquette)  
Les données manquantes sont à compléter.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Parmi les monuments de la ville de Carignan peuvent être évoqués :

  • La chapelle Saint-Pierre du hameau de Wé qui relevait du prieuré des Jésuites de Muno (Belgique). Reconstruite au XVIIIe siècle. Beaux retables baroques en bois avec chronogrammes.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Allemagne Weinsberg (Allemagne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 324-330
  2. Banque du Blason
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  5. a, b, c et d Source : Histoire et vie de Carignan, Marcel François aux éditions Labruyère
  6. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin (fichier au format PDF)
  7. « Notice no PA00078356 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Notice no PA00078357 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delahaut Charles Joseph, Annales civiles et religieuses d'Yvois Carignan et de Mouzon, Paris, T. Desoer, 1822 [1].
  • Gaber Stéphane, Histoire de Carignan et du pays d'Yvois, Charleville Mézières, Éd. de la société d'études ardennaises, 1976. Préface de René Taveneaux.
  • Gaber Stéphane, Les Fortifications de Carignan, Carignan, Cercle historique et artistique yvoisien, 1991.
  • Gaber Stéphane, Vingt siècles d'histoire au pays d'Yvois-Carignan, Carignan, Cercle Historique et Artistique Yvoisien, 2009.
  • Huart Désiré, Les Patois de l'est-sedanais: en particulier des cantons de Mouzon-Carignan et quelques villages limitrophes de la Meuse et de Belgique Charleville-Mézières, Ardenn'offset, 1988.

Liens externes[modifier | modifier le code]