Parc naturel régional des Ardennes
| Parc naturel régional des Ardennes | |||
La vallée de la Meuse à Monthermé |
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| Catégorie UICN | V (paysage terrestre/marin protégé) | ||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Région | Champagne-Ardenne | ||
| Département | Ardennes | ||
| Ville proche | Charleville-Mézières | ||
| Coordonnées | |||
| Superficie | 1 160 km2 | ||
| Population | 76 000 habitants | ||
| Création | 23 décembre 2011 | ||
| Administration | syndicat mixte | ||
| Site web | http://www.parc-naturel-ardennes.fr/ | ||
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Géolocalisation sur la carte : France |
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Le parc naturel régional des Ardennes ou PNR Ardennes est un parc naturel régional créé le 21 décembre 2011, dont le périmètre occupe environ 116 000 hectares du département des Ardennes.
Il englobe 91 communes et 76 000 habitants. Il couvre 22 % de la superficie du département des Ardennes. Charleville-Mézières, préfecture des Ardennes, a le statut de ville porte associée au parc.
Ce territoire est marqué par la coexistence d'une tradition rurale et d'une tradition manufacturière.
Il constitue une zone de transition d'un point de vue géologique, avec une diversité inattendue de paysages : parcourir ce parc naturel régional offre une occasion de redécouvrir l'échelle des temps géologiques. Et depuis des siècles, ce territoire est aussi une zone frontière, le champ clos des querelles entre les hommes.
« L'Ardenne est pour moi un de ces paysages-histoire : elle ne parlerait pas, quand je la revois et que je la traverse, aussi fort qu'elle le fait à mon imagination, si à la seule image de la forêt d'Hercynie sans chemins et sans limites que nous ayons conservée chez nous, elle ne superposait celle de la forêt de Teutoburg, inquiétante à force de silences, trois fois grosse des légions d'Arminius »
— Julien Gracq, Carnets du grand chemin[1].
Sommaire |
Histoire et missions du parc [modifier]
Après onze années de gestation, le décret de création du 47e parc naturel régional de France a été signé le 21 décembre 2011, par le premier ministre François Fillon[2].
Il a été inauguré le 25 janvier 2012 par la ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet[3], [4].
Ce projet de PNR des Ardennes avait connu un tournant décisif en 2007, suite à l'avis intermédiaire favorable donné à cette époque par le ministère de l’Écologie[5]. Il constitue le troisième parc naturel régional de la région Champagne-Ardenne, après ceux de la Forêt d'Orient et de la Montagne de Reims.
91 communes ont adhéré à la charte pour douze ans et sont incluses dans le parc. La commune d'Aouste, associée initialement, s'est retirée du projet[6].
Ces communes sont réparties sur les 9 cantons de Fumay, Givet, Monthermé, Nouzonville, Renwez, Revin, Rocroi, Rumigny et Signy-le-Petit.
Le syndicat mixte chargé de la gestion du parc est implanté à Hargnies. Isabelle Zarlenga le dirige[7].
Les grandes missions du parc telles que formalisées dans la charte 2011-2023 portent sur les axes suivants[8] :
- diversifier l'activité économique en valorisant durablement les ressources du territoire (ressources forestières et productions agricoles, tourisme) ;
- révéler et préserver la richesse des patrimoines naturel et paysager, accompagner les mutations environnementales ;
- agir en faveur de l'identité et de la qualité de vie des Ardennes en impulsant des partenariats solidaires (qualité des offres de service et d'habitat, vie associative et culturelle, identité locale, échanges entre les acteurs du territoire, coopération transfrontalière avec la Belgique, coopération avec les territoires voisins) ;
- assurer le fonctionnement du parc (syndicat mixte de gestion du Parc, conférence territoriale, conseil scientifique, association des amis du parc, dispositif de suivi et d'évaluation).
Liste des communes : Anchamps, Antheny, Arreux, Aubigny-les-Pothées, Aubrives, Auge, Auvillers-les-Forges, Blanchefosse-et-Bay, Blombay, Bogny-sur-Meuse, Bossus-lès-Rumigny, Bourg-Fidèle, Brognon, Cernion, Champlin, Charnois, Le Châtelet-sur-Sormonne, Chilly, Chooz, Cliron, Deville, L'Échelle, Estrebay, Etalle, Eteignieres, Fépin, La Férée, Flaignes-Havys, Fligny, Foisches, Le Fréty, Fromelennes, Fumay, Gespunsart, Girondelle, Givet, Gué-d'Hossus, Ham-les-Moines, Ham-sur-Meuse, Hannapes, Harcy, Hargnies, Haudrecy, Haulmé, Les Hautes-Rivières, Haybes, Hierges, Joigny-sur-Meuse, Laifour, Landrichamps, Laval-Morency, Lépron-les-Vallées, Liart, Logny-Bogny, Lonny, Marby, Marlemont, Maubert-Fontaine, Les Mazures, Montcornet, Monthermé, Montigny-sur-Meuse, Murtin-et-Bogny, Neufmanil, La Neuville-aux-Joutes, Neuville-lez-Beaulieu, Nouzonville, Prez, Rancennes, Regniowez, Remilly-les-Pothées, Renwez, Revin, Rimogne, Rocroi, Rouvroy-sur-Audry, Rumigny, Saint-Marcel, Sécheval, Sévigny-la-Forêt, Signy-le-Petit, Sormonne, Taillette, Tarzy, Thilay, Tournavaux, Tournes, Tremblois-lès-Rocroi, Vaux-Villaine, Vireux-Molhain, Vireux-Wallerand.
Géologie [modifier]
Si on parcourt l'échelle des temps géologiques, en commençant par les temps les plus anciens, les premiers massifs émergés au cambrien sont à l'origine des schistes ardoisiers de Rimogne, Bogny et ses phyllades noirs, ou Fumay[9].
Au dévonien[10], l’essentiel du territoire des Ardennes reste recouvert par une mer peu profonde, peu agitée, permettant aux sédiments de s'accumuler. Cette époque est marquée par la première manifestation d’une sédimentation marine très calcaire (récifs coralliens). La barre des calcaires de Givet, qui en résulte, constitue une limite naturelle. Cette limite naturelle sur plusieurs centaines de kilomètres a longtemps servi de frontière. La grotte de Nichet à Fromelennes a pu se former dans une formation calcaire de cette époque et en reste un témoignage saisissant[11]. Givet a donné son nom à une des « époques géologiques » du dévonien, le givétien, décrite par le paléontologue belge Jean-Baptiste d'Omalius en 1839.
Du Carbonifère au Permien, le Massif ardennais, extrémité occidentale de la chaîne hercynienne, perce la surface des eaux. Suite aux soulèvements successifs de ce massif, des plateaux et des pointes se constituent aux environs de la ville actuelle de Sedan, mais aussi de Rocroi et de Namur, laissant subsister entre eux des bassins. Ces bassins se comblent de sédiments.
À la base de ce Massif ardennais, sur une bande allant de Signy-le-Petit et Rumigny à Renwez et Warnecourt, la mer liasique dépose des couches de sable , d'argile et de calcaire, sur lesquelles évoluent de grands sauriens. La mer se retire ensuite puis réapparait, redéposant des sables, de l'argile et la gaize de l'infra-crétacé. Puis elle recule à nouveau. Les animaux qui peuplent le terrain, à mesure que les eaux se retirent sont plus évolués[12].
À l'ère cénozoïque (tertiaire et quaternaire selon l'ancienne dénomination), le soulèvement des Alpes se fait sentir jusque dans ce territoire[12]. Certaines couches sédimentaires se disloquent ou se plissent. Puis vient les grands déluges. Les sommets sont arasés par l'érosion[13] et le ruissellement. Des vallées et des gorges se creusent, notamment sous l'action de la Meuse et de la Semoy[9].
Géographie [modifier]
Le parc couvre le nord-ouest du département des Ardennes, avec une variété de paysages intéressante, et est limité au nord et à l'est par la frontière belge.
Paysages et reliefs [modifier]
La pointe de Givet [modifier]
Le paysage de la pointe de Givet est agrémenté de collines, de forêts qui s'effacent quelquefois derrière des cultures, d'escarpement rocheux, et de pelouses sèches. L'espace ouvert est aussi utilisé en prairies. La friche arbustive s’étend sur de nombreux coteaux et gomme les limites parcellaires[14]. La Meuse n' y est pas enserrée dans une vallée étroite, l'horizon est large[15].
La pierre bleue de Givet, extraite de carrières locales, est souvent utilisée dans les constructions, apportant une touche discrète de couleur, et permettant aux eaux de la Meuse de se refléter dans les façades des bâtiments.
La ville de Givet s'étale de part et d'autre du fleuve, avec un petit Givet d'un coté, appelé encore Les Galoches au XIXe siècle[16], et un grand Givet de l'autre[17].
Le Massif ardennais [modifier]
Le Massif ardennais constitue une partie de l'Ardenne primaire : la portion rattachée au département français des Ardennes, à qui elle a donné son nom.
Ce territoire est fortement boisé et escarpé, avec des vallées profondes et sinueuses, en particulier les vallées de la Meuse et de ses affluents, dont la Semoy[18].
Les sommets du Massif ardennais et les points de vue sur la vallée de la Meuse contribuent fortement au charme du lieu. Ils ont de tout temps fait rêver les hommes, faisant naître de multiples légendes. Certains sites sont particulièrement connus, tels le panorama de la Longue Roche (en forêt domaniale de Château-Régnault), le site des Dames de la Meuse (à Laifour), le rocher des quatre fils Aymon (à Bogny-sur-Meuse), le Roc la Tour (à Monthermé), le Mont Malgré-tout (à Revin, avec le point de vue de la Faligeotte et de la Roche des Minches), etc. L'encaissement de la vallée accentue l'impression de relief[19]. Mais « Il y a de la douceur dans ces courbes de montagnes veloutées de feuillage »[20]. Les routes se font rares. L'altitude varie entre 140 mètres dans les vallées et 300 à 400 mètres environ sur les sommets.
Les méandres de la Meuse constituent de véritables boucles. La ville de Monthermé est placée dans l'une de ces boucles, de même que Joigny, Haybes, Laifour, Anchamps. L'agglomération est quelquefois serrée entre le fleuve et la montagne, comme à Levrezy ou Deville.
Des zones plus humides persistent au sein de la forêt, ou constituent des fagnes, des landes sur des plateaux[18], tel le plateau des Hauts-Buttés, avec une grande diversité floristique[21]. À l'est de ce dernier plateau se trouve le point culminant du massif, la Croix-Scaille, à 504 mètres d'altitude, placé sur la frontière entre la France et la Belgique. Une petite vallée encaissée, le Ravin de l'Ours, descend des Hauts-Buttés vers Linchamps.
Autour des villages, des sarts (taillis ou taillis sous futaie) couvrent une part significative de la surface forestière. Ce type de forêt est le résultat d'un mode d’exploitation qui a longtemps prévalu localement : l’essartage ou écobuage[22]. Des clairières entourent d'autres villages, tel Hargnies, et sont situées sur les espaces les moins vallonnés du plateau. Elles regroupent les potagers, les vergers et les prairies[18].
Cette zone géographique frontalière a quelquefois été jugée sauvage[23], voire impénétrable par certains stratèges militaires[24],[25], mais ses vallées ont accueillies, en plusieurs endroits, une industrie métallurgique, avec des établissements quelquefois confinés entre les cours d'eau et les pentes du massif.
Les villages sont relativement peu nombreux. Les maisons, le plus souvent accolées, sont conçues en trois travées destinées respectivement au stockage du fourrage, au bétail et à l’habitation. Les toits en pente douce sont couverts d’ardoises, tandis que les murs sont en schiste, leur donnant un aspect très caractéristique[18].
Le plateau de Rocroi [modifier]
Le plateau de Rocroi culmine entre 360 et 380 mètres et est caractérisé par un sol très humide où existent de nombreuses rièzes (landes tourbeuses), résultats des défrichements, et des taillis. Les prairies sont disposées de façon géométrique sur des surfaces d’environ un hectare. Seules quelques zones continues de marais s’intercalent dans cette trame foncière, entre les parcelles agricoles et la forêt qui clôt les espaces ouverts (Forêt de Signy-le-Petit, Bois des Hingues, Forêt des Pothées, Bois d'Harcy)[26]. Jules Michelet évoque à son propos un « pays froid, uniforme et sauvage, que le passant trouve laid et que sa monotone tristesse pare d'un charme attendrissant pour celui qui y est né »[27].
Les fermes isolées sont régulièrement implantées en bordure de petites parcelles. Elles sont localement appelées les Censes[26]. Il s’agit de petites fermes constituées de deux ou trois bâtiments trapus, construits en quartzite ou en brique et couverts d’ardoises. Ou des maisons de pans de bois et de torchis.
Les roches ardoisières [modifier]
Les bassins ardoisiers sont situés le plus souvent en limite du Massif ardennais, vestiges d'une époque géologique antérieure[28] :
- le bassin de Fumay, Haybes et Oignies, avec ses ardoises lie de vin (dites rouges), violacées (dites bleues), et vertes ;
- le bassin de Rimogne, avec ses ardoises grenues, gris-bleuâtres, et ses ardoises bleues ;
- le bassin de Monthermé et Deville, , et ses ardoises bleues, grises, et vertes griffées.
Le site de la Roche à sept Heures, à Monthermé, point de vue sur la vallée de la Meuse, est aussi l'entrée d'une ardoisière souterraine. Le nom viendrait des éclats du soleil, à sept heures, sur cet éperon rocheux constitué de roches siliceuses compactes, riches en quartz, qui reflètent la lumière[29].
Le val de Sormonne [modifier]
La Sormonne est un des affluents de la Meuse, issu du plateau de Rocroi et alimenté par de multiples ruisseaux. Le val de Sormonne s'est creusé dans le lias, en limite du Massif ardennais, constituant un couloir formé de prairies et de parcelles cultivées, et ponctué de haies et de vergers. Les villages sont établis à proximité des cours d’eau. Ils sont souvent structurés autour d’une rue principale, même si quelquefois, des lotissements ou des zones d'activités plus récents peuvent modifier l'organisation traditionnelle des bourgs. Les fermes accolées laissent de larges usoirs, ou passages, entre la rue et la façade des maisons. Ces façades sont construites en calcaire jaune[30].
La Thiérache ardennaise [modifier]
C'est l'extrémité Est de la région de Thiérache, centrée sur le département de l'Aisne, mais qui déborde sur les Ardennes et sur le Nord. Ce pays de bocages et de forêts est légèrement vallonné[31]. Son sous-sol correspond à l'extrémité du lias, et de l'infra-crétacé.
Les forêts couvrent 20 % du territoire et couvrent les sommets des coteaux qu'elles ferment par une teinte plus foncée. Les coteaux et fonds de vallées sont enherbés. Les secteurs de faible pente sur les parties hautes font l’objet de mises en culture de céréales et d’oléagineux qui contrastent avec l’ensemble herbagé.
Les villages sont principalement installés dans les parties basses des coteaux, perpendiculairement à la pente. Le bâti est d’une grande régularité, avec des façades en calcaire blanc, des toits à deux pans en ardoise. Les maisons sont construites côte à côte et créent de longs alignements réguliers[31].
Réserves naturelles et zones naturelles remarquables [modifier]
Réserves Naturelles Nationales [modifier]
Deux réserves naturelles sont incluses dans le territoire du parc[32] :
- les pelouses de la pointe de Givet : ces pelouses sèches sont d'anciens lieux de parcours des troupeaux, sur des terrains rocailleux et pentus, particulièrement intéressants d'un point de vue géologiques, caractéristiques du givétien ;
- la réserve naturelle de Vireux-Molhain : c'est un des gisements de fossiles les plus anciens de France[33].
Ces deux réserves ont le statut de Réserve Naturelle Nationale (R.N.N.) du fait de leur intérêt et de leur importance.
Sites Natura 2000 et ZNIEFF [modifier]
Une partie significative des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) du département, ainsi que six de ses quatorze sites Natura 2000 d'intérêt communautaire sont également situés sur le territoire du parc régional :
- les ardoisières de Monthermé et de Deville ;
- les forêts de la vallée de la Semoy à Thilay et Hautes-Rivières ;
- les pelouses, rochers et buxaie de la pointe de Givet ;
- les rièzes du plateau de Rocroi ;
- les tourbières du plateau Ardennais ;
- la vallée boisée de la Houille.
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (N° INPN et libellé) :
- 210020014 Anciennes ardoisières de Monthermé et de Deville
- 210009845 Bois de la vallée du ruisseau d'Alyse à Fumay
- 210020077 Bois de l'écaillière et pâture des moines à Eteignières
- 210002019 Bois de Nichet à Fromelennes
- 210020082 Bois des Aurains à l'est de Fumay
- 210020040 Bois des ruisseaux de Falières et de la Saussaie au nord-ouest de Revin
- 210001131 Bois du Trou Caillou et bois des boulettes à Revin et Monthermé
- 210020100 Bois et escarpement rocheux du mont Malgré Tout à Revin
- 210020079 Bois et marais des ruisseaux de la Chaudière et de Sainte-Anne à Taillette
- 210001116 Bois et marais du grand Ravet à Braux et Aulnay
- 210020167 Bois et prairies acidiphiles des woiries au nord-est de Monthermé
- 210009836 Bois et prairies du ruisseau du moulin Manceau, marais de la Cabre et étang du gendarme à Rocroi
- 210002012 Ensemble des pelouses calcaires et milieux associés de la pointe de Givet
- 210020180 Château de Montcornet et ses environs
- 210002014 Escarpements, fort de Charlemont et fort Condé à Givet
- 210009343 Étangs de la fermière et du gland à Beaulieu et Signy-le-Petit
- 210020081 Forêt communale de Fumay (rive gauche de la Meuse)
- 210009839 Forêt de la rive droite du Viroin à Vireux-Molhain
- 210009852 Forêt d'Estremont et vallée de la Serre à Blanchefosse-et-Bay et Le Frety
- 210009838 Forêt du versant gauche de la vallée de la Houille au sud de Charnois
- 210009841 Forêts et escarpements de la vallée de la Semoy et de ses affluents à Thilay et Hautes-Rivières
- 210020156 La longue Roche, l'enveloppe les Cerceaux et le plateau du Terne à Monthermé
- 210002037 Lac-retenue des Vieilles Forges au nord de Renwez
- 210000742 Lande des Frouchis à Taillette
- 210000743 Lande du bois Hubert à Rocroi et Taillette
- 210020043 Landes et bois du bassin des Marquisades au sud-ouest de Revin
- 210002015 Le mont d'Haurs et le versant gauche de la vallée de la Houille
- 210001126 Le plateau ardennais
- 210002013 Le Tienne de Chooz-Foisches
- 210001132 Le vallon de l'Ours à Thilay et Hautes-Rivières
- 210002017 Les rochers de Petit-Chooz
- 210002038 Marais de Sécheval
- 210001129 Marais des romarins à Hautes-Rivières
- 210001130 Marais, prairies et bois des Hauts-Buttés et de ses environs à Hargnies et Monthermé
- 210000741 Marais tourbeux et bois de Gué d'Hossus
- 210009878 Pelouses des grands Trieux à Aubrives
- 210009877 Pelouses des Ternes des marteaux et du mont des religieuses à Fromelennes
- 210020155 Pelouses et prairies oligotrophes des six chenons à Thilay
- 210020062 Prairies, bois et milieux aquatiques acidiphiles autour d'Hargnies
- 210020123 Prairies et bois de la vallée de la Sormonne entre Laval-Morency et Sormonne
- 210020220 Prairies et landes du fond fauconnier à Regniowez
- 210020039 Prairies oligotrophes et petits bois de la Sormonne au nord-est d'Eteignières
- 210000744 Rièze de la source du ruisseau du Gland à Regniowez
- 210001122 Rièze du moulin à vent (source du ruisseau de Rouge Fontaine) à Sevigny-la-Forêt
- 210000740 Rièzes de Rocroi-Regniowez et zones environnantes et bois de la vallée de l'Apance (aval et amont de Bourbonne-les-Bains)
- 210002016 Rochers d'Aviette et escarpements de Maurière à Rancennes
- 210013033 Rochers de Laifour et banquette alluviale des Dames de Meuse au sud d'Anchamps
- 210002018 Roches à Wagne et escarpements rocheux à Chooz
- 210008898 Tiennes et bois Le Duc au nord de Foisches
- 210001128 Tourbières des Vieux Moulins de Thilay et ruisseau de Marotel
- 210009840 Vallée de la Houille au sud de Landrichamps
- 210020042 Vallée de la Vrigne et vallons forestiers du bois des grandes Hazelles au bois de Nefmanil de Rumel à Gespunsart
- 210020080 Vallons de Mairupt et de Lambreque entre Laifour et Deville
- 210020076 Vallons des ruisseaux de Saultry, de la Ferrière et du marais aux loups à Maubert-Fontaine et Sevigny-la-Forêt
Climat [modifier]
Il n'y a pas un mais plusieurs climats, retrouvant sur ce volet la diversité constatée dans les sols et dans les paysages[35] :
- les températures moyennes annuelles varient de 8 °C dans le secteur des Hauts-buttés à Thilay, un des points les plus élevés du parc, à 10 °C à Charleville ou dans la pointe de Givet ;
- la pluviométrie évolue entre 800 mm à Charleville ou Givet, 1 000 mm en Val de Sormonne et en Thiérache, 1 200 mm à Rocroi et plus de 1 250 mm, avec des épisodes neigeux marqués, dans le secteur des Hauts-Buttés.
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | -2 | -2 | 0 | 3 | 6 | 9 | 11 | 11 | 9 | 5 | 2 | -1 |
| Température maximale moyenne (°C) | 3 | 4 | 8 | 12 | 16 | 19 | 21 | 21 | 18 | 13 | 7 | 4 |
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | -1 | -0 | 1 | 3 | 7 | 10 | 12 | 11 | 9 | 6 | 3 | -0 |
| Température maximale moyenne (°C) | 6 | 7 | 12 | 15 | 20 | 23 | 25 | 24 | 22 | 17 | 10 | 6 |
On passe d'un climat océanique dégradé dans le secteur de Signy-le-Petit, ou tempéré dans la pointe de Givet, à un climat continental à Rocroi ou sub-montagnard dans la région des Haut-Buttés, le caractère continental du climat s'affirmant avec l'altitude[35].
Hydrographie [modifier]
La Meuse et sept de ses affluents traversent le parc naturel régional des Ardennes. Ces affluents sont la Sormonne, la Semoy, la Goutelle, la Houille, la Faux, le Viroin, et la Vrigne. La Meuse entre dans le territoire du parc à 140 mètres au-dessus de la mer et en sort au nord à la cote 99[37]. Son débit est irrégulier[38]. Le module du fleuve à Chooz est de 144 m³ par seconde, non compris le débit de la Houille.
Les hautes eaux se situent en hiver, avec des débits mensuels moyens allant de 225 à 277 m³ par seconde, de décembre à mars inclus (avec un maximum en février). À partir du mois de mars, le débit chute jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de juin à octobre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'au plancher de 50,5 m³ au mois de septembre. Et ces moyennes mensuelles, calculées grâce à des mesures effectuées sur 56 ans, de 1953 à 2008, cachent des fluctuations ponctuelles importantes[39].
Débit moyen mensuel (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Chooz[38]

La lame d'eau écoulée dans cette partie française de la Meuse est de 452 millimètres annuellement, ce qui est nettement supérieur à la moyenne d'ensemble en France (320 millimètres), tous bassins confondus. Un des affluents de la Meuse, la Faux, a une lame d'eau écoulée encore supérieure, de 579 millimètres. Des installations de production hydroélectrique ont été installées sur cet affluent[40].
Le cours de la Meuse monte vers le nord, en serpentant, de méandre en méandre. Une piste cyclable, la voie verte Trans-Ardennes emprunte les anciens chemins de halage le long de la Meuse, de Montcy-Notre-Dame (à proximité de Charleville-Mézières) à Givet. La vallée de la Houille, au sud de Landrichamps, a été constituée en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de même que la vallée de la Vrigne, à Gespunsart, et que le Lac des Vieilles Forges, dans la vallée de la Faux, déjà cité et enchâssé dans la forêt[20]. Un affluent de l’Oise, Le Gland, prend naissance dans une zone du parc, à Regniowez qui est également cataloguée d'intérêt écologique, faunistique et floristique. A faible distance de sa source, cet affluent adopte la direction de l'ouest[41].
Économie [modifier]
La pointe de Givet et le Massif ardennais ont une forte tradition artisanale et manufacturière, puis industrielle, en particulier dans la métallurgie, la fonderie, et, par le passé, dans la fabrication d'armes. L'industrie de l'armement a périclité dès le XIXe siècle avec l'arrêt de la manufacture d'armes de Charleville[42]. De grands noms de l'industrie se sont créés ou se sont développés ici : Electrolux (Arthur Martin, Faure...)[43], Deville, Porcher, Thomé-Génot, Mineur frères et Wilmot devenu Usinor,... Certains y sont toujours présents[44].
Aujourd'hui, une activité industrielle significative se maintient sur place, mise en avant régulièrement par le pouvoir politique, par exemple lors des déplacements en Ardennes du ministre de l'intérieur et candidat à la présidence, Nicolas Sarkozy, en 2006 puis du même Nicolas Sarkozy, devenu président de la République Française, en 2011[45],[46]. Mais cette activité industrielle est confrontée à une concurrence internationale difficile et à des externalisations en dehors des frontières. Les ouvriers représentent encore 40 % de la population active du parc naturel[47]. Le savoir-faire dans le travail des métaux facilite le démarrage d'entreprises innovantes (Les ateliers de Janves, Nexans, NPL, Faynot, etc. ) succédant aux entreprises historiques. Une activité de fabrication d'écrous ou de boulons se maintient à Bogny-sur-Meuse à travers des P.M.E.[48], souvent spécialisées sur des fabrications spécifiques (Affel'm, Marbaise, Cousin-Malicet, etc. ). De même à Thilay et aux Hautes -Rivières[49]. À Givet, l'entreprise KME issue du groupe Tréfimétaux est l'héritière d'une longue histoire locale sur la fabrication de laiton et de cuivre. Certaines entreprises trouvent également des débouchés dans les métiers d'art, comme la ferronnerie, la dinanderie ou le damassage.
Pour autant, la fermeture de nombreuses usines durant les dernières décennies a engendré des friches industrielles, nécessitant de réhabiliter ou de détruire les bâtiments et de dépolluer certains terrains. Des lieux de mémoire se sont créés tel à Bogny-sur-Meuse, le centre culturel et musée de la métallurgie ardennaise.
L'exploitation de l'ardoise, initialisée réellement au moyen-âge s'est terminée dans les années 1970, bien que le produit issu de cette région des Ardennes ait été jusqu'au bout une référence de qualité[28].
Une transformation de l'économie de cette région est donc en cours, avec le développement de nouvelles activités industrielles, conformes à sa tradition manufacturière, mais aussi des activités de services et de loisirs. La liaison TGV avec la ville-porte de Charleville-Mézières, ainsi que le réseau autoroutier ont désenclavé cette région.
Le transport fluvial et le devenir du port de Givet est un autre axe. En 1964, Givet était le premier port fluvial français avec une activité de 1 796 500 tonnes (houille, bois, métaux, coke, engrais en particulier)[50]. Dans les décennies suivantes, cette activité a périclité pour devenir pratiquement nulle en 1994. Mais le trafic est revenu en ce début de XXIe siècle. Givet garde son potentiel de base arrière des grands ports de la mer du Nord (Anvers, Rotterdam, Amsterdam…), grâce à sa capacité d’accueil de péniche à grand gabarit (1 500 tonnes). Les activités se sont diversifiées (le bois toujours, la fonte, mais aussi le sel de déneigement, ou encore l'hivernage des bateaux de plaisance, etc. ) et son trafic atteint 600 000 tonnes environ.
Le plateau de Rocroi et le Val de Sormonne voient se créer des zones d'activités nouvelles et, plus récemment, des zones de production d'énergie par des éoliennes[51].
L'exploitation forestière représente une activité plus traditionnelle, associée à l'image du territoire[52] mais qui reste importante[35]. Le musée de la Forêt de Renwez montre ce qu'était cette activité il y a encore un siècle. Elle était alors génératrice d'un nombre significatif d'emplois, avec une population, de bûcherons ou autres, installée en partie au cœur de la forêt. La motorisation de tous les travaux a réduit considérablement les effectifs employés dans ce secteur. Le domaine boisé a été également marqué par des usages ancestraux tels que l'affouage, le pâturage, le sartage (pratiqué jusqu’au début du XXe siècle et favorisant le développement de taillis), l'écorçage des chênes (pour la récolte du tanin), ainsi que par les dommages causés par les conflits militaires franco-allemands. Mais la sylviculture conserve un dynamisme réel. Le chêne sessile est l’essence feuillue dominante des futaies feuillues privées et des mélanges futaie-taillis. Le chêne pédonculé est la deuxième essence feuillue. Les bouleaux pubescents et verruqueux sont la troisième essence. Le hêtre, bien qu'adapté à la région, occupe une place plus modeste du fait du traitement ancien en taillis. L’épicéa commun occupe 33 % de la surface boisée privée et a été implanté à partir des années 1950[35].
Enfin, ce territoire rural est bien entendu marqué également par une activité agricole, avec une part prépondérante d'élevages de ruminants, adossés à des surfaces en herbe[53], et des tailles d'exploitations modestes[54]. En Thiérache ardennaise, toutefois, les remembrements se sont traduits par une augmentation des surfaces de culture au détriment de l'élevage et des terrains d'herbage. La filière de transformation des produits laitiers est assez limitée localement[53], avec, comme principal site industriel, la laiterie de Rouvroy-sur-Audry[55], et une tradition fromagère modeste. Il est significatif qu'un des rares fromages locaux, le Rocroi, originaire de la ville de même nom ait une fabrication artisanale, qui ne soit plus pour l'instant sur le territoire du parc[56].
Population [modifier]
Si l'on s'intéresse plus particulièrement à la dynamique démographique de 1999 à 2007, sur la base des chiffres de l'Insee[57], la population vivant sur le parc est en tassement de -4 %.
Deux zones apparaissent au sein du parc. Une première zone est constituée des cantons de Nouzonville, Monthermé, Revin, Fumay, Givet, le long de la vallée de la Meuse, avec une densité de 133 d'habitants au km², supérieure à la densité de la France (un peu moins de 100), mais une population qui se réduit de -8 %. Une deuxième zone est constituée des cantons situés à l'ouest, les cantons de Renwez, Rumigny, Signy-le-Petit et Rocroi, avec une densité de population nettement plus faible, 33 habitants au km², mais une population en hausse de 6 % sur la même période. Cette hausse est particulièrement marquée dans le canton de Renwez, avec une extension du pôle urbain de Charleville-Mézières qui est à suivre avec attention en aménagement du territoire dans les prochaines années[58].
Faune et flore [modifier]
La pointe de Givet [modifier]
Parmi les espèces floristiques les plus remarquables en cette extrémité septentrionale du parc, il faut citer l'Armoise blanche, l'Anthericaceae ou Phalangène à fleur de lys et l’œillet des Chartreux. Et l'alouette lulu dans les espèces animales protégées[59],[60]. Les affleurements rocheux de la vallée de la Meuse abritent aussi le Grand-duc d'Europe et le faucon pèlerin. Cinquante-deux espèces de papillons vivent sur ce territoire[61].
Le Massif Ardennais [modifier]
Ce territoire essentiellement boisé est composé de chênes, hêtres, charmes, et bouleaux. C'est une des forêts de France les plus anciennes, et l'une où les feuillus continuent à dominer, même si on trouve aussi des épicéas et des mélèzes. Les sous-bois sont riches en fougères et digitales pourpres. Dans des zones plus humides, comme les marais des Hauts-Buttés, fleurissent de blanches linaigrettes.
Le cassenoix moucheté, le pic noir, le martin-pêcheur[60] ou le chat forestier trouvent refuge dans ce massif.
De grands mammifères s'y maintiennent, tel que le cerf élaphe. Ainsi que des cigognes noires. Citons enfin le sanglier, dans le domaine de l'ancienne déesse celte Arduinna[62].
Le castor européen ou bièvre a fait également son retour dans les cours d'eau du parc régional[35],[63]. Et les batraciens peuplent les zones humides.
Le Plateau de Rocroi [modifier]
La végétation est dominée par les bruyères et les genêts d'Angleterre. Mais le promeneur peut trouver également de l'arnica, des gentianes, des orchis des sphaignes, de la trientale d'Europe ou des droseras carnivores[64].
De nombreuses espèces rares et protégées fréquentent les rièzes et bocages du plateau de Rocroi, dont la Gélinotte des bois (oiseau très rare en dehors des zones montagneuses), la Pie grièche (passereau), la Chevêche d'Athéna (chouette qui était l'Antiquité grecque l'attribut d'Athéna, déesse de la Sagesse), la Nyctale de Tengmalm (appelée encore chouette boréale ou chouette de Tengmalm), la Cordulie arctique (un insecte) et le Nacré de la canneberge. Le Nacré de la canneberge (ou Boloria aquilonaris) est un magnifique papillon de tourbière aux couleurs orange ornées de diverses marques de couleur marron[65].
Les roches ardoisières [modifier]
Des chauves-souris hibernent dans les anciennes carrières souterraines. Les espèces suivantes, toutes protégées peuvent être citées : le grand murin, le vespertilion de Bechstein, le grand rhinolophe, le vespertilion à oreilles échancrées, la barbastelle, le petit rhinolophe, etc. [66]. Les intrusions humaines dans ces anciennes galeries peuvent avoir un effet désastreux pour ces paisibles occupants.
Le Val de Sormonne [modifier]
La flore des prairies sur sol acide du val de Sormonne se démarque par le nard raide, la molinie bleue, la pédiculaire des bois, et le salix repens (ou saule rampant, protégé) qu'accompagnent les jonquilles, les succises des prés, et autres orchis tachetés. Certaines de ces prairies évoluent vers une lande sèche à callune et genêt d'Angleterre, ou une lande humide à bruyère.. D'autres prairies pâturées sont agrémentées de houlque laineuse, de flouve odorante, de trèfle, de renoncule rampante, de plantain lancéolé[67].
Libellules, lézards, papillons animent ces terrains. Les papillons y comportent une espèce protégée en France, le damier de la succise. Les reptiles sont représentés par la vipère péliade, le lézard vivipare et l'orvet. Citons encore, sans prétendre être exhaustif, la musaraigne aquatique, parmi les mammifères.
La Thiérache ardennaise [modifier]
Le paysage de la Thiérache est caractérisé par l'alternance de forêts, de pâtures, de talus et de cultures. Les terres non boisées sont agrémentées de haies et de vergers un temps en perdition avec les remembrements et aujourd'hui un peu mieux préservés, et de ripisylves végétalisées (aulnes, saules, buissons, etc. ) le long des cours d'eaux et ruisseaux. Les haies et les ripisylves constituent des abris pour les animaux, particulièrement pour les insectes et les oiseaux[60],[68], tels que la pie-grièche écorcheur et son bandeau oculaire noir, le tarier pâtre, le tarier des prés, la pie-grièche grise, le chardonneret élégant, élégamment bariolé, l'hirondelle rustique, oiseau migrateur, le pinson des arbres, la mésange bleue, la mésange charbonnière, la mésange nonnette, le pipit des arbres, le pipit farlouse, le bruant jaune, etc. Il faut citer également, même s'ils choisissent de plus grands arbres pour nicher, le milan noir et le faucon crécerelle.
Patrimoine [modifier]
Ce territoire a constitué de tout temps une zone frontière, la forêt des Ardennes constituant une limite naturelle. Les hommes et femmes ont habité ses monts et vallées dès la préhistoire, y laissant dolmens et allées couvertes, telle l'allée couverte de Giraumont. Progressivement, les points névralgiques ont été fortifiés. Les ruines du château de Hierges, du château de Montcornet, du château de Linchamps ou de la forteresse de Château-Regnauld témoignent de l'époque médiévale. La ferme du Maipas, située sur un mauvais passage de la route menant d'Aubenton à Mézières en est un autre témoignage.
Aux XVIe siècle et XVIIe siècle, la région reste exposée à des guerres intestines (guerres de religion, et Frondes) ainsi qu'aux incursions ennemies. Des forteresses et des maisons fortes sont édifiées, densifiant le réseau défensif existant, telles le Fort de Charlemont, la Maison Forte de Foisches, le château de la Cour des Prés à Rumigny, le château de Remilly-les-Pothées, le château de L'Échelle, etc.
Les habitants se protègent aussi par l'édification d'églises fortifiées, particulièrement en Thiérache ardennaise, à Cliron, Tournes, Signy-le-Petit, Fligny, Tarzy, Bossus-lès-Rumigny, Antheny, Flaignes, Hannappes, Prez, Liart, ou dans la vallée de la Meuse, comme l'église Saint-Léger de Monthermé.
Les cités se fortifient, encouragées par le Roi de France, et aidées par les meilleurs ingénieurs du Royaume. Ainsi, le dispositif étoilé de Rocroi et l'urbanisme de la cité, avec son corps de garde, son arsenal, constituent un ensemble unique en France[69].
Le bâti et les demeures, aux couleurs des ressources minérales du territoire, forment un autre élément important du patrimoine. Ce bâti diffère selon les paysages et en constitue un des charmes : toits en ardoise du Massif ardennais, pierre bleue de la pointe de Givet, torchis et pans de bois du Plateau de Rocroi, calcaire jaune et briques du Val de Sormonne , briques, calcaire blanc de la Thiérache ardennaise... Les beuquettes, ces ouvertures qui servaient à la fois à jeter l'eau et à jeter un œil dehors, dans les maisons des Haut-Buttés par exemple, sont une autre particularité locale[70],[71].
Les activités artisanales et industrielle sont également à l'origine d'un patrimoine significatif : ateliers, anciennes forges, usines, maisons des patrons (installés quelquefois dans des châteaux seigneuriaux), et maisons (plus modestes) des ouvriers, telles les maisons ouvrières du Laifour, sur l'entrée de la commune en venant de Deville, au lieu-dit Madagascar.
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Remparts et ville de Rocroi -
Bâtiments d’une ancienne ardoisière de Rimogne -
maisons ouvrières de Laifour
Le patrimoine du parc naturel régional des Ardennes possède encore d'autres facettes, dont un patrimoine culinaire. Ce sont les plats de poissons ou les plats de gibiers, à découvrir dans les auberges le long de la voie verte Trans-Ardennes. Il faut suivre l'exemple de Georges Simenon[72] , qui avait méticuleusement mené l'enquête sur la cuisine traditionnelle ardennaise, les petits restaurants et les tables de la vallée de la Meuse. Bien sûr, il faut se rendre aussi au marché paysan de Renwez, franchir la porte des fermes-auberges, apprécier les productions des variétés locales d'arbres fruitiers et aller à la rencontre des divers éleveurs, tels ces éleveurs de Dindon rouge des Ardennes à Auge et dans les environs[73].
Deux vergers conservatoires ont été créés, à Haybes, à proximité de la maison des randonnées, et à Liart, non loin de la ferme pédagogique. Quarante variétés de pommes, poires, prunes et cerises ont été plantées, de la pomme petit croquet à la prune noberte simple, en passant par la poire de la chandeleur[74],[75].
Notes et références [modifier]
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- « Nathalie Kosciusko-Morizet a inauguré le PNR des Ardennes », Journal l'Union, 26 janvier 2012 [texte intégral]
- France 3 Champagne-Ardenne, « Nathalie Kosciusko-Morizet dans les Ardennes(vidéo et texte) ». Consulté le 26 mai 2012
- « Parc naturel régional, une nouvelle attractivité », Journal l'Union, 27 décembre 2011 [texte intégral]
- Geneviève Nival, « Parc naturel régional : l'incompréhensible divorce d'Aouste », sur Ardenne-mag. Consulté le 26 mai 2012
- Entretien avec Isabelle Zarlenga, directrice du parc naturel régional des Ardennes, sur le site du gouvernement français consacré au Grenelle de l'Environnement. Consulté le 26 mai 2012
- Rapport de charte du parc naturel régional des ardennes : objectif 2023, sur Parc naturel régional des Ardennes, 2011. Consulté le 9 juin 2012
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- Pour Paul Vidal de la Blache : ce n'est pas en saillie mais en creux que s'accentue le modelé. Extrait de Paul Vidal de la Blache, Tableau de la géographie de la France, Éditions de la Table ronde, 2000, 560 p. (ISBN 2-7103-0642-5), p. 111
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- Le terme beuquette dans le Wiktionnaire, lien
- Georges Simenon a descendu la vallée de la Meuse en 1929, sur son bateau, multipliant les escales, lire Roger Maudhuy, La vallée, de la place ducale à Givet, Éditions Les cerises aux loups, 1999, 176 p. (ISBN 2-913275-07-9), p. 103
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- « Liart Le verger conservatoire est né », Journal l'Union, 30 janvier 2009 [texte intégral]
Sources [modifier]
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- Octave Guelliot, Géographie traditionnelle et populaire du département des Ardennes, Librairie Emile Nourry, 1931, 410 p.
- Léon Voisin, les Ardoisières de l'Ardenne, éditions Terres Ardennaises, 1987, 257 p. (ISBN 2-905339-06-3)
- Henri Manceau, Les Ardennes : Villes et villages de notre temps, Centre départemental de documentation pédagogique des Ardennes - Collection l'Automobiliste ardennais, 1964, 87 p.
- Jean-Pierre Lambot, L'Ardenne, Pierre Mardaga Éditeur, 1987, 175 p. (ISBN 2-87009-316-0) [lire en ligne (page consultée le 26 mai 2012)]
- Michel Desbrière, Chronique critique des lignes de défense de la Champagne septentrionale 1644-1748, éditions Terres Ardennaises, 2003, 314 p. (ISBN 2-905339-59-4)
- Vitalis Cros, « Ardennes, Introduction », Revue historique des armées, vol. 17e Année, no 2, 1961, p. 121-124 (ISSN 0035-3299)
- Général Noiret, « La Marche ardennaise », Revue historique des armées, vol. 17e Année, no 2, 1961, p. 125-129 (ISSN 0035-3299)
- Frank Dargent, « Bas-marais et tourbières acides des Ardennes », L'écho des tourbières, publication de la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, no 19, janvier 2011, p. 9-11 (ISSN 1286-031X) [texte intégral (page consultée le 26 mai 2012)]
- Irina Gospodinova, « Le marais des Hauts Buttés (Ardennes) », L'écho des tourbières, publication de la Fédération des conservatoires d'espaces naturels, no 19, janvier 2011, p. 11 (ISSN 1286-031X) [texte intégral (page consultée le 26 mai 2012)]