Givet

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Givet
L’église Saint-Hilaire et le fort de Charlemont
L’église Saint-Hilaire et le fort de Charlemont
Blason de Givet
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Givet
(Chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Ardennes Rives de Meuse
Maire
Mandat
Claude Wallendorff
2014-2020
Code postal 08600
Code commune 08190
Démographie
Gentilé Givetois
Population
municipale
6 626 hab. (2011)
Densité 360 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 08′ 20″ N 4° 49′ 30″ E / 50.1388888889, 4.825 ()50° 08′ 20″ Nord 4° 49′ 30″ Est / 50.1388888889, 4.825 ()  
Altitude 124 m (min. : 103 m) (max. : 124 m)
Superficie 18,41 km2
Localisation

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Liens
Site web givet.fr

Givet (en wallon Djivet) est une commune française située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne. Ses habitants sont les Givetois[1].

Cinquième ville du département des Ardennes, Givet est la dernière ville fluviale située sur la Meuse avant la Belgique. Au cœur de l'Ardenne et historiquement située dans la région de langue wallonne, la ville frontalière occupe, de par sa position stratégique, un site géographique remarquable qui lui a laissé un patrimoine urbain et historique important.

Givet est connue pour sa Foire aux Oignons le 11 novembre, pendant laquelle les rues sont animées par des marchands et la fête foraine sur les deux places.

Géographie[modifier | modifier le code]

Une situation géographique particulière[modifier | modifier le code]

Givet constitue le point septentrional ultime de la vallée de la Meuse française, c'est-à-dire le site géographique où le fleuve quitte le territoire français avant de pénétrer en Belgique.

Vue de la vallée de la Meuse et du fort de Charlemont
Vue de Givet et depuis la Porte de Rancennes

La vallée de la Meuse française se remarque, en effet, sur la carte, par une pointe qui s'avance profondément dans l'Ardenne belge, formant ce qui est appelé communément la « Pointe de Givet » en France et la « Botte de Givet » en Belgique. Une réserve naturelle de 354 hectares y a été aménagée, la Réserve naturelle nationale de la pointe de Givet, qui est la deuxième plus vaste de la région Champagne-Ardenne.

Cette situation particulière résulte des faits de l'Histoire, issus des conquêtes et des traités de Louis XIV dont l'ambition était de conserver à tout prix la vallée de la Meuse dans le royaume de France aux dépens des Pays-Bas espagnols et de la principauté de Liège. Givet se retrouve ainsi en plein milieu de la Calestienne belge.

Par ailleurs, c'est à Givet que conflue avec la Meuse la rivière Houille, petit affluent de rive droite de 25 km dont le lieu de source est en Belgique, dans la région de Gedinne (province de Namur).

En géologie, elle constitue le stratotype d'un étage du dévonien moyen, le givétien. Ce niveau fournit un calcaire bleu typique dans l'architecture des maisons de l'Avesnois, de la Thiérache belge et de la Fagne.

Une position de carrefour géographique excellente[modifier | modifier le code]

Située dans la large vallée de la Meuse qui est une des artères fluviales maîtresses en Europe du Nord-Ouest, Givet tire un grand avantage de sa position de carrefour géographique aussi bien par voie terrestre que par la voie d'eau.

Dans la partie française, Givet est située au nord de Revin et de Fumay, villes situées en amont sur le cours de la Meuse et appartenant au département des Ardennes. La RD 988 qui relie ces différentes villes le long de la Meuse est l'axe routier principal du département jusqu'à la frontière avec la Belgique.

La porte de France et le fort de Charlemont, à Givet, vus depuis la voie verte.

De plus, la ville est traversée par la voie verte Trans-Ardennes qui, en longeant la vallée de la Meuse, la relie jusqu'à Montcy-Notre-Dame, aux portes de Charleville-Mézières. À Givet, la voie verte commence à côté du square Albert Ier, sur la rive droite de la Meuse. Il existe une jonction au nord de Givet vers le réseau RAVeL belge.

Par rapport à la Belgique où Givet est ville-frontalière, celle-ci est située à 16 km au sud de Dinant, cité également arrosée par la Meuse et célèbre pour ses dinanderies, et de part et d'autre de la large vallée de la Meuse, Givet est située à 10 km à l'est de Beauraing et à 23 km à l'ouest de Philippeville, toutes ces villes belges relèvent de la province de Namur.

Un site urbain escarpé dans la large vallée de la Meuse[modifier | modifier le code]

Givet est située sur les deux rives de la Meuse dont la large vallée est dominée sur la rive gauche en amont de la ville, par un promontoire escarpé qui porte l'imposante citadelle de Charlemont. En face, sur la rive droite, le Mont d'Haurs est couronné par une vieille tour, la tour Grégoire, et des restes de fortifications. Le quartier principal, appelé le Grand-Givet ou Givet Saint-Hilaire est la vieille ville qui s'étend sur la rive gauche de la Meuse, entre le fleuve et le chemin de fer. Sur la rive droite, au confluent d'une petite rivière ardennaise, la Houille, se trouve le Petit-Givet ou Givet Notre-Dame.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Givet
Hastière (Belgique) Hastière (Belgique) Houyet (Belgique)
Doische (Belgique) Givet Beauraing (Belgique)
Foisches Rancennes Fromelennes

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende veut que saint Hubert ait vécu à Givet en 720 et qu'il y ait réalisé un miracle. Givet appartenait à la fin du Moyen Âge aux évêques de Liège. Charles Quint, en ayant obtenu la cession au XVIe siècle, fit construire la forteresse qu'il appela de son nom, Charlemont. En 1680, la place de Charlemont fut remise à Louis XIV en exécution de la paix de Nimègue ; en 1699 le traité de Lille complétant la paix de Ryswick, confirma à la France la possession des deux Givet. Le roi de France fit alors compléter les fortifications de Charlemont et celles du Grand-Givet sous la direction de Vauban.

En 1914, le bombardement de la ville commença le 29 août et dura trois jours. C'est au cours de ces bombardements que fut détruite la caserne Rougé, en son temps connue comme étant la plus longue caserne de France. La ville a reçu la croix de guerre en 1923.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de France, les Allemands de la 32. Infanterie-Division (32. ID de Franz Böhme) occupèrent la partie de Givet sur la rive droite à partir du 13 mai 1940[2]. Les ponts ont sauté et la division allemande qui doit traverser la Meuse, devra le faire à l'aide de canots sous le feu de la 22e division d'infanterie française (22e DI, général Béziers-Lafosse). Une tentative le jour même à Chooz échoue, et le général Adolf Strauß (chef du II. Armee-Korps dont dépend la 32. ID) repousse l'attaque au lendemain pour que la division puisse se préparer à devoir forcer le passage[2].

Le lendemain matin la division allemande passe à l'offensive générale sur le fleuve : au nord, l’Infanterie-Regiment 96 (IR 96) au niveau de Bac au Prince face à la lisaison du 19e régiment d'infanterie (19e RI) et du I/116e régiment d'infanterie (I/116e RI), tandis qu'attaque à Givet même l’Infanterie-Regiment 4 (IR 4) contre le III/116e RI[3]. Par ailleurs, les régiments allemands sont renforcés par d'autres unités et soutenus par plusieurs groupements d'artilleries[3]. Ils réussissent leur traversée au nord à l'aube, la défense du I/19e RI cesse mais la contre attaque d'une section du I/116e RI rétablit la situation de son bataillon face au nord où les Allemands auraient pu désormais les déborder[3]. Le feu français, notamment celui provenant du fort de Charlemont, cause de lourdes pertes aux Allemands qui traversent la Meuse, si bien que le front de la 22e DI tient toujours à 10 h[3]. Mais l'action les canons du fort cessent bientôt, touchés par ceux des Allemands ou par la Luftwaffe qui a dû être demandée en renfort par la 32. ID, le reste de l'artillerie se repliant alors, laissant l'infanterie avec ses seules armes, ce qui ne suffit plus[3]. Un nouveau régiment allemand arrive en renfort : l’Infanterie-Regiment 94 qui traverse la Meuse au sud de l’IR 96[3]. Bien que les tirs français continuent à leur infliger des pertes, les Allemands sont de plus en plus nombreux à traverser, l’IR 4 réussit à passer plus au sud contre le II/116e et le II/62e régiment d'infanterie[3]. À cause de l'attaque allemande, notamment aérienne, des défenseurs français cèdent à la panique et fuient vers l'arrière[3] ; le capitaine Queignec (chef de la 7/62e RI) signale ainsi « mes hommes sont affolés et malgré tous mes efforts abandonnent la position, j'en ai honte et je reste »[4], il trouvera la mort le soir même[3]. Au milieu de l'après midi, ainsi menacée au nord et au sud par l'avancée des Allemands, la 22e DI se retire de la Meuse[3]. Mais certaines de ses unités poursuivent le combat, la partie gauche de Givet, bien que bombardée, reste ainsi tenue par le III/116e RI, empêchant les Allemands d'y établirent un pont, le lieutenant Charpentier se voit confier la « mission de sacrifice » de tenir le fort de Charlemont ; le fort de Condé est occupé par le capitaine Cothereau et le château du Tertre par le capitaine Belin[3].

Givet fut libérée le 7 septembre 1944.

En décembre 1944, Charlemont abrita 11 000 soldats américains. Le 24 décembre, dans un suprême effort, l'offensive allemande à travers les Ardennes, tentant de renouveler la percée de mai 1940, atteint les portes de Givet. Mais l'héroïque défense de Bastogne (Belgique) et les contre-attaques des troupes alliées anéantissent le dernier espoir d'Hitler.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, Givet conjugue histoire et modernité. L'importance considérable de son patrimoine architectural, riche en sites et monuments, complété par de nombreuses réalisations récentes, lui permet de développer une activité touristique intéressante. Ainsi, son histoire se découvre-t-elle en flânant dans les rues « en demi-cercle » du « Vieux Givet » dont les sites et monuments les plus représentatifs sont les suivants :

Église Saint-Hilaire - Nef
  • l'église Saint-Hilaire et ses boiseries Louis XV,
  • l'église Notre-Dame et ses nombreux objets classés,
  • la forge Toussaint,
  • la tour Victoire et ses expositions permanentes,
  • la tour Grégoire et son imprenable point de vue,
  • le Centre européen des métiers d'art, fondé en 1989, où de nombreuses œuvres d'artisans ainsi qu'une cave de produits du terroir sont à découvrir,
  • le couvent des Récollectines, réhabilité en centre culturel « bibliothèque - médiathèque »,
  • l'ancien manège militaire transformé en espace de spectacles et cinéma,
  • le fort de Charlemont et sa pointe est, illuminée en soirée, etc.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Givet (Ardennes).svg

Les armes de Givet se blasonnent ainsi : Coupé : au premier d'azur au sautoir d'or, au fusil de gueules brochant en pal, la gachette à senestre, au second d'azur aux trois tours d'or ouvertes et ajourées du champ, rangées sur une terrasse de sinople.

Dans les armoiries de Givet, trois tours sont mises en exergue, la tour Victoire, la tour Grégoire et la tour Maugis.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 réélu 2008 et 2014 Claude Wallendorff UMP Conseiller général depuis 2008
1995 2001 Alain Vandevelde app. UDF Conseiller général (1994-2001)
1982 1995 Pierre Tassin RPR Conseiller général (1982-1994)
1971 1982 André Bertrand   Conseiller général (1982)
1953 1971 Roger Declef   Conseiller général (1964-1976)
1945 1953 Émile Benoist SFIO Conseiller général 1945-1958
 ?  ? Alphonse Pirlot Radical Conseiller général (1928-1940)
 ?  ? Paul Cavalier    
 ?  ? Alphonse Fenaux    
XVIIIe XVIIIe Christophe, François, Joseph, Florent de Mauraige de Warlu   Premier consul, maire de Villiers, Givet et Charlemont, conseiller - procureur du roi en la maîtrise particulière des Eaux et Forêts de Givet St-Hilaire ; avocat au parlement ; messire, écuyer, chevalier, seigneur de Warlu, de Wéry et autres lieux. Naissance à Avesnes en 1725, décédé à Givet en 1769

La commune de Givet est un chef-lieu de canton composé de douze communes :

Givet a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

Classement démographique[modifier | modifier le code]

Population de l’agglomération de Givet
(Recensements Insee de 1999 et 2008)
Zones Population Surface
(km²)
Densité
(/km²)
croissance
1999-2008
Agglomération de Givet
Givet 6 736 18 366 - 8,63 %
Unité urbaine 8 511 32 265 - 8,90 %
Aire urbaine 8 734 42 206 - 8,62 %
Ardennes
Ardennes 284 197 5 229 54 - 2,04 %

Selon les données de l’Insee, la population de la ville de Givet s'établit à 6 736 habitants au recensement de la population du 1er janvier 2008 (population municipale).

Avec une superficie communale de 1 841 hectares, la densité de population s'élève à 366 habitants par km², ce qui en fait l'une des dix communes les plus densément peuplées du département des Ardennes.

En 2008, l’unité urbaine de Givet, qui s'étend sur trois communes[N 1], regroupe 8 511 habitants et se classe au 4e rang départemental, après les agglomérations urbaines de Charleville-Mézières, Sedan et Rethel[6], et son aire urbaine rassemble 8 734 habitants[7].

Ces différentes données font de Givet non seulement la quatrième ville la plus peuplée du département des Ardennes, mais également la quatrième agglomération urbaine du département. Il en est de même pour son aire urbaine.

Au niveau régional, elle occupe la treizième place en Champagne-Ardenne quant à son unité urbaine.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 6 626 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 100 3 643 3 879 4 068 4 220 4 293 5 689 5 855 5 639
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
5 801 5 104 5 575 6 972 7 820 7 083 7 100 6 947 7 468
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
7 759 5 519 6 803 6 826 6 923 5 524 6 656 7 444 7 865
1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 -
7 804 7 587 7 775 7 372 6 949 6 828 6 663 6 626 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Ville frontière à l’extrémité du couloir de la botte de Givet, la ville est reliée au reste de la France par la D8051 vers le sud. Par le nord l'itinéraire traverse la frontière et se poursuit jusque Namur. La D949 traverse la ville d'est en ouest, joignant les deux bouts de la RN 40 belge.

La gare de Givet est le terminus d'une ligne SNCF des TER Champagne-Ardenne reliant la ville à Charleville-Mézières.

Le port fluvial[modifier | modifier le code]

Située de part et d'autre de la Meuse, la ville possède un port fluvial de commerce qui fut géré jusqu'en 2010 par la Chambre de commerce et d'industrie des Ardennes. Ce port toujours actif sur le fleuve subit toutefois la rude concurrence des voies terrestres qui ont été considérablement modernisées (A34, A4, RD 988, RD 43) et qui privilégient davantage la liaison Est-Ouest.

Ce trafic fluvial fut à l'origine de son développement industriel qui commença réellement à la fin du XVIIIe siècle et dura presque 150 ans jusqu'en 1997, où il fut pratiquement abandonné.

Aujourd’hui, il constitue le terminus des voies à grand gabarit sur la Meuse pouvant recevoir des péniches jusqu'à 1 350 tonnes de port en lourd. Aménagé en plate-forme multimodale avec une logistique réduite depuis la fin des liaisons ferroviaires avec la Belgique, le port fluvial maintient un trafic modeste. Ce dernier s'élevait à un trafic de 280 000 t en 2004. Il avait reçu un grand dépôt pour l’importation de voitures neuves, à présent désaffecté[10].

Sa gestion a été confiée en 2011 à Eau et Force, filiale de la Lyonnaise des Eaux (Suez), qui envisage de hausser le trafic à 500 000 t par an avec un plan de modernisation ambitieux s'étendant sur les 35 hectares du site portuaire actuel[11].

Une tradition industrielle en voie de disparition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison Gambier.

Pendant ce vigoureux essor industriel, la cité acquit une forte renommée pour la qualité des pipes et têtes de pipe en céramique qui y étaient fabriquées.

Au milieu du XIXe siècle, une demi-douzaine de fabricants dont Blanc-Garin et Gambier se partageaient le travail.

Longtemps reconnue comme une cité industrielle, Givet connaît aujourd'hui un fort taux de chômage à cause d'une désindustrialisation désastreuse commencée dès les années 1980. Un des symboles de cette crise industrielle fut la fermeture retentissante de l'usine Cellatex en 2000.

Manifestations[modifier | modifier le code]

  • Foire aux oignons : Foire commerciale annuelle, le 11 novembre.
  • Fête des roses : depuis 1921, défilé des enfants des écoles déguisés, en juin.
  • Carnaval : en avril.
  • Peintres dans la ville : Deux week-end de juillet, les peintres exposent dans la rue.
  • Festival national de musique militaire : chaque début d’été.

Culture[modifier | modifier le code]

Ils ont écrit sur Givet[modifier | modifier le code]

Georges Simenon (1903-1989)[modifier | modifier le code]

Le roman « Chez les Flamands », écrit et publié par Georges Simenon en 1932, se déroule intégralement à Givet. La Meuse y joue un rôle central. Le statut de « ville-frontière » de cette commune est au cœur du récit, marqué par les difficultés d'une famille d'origine étrangère dans une ville de province.

Victor Hugo[modifier | modifier le code]

Victor Hugo dans une lettre à un ami le 1er août 1842 décrivait Givet comme suit :

« C’est une jolie ville que Givet, propre, gracieuse, hospitalière, située sur les deux rives de la Meuse, qui la divise en grand et petit Givet, au pied d’une haute et belle muraille de rochers dont les lignes géométriques du fort de Charlemont gâtent un peu le sommet. L’auberge qu’on appelle l’hôtel du Mont-dOr[n 1], y est fort bonne, quoiqu’elle soit unique et qu’elle puisse par conséquent loger les passants n’importe comment, et leur faire manger n’importe quoi.
Le clocher du petit Givet est une simple aiguille d’ardoise ; quant au clocher du grand Givet, il est d’une architecture plus compliquée et plus savante. Voici évidemment comment l’inventeur l’a composé. Le brave architecte a pris un bonnet carré de prêtre ou d'avocat. Sur ce bonnet carré, il a échafaudé un saladier renversé; sur le fond de ce saladier devenu plate-forme, il a posé un sucrier, sur le sucrier, une bouteille, sur la bouteille, un soleil emmanché dans le goulot par le rayon inférieur vertical ; et, enfin, sur le soleil, un coq embroché dans le rayon vertical supérieur. En supposant qu'il ait mis un jour à trouver chacune de ces idées, il se sera reposé le septième jour.
Cet artiste devait être flamand.
Depuis deux siècles environ, les architectes flamands se sont imaginés que rien n’était plus beau que des pièces de vaisselles et des ustensiles de cuisine élevés à des proportions gigantesques et titaniques. Aussi quand on leur a donné des clochers à bâtir, ils ont vaillamment saisi l’occasion et se sont mis à coiffer leurs villes d’une foule de cruches colossales.
La vue de Givet n’en est pas moins charmante, surtout quand on s’arrête, vers le soir, comme je l’ai fait, au milieu du pont, et qu’on regarde au midi. La nuit, qui est le plus grand des caches-sottises, commençait à voiler le contour absurde du clocher. Des fumées suintaient de tous les toits. À ma gauche, j’entendais frémir avec une douceur infinie de grands ormes au-dessus desquels la clarté vespérale faisait vivement saillir une grosse tour du onzième siècle qui domine à mi-côte le petit Givet. À ma droite, une autre vieille tour, à faîtage conique, mi-partie de pierres et de briques, se reflétait tout entière dans la Meuse, miroir éclatant et métallique qui traversait tout ce sombre paysage. Plus loin, au pied de la redoutable roche de Charlemont, je distinguais, comme une ligne blanchâtre, ce long édifice que j’avais vu la veille en entrant et qui est tout simplement une caserne inhabitée[n 2]. Au-dessus du clocher, surgissant à pic une immense paroi de rochers qui se prolongeait à perte de vue jusqu’aux montagnes de l’horizon et enfermait le regard comme dans un cirque. Tout au fond, dans un ciel d’un vert clair, le croissant de lune descendait lentement vers la terre, si fin, si pur et si délié, qu’on eût dit que Dieu nous laissait entrevoir la moitié de son anneau d’or. […] »

Octave Mirbeau[modifier | modifier le code]

De son côté, Octave Mirbeau évoque ainsi la forteresse de Givet, dans La 628-E8 (1907) :

« Quelle folle terreur ont donc su nous inspirer les Belges, que Givet soit une telle forteresse ? La ville disparaît presque sous l'accumulation des défenses militaires... Forts tapis au haut des pics, terrasses armées, enceintes bastionnées, casemates blindées, fossés remplis d'eau, pont-levis, mâchicoulis, échauguettes (lire "guérite en pierre" car les échauguettes sont dans les châteaux-forts médiévaux), demi-lunes, chemins de ronde, tout ce qu'inventa, pour la sécurité des frontières, la science ancienne et moderne de la fortification, Givet en est pourvu... Par les poternes et les chemins couverts, on s'attend à voir, tout d'un coup, débusquer des hommes d'armes, bardés de fer... Ah ! les Belges doivent être fiers d'être Belges, en regardant Givet... Ils savent ainsi tout ce que leur puissance militaire a de redoutable... J'imagine aisément que Givet soit, pour eux, la meilleure école où se fortifie leur arrogance nationale. Le dimanche, les pères doivent conduire leurs enfants à Givet, et je les entends qui leur disent :
— Voyez, comme nous faisons trembler le monde !
De son côté, un officier français, devant qui je m'étonnais de ce luxe guerrier, m'a expliqué ceci :
— Il ne faut plus, au cours des luttes futures, qu'on puisse encore s'écrier : “Ah! voici les Belges. Nous sommes foutus !”
Et que de casernes !... Quelles immenses esplanades pour l'évolution des troupes!... Que de soldats !
J'ai vu défiler des bataillons et des bataillons d'infanterie. En tenue de campagne et clairon sonnant, sans doute ils revenaient d'une reconnaissance, peut-être d'un combat. Et j'ai admiré leur allure martiale, leur souple entraînement... Nous sommes bien gardés, allez !... Tout me fait croire aujourd'hui que, devant un tel déploiement de forces, un tel hérissement de défenses, l'armée belge nous laissera tranquilles, désormais... »
notes
  1. n’existe plus aujourd’hui mais d’autres hôtels ont vu le jour… !
  2. le fort abrite aujourd’hui le centre d’entraînement commando de Givet, il s'agit ici de la caserne Rougé, ancienne plus longue caserne de France, dédiée au Marquis de Rougé, tué en Westphalie en 1761

Givet et le Wallon[modifier | modifier le code]

Aire de la langue wallonne en Wallonie et en France

Givet a constitué avant 1914 l'un des trois territoires « wallons » (de langue wallonne) hors de la Wallonie « belge », avec Doncols et Sonlez (la Wallonie Grand-Ducale qui s'est presque éteinte), et la Wallonie prussienne (ou Wallonie malmédienne). Même si les habitants de la Botte de Givet ne parlent plus beaucoup le wallon, des traces en demeurent : à Dinant on dit "Vive Djivet pol'peket" et à Givet on dit de soi-même "Bramin d'pîres min pon d'kaûres" (beaucoup de pierres mais pas d'argent), allusion aux rocs et versants abrupts de la vallée où se nichent toujours les garnisons militaires. Jules Michelet a écrit dans son Histoire de France qu'il était de ce pays par sa mère (de Revin exactement), et qu'il a mis dans la description de la Wallonie qu'il insère dans cette histoire un « intérêt de famille. » Dans la préface à cette Histoire écrite après coup, en 1871, il écrit à propos de Dinant et de Liège : « Ces pauvres Frances perdues dans les Ardennes entre des peuples hostiles et des langues opposées, m'émouvaient fort ».

Le journal L'Ardennais doit toujours publier sur la locale de Vireux le petit entrefilet « Kè disse à Vireux ».

On est ici dans le pays d'André Dhôtel, de Rimbaud et également, d'Arthur Masson, de Jean-Claude Pirotte, des Quatre fils Aymon, de Michelet déjà cité, de Méhul (que Michelet considère comme wallon, en raison de son obstination à définir la Wallonie par la musique).

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Le Centre Culturel Pierre-Tassin (ex couvent des Récollectines)[modifier | modifier le code]

Déambulatoire du couvent des Récollectines

Le Couvent des Récollectines de Givet, entièrement rénové constitue désormais un ensemble culturel, le « centre Pierre-Tassin ». Depuis 1988, y sont ainsi accueillies en permanence une bibliothèque et une médiathèque. Ponctuellement, des expositions ou manifestations diverses y sont organisées.

L'Église Saint-Hilaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Saint-Hilaire de Givet.

Détruite par le maréchal de Créquy, en 1675, l'église Saint-Hilaire est reconstruite rapidement. En 1683, la nef et le massif antérieur sont achevés. Le chœur est construit au-dessus la rue dite depuis « de la Fausse-Porte », entre 1685 et 1702. Certains en attribuent le plan à Vauban, sans preuve.

L'Église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Notre-Dame de Givet.

Reconstruite de 1729 à 1732, sur les ruines de l'église détruite en 1696, l'église Notre-Dame avait elle-même été fondée sur l'emplacement d'une église médiévale dont la fondation a été attribuée à saint Hubert, évêque de Liège. Au moment de l'agrandissement de l'église, elle a été retournée, le chœur actuel était la nef. Le maître-autel vient de l'église du Collège des Jésuites de Dinant et les stalles du couvent des Dominicains de Huy.

Le Fort de Charlemont[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fort de Charlemont.

Dominant la ville, cette forteresse créée en 1555 et refaite par Vauban en 1696, doit son nom à l'empereur Charles Quint. Sa construction nécessitera 3 000 ouvriers auxquels s'ajouteront 20 000 fantassins et 3 000 cavaliers.

Porte de France

La Porte de France[modifier | modifier le code]

La Porte de France protégeait jadis l'accès de la ville, au sud, sur la rive gauche de la Meuse, en direction de Charleville et de Rocroi. En 1862, elle fut aménagée pour le passage du chemin de fer, puis pour celui de la route (RN 51).

La Chapelle de Walcourt[modifier | modifier le code]

Article détaillé : chapelle de Walcourt.

Le Barrage des Quatre-cheminées[modifier | modifier le code]

Un barrage à aiguilles a été construit en 1875, au moment de la canalisation de la Meuse, pour en réguler le niveau[12].

À la suite de l'inondation de 1995 qui, après la rupture de la digue sur 2,5 km de long, a vu les quartiers de la ville envahis, décision a été prise de reconstruire le barrage. Le 26 octobre 2006 est posée la première pierre du nouveau barrage à vannes-clapets. L'ouvrage a été terminé en 2008.

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Associations et acteurs locaux[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  1. c'est-à-dire (par ordre alphabétique) Fromelennes, Givet et Rancennes selon la nouvelle délimitation définie par l'INSEE en 2010

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé de Givet
  2. a et b Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 260
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 335 à 339
  4. Cité par Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 338
  5. Création du PNR des Ardennes
  6. Unité urbaine de Givet
  7. Composition de l'aire urbaine de Givet selon le nouveau zonage de 2010
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  10. Le canton de Givet dans France, trésor des régions
  11. Projet de développement du site portuaire de Givet sur la Meuse
  12. VNF : Barrage des Quatre-cheminées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]