Jean-Louis Trintignant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trintignant.

Jean-Louis Trintignant

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Jean-Louis Trintignant au festival de Cannes 2012

Naissance 11 décembre 1930 (83 ans)
Piolenc, Vaucluse
France
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Acteur
Réalisateur
Films notables Et Dieu… créa la femme
Un homme et une femme
Z
Ma nuit chez Maud
Vivement dimanche !
Amour

Jean-Louis Trintignant est un acteur français, né le 11 décembre 1930 à Piolenc. Il a réalisé deux films et a également été pilote de course.

Neveu du pilote de course Maurice Trintignant, il est le père de l'actrice Marie Trintignant et de l'assistant-réalisateur Vincent Trintignant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Trintignant naît le 11 décembre 1930 à Piolenc dans le Vaucluse à 6 km au nord-ouest d'Orange. Il est le fils de Raoul Trintignant, industriel, maire (SFIO) de Pont-Saint-Esprit (1944 - 1947) et conseiller général du canton homonyme (1945 - 1949). Il ambitionne de devenir coureur automobile à l'instar de son oncle Maurice Trintignant.

En 1944[1], il se découvre une passion pour la poésie de Jacques Prévert qui ne le quittera plus de sa vie avec entre autres Guillaume Apollinaire et Louis Aragon.

En 1949, alors qu'il est étudiant à la faculté de droit d'Aix-en-Provence, il assiste à une représentation de L'Avare, comédie de Molière mise en scène par Charles Dullin : cette pièce est pour lui une révélation. Il abandonne ses études, décide de suivre les cours de comédie de Charles Dullin et de Tania Balachova à Paris. Cela l'aide à vaincre sa profonde timidité.

Il épouse l'actrice Stéphane Audran (qui se remariera avec le réalisateur Claude Chabrol en secondes noces).

Les débuts[modifier | modifier le code]

En 1951, il débute au théâtre dans la Compagnie Raymond Hermantier avec la pièce À chacun selon sa faim. Il enchaîne avec la Comédie de Saint-Étienne ou il joue Macbeth de William Shakespeare avec Jean Dasté. Puis il suit les cours de réalisateur de l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). (Il ne réalisera son premier film que vingt ans plus tard avec Une journée bien remplie en 1972 et Le Maître-nageur en 1978, qui seront deux échecs commerciaux).

Reconnaissance internationale avec Et Dieu... créa la femme[modifier | modifier le code]

En 1956 après quelques figurations, il fait ses débuts comme acteur de cinéma avec le film Si tous les gars du monde de Christian-Jaque et connaît la célébrité internationale en même temps que Brigitte Bardot avec le film mythique à scandale Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim où il joue le jeune époux fou amoureux de Juliette, une jeune femme à la beauté diabolique qui ne pense qu'à s'amuser et à aimer les hommes dans une communauté du village de Saint-Tropez traditionnellement dure au labeur et attachée aux bonnes mœurs. Sa liaison avec Brigitte Bardot (mariée à Roger Vadim) fait alors couler beaucoup d'encre dans la presse people internationale et fait exploser le couple Vadim-Bardot.

Service militaire et retour dans l'ombre[modifier | modifier le code]

Il disparaît totalement durant son service militaire en Allemagne, puis à Alger en Algérie pendant trois longues années qui vont le marquer profondément et arrêter sa carrière durant la guerre d'Algérie (1954 à 1962) où il fait tout pour être réformé, sans succès. Il veut sortir de ce conflit qui lui est insupportable.

Retour à la lumière avec Un homme et une femme[modifier | modifier le code]

Revenu à la vie civile, il redevient populaire en jouant de façon magistrale Hamlet de William Shakespeare au théâtre et renoue avec le cinéma en 1959 grâce à Roger Vadim qui lui offre un rôle important dans son nouveau film sulfureux Les Liaisons dangereuses 1960 avec Gérard Philipe, Jeanne Moreau, Annette Vadim et Boris Vian. Il connait le succès en Italie avec Le Fanfaron de Dino Risi avec Vittorio Gassman, film emblématique de la comédie à l'italienne des années 1960. Il connaît à nouveau la gloire internationale avec Un homme et une femme de Claude Lelouch récompensé par la Palme d'or au Festival de Cannes 1966 et par les Oscars du meilleur film étranger et du meilleur scénario original en 1967.

Films politiques, cinéma d'auteur et succès au théâtre[modifier | modifier le code]

Il joue également dans des films politiquement engagés contre le fascisme et la dictature : Le Combat dans l'île d'Alain Cavalier en 1962 et Z de Costa-Gavras avec Yves Montand, rôle pour lequel il reçoit le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes de 1969.

Il enchaîne une impressionnante carrière entre cinéma d'auteur, films grand public et théâtre où il prend souvent des rôles d'antihéros au charisme envoûtant et à la voix de velours tourmentée et sarcastique. Il s'impose parmi les plus grands comédiens de sa génération.

En 1968, il est récompensé par l'Ours d'argent du meilleur acteur au Festival du film de Berlin (Berlinale) pour L'Homme qui ment d'Alain Robbe-Grillet. L'année suivante, il donne la réplique à Françoise Fabian dans un film qui devient rapidement un classique : Ma nuit chez Maud d'Éric Rohmer. En 1970, Trintignant interprète ce qu'il considère comme son plus beau rôle[2], Le Conformiste de Bernardo Bertolucci.

Il épouse l'actrice, scénariste et réalisatrice Nadine Marquand pour qui il tourne de nombreux films et avec qui il a trois enfants : Marie Trintignant, Pauline (née en 1969), et Vincent Trintignant. La mort brutale de Pauline en 1970 (à l'âge de 9 mois) plonge le couple dans la douleur. Cet épisode sera le sujet d'un film de Nadine Trintignant, Ça n'arrive qu'aux autres, dans lequel Jean-Louis Trintignant devait jouer son propre rôle auprès de Catherine Deneuve. Il refuse le rôle, qui échoit à Marcello Mastroianni.

Marie joue dans plusieurs films de sa mère aux côtés de son père et plusieurs pièces de théâtre avec son père. Elle devient la partenaire privilégiée de son père.

Il suit des cours de pilotage automobile de toutes les écoles de pilotage françaises et court un temps comme pilote automobile professionnel. Il participe à plusieurs rallyes et courses en circuits notamment pour l'équipe du Star Racing Team sur Simca 1000 Rallye. Il y rencontre Marianne Hoepfner, célèbre pilote de rallye, notamment celui du Paris-Dakar 1984. Elle deviendra son épouse en 2000, après son divorce d'avec Nadine Trintignant.

Années 1980 : retrait progressif du cinéma[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, âgé de 50 ans, il se retire dans sa maison d'Uzès dans le Gard à 40 km à l'ouest d'Avignon pour vivre en harmonie avec la nature. Il se dit lassé par le cinéma, refuse plusieurs projets et se fait plus rare même s'il revient de temps à autre essentiellement dans des seconds rôles comme dans La Femme de ma vie de Régis Wargnier.

Jean-Louis Trintignant en 2007.

En 1984, il participe ainsi au Rallye Monte-Carlo avec sa compagne Marianne Hoepfner (il avait également participé aux 24 Heures du Mans en 1980, avec Anne-Charlotte Verney et Xavier Lapeyre).

Dans les années 1990, il aborde des personnages misanthropes et cyniques, murés dans leur solitude.

En 1986, Claude Lelouch lui propose de reprendre son rôle de coureur automobile dans Un homme et une femme : Vingt ans déjà dans lequel il retrouve Anouk Aimée.

En 1994, il tient un rôle remarqué dans Trois Couleurs : Rouge de Krzysztof Kieślowski et Regarde les hommes tomber, le premier film de Jacques Audiard. Il apparaît également dans Fiesta de Pierre Boutron, qui évoque l'endurcissement des jeunes combattants franquistes durant la Guerre d'Espagne.

Il disparaît des écrans, privilégiant le théâtre et de nouvelles activités. En 1998, il fait une exception en acceptant de tourner avec Patrice Chéreau dans Ceux qui m'aiment prendront le train.

Producteur de vin[modifier | modifier le code]

En 1996, à l’image de son oncle Maurice Trintignant retiré de la course automobile dans son domaine viticole de Vergèze à 20 km au sud-ouest de Nîmes dans le Gard, il se lance dans une nouvelle aventure en achetant le domaine viticole Rouge Garance (en hommage à Arletty) de cinq hectares dans les côtes du Rhône associé avec son couple d'amis Claudie et Bertrand Cortellini à Saint-Hilaire-d'Ozilhan à 20 km de Nîmes et d'Avignon. Il produit 20 000 bouteilles de Côtes-du-rhône villages en Appellation d'origine contrôlée. Il fait dessiner la première étiquette de sa première cuvée 1997 par son ami le dessinateur de bande dessinée Enki Bilal qui le dirige d'ailleurs dans Bunker Palace Hôtel et Tykho Moon, ses deux premiers longs métrages comme réalisateur.

Dix ans après, son domaine Rouge Garance est l'un des domaines phares parmi les mieux notés de la vallée du Rhône grâce au talent des propriétaires. Il rachète et utilise les vieilles barriques du domaine bourguignon de la romanée-conti pour élever son vin. « Je passe mon temps dans les vignes, je veille aux assemblages. » À Uzès, l'acteur laisse la place à l'éleveur de vin et d'oliviers.

Récentes apparitions au théâtre et au cinéma[modifier | modifier le code]

En 2003, il lit sur scène derrière son pupitre les Poèmes à Lou (lettre d'amour du poète Guillaume Apollinaire à sa bien aimée Lou) avec sa fille Marie Trintignant.

En 2005, en hommage à sa fille Marie, tuée deux ans auparavant, il présente son spectacle Jean-Louis Trintignant lit Apollinaire, créé avec elle, au Festival d'Avignon. La même année, il forme un duo mémorable avec Roger Dumas dans la pièce Moins 2, écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit au Théâtre Hébertot.

En 2011[3], accompagné de Daniel Mille à l'accordéon et de Grégoire Korniluk au violoncelle, il présente au théâtre de l'Odéon son spectacle « Trois poètes libertaires » : Boris Vian, Jacques Prévert et Robert Desnos qu'il a déjà rodé en province en 2010 et qu'il poursuit en tournée, principalement française, en 2012 et 2013.

Après 10 ans d'absence au cinéma, depuis son apparition dans Janis et John de Samuel Benchetrit, il revient en 2012 sur le grand écran, au côté d'Emmanuelle Riva, dans Amour de Michael Haneke, drame intimiste et universel sur la maladie, la vieillesse et la mort récompensé par la Palme d'or au 65e Festival de Cannes, le César du meilleur film et l'Oscar du meilleur film étranger. Réticent à l'idée de jouer à nouveau au cinéma, il accepte le rôle sur l'insistance de la productrice Margaret Ménégoz et après avoir visionné le film Caché du même metteur en scène. Fasciné par le travail de Haneke, Trintignant le considère désormais comme le plus grand réalisateur du monde[4]. Son interprétation dans Amour, comme celle de Riva, fait l'unanimité au sein de la critique, du public et de la profession[5]. Lors de la sortie du film, il annonce qu'il s'agit de son ultime rôle pour le cinéma car il préfère se consacrer au théâtre[6]. Après avoir obtenu l'European Award du meilleur interprète 2012, il reçoit, en 2013, le César du meilleur acteur pour cette œuvre dans laquelle il incarne un octogénaire contraint de s'occuper et d'assister, impuissant, à la lente agonie de son épouse, victime de deux accidents vasculaires cérébraux[5].

Peu engagé en politique mais sympathisant de gauche, il a été « sympathisant communiste » dans sa jeunesse, avant d'avoir eu « la preuve que l'homme n'était pas prêt pour ça ». Il se dit en 2012 « contre l'autorité, la politique », et « plutôt socialiste. Voire anarchiste. (...) L'idée de l'anarchie me plaît beaucoup, même si je sais qu'on ne sauvera pas le monde avec elle »[7],[8].

Tournées de spectacles[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

de 1956 à 1959[modifier | modifier le code]

de 1960 à 1969[modifier | modifier le code]

de 1970 à 1979[modifier | modifier le code]

de 1980 à 1989[modifier | modifier le code]

de 1990 à 1999[modifier | modifier le code]

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Voxographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Théâtre, poésie[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Course automobile[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Trintignant a été membre du Star Racing Team (ou « Simca Racing Team »), qui comptait parmi ses membres Moustache, Claude Brasseur, Eddie Vartan, Guy Marchand, sporadiquement Johnny Hallyday..., tous courant sur Simca 1000 Rallye.

Pour un bilan plus complet des participations en courses de rallyes, voir à Marianne Hoepfner.

Palmarès automobile[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. France Culture, émission spéciale « Mauvais Genre », le 19 novembre 2011.
  2. L'Express n.3149 du 9 novembre 2011 : Jean-Louis Trintignant p.12-18
  3. FranceCulture.fr
  4. « Interview de Jean-Louis Trintignant : "Je vais très bien, merci !" », La Nouvelle République,‎ 21 octobre 2012 (lire en ligne)
  5. a et b Olivier Delcroix, « Jean-Louis Trintignant, sacré meilleur acteur », Le Figaro,‎ 23 février 2013 (lire en ligne)
  6. RTL, Interview de Jean-Louis Trintignant par Yves Calvi, consulté le 20 octobre 2012
  7. Trintignant joue à Avignon : « Je me sens anarchiste », La Provence, publié le 6 janvier 2012
  8. Jean-Louis Trintignant : “Je trouve qu’au cinéma on a tendance à surjouer”, Télérama, 20 janvier 2012.
  9. « Festival de Cannes: "Amour" de Michael Haneke remporte la Palme d'or », Le Nouvel Observateur,‎ 27 mai 2012 (lire en ligne)
  10. Pilote de ma vie, Guy Fréquelin avec la collaboration de Philippe Séclier, éd. Calmann-Levy, janvier 2009, p.75 ( (ISBN 978-2-702-13987-5) (5181771))
  11. forum-auto.com Tours de Méditerranée 1978/79

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]