Argonne (région)

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50° 00′ 34″ N 5° 05′ 35″ E / 50.0094, 5.09306 ()

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Argonne
Subdivision administrative Champagne-Ardenne,
Lorraine
Subdivision administrative Ardennes, Marne, Meuse
Ville(s) principale(s) Clermont-en-Argonne,
Sainte-Menehould,
Vouziers,
Varennes-en-Argonne
Coordonnées 49° 09′ N 4° 58′ E / 49.15, 4.9666666666667 ()49° 09′ Nord 4° 58′ Est / 49.15, 4.9666666666667 ()  
Superficie approximative 2 150 km2
Relief jusqu'à 350 mètres d'altitude
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Ardennes,
Barrois,
Champagne humide

Image illustrative de l'article Argonne (région)
Localisation

L'Argonne est une région naturelle de la France, s'étendant sur les départements de la Marne, les Ardennes et la Meuse, à l'est du bassin parisien. L'Argonne est une région de forêt et d'étangs. La principale localité de l'Argonne est Sainte-Menehould.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

D'extension grossièrement nord-sud, L'Argonne se situe entre le massif ardennais au nord, la Champagne humide et haute-vallée de l'Aisne à l'ouest, le Barrois de Bar-le-Duc et la vallée de l'Aire à l'est.

Relief[modifier | modifier le code]

L'Argonne présente un relief modéré, aux environs de 350 mètres pour les plus hauts sommets, avec un escarpement vers l'est. La topographie de l'Argonne forme un bastion naturel ponctué de cinq passages : Le Chesne, La Croix-aux-Bois, Grandpré, Lachalade et les Islettes. Ce relief lui a valu de jouer un rôle stratégique important lors de nombreux conflits : notamment la Première Guerre mondiale et la Bataille de Valmy, ainsi qu'antérieurement lors de la guerre de 1870.

Géologie[modifier | modifier le code]

L'Argonne se caractérise par un relief de cuesta développé par l'affleurement de la gaize (grès glauconieux à spicules d'éponges cimenté par de l'opale) de l'étage Albien (Crétacé).

Histoire[modifier | modifier le code]

Forêt d'Argonne en octobre 1915, ravagée par les tirs d'obus

Longtemps, l'Argonne a été considérée, non comme une véritable entité, mais comme partagée entre les deux régions majeures que sont la Champagne et la Lorraine.

En 1782, l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne[1] décrit l'Argonne comme suit ;

« Contrée de France, qui s'étend en Champagne & dans le Barrois. Elle a environ 18 lieues de long sur une largeur fort inégale. Cette contrée n'est pour ainsi dire qu'une grande forêt, dans laquelle font des vuides où l'on a bâti des villes & des villages. Les habitants en cultivent les environs avec le plus grand soin ; mais indépendamment de ce que la qualité du sol n'en pas bien bonne, les bêtes fauves dont le pays est rempli, les privent en grande partie du fruit de leur labeur. Le bétail leur réussit mieux, & le commerce des bois leur est encore une ressource. Sainte-Menehould est la capitale de cette contrée ».

Au Moyen Âge, le massif a connu les premiers défrichements, notamment autour des abbayes cisterciennes qui s'y implantèrent : Montiers-en-Argonne, Lachalade et Chéhéry. Plusieurs villes neuves furent fondées pour attirer des nouvelles populations. L'initiative venait du comte de Champagne ou du comte de Bar : La Neuville-au-Pont, Florent-en-Argonne, Passavant-en-Argonne (pariage avec l'abbaye de Châtrices).

L'économie de la région au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle était d'essence locale. La présence de nombreux cours d'eau, de grandes forêts et de minerai de fer ont conduit à la construction de nombreux moulins et de petites forges au rayonnement local. Entre 1708 et 1880, de nombreuses faïenceries ont existé en Argonne, la plus célèbre étant celle du Bois d'Épense près du bourg des Islettes.

Au XIXe siècle, la découverte des coquins, des nodules de phosphate de magnésium, va développer une petite industrie des engrais à partir du milieu du siècle (premier moulin en 1855) ; les anciennes installations de lavage du minerai de fer, en disparition, ainsi que des moulins vont être reconvertis pour le lavage et le concassage des coquins. L'activité se développe et pour envoyer l'engrais dans toute la France, la gare ferroviaire de Grandpré est agrandie. L'activité durera plus d'un demi siècle et s'éteindra après avoir périclité vers la fin du siècle face à la concurrence des nouvelles sources de phosphates. Le dernier moulin à coquins fermera après la Première Guerre mondiale.

Dans l'histoire de France, la région de l'Argonne s'est forgée une réputation grâce surtout à trois évènements :

L'historien Marc Bloch a participé aux combats en Argonne pendant la Grande guerre Sur ce séjour, voir Daniel HOCHEDEZ, « Un historien au front : Marc Bloch en Argonne (1914-1916) » ; revue Horizons d'Argonne, n° 89 ; juin 2012, p 61 ; publication du Centre d'études argonnais ; http://www.centretudargonnais.org/

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Tourisme[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, ses structures d'accueil (gîtes ruraux, auberges, camping, etc.) permettent aux visiteurs recherchant le calme et la nature de passer un agréable séjour. Ses paysages vallonnés, ses forêts et son riche patrimoine des XVIe siècle et XVIIe siècle (châteaux et abbayes) en font une région touristique attractive mais, fort peu mise en valeur.

À voir dans la région[modifier | modifier le code]

À écouter dans la région[modifier | modifier le code]

  • Depuis 1994, le village de Louvergny accueille un festival de musique lyrique original, les Rencontres de Louvergny qui a lieu dans la première quinzaine d'août. Des concerts ont maintenant lieu un peu partout en Argonne, et autour.
  • Une autre série de concerts de musique classique ou plus moderne, intitulée Notes d'Argonne, a lieu en Argonne au moi de mai.

Spécialités[modifier | modifier le code]

Une des spécialités culinaires de l'Argonne est le gâteau mollet, gâteau à pâte levée briochée cuit dans un moule à côtes. Le moule à gâteau mollet est plus trapu que son homologue à kouglof et la cheminée centrale est plus ample.

Le pied de cochon est aussi une spécialité culinaire de l'Argonne et plus particulièrement de Sainte-Menehould où deux restaurants en ont fait leur spécialité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir page 151 de l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne imprimée à Paris, M DCC. LXXXII (1782), Chez Plomteux, Imprimeur des états
  2. On trouvera quelques informations sur ces sites dans l’article de Daniel Hochedez et Catherine Schuster : « À la découverte des sites médiévaux de l’Argonne du sud » dans la revue Horizons d’Argonne ; n° 90 ; juin 2013, éditée par le Centre d’études argonnais http://centretudargonnais.org/HorizonArgonne90.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur la guerre de 1870 en Argonne et l'occupation allemande qui a suivi, voir : Daniel HOCHEDEZ, La guerre franco-allemande et l'occupation en Argonne (1870-1873), Revue Horizons d'Argonne, publication du Centre d'études argonnais, n° 87, Juin 2010, http://centretudargonnais.org/HorizonArgonne87.pdfns
  • On trouvera des éléments sur la vie quotidienne, administrative et religieuse de l'Argonne du XVIIe siècle, dans l'article : "Clermont en Argonne au XVIIe siècle, d'après les registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures", publié par Daniel HOCHEDEZ dans la revue HORIZONS D’ARGONNE, nº 88, juin 2011, p. 15-41 (publication du Centre d'études argonnais) http://centretudargonnais.org/HorizonArgonne88.pdf
  • Jérôme Buridant, « La gestion de la forêt d’Argonne autour de Beaulieu, XVIe-XVIIIe siècles », Beaulieu-en-Argonne, abbaye en pays frontière, Actes des XXXIe journées d’études meusiennes, Société des lettres,sciences et arts de Bar-le-Duc – Université de Nancy II, 2004, pp. 187-196.
  • Jérôme Buridant, « La forêt d’Argonne ou les permanences de l’histoire », Revue historique ardennaise, n° 43, 2011, pp. 63-82.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]