Centrale nucléaire de Chooz
| Centrale nucléaire de Chooz | |||
Centrale nucléaire de Chooz |
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| Administration | |||
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| Pays | |||
| Région | Champagne-Ardenne | ||
| Département | Ardennes | ||
| Commune | Chooz | ||
| Coordonnées | |||
| Opérateur | Électricité de France | ||
| Année de construction | 1960 (Chooz A) | ||
| Date de mise en service | 10 avril 1997 (Chooz B) | ||
| Direction | Frederic Maillard | ||
| Réacteurs | |||
| Fournisseurs | Areva NP, Alstom | ||
| Type | REP | ||
| Réacteurs actifs | 2 × 1 450 MW | ||
| Puissance nominale | 2 900 MW | ||
| Production d’électricité | |||
| Production totale | 195 TWh (au 27 juillet 2007) | ||
| Divers | |||
| Source froide | Meuse | ||
| Site web | Site EDF exploitant de Chooz | ||
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Géolocalisation sur la carte : France |
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La centrale nucléaire de Chooz (prononcer "chô") est située sur la commune de Chooz dans la pointe de Givet, à proximité de la frontière belge. Claude Parent en a été l'architecte.
Elle occupe une superficie de 200 hectares, situés en bord de Meuse entre Charleville-Mézières (55 km en amont) et Dinant (25 km en aval) en Belgique, et à 210 km au nord-est de Paris. La centrale de Chooz emploie environ 900 salariés, dont 680 salariés EDF[1].
Le site nucléaire de Chooz se répartit en deux centrales : Chooz A et Chooz B, comportant au total trois réacteurs nucléaires[2].
En 2006, le site a permis d'illustrer un épisode de l'émission télévisée C'est pas sorcier consacré à l'énergie nucléaire[3].
La centrale contribue à la fiscalité locale à hauteur de 75 millions d'euros, dont 9 millions pour la taxe foncière.
Sommaire |
Chooz A [modifier]
La centrale de Chooz A est définitivement arrêtée. Elle comporte un unique réacteur, situé à 150 mètres sous terre, qui fut le premier de type réacteur à eau pressurisée (REP) à avoir été mis en service en France. La cuve du réacteur et ses quatre générateurs de vapeur se trouvent dans un premier souterrain, tandis qu'un autre souterrain abrite la piscine de refroidissement et les circuits de secours.
Lors de la construction de Chooz A en 1962, EDF a utilisé pour la première fois une licence de fabrication de réacteurs nucléaires à eau pressurisée acquise en 1959 auprès de l’industriel américain Westinghouse. De ce fait, Chooz A est une copie - 5 fois plus puissante - du réacteur américain de Shippingport. D'une puissance de 305 MW, Chooz A a été connecté au réseau en 1967 et mis à l'arrêt le 30 octobre 1991.
En avril 2010, le démantèlement du circuit primaire principal de Chooz A a été attribué par EDF à Onet technologies et le démantèlement de la cuve du reacteur à la société Westinghouse, pour un montant resté confidentiel[4]. La phase de démantèlement de la partie nucléaire devrait s'achever entre 2020 et 2025.
Depuis 2010, les 80 opérateurs d'Onet technologies et de ses sous-traitants , Areva et Mammoet entre autres, encadrés par une vingtaine d'agents EDF, démantèlent le circuit primaire du réacteur ainsi que la caverne HK (batiment piscine et ses auxiliaires). Début 2012, trois générateurs de vapeurs sur quatre ont été déposés , le quatrième basculera le 26 avril 2012[5].
Chooz B [modifier]
Cette centrale comporte deux réacteurs d'une puissance nominale de 1 450 MW chacun, de type réacteur à eau pressurisée et de conception 100 % française. Ce sont les deux premières unités du nouveau palier de puissance appelé « palier N4 », précurseur du projet de réacteur pressurisé européen (EPR).
- Chooz B1 est en phase d'exploitation depuis août 1996[6].
- Chooz B2 est en phase d'exploitation depuis avril 1997.
Entre 1980 et 1982 une opposition très vive se développe contre le projet de centrale nucléaire de Chooz-B de la part des habitants de Chooz et des alentours. La répression du mouvement par les forces de l'ordre est très violente, allant jusqu'au bouclage militaire de La Pointe. Les ouvriers de Vireux, dont le site sidérurgique vieux de 2 siècles installé sur 56 ha a cessé toutes ses activités en 1984, ont pris une part importante au mouvement antinucléaire contre la centrale de Chooz-B[7]. Le gouvernement à majorité socialiste de Pierre Mauroy, mis en place par le président François Mitterrand nouvellement élu, confirme la réalisation.
Caractéristiques des réacteurs [modifier]
Les caractéristiques détaillées de chaque réacteur en service sont les suivantes[8]. La construction des réacteurs de Chooz B, qui a duré environ 12 ans, a nécessité le chantier le plus long de tous les réacteurs nucléaires français.
| Nom du réacteur | Modèle | Capacité [MW] | Exploitant | Constructeur | Début constr. | Raccord. au réseau | Mise en service comm. | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Thermique (MWt) | brute (MWe) | Nette (MWe) | |||||||
| Chooz-B-1[9] | N4 REP 1450 | 4250 | 1560 | 1500 | EDF | Framatome | jan 1984 | août 1996 | mai 2000 |
| Chooz-B-2[10] | N4 REP 1450 | 4250 | 1560 | 1500 | EDF | Framatome | déc 1985 | avril 1997 | sept 2000 |
Projet de réacteur EPR [modifier]
Chooz était un des sites possibles d'implantation du second ou du troisième réacteur EPR français[11]. Penly a été finalement retenu.
Incidents [modifier]
Les autorités françaises et belges coopèrent en ce qui concerne la planification d'urgence et la gestion de crise transfrontalière[12].
En 2004, trois incidents classés au niveau 1 sur l'échelle INES, correspondant à des anomalies, sont survenus à la centrale nucléaire de Chooz.
En novembre 2006, s'est produit un rejet de gaz radioactifs supérieur aux limites définies dans les arrêtés de rejets, lors de travaux de maintenance. La limite spontanée a été dépassée de 10 % pendant une minute. Cela représente un dix-millième de ce qui est autorisé sur l'année.
En septembre 2007, l'ASN estime que « le nombre important d'événements significatifs justifie également des efforts à consentir pour une meilleure culture de sûreté », et constate « un manque chronique de rigueur dans l'exploitation de la centrale »[13].
Suite aux test de résistance européens mené après l'accident de Fukushima, « les procédures prévues en cas d'accident sont jugées "insuffisantes" » et « les équipements de secours, comme les groupes électrogènes, ne sont pas assez protégés contre les éléments en cas de catastrophe naturelle en France. »[14]
Laboratoire d'étude du neutrino [modifier]
Le CEA et le CNRS ont établi un laboratoire international souterrain, nommé Double Chooz, destiné à étudier les 'oscillations' du neutrino[15]. Les centrales nucléaires constituent en effet une source importante de neutrinos électroniques, dont le niveau d'énergie, étant distinct de ceux du rayonnement solaire, facilite l'analyse spécifique.
L'expérience conduit fin 2011 à la constatation d'une disparition effective de neutrinos électroniques imputables à ce phénomène dit d'oscillation des neutrinos[16].
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Liste des réacteurs nucléaires en France
- Liste des centrales nucléaires en France
- Mouvement antinucléaire
Liens externes [modifier]
- Site officiel de la centrale de Chooz.
- La centrale sur le village numérique de Chooz
- Rapport 2007 au titre de la loi du 13 juin 2006 sur la transparence et la sécurité nucléaire [PDF]
- (en) Chooz B1 : fiche INSC
- (en) Chooz B2 : fiche INSC
- L'Explosion, documentaire de Jérôme Champion (2007) donnant la parole aux opposants à la construction de Chooz-B, production Filfil Films.
Notes et références [modifier]
- Publication EDF : Dossier de presse 2010
- EDF, « Chooz ». Consulté le 17 mai 2007
- Youtube : C'est pas sorcier : l'énergie nucléaire
- Journal de l'environnement - 28/04/2010 : Retour aux sources pour Westinghouse
- Le Monde - 05/03/2012 : Au cœur d'une centrale en démantèlement
- ASN, « La centrale de Chooz B ». Consulté le 19 décembre 2009
- Film L'explosion, 2007
- (en) Reactors in operations, 31 dec 2009, sur www-pub.iaea.org/. Consulté le 28 avril 2011
- (en) Nuclear Power Reactor Details - CHOOZ-B1, sur www.iaea.org. Consulté le 28 avril 2011
- (en) Nuclear Power Reactor Details - CHOOZ-B2, sur www.iaea.org. Consulté le 28 avril 2011
- EDF en pole position pour la construction du deuxième EPR Le Figaro - 19/01/09
- La Belgique participe à l’exercice nucléaire français à Chooz, Centre Gouvernemental de Coordination et de Crise belge
- Source : Le Monde, 21/09/07
- Philippe Ricard, « Sûreté nucléaire : tension entre Paris et Bruxelles », [Le Monde], 2 octobre 2012
- Un laboratoire pour comprendre la matière AFP - 23/01/2009
- Premiers résultats de l’expérience Double Chooz : manquerait-il des neutrinos ? CNRS/In2p3 - 09/11/2011