Noyers-Pont-Maugis

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Noyers-Pont-Maugis
Nécropole de Noyers-Pont-Maugis
Nécropole de Noyers-Pont-Maugis
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Sedan
Canton Sedan-Ouest
Intercommunalité Communauté d’agglomération de Charleville-Mézières / Sedan.
Maire
Mandat
Roger Viard
2014-2020
Code postal 08350
Code commune 08331
Démographie
Population
municipale
729 hab. (2011)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 39′ 45″ N 4° 56′ 17″ E / 49.6625, 4.938149° 39′ 45″ Nord 4° 56′ 17″ Est / 49.6625, 4.9381  
Altitude Min. 153 m – Max. 341 m
Superficie 9,32 km2
Localisation

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Noyers-Pont-Maugis

Noyers-Pont-Maugis est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

À 250 km de Paris et 190 km de Bruxelles, dans le département des Ardennes, en région Champagne-Ardenne, Noyers-Pont-Maugis appartient à l’arrondissement de Sedan et au canton Sedan-ouest, d’une superficie de 9,32 km2 et d’une altitude comprise entre 270 (mairie de Noyers Pont-Maugis) à 340 mètres (site historique de la Marfée). Le mamelon de Noyers culmine à 346 mètres au-dessus de Pont-Maugis.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée de Nucibus en 1362[1],[2].

Il s'agit d'un type toponymique médiéval signifiant « les noyers »[3],[4]. L'absence d'article suggère une formation précoce. La référence au Pont-Maugis a été rajoutée postérieurement. le pont Maugis ou pont Maugé était, selon la carte de Cassini de 1744 (première carte générale et particulière du royaume de France), un petit ouvrage qui franchissait la Machère, au bas de la rue Lamartine entre la propriété de M. Collignon et les bâtiments de la Vynex. Maugis est un ancien prénom (cf. Maugis, évêque d'Avranches), devenu un patronyme bien attesté en France[5],[6] et que l'on retrouve dans d'autres toponymes comme Boissy-Maugis[7] (Orne, de Buxido début XIe siècle)[8] ou Maison-Maugis (Orne).

Maugis est un anthroponyme d'origine germanique composé avec le même élément Madal- que Mauger (latinisé en Madalgarius dans les textes)[9], le deuxième élément -gis serait issu du germanique gis « flêche »[9], issu du germanique commun *gaizas, bien que les produits de cet étymon soient respectivement le vieux haut allemand gêr (cf. Gérard), l'anglo-saxon gar et le vieux norrois geirr. Cet anthroponyme est attesté dans une charte carolingienne sous la forme latinisée Madalgisus[10]. En revanche, l'anthroponyme proche Madalgisil possède un second élément -gisil qui représente certainement gīsil- « (hampe de) flêche » ou encore « otage, gage » cf. Gilbert, Gisèle, etc. et le nom normand Turgis (variante Tourgis). Il a donné le nom de saint Mauguille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Noyers a été un lieu d'observation et de surveillance à différentes époques, en particulier à l'époque gallo-romaine et franque[11].

De 1560 à 1642, Noyers est incluse dans la Principauté de Sedan. Les seigneurs et princes de Sedan mènent en effet au XVIe siècleune politique d'acquisition et de patient agrandissement de leur domaine. En 1642, la principauté de Sedan est à son tour annexée au royaume de France.

En 1828, Noyers, Thélonne et Chaumont-Saint-Quentin fusionnent. L'activité métallurgique se répand, exploitant les ressources naturelles, le bois et l'eau. Pont-Maugis n'est encore qu'un hameau puisqu’il ne compte que 35 habitants en 1832. Mais, l'action d'un entrepreneur, Adolphe Ronnet, et sa position sur une voie navigable, la Meuse, sur une voie ferrée à l’embranchement de trois directions, Longwy, Verdun, Raucourt, et sur une route départementale, vont lui apporter un essor économique.

C’est en effet l’ouverture de la filature d’Adolphe Ronnet qui lui donne son essor démographique, la population passant à 546 habitants en 1881[12]. Cependant Adolphe Ronnet ne s’arrête pas à la création de cette filature. Il crée une école de garçons, d’abord libre pour devenir publique en 1866. Puis, dans l’enceinte de la filature, une école de filles et une école maternelle sont construites et entretenues à ses frais pour les enfants de ses ouvriers.

En 1872, il fait construire un orphelinat réservé aux jeunes filles de 13 à 21 ans, ses jeunes filles se voyant ensuite proposer un emploi dans la filature[13]. Noyers devient Noyers-Pont-Maugis en 1886.

Adolphe Ronnet décède en 1890 à l’âge de 74 ans. Eugène, son fils, continue l’affaire familiale quelques années, puis cède la filature à Lemaire et Dilliès (industriels roubaisiens), le 1er mai 1894, en raison de problème de santé[12].

Henrion prend la relève entre les deux guerres, puis en 1922 la Société Anonyme des Textiles Ardennais. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'usine est une des plus importantes filatures de laine cardée de France, alimentant les centres textiles de Sedan, Reims et Roubaix[12]. Mais, l'industrie textile française est soumise à une concurrence internationale qui s'intensifie sur la deuxième partie du XXe siècle, et les installations de Noyers-Pont-Maugis s'arrêtent en 1958. Actuellement, les ateliers sont occupés par la société Vynex.

Durant les conflits franco-allemands successifs de 1870, 1914-1918, et 1939-1945, des combats secouent chaque fois la commune de Noyers-Pont-Maugis[11]. Le 14 mai 1940 lors de la bataille de France, elle est ainsi victime des tirs d'artillerie des Allemands du XIX. Armee-Korps (mot.) de Heinz Guderian, ceux-ci s'emparent de Noyers dans la matinée, provoquant une réplique de l'artillerie française, tandis que des combats dans Pont-Maugis se poursuivent dans l'après-midi entre les Allemands et la 3e compagnie de mitrailleuses du I/147e régiment d'infanterie de forteresse du capitaine Harmand[14].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

En 1828, Noyers-Thélonne fusionne avec Chaumont-Saint-Quentin. Thélonne devient une commune distincte, dissociée de Noyers en 1882. Noyers devient Noyers-Pont-Maugis en 1886.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1944 1983 Albert Duranton SFIO Ouvrier menuisier
mars 2001 mars 2008 Yvan Meunier    
mars 2008 en cours Roger Viard[15]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 729 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
350 316 397 395 562 651 636 790 874
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 297 1 379 1 318 1 344 812 881 769 804 821
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
818 477 740 729 726 628 720 794 902
1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 - -
904 795 738 712 717 718 729 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[17].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Plusieurs entreprises sont implantées sur le territoire de la commune :

  • Vynex, déjà citée : production et conditionnement de produits de fixation, visserie, boulonnerie, clouterie et de quincaillerie.
  • Exanet : nettoyage industriel, et vente de produits ménagers industriels et grand public.
  • Menuiserie WPM.
  • Fermes agricoles.
  • Ainsi que des entreprises de services : taxi, commerce multi-services, salon de coiffure, vente "le petit paysan" du producteur au consommateur,

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Hilaire (à Noyers) du XIXe siècle. L’église originelle remonte au XIIIe siècle, et était fortifiée, avec mâchicoulis. Le vocable « Saint-Hilaire » a été emprunté au nom d’une célèbre fontaine (la fontaine Saint-Hilaire) dont les eaux passaient pour guérir certains maux, et qui était jadis assez fréquentée par les pèlerins.
  • L'église Sacré-Coeur (à Pont-Maugis) de 1897. Elle est sévère et simple, inspirée du style roman (38 mètres de long, 15 mètres de large, 29 mètres de hauteur au clocher). La statue située au-dessus du porche pèse 700 kg. C’est une église à 3 nefs séparées par une double rangée de 4 colonnes avec chapiteaux ouvragés. Les effigies des filateurs (Les Ronnet) ornent les 7 vitraux du chœur. Les vitraux ont été rénovés en 1993. Elle fut construite en seulement 8 mois.
  • L'église Saint-Pierre (à Chaumont) de style roman du XIIe siècle et XIIIe siècle.
  • La chapelle du cimetière militaire allemand du XXe siècle.
  • La nécropole de Noyers Pont Maugis, cimetière militaire allemand, avec juste à côté un cimetière dédié aux soldats français, un lieu de mémoire dédié aux deux guerres mondiales.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Ronnet : industriel du textile.
  • Christopher James Davis : médecin humanitaire décédé à Pont-Maugis, en portant secours à des malades pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 498b
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  4. Ernest Nègre, op. cit.
  5. Albert Dauzat, Noms et prénoms de France, Librairie Larousse 1980, édition revue et commentée par Marie-Thérèse Morlet, supplément p. 618b.
  6. Site de Géopatronyme : répartition des naissances portant le nom Maugis en France (lire en ligne) [2]
  7. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet,‎ 1996, p. 72
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 90b.
  9. a et b Albert Dauzat, op. cit.
  10. Charte Laureshamensis, université de Cologne (lire en ligne)
  11. a et b Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, Editions F.E.R.N., Paris, 1969
  12. a, b et c Filature de laine cardée Ronnet - Histoire de l'entreprise Accès en ligne sur le site de la région Champagne-Ardenne consacré au patrimoine industriel
  13. Ministère du Commerce, Direction de l'enseignement technique, du personnel et de la comptabilité, L'enseignement technique en France : étude publiée à l'occasion de l'exposition de 1900, Volume 4, Imprimerie nationale, 1900
  14. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 323-324
  15. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin (fichier au format PDF)
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]