Décroissance (économie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Décroissance.
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article provoque une controverse de neutralité (voir la discussion) (décembre 2015).

Considérez-le avec précaution. (Questions courantes)

Manifestation pour la décroissance dans les rues de Leipzig (Allemagne) en septembre 2014.
L'image de l'escargot revient fréquemment chez les décroissants pour symboliser la nécessité selon eux de mettre un terme à ce qu'ils considèrent comme un « culte de la compétitivité » entretenu par les partisans de la croissance économique.
Selon Gandhi (ici dans les années 1920) : « Si une machine vous est utile, gardez la. Si elle vous est indispensable, jetez la ! »

Le mot « décroissance » est un néologisme né en 1972[1] et développé en 1979[2], renvoyant à un concept à la fois politique, économique et social, selon lequel la croissance économique constitue davantage une source de nuisances que de bienfaits pour l'humanité.

Selon les acteurs du mouvement de la décroissance, en effet, les dysfonctionnements de l'économie (chômage de masse, précarité, etc.), l'aliénation au travail (stress, harcèlement moral, multiplication des accidents, etc.) et la pollution sont les trois principales résultantes du processus d'industrialisation. Cette dernière, en particulier, est à l'origine de la détérioration des écosystèmes et de la disparition de milliers d'espèces animales. L'action de l'homme sur la planète a fait entrer celle-ci dans ce que certains considèrent comme une nouvelle époque géologique, l'Anthropocène (qui aurait succédé à l'Holocène), et menacerait l'espèce humaine elle-même. C'est la raison pour laquelle il importerait urgemment de cesser de faire de la croissance un objectif.

Ne se référant à aucun courant doctrinal mais partant d'un axiome de base (« On ne peut plus croître dans un monde fini »[3]), les « décroissants » (ou « objecteurs de croissance ») se prononcent pour une éthique de la simplicité volontaire. Concrètement, ils invitent à réviser les indicateurs économiques de richesse, en premier lieu le PIB, et à repenser la place du travail dans la vie (pour éviter qu'il ne soit aliénant) et celle de l'économie (de sorte à réduire les dépenses énergétiques, donc l'empreinte écologique). Leur critique s'inscrit dans la continuité de celle du productivisme, amorcée durant les années 1930 et qui dépasse celle du capitalisme et celle de la société de consommation, menée pendant les années 1960.

Le concept de décroissance peut être approché depuis de multiples entrées : écologie, démocratie, éthique[4]. On peut toutefois globalement distinguer deux orientations[réf. nécessaire] :

  • la première s'ancre dans les analyses de Ellul et Charbonneau, selon qui la résistance au productivisme n'est envisageable qu'à deux conditions : d'une part penser globalement le rapport que les humains, en régime de modernité, entretiennent avec la rationalité, l'État, la technique, etc. qu'ils ont tendance à sacraliser ; d'autre part agir localement, par petits groupes, et surtout pas depuis des institutions de grande taille ou des partis politiques qui, tôt ou tard, finissent par être récupérés[5] ;
  • la seconde, plus pragmatique et ancrée dans l'actualité, se réfère aux premières approches économiques du concept de croissance (rapport Meadows, Georgescu-Roegen, etc.) nées durant les années 1970 sous la pression de la crise écologique, précisément quand le mot « décroissance » apparaît puis se généralise. Au sein de ce deuxième courant sont recherchées des alternatives au paradigme de la croissance (bioéconomie, localisme, low-tech, etc.) ainsi que les moyens de les inscrire dans le champ de la politique institutionnelle (par exemple, la création du Parti pour la décroissance en France en 2005).

Ces deux approches ne sont pas totalement incompatibles et se concilient même dans la formule de l'économiste Serge Latouche « décoloniser l'imaginaire »[6]. Mais de fait, c'est la seconde qui oriente actuellement la majorité des débats : depuis 2001, l'adjectif « soutenable » est souvent accolé au mot « décroissance » afin de mieux le faire apparaître comme l'alternative au concept du développement durable, plébiscité par l'ensemble de la classe politique et les industriels (qui voient dans la crise écologique toutes sortes d'opportunités en termes de marché) mais que les décroissants qualifient de « faux ami »[7] voire d'imposture, les moins polémistes d'entre eux arguant simplement qu'il est trop tard pour le mettre en œuvre[8].

Histoire du mouvement[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

  • 1953 : Sur un mur de Paris, Guy Debord, 22 ans, inscrit à la craie un graffiti qui deviendra plus tard un slogan symbole des décroissants : Ne travaillez jamais. L'année suivante, dans la revue Potlatch, qu'il a créée au sein de l'Internationale lettriste, il écrit pourtant : « nous travaillons [sic] à l’établissement conscient et collectif d’une nouvelle civilisation. »

Années 1960[modifier | modifier le code]

Logo du Club de Rome.
1968

Années 1970[modifier | modifier le code]

1971

Références[modifier | modifier le code]

Les auteurs des rapports Meadows

Commandité par le Club de Rome et intitulé Limits to Growth (Halte à la croissance ? dans son édition française) un premier rapport est publié en 1972. Il constitue la première étude conséquente soulignant les dangers générés par la consommation de masse et il aura un fort retentissement puisque, traduit en trente langues, il sera édité en douze millions d'exemplaires[10]. Un second rapport intitulé Sortir de l'ère du gaspillage : demain est publié en 1974 ; un troisième, non traduit en français, existe : Review of Limits to Growth: The 30-Year Update[11].

Connus sous le nom de rapports Meadows, ces documents ne sont pas au sens strict des textes fondateurs de la décroissance car ils défendent la « croissance zéro »[12]. Ils sont cependant considérés comme les premières études présentant explicitement l'aggravation des dérèglements planétaires (pollution, pénuries de matières premières, destruction des écosystèmes, etc.) comme l'inévitable résultante de la croissance économique.

Nicholas Georgescu-Roegen

En 1979, Jacques Grinevald rassemble et traduit plusieurs articles (dont les plus anciens remontent à 1971) de l'économiste et mathématicien américain d'origine roumaine Nicholas Georgescu-Roegen dans un ouvrage qui fait aujourd'hui référence : Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie[13],[14]. De fait, Georgescu-Roegen est considéré comme l'inventeur du concept de décroissance[15] et son principal théoricien[16].

Georgescu-Roegen tente un rapprochement entre l'économie en général et un principe physique. Il estime que le modèle économique néoclassique est fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne[17] et ne prend pas en compte les phénomènes de dégradation de l'énergie et de la matière. Il pense pouvoir fonder quant à lui son modèle économique sur le deuxième principe de la thermodynamique et la notion d'entropie selon lequel, par le biais des différents processus de production, la matière et l'énergie se dégradent de manière irréversible. Est ainsi mis en exergue l'exemple des matières premières utilisées pour la construction des ordinateurs qui sont fragmentées et disséminées à travers toute la planète, rendant pratiquement impossible la reconstitution des minerais d'origine. Quant à l'énergie utilisée pour leur fabrication, elle est dissipée en chaleur[18].

Évolution[modifier | modifier le code]

À partir des années 1980, le mouvement de la décroissance s'institutionnalise : des structures labellisées « décroissantes » commencent à éclore (associations, partis politiques, etc.) autour d'une presse et d'une édition spécialisées (journal La Décroissance, revues Entropia, S!lence, etc.), recourant à de multiples actions militantes (manifestations contre la publicité ou le nucléaire, etc.) et dont certaines lui sont spécifiques (occupation de zones d'aménagement différé, etc.). Le mot « décroissant » et le vocabulaire qui lui est relatif (« simplicité volontaire », « grands travaux inutiles », « zone à défendre », etc.) n'entrent dans le langage usuel qu'à partir du début des années 2000, quand la Chine et l'Inde ont rejoint la famille des pays industrialisés et que les craintes relatives au réchauffement de la planète font l'unanimité des dirigeants.

Années 1980[modifier | modifier le code]

1982
1987
  • Serge Latouche : Faut-il refuser le développement ?. L'auteur avance que toutes les théories économiques sont en déroute, la pensée néo-libérale ne fonctionne qu'en termes de comptabilité nationale, le socialisme est vidé de tout contenu... « La question est donc celle d'une alternative [...] au développementisme imposé au monde par l'Occident »[21].

Années 1990[modifier | modifier le code]

Albert Jacquard (1925-2013).
1991
  • Albert Jacquard, dans Voici le temps du monde fini analyse comment la pensée techno-scientifique influence de plus en plus les conceptions du monde, notamment les modèles économiques, et émet une thèse : plus la science et la technique démontrent le caractère limité des ressources naturelles et moins, paradoxalement, les responsables politiques et économiques semblent en tenir compte : « avec des moyens techniques et militaires qui sont ceux d'aujourd'hui, l'humanité continue à penser, donc à agir, en suivant des types de raisonnement qui datent du Moyen Age. »[22]
1996
  • Gilbert Rist, Le développement : histoire d'une croyance occidentale : l'auteur analyse la notion de développement depuis Aristote jusqu’à la crise de 2008.
  • Parution aux États-Unis de Beyond Growth: The Economics of Sustainable Development, de l'économiste Herman Daly, qui se positon dans la lignée des travaux de Georgescu-Roegen (ouvrage non traduit).

Années 2000[modifier | modifier le code]

Les « décroissants » reprennent le slogan « Le monde n'est pas une marchandise »[23], né de la mouvance altermondialiste, qui se développe en 2001 à Gênes lors d'un immense « contre-sommet » en réaction au Sommet du G8 et qui s'oppose au statut et à la politique de plusieurs institutions mondiales (Organisation mondiale du commerce, Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques, Groupe des huit, Banque mondiale, etc.). Ils s'en démarquent toutefois, considérant qu'il reste rivé à la question du partage des richesses sans remettre en question les fondements mêmes du développement économique.

2001
2002
  • En février : publication du n°280 de la revue S!lence (créée en 1982) entièrement consacré à la décroissance.
  • Création à Lyon de l'Institut d'études économiques pour la décroissance soutenable[24].
2003
  • Michel Bernard, Vincent Cheynet et Bruno Clémentin coordonnent l'ouvrage collectif Objectif décroissance[25].
  • Serge Latouche, Décoloniser l'imaginaire[26] : « Promettre la richesse en produisant de la pauvreté est absurde. Le modèle occidental de développement est arrivé à un stade critique. Ses effets négatifs sur la plus grande partie de l'humanité et sur l'environnement sont évidents. Il est nécessaire de le freiner, de le ralentir, voire de l'arrêter avant que des luttes, des cataclysmes ou des guerres ne se déclenchent. Partout dans le monde apparaissent les îlots d'une nouvelle pensée créative qui aspire à une vie sociale et économique plus équilibrée et plus juste. Cette critique du développement bouscule nos certitudes et remet en question la pensée et la pratique économiques de l'Occident. »
  • Jean Aubin, Croissance, l'impossible nécessaire
  • En septembre, à l'hôtel de ville de Lyon, premier colloque international sur la décroissance soutenable : plus de 200 participants venus de France, de Suisse et d'Italie.
2004
  • En mars, création du journal La Décroissance, d'abord bimestriel puis (à partir de 2007), mensuel.
  • En France, les Verts formalisent une position favorable à la notion de décroissance qui, depuis, s'étaye à travers la notion de « décroissance sélective et équitable »[27].
  • En juillet, François Schneider entreprend un tour de France d'un an sur un âne pour diffuser les idées de la décroissance.
Sansachat.gif
Logo du Parti pour la décroissance, créé en France en 2006.
2005
2006
  • Serge Latouche, Le Pari de la décroissance[31] : « L'objet de cet ouvrage est de montrer que si un changement radical est une nécessité absolue, le choix volontaire d'une société de décroissance est un pari qui vaut la peine d'être tenté pour éviter un recul brutal et dramatique. »
  • Jean-Pierre Tertrais, Du développement à la décroissance[32]L'ouvrage reprend la notion altermondialste d'alternative : « Alors que beaucoup ne soupçonnent encore ni la nature profonde ni l'ampleur du « développement », cette notion touche déjà à sa fin. C'est en effet sur ses ruines que certains envisagent de construire une autre société. »
  • En avril : création du Parti pour la décroissance[33],[34].
2007
  • Alain de Benoist, représentant de la « Nouvelle Droite », publie Demain la décroissance. Penser l'écologie jusqu'au bout. Certains dénoncent une « récupération »[35]. D'autres, tels Bernard Langlois, le soutiennent.
  • En juillet est créé le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale[36].
  • Paul Aries créé Le Sarkophage, bimestriel antiproductiviste et anticapitaliste qui fusionne en 2013 avec le trimestriel les Zindigné(e)s pour devenir le mensuel Les Zindigné(e)s, revue des Objecteurs de croissance amoureux du bien vivre.
2008
  • Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance[37]: « Alors que 20 % des humains s'accaparent plus de 80 % des ressources naturelles de la planète, que les capacités de celle-ci à absorber les pollutions que nous émettons ont largement été dépassées et que les ressources fossiles s'épuisent, avons-nous encore le choix, dans les pays riches, entre croissance et décroissance ? »
  • Le Réseau objection de croissance (ROC) est présent à Genève, puis dans les cantons de Vaud, Neuchâtel, Jura et Fribourg (ainsi qu'en Suisse alémanique à Berne et Bâle)[38].
  • En avril à Paris : Conférence internationale pour la soutenabilité écologique et l'équité sociale[39].
2009
  • Paul Ariès, Désobéir et grandir[40]. L'auteur appelle à « la « croissance » de l'imaginaire et des liens sociaux, afin de s'offrir collectivement une vie qui ne soit pas plus opulente, mais plus libre, plus signifiante et, finalement, plus humaine » (note de l'éditeur).
  • Le Parti pour la décroissance participe aux élections européennes et fonde l'Association d'Objecteurs de Croissance (AdOC)[41].
  • En octobre : création en Belgique du Mouvement politique des objecteurs de croissance[42].

Années 2010[modifier | modifier le code]

2010
  • Publication de plusieurs ouvrages sur le thème de la décroissance :
  • Jean Gadrey, Adieu à la croissance.[43] : l'auteur affirme que les discours faisant valoir la croissance comme la solution à tous les maux constituent en fait une idéologie mortifère, « un facteur de crise, une menace pour la planète » ;
  • Serge Latouche, et Didier Harpagès, Le Temps de la décroissance[44] ;
  • Denis Bayon, Fabrice Flipo et François Schneider, La décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre ;
  • Tim Jackson, Prospérité sans croissance ;
  • Paul Ariès, La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance ;
  • Jean Aubin, Croissance infinie, la grande illusion (Préface d'Albert Jacquard) et La Tentation de l'Ile de Pâques (préface de Serge Latouche)
2011
  • Serge Latouche, Sortir de la société de consommation[45]
  • Création de l'Institut Momentum dont l'objectif est d'« œuvrer à un nouvel imaginaire social »[46] en vue de démystifier l'idéologie productiviste et d'en démontrer le caractère mortifère.
  • Le 30 août se déroule dans le Val de Suze (Italie) le premier forum contre les Grands projets inutiles et imposés.
2012
  • En France, le mouvement de la décroissance connait ses premières divisions : le Parti pour la décroissance se désolidarise du journal La Décroissance : « Contrairement à ce qu’il stipule dans sa propre charte, le mensuel a tendance à user de son nom générique pour amener à croire qu’il fait consensus au sein de l’Objection de Croissance. Certes, (il) a sa liberté d’expression. Mais [...] cette liberté masque une prise de pouvoir, un penchant à s’exprimer au nom des autres. »[47]
  • En septembre, création de Moins !, journal romand d'écologie politique[48].
  • Également en septembre, le manifeste de Technologos[49] exprime une dette intellectuelle envers Mumford, Anders, Ellul, Charbonneau et Illich.
2013
  • Agnès Sinaï et autres, Penser la décroissance, Politiques de l'Anthropocène, aux Presses de Sciences Po[50]
  • Les éditions Le passager clandestin publient (jusqu'en 2015) une collection de 14 titres intitulée Les précurseurs de la décroissance[51]. Serge Latouche en est le coordinateur.
2014
  • En mai, Europe-Décroissance présente cinq listes aux élections européennes[52] mais ne comptera aucun élu.
  • Technologos consacre deux rencontres sur le thème de la décroissance : « Résister au productivisme sans revenir à la bougie » (en juillet) et « Technique, croissance et décroissance » (en septembre)[53].
2015
  • Guy Jacques, Oser la décroissance : un état des lieux du mouvement en France[54].
  • Dans son encyclique Laudato si’, le pape François dénonce le « paradigme technocratique dominant » et prononce entre autres ces mots : « La technologie, liée aux secteurs financiers, qui prétend être l’unique solution aux problèmes, de fait, est ordinairement incapable de voir le mystère des multiples relations qui existent entre les choses, et par conséquent, résout parfois un problème en en créant un autre. [...] L'heure est venue d'accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d'autres parties ».
  • Technologos tient ses ateliers d'été à Notre-Dame-des-Landes[55].
2016
  • Cédric Biagini, David Murray, Pierre Thiesset et autres, Aux origines de la décroissance. Cinquante penseurs
  • Agnès Sinaï et autres, Économie de l’après-croissance. Politiques de l’Anthropocène II
  • Rencontres Internationales Écologie sociale, 27-29 mai, Lyon[56]
  • 5e Conférence internationale de la décroissance, 30 août - 3 septembre, Budapest[57].

Les différentes approches[modifier | modifier le code]

Écologie[modifier | modifier le code]

Plate-forme pétrolière en Mer du Nord.

Le concept de décroissance soulève multiples questionnements. Les plus nombreux sont centrés sur la crise écologique planétaire car c'est au travers de leur impact sur l'environnement que les effets de l'industrialisation sont les plus spectaculaires.

Économie[modifier | modifier le code]

Les modalités du processus industriel étant unanimement considérées comme à l'origine de la crise écologique, l'économie devient le champ de multiples questionnements, dont les conférences internationales, les Sommets de la terre et les Conférences des parties (comme la COP21) sont le théâtre.

Cinq pistes sont essentiellement explorées :

  1. Le sens et la place du travail ;
  2. La pertinence des indicateurs de richesse, notamment le PIB ;
  3. La pertinence de la notion de développement durable, très majoritairement plébiscitée comme réponse à la crise écologique ;
  4. La question des équilibres entre pays riches (industrialisés) et les pays pauvres (« en voie de développement ») ;
  5. La nécessité de fusionner économie et écologie.

Bien que minoritaires sur ces terrains, les décroissants avancent un certain nombre d'arguments.

Le sens et la place du travail
Avec la robotique industrielle, la technique devient créatrice de valeur à la place du travail.
Usine de produits alimentaires en Allemagne

La plupart des militants décroissants rejettent en bloc l'idéologie du travail. On l'observe en particulier dans le pamphlet L'Abolition du travail de Bob Black (1985), qui se réclame du vieux livre de Paul Laffargue, Le Droit à la paresse (1880), ainsi que dans deux films de Pierre Carles, Attention danger travail, en 2003, et Volem rien foutre al païs, en 2007. Aucun de ces témoignages ne réactualise la question de la valeur travail dans le contexte de ce que l'on appelle la révolution numérique. De même, différents sociologues (dont la Française Dominique Méda) notent qu'au fil du XXe siècle, le travail cesse d'être vécu comme une valeur mais aucun ne met en lien ce phénomène avec la montée en puissance des technologies, si ce n'est l'Américain Jeremy Rifkin, en 1995... pour proclamer que ces technologies vont mettre un terme à l'ère industrielle au profit d'une économie conviviale dite « collaborative »[68].

Un certain nombre de décroissants (membres notamment de l'association Technologos[69] qualifient de « simpliste » les positions de Rifkin, notamment sa théorie sur la troisième révolution industrielle[70] : « La thèse de la Troisième Révolution industrielle et tous ceux qui vantent le capitalisme numérique restent enfermés dans une vision simpliste des technologies et de leurs effets. Ils oublient de penser les rapports de pouvoir, les inégalités sociales, les modes de fonctionnement de ces «macrosystèmes» comme les enjeux de l’autonomie des techniques et des techno-sciences, sans parler de la finitude des ressources et de l’ampleur des ravages écologiques réels de ce capitalisme soi-disant immatériel »[71].

De nouveaux indicateurs de richesse

Selon les partisans de la décroissance, le produit intérieur brut (PIB) se focalise sur le quantitatif et n'intègre pas le qualitatif : il se base exclusivement sur les chiffres des marché sans tenir compte du bien-être des populations ni de l'état des écosystèmes. De surcroît, les décroissants affirment que les données permettant de fixer le PIB sont fausses car elles ne comptabilisent pas l'épuisement du stock des matières premières ni les dépenses occasionnées par la destruction du biotope. Ils privilégient d'autres indicateurs, tels que l'Indice de développement humain, l'empreinte écologique ou l'indice de santé sociale.

Les partisans de la décroissance affirment que la recherche d’une évaluation de l’évolution des richesses, liée aussi bien à des besoins politiques que scientifiques, a conduit les économistes à créer des indicateurs ne prenant en compte que les aspects mesurables des richesses qui sont unifiées à travers leur équivalence monétaire. Les tenants de la décroissance arguent que la mesure du PIB est une mesure abstraite ne prenant pas en compte le bien-être des populations ni la pérennité des écosystèmes.

En effet, de nombreux éléments de la richesse ne sont pas pris en compte dans la mesure du PIB : les ressources naturelles, mais aussi les loisirs non marchands, les activités sociales et politiques qui représentent des déterminants importants de la qualité de vie perçue. Réciproquement, certaines activités sont prises en compte dans la mesure du PIB, qui sont pourtant généralement perçues comme n'allant pas dans le sens de « l'utilité et la jouissance de l'espèce humaine[72] ». L'exemple souvent repris dans la littérature sur la décroissance est l'exemple économique classique, critiqué par Frédéric Bastiat dans son sophisme de la vitre cassée, mis en lumière par John Maynard Keynes[73] et repris par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice[74].

De ces décalages entre le concept de richesse et sa représentation par le PIB, il peut résulter des critiques sur les moyens de mesure de la richesse plutôt qu'à la notion de croissance elle-même. Elles ne forment cependant pas l'intégralité des approches discutées dans le cadre de la décroissance puisque d'autres sont fondées sur la critique, à la fois plus radicale et plus générale, de l« 'invention de l'économie »[75]. Une partie de la mouvance de la décroissance propose de « sortir de l’économie »[76] et remet en cause les catégories de base de l’économie : les « besoins », les « ressources », la « rareté », la « valeur », la « richesse » , etc..

En 1987, le Rapport Brundtland (officiellement intitulé Our Common Future, « Notre avenir à tous » en français), publié par l'ONU, introduit la notion de « développement durable ». À ce concept, les fondateurs de la revue Casseurs de pub opposent celui de « décroissance soutenable » en 2001.
La dénonciation du concept de « développement durable »

Alors que l'écologie est au cœur de leur mobilisation, les décroissants tiennent à se démarquer radicalement du concept de « développement durable », consacré en 1986 dans le Rapport Brundtland et qui constitue selon eux au bas mot un oxymore, au pire une imposture : « affirmer être de gauche ou prôner une quelconque écologie politique sans être antiproductiviste n'est qu'une mystification » écrit l'un d'eux, candidat à la députation[77]. Des esprits plus mesurés font valoir que « l’expression « développement durable » devrait à elle seule susciter notre perplexité, sinon notre scepticisme. Comment interpréter la conversion brutale à ce nouveau mouvement de pensée de l’ensemble de la scène politique mais aussi des milieux d’affaires ? C’est ainsi qu’un groupe d’industriels américains se sont exprimés : « En tant que dirigeants d’entreprises, nous adhérons au concept de « développement durable ». Nous voulons que survivent à la fois la couche d’ozone et l’industrie américaine ». Quant au Medef, il a choisi pour slogan de son Université d’été 2009 : Le développement durable : un accélérateur de croissance pour les entreprises »[78],[79].

Parce que les décroissants s'opposent au modèle productiviste[80], ils rejettent le concept de développement durable qui en constitue la vulgate[81]. Consommer toujours plus sans se confronter au problème des limites des ressources participe d'un déni de réalité dont l'expression « développement durable » est l'expression même. À l'inverse, le succès de cette expression invite à une réflexion sur les notions de « progrès » et de « développement ». Selon les militants de l'association Technologos, ces deux notions sont, dans la pensée dominante, systématiquement indexées aux innovations techniques au motif (invoqué par Ellul dans Les Nouveaux possédés, en 1973) que les humains sacralisent aujourd'hui la technique comme leurs ancêtres sacralisaient autrefois le nature[82].

Les équilibres Nord-Sud

Certains tenants de la décroissance envisagent une croissance pour les zones peu développées et les communautés et individus les plus pauvres, mais considèrent que le processus n'est pas « durable ». Un développement durable impliquerait de toujours différencier le développement qualitatif et humain (le développement du bien-être, scolaire, culturel et de règles de fonctionnement communautaires harmonieuses, etc.) des aspects matériels limités par leur consommation de ressource. La biodiversité doit être préservée. Le développement devient alors nécessairement un « écodéveloppement » plus respectueux de l'environnement et de l'Homme (d'où les idées émergentes de haute qualité environnementale et d'écocertification plus ou moins bien appliquées selon les cas). Pour atteindre ce but :

  • Il faut préserver les populations d'une conjoncture mondiale de fin des ressources vitales. La relocalisation des économies (priorité à la production et à la consommation locales et à la réduction des transports motorisés) en est un des moyens proposés.
  • Il est nécessaire de faire profiter les zones pauvres des meilleures techniques et stratégies en matière d'efficacité énergétique et écologique.
  • Des idées récemment reformulées, mais qui étaient embryonnaires dans l'écodéveloppement d'Ignacy Sachs ou de René Dumont puis de René Passet sont la notion de « remboursement de la dette écologique », voire d'une dette sociale, et une réduction partagée et équitable de l'empreinte écologique, dans une vision de développement solidaire.
  • Exploitation des ressources des pays dits du Sud au profit de ceux dits du Nord, ressources énergétiques et minières, et ressources agricoles (cultures fourragères au détriment des cultures vivrières). Circuit économique parfois considéré comme « néo-colonial » ou « post-colonial ». Selon certaines extrapolations il faudrait entre trois et huit planètes Terre pour que la population mondiale puisse vivre à la manière d'un Européen[83].
  • Répartition inéquitable de l'accès aux ressources et aux richesses produites dans les pays développés, et entre les pays développés et les pays en voie de développement.
  • Déclin d'autres explications de la crise écologique, telles que le marxisme. Le fait que les pays se réclamant du marxisme ne protégeaient pas mieux la planète que les autres pays menait à la conclusion que le marxisme était incapable de proposer une solution à la crise écologique.

Une proposition : la bioéconomie

Article détaillé : bioéconomie.

En 1971, Nicholas Georgescu-Roegen entend rapprocher l'économie et l'écologie et propose une réforme de l'approche économique ayant deux dimensions[84].

Technologie[modifier | modifier le code]

Ateliers d'été de Technologos à Notre-Dame-des-Landes

Certains militants de la décroissance reprennent les thèses de Jacques Ellul, Anders et Illich. Ils ne visent pas la technique ou les machines en elles-mêmes mais le « mythe » du progrès technique et son fondement, la « recherche en toute chose du moyen absolument le plus efficace », quête qu'eux-mêmes considèrent comme l'expression de la volonté de puissance[85]. Le sociologue Alain Gras[86], l'économiste Hélène Tordjman[87] et l'historien François Jarrige[88], membres de l'association Technologos, font partie de cette mouvance).

Jacques Grinevald, puis Alain Gras (qui tient une tribune dans le journal La Décroissance) affirment que les sociétés modernes se sont engagées dans une impasse quand elles ont fondé l'économie sur le moteur thermique[89]. Un second niveau a été atteint selon eux quand elles se sont placées sous la dépendance du pétrole, au début du XXe siècle. En un peu plus d'un siècle, avancent-ils, les humains ont pillé une partie considérable de l'énergie fossile qui s'était accumulée dans les sous-sols au fil des millénaires. Pour autant, ils considèrent les « technologies vertes » comme une nouvelle « fuite en avant technologique » : censées remédier aux problèmes, elles perpétuent la prédation des ressources naturelles. Ainsi les métaux nouvellement utilisés - cobalt, indium, gallium, etc. et les terres rares – lanthanides… - exigent la destruction d'immenses zones. Le pic de pétrole n'est qu'un aspect de la situation, des pics de production seront bientôt franchis avec les composants électroniques, avertit l'ingénieur Philippe Bihouix[90], qui se prononce pour un abandon des high tech au bénéfice de ce qu'il appelle, par goût de la contradiction, les low-tech[91]. Selon lui, il faut mettre un terme au mythe de l’innovation : les produits ne doivent pas être « nouveaux » mais simples, durables, recyclables, fabriqués en quantité nécessaire et suffisante, diffusés dans un périmètre limité (pour éviter les dépenses liées au transport) et surtout répondre à des besoins vitaux et non superflus.

Politique[modifier | modifier le code]

Opposants au barrage de Sivens en octobre 2014

Dans la mouvance anarchiste de Murray Bookchin, un certain nombre de militants optent pour les pratiques de désobéissance civile, invoquant le droit à violer la légalité au nom de la légitimité. Cette tendance se traduit dans les villes par des actions antipub et des occupations de locaux industriels et mène parfois à l'occupation de zones entières, baptisées « zones à défendre » (ZAD) par leurs protagonistes. L'exemple le plus connu en France est celui de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, où se mobilisent depuis 2008 un certain nombre d'opposants au projet de construire un nouvel aéroport, projet qu'ils qualifient d'inutile et imposé.

Totalement en marge de ce courant, voire à contre-courant, d'autres militants cherchent à traduire l'idée de décroissance dans un cadre institutionnel, voire dans une optique partidaire tout en reconnaissant l'extrême difficulté à le faire en l'état des choses. Latouche considérant que cette inscription dans le champ politique ne peut s'opérer qu'au prix d'une « décolonisation de l'imaginaire » , passant elle-même par une démystification radicale de la société de consommation[92]. Parmi ces acteurs figure Yves Cochet (ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire en 2001-2002), qui tente en 2004 d'introduire l'idée de décroissance au sein de son parti (les Verts), puis auprès de la nation, en 2007, lorsqu'il est candidat à l'élection présidentielle, enfin auprès de l'Assemblée nationale, en octobre 2008[93]. « On n'a pas à choisir si l'on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu'on le veuille ou non », résume t-il[94]. Estimant qu'aucune radicalité ne peut émerger d'un parti écologiste, certains militants fondent leur propre parti en 2006, le Parti pour la décroissance, sans toutefois remporter de succès significatif dans l'opinion.

Selon Simon Persico, « le marxisme, la sociale-démocratie ou le libéralisme sont ancrés [...] dans l'éthique expansionniste ». Cela concourt selon lui à expliquer les difficultés à adopter des mesures telles que la taxe poids lourds ou la fermeture de la centrale de Fessenheim[95].

Mesures préconisées

Les objecteurs de croissance axent leurs revendications sur une conception du monde dépassant largement les cadres de l'économie et des critères marchands[96] ; en premier lieu une reconsidération radicale de la place du travail.

Cultures maraîchères biologiques de l'association pour le maintien d'une agriculture paysanne des Jardins de Conflans à Conflans-Sainte-Honorine.

Les décroissants préconisent un certain nombre de mesures :

Si ce modèle ne trouve pas encore beaucoup d'applications à grande échelle, on voit cependant apparaitre des initiatives locales qui s'inscrivent dans une démarche décroissante. On peut citer en exemple les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne qui sont une alternative à l'industrie agro-alimentaire et qui illustrent ce que Serge Latouche nomme la « sortie de l'économie »[97], c'est-à-dire la transformation du rapport client-fournisseur en un lien relocalisé de coproduction et de cogestion. Ainsi au sein des associations pour le maintien d'une agriculture paysanne la valorisation des produits (fruits et légumes) ne dépend pas de la loi de l'offre et de la demande. La relation entre le producteur et les adhérents est une relation d'entraide et de soutien qui dépasse le cadre économique du simple rapport marchand[98].

Sociologie[modifier | modifier le code]

Le matraquage publicitaire.

Les décroissants dénoncent le matraquage publicitaire. Définissant la publicité comme le premier instrument de propagande du productivisme, ils critiquent non seulement les avalanches de prospectus dans les boîtes aux lettres (source d'un gaspillage de papier phénoménal) mais la multiplication des panneaux géants dans les villes, qui défigurent les paysages et imposent une culture marchande, notamment aux jeunes générations, a priori moins critiques que leurs ainées.

La réaction à l'inflation publicitaire s'amorce à la fin des années 1960, à Paris, quand les situationnistes (dont Guy Debord) pratiquent le détournement d'affiche.

Mais c'est en 1977, en Californie, que le mouvement antipublicitaire émerge véritablement, avec le Billboard Liberation Front[99]. Celui-ci essaime en Australie en 1983 ; ensuite en France, avec les Humains associés et leurs campagnes d'affichage de contre-publicité humaniste (en 1987) ; puis au Canada, via le magazine Adbusters, qui promeut toutes sortes de campagnes antipub (en 1989).

À partir de 1999, en France, parait la revue annuelle Casseurs de pub (en fait un dossier annuel joint au journal mensuel La Décroissance). En 2002, dans son livre No Logo, Naomi Klein, s'attaque au diktat des marques mais son propos s'inscrit davantage dans le le cadre d'une critique du capitalisme que d'une analyse des fondements du productivisme[100]. » En 2003, le terme « antipub » devient une appellation médiatisée en France, après des actions spectaculaires menées à l'encontre de l'affichage publicitaire dans le métro parisien durant l'automne.

Alors qu'au-delà des distances et des époques, dans une remarquable convergence, les philosophies antiques et les religions prônaient un idéal de dépouillement et de frugalité, par un renversement de valeurs, c'est maintenant la goinfrerie qui est élevée au rang de haute vertu[101]. De normale, la simplicité est devenue subversive[102].

Éthique[modifier | modifier le code]

La plupart des décroissants dénonçant dans l'idéologie de la croissance une conception du monde utilitariste marchande, ils lui opposent une approche désintéressée, basée sinon sur l'ascétisme, du moins sur la simplicité volontaire, et rejetant tout ce qui évoque la notion de puissance, principalement l'argent, le pouvoir politique (notamment l'État) et les outils sophistiqués.

Les critiques[modifier | modifier le code]

Critiques sur le plan économique[modifier | modifier le code]

Pour la majorité des économistes actuels, que ce soit ceux d'orientation libérale ou keynésienne, la croissance économique permet la création de richesses, d'emploi, l'amélioration du niveau de vie, l'amélioration de l'éducation et des systèmes de santé et l'allongement de l'espérance de vie. Dans ce schéma, la décroissance va générer une récession et son corollaire : hausse du chômage, perte de pouvoir d'achat des ménages et violences sociales.

Autorégulation du marché[modifier | modifier le code]

La plupart des théories macroéconomiques[103] privilégie une économie de marché, où « l'allocation des ressources est guidée par les mécanismes de prix »[104], système d'allocation estimé bien plus efficace que celui géré par une autorité centralisée, car la production s'oriente dans le sens des préférences révélées par le système des prix. La recherche du profit pousse à financer des activités qui assurent la perpétuation de la croissance. Le capitalisme permet ainsi l'arbitrage vers des ressources plus abondantes ou vers d'autres biens, et signale par les prix du marché une ressource qui se raréfie. Toute manne financière procurée par la hausse des prix peut être affectée au financement de la recherche de nouvelles sources d'énergie et d'efficacité pour perpétuer la production et diminuer ses coûts. Ainsi le prix du pétrole, soumis à une demande soutenue et une offre limitée augmente, ce qui rend profitable l'exploitation de gisements qu'on avait auparavant ignoré car trop coûteux à exploiter (par exemple : gisement très profond ou situé dans une zone sans état de droit) ou la recherche relative à de nouvelles sources d'énergie.

Selon Robert Solow et Joseph Eugene Stiglitz, répondant directement au défi posé par la théorie de Nicholas Georgescu-Roegen, le capital et le travail peuvent se substituer aux ressources naturelles que ce soit directement ou indirectement dans la production, assurant la pérennité de la croissance ou tout du moins un développement durable[105].

Anti-malthusianisme[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, l'économiste anglais Thomas Malthus a étudié les liens entre croissance et démographie.

Certains opposants à la décroissance l'assimilent à une forme de néo-malthusianisme économique[106], ou à une résurgence de formes antérieures du malthusianisme sous-tendant que la croissance est conditionnée par l'exploitation des ressources, les thèses « anti-malthusiennes » prônant au contraire que l'exploitation des ressources dépend du développement économique. Ainsi, l'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel considère que le succès de la décroissance et du développement durable participe d'une « résurgence du malthusianisme »[107]. Selon elle, le monde n'est pas près de manquer de ressources, « des réserves de production considérables existent, autant en augmentant les rendements [...] qu'en étendant les surfaces cultivées [...]. La planète est parfaitement capable de nourrir une population qui ne doublera plus jamais. Elle est en réalité loin d'avoir atteint sa « capacité de charge » »[108].

Contestation de l'épuisement des ressources[modifier | modifier le code]

Un des présupposés essentiels de la décroissance est que le monde manquera de matières premières et qu'il faut donc en limiter l'usage. Cette façon de poser le problème est fortement critiquée par le « Prix Nobel » d'économie Robert Solow. Selon lui, se demander quelle quantité de tel ou tel produit nous pouvons nous permettre d’utiliser est « une façon étroite et préjudiciable de poser la question »[109]. Ce qui est important, c'est le capital humain, la capacité des hommes à inventer de nouvelles solutions : « Il est très facile de substituer d'autres facteurs aux ressources naturelles, il n'y a donc pas de 'problème' de principe. Le monde peut, en fait, se débrouiller sans ressource naturelle, donc l'épuisement n'est qu'un événement, pas une catastrophe. » Toutefois Solow est partiellement revenu sur ce point de vue en déclarant qu'« il est possible que les États-Unis et l'Europe se rendent compte que [...] soit la croissance continue sera trop destructrice pour l'environnement et qu'ils sont trop dépendants de ressources naturelles rares, soit ils feraient mieux d'utiliser l'augmentation de la productivité sous forme de loisirs. »[110]

Bjørn Lomborg reprend cette analyse en soulignant également la difficulté de se mettre d'accord sur l'importance d'une éventuelle réduction. Quelle que soit cette baisse, les ressources finies s'épuiseront dans le schéma intellectuel de la décroissance. Il réaffirme également l'importance du progrès et de l'inventivité de l'esprit humain, accusant les partisans de la décroissance d'irresponsabilité en faisant selon lui l'apologie d'une société primitive. Lomborg écrit ainsi : « Si notre société, qui a épuisé le pétrole et le charbon, a simultanément mis au point un nombre considérable de connaissances, de capital et de moyens techniques afin d’être en mesure d’utiliser d’autres sources d’énergie à moindre frais, c’est un acte plus responsable que de laisser l’énergie fossile sous la terre telle quelle. »[111]

Ressources pétrolières

Par le passé, certaines prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques se sont révélées inexactes. Cécile Philippe de l'Institut économique Molinari rappelle ainsi que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle prétend[112] également, entre autres exemples, que le rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible[113].

À l'inverse des prévisions sur l'épuisement des ressources énergétiques, Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie, considère que, grâce aux réserves et aux progrès techniques, « le monde n'est pas près de manquer de pétrole »[114]. Toutefois le géologue Marion King Hubbert, qui a étudié le phénomène du pic pétrolier et a donné son nom au modèle appelé « pic de Hubbert », annonça avec justesse en 1956 que la déplétion pétrolière commencerait en 1970 aux États-Unis[115]. Hormis les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient, pratiquement tous les autres pays producteurs ont dépassé leur pic de production de pétrole conventionnel[116].

Ressources en métaux

Logo universel des matériaux recyclables.

Le géochimiste Claude Allègre avance que la problématique d'épuisement des ressources en métaux peut être résolue par le recyclage. Aujourd'hui, 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[117]. M. Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. »[118]. Il est à noter que le recyclage nécessite lui-même de l'énergie (haute température) et des matériaux précieux et polluants (solvants, catalyseurs), ce qui diminue l'efficacité du recyclage.

Cela dit, les matériaux high-tech produits en masse par les sociétés de croissance reposent sur des ressources et des procédés de fabrication qui ne peuvent se contenter des qualités médiocres des productions issues du recyclage. Par ailleurs, une conception « orientée recyclage » d'un produit peut en limiter les performances : elle peut être incompatible avec un certain niveau de miniaturisation et d'intégration des composants[119].

Développement des pays du Sud[modifier | modifier le code]

Une des principales critiques opposées à la décroissance par ses détracteurs est que les classes bourgeoises des pays développés, sous couvert de protéger l'environnement, souhaiteraient en fait empêcher les pays dits « sous-développés » d'emprunter le même chemin économique que les pays occidentaux. L'économiste du développement et géographe Sylvie Brunel estime ainsi que les mouvements de développement durable et de décroissance sont nés dans l'affolement des années 1970 face à la montée de la population du Tiers Monde. Elle ajoute : « la peur du nombre suscite des prévisions catastrophiques »[120]. Elle considère qu'en est sortie une politique qui a stigmatisé les pauvres, accusés de « dilapider les ressources de la planète »[121]. Selon Sylvie Brunel, le développement des pays du Nord permet, entre autres, de tirer celui des pays du Sud. Avec son raisonnement, faire décroître les pays développés aurait donc fatalement des conséquences négatives pour les pays en développement qui perdraient des marchés pour exporter leurs matières premières, leurs produits manufacturés et leurs services.

Selon Serge Latouche[122], il n'est pas question de décroissance pour les pays les plus pauvres, mais seulement d'emprunter le bon chemin de leur développement vers une société de « décroissance choisie ».

Dématérialisation de l'économie[modifier | modifier le code]

De façon exponentielle, l'économie numérique accélère l'exploitation des terres rares, nécessaires aux composants électroniques.
Ci-dessus : répartition de la production mondiale de terres rares de 1950 à 2000.

La théorie de la croissance endogène considère que les facteurs humains, la connaissance et l'innovation technique prennent le relais d'une croissance basée sur des facteurs matériels.

À la marge, un courant de pensée estime que le XXIe siècle sera celui de la noosphère[123], où la principale ressource sera l'information et la culture. Par exemple les partisans de la société de l'information, considèrent que l'humanité est entrée dans une nouvelle ère technologique, et qu'il est désormais possible, grâce à l'informatique et aux télécommunications, de créer de la richesse (i.e. de la croissance) en produisant des services et de l'information. Cette production « immatérielle » est considérée comme non-polluante. Ce qui permet à certains penseurs (notamment Joël de Rosnay ou Bernard Benhamou) d'affirmer qu'il est possible de générer de la croissance sans produire de déchets.

Cela dit, un réseau utilise des supports matériels (satellites, câbles, actifs réseaux et ordinateurs) et le traitement et la diffusion des informations a un coût énergétique (voir informatique et développement durable). Pour les tenants de la décroissance, même s'il existe une richesse « immatérielle » mesurable et représentant une part importante de la croissance économique des pays développés, la composante matérielle (et énergétique) des activités « immatérielles » ne permet pas à leurs yeux d'envisager que ce type de croissance puisse garantir la prospérité des populations.

L'informatique utilise des métaux rares[124] très précieux, des plastiques polluants et des substances chimiques comme des retardateurs de flamme (les PBDE, ou polybromodiphényléther). Les ordinateurs sont très vite dépassés et sont envoyés en masse vers les pays du Sud[125], où ils sont démontés et recyclés par des ferrailleurs improvisés, qui vivent dans un environnement pollué et très dangereux[126].

Critiques du milieu scientifique[modifier | modifier le code]

Théorie de la destruction créatrice[modifier | modifier le code]

Le concept économique de la décroissance est fondé sur l'hypothèse que produire toujours plus implique de consommer de plus en plus d'énergie ou de matières premières, tout en diminuant la main-d'œuvre pour la remplacer par des machines. Cette analyse a toutefois été contestée par l'économiste Joseph Schumpeter en 1911. Dans son ouvrage Théorie de l’évolution économique}, il estime que la technique et le progrès technologique permettent de produire plus avec moins, y compris dans le domaine des services. C'est que l'on appelle destruction créatrice, c'est-à-dire disparition de secteurs d'activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques : toute innovation technologique importante entraîne un processus de destruction créatrice.

L'une des critiques qu'on pourrait apporter aux théories économistes classiques est qu'elles sont découplées des contingences matérielles, comme les matériaux, les déchets ou les dommages écologiques. Un secteur d'activité peut disparaître, mais pas les déchets que ce secteur a créé.

Confiance dans la science[modifier | modifier le code]

Tableau indiquant l'évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales depuis 1980.

Certains penseurs estiment que les progrès de la science permettront de résoudre les problèmes énergétiques et liés à l'élimination des déchets. Ainsi, le géochimiste Claude Allègre écrit ainsi à propos de la décroissance : « Or, c’est exactement le contraire qui est souhaitable pour développer l’écologie. Il faut en faire le moteur d’une croissance vigoureuse, un élément essentiel du progrès économique et social ! »[127]. Allègre considère que la décroissance conduirait à imposer une réduction de la croissance des pays pauvres[128]. Il remet également en question le caractère anthropique du réchauffement climatique, c'est-à-dire le fait qu'il soit dû aux activités humaines.

Il affirme [réf. nécessaire] que l'évolution de l'intensité énergétique des grandes économies mondiales qui a fortement baissé depuis vingt ans (cf. graphe), « bien que plus lentement » que la croissance du PIB. Par exemple, les activités de recherche et développement dans le domaine de l'énergie nucléaire pourraient fournir des solutions de substitution face à la probable pénurie de pétrole. À plus long terme, les partisans de la fusion nucléaire prédisent que les réacteurs de type ITER seront des sources d'énergie quasiment inépuisables et peu polluantes. L'économiste Tim Jackson distingue pourtant dans son ouvrage Prosperity without Growth les notions de « découplage relatif » (baisse d'énergie nécessaire par produit) et « découplage absolu » (baisse en consommation totale d'énergie par un secteur) et indique que la consommation absolue en énergie continue à augmenter en dépit des améliorations technologiques.

L'intensité énergétique est un des facteurs de l'équation de Kaya, qui tend à démontrer, comme l'explique par exemple Jean-Marc Jancovici[129], que soit la décroissance économique, soit la décroissance de la population sont indispensables pour éviter la catastrophe écologique.

Par ailleurs, la décroissance implique une baisse globale de la consommation énergétique, ce qui ne contredit pas la recherche d'énergies nouvelles, moins polluantes.

Critique de Georgescu-Roegen[modifier | modifier le code]

L'économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen a fondé sa « théorie bioéconomique » sur une interprétation de la seconde loi de la thermodynamique pour s'opposer à une croissance matérielle et énergétique illimitée, invitant à une décroissance économique. Le psychanalyste Jean Zin estime que cette analogie contredit l'analyse scientifique des phénomènes d'émergence et de néguentropie qui affectent les systèmes dynamiques complexes tels que l'organisation sociale humaine[130].

Il est à noter que le phénomène de néguentropie se passe sur une durée de temps qui dépasse largement le siècle, voire le millénaire. Ce phénomène paraît donc négligeable pour l'épuisement des ressources au XXIe siècle.

Critiques du milieu politique[modifier | modifier le code]

Arnaud Montebourg, ministre français de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique en 2014.

L'ensemble des partis politiques ont délaissé des questions de fond telle que la valeur-travail. La question de la réduction du temps de travail est traitée dans une perspective comptable[non neutre]. Le Parti socialiste français reste attaché à la doctrine productiviste, au motif que la croissance est créatrice d'emplois. Éludant également la question du remplacement des emplois par la robotique, le parti s'oppose aux arguments des zadistes, notamment à Notre-Dame-des-Landes et au Barrage de Sivens. La gauche antilibérale réduit le thème de la croissance à la question de son partage sans la remettre elle-même en cause [non neutre]. Au sein des Verts, la question de la décroissance divise les militants, les positions d'Yves Cochet restant à la marge.

On n'y fait pas la différence entre la croissance d'une production et celle qui vise à augmenter les bénéfices des entreprises (construire un hôpital ou un porte-avions génère de la croissance).[non neutre] Ils considèrent que c'est le contrôle de la production qui peut permettre un développement social et écologique, non sa quantité dans l'absolu. Les militants de Lutte ouvrière[131] et du Parti communiste français[132], notamment, reprochent aux militants de la décroissance de ne pas s'en prendre directement aux dirigeants du capitalisme et de culpabiliser les travailleurs en remettant en cause la notion même de pouvoir d'achat, qu'ils considèrent comme indépassable. Cette critique est contrecarrée par Serge Latouche, qui affirme que l'« on pourrait paradoxalement présenter la décroissance comme un projet radicalement marxiste. Que le marxisme (et peut-être Marx lui-même) aurait trahi. La croissance n’est, en effet, que le nom ‘vulgaire’ de ce que Marx a analysé comme accumulation illimitée de capital, source de toutes les impasses et injustices du capitalisme. »[133]

Tout en reconnaissant un « effet pédagogique » à la mise en avant du concept de décroissance et la justesse de sa mise en cause du développement durable, Jean Zin voit dans le courant décroissant « un certain volontarisme idéaliste » et « une surévaluation du politique alors que les forces sociales qui seraient nécessaires manquent absolument »[134].

Concepts divers[modifier | modifier le code]

« Effet rebond »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet rebond.

L'« effet rebond », couramment utilisé en économie de l'énergie, décrit l'effet d'une amélioration d'efficacité de l'utilisation d'une ressource sur sa demande : si l'efficacité d'utilisation augmente d'1 %, la consommation diminue dans une proportion bien moindre, et peut même augmenter dans certains cas. Certains partisans de la décroissance postulent un « effet rebond » systématique : selon eux, tout progrès technique, toute amélioration de productivité, au lieu de diminuer la consommation de matières premières et d'énergie, conduirait au contraire à produire beaucoup plus, donc à consommer davantage[135]. La théorie économique a étudié ce phénomène dès le XIXe siècle. Les travaux de l'économiste anglais Jevons ont ainsi donné naissance au paradoxe de Jevons. En 1980, cette question a été reprise de manière indépendante par les économistes Khazoom et Brookes dont les travaux sont à la base du postulat de Khazzoom-Brookes. Ce postulat globalise deux types d'effets, des effets microéconomiques — sur le comportement des consommateurs ou des producteurs individuels — et des effets macroéconomiques — sur le fonctionnement général de l'économie. Si les premiers entraînent généralement un effet rebond nettement inférieur à l'économie réalisée, les seconds induisent, selon le postulat, un rebond supérieur à cette économie. Ces constats sont compatibles aussi bien avec la théorie économique qu'avec les observations[136]. Il n'en reste pas moins que le postulat de Khazzoom-Brookes fait l'objet de débats[137].

Par exemple, dans le cas du charbon étudié par Jevons, l'invention par James Watt d'une machine à vapeur plus économe en charbon n'a pas eu pour effet de réduire la consommation de charbon en Angleterre[138]. En effet, cette invention qui permettait de produire autant d'énergie pour une consommation de charbon plus faible, a en fait permis de produire plus d'énergie sans augmenter les coûts. Il en est résulté une augmentation de la consommation de charbon. Ainsi, Jevons montre par cet exemple que les progrès techniques visant à réduire la consommation d'une ressource ne permettent pas forcément d'atteindre cet objectif du fait d'un effet pervers, l'effet rebond.

« Effet débond »[modifier | modifier le code]

Répondant au principe sus-évoqué, François Schneider introduit le concept d'effet débond qui, sur le plan individuel, passerait par une acceptation d'un mode de vie personnel en harmonie avec une simplicité volontaire : autrement dit, les gains de productivité doivent être investis en temps gagné pour des loisirs non « consommateurs » de ressources pour la planète, et non pas réinvestis par « effet rebond » pour accélérer cette consommation.[réf. souhaitée] La réduction du temps de travail est un de ces actes volontaires qui correspondent à l'effet débond.

Les militants de la décroissance proposent par conséquent des solutions qu'ils considèrent comme pratiques et rationnelles pour réduire autant que possible toute forme de gaspillage ou de dépendance énergétique.

Décroissance soutenable[modifier | modifier le code]

Le concept de « décroissance soutenable »[139] fait référence au développement durable. Il en reprend l'objectif, qui est de « répondre aux besoins des générations actuelles, sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Les tenants de la « décroissance soutenable » ajoutent que cet objectif ne peut correspondre qu'à une diminution de l'empreinte écologique collective et individuelle dans les situations où le seuil de durabilité est dépassé. Cela conduit à la nécessité politique d'organiser, voire d'imposer les changements requis. Le terme « soutenable » traduit alors le souhait que les politiques engagées ne provoquent pas d'effondrement catastrophique de la société[140].

Décroissance équitable[modifier | modifier le code]

La décroissance équitable regroupe les objecteurs de croissance qui souhaitent concilier les contraintes environnementales avec le souci de justice sociale par un retour au politique. Ces militants se sont retrouvés en 2006 lors des États Généraux de la décroissance équitable à Lyon. Ils comptent aussi parmi les organisateurs du contre-Grenelle de l'environnement. Ces militants sont souvent adeptes du revenu de base inconditionnel et du revenu maximal autorisé. Paul Ariès est l'un des principaux théoriciens de ce courant avec sa proposition de nouveau paradigme de gratuité de l'usage et de renchérissement du mésusage. Ces thèses sont notamment développées dans les journaux La Décroissance et Le Sarkophage.

Décroissance matérielle[modifier | modifier le code]

Le concept de « croissance économique par la décroissance matérielle »[141] — dans un contexte d'ingénierie de produits matériels — est fondée sur la notion de « décroissance matérielle » définie comme l'emploi :

  • de moins d'énergie et de travail mécanique (mesurés en joules) (c'est-à-dire : « faire mieux avec moins d'énergie »),
  • de moins de chimie et de pollution (mesurées en particules nocives) (c'est-à-dire : « faire mieux avec moins de chimie ») et
  • de moins de matière et de déchets ultimes (mesurés en kilogrammes) (c'est-à-dire : « faire mieux avec moins de matériaux »),

pour aboutir à un produit matériel éco-conçu (c'est-à-dire : écologique et économique) et sur la notion de « croissance économique » résultant notamment :

  • des nombreux consommateurs demandant à acheter un nouveau produit éco-conçu performant (c'est-à-dire : en énergie, en propreté, en déchets) et robuste (c'est-à-dire : durable),
  • de la rareté de l'offre par manque de concurrents capables de mobiliser autant de connaissances innovantes en éco-conception,
  • d'une création de valeur économique résultant d'une forte demande de produits onéreux et préférés des clients.

La décroissance matérielle nécessite alors des progrès technologiques et scientifiques continus pour être réalisée et aboutit à la notion de « frugalité matérielle ».

Ressources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages (par ordre chronologique décroissant)

Années 2010

Années 2000

Années 1990

  • Gilbert Rist, Le développement : histoire d'une croyance occidentale, Presses de Sciences Po, Paris, 1996. 4e éd. revue et augmentée (ISBN 9782724612790)
  • Albert Jacquard, Voici le temps du monde fini, Le Seuil, 1991

Années 1980

  • François Partant, La Fin du développement. Naissance d'une alternative ?, La Découverte / Maspéro, 1982. Réed. Actes Sud, 1997

Années 1970

  • Nicholas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens. Lausanne, Pierre-Marcel Favre, 1979. 21 cm, 157 p. [lire en ligne][La décroissance. Entropie, écologie, économie. 2e édition revue et augmentée. Traduit et présenté par Jacques Grinevald et Ivo Rens. Paris, Sang de la Terre, 1995. 21 cm, 220 p. ; 3e édition revue. Paris, Sang de la Terre et Ellébore, 2006. 22,5 cm, 304 p.]
  • Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers (en) et William Behrens, The Limits to Growth, 1972. Traduction : Les limites de la croissance (dans un monde fini), L'Échiquier, 2012

Articles

Thèse

Médias

  • La Décroissance, édité par l'association Casseurs de pub
  • Demain La Décroissance[143]
  • Entropia, revue d'étude théorique et politique de la décroissance[144]
  • L'Objecteur de croissance, revue trimestrielle du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale[145].
  • S!lence a publié dès 1993 un premier dossier intitulé « Le temps de la décroissance », puis s'est spécialisée sur cette question et fait paraître de nouveaux dossiers sur cette thématique environ trois à quatre fois par an depuis février 2002. Le livre Objectif décroissance (2003) rassemble des articles publiés dans S!lence
  • La Vie est à nous! / Le Sarkophage, journal des gauches antiproductrices et objectrices de croissance[146]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Citations récentes[modifier | modifier le code]

« Le mot « décroissance » fait très peur. On croit qu'on va chuter, régresser. Mais, de toute façon, les Européens régressent déjà. Notre niveau de vie baisse. À partir de là, soit on le subit totalement et on continue de fantasmer un monde qui ne sera plus le nôtre, soit on le prend de façon positive et on décide de changer de style de vie et de s'orienter vers des choses plus intéressantes. Il faut tout refaire en plus petit, même si c'est très exigeant. »

— Dominique Bourg, philosophe, Université de Lausanne, France TV info, 10 septembre 2015[148]

« Il est pour moi, comme pour beaucoup d'autres, évident qu'affirmer être de gauche ou prôner une quelconque écologie politique sans être antiproductiviste n'est qu'une mystification. »

— Thierry Noël, candidat pour la décroissance aux élections législatives partielles de 3e circonscription de l'Aveyron - La Dépêche du Midi, 3 septembre 2015[77]

« La décroissance c'est le seul moyen qu'on ait trouvé pour contrecarrer un autre slogan mystificateur lancé par une bande de criminels en cols blancs [...] le développement durable. »

— Serge Latouche, économiste, Radio télévision suisse, 5 août 2015[149]

« L'heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde. »

— Pape François, Lettre encyclique Laudato si’, 18 juin 2015[150]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notions décroissantes

Notions connexes

Sujets de contestation

Divers

Inspirateurs (XIXe siècle-XXe siècle)

Théoriciens (XXe siècle-XXIe siècle)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot apparaît sous la plume d'André Gorz (utilisant le pseudonyme de Michel Bousquet) dans un article paru dans le Nouvel Observateur no 397 du 19 juin 1972 : « L'équilibre global, dont la non-croissance - voire la décroissance - de la production matérielle est une condition, cet équilibre est-il compatible avec la survie du système. »
  2. Nicholas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie, traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens, 1979
  3. Vincent Liegey : « On ne peut plus croître dans un monde fini » - Coralie Schaub, Libération, 21 avril 2013
  4. Giacomo D'Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, Décroissance. Vocabulaire pour une nouvelle ère, Le passager clandestin, 2015
  5. Jacques Ellul, A temps et à contretemps. Entretiens avec Madeleine Garrigou-Lagrange, Le Centurion, 1981 (p. 176-177)
  6. Serge Latouche, Décoloniser l'imaginaire : La pensée créative contre l'économie de l'absurde, Parangon, 2011
  7. Environnement, 2007
  8. Dennis Meadows, « Il est trop tard pour le développement durable » in Agnès Sinaï (dir.), Penser la décroissance. Politiques de l'anthropocène, Presses de Sciences Po, 2013 (p. 195 sq)
  9. Serge Latouche, Cornelius Castoriadis ou l’autonomie radicale, éditions Le passager clandestin, collection « Les précurseurs de la décroissance », 2014.
  10. La décroissance. Dix questions pour comprendre et en débattre, op. cit. p. 8
  11. (en) Review of Limits to Growth: The 30-Year Update, Chelsea Green, 3e éd. (1er juin 2004) (ISBN 978-1-9314-9858-6).
  12. Patrick Piro, écrit dans un article intitulé « En finir avec la religion de la croissance », Politis, 11 décembre 2003 : « Le Club [de Rome] se fait le héraut d’une « croissance zéro », afin de mettre un frein à la consommation effrénée de biens, énergie et ressources planétaires qu’engendre l'expansion économique. »
  13. Nicholas Georgescu-Roegen, Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie. Traduction, présentation et annotation Jacques Grinevald et Ivo Rens, 1979.
  14. « Décoloniser notre imaginaire de croissance ? Ça urge ! », sur le site de la commission économique et sociale des Verts, 7 avril 2004.
  15. Martin Parker, Valérie Fournier et Patrick Reedy, The Dictionary of Alternatives: Utopianism and Organization, Zed Books, 2007, p. 69.
  16. « C'est sans doute lui qui [...] a fourni une identification forte au mouvement de la décroissance » écrit Beat Bürgenmeier in Économie du développement durable, De Boeck, 2005, p. 21.
  17. Dans ses réflexions épistémologiques sur les rapports entre économie et sciences de la nature, Georgescu-Roegen (cf. La Science économique, première partie) fait ressortir l'importance de cette notion développée à la fin du XIXe siècle, et notamment dans son histoire de La Mécanique, par le philosophe des sciences autrichien Ernst Mach, suivi d'ailleurs sur ce point par Karl Pearson.
  18. Nicholas Georgescu-Roegen, La décroissance. Entropie - Écologie - Économie - 1995 [PDF]
  19. Analyse de Jean-Marc Fontaine lors de la réédition de l'ouvrage en 1997, Persée
  20. Critique de l'ouvrage par Serge Latouche, Revue Tiers Monde, 1984
  21. René Gallissot, recension de l'ouvrage, L'Homme et la société, 1987, vol. 84, no 2, pp. 124-127
  22. Albert Jacquard, Voici le temps du monde fini, Le Seuil, 1991
  23. José Bové et François Dufour, Le Monde n'est pas une marchandise. Des paysans contre la malbouffe, La Découverte, 2000.
  24. Institut d'études économiques pour la décroissance soutenable
  25. Michel Bernard, Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, dir. Objectif décroissance, Parangon, 2003
  26. Serge Latouche, Décoloniser l'imaginaire : La pensée créative contre l'économie de l'absurde, Parangon, 2003; réédité en 2011
  27. La position des Verts vis-à-vis de la décroissance peut être analysée à partir de la lecture de cette page
  28. Paul Ariès, Décroissance ou barbarie, Villeurbane, édition Golias. Fiche de lecture de Anne Hurand, 2008
  29. Marche pour la décroissance
  30. http://www.decroissance.org/marche/
  31. Serge Latouche, Le Pari de la décroissance, Fayard, 2006
  32. Jean-Pierre Tertrais, Du développement à la décroissance. De la nécessité de sortir de l'impasse suicidaire du capitalisme, Éditions du Monde Libertaire
  33. Création du Parti pour la décroissance, decroissance.info
  34. Historique du Parti pour la décroissance, Parti pour la décroissance.
  35. Ainsi, Paul Ariès dénonce Alain de Benoist sur la base de son passé politique, ainsi que sur l'anti-égalitarisme professé selon lui dans le livre. Voir « Demain la décroissance d'Alain de Benoist : un livre dangereux ! », La Décroissance, février 2008.
  36. http://www.decroissance.qc.ca
  37. Vincent Cheynet, Le choc de la décroissance, Le Seuil, 2008
  38. « La genèse du Réseau Objection de croissance en suisse », Julien Cart, in Moins !, journal romand d'écologie politique, no 12, juillet-août 2014.
  39. Décroissance économique pour la soutenabilité écologique et l'équité sociale, 18-19 avril 2008
  40. Paul Ariès, Désobéir et grandir. Vers une société de décroissance, éditions Ecosociété, 2009
  41. Êtes-vous prêts à voter décroissant ?
  42. Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)
  43. Jean Gadrey, Adieu à la croissance. Bien vivre dans un monde solidaire, Les Petits matins, 2011.
  44. Serge Latouche, et Didier Harpagès, Le Temps de la décroissance, Le bord de l'eau, 2012; recension par Lou-Andréa Chéradame, revues.org
  45. Serge Latouche, Sortir de la société de consommation, Les liens qui libèrent, 2011
  46. Qui sommes-nous ?, Institut Momentum.
  47. « La saloperie que nous n’achèterons pas », Parti pour la décroissance, 2012.
  48. Naissance de Moins !, journal romand d’écologie politique
  49. « Manifeste : Maîtrisons-nous nos techniques ou en sommes-nous les esclaves ? », Technologos.
  50. Recension du livre par Marie Duru-Bellat
  51. Les précurseurs de la décroissance - Le passager clandestin
  52. Parti pour la décroissance
  53. http://www.technologos.fr/textes/annee_2014.php Technologos, 2014
  54. Guy Jacques, Oser la décroissance, L'harmattan, 2015
  55. Technologos, 2015
  56. AderOc
  57. Mediapart, 7 juillet 2016
  58. (en) International Energy Agency : WORLD ENERGY OUTLOOK 2009 FACTSHEET « Crude oil output reaches an undulating plateau of around 68-69 mb/d by 2020, but never regains its all time peak of 70 mb/d reached in 2006, ... »
  59. Selon un rapport du Ministère français de l'industrie & de la Direction générale de l'énergie et des matières premières, intitulé « L'industrie pétrolière en 2004 », la production pétrolière aura atteint son pic de production et entrera en déclin à partir de 2013. Information relayée par la BBC : (en) Peak oil' enters mainstream debate - BBC News, 10 juin 2005
  60. Besoins en énergie et ressources en uranium - Discours de Dominique Maillard, directeur général de l'énergie et des matières premières (DGEMP), convention de la SFEN, 13 et 14 juin 2006.
  61. « Uranium : l'abondance au rendez-vous » sur cea.fr.
  62. « Panorama minier 2000 : le charbon », Armand Coumoul, Claude Heinry.
  63. Certains métaux se font rare et les prix grimpent - Cyril Fussy, The Inquirer, 24 octobre 2007
  64. Veille OMNT, Les matériaux critiques dans les nouvelles technologies : enjeux et perspectives, Eric Drezet, EcoInfo, CNRS, septembre 2011 [PDF]
  65. (en) Lindsay Newland Bowker et David M. Chambers, « The risk, public liability, & economics of tailings storage facility failures »,‎ , p. 5
  66. Éric Drezet, « Épuisement des ressources naturelles », EcoInfo (CNRS),‎
  67. Voir par exemple Dominique Belpomme, Ces maladies créées par l'homme : Comment la dégradation de l'environnement met en péril notre santé, Albin Michel, 2004
  68. Jeremy Rifkin, La Fin du travail, La Découverte, 1996
  69. Technologos.fr
  70. Jeremy Rifkin, La troisième révolution industrielle, Les liens qui libèrent, 2012
  71. « La Troisième Révolution » de Rifkin n’aura pas lieu - François Jarrige & al, Libération, 21 octobre 2014
  72. Thomas Robert Malthus, Principes d'économie politique, 1820.
  73. Keynes déclarait ainsi ironiquement : « The government should pay people to dig holes in the ground and then fill them up. [...] The point is it doesn't matter what they do as long as the government is creating jobs ».
  74. Ils écrivent de manière imagée que « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir. Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, Les nouveaux indicateurs de richesse, La Découverte, 2005, p. 21.
  75. Serge Latouche, L'Invention de l'économie, Albin Michel, 2005 (ISBN 978-2-2261-5886-4).
  76. Sortir de l'économie - Serge Latouche, Politis, 9 janvier 2003 (voir archive)
  77. a et b Thierry Noël : une âme de berger - La Dépêche du Midi, 3 septembre 2015.
  78. Le développement durable : un atout concurrentiel pour les entreprises françaises - Medef, 2010 [PDF]
  79. Développement durable ou décroissance ? Repenser l’économie à partir du souci du bien être des générations futures, Frédéric Rognon, bulletin de l'observatoire des politiques économiques en Europe, hiver 2009
  80. Reynald Evangelista, agronome et responsable développement durable au sein du groupe Dagris, écrit dans les Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures, volume 15, Numéro 1, 123-7, janvier-février 2006 : « Les politiques productivistes, qui ont vu le jour avec l’ère industrielle à la fin du XIXe siècle, ont connu leur pleine expansion, dans le monde occidental, à l’issue de la seconde guerre mondiale. »
  81. Yves-Marie Abraham, Louis Marion et Hervé Philippe, Décroissance versus développement durable: Débats pour la suite du monde, Format Kindle, 2012
  82. Jacques Ellul - Technologos
  83. (en) Global Footprint Network (site de référence concernant l'empreinte écologique)[réf. insuffisante]
  84. Nicholas Georgescu-Roegen The Entropy law and the Economic Process, 1971
  85. D. Janicaud, La puissance du rationnel, Gallimard, 1985 ; Bertrand de Jouvenel, La civilisation de puissance, Fayard, 1976 et Alain Gras, Fragilité de la puissance, Fayard, 2003
  86. Alain Gras, Fragilité de la puissance, se libérer de l'emprise technologique, Fayard, 2003
  87. La crise contemporaine, une crise de la modernité technique - Hélène Tordjman, Revue de la Régulation, automne 2011
  88. François Jarrige, Technoctritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, La Découverte, 2014
  89. Jacques Grinevald, L'effet de serre et la civilisation thermo-industrielle 1896-1996, Revue Européenne des Sciences Sociales, n.51, 1980, p. 59-75. ; Alain Gras, Le choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 2007
  90. Philippe Bihouix et Benoit de Guillebon, Quel futur pour les métaux ?, EDP Sciences, 2010
  91. Philippe Bihouix, L'âge des low-tech. Vers une civilisation techniquement soutenable, Le Seuil, 2014
  92. Serge Latouche, Survivre au développement. De la décolonisation de l'imaginaire économique à la construction d'une société alternative, Mille et une nuits, 2004
  93. Yves Cochet à l’Assemblée Nationale sur la crise, Agora Vox, 24 octobre 2008
  94. Pic de pétrole et décroissance (5/6) - Conférence du 22 mai 2008, à Paris, Dailymotion [vidéo]
  95. Revue Sciences humaines. Hors-série n° 21 « Les grandes idées politiques. État des lieux ». Mai-juin 2016. Article « L'écologie politique doit-elle prendre parti ? » de Simon Persico. Page 44.
  96. Serge Latouche, dans Politis le 9 janvier 2003, dans un article intitulé « Sortir de l’économie ».
  97. « Sortir de l'économie ça veut dire quoi ? »
  98. Qu'est-ce qu'une AMAP ?, Les Amis de la Terre.
  99. Front de libération du panneau-réclame site du Billboard Liberation Front
  100. No Logo, Actes sud, coll. « Babel », 2002, p. 428.
  101. La décroissance « vivre la simplicité volontaire » pp. 250-251 (ISBN 978-29158308-9-7).
  102. La décroissance « vivre la simplicité volontaire » p. 259 (ISBN 978-29158308-9-7).
  103. Denis Clerc, « De l'état stationnaire à la décroissance », in L'Économie politique.
  104. lexique d'éconoclaste, l'économie pour les nuls et les autres
  105. (en) William D. Sunderlin, Ideology, Social Theory, and the Environment, Rowman & Littlefield Publishers, 2002, p. 154-155.
  106. malthusianisme économique : « Ce terme désigne l'attitude ou des pratiques reposant sur la réduction volontaire de la production. », Dictionnaire d'Économie et de sciences sociales, Hatier, p. 490 (« Malthusianisme économique »)
  107. Brunel, 2008, p. 133
  108. Brunel, 2008, p. 134 et 136.
  109. (en) Robert M. Solow, « On the intergenerational allocation of natural resources », Scandinavian Journal of Economics 88:141-9, 1986
  110. cité par Peter A. Victor, Bigger isn’t Better, 2009.
  111. Bjorn Lomborg, L'écologiste sceptique, Cherche-midi, p. 178
  112. Cette soi-disant prévision ne se trouve pas dans le rapport.
  113. Cécile Philippe, C'est trop tard pour la terre, Éditions Jean-Claude Lattès, 2006 (ISBN 2-7096-2919-4), p. 29.
  114. « Le monde n'est pas près de manquer de pétrole : Grand angle avec Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie », Les Échos, 14 novembre 2007.
  115. Jean-Luc Wingert, La Vie après le pétrole, p. 49-51.
  116. BP Statistical Review, 2008.
  117. Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 144.
  118. Claude Allègre, op. cit., p. 145.
  119. Les enjeux des nouveaux matériaux métalliques - Christian Hocquard, BRGM, 2005
  120. Sylvie Brunel, A qui profite le développement durable, Larousse, 2008, p. 42.
  121. Sylvie Brunel, op. cit., p. 12.
  122. Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Éditions Mille et une nuits, p. 91 « Le défi de la décroissance pour le Sud » (Serge Latouche répète habituellement cette phrase : « il faudrait être Fou ou économiste pour croire à une croissance infinie sur un monde fini »). Paradoxalement, l'idée de décroissance est née en quelque sorte au Sud, et plus particulièrement en Afrique.
  123. « […] l’avènement de l’homme marque un palier entièrement original, d’une importance égale à ce que fut l’apparition de la vie, et que l’on peut définir comme l’établissement sur la planète, d’une sphère pensante, surimposée à la biosphère, la noosphère. En elle, l’immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s’achever, en direction de l’organisation collective ou socialisation… »Pierre Teilhard de Chardin
  124. Tempête sur les terres rares : l'économie verte en danger - Pro-at.com, 10 octobre 2009
  125. Gestion des E-Déchets - Quand les ordinateurs de seconde main polluent l'atmosphère sénégalais, sur le site balancingact-africa.com de juillet 2009 - consulté le 17 octobre 2012
  126. Déchets, les recycleurs et les recyclés - Le Monde diplomatique, février 2006
  127. Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, page 31.
  128. Claude Allègre écrit : « Aux objecteurs de croissance. Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres ! C'est une vision de riches ! » dans Le Monde le 8 novembre 2006.
  129. « Qu'est-ce que l'équation de Kaya ? », sur manicore.com
  130. Article de Jean Zin dans EcoRev' « Entropie et décroissance », critiquant l'argument entropique de Nicholas Georgescu-Roegen
  131. Dossier de Lutte Ouvrière contenant des textes sur la décroissance
  132. Croissance, décroissance ou nouveau type de développement, compte-rendu de la Commission territoires - écologie - décentralisation du Parti communiste français.
  133. Politis, no 1115, jeudi 26 août 2010.
  134. Jean Zin, L'écologie politique à l'ère de l'information, Ere, 2006, p. 68-69.
  135. « les baisses d'impact et de pollution par unité se trouvent systématiquement anéanties par la multiplication du nombre d'unités vendues et consommées. » Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006, p. 49.
  136. (en) Does Energy Efficiency Save Energy: The Implications of accepting the Khazzoom-Brookes Postulate. - Horace Herring, Université de Pise, 3 avril 1998 [PDF] (voir archive)
  137. (en) Chapitre 3 du Second Rapport (Session 2005-2006) du Comité sur la Science et la Technologie de la Chambre des lords du Royaume-Uni : The Economics of Energy Efficiency
  138. William Stanley Jevons Sur la question du charbon, 1865
  139. Institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable
  140. (en) J. Martinez-Alier, U. Pascual,, F. D. Vivien et E. Zaccai, « Sustainable de-growth: Mapping the context, criticisms and future prospects of an emergent paradigm », Ecological Economics, vol. 69, no 9,‎ , p. 1741–1747 (DOI 10.1016/j.ecolecon.2010.04.017)
    Cet article compare des théories de Steady State Economics, comparables à la décroissance soutenable, avec celles de la décroissance française.
  141. P. Serrafero, De l'innovation à la routine en conception éco-performante ou de la confrontation des idées pour le client à la vérité de l'ingénieur, Éco-conception, conception et innovation, Revue Marché et Organisations, Éditions L’Harmattan, pp. 51-64.
  142. Huit volumes ont paru dans cette collection : Cornelius Castoriadis ou l’autonomie radicale par Serge Latouche ; André Gorz : pour une pensée de l’écosocialisme par Françoise Gollain ; Léon Tolstoï contre le fantasme de toute-puissance par Renaud Garcia; Jean Giono pour une révolution à hauteur d’hommes par Édouard Schaelchli ; Lanza del Vasto ou l’expérimentation communautaire par Frédéric Rognon ; Charles Fourier ou la pensée en contre-marche par Chantal Guillaume ; Jacques Ellul contre le totalitarisme technicien par Serge Latouche ; Épicure ou l'économie du bonheur par Étienne Helmer
  143. Demain La Décroissance
  144. « N° 1 - Décroissance et Politique (en ligne) - Entropia La Revue », sur www.entropia-la-revue.org (consulté le 13 septembre 2016)
  145. L'Objecteur de croissance
  146. La Vie est à nous!/Le Sarkophage
  147. Vingt ans plus tard, Barillé a fait une nouvelle série de 26 épisodes à destination des enfants, nommée Il était une fois... notre Terre consacré au développement durable
  148. COP21 : Pourquoi tout le monde se fiche de l'écologie - France TV info, 11 septembre 2015
  149. « Mais où va-t-on ? »,Radio télévision suisse, 5 août 2015.
  150. François, le pape de la décroissance ? - La Vie, 26 juin 2015.