Walter Benjamin

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Walter Benjamin
Walter Benjamin vers 1928.jpg

Walter Benjamin, 1928.

Naissance
Décès
Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
« aura », « concept d'histoire » [cf. dans l'article]
Œuvres principales
Influencé par
A influencé
Adjectifs dérivés
benjaminien (-nienne)
Fratrie
Georg Benjamin (d)
Dora Benjamin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
William Stern (oncle)
Gertrud Kolmar (cousine germaine)
Günther Anders (cousin germain)
Leon Kellner (en) (beau-père)Voir et modifier les données sur Wikidata

Walter Bendix Schönflies Benjamin ( à Berlin - à Portbou) est un philosophe, historien de l'art, critique littéraire, critique d'art et traducteur (notamment de Balzac, Baudelaire et Proust) allemand de la première moitié du XXe siècle, rattaché à l'école de Francfort.

Sa pensée a largement été redécouverte, explorée et commentée à partir des années 1950, avec la publication de nombreux textes inédits et de sa correspondance.


Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Walter Benjamin naît à Berlin-Charlottenburg de parents allemands de confession juive et assimilés, Émile Benjamin (1856-1926) et Pauline (née Schoenflies). Son père était d'abord banquier à Paris, puis antiquaire et marchand d'art à Berlin : son fils héritera de son goût pour la collection. Aîné de la fratrie, Walter a également un frère, Georg (1895–1942) et une sœur, Dora (1901–1946).

Par ailleurs, Benjamin est le neveu du psychologue William Stern, ainsi que le cousin de la poétesse Gertrud Kolmar (par sa mère) et du philosophe et activiste Günther Anders, époux d'Hannah Arendt.

Il passe son enfance à Berlin — il la relatera dans les années 1930, durant son exil (Enfance berlinoise vers 1900, posthume). Pour des raisons de santé, il effectue de 1904 à 1907 un séjour à la campagne. De 1905 à 1907, il fréquente la Hermann-Lietz-Schule à Haubinda (de), en Thuringe, où il subit l'influence de Gustav Wyneken (en) (1875-1964), inspirateur du mouvement républicain « Freie Studentenschaft » (Union des étudiants libres). Celui-ci l'incite à s'engager dans les Jugendbewegung (« mouvement de jeunesse allemand »), ce qui lui permet de rompre avec ces origines bourgeoises.

Premiers écrits et engagement[modifier | modifier le code]

Walter, étudiant à Berne (1917-1918).

En 1910, il produit des articles pour Der Anfang (Le commencement), principale publication du Jugendbewegung, sous le pseudonyme d'« Ardor ».

Après le baccalauréat, en 1912, Walter Benjamin commence des études de philosophie, de philologie allemande ainsi que d'histoire de l'art à l'université de Fribourg-en-Brisgau, puis il voyage en Italie — qui est le point de destination traditionnel des bacheliers allemands.

En 1914, il devient président des « Freien Studentenschaften » puis, en raison de désaccords, se retire des activités du groupe, y compris de la revue Der Anfang. Le suicide d'un couple d'amis le marque profondément. Il se fiance et commence la traduction des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire qu'il va mettre près de dix ans à boucler. En 1915, alors que l'Allemagne est en guerre, Gustav Wyneken (en) publie un texte encourageant la jeunesse allemande à servir sa patrie. Walter Benjamin lui écrit pour lui signifier son désaccord et rompt définitivement avec lui. Il rencontre Werner Kraft (de). Il s'inscrit ensuite à l'université de Munich, où il rencontre Rainer Maria Rilke et Gershom Scholem, sans doute son premier véritable ami.

En 1916 il rompt ses fiançailles pour vivre avec Dora Pollack (née Kellner), épouse de Max Pollack, qu'elle quitte. En 1917, il reçoit un ordre de mobilisation, mais parvient à se procurer un certificat médical relatif à sa sciatique chronique, ce qui ajourne son incorporation. Il se marie avec Dora Pollack, et passe quelque temps avec elle en sanatorium à Dachau[1].

Afin de terminer au mieux ses études, il part en Suisse et s'inscrit à l'université de Berne en septembre 1917. Il commence une thèse sur la critique d'art à l'époque romantique. En 1918, il a un fils, Stephan Rafael, né le 11 avril (mort le 6 février 1962) et à propos duquel Benjamin tiendra un carnet intime jusqu'en mars 1932. Il achève la rédaction de sa thèse, soutenue à l'université de Berne. Il poursuit alors ses traductions de Baudelaire en allemand.

Durant cette période suisse, il retrouve Gershom Sholem, également étudiant à Berne : ils sont très proches. Sholem tente de racrocher Benjamin à la mystique juive, aux sionisme progressiste, mais celui-ci n'est passionné que par les romantiques et les poètes allemands. Durant les deux dernières années de la guerre, le gouvernement harcèle les étudiants juifs allemands non-incorporés et déclenche contre eux une campagne antisémite : Benjamin reste en Suise, explore le pays durant l'année 1918 et termine sa thèse, tout en se liant d'amitié avec des dadaïstes comme Hans Richter et Francis Picabia[2].

Vers une nouvelle sociologie de l'histoire[modifier | modifier le code]

Angelus novus (1920), huile sur papier, par Paul Klee, musée d'Israël.

En 1919, Benjamin rencontre Ernst Bloch à Berne, également proche des dadaïstes, qui avaient fuit l'Allemagne contaminée par un esprit prussien qu'il dénonçait. L'année suivante Benjamin publie à Berne son premier essai tiré de sa thèse, Begriff der Kunstkritik in der deutschen Romantik : il reste profondément attaché à l'esprit romantique d'un Hölderlin, aux utopies venues des Lumières, et ce, sous l'influence de Bloch ; mais Sholem note que son ami donne dans le « pathos de l'espoir »[2].

En 1920, incapable de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, il déménage à Berlin, et emménage avec eux chez ses propres parents. En 1921, il se sépare de son épouse, et vit entre Heidelberg et Berlin. Cette année-là, il achète à Munich le tableau de Paul Klee, Angelus novus qui restera la plupart du temps chez lui, à Berlin, jusqu'à son exil, mais de temps en temps, Benjamin part en voyage et c'est Sholem qui garde le tableau[2]. Il rencontre Klee mais aussi Kandinsky, professeurs au Bauhaus à Weimar et se montre fasciné par la nouvelle architecture et le courant de la Nouvelle Objectivité.

En 1922, il s'efforce d'obtenir une habilitation lui permettant d'enseigner à l'université de Heidelberg : son diplôme bernois n'est pas reconnu par l'institution allemande. En 1923, il échoue de nouveau dans sa tentative d'être habilité à l'université. De plus, au même moment, son ami Sholem part vivre à Jérusalem, y enseigner la mystique juive. Benjamin rencontre alors le jeune Theodor Adorno. Il abandonne l'apprentissage de l'hébreu, au grand désespoir de Sholem[2]. Et puis sort son deuxième essai, il porte sur Charles Baudelaire et ses tableaux parisiens : ce travail l'avait conduit à Paris, une ville dont il tombe amoureux. Cet essai paraît grâce à l'Institut für Sozialforschung, nouvellement fondé à Francfort, par Felix Weil (en) et Carl Grünberg : ce lieu est l'antichambre de la future école de Francfort, avec laquelle Benjamin va collaborer jusqu'à la fin de ses jours.

Durant son premier séjour à Paris, il croise certains surréalistes : s'il connaissait déjà Picabia et Tristan Tzara, il découvre les ouvrages de Louis Aragon ; sa passion pour Paris va aller en grandissant. Bientôt, c'est avec la photographe Germaine Krull qu'il se lie d'amitié : elle lui donne ses clichés sur les passages parisiens. Benjamin commence à rédiger des écrits sur les pssages, sur Paris et la mode ; il se demande comment et pourquoi Paris est devenue la ville de la modernité[2] : ce questionnement s'inscrit dans la continuité de son étude sur Baudelaire.

Cependant, le père de Benjamin a de gros problèmes financiers durant cette période d'hyperinflation, compromettant l'aide qu'il lui fournit. Walter produit des critiques d'art mais c'est surtout les travaux de traduction d'écrivains français qui lui permettent de vivre durant cette période : Benjamin n'est pas seulement un traducteur chevronné du français vers l'allemand (il traduit entre autres Balzac, Saint-John Perse, Paul Valéry...), il est aussi théoricien ; depuis 1916, il travaille sur la notion de traduction, et parmi ces textes, l'un est aujourd'hui célèbre, « Die Afgabe des Überstezers » (La tâche du traducteur) qui servit de préface à son essai sur Baudelaire (1923).

Il suit de près la politique allemande ; il note à cet égard que « l’orientation de l’Action française lui semble finalement la seule qui permette sans s’abêtir, de scruter les détails de la politique allemande[3] ». Il reste par ailleurs très lucide sur l'évolution de la république de Weimar : il ne croit pas au réarmement pacifique de son pays, de même il observe une remontée de l'antisémitisme (après l'assassinat de Walther Rathenau en juin 1922).

En 1924, il effectue en même temps qu'Ernst Bloch un séjour à Capri. Il y fait la connaissance de Asja Lācis, communiste lettone qui l'initie au marxisme ; peu après il rencontre Georg Lukács, également marxiste. En 1925, il renonce à son habilitation.

En 1926, il séjourne en France, à Paris et dans le Var, ainsi qu'à Monaco. Il traduit Marcel Proust avec l'aide de Franz Hessel en s'attaquant aux premiers tomes de À la recherche du temps perdu[4].

À la mort de son père en 1926, il fait un passage à Berlin, revient en France, puis part faire un séjour à Moscou.

Durant cette période, il collectionne des livres, des objets du quotidien, des réclames. Quand il rentre en Allemagne, il veut fonder une première revue qui échouera, faute de temps ou d'argent, elle devait s'appeler Angelus novus en hommage au tableau de Klee.

En 1927, nouveau séjour à Paris, durant lequel il termine la traduction d'À l'ombre des jeunes filles en fleurs.

En 1928, Sholem lui propose de venir le rejoindre à Jérusalem, ce qu'il fera à plusieurs reprises ensuite ; Benjamin demandera même un visa. Mais il est tout entier concentré dans la sortie de son nouvel ouvrage, Einbahnstraße (Sens unique) et dans les débuts d'un recit autobiographique intitulé provisoirement « Enfance berlinoise vers 1900 » qu'il va poursuivre durant dix ans, interrompu d'abord par des soucis financiers. C'est également l'année où il devient ami avec Gretel Karplus, qui épouse ensuite Adorno et avec laquelle il correspondra par lettres.

Tandis que les conséquences dramatiques de la crise de 1929 s'abattent sur l'Allemagne en 1930-1931, Walter Benjamin éprouve de nouveau le besoin de s'éloigner de son pays. En octobre 1930, il envisage de fonder avec son ami Bertold Brecht une nouvelle revue intitulée Krisis und Kritik, mais au moment de boucler le premier numéro en février 1932, Benjamin démissionne[5].

Il part s'installer à Ibiza, d'abord d'avril à juin 1932, puis de mars à septembre 1933. Là, il poursuit la rédaction de son récit d'enfance. Le 10 juin 1933, il écrit à Gretel[6] :

« Nous sommes partis de bon matin à cinq heures avec un pêcheur de langoustes et l'on a commencé par rôder trois heures sur la mer, où nous avons tout appris de l'art d'attraper les langoustes. [...] Puis on nous déposa dans une crique inconnue. Et là s'offrit à nous une image d'une perfection si accomplie qu'il se produisit en moi quelque chose d'étrange mais qui n'est pas incompréhensible ; c'est qu'à proprement parler je ne la voyais pas ; elle ne me frappait pas ; sa perfection la mettait au bord de l'invisible. »

Benjamin a 40 ans : la situation politique de son pays l'épouvante, il rédige alors son testament. Il n'a plus de travail. Adorno est renvoyé de l'université de Francfort. Sholem lui écrit qu'à Jérusalem, il y a tant qu'imigrés universitaires allemands que les postes de travail dans l'enseignement sont devenus rares[2].

L'exil[modifier | modifier le code]

Carte de lecteur (1940) de Walter Benjamin pour la Bibliothèque nationale.
Plaque commémorative au 10 rue Dombasle, Paris 15e, où Walter Benjamin vécut de 1938 à 1940.

Fin 1933, après son second séjour à Ibiza, il décide de ne pas rentrer en Allemagne nazie — où la plupart de ses amis et proches sont soit arrêtés (son frère) soit partis à l'étranger (Bertold Brecht, Ernst Bloch) — et d'émigrer en France, à Paris[7].

Son séjour commence par un discours auprès de la Ligue des droits de l'homme à Paris. Il va également percevoir une modeste aide du New Yorker Institut for Social Research : originellement fondé à Francfort, l'Institut für Sozialforschung part en exil à Genève et à Amsterdam, puis en 1937 à New York. Par le biais de Max Horkheimer, Benjamin produit des articles pour des revues spécialisées et poursuit son énorme chantier, le Passagen-Werke (publié à titre posthume sous le titre Le Livre des passages. Paris capitale du XIXe siècle) qu'il avait entamé dans les années 1920, passant quasi-quotidiennement ses journées à la Bibliothèque nationale, rue Richelieu : sa carte de lecteur mentionne comme profession « docteur en philosphie, critique littéraire »[2].

En 1934, Benjamin effectue une première visite à Brecht réfugié au Danemark : celui-ci l'aide financièrement[2]. En 1937, Adorno et son épouse finissent par s'installer à New York. La dernière fois que Benjamin voit Brecht, dont il aimait la poésie, c'est en juillet-octobre 1938, lors d'une dernière visite au Danemark.

Peu avant l'entrée en guerre de la France en septembre 1939, il espère quitter l'Europe pour les États-Unis et cherche à vendre son tableau de Paul Klee afin de financer son voyage. Il transmet par la poste aux époux Adorno le manuscrit d'Enfance berinoise vers 1900. Ses démarches de naturalisation française n'aboutissent pas.

Dès septembre 1939, en tant que réfugié allemand devenu apatride car déchu de sa nationalité, il est convoqué, arrêté puis conduit depuis la gare d'Autsterlitz jusqu'au camp de Vernuche, hameau de la commune de Varennes-lès-Nevers (Varennes-Vauzelles aujourd'hui) près de Nevers : il est libéré le 16 novembre grâce à ses amis intellectuels, dont le philosophe Charles Lalo, Adrienne Monnier, Jules Romains qui ont écrit au quai d'Orsay en la personne du ministre Henri Hoppenot[8], mais ne peut, du fait des combats, atteindre Paris que le 30 novembre[9].

Peu avant cet internement, Benjamin dissimule son tableau de Paul Klee et certains de ses manuscrits dans un bureau de la Bibliothèque nationale, grâce à Georges Bataille[10], où ils ont été retrouvés en 1945.

Une mort tragique[modifier | modifier le code]

Le cénotaphe de Walter Benjamin à Portbou.

Départ[modifier | modifier le code]

Un jour avant l'entrée de l'armée allemande dans Paris, le 13 juin 1940, Benjamin quitte la capitale et se rend à Lourdes. De là, il part à Marseille et finalement arrive à Port-Vendres le 25 septembre 1940 avec l'intention de fuir en Espagne[11].

Le passage des Pyrénées et le choix du suicide[modifier | modifier le code]

Arrivé dans la petite commune des Pyrénées-Orientales, il se fait connaître auprès de Hans et Lisa Fittko, deux allemands passés dans la résistance au nazisme, qui peuvent lui faire franchir la frontière clandestinement. Walter Benjamin a quarante-huit ans, il souffre de multiples pathologies, son dos (sciatique chronique), son cœur (une myocardite) font qu'il prend de la morphine afin de soulager ses douleurs. Avec deux autres candidats à l'exil, Henny Gurland et son fils José, le philosophe est conduit par Lisa, et ils parviennent au bout d'une dizaine d'heures à Portbou. Il y écrit sa toute dernière lettre en français le 25 septembre 1940 : « Dans une situation sans issue, je n'ai d'autre choix que d'en finir. C'est dans un petit village dans les Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s'achever »[12]. Dans la soirée du , après avoir franchi la frontière, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine.

Une disparition énigmatique[modifier | modifier le code]

D'après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fuyards qu'une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des apatrides en France, ce que Benjamin n'aurait pas supporté. La nouvelle réglementation ne fut toutefois jamais appliquée et était sans doute déjà annulée quand il se donna la mort[13].

Les papiers contenus dans la serviette en cuir de Benjamin qui contenait, disait-il, un manuscrit « plus important que sa vie », n'ont pas été retrouvés même s'ils ont été répertoriés comme liasse de manuscrit dans la main courante de la police de Portbou[14]. Le philosophe a aussi écrit une lettre d'adieu à Theodor W. Adorno, dictée à sa compagne de fuite Henny Gurland.

Bien que sa dépouille n'ait jamais été retrouvée, un monument funéraire lui est dédié au cimetière de Portbou[15]. Une œuvre commémorative du sculpteur israélien Dani Karavan intitulée Passages a été érigée en hommage au philosophe dans le petit port catalan.

D'autres hypothèses ont été émises au sujet de sa mort, notamment dans un documentaire, Qui a tué Walter Benjamin…, réalisé par David Mauas qui présente une réflexion sur l’histoire et son discours[16]. Enfin, selon Stephen Suleyman Schwartz (en), il aurait été assassiné par des agents du NKVD, le service secret de l'URSS[17].

Autour de l'œuvre[modifier | modifier le code]

« Penseur privé », Benjamin n'a pas exercé dans le cadre de l'université allemande, même s'il essaya toutefois sans succès d'intégrer celle-ci pour des raisons financières. Il n'a publié que cinq essais de son vivant sans compter ses articles de recherche, de théorisation, ses travaux de traductions, assez nombreux. Ajoutons qu'il percevait après guerre une rente paternelle qui ira en s'amenuisant (en 1930, sa rente est perdue et en 1933, c'est l'exil), et qu'ainsi, il perd beaucoup d'énergie et de temps à essayer de gagner de quoi vivre. Il a été proche de Gershom Scholem, qui lui dédie son premier ouvrage, et de Theodor Adorno avec lesquels il entretient une longue correspondance. Benjamin a fait de ce dernier son héritier testamentaire et c'est lui, aidé de sa femme Gretel, qui publiera en 1950, Enfance berlinoise vers 1900, premier livre posthume d'une longue série.

Le concept de l'« aura »[modifier | modifier le code]

Walter Benjamin introduit le terme d’aura en 1931 dans son essai Petite histoire de la photographie (suivi en 1936 de L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique), pour caractériser la spécificité de l’œuvre d'art qui est unique, liée à un endroit précis et qui s’inscrit dans l’histoire. Il définit l’aura comme « l'unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité » (einmalige Erscheinung einer Ferne, so nah sie auch sein mag). Pour illustrer son propos, il donne l’exemple d’un observateur admirant une chaîne de montagnes un jour d’été. Le sentiment qu’il ressent à un moment précis ne pourra pas être reproduit parce qu’il est impossible de reproduire cet instant. L'inaccessibilité de l’œuvre d’art s’explique pour lui par ses origines dans des rites magiques et plus tard religieux. Les dernières traces de ses origines rituelles sont visibles dans le mouvement de l’art pour l’art.

La reproductibilité technique a pour conséquence la perte de l’aura, parce que la copie acquiert une autonomie vis-à-vis de l’original par le fait que l’œuvre est placée dans de nouveaux contextes, qu’il devient possible de changer de point de vue, d'opérer des grossissements. En plus la copie va vers l’observateur, devient accessible dans des situations nouvelles et est sortie de tout contexte historique et spatial. Ainsi l’œuvre devient un objet commercial.

Ses écrits sont utilisés aujourd'hui par ceux qui étudient la culture populaire. En effet, contrairement à Adorno, Benjamin attribue un rôle positif à des aspects de la culture de masse, et ne la réduit pas comme Adorno à un pur produit de fausse conscience.

Le concept d'histoire : « texte et temps »[modifier | modifier le code]

Le point le plus radical des notes « Sur le concept d’histoire » de Walter Benjamin est sans doute la critique du concept de temps comme continu et linéaire, concept aujourd’hui dominant. Car la théologie connaît la possibilité et la nécessité d'interrompre le continuum temporel. La différence entre la théologie et ce que Benjamin saisit en elle consiste en ce qu’il voit la possibilité d'une fracture à l'intérieur de notre monde en immanence. L’ « à-présent » [Jetztzeit] n'est pas le Jugement dernier et il ne faut pas attendre la mort pour s'approcher de la nouvelle conception du temps. L'expérience et la pratique de nombreuses générations dans leurs actes de remémoration vivante et dans les traditions attestent, en quelque façon, ce concept d’à-présent[18].

L'héritage benjaminien[modifier | modifier le code]

De son vivant, le travail de Benjamin était connu d'un certain nombre de chercheurs et de lecteurs : il n'est pas juste de croire qu'il a seulement été connu à titre posthume. Par exemple, Sens unique, son essai paru en 1928, avait commencé d'asseoir sa notoriété auprès d'un plus large public. De même, à partir de 1933, les futurs tenants de l'école de Francfort diffusent sa pensée à travers leurs publications en Europe et aux États-Unis. Ce sont Greta et Theodor Adorno, ainsi que Gershom Sholem, qui vont entreprendre, à partir de 1950, de publier et traduire tous ses écrits inédits, rassembler sa correspondance, développer des éditions critiques, etc.

Hannah Arendt a rédigé une biographie critique, parue dans The New Yorker en 1968[19], puis en préface des Illuminations la même année.

En France, pays où son œuvre est largement traduite assez tardivement cependant — ainsi, Sens unique le fut seulement en 1978 chez Maurice Nadeau —, Jacques Derrida, entre autres, a commenté une partie de son œuvre, par exemple dans Force de loi (1994).

Sa mort est évoquée en 2004 dans l'opéra Shadowtime (en) (musique de Brian Ferneyhough, livret de Charles Bernstein).

En 2016, Walter Benjamin est le personnage principal de Benjamin, dernière nuit, drame lyrique en quatorze scènes de Michel Tabachnik, d'après le livret de Régis Debray, créé à l'opéra de Lyon le .

Œuvre[modifier | modifier le code]

Principales publications de son vivant[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • [thèse] Begriff der Kunstkritik in der deutschen Romantik, Berne, Verlag A. Francke, 1920 ; publié en français : Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, traduit par Philippe Lacoue-Labarthe et Anne-Marie Lang, collection « Champs essais », Paris, Flammarion, 2008 (ISBN 9782081218246).
  • Charles Baudelaire, Tableaux Parisiens. Deutsche Übertragung mit einem Vorwort über die Aufgabe des Übersetzers, édition bilingue français-allemand, Heidelberg, Verlag von Richard Weißbach, 1923.
  • Einbahnstraße, Berlin, Rowohlt, 1928 ; en français : Sens unique, traduit et préfacé par Frédéric Joly, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2013 (ISBN 9782228908382).
  • Ursprung des deutschen Trauerspiels, Berlin, Rowohlt, 1928 ; publié en français : Origine du drame baroque allemand, traduit par Sybille Muller, préfacé par Irving Wohlfarth, collection « Champs essais », Paris, Flammarion, 1985 (ISBN 9782081232174).
  • Deutsche Menschen. Eine Folge von Briefen. Auswahl und Einleitungen von Detlef Holz, Lucerne (Suisse), Vita Nova Verlag, 1936 ; traduit en français : Allemands par Georges-Arthur Goldschmidt, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2012. Deutsche Menschen est un recueil de lettres rédigées par des intellectuels allemands du siècle passé (1786-1880) et commentées par Benjamin sous pseudonyme [Detlef Holz], prépubliée en partie dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (1930-1931), puis orienté contre le régime nazi : véritable pamphlet épistolaire ironico-satirique dénonçant la bêtise de la bourgeoise d'affaire, le nationalisme et le populisme, l'ouvrage, édité en Suisse et qui arborait la devise, détournée, de Von Ehre ohne Ruhm / Von Grösse ohne Glanz / Von Würde ohne Sold (honneur sans gloire, taille sans brillant, dignité sans solde), fut bien entendu interdit par Berlin.

Sélection d'articles[modifier | modifier le code]

Le nombre d'articles publiés par Benjamin tout au long de sa vie, depuis ceux de Der Anfang (1910) aux dernières livraisons destinées au Zeitschrift für Sozialforschung, est évalué à près d'un millier et constitue un énorme corpus loin d'être secondaire puisqu'on y trouve développés bon nombre de concepts fondamentaux et propres à l'œuvre du philosophe. Les périodiques vont de la revue scientifique spécialisée au supplément littéraire de journal progressiste destiné aux classes moyennes (comme le Frankfurter Zeitung), en passant par des magazines de design et d'art moderne, des titres comme Neue Rundschau, Die Gesellschaft, Die Literarische Welt... Certains textes sont écrits en collaboration, d'autres font partie d'ouvrages collectifs (actes de colloque, catalogue d'exposition, etc.), sans parler des préfaces et appareils critique à ses propres traductions.

  • « Aussicht ins Kinderbuch » [Vue perspective sur le livre pour enfants], dans Die Literarische Welt, Berlin, 3 décembre 1926.
  • « Moskau » [Moscou], dans Martin Buber et Joseph Wittig (direction), Die Kreatur, Berlin, Verlag Lambert Schneider, 1927.

Rédigé après son voyage à Moscou en décembre 1926 - janvier 1927 en compagnie de sa compagne, Asja Lācis avec laquelle il écrira également sur Naples. Il connaissait Buber depuis 1916.

  • « Ich packe meine Bibliothek aus » [Je déballe ma bibliothèque], dans Die Literarische Welt, Berlin, 17 juillet 1931.
  • « Karl Kraus », dans Literaturblatt fur Frankfurter Zeitung, 1931.
  • « Kleine Geschichte der Photographie » [Petite histoire de la photographie], dans Die Literarische Welt, 18-25 septembre, et 2 octobre 1931.
  • « Für arme Sammler » [Pour collectionneurs pauvre], dans Literaturblatt der frankfurter Zeitung, 6 décembre 1931.
  • « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée » (1935), première édition parue en français dans Zeitschrift für Sozialforschung, Paris, Librairie Félix Alcan, 5e année, 1, 1936, p. 40-68, édition dirigée par Pierre Klossowski, modifiée par Benjamin entre 1936 et 1939 : une édition révisée est aujourd'hui publiée en français sous le titre L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique avec parfois des nuances (cf. plus loin).
  • « Eduard Fuchs, der Sammler und der Historiker », in Zeitschrift für Sozialforschung, Paris, Librairie Félix Alcan, 6e année, no 2, 1937, p. 346-381 ; traduit en français par Philippe Ivernel (1978).

Publications posthumes[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Max Horkheimer (préface), Walter Benjamin zum Gedächtnis / In memory of Walter Benjamin, Los Angeles, Institut de Recherche sociale, 1942 ; contient : « Thèses sur le concept d'histoire » (traduit en français à Paris, dans Les Temps modernes, 1947, puis diverses éditions).

C'est la première édition et la première traduction posthume d'un texte de Benjamin.

  • Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages [1924-1939], Paris, éd. du Cerf, 1997. Traduction de l'allemand par Jean Lacoste. (ISSN 0298-9972)
  • Œuvres, 3 vol., Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2000. Traduction par Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch.
  • L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, édition comparée, comportant une nouvelle traduction par Lionel Duvoy de la 4e version de l'essai (1936) et une traduction inédite des passages non conservés par Benjamin figurant dans la 2e version de l'essai (fin 1935-février 1936), Paris, Allia, 2003 (ISBN 9782844854438).
  • Sur Proust, traduit par Robert Kahn, éditions Nous, 2010 (ISBN 978-2-913549-52-4)
  • Expérience et pauvreté, suivi de : Le Conteur et de : La Tâche du traducteur, trad. Cédric Cohen Skalli, préface Elise Pestre, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2011 (ISBN 9782228906760).
  • Récits d'Ibiza et autres écrits, textes de la période d'Ibiza (1932-1933), traduction et préface de Pierre Bayart, éd. Riveneuve, 2011 (ISBN 978-2-36013-067-2)
  • Critique de la violence, suivi de : Destin et caractère et de : Brèves ombres, traduction de Nicole Casanova, préface par Antonia Birnbaum, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2012 (ISBN 9782228907415).
  • Petite histoire de la photographie [1931], traduction de Lionel Duvoy, Paris, Allia, 2012 (ISBN 9782844854445).
  • Baudelaire, édition établie par Giorgio Agamben, Barbara Chitussi et Clemnes-Carl Härle, traduit par Patrick Charbonneau, Paris, La Fabrique, 2013.

Radiophonie[modifier | modifier le code]

  • Au microphone : Dr. Walter Benjamin, Walter Benjamin et la création radiophonique, 1929-1933, Philippe Baudouin, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, coll. « Philia », 2009. Livre + CD audio - (ISBN 978-2-7351-1265-4)
  • Écrits radiophoniques, traduction par Philippe Ivernel, préface de Philippe Beaudouin, éd. Allia, 2014 (ISBN 978-2-84485-815-3)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Correspondance (1930-1940), Walter Benjamin et Gretel Adorno, édition établie par Christoph Gödde et Henri Lonitz, traduit de l'allemand par Christoph David, Paris, Le promeneur, 2007.
  • Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940, Walter Benjamin et Gershom Scholem, édition établie par Gershom Scholem, traduit de l'allemand par Pierre Rusch et Didier Renault, suivi de « Histoire d'une correspondance » par Stéphane Mosès, Paris, Éditions de l'éclat, 2011.
  • Lettres françaises, intégralité des lettres écrites en français, préface de Christophe David, éditions Nous, 2013 (ISBN 978-2-913549-69-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sur la mort de Walter Benjamin, voir « Portbou, Terminus », Libération, mardi 8 août 2006.
  • « Walter Benjamin », série en quatre volets, dans Les nouveaux chemin de la connaissance, réalisée par Philippe Baudoin et diffusées du 10 au 13 octobre 2011 sur France Culture.
  1. Willem van Reijen et Herman van Doorn, Aufenthalte und Passagen: Leben und Werk Walter Benjamins: Eine Chronik, Suhrkamp, 2001
  2. a, b, c, d, e, f, g et h [vidéo] Walter Benjamin. Des histoires d'amitié, film documentaire de David Wittenberg, Allemagne, Arte, 2010, 55 min.
  3. Walter Benjamin, Correspondance avec Theodor W. Adorno, t. I, 1910-1928, Aubier Montaigne, 1979, p. 320.
  4. Sur cette question, lire « Au pays des Kobolds » : Walter Benjamin traducteur de Marcel Proust » par Robert Kahn, dans Littérature, 1997, volume 107/3, p. 44-53.
  5. (en) Uwe Steiner, Walter Benjamin: An Introduction to His Work and Thought, Chicago, The University of Chicago Press, 2010, p. 95.
  6. « Expérience et pauvreté : Walter Benjamin à Ibiza (1932-1933) », par Vicente Valero, 21 mai 2006.
  7. Walter Benjamin, un génie de la littérature exilé dans le XVe arrondissement. Résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Paris – N° 24.
  8. Christian Manso, Pyrénées 1940, ultime frontière : pour Carl Einstein, Walter Benjamin, Wilhelm Friedmann, éditions L'Harmattan, 2006, p. 140.
  9. « Automne 1939, Walter Benjamin, dans un camp proche de Nevers » par Alain Paire, sur Galerie d'art Alain Paire, 8 novembre 2014 — avec des sources bibliographiques.
  10. [PDF] (de) « Ein verhängnisvoller Engel » par Johann Konrad Eberlein, dans FAZ, 20 juillet 1991.
  11. En Espagne, malgré le régime ultra-conservateur et répressif, personne ne rejette ceux qui fuient la Gestapo et le régime de Vichy. De nombreux intellectuels allemands se réfugient ainsi aux États-Unis en passant par l'Espagne : Hannah Arendt, Heinrich Mann, Franz Werfel, Alma Mahler, et bien d'autres.
  12. « La hotte bien remplie de Walter Benjamin », La Quinzaine littéraire, numéro 1 048, page 20.
  13. Par la suite, aucun réfugié n'a de nouveau à craindre d'être remis à la police française ou à la Gestapo. La route empruntée par Walter Benjamin, dite « route Lister », sera utilisée par des centaines d'autres réfugiés guidés par le couple Fittko.
  14. Il semble pourtant que ces manuscrits n'étaient que des copies, dont l'original, les Thèses sur le concept de l'histoire, auraient été confiées à l'écrivain Georges Bataille à Paris, qui les aurait déposées pour sa part à la Bibliothèque nationale
  15. On peut lire sur sa tombe l'épitaphe suivante, extrait de son ouvrage Thèses sur la philosophie de l'histoire : « Il n'y a aucun témoignage de la culture qui ne soit également un témoignage de la barbarie ».
  16. Qui a tué Walter Benjamin…
  17. Henning Ritter, « The Missing Briefcase », article paru dans le Frankfurt Allegemeine Zeitung le 25 juin 2001.
  18. Voir : Stefan Gandler, « Pourquoi l’ange de l’histoire regarde-t-il vers l’arrière ? » Trad. Marc Sagnol. In Les Temps modernes, Paris, année 58, n° 624, mai-juillet 2003, pp. 54-74. ISSN 0040-3075.
  19. (en) The New Yorker.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Gershom Scholem, Walter Benjamin, Histoire d'une amitié, Calmann-Lévy, 1981
  • Theodor W. Adorno, Sur Walter Benjamin, Gallimard (Folio Essais), 2001.
  • Hannah Arendt, Walter Benjamin : 1892-1940, Allia, 2007.
  • Daniel Bensaïd, Walter Benjamin, sentinelle messianique : A la gauche du possible, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2010. Postface par Enzo Traverso.
  • Antoine Berman, L'âge de la traduction. "La tâche du traducteur" de Walter Benjamin, un commentaire, Presses universitaires de Vincennes, 2008.
  • Stefan Gandler « Pourquoi l’ange de l’histoire regarde-t-il vers l’arrière? ». In Les Temps modernes, Paris, année 58, num. 624, mai-juillet 2003, p. 54-74. Traduction par Marc Sagnol. ISSN 0040-3075.
  • Marc Goldschmit, L’Écriture du messianique. La philosophie secrète de Walter Benjamin, éd. Hermann, coll. Le bel aujourd’hui, 26 novembre 2010.
  • Eric Jacobson, Metaphysics of the Profane: The Political Theology of Walter Benjamin and Gershom Scholem, New York, Columbia University Press, 2003.
  • Arno Münster, Progrès et catastrophe. Walter Benjamin et l'histoire. Réflexions sur l'itinéraire philosophique d'un marxisme « mélancolique », Paris, Kimé, 1996.
  • Jean-Michel Palmier, Walter Benjamin. Le chiffonnier, l'ange et le petit bossu. Esthétique et politique chez Walter Benjamin, Paris, Klincksieck, 2006.
  • Gérard Raulet, Le Caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin, Paris, Aubier, 1997.
  • Rainer Rochlitz, Le Désenchantement de l'art : la philosophie de Walter Benjamin, 1992.
  • Tilla Rudel, Walter Benjamin. L’Ange assassiné, Paris, Menges, 2006.
  • Bruno Tackels, Walter Benjamin : une vie dans les textes, Arles, Actes Sud, 2009. - 840 p. - (ISBN 978-2-7427-8224-6)
  • Patricia Lavelle (dir.), Cahier de L'Herne Walter Benjamin, Paris, L'Herne, 2013.
  • Michael Löwy, Walter Benjajmin : avertissement d'incendie. Une lecture des thèses sur le concept d'histoire, Paris, Presses universitaires de France, coll. “ Pratiques théoriques ”, 2001.
  • Libero Federici, Il misterioso eliotropismo. Filosofia, politica e diritto in Walter Benjamin, Ombre Corte, Verona 2017

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Passant : Walter Benjamin, film documentaire de Jean-Paul Lebesson, France, 1990, 53 min.
  • One Way Street: Fragments for Walter Benjamin, film documentaire de John Hughes, Australie, 1992, 54 min vidéo en ligne sur Ubuweb.
  • Qui a tué Walter Benjamin..., film documentaire de David Mauas, Espagne - Pays-Bas, 2005, 73 min — présentation en ligne.
  • Histoires nées de la solitude, film documentaire de Sylvain Maestraggi, France, 2009, 35 min.
  • Walter Benjamin. Des histoires d'amitié, film documentaire de David Wittenberg, Allemagne, 2010, 55 min — vidéo en ligne via Arte.
  • Paris, capitale du XIXe siècle, essai/film expérimental de Benjamin Bardou, France, 2010, 10 min.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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