Batterie d'accumulateurs

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Une batterie d'accumulateurs, ou plus communément une batterie[1], est un ensemble d'accumulateurs électriques reliés entre eux de façon à créer un générateur électrique de tension et de capacité désirée. Ces accumulateurs sont parfois appelés éléments de la batterie ou cellules[2].

On appelle aussi batteries les accumulateurs rechargeables destinés aux appareils électriques et électroniques domestiques.

La batterie d'accumulateurs permet de stocker l'énergie électrique sous forme chimique et de la restituer sous forme de courant continu, de manière contrôlée.

Batterie d'accumulateurs d'un mini-aspirateur domestique (2018).

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

En France, dans le langage commun, le mot « batterie » désigne souvent un ensemble d'accumulateurs électriques[3] bien que ce ne soit que l'un des multiples sens de ce mot[1].

L'expression anglaise battery pack se traduit en français littéralement par « ensemble d'accumulateurs » ou « batterie d'accumulateurs ». La traduction littérale « pack de batterie » ou encore « pack batterie » est un anglicisme et un pléonasme.

Types d'accumulateurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accumulateur électrique.
Densité d'énergie de quelques accumulateurs.

Les batteries d'accumulateurs nécessaires aux voitures électriques mais également aux voitures hybrides ont suivi une évolution technologique continue et les progrès sont importants ; mais actuellement, aucune solution n'est entièrement satisfaisante et chaque type d'accumulateur d'électricité est souvent dédié à un type d'usage. Certaines de ces batteries ont un usage commun avec d'autres secteurs comme l'éolien ou le solaire pour stocker l’énergie produite de façon intermittente et la distribuer en période de forte demande.

Batterie d'accumulateurs expérimentale 50 Ah / 30 V pour véhicule spatial.

Les recherches et découvertes en cours sont très prometteuses, au point que certains fabricants de batteries promettaient une autonomie des voitures électriques de 800 km pour la décennie, grâce à la batterie lithium air[4]. Néanmoins, en 2016, peu de voitures électriques peuvent dépasser 400 km sans recharge en usage standard.

Configuration[modifier | modifier le code]

Choix de configuration[modifier | modifier le code]

Vue en coupe d'une batterie d'accumulateurs de voiture, avec ses six cellules en série et ses plaques de plomb, pour une batterie de 12 V.

Les accumulateurs sont souvent câblés en série afin d'obtenir la tension de batterie souhaitée.

Pour augmenter le courant disponible, il est également possible de recourir à un montage en parallèle des cellules.

Le propre de la batterie d'accumulateur est donc d'augmenter la tension et/ou le courant disponible afin de correspondre aux caractéristiques d'une alimentation donnée.

La combinaison des deux techniques peut être faite en accouplant plusieurs éléments :

  • en parallèle plusieurs blocs de cellules en séries (technique déconseillée pour un assemblage dans un même pack)
  • en série plusieurs blocs de cellules en parallèles (préférable)

Notation série (S) et parallèle (P)[modifier | modifier le code]

Afin de simplifier les descriptions de montage des batteries d'accumulateurs, une notation usuelle est employée pour designer le couplage de :

  • 6 cellules en série : notée 6S
  • 2 cellules en parallèles : notée 2P
  • 2 blocs en parallèle de 6 cellules en série : notée 2P6S
  • etc.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Véhicule électrique équipé de batteries lithium-ion

Les batteries d'accumulateurs sont utilisées dans de nombreux domaines :

Géographie de la production[modifier | modifier le code]

Selon Bloomberg New Energy Finance, la Chine dispose en 2019 d'une capacité de production de 217,2 GWh, devant les États-Unis (49,5 GWh) et la Corée (23,1 GWh). La France se situe à la 8e position (1,1 GWh) grâce aux usines de Saft et Forsee Power[8].

Charge des batteries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chargeur (électricité).

Indicateurs de charge[modifier | modifier le code]

La mise en charge des batteries est une opération primordiale pour que les batteries conservent leurs caractéristiques initiales[9]. On peut évaluer dans certains cas le niveau de charge d'une batterie en mesurant sa tension à vide (sans charge).

Dans le cas de techniques plus récentes, comme le NiMh ou le Lithium, des méthodes plus élaborées sont nécessaires pour vérifier le niveau de charge, ce qui nécessite l'utilisation de chargeurs adaptés. Pour ces techniques, les chargeurs évaluent le taux de charge en surveillant l'évolution de la tension de charge et en prenant en compte le courant de charge et le temps, ( ou ).

Pour une batterie au plomb de tension nominale 12 V :

  • Une batterie bien chargée a une tension supérieure à 12,6 V ;
  • Une batterie sous 12,4 V peut être mise en charge ;
  • Une batterie à 11,7 V est totalement déchargée ou en mauvais état.

Pour une batterie lithium-polymère, chaque cellule a une tension nominale de 3,7 V :

  • Une cellule bien chargée a une tension supérieure à 4,1 V ;
  • Une cellule à 3 V doit être rechargée ;
  • Une cellule sous 2,7 V est totalement déchargée ou en mauvais état et n'est souvent plus rechargeable.

Quand une batterie lithium-polymère est composée de plusieurs cellules (cas fréquent), et il est recommandé de ne pas avoir un écart de tension entre les cellules qui dépasse 0,5 V.

Temps de charge, rendement et capacité[modifier | modifier le code]

Chargeur de batterie auto, avec indication du courant de charge.
  • La durée de charge peut être approximativement calculée en fonction du courant de charge et de la capacité de la batterie : pour une batterie neuve totalement déchargée : Capacité (en A.h) = Courant de charge (en A) x Temps de charge (en h).
  • Le rendement de charge (énergie stockée / énergie injectée pour la charge de la batterie) est inférieur à 1, en particulier en raison de la résistance interne à la batterie ; ce rendement dépend de l'intensité de courant utilisée pour la charge, il décroît quand l'intensité croît.
  • La capacité doit être divisée par les facteurs de dépréciations en température (DT) et en charge/décharge (Dch).

Par exemple DT = 0,01053 T + 0,73671 pour des batteries plombs. (DT > 1 si T > 25 °C ; DT < 1 si T < 25 °C). De même, Dch = 20/30 par exemple si le courant nominal de charge est de 20 A alors que le courant de décharge maximum est de 30 A (cas des charges rapides).

Régénération[modifier | modifier le code]

Les batteries plomb ouvert (chariots élévateurs, nacelles, etc.) ont une durée de vie limitée à environ 1500 cycles[réf. nécessaire]. Lors du stockage et de la restitution de l'énergie au cours de cycles d'utilisation normaux, des cristaux de sulfate s'accumulent graduellement sur les électrodes, empêchant la batterie de fournir efficacement du courant. Les cristaux « étouffent » en fait la batterie. Même une charge de désulfatation n'empêche pas toujours que l'on doive remplacer la batterie après quelques années.

La sulfatation est une des causes de vieillissement d'une batterie au plomb qui est restée déchargée pendant un certain temps avant la recharge, mais il y a aussi un autre facteur de vieillissement qui est la transformation au cours des cycles de charge/décharge de la matière active de l'électrode positive. Celle-ci est constituée de dioxyde de plomb PbO2 qui cristallise sous deux formes différentes (α-PbO2 et β-PbO2) dont une forme est constituée de petits cristaux, elle se transforme au cours des cycles en l'autre forme dont les cristaux sont plus gros, ce qui génère un gonflement de l'électrode qui se désagrège.

Impact carbone[modifier | modifier le code]

L’Institut suédois de recherche environnementale (IVL) publie en 2017 un rapport sur l'impact environnemental des batteries : elle estime que leur production engendre de 150 à 200 kg de CO2 par kWh de capacité[d] ; une batterie de 30 kWh engendrerait donc entre 4,5 et 6 tonnes de CO2 tandis qu’une batterie de 100 kWh comme celle qui équipe la Tesla Model S P100D correspondrait à la production de plus de 17 tonnes de CO2. L'IVL souligne cependant la forte disparité des mix énergétiques selon les pays : 162 kWh d’électricité étant nécessaires par kWh de batterie fabriquée, celle-ci peut représenter jusqu'à 70 % du CO2 émis lors de la production ; avec un mix électrique entièrement décarboné comme en Suède, cet impact carbone serait réduit de 60 %. Malgré cela, la recherche d'une autonomie maximale avec des batteries de grande capacité contribuerait significativement au réchauffement climatique[10],[11].

Recyclage[modifier | modifier le code]

Matériaux de recyclage de batteries.

Les batteries au plomb peuvent être recyclées : la plupart de leurs composants peuvent être réutilisés en fin de vie, par exemple le plastique, l'acide et les plaques de plomb. Au sein de l'usine de recyclage, le plastique du boîtier sera ainsi séparé du plomb des plaques et de l'acide de l'électrolyte. Ensuite, le plomb est fondu dans un four et réutilisé pour fabriquer de nouvelles plaques.

Le plastique de son côté est également fondu et sert à confectionner de nouveaux boîtiers. Enfin, l’acide sulfurique est contrôlé, car il causerait de graves dommages s’il se retrouvait dans l’atmosphère. Il va servir lui aussi ultérieurement lors de la fabrication de batteries neuves.

Ainsi donc, tout est recyclé dans les batteries et les pertes dans l’environnement sont très faibles, mais elles doivent être déposées dans des endroits prévus à cet effet : les mairies, décharges, des magasins spécialisés dans l'automobile ou le matériel industriel ou certains ferrailleurs (contre rémunération) peuvent s'en charger. Au Québec, les écocentres (centres municipaux de recyclage) offrent généralement ce service gratuitement[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 6 volts sur d'anciens modèles de véhicules encore en circulation.
  2. Ce qui permettrait d'augmenter la puissance des accessoires ou de réduire la taille des faisceaux de câbles.
  3. Ce qui permettrait de réduire la section des fils des faisceaux électriques, donc encore le poids
  4. La quantité d'électricité contenue dans une batterie se mesure en kilowatt-heure (kWh).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Batterie » (sens 2 − P. anal) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Cyril Valent, À quoi correspond le nombre de cellules d'une batterie ?, sur le site 01net.com du 30 novembre 1999.
  3. batterie Sur le site larousse.fr
  4. « IBM : objectif 800 km pour une batterie Lithium-Air », sur enerzine.com, .
  5. Batterie solaire, sur le site surtec.fr.
  6. Hermans, Y., Le Cun, B., & Bui, A. (2011). Modèle d'optimisation basé sur le Vehicle-to-grid pour limiter l'impact des pics de consommation électrique sur la production.
  7. Dargahi, A., Wurtz, F., Ploix, S., Gaaloul, S., Le, X. H. B., Delinchant, B., ... & Tollenaere, M. (2012). Exploitation de la capacité de stockage de véhicule électrique dans la gestion optimale du flux énergétique de bâtiments: Contribution à la convergence transport/habitation.
  8. Le « virage vert », le prochain défi des industriels français, Les Échos, 20 juin 2019.
  9. Charge des batteries d'accumulateur au plomb, sur le site inrs.fr
  10. Voiture électrique : l’impact carbone des batteries au cœur d’une étude suédoise, automobile-propre.com, 7 août 2019.
  11. (en) Lisbeth Dahllöf et Mia Romare, « The Life Cycle Energy Consumption and Greenhouse Gas Emissions from Lithium-Ion Batteries », sur Institut suédois de recherche environnementale, .
  12. Page d’accueil de recyc-quebec, recyc-quebec.gouv.qc.ca, consulté le 7 mai 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]