Philippe Bihouix

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Philippe Bihouix
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Biographie
Naissance
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Nationalité
Formation
Activité
Œuvres principales
  • L'Âge des low-tech
  • Le bonheur était pour demain

Philippe Bihouix, né le , est ingénieur centralien, auteur d’essais[1],[2] sur les questions environnementales.

Spécialiste de l’épuisement des ressources minérales et promoteur des low-tech. Il est membre du conseil d’administration de l’Institut Momentum[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'École centrale de Paris, il débute chez Bouygues[4] comme ingénieur travaux et poursuit, en France et à l’international, dans différents secteurs industriels (énergie, chimie, transports, bâtiment, aéronautique…) comme ingénieur-conseil, chef de projet ou à des postes de direction. En 2010, il publie en tant que co-auteur l’ouvrage Quel futur pour les métaux ?, qui traite de la raréfaction des métaux et pointe les limites de l’économie verte. Il publie en 2014 L’âge des low-tech, vers une civilisation techniquement soutenable[5] qui dénonce la croyance aveugle dans les nouvelles technologies qui permettraient de faire la révolution verte et de sauver la planète. Il cherche à démontrer que les innovations high-tech, même et surtout celles consacrées au développement dit durable se heurtent au fait qu’elles sont particulièrement consommatrices de métaux dont l’épuisement est en cours et dont le recyclage est de plus en plus complexe. Il propose, à la place, le développement des basses technologies (les low-tech) moins énergivores et moins consommatrices de ressources rares. Ce livre reçoit le prix de la Fondation de l’écologie politique en 2014[6],[7]. En 2016, il fait paraitre l’essai Le désastre de l’école numérique : plaidoyer pour une école sans écran qu’il co-écrit avec Karine Mauvilly. Dans cet essai, il dénonce la numérisation à tout crin de la maternelle au lycée car c'est faire fi des risques psychosociaux sur une jeunesse déjà pour beaucoup en état d'addiction numérique. Il préconise au contraire de faire de l'école une zone refuge d'où les écrans seraient absents afin de réinventer du vivre-ensemble[8]. Enfin, dans Le Bonheur était pour demain (2019), il démolit les illusions d’une réponse technologique à la crise écologique. À son avis, l’économie circulaire n’est qu'un fourre-tout sans valeur. La vraie solution – si une solution est encore possible –, c'est d’aller vers la sobriété. Mais nos sociétés développées, et même celles dites « en voie de développement », ne semblent pas en prendre le chemin.

La promotion des low-tech[modifier | modifier le code]

Les limites de la planète, l’épuisement de ses ressources minérales et ressources énergétiques[9] nous contraignent à rechercher des technologies plus appropriées, et à fabriquer des objets plus robustes (en finir avec l’obsolescence programmée), mais aussi réparables, constitués de matériaux simples, faciles à démanteler et recyclables. Le principe est de n’utiliser dans le processus de fabrication que le strict minimum de ressources rares, que le contenu électronique soit limité et que l’objet ainsi fabriqué soit à la fois durable et le moins énergivore possible.

Selon Philippe Bihouix, il faut réinventer de fond en comble nos modes de production. Il préconise de sortir de la logique de la compétitivité en réimplantant des ateliers et des entreprises à taille humaine dans les bassins de vie. Que ces entreprises, équipées de machines simples et robustes ne réclamant qu’un minimum d’énergie, se consacrent à la fabrication de biens durables. Ces unités de fabrication devant être articulées avec des réseaux de réparation, de partage, de récupération, et de revente[10]. Par ailleurs, Philippe Bihouix nous invite à ne surtout pas confondre technologie verte et basse technologie, car la technologie dite "verte" est très consommatrice de métaux rares et les moyens mis en œuvre pour extraire ces métaux sont particulièrement énergivores et nuisibles pour l'environnement.

En juin 2019, un mois après une première interview spécialement dédié à ses idées, il est invité à débattre longuement sur les sujets de la low-tech et de la collapsologie avec Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur, libéral[11], favorable au high-tech et essayiste sur l'intelligence artificielle, pendant plus d'une heure en direct sur la chaîne Youtube Thinkerview.

Critique du numérique[modifier | modifier le code]

Selon Philippe Bihouix, « Le numérique n’a rien de virtuel[12]. » Afin que nos ordinateurs soient connectés par internet toute une infrastructure est nécessaire (des millions de serveurs locaux, de bornes Wi-Fi, d’antennes-relais, de routeurs, de câbles terrestres et sous-marins, de satellites, et enfin de centres de données : les data centers). Philippe Bihouix nous signale que « ces technologies ne sont pas sans impacter l’environnement et ce, dès l’extraction des dizaines de métaux rares contenus dans les ordinateurs, car les industries minières et métallurgiques comptent parmi les activités humaines les plus polluantes : destruction de sites naturels, consommation d’eau et d’énergie, rejets de soufre ou de métaux lourds, utilisation de produits chimiques nocifs comme le cyanure, génération de déchets miniers…[12] »

Il précise qu’« en fin de vie, les dégâts ne sont pas moins considérables car les déchets électroniques sont parmi les plus complexes à traiter. » Par ailleurs, nous ne connaissons pas encore tous les effets des objets connectés sur le psychisme humain et plus particulièrement sur les cerveaux en développement des enfants. En revanche, nous connaissons déjà les effets de dépendance de ceux-ci sur une grande partie des utilisateurs[13],[14].

Publications[modifier | modifier le code]

  • avec Benoît de Guillebon, Quel futur pour les métaux ? : Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, , 299 p. (ISBN 978-2-759-80549-5)
  • L'Âge des low-tech : Vers une civilisation techniquement soutenable, Seuil, coll. « Anthropocène », , 336 p. (ISBN 978-2-021-16072-7)
  • avec Karine Mauvilly, Le Désastre de l'école numérique : Plaidoyer pour une école sans écrans, Seuil, coll. « Documents », , 240 p. (ISBN 978-2-021-31918-7)
  • Le bonheur était pour demain : Les rêveries d'un ingénieur solitaire, Seuil, coll. « Anthropocène », , 384 p. (ISBN 978-2-021-38861-9)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]