Philippe Bihouix

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Philippe Bihouix
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Directeur général de AREP
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Ingénieur, conférencierVoir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
  • L'Âge des low tech
  • Le bonheur était pour demain
  • Quel avenir pour les métaux?
  • La ville stationnaire

Philippe Bihouix (prononcer [filip biwiks][1]), né le à Saint-Nazaire, est ingénieur centralien, spécialiste des ressources minérales et promoteur des low-tech. Il est l'auteur d’essais[2],[3] sur les questions environnementales et technologiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'École centrale de Paris en 1996, il débute chez Bouygues Construction[4] comme ingénieur travaux et poursuit, en France et à l’international, dans différents secteurs industriels (énergie, chimie, transports, télécoms, aéronautique…), comme ingénieur-conseil, chef de projet ou à des postes de direction. Il est membre du conseil d’administration du laboratoire d’idées Institut Momentum[5] de 2011 à 2022. En , il rejoint l'agence d'architecture AREP, filiale de la SNCF[6] dont il est désormais directeur général.

Publications[modifier | modifier le code]

En 2010, il publie en tant que co-auteur l’ouvrage Quel futur pour les métaux ?, qui traite de la raréfaction des ressources minérales et pointe les limites de l’économie dite « verte ».
En 2014, il publie L’âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable[7] qui dénonce la croyance dans les nouvelles technologies qui permettraient de faire face aux enjeux climatiques et énergétiques et de « sauver » la planète. Il cherche à démontrer que les innovations high-tech, et surtout celles consacrées au développement durable, se heurtent au fait qu’elles sont particulièrement consommatrices de métaux, dont l’épuisement est à terme inéluctable dont le recyclage s'avère de plus en plus complexe. Il propose de s'orienter vers le développement des « basses » technologies (les low-tech), des technologies sobres et résilientes, moins énergivores et moins consommatrices de ressources rares. Ce livre reçoit le prix de la Fondation de l'écologie politique en 2014[8],[9].
En 2016, il fait paraitre l’essai Le désastre de l’école numérique. Plaidoyer pour une école sans écran qu’il co-écrit avec Karine Mauvilly. Dans cet essai, il dénonce « l'utopie techno-pédagogique »[10], la numérisation à tout crin de la maternelle au lycée car elle favorise les risques psychosociaux sur une jeunesse déjà pour beaucoup en état d'addiction numérique. Il préconise au contraire de faire de l'école une zone refuge d'où les écrans seraient quasiment absents et d'éduquer les élèves au numérique plutôt que par le numérique[11].
En 2019, dans Le Bonheur était pour demain. Les rêveries d'un ingénieur solitaire (2019), il remet en question les illusions d’une réponse technologique à la crise écologique, notamment à travers une approche historique du XVIIe au XXIe siècle. Selon lui, l’économie circulaire n’est qu'un fourre-tout sans valeur. La vraie solution – si une solution est encore possible – serait d’aller vers la sobriété, alors que nos sociétés développées, et même celles dites « en voie de développement », ne semblent pas en prendre le chemin. La même année, il est interrogé par la direction « Digital et Innovation » de SNCF Réseau dans le cadre d'une prospective sur les défis sociaux, économiques et environnementaux du XXIe siècle[12].

En 2022, il co-écrit avec Sophie Jeantet et Clémence de Selva La Ville stationnaire. Comment mettre fin à l’étalement urbain ?. Face à la forte croissance des villes, il suggère au contraire que les villes n’ont pas vocation à grandir et s'étaler éternellement. Selon lui, plus tôt nous mettrons en pratique le « zéro artificialisation », plus grande sera notre résilience face aux risques et aux crises socio-écologiques à venir[13]. Dès lors, pour lui, la ville devrait devenir stationnaire, c'est-à-dire continuer à vivre, à s’épanouir et à s’embellir en cessant de dévorer l’espace autour d’elle. Surtout, d'après l'ingénieur-essayiste, c’est notre rapport aux territoires qu’il faudrait faire évoluer dorénavant, en favorisant la redistribution des services et des emplois, en œuvrant à une nouvelle attractivité des villes moyennes, des bourgs, des villages et des campagnes. D'après lui : « Désormais les métropoles ne doivent plus attirer et grandir, mais essaimer[13] ».

Promotion des low-tech[modifier | modifier le code]

Les limites de la planète, l’épuisement de ses ressources minérales et ressources énergétiques[14] nous contraignent à rechercher des technologies plus appropriées, et à fabriquer des objets plus robustes (en finir avec l’obsolescence programmée), mais aussi réparables, constitués de matériaux simples, faciles à démanteler et recyclables. Le principe est de n’utiliser dans le processus de fabrication que le strict minimum de ressources rares, que le contenu électronique soit limité (techno-discernement[15]) et que l’objet ainsi fabriqué soit à la fois durable et le moins énergivore possible.

Selon Philippe Bihouix, il faut revoir nos modes de production. Il préconise de sortir de la logique de la compétitivité en réimplantant des ateliers et des entreprises à taille humaine dans les bassins de vie. Que ces entreprises, équipées de machines simples et robustes ne réclamant qu’un minimum d’énergie, se consacrent à la fabrication de biens durables. Ces unités de fabrication devant être articulées avec des réseaux de réparation, de partage, de récupération, et de revente[16]. Par ailleurs, Philippe Bihouix nous invite à ne surtout pas confondre technologie verte et basse technologie, car la technologie dite « verte » est très consommatrice de métaux rares et les moyens mis en œuvre pour extraire ces métaux sont particulièrement énergivores et nuisibles pour l'environnement[17].

Critique du numérique[modifier | modifier le code]

Selon Philippe Bihouix, « Le numérique n’a rien de virtuel[18]. » Afin que nos ordinateurs soient connectés par internet toute une infrastructure est nécessaire (des millions de serveurs locaux, de bornes Wi-Fi, d’antennes-relais, de routeurs, de câbles terrestres et sous-marins, de satellites, et enfin de centres de données). Philippe Bihouix déclare que « ces technologies ne sont pas sans affecter l’environnement et ce, dès l’extraction des dizaines de métaux rares contenus dans les ordinateurs, car les industries minières et métallurgiques comptent parmi les activités humaines les plus polluantes : destruction de sites naturels, consommation d’eau et d’énergie, rejets de soufre ou de métaux lourds, utilisation de produits chimiques nocifs comme le cyanure, génération de déchets miniers…[18] »

Il précise qu’« en fin de vie, les dégâts ne sont pas moins considérables car les déchets électroniques sont parmi les plus complexes à traiter. » Par ailleurs, nous ne connaissons pas encore tous les effets des objets connectés sur le psychisme humain et plus particulièrement sur les cerveaux en développement des enfants. En revanche, nous connaissons déjà les effets de dépendance de ceux-ci sur une grande partie des utilisateurs[19],[20].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • avec Benoît de Guillebon, Quel futur pour les métaux ? : Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, , 299 p. (ISBN 978-2-7598-0549-5)
  • L'Âge des low tech : Vers une civilisation techniquement soutenable, Paris, Seuil, coll. « Anthropocène », , 336 p. (ISBN 978-2-02-116072-7)
  • avec Karine Mauvilly, Le Désastre de l'école numérique : Plaidoyer pour une école sans écrans, Seuil, coll. « Documents », , 240 p. (ISBN 978-2-02-131918-7)
  • Le bonheur était pour demain : Les rêveries d'un ingénieur solitaire, Seuil, coll. « Anthropocène », , 384 p. (ISBN 978-2-02-138861-9)
  • avec Sophie Jeantet et Clémence de Selva, La Ville stationnaire. Comment mettre fin à l’étalement urbain ?, Actes Sud, coll. « Domaine du possible », 2022, 352 p. (ISBN 978-2-330-16873-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. « Philippe Bihouix : podcasts et actualités », sur Radio France (consulté le )
  3. « Philippe Bihouix », sur data.bnf.fr (consulté le )
  4. « https://www.lesechos.fr/01/12/2010/LesEchos/20816-061-ECH_philippe-bihouix.htm »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. https://institutmomentum.org/auteur/philippe-bihouix
  6. « Philippe Bihouix et Emilie Hergott rejoignent l'Arep », sur Le journal du Grand Paris - L'actualité du développement économique d'Ile-de-France, (consulté le )
  7. « L'Âge des low tech, Philippe Bihouix, Documents - Seuil », sur seuil.com (consulté le ).
  8. Stéphane Foucart, « Technologie n’est pas magie », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. Fondation de l'Ecologie Politique, « Philippe Bihouix lauréat du Prix de la Fondation », sur Fondation de l'Ecologie Politique, (consulté le ).
  10. Philippe Bihouix, « Faut-il s'obstiner à numériser l'école ? (tribune) », sur Sud-Ouest,
  11. « Le Désastre de l'école numérique, Philippe Bihouix, Documents - Seuil », sur seuil.com (consulté le ).
  12. « Compte-rendu de l'entretien avec Philippe Bihouix »
  13. a et b « La ville stationnaire | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  14. https://www.cairn.info/revue-projet-2015-6-page-48.htm?try_download=1#
  15. « Ressources : la soutenabilité passe par la sobriété », sur www.strategie.gouv.fr (consulté le )
  16. « Philippe Bihouix : « Il faut réduire les besoins à la source » », sur Le Comptoir, (consulté le ).
  17. Paloma Moritz, « "Urgence écologique : la technologie ne nous sauvera pas". Interview de Philippe Bihouix. », sur BLAST,
  18. a et b Voir sur comptoir.org.
  19. « https://www.franceculture.fr/oeuvre/le-desastre-de-lecole-numerique-plaidoyer-pour-une-ecole-sans-ecrans »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  20. https://www.liberation.fr/debats/2016/09/02/philippe-bihouix-avec-l-ecole-numerique-nous-allons-elever-nos-enfants-hors-sol-comme-des-tomates_1478435

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notices et liens externes[modifier | modifier le code]

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