Relocalisation économique

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Selon E.M. Mouhoud (2008, 1993, 1989 voir sources) on peut définir les relocalisations économiques de deux manières :

  • Au sens strict, c'est le retour dans leur pays d'origine d'unités productives, d'assemblage ou de montage antérieurement délocalisées sous diverses formes dans les pays à faibles coûts salariaux.
  • Par extension, la relocalisation apparaît comme le ralentissement du processus de délocalisation des activités économiques vers les pays à bas salaire, ou bien la remise en cause des décisions de délocalisation ou la non-délocalisation dans les secteurs sensibles à la compétition par les coûts.

Vagues de la relocalisation[modifier | modifier le code]

Classiquement, E.M. Mouhoud (2008) distingue quatre phases de relocalisations[réf. nécessaire] :

  1. Celle de la fin des années 1970, qui conduit les multinationales américaines surtout dans l'industrie électronique et les semi-conducteurs.
  2. Celle des firmes allemandes, dans les années 1980-1990, motivées par des facteurs symétriquement inverses à ceux qui ont motivé les délocalisations : réduction des coûts unitaires grâce à l'automatisation et la robotisation des segments de fabrication et d'assemblage d'une part et la réduction des coûts de transports et de transaction en général d'autre part.
  3. Celle du milieu des années 1990 correspond à des stratégies d'optimisation du cycle du produit dans les industries informatiques, des télécommunications et de la téléphonie mobile.
  4. Celle qui émerge depuis les années 2000 dans les services et l'industrie manufacturière. Ces cas restent marginaux par rapport à l'ampleur des délocalisations.

Facteurs de relocalisation[modifier | modifier le code]

Les relocalisations peuvent répondre à plusieurs logiques :

  • les problèmes de qualité du produit final. Dans les services (centre d'appel par exemple), peuvent apparaître un besoin de proximité avec le client.
  • des questions de coût. L'intérêt économique de la délocalisation se modifie en fonction de l'évolution des salaires des pays dans lesquels les activités ont été délocalisées, du coût de transport directement liés au prix de l'énergie, des modifications des techniques de production notamment l'automatisation, des aides des pouvoirs publics qui prennent en compte les coûts pour la collectivité des obligations sociales, du chômage, etc.
  • les logiques de rationalisation de la production des grands groupes qui se recentrent sur leurs marchés d'origine.

Certains distinguent trois facteurs déterminants de la relocalisation[réf. nécessaire] :

  1. la diffusion du changement technologique à travers les nouvelles technologies de procédés (technologies flexibles) et les innovations de produits ;
  2. les innovations organisationnelles ;
  3. l'incertitude de la demande.

La volonté pour certains dirigeants d'insérer leur modèle économique dans une approche bilan carbone ou RSE, voire ISO 26000 pourront constituer dans les prochaines années, un nouveau facteur de relocalisation.

Témoignages de deux industriels français[modifier | modifier le code]

Deux témoignages d'industriels français permettent de mesurer la manière dont chaque décideur a été convaincu de l'intérêt d'une relocalisation en France quelques années après une délocalisation (Extrait "Liaisons Sociales")

Atol relocalise[modifier | modifier le code]

« La décision de relocaliser relève d’arbitrages entre coûts, qualité, délais, innovation. C’est un choix d’entreprise », note Philippe Peyrard, directeur général de la coopérative d’opticiens Atol (600 salariés). La capacité d’innovation des lunettiers jurassiens a emporté la décision de cet ex-L’Oréal. Peu convaincu par la collection de montures sous-traitée en Chine, « sans saveur », il en a relocalisé la production, un an après, en 2004, en faisant le pari du haut de gamme à Morbier (Jura). La fabrication tricolore a eu son prix : 500 000 euros de manque à gagner en raison du surcoût de la main-d’œuvre, que la hausse du prix des montures de 130 à 135-140 euros n’a pas compensé. Mais elle a été récompensée en 2007 par la trouvaille de la monture interchangeable, vendue… 200 euros. Pas question pour Philippe Peyrard de fanfaronner sur le made in France : « C’est antinomique, dépassé, à l’heure européenne. » Cohérent aussi, car Atol ne sous-traite que 30 % de ses marques propres dans l’Hexagone.

Majencia relocalise[modifier | modifier le code]

« On relocalise par conviction et stratégie entrepreneuriale, pas pour des aides », renchérit Vincent Gruau, directeur du fabricant de mobilier de bureau Majencia, dont le prédécesseur avait transféré à Canton en 2000 la production de 30 000 caissons, amputant le site de Noyon (Oise) de 50 % de la production. Retour en 2006, après « une analyse différentielle, économique, sociale, environnementale".[réf. nécessaire]

Source[modifier | modifier le code]

Toutes les définitions et analyses données dans cette page sont totalement tirées des travaux de E.M. Mouhoud dont la thèse de doctorat d'économie soutenue à l'université de Paris 1 en 1991 a été consacrée à ce thème des relocalisations.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mouhoud E.M., (2008) Mondialisation et délocalisation des entreprises, Repères, La Découverte (nouvelle édition) chapitre 3.
  • Mouhoud E.M. (1993) Changement technique et division internationale du travail, Economica, Coll Approfondissement de la connaissance économique, Paris
  • Mouhoud E.M. (1993) « Entreprise Relocation, North-South Economic Relations, and the dynamics of employment », in The changing course of international Migration, OCDE, Paris, p. 165-174.
  • Mouhoud E.M. (1989) « Les stratégies de relocalisation des firmes multinationales », Revue d’Économie Politique, vol 99, no 1 janv.-fevr. p. 96-122
  • Virginie Gallego, Henri Mahé de Boislandelle, Délocalisation et relocalisation en PME : opportunités et risques Economica, 2011, (ISBN 978-2717860795)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]