Catalogne

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Catalogne
Catalunya (ca)
Catalonha (oc)
Cataluña (es)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Catalogne
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Capitale Flag of Barcelona.svg Barcelone
41° 23′ N, 2° 11′ E
Statut d'autonomie 9 septembre 1932
19 septembre 1979, modifié le
Sièges au Parlement 47 députés
24 (16 élus et 8 désignés) sénateurs
Président Carles Puigdemont (PDeCAT)
Pouvoir législatif Parlement de Catalogne
ISO 3166-2:ES ES-CT
Démographie
Gentilé catalan, catalane (en français)
català, catalana (en catalan)
catalán, catalana (en espagnol)
catalan, catalana (en occitan)
Population 7 522 596 hab. (2016)
Densité 235 hab./km2
Rang 2e rang (16 %)
Langue(s) Catalan, occitan (officielles et propres), espagnol (officielle)
Géographie
Coordonnées 41° 48′ 36″ nord, 1° 28′ 12″ est
Superficie 3 195 000 ha = 31 950 km2
Rang 6e rang (6,3 %)
Fuseau horaire UTC +1 (heure d'été: UTC +2)
Divers
Indicatif téléphonique +34 97-
+34 93 (Barcelone)
Domaine internet .cat[1]
Devise Pas de devise officielle.
Sempre endavant mai morirem (En catalan: Toujours en avant, jamais nous ne mourrons), devise de Notre Dame de la Real[2].
Hymne Els Segadors
Liens
Site web gencat.cat

La Catalogne (en catalan : Catalunya, en occitan : Catalonha, en espagnol : Cataluña) est une communauté autonome et une région historique d'Espagne, régie par un statut d'autonomie. Depuis le , elle est définie comme « réalité nationale » par son statut d'autonomie, mais le préambule de cette loi définit la Catalogne comme nation[3],[4].

Elle est située dans le nord-est de la péninsule Ibérique en Europe du Sud et, selon les définitions, de l'Ouest. Sa capitale et métropole est la ville de Barcelone. Elle est entourée par la Communauté valencienne au sud, l'Aragon à l'ouest, la France au nord, l'Andorre au nord-ouest, et la mer Méditerranée à l'est. Elle couvre une superficie de 31 950 km2 (6 % de la superficie de l'Espagne). Ses langues officielles sont le catalan, l'occitan (dialecte aranais en Val d'Aran) et l'espagnol ou castillan. En 2015, elle comptait 7 508 106 habitants (17 % de la population espagnole), ce qui en faisait la deuxième communauté d'Espagne après l'Andalousie et la dixième subdivision territoriale de premier niveau administratif d'Europe en termes de population. Elle est également la plus peuplée parmi les Pays catalans, ensemble culturel et linguistique qui la lie à la Communauté valencienne, aux îles Baléares et à l'essentiel du département français des Pyrénées-Orientales.

Administrativement, la communauté autonome de Catalogne actuelle est divisée en 42 comarques, regroupées en quatre provinces : Barcelone (Barcelona), Gérone (Girona / Gerona), Lérida (Lleida / Lérida) et Tarragone (Tarragona). Les agglomérations les plus importantes sont celles de Barcelone, par ailleurs deuxième aire urbaine d'Espagne en talonnant de peu Madrid, et de Tarragone.

La Catalogne est née en tant que réalité nationale par la réunion politique de plusieurs comtés de l'ancienne Marche d'Espagne carolingienne entre le IXe siècle et le XIIe siècle sous l'autorité de la Maison de Barcelone. La Principauté de Catalogne ainsi constituée devient progressivement un État à la fin du Moyen Âge, avec ses institutions comme les Corts, son droit hérité du droit romain, wisigothique et féodal et compilé dans les Usatges, ou encore sa langue, le catalan, qui se constitue en langue administrative, juridique et littéraire à partir du XIIe siècle. Par le système politique de monarchie pactiste, la Catalogne conserve ses spécificités et privilèges institutionnels, coutumiers et juridictionnels, appelés constitutions et autres droits, au sein de la Couronne d'Aragon puis du royaume d'Espagne, jusqu'aux décrets de Nueva Planta de 1715 et 1716. Après le mouvement de renouveau de la langue et de la culture catalanes de la Renaixença dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le nationalisme catalan ou « catalanisme » se structure idéologiquement à la fin du XIXe siècle, tandis que la Catalogne est l'une des rares régions d'Espagne à connaître alors une importante Révolution industrielle. De même, le mouvement artistique du Modernisme témoigne de l'ouverture sur l'Europe de la région ainsi que du nouveau rayonnement culturel que connaît ce territoire.

Industrialisée depuis le XIXe siècle, avec les secteurs historiquement dominants du textile, de la construction navale ou de la mécanique auxquels se sont ajoutés à la fin du XXe siècle ceux du tourisme, de l'automobile, de la chimie, de la pharmacie, de l'agroalimentaire ou de l'informatique, la Catalogne est aujourd'hui la communauté autonome la plus riche d'Espagne et la onzième des subdivisions territoriales de l'Union européenne, avec un Produit intérieur brut (PIB) de 255,204 milliards de dollars en 2012[5]. La communauté fait partie depuis 1988 des Quatre moteurs pour l'Europe avec le Land allemand du Bade-Wurtemberg, la région italienne de Lombardie et celle française de Rhône-Alpes (devenue en 2016 de l'Auvergne-Rhône-Alpes), et depuis 2004 de l'Eurorégion (devenue en 2009 un Groupement européen de coopération territoriale ou GECT) Pyrénées-Méditerranée avec les régions françaises du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées (qui ont fusionné en 2016) ainsi que la communauté espagnole des Îles Baléares (auxquelles s'ajoutaient jusqu'en 2006 l'Aragon).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la Catalogne a commencé à être utilisé au XIIe siècle[6] en référence au groupe de territoires qui composaient la Marche d'Espagne, qui sont progressivement devenus indépendants des autorités franques. Différentes théories ont été avancées pour expliquer l'origine de ce toponyme :

  • Une théorie suggère que Catalogne vient de Gothia, la « terre des Goths », depuis que la Marche d'Espagne aurait été l'une des terres des Goths, ce qui aurait dérivé en Gothland et en Gothlandia[7]. Cependant, cette théorie est critiquée[8],[9]. En effet, la fin "-lunya" du nom catalan Catalunya oriente, sur le plan linguistique, vers une expression latine Gotia Longa (ou Gota lonna), soit « Gothie étendue » (jusqu'à Barcelone), autrement dit « Grande Gothie » par opposition à ce qui serait la « petite Gothie » du IXe siècle connue sous le nom de Marquisat de Gothie. Cette interprétation est corroborée par la forte admiration des ancêtres goths entretenue localement pendant les IXe et Xe siècles qui ont vu l'affirmation du Comté de Barcelone.
  • Une autre théorie pointe la Lacetani, une tribu ibère qui vivait dans la région, et dont le nom pourrait avoir évolué en Katelans par métathèse, puis en Catalans[10].
  • Une autre théorie évoque un lien avec le peuple celte des Catalaunes : à l'époque de l'installation des peuples belges au nord de la Seine, au début du IIIe siècle av. J.-C., un rameau des Catalauni, qui occupait la partie sud-est du département de la Marne et le nord de celui de la Haute-Marne, peut-être en liaison avec la migration identique des Volques, se serait établi sur le territoire de l'actuelle Catalogne[11],[12]. Il est toutefois probable que des Proto-Celtes se soient établis dans la région pendant la période de la civilisation des champs d'urnes ou même du Campaniforme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Catalogne.

Du fait de son emplacement, le territoire catalan a été l'objet de nombreuses influences externes, souvent simultanément, depuis les temps préhistoriques jusqu'à la naissance de l'Espagne en tant qu'État, ainsi que de nombreuses circulations d'hommes, d'idées, de savoirs et de techniques. Inversement, il a été lui-même une importante source d'inspiration pour d'autres territoires, principalement durant le Moyen Âge, lorsqu'il est devenu le cœur politique et culturel de la Couronne d'Aragon qui a établi une véritable thalassocratie en Méditerranée occidentale entre le XIIIe siècle et le XVIe siècle et laissé un héritage d'environ 10 millions de catalanophones à ce jour.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les danseurs de Cogul, dans l'actuelle province de Lleida, est l'une des œuvres les plus représentatives d'art levantin.

Les plus anciennes traces de peuplement du territoire catalan actuel remontent à la fin du Paléolithique inférieur et au début du Paléolithique moyen, il y a 250 000 à 550 000 ans. Si les plus anciens vestiges d'une industrie lithique ont été découverts au nord des Pyrénées, dans la Caune de l'Arago (Homme de Tautavel), le plus ancien reste humain au sud est une mandibule de prénéandertalien d'environ 250 000 ans qui a été mise au jour à Banyoles en 1887[13].

Plusieurs gisements importants peuvent être cités pour le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur. En ce qui concerne les sites de l'Épipaléolithique et du Mésolithique, les plus importants gisements conservés sont pour leur part datés entre 8 000 et 5 000 ans av. J.-C., dont de nombreux vestiges d'art rupestre levantin.

Le Néolithique débute en terres catalanes environ 5 800 à 4 500 ans av. J.-C., même si le degré de sédentarisation était nettement inférieur à celui d'autres régions ; en effet, l'abondance de zones boisées permit de maintenir un rôle majeur à la chasse et à la cueillette au sein des activités de subsistance. Quoiqu'il en soit, plusieurs cultures néolithiques vont se développer dans la région : le Cardial (site de La Draga près de Banyoles), la culture des sépultures en fosse montrant des influences du Chasséen (mines de Gavà). Suivent ensuite le Campaniforme au chalcolithique d'environ 3 000 av. J.-C. à environ 2 500 av. J.-C., puis la civilisation des champs d'urnes à l'âge du bronze entre 1 200 et 750 av. J.-C.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Vestiges de l'enceinte d'une ancienne cité ibérique à Ullastret (Baix Empordà, Gérone)

À l'époque pré-romaine, le territoire de Catalogne, comme le reste de la partie méditerranéenne de la péninsule, a été peuplé par les Ibères. D'après les éléments livrés par l'archéologie et les recherches les plus récentes, il semble falloir abandonner l'idée, longtemps défendue par l'historiographie, que les Ibères soient un peuple migrateur venu d'Afrique, mais qu'ils soient le fruit d'apports de population différentes (notamment indo-européennes) ayant fini par développer une culture commune. Les Ibères connaissent un développement qui prend sa source au début du Ier millénaire av. J.-C. et se termine avec la conquête romaine dans le courant du IIe siècle av. J.-C.[14].

En réalité, ce n'est qu'à partir du VIe siècle av. J.-C. que les régions du Nord de l'Ibérie, et surtout la région de la basse vallée de l'Èbre, commencent à prendre plus de visibilité sur le Sud, jusque là favorisé par ses activités minières et ses relations commerciales avec les peuples puniques. Cette région septentrionale, comprenant l'actuel territoire de la Catalogne, jusque là d'un caractère plutôt agricole en regard des territoires du Sud, miniers, connaîtra un développement singulier, avec le développement d'une civilisation proto-urbaine, l'entrée dans l'âge du fer et l'invention d'une écriture. Certaines agglomérations deviennent des cités importantes, notamment Ilerda (Lérida) à l'intérieur des terres, Biscargis (à l'emplacement inconnu mais situé au sud de la Catalogne actuelle ou au nord de la Communauté valencienne), Hibera (peut-être Tortosa) ou Indika (Ullastret). Les Ibères de cette région (dont les principaux peuples sont les Ilergetes, les Indigetes, les Lacetani ou les Cerretains) entretiennent également des relations avec les peuples du Nord de la Méditerranée : Gaulois, Grecs, et plus tard Romains. Des colonies marchandes côtières ont été établies par les anciens grecs qui se sont installés à Emporion (Empúries) et à Roses.

Après la défaite des Carthaginois face à la République romaine en -202, ce territoire est devenu la première région ibérique à passer sous domination romaine en intégrant l'Hispanie, la partie occidentale de l'Empire romain. Tarraco (Tarragone) était l'une des plus importantes cités romaines en Hispanie, et la capitale de la province de Tarraconaise (ou Hispanie citérieure). Les autres cités importantes de la période romaine dans cette région sont Ilerda (Lérida), Dertosa (Tortosa), Gerunda (Gérone) ainsi que les ports d'Empuriæ (ancienne Emporion) et Barcino (Barcelone). Il s'agit de l'une des premières parties de l'empire à se romaniser, entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ier siècle[15]. Comme pour le reste de l'Hispanie, le droit latin est accordé à l'ensemble des cités sous le règne de Vespasien (69-79), tandis que la citoyenneté romaine est accordée à tous les hommes libres de l'empire par l'édit de Caracalla en 212 (Tarraco, la métropole, était déjà une colonie de droit romain depuis -45). C'est une province riche, agricole (huile d'olive, vigne, blé), tandis que la période de la République puis du Haut-Empire romain correspond à la construction de routes (dont la plus importante reste la Via Augusta, parallèle au littoral méditerranéen) et d'infrastructures pour l'irrigation.

Au Bas-Empire, les provinces sont réorganisées en 293 et la Tarraconaise réduite au nord-est de la péninsule, correspondant à un territoire légèrement plus vaste que l'actuelle Catalogne. La christianisation, commencée de manière attestée au IIIe siècle, est achevée au IVe siècle. De plus, il s'agit du seul territoire hispanique à rester sous contrôle romain et à ne pas passer sous la domination des Vandales, des Suèves et des Alains au Ve siècle, bien que les principales cités y ait subi des pillages fréquents qui provoquent une certaine désurbanisation (à commencer par le déclin de Tarraco ou la destruction d'Empuriæ). Un repli défensif s'opère vers les grands domaines latinfundiaires de la vallée de l'Èbre ou vers les montagnes. C'est l'installation dans cette région d'un peuple barbare fédéré à Rome, les Wisigoths, qui contribue au maintien d'une certaine stabilité.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Comtés catalans du VIIIe au XIIe siècle.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident, la région est l'un des principaux foyers d'installation des Wisigoths et l'un des points de départ de leur conquête d'une grande partie du reste de la péninsule ibérique. Ils contribuent à ramener une stabilité et un essor économique, ainsi qu'au développement de nouveaux centres urbains qui existaient déjà à l'époque romaine mais qui étaient jusque là d'importance secondaire, à commencer par Barcino ou Barcelone. Celle-ci sert d'ailleurs de capitale au Royaume wisigoth en 415, de 507 à 510 et de 531 à 548. En 718, elle est passée sous contrôle musulman et est devenue une partie de Al-Andalus, une province du Califat omeyyade.

Ensemble de comtés qui forment la Marche d'Espagne de l'empire carolingien depuis la conquête par Charlemagne (785-801), la Catalogne naît au IXe siècle. De là, en contact direct avec les territoires restés sous domination musulmane, elle devient l'un des foyers de la Reconquista ainsi que l'une des interfaces des échanges commerciaux, culturels, scientifiques et techniques qui s'établissent entre les mondes arabo-musulmans et chrétiens. De nombreuses abbayes sont fondées entre le IXe siècle et le XIIe siècle tandis que dans les cités les sièges épiscopaux sont restaurés, formant de riches seigneuries ecclésiastiques ainsi que d'importants foyers artistiques et intellectuels. Ces centres religieux contribuent à une importante diffusion de l'Art roman en Catalogne (abbayes de Ripoll ou de Montserrat, collégiale de Cardona, cathédrale de Gérone) ainsi qu'à l'entretien de riches bibliothèques nourries d'ouvrages antiques, wisigothiques et arabes. C'est là que le philosophe et mathématicien Gerbert d'Aurillac (futur pape sous le nom de Sylvestre II) est formé et apprend, entre autres, le maniement du système de numération décimal (sans le zéro) indo-arabe[16],[17]. Sa langue, le catalan, très proche au Moyen Âge de l'occitan, se développe à partir du IXe siècle.

Le « père fondateur » de la Catalogne serait Guifred le Velu, nommé comte de Barcelone en 878 au Concile de Troyes. Guifred le Velu est l'ancêtre de la dynastie de Barcelone, qui construit peu à peu l'État catalan autour du comté de Barcelone, notamment en rejetant la suzeraineté des rois francs considérés de plus en plus comme incapables de remplir leur rôle de protecteurs (comme en témoigne la prise de Barcelone en 985 par les troupes maures d'Almanzor sans que le roi Lothaire, pourtant appelé à l'aide par le comte Borrell II, n'intervienne). Ces comtés sont également parmi les lieux de naissance du mouvement de Paix de Dieu à la fin du Xe siècle et surtout de Trêve de Dieu qui en découle au XIe siècle, ainsi que de leur institutionnalisation sous le contrôle des Églises locales et de leurs prélats (évêques et abbés réformateurs)[18],[19],[20]. La pratique de ces « assemblées de paix » (reprise ensuite à travers les corts) autant que le maintien d'une forte culture juridique de l'écrit (incarnée par l'établissement d'accords ou convenientiae) vont constituer les bases de cet État catalan en construction.

En 1137, le comte de Barcelone épouse l'héritière du royaume d'Aragon. À ce moment naît la Couronne d'Aragon qui développe un mode d'administration original, très décentralisé pour répondre aux fortes différences tant politiques qu'économiques et linguistiques des deux parties de la Couronne, le Royaume d'Aragon et la Principauté de Catalogne.

La Couronne d'Aragon atteint son apogée avec la conquête du royaume de Valence et le développement de son influence en Méditerranée : les souverains d'Aragon prennent possession de la Sicile, du royaume de Naples et temporairement de la Sardaigne et de la Corse dont ils sont à l'origine du drapeau à tête de maure. Les almogavres, mercenaires catalans, vont créer un éphémère duché en Grèce. Cette expansion explique l'usage de la langue catalane de nos jours au Pays Valencien, aux Baléares et dans un bourg de Sardaigne, Alghero. Devenue une véritable thalassocratie, cet ensemble catalano-aragonais joue un rôle de premier plan dans l'essor économique et commercial connu par l'Occident chrétien aux XIIe siècle et XIIIe siècle, porté par le commerce maritime et les activités textiles, contribuant au développement des villes (dont surtout Barcelone mais aussi Gérone, Tarragone, Lérida ou Tortosa) et à l'affirmation d'une nouvelle élite urbaine faite de marchands, négociants ou tisserands, la bourgeoisie.

La frontière avec la France est fixée par le traité de Corbeil de 1258, après l'échec de l'intervention aragonaise lors de la Croisade des Albigeois. Le Roussillon et le nord de la Cerdagne sont alors inclus dans la Catalogne historique. En 1283, la Principauté de Catalogne a célébré l'officialisation d'un Cort General (le parlement) régulier, qui a approuvé les constitutions catalanes et, en 1359, a créé la Députation du General (ou Generalitat), consolidant ainsi le système de gouvernement de la monarchie pactiste ou contractuelle, qui caractérise la Catalogne jusqu'à l'établissement de l'absolutisme au XVIIIe siècle. Par ailleurs, les comtes et les Corts ont lancé la compilation, à partir du XIIe siècle, de l'ensemble des us et coutumes qui forment les Usatges de Barcelone, la base du droit catalan.

La Catalogne amorce son déclin avec la Peste noire de 1348 qui touche durement les principales cités de la principauté (à commencer par Barcelone), ainsi qu'à la disparition du roi Martin Ier d'Aragon, le Vieux, dernier souverain de la maison de Barcelone, mort sans héritier en 1410. Pendant trois siècles, les catalans se rebellent à de nombreuses reprises pour défendre leurs droits face à un pouvoir castillan de plus en plus expansionniste et cherchent à échapper à l'effort militaire de l'empire espagnol.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Partition de la Catalogne (1659).

Quatre événements se détachent :

  • En 1410, une guerre de succession éclate. La dynastie castillane des Trastamare soutenue par le pape, l'Aragon et la Castille, s'impose.
  • En 1462, une rébellion se produit contre Jean II d'Aragon. À cette occasion, le Roussillon et la Cerdagne sont donnés en gage au roi de France Louis XI qui les occupe militairement.
  • En 1640 éclate la révolte des Faucheurs (Segadors). Les catalans s'opposent au très centralisateur ministre Olivares qui veut supprimer leurs privilèges locaux pour les faire participer à l'effort de guerre, jusque là supporté seul par la Castille. Les Catalans révoltés proclament dans un premier temps une république catalane, puis font appel à Louis XIII, proclamé comte de Barcelone. Par le traité des Pyrénées son fils Louis XIV conclut avec le roi d'Espagne une partition de la Catalogne. Le Roussillon, le Vallespir, le Conflent et le nord de la Cerdagne rejoignent le royaume de France, tandis que le reste de la principauté, reconquis progressivement par le roi d'Espagne entre 1644 et 1652, se voit reconnaître le respect des lois et institutions catalanes. Els Segadors (Le chant des Faucheurs) est l'hymne national officiel catalan.
  • La guerre de Succession d'Espagne s'achève le par la prise de Barcelone par les troupes franco-espagnoles. La Catalogne avait choisi le camp de la maison des Habsbourg contre celle des Bourbons. Cette défaite est à l'origine de la fête nationale de la Catalogne (Diada Nacional de Catalunya). La nouvelle dynastie affirme l'instauration d'une monarchie absolue et centralisée, le décret de Nueva Planta du abolissant les usages, la Cort General et les autres institutions ou fors de la principauté, mettant fin de fait à son indépendance. La Catalogne sort brisée et soumise de cette épreuve et il faut attendre plus d'un siècle pour assister à sa renaissance.

L'union dynastique avec la Couronne de Castille en 1479 mais surtout les conséquences de la guerre des faucheurs de 1640-1659, de la prise de Barcelone le par les forces franco-castillanes de Philippe V de Bourbon, des guerres carlistes au XIXe siècle ou de la dictature nationaliste et centralisatrice de Francisco Franco entre 1939 et 1975 ont fortement diminué le rôle politique et culturel joué par la Catalogne en Espagne et en Europe.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Elle est annexée à l'Empire français par Napoléon Ier du 26 janvier 1812 au 10 mars 1814 et divisée en quatre départements. Elle s'industrialise rapidement au XIXe siècle, et entre ensuite dans l'ère industrielle avec beaucoup plus de dynamisme que la plupart des autres territoires espagnols. Le développement économique entraîne une assez forte urbanisation comme l'atteste l'extension planifiée de Barcelone (Eixample), mais aussi le renouveau culturel de la Catalogne (la Renaixença) et un retour des revendications linguistiques et nationalistes catalanes (le catalanisme). Au tournant du XXe siècle, la Catalogne est l'un des pôles de développement de l'Art nouveau, qui y prend le nom de modernisme catalan, marqué par les productions d'architectes (Antoni Gaudí, Lluís Domènech i Montaner, Josep Puig i Cadafalch), de peintres (Ramon Casas, Santiago Rusiñol), de sculpteurs (Eusebi Arnau, Josep Llimona) et de revues proches du milieu catalaniste (L'Avenç). Cette effervescence culturelle culmine avec les expositions universelles qui se tiennent à Barcelone en 1888 puis en 1929-1930. Par la suite, d'autres acteurs majeurs de la scène artistique internationale au XXe siècle se sont formés ou se sont implantés fortement en Catalogne, comme Pablo Picasso, Salvador Dalí, Joan Miró ou Antoni Tàpies. Sur le plan musical, peuvent être cités Pablo Casals ou les artistes lyriques José Carreras et Montserrat Caballé.

Proclamation de la République à Barcelone, 14 avril 1931.

En 1914, les partis catalanistes ont gagné la création de la Mancommunauté de Catalogne, sans autonomie spécifique, mais avec un ambitieux programme de modernisation. Elle est abolie en 1925 par la dictature espagnole de Miguel Primo de Rivera. En 1931 est proclamée la République catalane confédérée à l'Espagne à la suite de la victoire électorale des partis catalanistes de gauche et obtient en échange, après négociation avec le nouveau gouvernement de la République espagnole, un statut d'autonomie en 1932 qui ressuscite l'institution de la Généralité de Catalogne (en catalan : Generalitat de Catalunya), présidée par l'indépendantiste de gauche Francesc Macià. Sous la présidence de Francesc Macià (1931-1933) et Lluís Companys (1933-1940), tous deux membres de la Gauche républicaine de Catalogne (en catalan : Esquerra Republicana de Catalunya, ERC), la Géneralité développe un programme social et culturel avancé. Ce statut est suspendu en 1939 lorsque la Catalogne, fidèle à la République, se soumet aux troupes nationalistes de Franco durant la guerre d'Espagne. En 1940, le président catalan, Lluís Companys, est arrêté en France par les nazis et exécuté par le régime franquiste.

Manifestation indépendantiste de 2012 à Barcelone.

Après la dictature franquiste, avec le retour de la démocratie, la Généralité de Catalogne est rétablie en 1977 avec le retour d'exil de son président Josep Tarradellas. Celui-ci occupe le poste par intérim jusqu'aux élections de 1980, qui voient Jordi Pujol, souverainiste catalan de centre-droit, plusieurs fois emprisonné sous la dictature franquiste, être élu président de la Généralité. Il occupe ce poste pendant six mandats consécutifs. La transition démocratique permet l'expression libre des idées catalanistes et la restauration d'institutions autonomes. Une forte effervescence économique et sociale s'ensuit, portée par le tourisme de masse, l'urbanisme innovant de Barcelone qui devient le lieu d'expression d'architectes à la renommée internationale ou les Jeux olympiques d'été de 1992.

La crise économique et du logement de la fin des années 2000 et du début des années 2010 ainsi que la décision du Tribunal constitutionnel espagnol d'invalider plusieurs dispositions du statut d'autonomie entraînent d'importantes tensions sociales et politiques en Catalogne de même qu'entre la communauté et le gouvernement central. Cela aboutit à la montée du Mouvement des Indignés et de l'indépendantisme catalan, caractérisé par la victoire de la liste Barcelona en comú de la gauche radicale et écologiste aux élections municipales de 2015 à Barcelone, permettant l'accession au poste de maire de l'activiste Ada Colau, et par celle de l'alliance indépendantiste Junts pel Sí aux élections au Parlement de Catalogne de la même année. Une Déclaration sur le lancement du processus d'indépendance de la Catalogne est adoptée par le Parlement de Catalogne le .

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique du système pyrénéen, comprenant le territoire de la Catalogne.

Avec une superficie de 31 950 km2, la Catalogne est la sixième communauté la plus étendue d'Espagne. Offrant une certaine diversité de biotopes et de paysages qui ont été forgés par des conditions géologiques, hydrographiques, climatiques et anthropiques particulières, le territoire catalan est constitué en 2009 à 40 % de forêts, à 29,1 % de sols cultivés, à 16,3 % de matollars (garrigues), à 6,2 % de zones urbanisées, à 5,3 % de prairies, à 2,5 % de nu naturel et à 0,6 % d'eaux continentales[21].

Situation[modifier | modifier le code]

La Catalogne est bordée par la mer Méditerranée au sud (mer des Baléares) et à l'est (golfe du Lion), bordant les littoraux touristiques de la Costa Brava, de la Costa del Maresme et de la Costa Daurada. Au nord, les Pyrénées constituent une frontière naturelle avec la France (région Occitanie) et l'Andorre. Les autres communautés autonomes espagnoles d'Aragon et de la Communauté valencienne la bordent respectivement à l'ouest et au sud, tandis que les îles Baléares sont situées au large de ses côtes en mer Méditerranée.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Découpage morpho-structurel de la Catalogne :
  •      Pyrénées
  •      Pré-Pyrénées
  •      Dépression centrale catalane
  •      Petits relief de la dépression centrale

La Catalogne a une diversité géographique remarquable, compte tenu de la taille relativement petite de son territoire. Elle est conditionnée par la côte méditerranéenne, à l'est, avec 580 km de côtes, les grandes unités de relief issues des Pyrénées, au nord, et le bassin hydrographique de l'Èbre, au sud.

Le relief catalan présente ainsi environ trois unités structurantes[22] :

Besiberri : paysage typique des Pyrénées catalanes avec petit lac et vallée suspendue.

Les Pyrénées catalanes représentent près de la moitié orientale de la longueur des Pyrénées car elles s'étendent sur plus de 200 km, du massif du Besiberri à celui des Albères au cap de Creus. Le point culminant de la Catalogne, qui se trouve au nord de la région de Pallars Sobirà, sur la frontière franco-espagnole dans les Pyrénées centrales, est la Pique d'Estats (3 143 m), suivi du Comaloforno (3 033 m, parfois considéré par les Catalans comme le véritable point culminant car n'étant pas frontalier), du Puig Pedrós (2 915 m), du Pic de Médécourbe (2 914 m) et du Puigmal (2 910 m). Les paysages pyrénéens sont marqués par l'absence de grands lacs, comparativement au massif des Alpes par exemple, la rareté et l'altitude élevée des cols ainsi que des vallées orientées du nord vers le sud toutefois moins escarpées que leurs homologues françaises[23]. Se différenciant des Pyrénées axiales, les pré-Pyrénées sont des formations de montagnes parallèles, mais avec des altitudes plus basses, moins raides et dont la formation géologique est différente. Parmi ces chaînes piémontaises catalanes figurent les massifs de Montsec, Boumort, Port del Comte, du Cadi, de Moixeró, Pedraforca ou Catllaràs.

Le Pla de Bages et Montserrat.

Plus au sud, le système méditerranéen catalan repose sur deux cordillères sensiblement parallèles à la côte, orientées du nord-est, où elles s'appuient sur les contreforts pyrénéens par le biais d'une cordillère transversale (sommets volcaniques de la Garrotxa), vers le sud-ouest, où elles font le lien avec le système ibérique de l'autre côté de la basse-vallée de l'Èbre par le massif de transition que sont les ports de Tortosa-Beseit. Ce système comprend alors la cordillère littorale à l'est, d’une part, et la cordillère pré-littorale, davantage à l'intérieur des terres, d’autre part. La cordillère littorale, qui va de la plaine de l'Empordà au nord-est jusqu'à Tarragone au sud-ouest, est de moindre longueur et d’altitude plus basse que celle pré-littorale, qui s'étend de la cordillère transversale de la Garrotxa jusqu'à Montsià. Leurs points culminants respectifs sont le Montnegre (763 m) et le mont de l'Homme dans le massif du Montseny (1 712 m), tandis que Montserrat est l'un des massifs les plus représentatifs de ce système. Au sein de cet ensemble, se trouve une série de faibles reliefs comprenant les plaines littorales dominées par les versants orientaux de la cordillère littorale, relativement étroites mais s'élargissant au nord dans la plaine de l'Empordà, et une dépression pré-littorale, fosse tectonique séparant les deux cordillères (vallées du Vallès Oriental et Occidental, du Haut et Bas Penedès). La plaine de la Selva sépare pour sa part la côte des cordillères littorales, pré-littorales et transversales. Le système est coupé en deux approximativement en son milieu par la vallée du Llobregat[24]. Fortement artificialisée du fait de l'étalement urbain des agglomérations barcelonaises, tarragonaises et gironines, mais aussi en raison du tourisme de masse sur les plaines littorales (Costa Daurada, Costa del Maresme et Costa Brava), cette partie du territoire catalan est également occupée par plusieurs régions viticoles.

Enfin, occupant une grande partie de l'arrière-pays catalan, la dépression centrale catalane est une plaine située entre les Pyrénées au nord et la cordillère pré-littorale à l'est et au sud. Le sud de la province de Lérida (le Ponent) et le centre de celle de Barcelone (les Comarques centrales) occupent ce territoire. Il s'agit d'une vaste plaine dont l'altitude varie entre 200 et 600 mètres. Le bassin sédimentaire et les eaux qui descendent des Pyrénées, qui forment la partie nord-orientale du réseau hydrographique de l'Èbre, ont créé un terreau fertile pour les terres agricoles, renforcé par la construction de nombreux canaux d'irrigation, tout en servant à la production hydroélectrique.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Presque toute la Catalogne appartient au bassin méditerranéen. Le réseau hydrographique catalan comprend deux grands bassins versants qui descendent tous deux vers la mer Méditerranée : celui occidental ou de l'Èbre, alimenté par de nombreux affluents (le Sègre, long de 245 km2 en Catalogne) ou sous-affluents (la Noguera Pallaresa, la Noguera Ribagorzana) à régime nival descendant suivant un axe nord-sud des Pyrénées jusqu'au fleuve sur son versant septentrional, le tout s'etendant sur 15 635 km2 en soit 48,72 % de la superficie catalane (et représentant 18,27 % de la totalité du bassin de l'Èbre)[25] ; et celui oriental dit des bassins internes de Catalogne constitués de plusieurs petits fleuves côtiers (le Ter long de 208 km, le Llobregat de 170 km), couvrant une superficie de 16 600 km2 soit près de 52 % du territoire de la communauté autonome. Par ailleurs, le bassin de la Garonne, qui pour sa part se jette dans l'océan Pacifique, ne couvre que 1,73 % du territoire catalan dans les Pyrénées au nord.

Le bassin occidental est le plus important, apportant une moyenne de 18 700 hm3 par an, tandis que le bassin oriental ne fournit qu'une moyenne de 2 020 hm3 par an. Ce déséquilibre est dû aux forts débits fournis par l'Èbre, fleuve le plus long et le plus puissant de la péninsule ibérique, et l'un de ses principaux affluents, le Sègre. Irriguant l'essentiel de la dépression centrale catalane ainsi que le delta de l'Èbre au sud de la communauté, ce bassin occidental a grandement contribué au développement de l'agriculture depuis le Néolithique, tandis que c'est là qu'ont été construits l'essentiel des barrages hydroélectriques de Catalogne, dans les contreforts ou basses vallées du piémont pyrénéen. La Catalogne est, en outre, relativement riche en eaux souterraines, mais là-encore les inégalités sont importantes entre les comarques, étant donné la structure géologique complexe du pays. Dans les Pyrénées catalanes et leurs piémonts persistent plusieurs lacs glaciaires. Le plus important lac naturel de Catalogne est toutefois d'origine karstique, à savoir celui de Banyoles dans le Pla de l'Estany au nord-est (111,7 ha).

La côte catalane est presque rectiligne, d'une longueur de plus de 500 km et avec peu d'accidents géographiques, les plus importants restant le cap de Creus et le golfe de Roses au nord ; le delta de l'Èbre au sud ; les deux segments de la cordillère littorale où celle-ci plonge directement dans la mer, l'un entre L'Estartit et la ville de Blanes sur la Costa Brava, et l’autre au sud de la comarque de Garraf.

Climat[modifier | modifier le code]

La Catalogne est essentiellement soumise à un climat méditerranéen tempéré par sa latitude au sein de l'hémisphère nord. Les zones les plus densément peuplées sur le littoral des provinces de Tarragone, Barcelone et Gérone sont les plus représentatives de ce domaine climatique (étés très chauds et secs, printemps et automnes plus humides et pluvieux, hivers doux). Toutefois, en raison de la topographie variée, ce climat développe de nombreuses caractéristiques particulières selon les endroits, en étant notamment soumis à une influence montagnarde (avec plus de précipitations et des températures moyennes qui baissent avec l'altitude, pouvant se diviser entre une influence de moyenne montagne dans l'essentiel de la Cordillère pré-littorale et du piémont pyrénéen, avec moins de neige, et de haute montagne dans la plupart des massifs pyrénéens, la Cordillère transversale et quelques ilots dans la Cordillère pré-littorale) et continentale (sec la moitié de l'année, forte amplitude thermique entre les saisons) dans la partie occidentale de la dépression centrale. Par ailleurs, deux autres domaines climatiques s'étendent dans des parties plus réduites du territoire de la Communauté : un climat alpin (basses températures et neige en hiver, fortes précipitations) sur les plus hauts sommets des Pyrénées le long de la frontière avec la France au nord, un climat océanique (très pluvieux, froid et humide) dans le versant supérieur du bassin de la Garonne correspondant au val d'Aran[26].

L'église Sant Climent de Taüll, qui est située au pied des Pyrénées.

De ce fait, les températures moyennes annuelles peuvent varier assez fortement selon les endroits, allant de 0 °C dans les Pyrénées à 17 °C dans le delta de l'Èbre. Les températures les plus extrêmes jamais enregistrées sont montées jusqu'à 43 °CLérida et Igualada en ou encore Montblanc le ), et descendues jusqu'à −32 °C (au lac Gento à 2 030 m d'altitude dans les Pyrénées en ). En règle générale, l'intérieur de la Catalogne est très chaud et sec en été, subissant par ailleurs un effet de foehn causé par les Pyrénées. La température peut atteindre 35 °C, voire 40 °C. En revanche, les nuits sont plus froides que sur la côte, avec des températures de l'ordre de 14 °C à 16 °C. Dans les régions littorales, la température maximale moyenne est d'environ 25 à 30 °C[27].

Image satellite de la Catalogne prise après l'épisode neigeux exceptionnel des 7 et .

De même, pour les précipitations, la Catalogne peut être divisée en deux régions :

  • la Catalogne humide, comprenant les Pyrénées, le piémont et quelques massifs de la Cordillère pré-littorale, où la pluviométrie dépasse 700 mm par an. L'été est notamment la saison la plus humide dans les vallées pyrénéennes avec de fréquentes tempêtes, mai et juin étant les mois connaissant les précipitations les plus abondantes, tandis qu'il neige souvent dans les Pyrénées, y compris à basse altitude, même à proximité de la côte. De plus, le brouillard n'est pas rare dans les vallées et les plaines, il peut être particulièrement résistant et être accompagné par des périodes de bruine verglaçante au cours de l'hiver près de la Sègre et d'autres vallées de rivières ;
  • la Catalogne sèche, correspondant au reste du territoire (littoral, collines et moyennes montagnes, dépression centrale), où les précipitations sont inférieures à 700 mm par an, et où les saisons les plus pluvieuses sont le printemps et surtout l'automne.
Nuages caractéristiques de la Tramontane sur Requesens et le puig Neulós dans le massif des Albères.

Le vent dominant, comme dans une grande partie de l'Europe, est le ponant ou vents d'ouest, venant de l'océan Atlantique et de l'anticyclone des Açores. Par ailleurs, tant au nord qu'au sud peuvent dominer des vents de couloir plus puissants, froids et secs venant du nord générés par l'effet Venturi et le passage de massifs montagneux, que ce soit la Tramontane soufflant du nord surtout dans la plaine de l'Empordà, ou le Mistral (d'une autre origine que le Mistral français, causé par des perturbations des vents dominants traversant les Pyrénées et la basse vallée de l'Èbre entre les Cordillères ibériques et pré-littorales catalanes) venant du nord-ouest dans le delta de l'Èbre. S'y ajoutent des vents plus irréguliers comme les brises de mer (Marinada) ou de montagne ainsi que le foehn. Les vitesses moyennes annuelles du vent (à 10 m du sol) vont de 1 m/s à Vielha dans le val d'Aran (protégée par les montagnes environnantes) jusqu'à 10 m/s à Portbou (où l'observatoire se situe au sommet d'une montagne)[28].

Enfin, l'ensoleillement est étroitement lié à la nébulosité et non à la pluviométrie à proprement parler. Cette insolation se situe en Catalogne entre 2 000 et 2 600 h annuelles[29].

Biodiversité, pressions anthropiques et protection de la nature[modifier | modifier le code]

Le parc national d'Aigüestortes et lac Saint-Maurice.

La variété des substrats géologiques, des sols, des conditions climatiques, d'altitudes ou de distance par rapport à la mer a permis le développement d'une biocénose assez diversifiée, offrant un échantillon représentatif à petite échelle des paysages ouest et sud européens. Il y a plus de 600 types d'habitats naturels et semi-naturels. La faune et la flore présentent un relativement faible taux d'endémisme, avec une majorité d'espèces se trouvant en d'autres endroits d'Europe, tout particulièrement dans le domaine méditerranéen. Toutefois, si 65 % de la Communauté autonome sont peu ou pas artificialisés, la Catalogne est également très vulnérable aux pressions anthropiques auxquelles elle est soumise.

En effet, plus de 7 millions de personnes, soit la quasi-totalité de la population catalane, sont concentrées dans 30 % du territoire principalement dans les plaines littorales. À l'agriculture intensive, à l'élevage et aux activités industrielles se sont ajoutés un afflux touristique massif - plus de 20 millions de visiteurs annuels -, un taux d'urbanisation voire de métropolisation important qui a entraîné un fort étalement urbain - les deux tiers des catalans habitent dans l'aire urbaine de Barcelone, tandis que la proportion de sols urbanisés est passée de 4,2 % en 1993 à 6,2 % de la totalité du territoire catalan en 2009, soit une croissance de 48,6 % en seize ans[21] - et un réseau dense d'infrastructures de transports. Ceci s'accompagne d'une certaine déprise agricole (baisse de −15 % de l'ensemble des espaces cultivés en Catalogne entre 1993 et 2009) et d'une menace pour les milieux naturels, surtout pour les matollars (−1,3 % sur la même période)[21]. Les activités humaines ont également mis certaines espèces animales en péril, voire ont entraîné leur disparition du territoire, comme pour le loup gris et probablement l'ours brun des Pyrénées. La pression créée par ce modèle de vie fait que l'empreinte écologique du pays dépasse, et de plus en plus, la superficie administrative de la Communauté[30].

Face aux problématiques ainsi posées, les autorités ont initié plusieurs mesures ou institutions ayant pour protéger les écosystèmes naturels. Ainsi, en 1990, le gouvernement catalan a créé le Conseil de rotection de la nature (Consell de Protecció de la Natura), un organe consultatif ayant pour but d'étudier, de protéger et de gérer les milieux naturels et paysages de Catalogne. Par ailleurs, la Généralité a également lancé un Plan d'espaces d'intérêt naturel (Pla d'Espais d'Interès Natural ou PEIN) en 1992 tandis que dix-huit espaces naturels de protection spéciale (Espais naturals de protecció especial ou ENPE) ont été institués, avec un seul parc national, celui d'Aigüestortes et lac Saint-Maurice, quatorze parcs naturels de Catalogne - des Hautes-Pyrénées (Alt Pirineu), des marais de l'Empordà, de Cadí-Moixeró, du Cap de Creus, des sources du Ter et du Freser, de Collserola, du delta de l'Èbre, des Ports, du Montgrí, îles Medes et bas-Ter, du Montseny, de Montserrat, de Sant Llorenç del Munt et de l'Obac, de la Serra de Montsant et de la zone volcanique de la Garrotxa - ainsi que trois endroits naturels d'intérêt national (Paratge natural d'interès nacional ou PNIN) - le Pedraforca, le bois de Poblet et les Albères.

Le territoire catalan offre donc une forte diversité de milieux et de paysages, particulièrement impactés par les activités humaines, liées à un réseau dense d'infrastructures de transports et de communication.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

De par sa situation, sa topographie et son histoire, la Catalogne est une des régions de la péninsule ibérique les plus ouvertes sur le reste de l'Europe et du monde, s'appuyant sur des réseaux de communication terrestres, maritimes et aériens relativement denses. Les réseaux sont essentiellement organisés en étoile autour de Barcelone, tandis que l'axe tracé par l'antique Via Augusta romaine le long de la côte méditerranéenne reste d'une importance majeure dans l'organisation des transports terrestres (routiers et ferroviaires) catalans mais aussi à l'échelle européenne (route européenne 15 ou E15, lignes à grande vitesse ou LGV de la Renfe-SNCF en Coopération).

Voies routières
L'AP-7 à Mollet del Vallès, au nord de Barcelone.

Le réseau routier, centralisé vers Barcelone, s'étend sur environ 12 000 km, dont 1 648,5 km d'autoroutes ou voies express à grande capacité (689 d’autopistes, presque entièrement à péage, 769,5 d’autovies majoritairement gratuites, 104 de routes dédoublées totalement gratuites et 86 de voies préférentielles payantes à une seule chaussée)[31],[32].

Les acteurs de son aménagement sont la Généralité de Catalogne (qui a autorité sur 5 600 km de routes, soit un peu moins de la moitié du réseau[33]), les Députations provinciales (compétentes pour 4 400 km de voies, soit plus du tiers du réseau), l'État (à travers le ministère de l'Équipement du gouvernement central espagnol, qui est titulaire de 1 955 km de routes en Catalogne, soit environ 1/6 du réseau).

La principale autoroute, l'AP-7, est aussi connue sous le nom d’Autopista de la Mediterrània. Elle traverse toute la Communauté en suivant la côte à l'est, depuis la frontière française (col du Perthus), où elle est reliée à l'autoroute A9 La Catalane et au reste de la route européenne 15 (E15, Inverness-Algésiras), et s'étend au-delà vers le sud (Communauté valencienne, région de Murcie et Andalousie). L'AP-2 et l'A-2, surnommées respectivement Autopista et Autovia del Nord-est, relient Barcelone et l'intérieur de la Catalogne (Lérida) à Saragosse et, au-delà, à Madrid.

Transports ferroviaires
Carte schématique du réseau des trains Renfe-SNCF en Coopération gérés par Elipsos, en .

L'organisation du réseau ferroviaire catalan suit principalement celle du réseau routier. En effet, là-encore le poids du carrefour barcelonais s'impose, les principales lignes convergeant vers la capitale tandis que son agglomération est elle-même parcourue par de nombreux trains de banlieue appelés Rodalies ainsi que par l'unique métro de Catalogne (le deuxième plus étendu d'Espagne). De même, les liaisons entre la frontière française au nord-est et celle avec la communauté valencienne au sud-ouest, en suivant la ligne de côte, forment un axe particulièrement important et fréquenté. Le réseau s'étend sur 1 600 km[34].

Train AVE 394 Barcelone-Séville, passant à près de 300 km/h dans la province de Lérida.

Il s'agit d'un réseau ancien, puisque la Catalogne, compte tenu de la précocité de son industrialisation, a vu la première construction de chemins de fer dans la péninsule Ibérique, en 1848, avec la liaison entre Barcelone et Mataró. Environ 80 % des axes de chemin de fer actuels ont été tracés au XIXe siècle. Pour sa part, le développement de la grande vitesse est légèrement plus tardif que dans les communautés castillanes ou andalouses. Ainsi, si la première ligne à grande vitesse (LGV) espagnole a été inaugurée entre Madrid et Séville en 1992, les trains express appelés AVE desservent Lleida depuis 2002, Tarragone à partir de 2006 et Barcelone depuis le , réduisant alors le trajet entre la capitale espagnole et la métropole catalane à deux heures trente environ. Pour autant, il s'agit du premier territoire ibérique à être relié au reste de l'Europe par le train à grande vitesse, depuis la première liaison rapide réalisée entre Perpignan et Figueras en 2010, traversant les Pyrénées par un tunnel de 8 km de long sous le col du Perthus, et le raccordement de cette ligne au reste du réseau à grande vitesse espagnol par l'inauguration de la LGV Barcelone-Figueras en 2013. Cette dernière ligne doit être prolongée en une nouvelle LGV littorale, appelée « corridor méditerranéen », pour relier vers le sud-ouest Valence et Alicante dans la Communauté valencienne, Murcie dans la région de Murcie et Almería, Grenade, Malaga et Algésiras en Andalousie. Ce projet, initié dès les années 1980 et qui créerait ainsi le premier axe ferroviaire à grande vitesse espagnol ne passant pas par Madrid, a connu de nombreux retards dans sa réalisation[35].

Les compagnies de chemins de fer actives en Catalogne sont les Ferrocarrils de la Generalitat de Catalunya (FGC), pour les chemins de fer appartenant à la Généralité de Catalogne, et la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui opère des trains seule ou en coopération avec la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) pour les LGV transfrontalières.

Transports aériens
Tour de contrôle de l'aéroport de Barcelone.

La plate-forme de correspondance du réseau aérien catalan est l'aéroport international de Barcelone-El Prat (BCN), situé dans la commune de El Prat de Llobregat et la banlieue sud-est de Barcelone. Propriété de l'État espagnol et géré par ENAIRE, il sert de hub pour les compagnies à bas prix Vueling et Level, ainsi que de base majeure pour Iberia, Air Europa, Air Nostrum, EasyJet, Norwegian Air International et Ryanair. Avec 44 131 031 passagers en 2016, il est le deuxième aéroport d'Espagne et de péninsule ibérique derrière l'aéroport Adolfo-Suárez de Madrid-Barajas, le septième d'Europe et le 33e au monde[36]. En se limitant aux seuls passagers internationaux (32 316 655 en 2016), il reste toujours le deuxième aéroport d'Espagne mais en réduisant son écart avec Madrid-Barajas, est le neuvième d'Europe et le 17e mondial[37]. Un aérodrome servant uniquement à l'aviation générale se trouve également dans l'aire métropolitaine barcelonaise, à Sabadell (QSA).

Les trois autres capitales provinciales et grandes agglomérations catalanes disposent également de leurs aéroports internationaux : l'aéroport de Gérone-Costa Brava (GRO) au nord-est qui, grâce à l'implantation de Ryanair qui en a fait l'une de ses bases majeures, a vu sa fréquentation fortement augmenter augmenter au cours des années 2000 au point de devenir, avec un pic à 5,5 millions de passagers en 2008, retombé à 1,7 millions en 2016, le deuxième aéroport de Catalogne[38] ; l'aéroport de Reus (REU) au sud-ouest, près de Tarragone, qui dessert la Costa Daurada et l'important complexe de loisirs PortAventura World avec des vols internationaux essentiellement saisonniers ; l'aéroport de Lleida-Alguaire (ILD) à Alguaire près de Lérida à l'ouest, qui est le seul de ces aéroports internationaux à ne pas être une propriété étatique mais à appartenir à la Généralité de Catalogne. Enfin, un aéroport essentiellement domestique, celui d'Andorre–La Seu d'Urgell (LEU), également propriété de la Généralité de Catalogne, dessert autant les Pyrénées catalanes que la principauté d'Andorre, avec quelques liaisons internationales avec la France ou le Portugal.

Transports maritimes
Trois bateaux de croisière amarrés à Barcelone en 2012.

La Catalogne est, depuis le Moyen Âge, bien intégrée dans les réseaux maritimes internationaux. Le port de Barcelone est un port industriel, commercial et touristique d'importance mondiale. Avec 1 950 000 EVP en 2015, il s'agit du premier port à conteneurs de Catalogne, le troisième d'Espagne après ceux de Valence dans la Communauté valencienne et d'Algésiras en Andalousie, le 9e de mer Méditerranée, le 14e européen et le 68e mondial[39]. Mais il s'agit surtout du sixième plus grand port de croisière au monde et du premier en Europe ainsi qu'en Méditerranée, avec 2 364 292 passagers accueillis en 2014[40]. Les ports de Tarragone au sud-ouest et de Palamós près de Gérone au nord-est sont beaucoup plus modestes.

L'aménagement de ces infrastructures, fruit de la topographie et de l'histoire du territoire catalan, répond ainsi fortement à l'organisation administrative et politique de cette communauté autonome.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Statut légal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Communautés autonomes espagnoles.
Emblème officiel de la Généralité de Catalogne, adopté en 1932.

La Constitution espagnole de 1978 déclare que l'Espagne est une nation indissoluble qui reconnaît et garantit le droit à l'autonomie des régions qui la constituent[41]. On reconnaît à la Catalogne, comme au Pays basque et à la Galice, un statut particulier de « communauté historique ». Compte tenu de la capacité d'accéder à l'autonomie, cela a entraîné en 1979 le statut d'autonomie de la Catalogne. Dans un processus initié par l'Andalousie et achevé en 1985, les quatorze autres communautés autonomes ont obtenu leurs propres statuts d'autonomie. À partir de 2003, on enregistre une série d'amendements concernant les divers statuts d'autonomie (notamment, aux côtés de la Catalogne, ceux de l'Aragon, la Communauté valencienne, les îles Baléares et les îles Canaries).

Le statut d'autonomie de 1979 et l'actuel, approuvé en 2006, déclarent que la Catalogne, en tant que « nationalité » d'Espagne, exerce son autogouvernance comme une communauté autonome, conformément à la Constitution et au statut d'autonomie de la Catalogne, qui est un droit institutionnel de base[42].

Le préambule de 2006 sur le statut d'autonomie affirme que le Parlement a défini la Catalogne comme une nation, mais que la Constitution espagnole reconnaît la Catalogne comme une réalité nationale. Le préambule n'a pas de valeur juridique, donc le statut est le même que ce qu'il était en 1979, c'est-à-dire une communauté autonome. Bien que ce statut ait été approuvé à la fois par le Parlement catalan et par le Parlement espagnol et, plus tard, par un référendum en Catalogne[réf. nécessaire], il a été juridiquement contesté par les Communautés autonomes environnantes de l'Aragon, des îles Baléares et par la Communauté valencienne[43], ainsi que par le Partido Popular. Les objections sont fondées sur divers aspects tels que le patrimoine culturel et le principe de « solidarité entre les régions ». En novembre 2008, le tribunal constitutionnel est chargé d'évaluer la constitutionnalité des articles en cause. Le 10 juillet 2010, elle récuse les nouveaux statuts comme non conformes à la constitution sur plusieurs points tels que les notions de nation, de justice autonome et la fiscalité. Cette décision entraîne une manifestation rassemblant plus d'un million de personnes le lendemain[44].

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Parlement de Catalogne, situé dans le Parc de la Ciutadella, à Barcelone.

La Catalogne dispose de sa propre autonomie et possède des compétences dans plusiers domaines. Le , le parlement catalan a adopté le projet de loi de réforme du statut de la Catalogne, qui a ensuite été débattu devant l'assemblée parlementaire espagnole à Madrid. Après des discussions ayant montré des divisions, et une révision à la baisse négociée par le président du gouvernement espagnol et le chef du premier parti catalan, le projet a été adopté par l'assemblée et proposé aux Catalans par référendum. Malgré certains indépendantistes ayant appelé à voter non (car le projet ne reconnaissait pas la Catalogne comme nation, ne lui laissait pas la totale maîtrise des impôts, des ports et des aéroports), presque 75 % des votants l'ont accepté le .

Palais de la Généralité de Catalogne, siège de la Présidence et du gouvernement de Catalogne
Gouvernement de Catalogne (2016- ). Carles Puigdemont, président de la Géneralité de Catalogne, est au centre. Oriol Junqueras, le vice-président, est à sa droite.

Cependant le taux de participation était légèrement inférieur à 50 %. Le nouveau statut a été en partie annulé par le tribunal constitutionnel le 10 juillet 2008 (6% des articles furent annulés ou amendés).

La Généralité de Catalogne (en catalan : Generalitat de Catalunya) est l'institution dans laquelle l'autonomie de la Catalogne est organisé. Il se compose par le parlement, la présidence, le gouvernement et d'autres institutions créées par le pouvoir législatif.

Pouvoir législatif

Le Parlement de Catalogne (Parlament de Catalunya, en catalan) est l'organe législatif. Il représente le peuple de Catalogne, vote les lois de son compétence, le budget, contrôle l'action du gouvernement et établit d'autres institutions catalanes. Lors des élections d', la coalition Ensemble pour le oui (JxSí, alliance l'indépendantiste entre CDC et la Gauche républicaine de Catalogne, ERC) et la Candidature d'unité populaire (CUP, indépendantiste de gauche anti-capitaliste), défendant un programme indépendantiste, ont remporté 73 députés sur 135 au Parlement, avec 47,8 % des suffrages exprimés. Il est présidé par Carme Forcadell après cette date.

Présidence

Le président de la Généralité de Catalogne (President de la Generalitat de Catalunya, en catalan) est le plus haut représentant de la Catalogne, et est chargé de diriger l'action du gouvernement. Depuis 2016, Carles Puigdemont, membre du parti Convergence démocratique de Catalogne (CDC), soutenu par la coalition Ensemble pour le oui (JxSí) et la Candidature d'unité populaire (CUP), est président de la Généralité. Il prend la suite d'Artur Mas, au pouvoir à partir de 2010.

Pouvoir exécutif

Le gouvernement de Catalogne (Govern de Catalunya, en catalan), est l'organe collégial chargé de la direction de la politique et de l'administration publique de la Généralité, il détient le pouvoir exécutif et réglementaire. Il est composé du président de la Géneralité, du premier conseiller (ou du vice-président) et des conseillers.

Division territoriale[modifier | modifier le code]

Division territoriale de Catalogne.

La Catalogne est divisée aujourd'hui en trois divisions administratives : les municipalités (en catalan municipis), les comarques, niveau administratif comparable aux communautés de communes françaises, et les provinces (en catalan províncies), division générale de l'Espagne, mais les provinces sont actuellement en cours de remplacement par une nouvelle division régionale catalane, les vigueries (en catalan vegueries).

Municipalités les plus importantes
Position Ville Comarque Population de la ville
1 Barcelone Barcelonès 1 619 337 hab.
2 L'Hospitalet de Llobregat Barcelonès 258 642 hab.
3 Badalona Barcelonès 218 886 hab.
4 Terrassa Vallès Occidental 212 724 hab.
5 Sabadell Vallès Occidental 207 338 hab.
6 Tarragona Tarragonès 140 184 hab.
7 Lérida Segrià 137 387 hab.
8 Mataró Maresme 122 905 hab.
9 Santa Coloma de Gramenet Barcelonès 120 060 hab.
10 Reus Baix Camp 106 622 hab.
11 Gérone Gironès 96 236 hab.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La communauté autonome de Catalogne couvre une superficie de 32 114 km2 avec une population estimée à 7 539 618 habitants en janvier 2011, les immigrants en représentant 15,73 %[45]. La Catalogne est la communauté autonome d'Espagne qui reçoit le plus grand nombre d’immigrants : l’arrivée d'immigrés entre 1998 et 2009 a représente 77 % de la croissance de la population de cette région durant cette période.

La région urbaine de Barcelone comprend 5 529 099 personnes[45] et couvre une superficie de 2 268 km2. L'aire métropolitaine de la région urbaine comprend des villes comme L'Hospitalet de Llobregat, Badalona, Santa Coloma de Gramenet et Cornellà de Llobregat.

En dehors de Barcelone, il y a d'autres villes importantes, comme Tarragona, Lleida, Girona.

La région métropolitaine de Tarragone comprend 811 401 personnes[45] et est la deuxième région métropolitaine de Catalogne.

Entre 1900 et 2001, la population de la Catalogne a été multipliée par 3[46]. Cette augmentation est due à l'expansion démographique en Espagne au cours des années 1960 et au début des années 1970 et aussi à l'exode rural. Cette vague de migration est arrivée dans plusieurs régions d'Espagne, en particulier l'Andalousie, l'Estrémadure et Murcie.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Catalogne.
Native languages in Catalonia 2008.jpg

Originaire du territoire historique de la Catalogne, le catalan en est une des trois langues officielles et jouit d'un statut particulier depuis l'approbation du statut d'autonomie de la Catalogne de 1979, qui déclare qu'il est le langage « propre à la Catalogne »[47]. Les autres langues qui ont un statut officiel sont l'espagnol ou castillan, officiel dans toute l'Espagne, et l'occitan (l'occitan gascon, parlé dans le val d'Aran, appelé localement aranais).

Sous la dictature franquiste, le catalan est, de 1939 jusque dans les années 1970, exclu du système d'éducation public et de toutes les autres institutions officielles et publiques. Il est même interdit de donner aux enfants des prénoms catalans[réf. nécessaire]. L'exode rural en provenance d'autres zones de l'Espagne réduit l'usage social de la langue dans les zones urbaines. Dans une tentative visant à inverser cette tendance, le rétablissement de l'autonomie des institutions de la Catalogne a entrepris une politique linguistique à long terme visant à accroître l'utilisation du catalan[48] et a, depuis 1983, promulgué des lois qui visent à protéger et à étendre l'usage du catalan. Certains groupes considèrent ces efforts comme une manière de décourager l'utilisation de l'espagnol[49],[50].

Aujourd'hui, le catalan est la langue principale du gouvernement autonome de Catalogne et des autres institutions publiques qui relèvent de sa juridiction, coofficielle sur le territoire à côté de l'espagnol. L'éducation publique de base est dispensée en catalan, à l'exception de trois heures par semaine consacrées au castillan.

Selon l’enquête linguistique réalisée en 2008 par le gouvernement de la Catalogne, qui diffère sensiblement de celle de 2003, une majorité revendique l'espagnol comme la langue à laquelle elle s’identifie (46,5 % pour l'espagnol contre 37,2 % pour le catalan ; en 2003 les chiffres étaient de 47,5 % pour l'espagnol et 44,3 % pour le catalan ; entre-temps la part de ceux qui s’identifient autant à l’une qu’à l’autre langue a progressé, passant de 5,0 % à 8,8 %). Dans la vie quotidienne, l’usage habituel du catalan est passé de 46,0 % à 35,6 % (de 47,2 % à 45,9 % pour l’espagnol ; et de 4,7 % à 12,0 % pour l’emploi indistinct de l’une comme de l’autre). 55,0 % des citoyens ont déclaré l'espagnol comme langue maternelle, pour 31,6 % le catalan (en 2003, respectivement 56,1 % et 36,2 %), et 3,8 % déclarent deux langues maternelles (contre 2,5 % en 2003). Enfin, 94,6 % des personnes interrogées déclarent comprendre le catalan ; 78,3 %, le parler ; 81,7 %, le lire ; 61,8 % l’écrire (les chiffres pour l’espagnol sont respectivement de 99,9 %, 99,7 %, 97,4 % et 95,6 %)[51].

De même, grâce au statut d’autonomie de 1979, l’aranais (la variété d’occitan parlée en Val d'Aran) est devenu officiel et a été soumis à une sauvegarde spéciale dans le Val d’Aran. Ce petit espace de 10 295 habitants est le seul endroit où un dialecte de l’occitan a reçu un statut officiel. Depuis le 9 août 2006, avec l’entrée en vigueur du nouveau statut, l’occitan est devenu officiel dans toute la Catalogne.

Langues que les Catalans identifient comme les leurs (2008)[51]
Langue maternelle Langue d’identification Langue usuelle
Catalan 31,6 % 37,2 % 35,6 %
Castillan 55,0 % 46,5 % 45,9 %
Catalan et castillan 3,8 % 8,8 % 12,0 %
Aranais 0,1 % 0,0 % 0,0 %
Autres langues 9,5 % 7,5 % 6,5 %

Enseignement[modifier | modifier le code]

En Catalogne, l’instruction est obligatoire de six à seize ans, et l’école publique est gratuite. Tout l'enseignement en Catalogne se fait en catalan, avec trois heures par semaine d'espagnol et trois d'anglais.

L'enseignement maternel est encouragé, même s'il n'est pas obligatoire. Appelé Educació Infantil ou populairement connu sous le nom pàrvuls, il est composé par trois ans (P-3, P-4, P-5). L'enseignement primaire catalan se déroule en six années dans le CEIP (Centre d'Educació Infantil i Primària = Centre d'Education Infantile et Primaire, ou Escola = École). L'Enseignement secondaire obligatoire (ESO) dure quatre années et le Batxillerat deux ans. Les deux sont realisés à l'Institut d'Educació Secundària (ou Institut ~ Lycée). Par ailleurs, trois établissements scolaires français à l'étranger appartenant au réseau de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) existent à Barcelone : l'école française Ferdinand-de-Lesseps (maternelle et élémentaire), le plus ancien établissement français de péninsule ibérique (fondée par Ferdinand de Lesseps en 1859)[52] ; le Lycée français de Barcelone (de la maternelle au lycée) est le plus important de Catalogne et a été fondé en 1924 ; le Lycée français de Gavà (LFG) Bon Soleil (ancien collège Bon Soleil, de la maternelle au lycée), créé en 1969[53]. L'Institut français de Barcelone, créé en 1919, assure également des missions d'enseignement du Français langue étrangère ainsi que des actions d'échanges culturels entre la France et la Catalogne.

L'éducation universitaire est divisé en 4 ans de Grau, une année de Màster et le Doctorat. Il y a 15 établissements supérieurs en Catalogne (10 à Barcelone), dont 12 universités (sept publiques, cinq privées dont trois catholiques), une université à distance par internet (l'Université ouverte de Catalogne ou Universitat Oberta de Catalunya UOC) et deux grandes écoles privées (un des campus de l'EU Business School et la Barcelona Technology School). La plus ancienne université catalane est l'Université de Lérida, fondée en 1297 mais qui a été fermée entre 1717 et 1991. Si toutes les universités de Catalogne ont été supprimées en 1717 des suites des décrets de Nueva Planta, la première à s'être reconstituée est l'université de Barcelone, créée pour la première fois en 1450, déplacée de force à Cervera en 1717 puis rétablie de nouveau dans la capitale catalane en 1837. Le statut d'autonomie reconnaît la liberté de choix en matière linguistique aux enseignants et étudiants du supérieur, ce qui explique que l'importance des enseignements dispensés en catalan varie d'une université à une autre (de 32 % à l'université privée catholique Abat Oliba CEU située à Barcelone jusqu'à 84 % à l'université de Vic, elle aussi privée mais laïque, en passant par 44 % à l'Université internationale de Catalogne liée à l'Opus Dei à Barcelone, 53,05 % à l'université de Lérida, 59,4 % à l'université polytechnique de Catalogne, 61,8 % à l'université autonome de Barcelone, 64,9 % à l'université Rovira i Virgili de Tarragone, 66,3 % à l'université Pompeu Fabra de Barcelone, 66,4 % à l'université de Barcelone, 71,4 % à l'université ouverte de Catalogne, 75,8 % à l'université Raymond-Lulle de Barcelone et 80 % à l'université de Gérone) mais aussi en fonction du degré d'étude (plus diffusé durant les années de Grau, son usage est davantage concurrencé par l'espagnol voire l'anglais en Màster et en Doctorat, en raison essentiellement d'un pourcentage d'étudiants étrangers plus importants)[54],[55].

Santé[modifier | modifier le code]

La santé en Catalogne est responsabilité de la Généralité. Il est organisé par le Servei Català de Salut (Service Catalan de la Santé).

Sports[modifier | modifier le code]

Camp Nou, stade du FC Barcelone.

Le sport occupe une place toute particulière dans le cœur des Catalans, notamment le football. On peut citer le FC Barcelone[56]. Une véritable institution depuis 1899 qui occupe le célébrissime stade du Camp Nou dans le quartier de Les Corts au Nord de la ville. Le club de football est une des sections du club omnisports FC Barcelone. Celui-ci se distingue aussi en basket-ball, handball et hockey sur patins ; l'élection du président du Barça est pour les catalans aussi importante que les élections municipales à l'Ajuntament. Elle est traitée avec une campagne médiatique locale invoquant les voix des socis, les adhérents du club, nombreux parmi les habitants de Barcelone. Il existe également un deuxième club de football de haut niveau dans la ville. Il s'agit du RCD Espanyol Barcelone[57] qui a déménagé en août 2009 à Cornellà[58].

La Catalogne a accueilli de nombreuses manifestations sportives internationales, comme les Jeux Olympiques d'été de 1992 à Barcelone, ainsi que les Jeux méditerranéens de 1955 ou les Championnats du monde de natation 2013. Il a tenu annuellement la quatrième plus ancienne course cycliste sur route à étapes encore existante dans le monde, la Volta a Catalunya (Tour de Catalogne)[59].

Principaux clubs sportifs[modifier | modifier le code]

Club Sport Ligue Stade/enceinte Date de fondation
FC Barcelone football Liga BBVA Camp Nou 1899
RCD Espanyol football Liga BBVA Stade Cornellà-El Prat 1900
Gérone FC football Liga BBVA Stade municipal de Montilivi 1930
FC Barcelone basket-ball Liga ACB Palais Blaugrana 1926
CJ Badalone basket-ball Liga ACB Pavillon olympique 1930
Bàsquet Manresa basket-ball Liga ACB Pavillon Nou Congost 1931
FC Barcelone handball Liga ASOBAL Palais Blaugrana 1942
BM Granollers handball Liga ASOBAL Palais des sports 1942
FC Barcelone hockey sur glace Superliga Española Palais de glace du FC Barcelona 1972
CG Puigcerdà hockey sur glace Superliga Española Palais omnisports 1956

Médias[modifier | modifier le code]

Télévision

Televisió de Catalunya est l'organisme chargé de la diffusion des chaînes de télévision publiques en Catalogne. Elle est sous la régulation de l'organisation politique de la Generalitat, via l'institution du Conseil de l'audiovisuel, élu par le Parlement de Catalogne. Elle dispose actuellement de quatre chaînes, toutes en catalan : TV3 et sa déclinaison satellitaire TV3 Cat, Super3 / 33, 3/24 et Esport3. Il existe aussi une importante chaîne régionale privée, 8tv.

Le groupe national public Televisión Española dispose d'un centre de production en catalan à Sant Cugat del Vallès (TVE Catalunya) et cinq chaînes : La 1, La 2, 24 horas, Clan et Teledeporte. Les chaînes privées nationales sont également disponibles sur la TNT, comme les principaux généralistes Antena 3, Cuatro, Telecinco et laSexta.

Radios

La Corporació Catalana de Mitjans Audiovisuals, dépendant de la Généralité de Catalogne, dispose actuellement de quatre stations de radio, toutes en catalan : Catalunya Ràdio, Catalunya Informació, Catalunya Música et iCat. Il existe aussi autres stations régionales privées de radio comme RAC 1, RAC 105, Ràdio Flaixbac ou Flaix FM.

Appartenant au groupe nationale Radio Nacional de España, est la station de radio publique en catalan, Ràdio 4. Les autres stations du groupe comme Radio Nacional ou Radio 5 et les principales stations privées nationales (Cadena SER, Cadena COPE, Onda Cero ou la musicale Los 40 Principales) sont également disponibles, avec une partie de sa programmation en catalan.

Presse écrite

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Espagne.
Barcelone, capitale de la Catalogne.

La Catalogne a connu une période d'industrialisation importante au cours du XIXe siècle et du XXe siècle, précédé d'une longue tradition commerciale et de fabrication. Aujourd'hui, l'économie catalane se distingue dans le contexte espagnol par un profil industriel très marqué[60]. Elle représente environ un cinquième de l'économie espagnole. La répartition des secteurs est la suivante :

En 2007, le PIB de la Catalogne atteint 202 509 millions d'euros et le PIB par habitant 24 445 [61]. Cette même année, la croissance du PIB s'élève à 3,7 %[61]. Dans le contexte de la crise financière de 2008, la Catalogne devrait subir une récession de près de 2 % de son PIB en 2009[62].

La Catalogne est la première destination touristique de l'Espagne. Les principales destinations touristiques de la Catalogne sont la ville de Barcelone, les plages de la Costa Brava à Gérone et la Costa Daurada de Tarragone. Dans les Pyrénées, il existe plusieurs stations de ski. Les touristes viennent essentiellement d'Espagne et du Portugal, et dans une moindre mesure du Benelux et de la France[63].

Les caisses d'épargne ont une grande implantation en Catalogne. Dix des 46 caisses d'épargne espagnoles sont catalanes. La Caixa est la première caisse d'épargne d'Europe[64]. La première banque privée d'origine catalane est Banc Sabadell, qui occupe le quatrième rang des banques privées en Espagne[65].

La Bourse de Barcelone qui représente, en 2004, près de 205 milliards d'euros d'échange, est la deuxième bourse d'Espagne après la Bourse de Madrid. Fira de Barcelona organise des congrès à caractère international sur les différents secteurs de l'économie.

La principale dépense économique pour les familles catalanes est l'achat d'une maison. Selon les données de la Société d'estimation du 31 décembre 2005, la Catalogne est, après Madrid, la deuxième communauté d'Espagne où le prix du logement est le plus cher : 3 397 euros pour un mètre carré sont payés en moyenne. Par villes, cependant, Barcelone est la ville la plus chère d'Espagne, avec un prix moyen de 3 700 euros au mètre carré[réf. nécessaire]. (Voir Bulle immobilière espagnole)

L'endettement du pays, avec 41 milliards d'euros de dette en 2012, est particulièrement élevé, la plaçant dans une situation de quasi banqueroute. En mai 2012, le président de la Catalogne, Artur Mas, envisage un possible défaut de paiement[66].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments principaux[modifier | modifier le code]

Sagrada Família, Barcelone.

Les plus hauts bâtiments de Catalogne sont :

  1. Torre Collserola (Barcelone) : 288 m
  2. Les tres xemeneies (Badalona): 200 m
  3. Cathédrale de la Seu Vella (Lleida): 170 m[67]
  4. Torre Mapfre (Barcelone) : 154 m
  5. Hôtel Arts (Barcelone) : 154 m
  6. Torre Agbar (Barcelone) : 145 m
  7. Sagrada Família (Barcelone) : 107 m pour les deux tours (torres ou campanars) centrales et 98 m pour les deux extérieures. Le projet prévoit la construction d'autres tours, dont une de 170 m[68].

Art et architecture[modifier | modifier le code]

Salvador Dalí.

La Catalogne a donné de nombreuses figures importantes au monde dans le domaine de l'art. Les peintres catalans de renommée internationale sont Salvador Dalí, Joan Miró (qui a aussi des origines familiales à Majorque) et Antoni Tàpies, tous appartenant au XXe siècle.

Également lié à l'environnement pictural de la Catalogne, Pablo Picasso a vécu son enfance à Barcelone et s'est formé dans les milieux artistiques et intellectuels catalans du début du XXe siècle. D'autres artistes importants sont Ramon Casas, Santiago Rusiñol, Josep Maria Subirachs et Marià Fortuny.

Antoni Gaudí.

Les plus importants musées de peinture de la Catalogne sont, en terme de fréquentation en 2014, le Théâtre-musée Dalí de Figueras (troisième d'Espagne et le 47e du monde), le Musée Picasso de Barcelone (sixième d'Espagne et 64e du monde), le CaixaForum également à Barcelone (septième d'Espagne et 77e mondial), le Musée national d'art de Catalogne (MNAC) toujours à Barcelone (huitième d'Espagne et le 84e au monde)[69]. D'autres institutions barcelonaises importantes sont la Fondation Antoni-Tàpies, la Fondation Joan-Miró, le Musée d'art contemporain de Barcelone (MACBA) et le Centre de culture contemporaine de Barcelone (CCCB).

Dans le domaine de l'architecture, différents styles artistiques qui prévalent en Europe ont été développés ou adaptés en Catalogne, laissant leurs empreintes dans de nombreuses églises, monastères et cathédrales, d'art roman (les meilleurs exemples sont situés dans la moitié nord du territoire)[70] et gothique. Il y a quelques exemples d'architecture de la Renaissance, baroque et néoclassique. Le modernisme (Art Nouveau) à la fin du XIXe siècle apparaît comme l'art national catalan. Les architectes catalans de renommée mondiale de ce style sont Antoni Gaudí, Lluís Domènech i Montaner et Josep Puig i Cadafalch. En ce qui concerne le rationalisme architectural qui a dominé pendant une grande partie du XXe siècle, peuvent être soulignés les œuvres de Josep Lluís Sert ou de Torres Clavé. Enfin, Barcelone est également devenue depuis la fin du XXe siècle l'un des principaux centres de réflexion et d'innovation pour le courant postmoderniste, une effervescence incarnée, entre autres, par le Ricardo Bofill Taller de Arquitectura fondé en 1963 par Ricardo Bofill.

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature catalane.
Mercè Rodoreda.

Il y a deux moments historiques de splendeur de la littérature catalane. La première commence par les chroniques historiographiques des XIIe et XIVe siècles et l'âge d'or du XVe siècle. Après cette période, entre les XVIe et XIXe siècles, l'historiographie romantique définit cette époque comme la Decadència, considérée comme la période «décadente» de la littérature catalane à cause d'un général en désuétude de la langue vernaculaire dans les contextes culturels et le manque de patronage parmi la noblesse.

Le deuxième moment de splendeur a commencé au XIXe siècle avec la Renaixença (Renaissance) culturelle et politique, représenté par des écrivains et des poètes tels que Jacint Verdaguer, Narcís Oller, Joan Maragall et Àngel Guimerà.

Au cours du XXe siècle, ont été développés les mouvements d'avant-garde représentés par Josep Carner, Carles Riba, J.V. Foix et d'autres. Pendant la guerre civile et l'époque franquiste, les auteurs les plus éminents étaient Josep Pla, Mercè Rodoreda et Salvador Espriu.

Après la transition vers la démocratie (1975-1978) et la restauration de la Généralité (1979), la vie littéraire et le marché éditorial sont revenus à la normalité et la production littéraire en catalan est soutenue avec un certain nombre de politiques linguistiques visant à protéger la culture catalane. Outre les auteurs mentionnés ci-dessus, d'autres auteurs pertinents du XXe siècle des périodes franquistes et de la démocratie comprennent Joan Brossa, Agustí Bartra, Manuel de Pedrolo, Pere Calders ou Quim Monzó.

Musique[modifier | modifier le code]

Sardana.

La sardane est considérée comme la danse catalane populaire le plus caractéristique, d'autres groupes pratiquent également ball de bastons, moixiganga, galops ou jota dans la partie sud. Les havaneres sont caractéristiques dans certaines localités marines de la Costa Brava, en particulier pendant les mois d'été lorsque ces chansons sont chantées en plein air accompagnés d'un cremat de rhum brûlé. Les représentations de l'opéra, principalement importées d'Italie, ont commencé au XVIIIe siècle, mais quelques opéras indigènes ont été écrits aussi bien, y compris ceux d'Isaac Albéniz et Enric Granados. L'opéra de Barcelone, le Gran Teatre del Liceu (ouvert en 1847), demeure l'un des plus importants en Espagne. D'autres styles musicaux populaires nés au cours du XXe siècle sont la rumba catalane, Nova Cançó, le rock catalan et le indie pop.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Gegants et Capgrossos au fête de La Seu d'Urgell.

Les festes majors sont les fêtes patronales des villes et villages de Catalogne. Dans les plus grandes célébrations les éléments de la culture populaire catalane sont habituellement présents: les défilés de gegants (géants) et correfocs de démons et des pétards. La Patum de Berga est une fête traditionnelle et populaire ayant lieu dans la ville de Berga (située au nord de Barcelone).

Les castells sont l'une des principales manifestations de la culture populaire catalane. L'activité consiste en la construction de tours humaines mettant en concurrence des colles castelleres (équipes). Cette pratique a pour origine la partie sud de la Catalogne au cours du XVIIe siècle.

Il ya quelques traditions locales de Noël; l'un d'entre eux est la figure populaire du Tió de Nadal. Une autre coutume est de faire un Pessebre (Crèche de Noël), et comprend habituellement le Caganer, une figurine représentée dans l'acte de défécation[71].

La sardane est la danse populaire la plus caractéristique de la Catalogne. Cette danse est née au nord du territoire, dans les comarques de Gérone.

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Blason de Catalogne.

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Le drapeau de la Catalogne est un symbole national catalan.

Les couleurs du blason, le « Sang et or », d'origines médiévales, revêtent une importance identitaire forte pour les Catalans. Il existe trois drapeaux de la Catalogne utilisant ces couleurs, chacun ayant plus ou moins un sens différent :

  • Il existe un drapeau symbolisant la revendication indépendantiste en Catalogne. Les Catalans l'appellent l'Estelada blava (« l'Étoilée bleue » en français) dont le giron est bleu frappé d'une étoile blanche en son centre. C'est la version originale de l’Estelada, à laquelle il est fait référence dans des publications de 1918. Il s'inspire alors à la fois de l'emblème historique (la Senyera) et du nouveau drapeau de Cuba, qui vient de prendre son indépendance vis-à-vis de l'Espagne. Des années 1960 à 1990, ce drapeau a souvent été écarté au profit de l’Estelada roja à une époque où les idées socialistes et communistes dominaient dans les milieux indépendantistes. Mais elle fait un retour en force après la chute des régimes communistes en Europe de l'Est et l'intensification du processus d'intégration européenne, beaucoup de gens identifiant l'étoile blanche à un nouvel État au sein du drapeau de l'Union européenne. Aujourd'hui, elle est redevenue le principal symbole de la lutte pour l'indépendance de la Catalogne Sud et Nord (soit la Communauté de Catalunya en Espagne et également la partie catalane des Pyrénées-Orientales qui actuellement est en France).
  • Et aussi l’Estelada groga ou roja (« l'Étoilée rouge ») : elle se distingue par un giron de couleur jaune et une étoile de couleur rouge, les couleurs du drapeau et du blason des Pays catalans. L'utilisation de cette couleur avait à l'origine une connotation qui l'apparentait à la notion de défense d'un État indépendant communiste ou socialiste. Dans les dernières années, l'étoile rouge du drapeau continue à être utilisée par une partie de la gauche politique mais aussi comme un drapeau d'affirmation de l'unité des Pays catalans et de la lutte pour leur émancipation nationale.

Histoire de la Senyera[modifier | modifier le code]

Drapeau catalan dans un atlas géographique du XVe siècle.
Origine de l'écu des comtes de Barcelone par Claudi Lorenzale, 1843-1844.

D'après la légende, inventée très probablement en 1551 par l'historien valencien Pere Antoni Beuter et largement diffusée dans la culture populaire catalane[72], l'empereur Charles le Chauve demande au comte Guifred le Velu de lui prêter main-forte contre les Normands. Au cours de la bataille, Guifred est atteint par une flèche. Le soir, l'empereur franc se rend dans la tente du comte catalan, allongé sur sa couche près de laquelle se trouve son bouclier, un champ d'or vierge de tout décor. Il trempe quatre doigts dans la blessure ouverte de Guifred et trace, d'un geste, les quatre barres rouge donnant ainsi à la Catalogne, ses armes d’or à quatre pals de gueules.

Sur le plan historique, les plus anciens témoignages de ce blason sont des sceaux du comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone, époux de la reine Pétronille d'Aragon, puis de leur fils et successeur Alphonse II le Chaste, datant du milieu ou de la fin du XIIe siècle[73]. Il existe un débat entre historiens et héraldistes sur les origines de cet emblème, la thèse la plus défendue étant celle le liant à la lignée des comtes de Barcelone, ce que font la plupart des documents datant de la fin du Moyen-Âge[74]. L'union des territoires constituant la Couronne d'Aragon s'étant faite autour de la Maison de Barcelone, ses armoiries seraient alors devenues celle de la Maison royale d'Aragon et de la plupart de leurs possessions. D'autres spécialistes ont au contraire émis l'idée que ces couleurs viendraient des souverains d'Aragon avant le mariage de Pétronille avec Raimond-Bérenger IV de Barcelone, y voyant leurs origines dans les couleurs pontificales, les rois aragonais ayant entretenu des liens précoces avec le Saint Siège[75]. Enfin, une dernière théorie suggère que l'origine des armes proviendrait du mariage en 1112 du comte Raimond-Bérenger III de Barcelone avec la comtesse Douce de Provence. Douce, descendante de Guillaume le Libérateur et du comte Boson II d'Arles, aurait ainsi apporté à son époux et à sa descendance les armes de sa Provence. C’est en effet dans la vallée du Rhône que les écus avec décor comportant des pals sont originaires[76].

Quelles que soient leurs origines, les armes aux quatre pals gueules et or ont donné à partir du XIIe siècle les couleurs de la Principauté de Catalogne et de la Couronne d'Aragon. Elles sont communément appelées les « Quatre Barres » ou « Sang et or ». Ces couleurs forment aujourd'hui le drapeau catalan, dans lequel les pals sont devenues des bandes horizontales (fasces en termes héraldiques). Afin de ne pas les confondre avec celles, verticales, de Provence, les quatre pals ont été disposées plus tard horizontalement. En revanche, sur le sceau officiel de la Généralité de Catalogne comme sur les armes de la Communauté autonome, les pals restent verticales.

Trois autres communautés autonomes d'Espagne utilisent ces mêmes symboles, ou les mêmes bases, que ce soit les « Quatre Barres » ou les couleurs « Sang et or », dans leurs drapeaux et leurs armoiries, en raison de leur proximité historique : l'Aragon (drapeau et armoiries), la Communauté valencienne et les îles Baléares, par exemple. Les quatre pals se retrouvent également, en tant que représentantes de l'ancienne Couronne d'Aragon, en partie 3 des Armoiries de l'Espagne, elles-mêmes présentes sur le drapeau espagnol (tandis que les deux bandes rouges et la bande or de ce drapeau font référence autant aux couleurs castillanes qu'à celles de l'ensemble catalano-aragonais). De même, elles sont présentes dans les Armoiries de l'Andorre, en 3 mais aussi en 2 sous la forme de trois barres qui étaient celles de l'ancien comté de Foix. En France, cette référence est reprise, officiellement ou non, par des collectivités ayant eu un lien passé avec la Maison de Barcelone : les départements des Pyrénées-Orientales ou de Lozère, ainsi que les régions Occitanie (et avant elle celle du Languedoc-Roussillon) et Provence-Alpes-Côte d'Azur. En Italie, ces couleurs se retrouvent dans plusieurs provinces ou municipalités, notamment pour la ville métropolitaine de Reggio de Calabre ou encore à Naples.

Autres symboles[modifier | modifier le code]

La rose et le livre, les éléments protagonistes de la Fête de Saint Georges en Catalogne.

La Catalogne a ses propres symboles nationaux[77] et signes distinctifs, tels que, outre la Senyera :

  • La Journée nationale de la Catalogne[78] est le 11 septembre, et il est communément appelé La Diada. Elle commémore le Siège de Barcelone en 1714.
  • L'hymne national de la Catalogne est Els Segadors et a été rédigé sous sa forme actuelle par Emili Guanyavents en 1899. La chanson est devenue officielle par la loi du [79],[80]. Elle est basée sur les événements de 1639 et de 1640 lorsque les Catalans ont lutté pour l'indépendance contre Philippe IV durant le soulèvement de la Catalogne.
  • La Diada de Sant Jordi (Fête de Saint Georges) est largement célébrée dans toutes les villes de la Catalogne, le 23 avril, commémorant saint Georges, patron de la Catalogne. C'est un jour où, en plus de l'échange de livres et de roses, les catalans vont arborer fièrement leur senyeres comme une manifestation de fierté nationale.
  • L'un des plus célèbres symboles internationaux de la Catalogne est l'équipe de football du club omnisports FC Barcelone. Chaque saison, il se livre à l'une des rivalités espagnoles les plus célèbres, El Clàssic (en catalan, El Clásico en espagnol), qui oppose le FC Barcelone au Real Madrid.
  • La Moreneta, la Vierge noire de Montserrat, et d'autres faits sont attachés au personnage de Guifred le Velu, qui serait né en 852 à Rià en Conflent, considéré comme le fondateur de la Catalogne.
  • Le mont Canigou (en catalan : Canigó), montagne célébrée par les poètes catalans, qui se trouve sur le territoire français (Pyrénées-Orientales).
  • Un emblème plus récent de la Catalogne est le Ase Català, l'âne catalan[81].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine catalane.
Pa amb tomàquet.

La gastronomie catalane, comme toutes les cuisines du bassin méditerranéen, fait un usage abondant de poissons, fruits de mer, huile d'olive et légumes frais. Les spécialités sont nombreuses et incluent pa amb tomàquet (pain à la tomate), Calçotada, escudella i carn d'olla, suquet de peix, (soupe de poisson) et bien sûr la crème catalane (similaire a la crème brûlée).

Région vinicole, le vignoble catalan possède plusieurs dénominations d'origine telles que le Priorat, Montsant, Penedes et Empordà[82], et on y trouve également un mousseux, le cava[83].

La Catalogne est également reconnue au niveau international pour sa haute cuisine, avec notamment des restaurants comme El Bulli ou El Celler de Can Roca qui dominent régulièrement les classements internationaux[84].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pages web en catalan ou de culture catalane.
  2. « España y Cataluna », sur viajes.viamichelin.es
  3. Le Parlement de Catalogne, reprenant le sentiment et la volonté des citoyens de Catalogne, a défini, de manière largement majoritaire, la Catalogne comme nation. La Constitution espagnole, dans son deuxième article, reconnaît la réalité nationale de la Catalogne comme une nationalité. Préambule au Statut d'Autonomie de la Catalogne, approuvé le par référendum. Le préambule n'a aucune valeur juridique. Source : original en catalan, sur gencat.net, en espagnol, sur congreso.es
  4. La Catalogne, en tant que nationalité, exerce son autogouvernement en se constituant en Communauté Autonome en vertu de la Constitution et du présent Statut, qui constitue sa norme institutionnelle basique. Article premier, du titre préliminaire du Statut d'autonomie catalan, approuvé par référendum le . Source : original en catalan, sur gencat.net, original en espagnol, sur congreso.es. Cet article, où le terme de nation s'efface au profit de celui de nationalité (reconnu par la Constitution) a pleine valeur juridique, contrairement au préambule.
  5. Bureau des statistiques nationales (PIB et GRP d'Espagne), Bureau des statistiques nationales (Données de PIB des communautés autonomes et provinces d'Espagne 2008-2012).
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