Bjørn Lomborg

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Bjørn Lomborg

Bjørn Lomborg (né le 6 janvier 1965) est un statisticien danois, professeur à la Copenhagen Business School et ancien directeur de l'Environmental Assessment Institute (en) à Copenhague. Ancien membre de Greenpeace, il a acquis une renommée internationale pour son livre polémique L'Écologiste sceptique (publié en danois en 1998, en anglais sous le titre Skeptical Environmentalist en août 2001, puis en français en 2004).

En 2004, Bjorn Lomborg fonde, avec l'aide de The Economist et du gouvernement danois, un think tank nommé « Consensus de Copenhague ». Son but déclaré est d'établir des priorités dans les besoins d'investissement :
"The idea is simple, yet often neglected; when financial resources are limited, it is necessary to prioritize the effort. Every day, policymakers and business leaders at all levels prioritize by investing in one project instead of another. However, instead of being based on facts, science, and calculations, many vital decisions are based on political motives or even the possibility of media coverage.'"
(L'idée est simple, et pourtant souvent négligée. Quand les ressources sont limitées, il est nécessaire de donner des priorités dans l'effort. Tous les jours, les leaders politiques et financiers décident d'investir dans un projet plutôt qu'un autre. Cependant, plutôt que d'être basées sur les faits, la science, et les calculs, beaucoup de décisions vitales reposent sur des motifs politiques ou même de couverture médiatique)[1]

Encore aujourd'hui, Bjorn Lomborg conteste les décisions les plus consensuelles. Ainsi, en 2012, à propos de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, il déclara : « Le réchauffement climatique n'est en aucune sorte la principale menace pour l'environnement », critiquant les décisions prises au court terme (réduction d'émission de CO2) au détriment d'initiative à long terme[2].

Reconnu parmi les 100 hommes les plus influents par le TIME en 2004 [3]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

L'écologiste sceptique[modifier | modifier le code]

Dans ce livre, Bjørn Lomborg, usant de son savoir de statisticien, met les choses au clair sur l'état de la planète. Ainsi, tout au long de l'ouvrage, il oppose les réelles « tendances » aux chiffres avancés par des sonneurs d'alarme comme WWF , Greenpeace, aux « mythes »[4]… Loin d'être optimiste dans tous les domaines, il déclare dans ce livre « les choses vont mieux, ce qui ne veut pas forcément dire qu'elles vont bien ». Accusé de rapporter des faits erronés, voire manipulés, de plagiats… par le Comité Danois sur la Malhonnêteté Scientifique (DCSD) en 2003, il fut réhabilité dans la même année par le MSTI (Ministère de la Science, des Technologies et de l'Innovation), qui a annulé la décision du DCSD, au nom de plusieurs erreurs faites dans son jugement [5].

Smart Solutions to Climate Change[modifier | modifier le code]

Les auteurs de cet ouvrage collectif intitulé Smart Solutions to Climate Change, publié par la Copenhagen Business School, introduit et conclu par Bjørn Lomborg, estiment que la conférence climatique de Copenhague (décembre 2009) a été un échec à cause d'un défaut de méthode de la part des décideurs politiques de la planète qui n'arrivent pas à stopper ni diminuer les émissions de « niveaux dangereux de l'augmentation des températures mondiales ».

Ils discutent des coûts, avantages et résultats possibles ou probables pour diverses stratégies possibles (dont la géo-ingénierie, la diminution des émissions de CO2 et de méthane ou de noir de carbone, la reforestation, la recherche et le développement de solutions énergétiques décarbonées ou à faibles émissions de carbone, et l'encouragement des technologies vertes, avec une présentation d'alternatives dans chaque cas.

Un panel d'économistes, dont 3 lauréats du prix Nobel y sont associés, évalue et classe, selon ses critères, l'attrait des politiques proposées[6].

Ce livre présente des solutions, parfois contradictoires, et laisse le lecteur se faire son propre choix. Bjorn Lomborg tente ici de s'opposer au message « survendu » des politiciens comme Al Gore sur le réchauffement climatique, faisant apparaître le phénomène si terrifiant et catastrophique qu'il empêche des prises de décision rationnelle[7].

Ce livre semble avoir été bien reçu par les responsables du GIEC ;

  • En 2010, à la sortie du livre, Rajenda K. Pachauri, Président, Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques, a recommandé la lecture de ce livre, « tant pour le fait que Lomborg y soutient l'idée que nous avons à dépasser les querelles sur la science du changement climatique, que pour la richesse et la diversité de l'analyse qu'il présente quant à la gamme de solutions possibles »[8].
  • Rajendra Pachauri, chef du Groupe d'experts intergouvernemental des Nations unies sur les changements climatiques estimant quant à elle que «Ce livre offre non seulement un réservoir d'informations sur la réalité du changement climatique d'origine humaine, mais soulève des questions cruciales, et examine des options viables sur ce qui peut être fait." (The Guardian)

Campagne contre les énergies renouvelables et pour le gaz de schiste[modifier | modifier le code]

Bjørn Lomborg fait campagne contre les énergies renouvelables, qu'il estime excessivement coûteuse, et prône l'exploitation des gaz de schiste pour résoudre, au moins pour quelque temps, le problème de la dépendance énergétique de l'Europe[9] ; il use cependant d'arguments biaisés, affirmant que « l'Europe tire seulement 1,3% de ses besoins énergétiques des EnR de types solaire et éolien, les 98% restants étant essentiellement alimentés par les énergies fossiles (à 75%) et par le nucléaire », alors que selon Eurostat la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie de l'Union européenne était de 14,1 % en 2012[10] (car celle-ci inclut l'énergie hydroélectrique et la biomasse) ; il s'appuie ensuite sur le fait que « le boom du gaz de schiste aux États-Unis a permis au gaz naturel de gagner 10% sur le marché du charbon, largement plus polluant - un fait sans précédent. En 2012, le passage de ce pays au gaz de schiste a réduit ses émissions de CO2 d'environ 300 mégatonnes (Mt) », en oubliant de préciser que le charbon qui n'a pas été consommé aux États-Unis a été exporté vers l'Asie et l'Europe, où les émissions de CO2 ont augmenté d'autant, que le boom du gaz de schiste a causé une augmentation des émissions de méthane, 25 fois plus émissif que le CO2, et que la baisse passagère du prix du gaz américain en 2011-2012 a été compensée en 2013 lorsque les investisseurs se sont aperçus que le gaz de schiste était bien plus coûteux que prévu du fait de la durée de production très courte des puits utilisant la fracturation hydraulique : le prix du gaz a augmenté de 32 % aux États-Unis en 2013[11]. Il prétend que le gaz de schiste « constitue une promesse de baisse des prix du gaz » alors qu'une étude de 2013 de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) concluait que l'exploitation de ce gaz coûterait deux à trois fois plus cher en Europe qu'aux États-Unis et, malgré ces ressources importantes, ne compenserait pas la chute de production du gaz classique ; elle ne ferait donc pas diminuer le prix du gaz qui continuerait à s'aligner sur le prix du gaz importé[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Lomborg est ouvertement gay et végétarien[13]. Il a pris part à plusieurs campagne d'information sur l"homosexualité dans son pays, et a déclaré qu'il "est de son devoir de citoyen d'être publiquement homosexuel. Il est important que l'étendue du monde gay ne pouvait être décrite par des clichés épuisés, puisque allant des gays habillés de cuir sur des chars aux yuppies en costard-cravate des grandes entreprises, ainsi que tous ceux se situant entre eux"[14]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.copenhagenconsensus.com/About%20the%20Center/About%20the%20Center.aspx
  2. http://www.project-syndicate.org/commentary/wrongheaded-in-rio
  3. http://livre.fnac.com/a2489712/Bjorn-Lomborg-L-ecologiste-sceptique#ficheResume
  4. http://www.lomborg.com/publications/the_skeptical_environmentalist/
  5. [1]
  6. http://lomborg.com/publications/smart_solutions_to_climate_change
  7. http://www.huffingtonpost.com/video/video_3527.html?1289510118
  8. « I would recommend this book as much for the fact that Lomborg supports the view that we have 'long moved on from any mainstream disagreements about the science of climate change', as for the rich diversity of analysis it presents on a range of possible solutions ». Source : Fichede l'éditeur sur le livre
  9. Énergie: pour l'Europe, la solution passe par le gaz de schiste, site du journal La Tribune consulté le 5 juin 2014.
  10. Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie, site Eurostat consulté le 1er juin 2014.
  11. (en) « Natural Gas Futures Contract 1 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2014-12-21, sur le site de l'EIA consulté le 18 janvier 2014.
  12. Bloomberg New Energy Finance (Londres) 2013, UK shale gas no “get out of jail free card” 21 February 2013 (Analysis from Bloomberg New Energy Finance suggests that the development of shale gas resources in the UK is unlikely to lead to a significant reduction in UK natural gas prices); 2013-02-21, consulté 2013(02-23
  13. Jason Cowley, « The man who demanded a recount », New Statesman,‎ (consulté le 24 juillet 2007)
  14. « OBLS personer: Bjørn Lomborg », Danmarks Radio (consulté le 12 juin 2007) - translated.