Postulat de Khazzoom-Brookes

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Dans les années 1980, les économistes Daniel Khazzoom et Leonard Brookes proposèrent individuellement des idées sur la consommation d'énergie et le comportement qui soutiennent qu'une meilleure efficacité énergétique tend paradoxalement à augmenter la consommation d'énergie. En 1992, l'économiste américain Harry Saunders nomma cette hypothèse postulat de Khazzoom-Brookes, et montra qu'il était vrai selon la théorie néo-classique de la croissance[1].

Explication[modifier | modifier le code]

En résumé, le postulat affirme que « les améliorations de l'efficacité énergétique qui, au sens le plus large, sont justifiées au niveau microéconomique, conduisent à de plus hauts niveaux de consommation d'énergie au niveau macroéconomique »[2]. Cette idée est une analyse plus moderne d'un phénomène connu sous le nom de paradoxe de Jevons. En 1865, William Stanley Jevons observa que la consommation de charbon en Angleterre augmenta considérablement après que James Watt introduisit ses améliorations de la machine à vapeur. Jevons soutint que l'augmentation de l'efficacité de l'utilisation du charbon tendrait à augmenter la demande de charbon au lieu de la réduire.

Comme le paradoxe de Jevons, le postulat de Khazzoom-Brookes est une déduction très contre-intuitive à propos de l'efficacité. Quand les individus changent de comportement et commencent à utiliser des méthodes et appareils qui sont plus efficaces énergétiquement, il y a des cas où la consommation énergétique augmente vraiment au niveau macro-économique. « Des coûts de l'énergie plus élevés, à cause des taxes ou des pénuries induites par les producteurs, ont pour effet de réduire la demande initialement, mais à plus long terme cela encourage une meilleure efficacité énergétique. Cette réponse en efficacité compense partiellement l'augmentation des prix et donc la réduction de la demande est affaiblie. Le résultat final est un nouvel équilibre entre l'offre et la demande à un niveau plus élevé de l'approvisionnement et de la consommation que s'il n'y avait pas eu de réponse en efficacité[2]. »

Une meilleure efficacité énergétique peut augmenter la consommation d'énergie de trois manières. Premièrement, une meilleure efficacité rend l'utilisation de l'énergie relativement meilleure marché. Deuxièmement, une meilleure efficacité induit une augmentation de la croissance. Troisièmement, une meilleure efficacité dans un « goulet d'étrangement » multiplie l'utilisation de toutes les technologies, produits et services qui étaient limitées. Un exemple simple serait une agglomération limitée par son approvisionnement en eau ; si les maisons existantes réduisent leur consommation d'eau de moitié, l'agglomération peut doubler, induisant une augmentation de la consommation d'énergie, de transports etc. Ainsi, une petite amélioration de l'efficacité peut avoir un effet opposé multiplié. De même, les voitures utilisant moins de carburant pourraient provoquer une augmentation correspondante du nombre de voitures, des trajets et d'activités liées aux voyages plutôt qu'une baisse de la demande en énergie. Il apparait que ces multiplicateurs latents d'effets opposés seraient généralement plus grands que le résultat linéaire de l'effet original. À la fin 2008, il semble que ceci n'ait pas été pris en compte dans la discussion générale sur le développement durable et les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique.

Les travaux de Khazzoom et Brookes commencèrent après les crises pétrolières de l'OPEP en 1973 et 1979, lorsque la demande pour des automobiles à plus faible consommation commença à augmenter. Bien qu'une meilleure efficacité énergétique par véhicule fut obtenue, la consommation globale continua à augmenter. « Les chocs pétroliers de l'OPEP provoquèrent de grosses améliorations de l'efficacité énergétique, en particulier dans le domaine du pétrole. Mais trois décennies plus tard, on constate que l'effet net de ces mesures a été d'augmenter l'appétit mondial en brut. Alors que la consommation de pétrole par unité de PIB a chuté de manière impressionnante dans les économies fortement consommatrices d'énergie comme les USA, la consommation totale de pétrole et simultanément la consommation totale d'énergie augmente rapidement. L'augmentation de la consommation d'énergie a minimisé les gains en efficacité économique. De ce fait, au lieu de limiter la demande en énergie, ce qu'on observe est que les améliorations de l'efficacité énergétique conduisent à des niveaux de plus en plus élevés de consommation d'énergie[3]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article est une traduction de l'article anglais de Wikipédia Khazzoom-Brookes postulate

  1. Harry D. Saunders, "The Khazzoom-Brookes postulate and neoclassical growth." The Energy Journal, October 1, 1992.
  2. a et b Does Energy Efficiency Save Energy: The Implications of accepting the Khazzoom-Brookes Postulate.
  3. The Efficiency Paradox by Jeff Rubin, November 27, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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