Alternatives économiques

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Alternatives économiques
Image illustrative de l'article Alternatives économiques

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse économique
Prix au numéro 4,90 €
Diffusion 96 635 ex. (2013)
Date de fondation 1980
Ville d’édition Quetigny - Paris

Rédacteur en chef Guillaume Duval
ISSN 0247-3739
Site web www.alternatives-economiques.fr

Alternatives économiques, dit aussi Alter éco, est un magazine mensuel traitant de questions économiques et sociales. Ses auteurs, outre les journalistes de la rédaction, sont des universitaires proches des théories économiques néo-keynésienne, régulationniste ou post-keynésienne.

Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Alternatives économiques a été fondée par l'économiste Denis Clerc en réaction au slogan « There is no alternative » de Margaret Thatcher[1]. Depuis le premier numéro de novembre 1980 tiré à 2 000 exemplaires, ses ventes ont continuellement augmenté pour atteindre aujourd'hui plus de 1 000 000 exemplaires/an. Alternatives économiques a un chiffre d'affaires de plus de sept millions d'euros[2]. En 2012, la société était déficitaire d'environ 73 000 euros [3].

Le journal, constitué en coopérative, n'est pas adossé à un groupe de presse et vit principalement de ses ventes. Il reçoit néanmoins des aides directes de l'État français à hauteur de 29.736 € pour l'année 2014 (142.702€ en comptant les aides indirectes)[4].

Sur le plan juridique, Alternatives économiques est une Société coopérative et participative (Scop). En conséquence, elle appartient à ses salariés. Une association de lecteurs et une société des lecteurs se sont aussi constituées autour de la revue[5].

En 1995 la revue lance la Lettre de l'insertion par l'activité économique traitant des questions d'emploi, de chômage et d'insertion des personnes en difficulté sur le marché du travail. Puis, son activité s'est étendue avec la publication du magazine Alternatives internationales, en coopération avec l'hebdomadaire Télérama la première année, avec Libération entre 2007 et 2010, puis seul jusqu'à l'arrêt de la publication en 2015. La coopérative édite également Les Dossiers d'Alternatives Economiques ainsi que le trimestriel L'Économie politique contenant des articles de recherche en économie et sciences sociales.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Proche du keynésianisme, Alternatives économiques traite également des thèmes altermondialistes et se montre critique vis-à-vis du néolibéralisme et de l'école néoclassique. Le journal revendique explicitement une ligne éditoriale « de gauche ».

C'est un des périodiques les plus appréciés parmi certains membres du mouvement altermondialiste et la revue fait partie, comme personne morale, des membres fondateurs de l'association Attac. Dans les années 1990, les enquêtes de ses journalistes ont mis en lumière les nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité et critiqué à de nombreuses reprises la validité scientifique du Théorème de Schmidt.

Il est également régulièrement cité comme source d'inspiration par Europe Écologie Les Verts dont l'ex-ministre Pascal Canfin est un ancien de la rédaction.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Diffusion payée d'Alternatives économiques[6],[7],[8]
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Diffusion payée 94 269 97 858 102 280 103 821 105 837 107 678 104 240 105 694 110 129 99 481 92 351 88 317 88 923

Positionné aussi comme outil pédagogique, Alternatives économiques est, en France, promu par des enseignants de sciences économiques et sociales[9]. Largement présent dans les manuels scolaires du secondaire[10], le magazine est parfois une source des sujets de l'épreuve d'économie du baccalauréat[11].

Critiques[modifier | modifier le code]

Certains critiquent l'orientation néo-keynésienne ou altermondialiste d’Alternatives économiques. Ainsi La Tribune affirme que le journal appartient à « la gauche de la gauche »[2] ; pour Le Figaro, ses couvertures sont « antiglobalisation »[12].

D'autres insistent sur la trop grande place accordée selon eux au « social » au détriment de la vie des entreprises, comme l'ALEPS[13] ou l'Ifrap. Ce dernier, un cercle de réflexion libéral-conservateur, juge le journal en bonne partie responsable du « mépris » supposé de l'éducation nationale envers l'entreprise et les entrepreneurs, et de la présentation de la mondialisation comme une « menace », et de l'« étatisme » comme un bienfait auprès des élèves[14]. Cette vision est également celle du petit patronat[15] et d'une partie de la presse économique concurrente (L'Expansion, Capital). Pour ces critiques, le journal serait en partie responsable de la diffusion d'idées antilibérales dans l'enseignement français et constituerait l'une des causes d'une défiance des élèves vis-à-vis de l'économie de marché, du fait de son utilisation en classe et par les éditeurs de manuel.

En effet, certains reprochent aux éditeurs et auteurs de manuels d'accorder une place trop importante au journal dans leurs ouvrages. Selon Les Échos, Alternatives économiques représente 30 % des sources de presse des manuels Bordas et Hachette[16]. Ces chiffres sont confirmés par une étude de l'APSES, qui précise que la presse quotidienne et la presse magazine représentent les deux-tiers restants. Cette même étude relativise cependant cette vision en rappelant que toutes sources confondues, Alternatives économiques représente 8,6 % des sources chez Hachette et 2,8 % chez Bordas. En effet, les publications scientifiques et les rapports publiés par l'Insee, l'INED, le Conseil d'analyse économique ou le Sénat français forment l'essentiel des sources chez tous les éditeurs analysés par l'étude[17].

À l'inverse de ces critiques, le journal altermondialiste Pour lire pas lu considère la revue comme n'étant « pas assez de gauche » et proche de la Fondation Saint-Simon[18].

Difficultés[modifier | modifier le code]

Le journal est en difficulté financière en 2015 et lance un appel aux dons[19]. Il a révélé une perte de 377 000 euros en 2014 et a annoncé l'arrêt, en décembre 2015, de la parution de son trimestriel Alternatives internationales[20]. En 2015, néanmoins, la Scop éditrice du magazine a atteint un résultat positif de 144 000 euros[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Retraites : l'autisme n'est pas une bonne politique…
  2. a et b Comptes de l'entreprise 2012, http://www.alternatives-economiques.fr/comptes-2012-nbsp-une-periode-de-tr_fr_art_1225_64590.html
  3. http://www.alternatives-economiques.fr/comptes-2012-nbsp-une-periode-de-tr_fr_art_1225_64590.html
  4. Ministère de la culture Les 200 titres de presse les plus aidés en 2014
  5. mentions légales du site
  6. Diffusion Contrôle, 2008, site Office de Justication de la Diffusion.
  7. Page Annonceurs du site officiel du magazine
  8. http://www.acpm.fr/Support/alternatives-economiques
  9. Aude Sérès, « Les manuels scolaires d'économie en accusation », sur le Figaro, (consulté le 16 mai 2017)
  10. « MANUELS SCOLAIRES : COMMENT CERTAINS CARICATURENT L’ÉCONOMIE », sur capital, (consulté le 16 mai 2017)
  11. baccalauréat 2008
  12. « Les manuels d'histoire friands d'altermondialisme », Le Figaro, 18 janvier 2008.
  13. « Les manuels de la désinformation »
  14. Analyse de l'Ifrap
  15. Ainsi, le groupe de réflexion de Jeunesse et Entreprise qui regroupent entre autres la CGPME, CroissancePlus, l'ASMEP, l'Institut de l'entreprise, écrit dans son rapport du 15 juin 2008 à propos entre autres d'Alternatives économiques : « elles affichent des préférences politiques évidentes, constituent surtout un danger pour nos jeunes par le caractère gravement et perpétuellement pessimiste, sceptique, décourageant et démobilisateur, alors que nos jeunes ont surtout besoin d'optimisme et d'espoir ».
  16. « Alternatives économiques, un instrument de travail et d'influence », Les Échos, 5 mai 2008.
  17. « Quelle est la nature des sources des documents utilisés dans les manuels de SES ? », APSES, 8 février 2008
  18. « Il n'y a pas d'Alternatives Économiques », Pour lire pas lu, n° 22, décembre 2004.
  19. « Soutenez Alternatives Economiques », sur Attac, (consulté le 16 mai 2017)
  20. « Coup de griffe - Alternatives économiques », Le Figaro Magazine, semaine du 30 octobre 2015, page 28.
  21. Camille Dorival, « "2015 : du mieux grâce à vous", dans Alternatives Economiques, juillet-août 2016. », Alternatives Economiques,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]